Publié le 15 Avril 2014

 

 

 

Pour le plaisir ...

 



Pour le plaisir ... Solo de trompeta - Trio tokando tango Pour le pla Pink Floyd - The Wall Pour le plaisir, un grand moment de musique ... Clapton - Knopfler - Same old blues Keith Jarrett - Koln concert Janvier 1975 Keith Jarett est un musicien américain qui a su à travers le piano et le jazz […]

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Rédigé par rafael

Publié dans #XXIe : MUSIQUE

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Publié le 14 Avril 2014

France Caen Eglise Saint-Etienne (4)

 

L'Eglise Saint-Etienne est l'ancienne église de l'Abbaye-aux-Hommes fondé par Guillaume le Conquérant au XIe siècle. C'est l'abbé Lanfranc, premier abbé de Guillaume le Conquérant,  qui inspira probablement les plans de l'abbaye. Les travaux débutèrent en 1066, l'abbaye fut consacrée en 1077. Par la suite son choeur roman fut reconstruit au XIIIe s.

 

L'art roman a produit peu d'oeuvres aussi sobre que la façade de cette église. Pas de porche ciselé ou de rosace, mais un mur-pignon sobre et massif.

 

France Caen Eglise Saint-Etienne

 

France Caen Eglise Saint-Etienne (2)

 

France Caen Eglise Saint-Etienne (3)

 

France caen eglise saint-etienne abbaye aux hommes (4)France caen eglise saint-etienne abbaye aux hommes (2)

 

L'immense nef construite au XIe s. et modifiée au XIIe s. aux larges arcades en plein ceintre est très peu ornée. A la croisée du transept la tour-lanterne du XIe s. a été reconstruite au XVIIe s.

 

France caen eglise saint-etienne abbaye aux hommes (3)France caen eglise saint-etienne abbaye aux hommes
France caen eglise saint-etienne abbaye aux hommes (5)France caen eglise saint-etienne abbaye aux hommes (7)

 

Photos : Lankaart (c)

Source: RRM

 

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Rédigé par rafael

Publié dans #ROMAN

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Publié le 9 Avril 2014

canaletto rotonde venise

 

Lord Ranelagh, d'origine irlandaise, aurait fait édifier une rotonde à musique avec bal public dans son parc de Chelsea au 18e s., à la suite de quoi un aménagement de même nature fut introduit sur la pelouse du château de la Muette en 1774, et resta à la mode sous le Directoire, l'Empire et la Restauration. Le nom finit par désigner tout un quartier juste au sud de la Muette.

 

 



« Maintenant venez jusqu'à la cuisine dont l'entrée est sévèrement gardée par la tribu des vases de toute grandeur, serviteurs capables et fidèles, race laborieuse et belle. Sur la table les couteaux actifs, qui vont droit au but, reposent dans une oisiveté menaçante et inoffensive. Mais au-dessus de vous un monstre étrange, frais encore comme la mer où il ondoya, une raie est suspendue, dont la vue mêle au désir de la gourmandise le charme curieux du calme ou des tempêtes de la mer dont […]


Le Verrou, aussi appelé Le Viol, est une scène galante peinte par Jean-Honoré Fragonard entre 1774 et 1778, selon les sources. Il s'agit de l'un des tableaux les plus célèbres du peintre, véritable référence de la peinture du XVIIIe siècle. L'interprétation commune suggère que la scène représente deux amants enlacés dans une chambre à coucher, l'homme poussant le verrou de la porte. La toile est conservée au musée du Louvre, au département des Peintures, dans la section consacrée à la […]

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Rédigé par rafael

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Publié le 8 Avril 2014

annibal carrache-le-choix-d-hercule-1596

Le choix d'Hercule

 

"La Lombardie s’enorgueillit, avec raison, du savant Annibal Carrache. La peinture marchant rapidement vers la décadence, s’écartait à Rome de la route que Raphaël et Michel-Ange lui avaient tracée ; il la ramena dans le chemin du vrai et du beau. Les élèves de Raphaël avaient prouvé qu’on dégénère bien vite en se traînant sur les traces même des plus grands talens. On ne peut marcher sans de bons principes ; mais on tombe bientôt, lorsqu’on n’est soutenu que par eux, et qu’on peut oublier que le but de l’art est la vérité : les règles ressemblent à Saturne, elles dévorent leurs enfans. L’École célèbre des Carrache à Bologne, en cherchant, par des routes nouvelles, l’imitation de la nature, en montrant toutes les belles connaissances qui conduisent à la perfection de la peinture, eut beaucoup de renommée dans toute l’Italie. Là, se formèrent le Guide, le Dominiquin, l’Albane, Lanfranc, et d’autres encore. Désigné par sa réputation, Annibal fut appelé à Rome pour peindre la galerie du palais Farnèse. Son rare talent y prit une nouvelle physionomie, et y acquit bien plus de puissance, par tout ce qui se présentait chaque jour à ses yeux, et par les belles occasions qu’il eût de déployer la vigueur de son sentiment et la profondeur de son savoir ; il y conduisit des élèves qui, déjà très-distingués dans l’École de Bologne, déjà très-habiles, et le devenant davantage par les études qu’ils firent à Rome, y répandirent cet éclat, un des plus brillans qui ait éclairé l’Europe, depuis la renaissance des arts en Italie.

 

annibal-carrache nus-endormie-avec-des-amours-environ-1602

Nue endormie avec des amours

 

Bien peu d’artistes ont réuni plus de parties de la peinture qu’Annibal Carrache ; la connaissance de l’anatomie, et des formes des statues antiques, est la base de son talent : son but principal fut, sans doute, de rendre la nature avec le plus de beauté et de grandeur possible, mais son but se montre trop souvent, et c’est une des choses qui le caractérisent. Il semble avoir suivi, dans ses études, la même marche que Michel-Ange : ils parlent la même langue, ils s’expriment différemment. Ses formes sont imposantes ; son style a de la fierté ; mais on ne peut pas dire qu’il soit terrible ; il avait dans l’âme assez d’élévation pour arriver au grand et au beau, pas assez pour atteindre au sublime. Comme sa grandeur a plus de science encore que de vérité, elle n’a pas de naïveté, et son talent venoit plus de sa tête que de son cœur.

 

Annibale CARRACCI, An allegory of Truth and Time (1584-5)

 

Ses belles formes paroissent calculées : on voit qu’il a voulu faire beau ; et pour que la beauté nous touche dans les arts, il faut que la route qui y conduit, ne soit pas aperçue ; disons mieux, les beautés sublimes ne viennent que des élans de l’instinct, et celui qui en est l’auteur est le premier qu’elles entraînent. Si Michel-Ange est exagéré, il l’est malgré lui, et sa manière terrible n’est que l’expression naturelle de son génie extraordinaire.

 

Annibal carache Venus Adonis Cupido (Museo del Prado)

Venus et Adonis

 

L’art paraît trop dans le Carrache ; mais c’est précisément cet art étonnant de peindre les hommes avec des formes nobles et fières qui fait son caractère distinctif. Ses draperies sont agencées d’une manière large qui convient parfaitement au style de ses figures, mais elles n’ont pas tout l’intérêt que donne la nature ; ses compositions, ses attitudes, ses expressions, ont le même caractère ; l’admiration est presque le seul sentiment qu’elles inspirent ; exceptons-en cependant quelques-unes de ses productions, et surtout son admirable tableau des Trois Maries, autrefois placé dans le cabinet du duc d’Orléans, et porté en Angleterre par la révolution ; on sait qu’il réunit à un très-beau dessin, la plus belle couleur, et les plus touchantes expressions.

 

 annibla carrache les trois Maries

Les trois Maries

 

Une réflexion se présente ici tout naturellement. Les circonstances n’ont-elles pas souvent déterminé une espèce de genre pour lequel on croit un homme uniquement né, qui se seroit également distingué dans un autre ? Annibal Carrache a fait un ouvrage si accompli de sa Galerie du palais Farnèse ; il a si bien senti les beautés convenables à un pareil travail ; ce travail est si vaste, il a tant d’originalité, tant de réputation, qu’on est bien tenté de croire que cet artiste étoit précisément fait pour ce genre, et qu’il n’eût pas eu le même succès dans un autre. Sans doute, il était bien organisé pour cette espèce de peinture ; mais si les circonstances lui eussent présenté d’autres occasions, aurait-il produit des ouvrages aussi célèbres ? Voilà la question, voilà le doute ; et le doute est permis lorsqu’on a vu le beau tableau des Trois Maries, dont je viens de parler. Supposé donc que le Carrache n’eût pas eu à peindre la Galerie Farnèse, qu’au contraire, il eût eu l’occasion de faire une suite de petits tableaux du genre de celui des Trois Maries, ne se représente-t-on pas qu’en possédant des ouvrages dus à l’espèce de disposition d’Annibal Carrache, à l’espèce d’études qu’il avoit faites, on auroit cependant une suite de productions en général differentes de celles qu’on a de lui, et l’on auroit peut-être de son talent des idées toutes différentes. On ne peut douter que les occasions ne nous fassent chercher tout ce qui est nécessaire pour réussir dans le genre de travail dont nous nous sommes chargés ; on s’occupe plus particulièrement d’une sorte d’étude, on y prend goût ; et si l’ouvrage dure long-temps, en se fortifiant dans certaines parties, on s’affoiblit sur d’autres. Le succès contribue encore à nous engager plus avant dans une route que nous croyons nous-mêmes être la seule, où le ciel devoit nous conduire. Ce n’est donc pas entièrement la nature, qui fait que tel peintre est plus coloriste que dessinateur correct ; tel autre plus décorateur, tel autre plus attaché à peindre les passions.

 

annibal Carracci-Butcher's shop

Boucherie

 

La peinture semble être divisée en deux parties principales, l’une de décoration, l’autre d’expression : le but de l’une est de plaire aux yeux, celui de l’autre est d’instruire, de charmer et l’esprit et le cœur. Les succès de la première sont obtenus par des lignes heureuses dans les dispositions générales, par la richesse et l’abondance des idées, par la manière pittoresque avec laquelle elles sont présentées, par la beauté et la variété des formes, par la magie du clair-obscur et de la couleur ; l’effet de la seconde tient surtout à la vérité, à la noblesse des compositions, des attitudes, des expressions, à la vérité convenable aux sujets, à celle de l’ensemble et des détails, aux émotions de l’âme de celui qui produit. Des yeux bien exercés, la science, un goût porté vers la richesse, sont la source de l’une ; un esprit juste, élevé, la délicatesse et l’abandon du sentiment, sont les principales causes de l’autre ; quoique ces deux parties ne soient pas tout-à-fait incompatibles, rarement on les admire ensemble.

 

Annibale Carraci - Venus Embriagada por Sátiro

Venus et Satire

 

La fameuse Galerie qu’Annibal Carrache a peinte au palais Farnèse à Rome, est un chef-d’œuvre dans le genre de la décoration : le mélange des ornemens, des stucs, des formes bizarres et des formes vraies, exclut nécessairement la vérité simple ; et dans un travail de ce genre, il faut, ainsi qu’à l’Opéra, la pompe et l’orgueil de la nature, bien plus que sa naïveté.

 

Annibale Carracci paysage

Paysage

 

Le Carrache a mis dans cette superbe décoration toute la beauté et la richesse, toute la variété et l’abondance qu’exigeoit un travail de ce genre ; les contours de ses figures y sont chargés exprès, pour faire plus d’effet à une certaine distance, mais ils ne s’écartent jamais des lois immuables de l’anatomie ; là, il a souvent prouvé que ces deux grandes divisions de la peinture, dont nous venons de parler, pouvoient quelquefois se trouver réunies ; et cette magnifique Galerie sera toujours regardée comme une des plus rares productions des efforts des beaux-arts.

 

 annibal carracci pieta

Pièta

 

Le tableau du Christ, sur les genoux de sa Mère, apporté à Paris depuis la révolution, placé maintenant au Musée Napoléon, doit être regardé comme un des plus beaux du Carrache ; il fait surtout bien connaître le véritable caractère de son talent ; on y voit sa manière large de sentir et de rendre la nature, on y est frappé de la grandeur imposante de son dessin. Il a peint aussi des paysages très-estimés, et il a donné, à tous les objets qu’il y a représentés, des formes fières et nobles, comme il l’a fait à ses figures d’hommes. Dans sa jeunesse, il aima passionnément les ouvrages du Corrège ; il l’a étudié beaucoup, il y chercha les principes du clair-obscur et du coloris, il y chercha tout ce qui peut conduire au grand et au gracieux. Sans doute, ce fut dans ce temps-là qu’il peignit le tableau qui étoit chez le duc d’Orléans, et dont nous avons déjà parlé ; depuis, l’objet de ses études se tourna d’un autre côté ; et quoiqu’il ait conservé quelque chose de sa première manière, quoiqu’il ait fait des tableaux d’une belle couleur, et qu’il ait toujours un ton mâle et vigoureux, le coloris n’est pas ce qui le distingue ; sa science, dans le dessin, est ce qui détermine son originalité, et lui donne sa place distinguée parmi les peintres célèbres. Ses ouvrages sont des sources profondes, où l’on peut toujours puiser avec fruit ; et les élèves fameux, instruits dans son École savante, ont encore donné un nouvel éclat à sa gloire.

 

Annibale Carracci , Allegory of River 1592Annibale Carracci sanson

 

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Rédigé par rafael

Publié dans #BAROQUE

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Publié le 7 Avril 2014

sarcophage dit du comte de Toulouse Guillaume Taillefer (2)

 

Ce sarcophage de la fin du IVe siècle ap. JC provient de l'enfeu de la basilique Saint- Sernin à Toulouse. C'est certainement l'un vestiges les plus anciens du site. On pense que l'ouvrage provient de la nécropole paléochrétienne de Saint-Sernin. On voit figurer sur ce sarcophage des personnages en toge dans la plus pur tradition romaine, cette scène corresponds à la traditio Legis: le remise de la loi nouvelle par le Christ à Pierre en présence de Paul et d'autres disciples.

 

sarcophage dit du comte de Toulouse Guillaume Taillefer (4)

 

sarcophage dit du comte de Toulouse Guillaume Taillefer

 

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Rédigé par rafael

Publié dans #ARTS BYZANTIN PALEOCHRETIEN ORTHODOXE et RUSSE

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Publié le 5 Avril 2014

Ajanta fresques mural (7)
 

Les fresques des grottes d'Ajanta comptent parmi les chefs-d'œuvre de l'art de l'Inde. Tout en décrivant des scènes de la vie du Bouddha, elles apportent des illustrations fascinantes de la vie indienne à leur époque. Les peintures des salles de temples rupestres chaitya hinayana à Ajanta, dans le Maharashtra (grottes 9 et 10), sont les plus anciens témoignages de la tradition classique, qui culmine, toujours à Ajanta, dans les peintures mahayana vers 500 apr. J.-C.

 Ajanta fresques mural (4)


Ces fresques, dont les plus anciennes (Ier siècle) se trouvent sur le mur gauche de la grotte 10, sont exécutées à la détrempe, en chaudes couleurs et différentes nuances d'ocre pour la peau. Une profusion de gracieux personnages pleins de vie, se chevauchant ou superposés en groupes denses reliés par un jeu subtil d'attitudes, déploient une grande diversité de positions.

 

Les plus anciennes peintures sont disposées en frise, forme empruntée aux peintures sur tissu en rouleau. La fresque du Shaddanta Jataka («histoire de l'éléphant à six défenses», milieu du IIe siècle) est représentative de l'art de cette période. Les scènes individuelles de la narration sont séparées suivant une convention organisant la composition en groupes d'arbres et de rochers, ou de personnages acteurs des scènes. Chacune de ces divisions est disposée en oblique dans la largeur de la frise afin de suggérer une troisième dimension, une sorte de mur latéral séparant une scène de la suivante. Entre ces murs latéraux inclinés, chaque scène est composée en trois dimensions autour de son centre d'intérêt. La troisième dimension n'est pas vue en profondeur, mais comme une avancée, les personnages à l'arrière-plan étant placés au-dessus de ceux du premier plan. L'illusion est renforcée par le «cubisme» des rochers, construits par configurations prismatiques. L'impression d' «espace» ainsi créée permet un libre déploiement de l'action dramatique, ses gestes et ses tensions.

 

Ajanta fresques mural (3)Ajanta fresques muralAjanta fresques mural (6) 


Pour découvrir le site Ajanta:
http://www.lankaart.org/article-33383601.html
 

Ajanta fresques mural (5)Ajanta fresques mural (8)Ajanta fresques mural (2)


Source et pour en savoir plus:
http://www.memo.fr/Article.asp?ID=THE_ART_020

 

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Rédigé par rafael

Publié dans #INDE BOUDDHISTE et JAIN

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Publié le 1 Avril 2014

La mort fervente
  

 

 

Mourir dans la buée ardente de l'été,

Quand parfumé, penchant et lourd comme une grappe,

Le coeur, que la rumeur de l'air balance et frappe,

S'égrène en douloureuse et douce volupté.

Mourir, baignant ses mains aux fraîcheurs du feuillage,

Joignant ses yeux aux yeux fleurissants des bois verts,

Se mêlant à l'antique et naissant univers,

Ayant en même temps sa jeunesse et son âge,

 

S'en aller calmement avec la fin du jour ;

Mourir des flèches d'or du tendre crépuscule,

Sentir que l'âme douce et paisible recule

Vers la terre profonde et l'immortel amour.

 

S'en aller pour goûter en elle ce mystère

D'être l'herbe, le grain, la chaleur et les eaux,

S'endormir dans la plaine aux verdoyants réseaux,

Mourir pour être encor plus proche de la terre...

 

Anna de Noailles, 1901

 

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Rédigé par rafael

Publié dans #FAUVISME etc.., #POESIE

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Publié le 31 Mars 2014

Veronese suzanne au bain

Suzanne au bain.

 

"Paul Véronèse est, après le Titien, le plus célèbre des peintres de l’École de Venise ; beaucoup de facilité à concevoir et à exécuter, une manière particulière d’employer des draperies riches et brillantes, et peut-être ses nombreux anachronismes, sont les caractères qui le distinguent.

 

Veronese allegorie de l'amour

Allégorie de l'Amour

 

Fécond dans ses idées, il a bien moins de raison que d’imagination ; il a peu de sensibilité, et ses expressions sont rarement vives et justes. Il composait, habillait, ajustait ses figures selon les caprices de son goût ; et tout lui paroissait bon lorsque son œil était flatté. Ses ordonnances, en effet, comme compositions pittoresques, ont du mouvement, sont très agréables aux yeux ; mais comme compositions poétiques, elles ne satisfont jamais l’esprit. Plus les données des sujets étaient exigibles, moins ses pensées avaient de vérité ; et l’on ne peut représenter d’une façon plus bizarre qu’il l’a fait, les traits historiques et élevés, et les tableaux de la religion catholique, qui exigent toujours de l’onction et de la dignité. Plus il y a de figures dans ses tableaux, plus ils en imposent par l’ensemble de la scène et la richesse des accessoires. Sa touche ferme et rapide qui tient de celle de Teniers, rend la nature avec beaucoup de justesse et de feu : son coloris est vigoureux et brillant ; il est encore rehaussé par des draperies de soie de couleur écarlate, et souvent enrichie de broderies d’or. Son dessin a de la vérité, et même une sorte de noblesse et de grâce, quand il en trouvait dans ses modèles ; mais il les copiait sans choix et sans exaltation.

Quelque sujets qu’il ait traités, il a toujours peint les Vénitiens, ou les Orientaux qu’il voyait à Venise, et dont les riches costumes flattaient l’amour qu’il avait pour la magnificence. Il les plaçait dans des lieux d’une architecture hardie, singulière, en usage de son temps, et qui ne convenait point aux sujets qu’il peignait. Ses ornemens, ses vases, tous ses accessoires toujours riches, étoient vraisemblablement dans le goût adopté alors à Venise.

 

Veronese Les noces The Marriage at Cana

Les Noces de Cana. Musée du Louvre Paris

 

Depuis que nos armées triomphantes ont transporté sous nos yeux les principaux ouvrages de Paul Véronèse, on peut à Paris juger exactement son talent. C’est surtout son tableau des Noces de Cana, où sa physionomie est bien prononcée. Que de magnificence dans l’ordonnance ! que de vie dans les figures, et de richesse dans leurs draperies ! Où vit-on jamais une couleur plus brillante et plus vigoureuse ? Quelle facilité d’exécution ! Quel grand parti le goût a su tirer de cette architecture claire, de ces nuages plus clairs encore ! Comment dans un ouvrage aussi vaste, aussi rempli de détails, l’artiste a-t-il pu leur donner autant de vérité ? On dirait qu’il avait sous les yeux, à la fois, tous les objets qu’il a si bien rendus. Le spectateur entre dans la salle du festin, se promène autour des groupes ; il s’assied, il rit, il boit avec les convives. Cette extraordinaire production, qui, de tous les grands ouvrages de peinture, est celui sans doute qui réunit plus de vérités, ne saurait être trop étudiée et profondément méditée par les peintres de tous les genres ; elle est d’autant plus étonnante, que pour faire briller une partie plus qu’une autre, on n’y aperçoit aucun sacrifice affecté, et que tous les objets ont la force de couleur, et le degré de lumière qu’ils doivent avoir dans la place qu’ils occupent.

 

Veronese les noces de cana (3)

Les Noces de Cana Détail.

 

Après avoir admiré un aussi beau tableau, et toutes les ressources de l’art pour charmer la vue et imiter la nature, si l’on se demande quel en est le sujet ; si l’on se représente ce que l’artiste a dû peindre ; alors, dans un ensemble harmonieux pour les yeux, que de dissonances pour la raison ! que de vérités qui deviennent des mensonges ! Quoi de plus ridicule d’abord, que de supposer que toute la pompe et la richesse asiatique soient étalées aux noces d’un petit bourgeois d’une petite ville de Galilée ! Quelle invraisemblance dans l’expression ! Le vin manque au milieu d’un festin somptueux : tout à coup, par le pouvoir d’un inconnu, l’eau y produit l’abondance du vin : ah ! combien de mouvemens tumultueux, combien de différentes et de vives expressions un pareil prodige devoit faire naître ! Dans le tableau de Paul Véronèse, il n’y a pas plus de mouvement que dans un repas ordinaire ; les musiciens continuent leurs concerts, l’assemblée les écoute ; on se fait les yeux doux, on joue avec le petit chien, et ce vin miraculeux, versé à la ronde, est bu comme le vin accoutumé. Peut-on imaginer rien de plus bizarre que le Christ, la Vierge et les Apôtres, faisant bonne chère, menant joyeuse vie avec les moines, les poëtes, les musiciens du temps de Paul Véronèse, avec un roi de France, avec le grand turc ? Sans doute il a pensé que d’un festin à la vénitienne, il pouvoit faire les Noces de Cana, en habillant certains convives avec de certaines couleurs, en entourant de rayons une tête assez commune placée au milieu de l’assemblée : il a fait comme ces peintres de portraits, qui imaginent avoir donné la divinité et les grâces de Vénus à une bonne bourgeoise de Paris, en plaçant à son côté monsieur son fils, avec des ailes sur le dos. Au surplus, grâces soient rendues à Paul Véronèse de ce qu’il ne s’est pas occupé des pauvres Hébreux et de son sujet ; avec d’aussi louables intentions il n’auroit pas si bien rendu ces riches et galans Vénitiens que personne n’a fait comme lui. Jouissons du plaisir d’admirer les belles choses qui sont dans ce tableau, sans dire avec Horace, non erat hic locus, et sans nous occuper du sujet. En tout cas, ce n’est pas sa faute, si nous nous en souvenons ; il a bien fait tout ce qu’il a pu pour que nous n’y pensions pas.

 

veronese venus

Venus

 

D’autres peintres nous ont offert les peuples anciens avec autant d’exactitude qu’il est possible d’en mettre d’après les récits des historiens, et les monumèns de sculpture qui nous restent de l’antiquité. Cependant, comme ils n’ont travaillé que d’après des souvenirs et des copies, leurs portraits ne peuvent être tout-à-fait ressemblans. Ils sont bien précieux pour nous qui n’avons pas vu les originaux, et qui sommes enchantés de voir revivre ces hommes, ces peuples, objets de notre admiration, tels que notre esprit nous les présente : mais, peut-être, s’ils revenoient encore, ils ne se retrouveroient pas dans nos modernes peintures ; peut-être Athènes et Rome ne reconnoîtroient pas plus leurs fiers enfans dans les portraits qu’en ont faits les Italiens et les Français, que Sophocle, Démosthènes, Virgile et Cicéron ne reconnoîtroient leur langue, dans les meilleurs ouvrages grecs et latins, composés dans notre siècle. Paul Véronèse annonçant des faits anciens, a représenté des usages modernes ; sous des noms antiques, il a peint de modernes Vénitiens ; sans doute c’est une faute : mais ces Vénitiens sont bien plus vrais que les Grecs et les Romains, et tous les peuples antiques qu’on fait naître de nos jours. Ainsi, loin de tant blâmer ses innombrables anachronismes, la postérité ne peut qu’en avoir de la reconnoissance, puisque c’est à eux qu’elle devra l’image de ce peuple fier, ingénieux, qui sut mêler à tout l’appareil de la galanterie, au charme brillant des arts, les sombres profondeurs de la politique ; et qui, sous les masques des pantalons, cacha si souvent de terribles hommes d’état.

 

veronese cuxifiction

 

Paul Véronèse a fait quelques tableaux qui ont plus d’enthousiasme et un plus grand caractère que d’autres ; il n’a pas toujours autant choqué les convenances que dans sa composition des Noces de Cana : mais, en général, ses ouvrages ont toujours le même style, les mêmes beautés, et les mêmes défauts ; défauts heureux, à qui nous devons tant : doit-on même nommer ainsi la cause de son intéressante originalité et la principale source de son talent extraordinaire, qui l’a placé justement au rang des peintres les plus agréables des anciens et des modernes ?

 

Paul Caliari Véronèse naquit à Vérone en 1537. Son père étoit sculpteur ; son maître a été un de ses oncles, nommé Badile, dont la manière n’était pas mauvaise ; la nature et les ouvrages du Titien furent particulièrement ses maîtres. Il a presque toujours travaillé à Venise, où l’on ne voit guère d’église qui ne conserve quelque tableau de sa main. Ses principaux et ses plus grands travaux étaient au palais Saint Marc, à Saint Georges et à Saint Sébastien. Ses ouvrages publics ont presque tous été faits en concurrence du Tintoret.

« Paul Véronèse était homme de bien, pieux, civil, officieux, religieux dans ses promesses, soigneux dans l’éducation de ses enfans, magnifique dans ses manières d’agir, aussi-bien que dans ses habits : et quoiqu’il eût amassé beaucoup de bien, il n’avoit pas d’autre ambition que celle de devenir habile peintre.... Il avoit une grande idée de sa profession, et disoit que la peinture étoit un don du ciel ; que pour en bien juger, il falloit en avoir de grandes connoissances ; qu’un peintre, sans le secours de la nature présente, ne feroit jamais rien de parfait ; qu’on ne devoit point mettre dans les églises des peintures qui ne fussent d’un habile homme, parce que l’admiration excitoit la dévotion ; et qu’enfin la partie qui couronnoit toutes celles de la peinture, consistoit dans la probité et dans l’intégrité des mœurs. »

Il mourut en 1588, âgé de cinquante-huit ans."

 

Jean-Joseph Taillasson, 1807

 

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Rédigé par rafael

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Publié le 29 Mars 2014

le lorrain paysage 2

 

 

"Claude le Lorrain est un de ces phénomènes dont on connoît peu d’exemples, et qui prouvent que des êtres obscurs eussent été des génies du premier ordre, si les occasions les avoient mis à leur place. Cet homme extraordinaire peut à peine être un mauvais pâtissier ; le hasard l’entraîne à Rome ; le hasard le fait domestique chez un peintre médiocre, qui lui donne quelques leçons de perspective, afin qu’il puisse l’aider dans son travail. Claude le Lorrain a d’abord beaucoup de peine et point de goût ; son maître l’excite par l’attrait du gain ; ce nouvel espoir l’encourage, il fait de nouveaux efforts, et le voile épais étendu sur son esprit est déchiré : il lit dans la nature ses secrets les plus cachés, il passe les journées entières dans les campagnes, il les dessine, il les peint, il les apprend par cœur ; il étudie la lumière dans les differentes heures du jour, il raisonne sur ses effets comme un physicien consommé, et à force d’étude et de méditations, il parvient à faire des tableaux qui lui ont donné la première place parmi les peintres de paysage de toutes les nations ; et sa réputation, qui n’a fait que croître depuis sa mort, augmente encore chaque jour. Les caractères qui distinguent son talent, sont d’entendre, mieux que personne, la perspective aérienne, d’offrir toute la profondeur de l’espace, d’avoir approché de plus près de la couleur inimitable de la lumière, et surtout d’avoir rendu, sans sacrifices affectés, l’harmonie parfaite de la nature.

 

le lorrain marine le lorrain marine Gellée

Marines


Il n’a point cherché à imiter ses mouvemens extraordinaires, ses fiers contrastes, les grands effets qui étonnent, et qui sont de tous les plus faciles à saisir ; il n’a point craint de peindre les momens du jour les plus difficiles à rendre : dans un ciel sans nuages, il fait voir le soleil s’élançant du sein des mers ; il le fait voir déjà élevé dans sa carrière, remplissant les vastes campagnes des flots éblouissans de ses feux. Un des caractères distinctifs de Claude le Lorrain, est de ne peindre que des paysages héroïques, des sites nobles, les plus beaux lieux du monde, et de leur donner tant de vérité, qu’on diroit qu’ils ne sont que des portraits exacts de la nature. Il devoit cet avantage aux belles contrées qu’il habitoit, et à sa manière grande et naïve de copier ce qu’il voyoit. Aucun peintre d’aucun temps, d’aucune nation, n’a réuni autant de vérité à des formes aussi imposantes : pourquoi des lieux si beaux ne sont-ils pas la demeure de plus dignes habitans ? Soit qu’il peignît lui-même ses figures, soit qu’il les fit faire par d’autres artistes, elles n’ont pas le caractère de ses paysages, qui semblent destinés à être habités par les sages, les héros, les pasteurs antiques du Poussin. Dans ses marines admirables, on ne voit guère que des ports, bien rarement des tempêtes ; et il sentoit bien mieux le calme attendrissant de la nature, que son désordre majestueux.

 

le lorrain paysage


Le genre du paysage est, sans contredit, un de ceux qui prouvent le mieux le charme et le pouvoir de la peinture. Si le paysagiste n’offre pas les riches intérieurs des palais fastueux, il peint les cabanes des bergers, asiles du repos, l’immensité des airs, le Dieu de la lumière, et la lune régnant sur les paisibles nuits ; il peint ces arbres, touchantes et superbes productions de la nature, qui, cent ans, embellissent la terre, et qui n’emportent en tombant que des regrets.

 

le lorrain appollon et mercure le lorrain paysage 2 detail

Appollon et Mercure - Paysage détail


Dans les grandes villes, l’homme exilé loin de la nature semble être condamné à ne plus la revoir ; la peinture vient le consoler, elle renverse les murailles qui le renferment, elle lui porte les riantes campagnes ; il croit entendre les flûtes des pasteurs ; il revoit des ruisseaux, des champs, des moissons, des troupeaux, des prés couverts de fleurs, et dans sa prison même, il voit encore le lever du soleil. Eh ! quel peintre eut jamais plus de droits à notre reconnoissance que Claude le Lorrain ? qui mieux que lui sait nous transporter à l’ombre des bois silencieux, aux bords solitaires des lacs brillans comme les cieux qu’ils réfléchissent ? qui mieux que lui nous fait voir cet air pur que nous ne respirons plus, nous offre l’innocence et la paix qui n’habitent que dans les champs fortunés, et dont l’image porte encore dans nos âmes de si doux souvenirs ?

 

le lorrain paysage antique


Ô vous, jeunes élèves, qui vous sentez entraînés par le plaisir de peindre le paysage, si véritablement vous reçûtes, en naissant, l’instinct, le feu sacré qui fait les grands artistes, quittez, quittez vos froides Écoles : eh ! que sont toutes leurs leçons devant l’amas immense des richesses de la nature ! Près de son langage sublime, que sont leurs préceptes usés ! Fuyez dans les campagnes, volez aux pieds des monts ; là, sont les vrais, les seuls principes du beau ; vous les verrez partout écrits par une éternelle main ; c’est là que tout est grandeur, proportion, harmonie ; c’est là que ravis, embrasés à la vue de tant de tableaux divins, vous vaincrez sans effort tous les peintres vos rivaux ; et prenant dans votre art la même route que Claude le Lorrain, peut-être vous deviendrez illustres, immortels comme lui."

 

le lorrain le jugement de paris le lorrain paysage romain

 

 

Jean-Joseph Taillasson, 1807.

 



"Une fierté sauvage, une bizarre, dure et brûlante énergie, une sorte de barbarie dans les pensées, et dans la manière de les rendre, sont les caractères distinctifs de Salvator Rosa. Jamais il ne sentit ce que la nature a d’aimable, de doux, d’attendrissant ; il y vit ce qu’elle a de […]


"Un homme de la maison de Lévi s’en alla prendre pour femme une fille de Lévi. Celle-ci conçut et enfanta un fils. Voyant combien il était beau, elle le dissimula pendant trois mois. Ne pouvant le dissimuler plus longtemps, elle prit pour lui une corbeille de papyrus qu’elle enduisit de bitume […]

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Rédigé par rafael

Publié dans #CLASSICISME

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Publié le 26 Mars 2014

      

 

 

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Rédigé par rafael

Publié dans #Au détour du Net

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