Samedi 6 février 2010
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Publié dans : ISLAM RENAISSANCE

British Museum
Le bassin méditerranéen, dès l’Antiquité, fut le lieu de nombreuses innovations techniques et artistiques, notamment dans le domaine du verre. Les principaux
ateliers virent le jour tout d’abord en Mésopotamie, puis en Égypte, en Grèce, à Carthage, à Rome et Byzance. Découvert dès la seconde moitié du IIIe millénaire av. J.-C. en
Mésopotamie.
À l’époque romaine, l’art du verre atteint un apogée avec une découverte fondamentale : celle du verre soufflé à la canne. Les artisans verriers savaient alors construire des fours
permettant une fusion complète des différents ingrédients qui le composent, soit à 1420°C.
Les artisans verriers de l’Antiquité produisaient du verre teinté et translucide. Après la chute de l’Empire romain d’Occident et la raréfaction des échanges entre l’Orient et l’Occident, les
verriers de l’Europe Occidentale n’eurent plus les moyens de continuer à produire des objets de qualité. Les savoir-faire se perdirent peu à peu. En Méditerranée orientale, en revanche, les
artisans verriers firent évoluer les techniques héritées de l’Antiquité. L’avènement de l’Islam ne remit pas en cause les structures artisanales existantes : la plupart des techniques que
l’on retrouve en Islam ont une origine antique ; toutefois elles connaissent de considérables perfectionnements qui conduiront à faire de l’Orient le premier producteur de verre de luxe,
jusqu’au XVe siècle.
Les Omeyyades (660-750) poursuivirent donc la production verrière héritée de l’Antiquité. Sous la dynastie abbasside (VIIIe-Xe siècle), l’industrie verrière connaît une
période faste, différents procédés et objets sont remis au goût du jour, comme la technique de l’enduction sur noyau.

Le verre lustré refait son apparition. Il est obtenu grâce à une peinture à base d’argent ou de cuivre appliquée sur l’objet refroidi, lequel subit ensuite une cuisson afin de fixer la couleur
qui varie selon la température, allant du jaune au marron. Une autre période faste pour l’art du verre est celle de la dynastie fatimide (Xe-XIIe siècle). Dans certains cas, le verre est soufflé et travaillé comme du cristal de roche, selon la technique de la taille en relief à l’aide d’une meule et de
poudres abrasives. Les verriers combinent ce savoir faire romain avec celui du verre camé, de même origine. Ils créent ainsi des objets exceptionnels en superposant deux couches de verre, la plus
claire étant placée sous la couche colorée, plus fine. La taille fait apparaître le décor en relief entre les parties taillées.

Du XIIe au XIVe siècle, sous les Ayyubides d’abord, puis sous les Mamluks, les flacons et récipients à décor marbré redeviennent à la mode. De couleurs variées mais le plus
souvent foncées, ils sont soufflés puis roulés sur du marbre. Pendant cette opération des filets de verre, souvent blanc, sont incrustés et peignés afin d’obtenir différents
motifs.
Mais c'est en Iran que l'art du verre atteint des sommets au XVIIIe siècle, offrant ces oeuvres d'une très grande beauté et d'une maîtrise exeptionnelle dans l'art
de la verrerie.
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