Publié le 6 Janvier 2014

 

 

"On pouvait cependant avoir d’autres sujets d’inquiétude par suite des difficultés du ravitaillement qui croissaient avec le temps. La spéculation s’en était mêlée et on offrait à des prix fabuleux des denrées de première nécessité qui manquaient sur le marché ordinaire. Les familles pauvres se trouvaient ainsi dans une situation très pénible, tandis que les familles riches ne manquaient à peu près de rien. Alors que la peste, par l’impartialité efficace qu’elle apportait dans son ministère, aurait dû renforcer l’égalité chez nos concitoyens, par le jeu normal des égoïsmes, au contraire, elle rendait plus aigu dans le cœur de hommes le sentiment de l’injustice. Il restait, bien entendu, l’égalité irréprochable de la mort, mais de celle-là, personne ne voulait. Les pauvres qui soufraient ainsi de la faim, pensaient, avec plus de nostalgie encore, aux villes et aux campagnes voisines, où la vie était libre et où le pain n’était pas cher. Puisqu’on ne pouvait les nourrir suffisamment, ils avaient le sentiment, d’ailleurs peu raisonnable, qu’on aurait dû leur permettre de partir. Si bien qu’un mot d’ordre avait fini par courir qu’on lisait, parfois sur les murs, ou qui était crié, d’autres fois, sur le passage du préfet : « Du pain ou de l’air. » Cette formule ironique donnait le signal de certaines manifestations vite réprimées, mais dont le caractère de gravité n’échappait à personne.

Les journaux, naturellement, obéissaient à la consigne d’optimisme à tout prix qu’ils avaient reçue. A les lire, ce qui caractérisait la situation, c’était « l’exemple émouvant de calme et de sang-froid » que donnait la population. Mais dans une ville refermée sur elle-même, où rien ne pouvait demeurer secret, personne ne se trompait sur « l’exemple » donné par la communauté. Et pour avoir une juste idée du calme et du sang-froid dont il était question, il suffisait d’entrer dans un lieu de quarantaine ou dans un des camps d’isolement qui avaient été organisés par l’administration. Il se trouve que le narrateur, appelé ailleurs, ne les a pas connus. Et c’est pourquoi il ne peut citer ici que le témoignage de Tarrou.

Tarrou rapporte, en effet, dans ses carnets, le récit d’une visite qu’il fit avec Rambert au camp installé sur le stade municipal. Le stade est situé presque aux portes de la ville, et donne d’un côté sur la rue où passent les tramways, de l’autre sur des terrains vagues qui s’étendent jusqu’au bord du plateau où la ville est construite. Il est entouré ordinairement de hauts murs de ciment et il avait suffi de placer des sentinelles aux quatre portes d’entrée pour rendre l’évasion difficile. De même, les murs empêchaient les gens de l’extérieur d’importuner de leur curiosité les malheureux qui étaient placés en quarantaine. En revanche, ceux-ci, à longueur de journée, entendaient, sans les voir, les tramways qui passaient, et devinaient, à la rumeur plus grande que ces derniers traînaient avec eux, les heures de rentrée et de sortie des bureaux. Ils savaient ainsi que la vie dont ils étaient exclus continuait à quelques mètres d’eux, et que les murs de ciment séparaient deux univers plus étrangers l’un à l’autre que s’ils avaient été dans des planètes différentes."

 

 



Le Déserteur Monsieur le Président je vous fais une lettre Que vous lirez peut-être Si vous avez le temps Je viens de recevoir Mes papiers militaires Pour partir à la guerre Avant mercredi soir Monsieur le Président je ne veux pas la faire je ne suis pas sur terre Pour tuer des pauvres gens C’est pas pour vous fâcher Il faut que je vous dise Ma décision est prise je m’en vais déserter Depuis que je suis né J’ai vu mourir mon père J’ai vu partir mes frères Et pleurer mes enfants Ma mère a […]

Voir les commentaires

Rédigé par rafael

Publié dans #ART MODERNE

Repost0

Publié le 5 Janvier 2014

 

 

 

 

Pour le plaisir ...

 



Pour le plaisir ... Keith Jarrett - The Köln Concert: Part I The Köln Concert a été enregistré le 24 janvier 1975 par Keith Jarrett improvisant au piano lors d'un concert légendaire donné à l'Opéra de Cologne, en Allemagne, à l'occasion d'une étape de sa tournée européenne commencée en 1973. […]


Le Buena Vista Social Club était un célèbre club de musique de la banlieue de La Havane, à Cuba, qui, dans les années 1940, réunissait les plus célèbres musiciens de musique cubaine. Cinquante ans après sa fermeture, ce nom fut donné à un projet, imaginé par Nick Gold de la maison de disques […]

 

Voir les commentaires

Rédigé par rafael

Publié dans #Au détour du Net

Repost0

Publié le 3 Janvier 2014

 

 

» (…) 

Lui, notre colonel, savait peut-être pourquoi ces deux gens-là tiraient, les Allemands aussi peut-être qu’ils savaient, mais moi, vraiment, je savais pas. Aussi loin que je cherchais dans ma mémoire, je ne leur avais rien fait aux Allemands. J’avais toujours été bien aimable et bien poli avec eux. Je les connaissais un peu les Alle-mands, j’avais même été à l’école chez eux, étant petit, aux environs de Hanovre. J’avais parlé leur langue. C’était alors une masse de petits crétins gueulards avec des yeux pâles et furtifs comme ceux des loups ; on allait toucher ensemble les filles après l’école dans les bois d’alentour, où on tirait aussi à l’arbalète et au pistolet qu’on achetait même quatre marks. On buvait de la bière sucrée. Mais de là à nous tirer maintenant dans le coffret, sans même venir nous parler d’abord et en plein milieu de la route, il y avait de la marge et même un abîme. Trop de différence.

La guerre en somme c’était tout ce qu’on ne comprenait pas. Ça ne pouvait pas continuer.

Il s’était donc passé dans ces gens-là quelque chose d’extraordinaire ? Que je ne ressentais, moi, pas du tout. J’avais pas dû m’en apercevoir…

Mes sentiments toujours n’avaient pas changé à leur égard. J’avais comme envie malgré tout d’essayer de comprendre leur brutalité, mais plus encore j’avais envie de m’en aller, énormément, absolument, tellement tout cela m’apparaissait soudain comme l’effet d’une formidable erreur.

« Dans une histoire pareille, il n’y a rien à faire, il n’y a qu’à foutre le camp », que je me disais, après tout…

Au-dessus de nos têtes, à deux millimètres, à un millimètre peut-être des tempes, venaient vibrer l’un derrière l’autre ces longs fils d’acier tentants que tracent les balles qui veulent vous tuer, dans l’air chaud d’été.

Jamais je ne m’étais senti aussi inutile parmi toutes ces balles et les lumières de ce soleil. Une immense, universelle moquerie.

Je n’avais que vingt ans d’âge à ce moment-là. Fermes désertes au loin, des églises vides et ouvertes, comme si les paysans étaient partis de ces hameaux pour la journée, tous, pour une fête à l’autre bout du canton, et qu’ils nous eussent laissé en confiance tout ce qu’ils possédaient, leur campagne, les charrettes, brancards en l’air, leurs champs, leurs enclos, la route, les arbres et même les vaches, un chien avec sa chaîne, tout quoi. Pour qu’on se trouve bien tranquilles à faire ce qu’on voudrait pendant leur absence. Ça avait l’air gentil de leur part. « Tout de même, s’ils n’étaient pas ailleurs ! — que je me disais — s’il y avait encore eu du monde par ici, on ne se serait sûrement pas conduits de cette ignoble façon ! Aussi mal ! On aurait pas osé devant eux ! Mais, il n’y avait plus personne pour nous surveiller ! Plus que nous, comme des mariés qui font des cochonneries quand tout le monde est paru. »

Je me pensais aussi (derrière un arbre) que j’aurais bien voulu le voir ici moi, le Déroulède dont on m’avait tant parlé, m’expliquer comment qu’il faisait, lui, quand il prenait une balle en plein bidon.

Ces Allemands accroupis sur la route, têtus et tirail leurs, tiraient mal, mais ils semblaient avoir des balles à en revendre, des pleins magasins sans doute. La guerre décidément, n’était pas terminée ! Notre colonel, il faut dire ce qui est, manifestait une bravoure stupéfiante ! Il se promenait au beau milieu de la chaussée et puis de long en large parmi les trajectoires aussi simplement que s’il avait attendu un ami sur le quai de la gare, un peu im atient seulement.

Moi d’abord la campagne, faut que je le dise tout de suite, j’ai jamais pu la sentir, je l’ai toujours trouvée triste, avec ses bourbiers qui n’en finissent pas, ses maisons où les gens n’y sont jamais et ses chemins qui ne vont nulle part. Mais quand on y ajoute la guerre en plus, c’est à pas y tenir. Le vent s’était levé, brutal, de chaque côté des talus, les peupliers mêlaient leurs rafales de feuilles aux petits bruits secs qui venaient de là-bas sur nous. Ces soldats inconnus nous rataient sans cesse, mais tout en nous entourant de mille morts, on s’en trouvait comme habillés. Je n’osais plus remuer.

(...)

Serais-je donc le seul lâche sur la terre ? pensais-je. Et avec quel effroi !… Perdu parmi deux millions de fous héroïques et déchaînés et armés jusqu’aux cheveux ? Avec casques, sans casques, sans chevaux, sur motos, hurlants, en autos, sifflants, tirailleurs, comploteurs, volants, à genoux, creusant, se défilant, caracolant dans les sentiers, pétaradant, enfermés sur la terre, comme dans un cabanon, pour y tout détruire, Allemagne, France et Continents, tout ce qui respire, détruire, plus enragés que les chiens, adorant leur rage (ce que les chiens ne font pas), cent, mille fois plus enragés que mille chiens et tellement plus vicieux ! Nous étions jolis ! Décidé ment, je le concevais, je m’étais embarqué dans une croi sade apocalyptique.

On est puceau de l’Horreur comme on l’est de la volupté. Comment aurais-je pu me douter moi de cette horreur en quittant la place Clichy ? Qui aurait pu prévoir avant d’entrer vraiment dans la guerre, tout ce que contenait la sale âme héroïque et fainéante des hommes ?

À présent, j’étais pris dans cette fuite en masse, vers le meurtre en commun, vers le feu… Ça venait des profondeurs et c’était arrivé.

Le colonel ne bronchait toujours pas, je le regardais recevoir, sur le talus, des petites lettres du général qu’il déchirait ensuite menu, les ayant lues sans hâte, entre les balles. Dans aucune d’elles, il n’y avait donc l’ordre d’arrêter net cette abomination ? On ne lui disait donc pas d’en haut qu’il y avait méprise ? Abominable erreur ? Maldonne ? Qu’on s’était trompé ? Que c’était des manoeuvres pour rire qu’on avait voulu faire, et pas des assassinats ! Mais non ! « Continuez, colonel, vous êtes dans la bonne voie ! » Voilà sans doute ce que lui écrivait le général des Entrayes, de la division, notre chef à tous, dont il recevait une enveloppe chaque cinq minutes, par un agent de la liaison, que la peur rendait chaque fois un peu plus vert et foireux. J’en aurais fait mon frère peu reux de ce garçon-là ! Mais on n’avait pas le temps de fraterniser non plus.

Donc pas d’erreur? Ce qu’on faisait à se tirer dessus, comme ça, sans même se voir, n’était pas défendu ! Cela faisait partie des choses qu’on peut faire sans mériter une bonne engueulade. C’était même reconnu, encouragé sans doute par les gens sérieux, comme le tirage au sort, les fiançailles, la chasse à courre !… Rien à dire. Je venais de découvrir d’un coup la guerre tout entière. J’étais dépucelé. Faut être à peu près seul devant elle comme je l’étais à ce moment-là pour bien la voir la vache, en face et de profil. On venait d’allumer la guerre entre nous et ceux d’en face, et à présent ça brûlait ! Comme le courant entre les deux charbons, dans la lampe à arc. Et il n’était pas près de s’éteindre le charbon ! On y passerait tous, le colonel comme les autres, tout mariole qu’il semblait être et sa carne ne ferait pas plus de rôti que la mienne quand le courant d’en face lui passerait entre les deux épaules.

Il y a bien des façons d’être condamné à mort. Ah ! combien n’aurais-je pas donné à ce moment-là pour être en prison au lieu d’être ici, moi crétin ! Pour avoir, par exemple, quand c’était si facile, prévoyant, volé quelque chose, quelque part, quand il en était temps encore. On ne pense à rien ! De la prison, on en sort vivant, pas de la guerre. Tout le reste, c’est des mots.

Si seulement j’avais encore eu le temps, mais je ne l’avais plus ! Il n’y avait plus rien à voler ! Comme il ferait bon dans une petite prison pépère, que je me disais, où les balles ne passent pas ! Ne passent jamais ! J’en connaissais une toute prête, au soleil, au chaud! Dans un rêve, celle de Saint-Germain précisément, si proche de la forêt, je la connaissais bien, je passais sou vent par là, autrefois. Comme on change ! J’étais un enfant alors, elle me faisait peur la prison. C’est que je ne connaissais pas encore les hommes. Je ne croirai plus jamais à ce qu’ils disent, à ce qu’ils pensent. C’est des hommes et d’eux seulement qu’il faut avoir peur, toujours.

Combien de temps faudrait-il qu’il dure leur délire, pour qu’ils s’arrêtent épuisés, enfin, ces monstres ? Combien de temps un accès comme celui-ci peut-il bien durer ? Des mois ? Des années ? Combien . Peut-être jusqu’à la mort de tout le monde, de tous les fous ? Jusqu’au dernier ? Et puisque les événements prenaient ce tour désespéré je me décidais à risquer le tout pour le tout, à tenter la dernière démarche, la suprême, essayer, moi, tout seul, d’arrêter la guerre ! Au moins dans ce coin-là où j’étais. (...) "

 

Voir les commentaires

Rédigé par rafael

Publié dans #ART et HISTOIRE, #HISTOIRE

Repost0

Publié le 1 Janvier 2014

Modigliani nu


Amedeo Modigliani, descendant d'une famille de marchands juifs, commença à étudier en 1898 à l'école des beaux-arts de Livourne (Italie), sa ville natale. à la suite d'une maladie, il interrompit ses études en 1901 pour les reprendre l'année suivante à l'Académie des beaux-arts de Florence sous la direction du peintre Giovanni Fattori.

En 1906, Modigliani s'installa à Paris où il fréquenta, entre autres, Pablo Picasso, Jean Cocteau et Max Jacob. Dès ses premières œuvres, imprégnées de l'art d'Henri de Toulouse-Lautrec , des peintres fauves et de Paul Cézanne ,il afficha son thème de prédilection, le portrait, auquel il ajouta bientôt celui du nu féminin. Faisant sienne la construction cézannienne en larges masses chromatiques, il commença à élaborer un style extrêmement personnel, caractérisé par des formes allongées - voire déformées - et l'ovale des visages. Il exposa pour la première fois au Salon des Indépendants en 1908. L'année suivante, il rencontra Constantin Brancusi, sous l'influence duquel il commença à se consacrer à la sculpture.


Modigliani femme à la cravatte noire
Modigliani nu

 




Le Déserteur Monsieur le Président je vous fais une lettre Que vous lirez peut-être Si vous avez le temps Je viens de recevoir Mes papiers militaires Pour partir à la guerre Avant mercredi soir Monsieur le Président je ne veux pas la faire je ne suis pas sur terre Pour tuer des pauvres gens C’est pas pour vous fâcher Il faut que je vous dise Ma décision est prise je m’en vais déserter Depuis que je suis né J’ai vu mourir mon père J’ai vu partir mes frères Et pleurer mes enfants Ma mère a […]



Princeton. Princeton University Art Museum. 1916. " J'ai souvent entendu dire qu'il était fou, et bien c'est peut-être parce qu'il donnait ses dessins au lieu de les vendre qu'il était fou. Il se promenait à la terrasse de la Rotonde, il faisait le portrait des uns et des autres, il se promenait comme une tireuse de cartes gitane, et il distribuait ses dessins, il donnait." Jean Cocteau. Source: DA.Art De Chirico - Hector et Andromaque 1931 D'après son titre, la toile représente […]



Qui suis-je? D'où je viens? Je suis Antonin Artaud et que je le dise comme je sais le dire immédiatement vous verrez mon corps actuel voler en éclats et se ramasser sous dix mille aspects notoires un corps neuf où vous ne pourrez plus jamais m'oublier. Antonin Artaud Invocation à la Momie Ces narines d’os et de peau par où commencent les ténèbres de l’absolu, et la peinture de ces lèvres que tu fermes comme un rideau Et cet or que te glisse en rêve la vie qui te dépouille d’os, et les […]

Voir les commentaires

Rédigé par rafael

Publié dans #ART MODERNE

Repost0

Publié le 30 Décembre 2013

 

 

1

" On ne naît pas femme: on le devient. Aucun destin biologique,psychique, économique ne définit la figure que revêt au sein de la société la femelle humaine; c'est l'ensemble de la civilisation qui élabore ce produit intermédiaire entre le mâle et le castrat qu'on qualifie de féminin. Seule la médiation d'autrui peut constituer un individu comme un Autre."

 

 

13-14

"... elle se tourne vers la mère : c'est la chair féminine douce, lisse, élastique qui suscite les désirs sexuels et ces désirs sont préhensifs; c'est d'une manière agressive que la fille, comme le garçon, embrasse sa mère, la palpe, la caresse; ils ont la même jalousie s'il naît un nouvel enfant; ils la manifestent par les mêmes conduites : colères, bouderie, troubles urinaires; ils recourent aux mêmes coquetteries pour capter l'amour des adultes. Jusqu'à douze ans la fillette est aussi robuste que ses frères, elle manifeste les mêmes capacités intellectuelles; il n'y a aucun domaine où il lui soit interdit de rivaliser avec eux. Si, bien avant la puberté, et parfois même dès sa toute petite enfance, elle nous apparaît déjà comme sexuellement spécifiée, ce n'est pas que de mystérieux instincts immédiatement la vouent à la passivité, à la coquetterie, à la maternité: c'est que l'intervention d'autrui dans la vie de l'enfant est presque originelle et que dès ses premières années sa vocation lui est impérieusement insufflée."

 

 

14-15

" C'est dans l'angoisse que l'homme éprouve son délaissement. Fuyant sa liberté, sa subjectivité, il voudrait se perdre au sein du Tout : c'est là l'origine de ses rêveries cosmiques et panthéistiques, de son désir d'oubli, de sommeil, d'extase, de mort. Il ne parvient jamais à abolir son moi séparé: du moins souhaite-t-il atteindre la solidité de l'en-soi, être pétrifié en chose; c'est singulièrement lorsqu'il est figé par le regard d'autrui qu'il s'apparaît comme un être. C'est dans cette perspective qu'il faut interpréter les conduites de l'enfant: sous une forme charnelle, il découvre la finitude, la solitude, le délaissement dans un monde étranger; il essaie de compenser cette catastrophe en aliénant son existence dans une image dont autrui fondera la réalité et la valeur. Il semble que ce soit à partir du moment où il saisit son reflet dans les glaces -moment qui coïncide avec celui du sevrage- qu'il commence à affirmer son identité : son moi se confond avec ce refle tsi bien qu'il ne se forme qu'en s'aliénant."


Paris, Gallimard: 1947,

 

 

 

 

Voir les commentaires

Rédigé par rafael

Publié dans #ART MODERNE

Repost0

Publié le 29 Décembre 2013

William Adolphe Bouguereau The Birth of VenusMusée d'Orsay, Paris


le XIXème siècle célèbre la femme dans l'art et la littérature tout en la déclarant mineure dans la vie politique et publique. Ce siècle prône la vertu, la féminité accomplie, mais officialise en même temps la prostitution avec les maisons closes. Le bourgeois d'alors, s'il en a les moyens, peut parfaitement entretenir une femme destinée à son plaisir. Il a donc à sa disposition les deux aspects de la féminité : la fidèle épouse vertueuse pour l'apparence et la courtisane frivole pour l'agrément.

Dans ce cadre, Bouguereau, l'un des maîtres de l'école classqiue expose sans complexe les grands principes qui font la base de la peinture académique. Soulevant de ce fait la polémique.

« Il me faut bien, hélas ! Commencer par l'œuvre de M. Bouguereau. M. Gérôme avait rénové déjà le glacial ivoire de Wilhem Miéris, M. Bouguereau a fait pis. De concert avec M. Cabanel, il a inventé la peinture gazeuse, la pièce soufflée. Ce n'est même plus de la porcelaine, c'est du léché flasque ; c'est je ne sais quoi, quelque chose comme de la chair molle de poulpe. La naissance de Vénus, étalée sur la cimaise d'une salle, est une pauvreté qui n'a pas de nom. La composition est celle de tout le monde. Une femme nue sur une coquille, au centre. Tout autour d'autres femmes s'ébattant dans des poses connues. Les têtes sont banales, ce sont ces sydonies qu'on voit tourner dans la devanture des coiffeurs ; mais ce qui est plus affligeant encore, ce sont les bustes et les jambes. Prenez la Vénus de la tête aux pieds, c'est une baudruche mal gonflée. Ni muscles, ni nerfs, ni sang. Les genoux godent, manquent d'attaches ; c'est par un miracle d'équilibre que cette malheureuse tient debout. Un coup d'épingle dans ce torse et le tout tomberait. La couleur est vile, et vil est le dessin. C'est exécuté comme pour des chromos de boîtes à dragées ; la main a marché seule, faisant l'ondulation du corps machinalement. C'est à hurler de rage quand on songe que ce peintre qui, dans la hiérarchie du médiocre, est maître, est chef d'école, et que cette école, si l'on n'y prend garde, deviendra tout simplement la négation la plus absolue de l'art ! »


« Salon de 1879 » paru dans L'Art moderne.  Joris-Karl Huysmans
 

 

"Prenez une Vénus antique, un corps de femme quelconque dessiné d'après les règles sacrées, et, légèrement, avec une houppe, maquillez ce corps de fard et de poudre de riz ; vous aurez l'idéal de monsieur Cabanel... Voyez au Champ-de-Mars la Naissance de Vénus. La déesse noyée dans un fleuve de lait a l'air d'une délicieuse lorette, non pas en chair et en os, ce serait indécent, mais en une sorte de pâte d'amande blanche et rose. Il y a des gens qui trouvent cette adorable poupée bien dessinée, bien modelée, et qui la déclarent fille plus ou moins bâtarde de la Vénus de Milo : voilà le jugement des personnes graves. Il y a des gens qui s'émerveillent sur le sourire de la poupée, sur ses membres délicats, sur son attitude voluptueuse : voilà le jugement des personnes légères. Et tout est pour le mieux dans le meilleur des tableaux du monde."  Emile Zola, nos peintres au Champ-de-Mars, 1867


"...dans le goût classique, les toiles de M. Cabanel et de M. Bouguereau, le triomphe de la propreté en peinture, des tableaux unis comme une glace, dans lesquels les dames peuvent se coiffer." (Emile Zola, le salon de 1875)

 

Voir les commentaires

Rédigé par rafael

Publié dans #ECLECTISME XIXe

Repost0

Publié le 27 Décembre 2013

Persepolis lion Londres British Museum (2)

 

Darius Ier décide de construire une nouvelle capitale pour l'Empire Perse. La construction de Persépolis et l'aménagement des bâtiments impériaux à Suse s'inscrivent danun vastte programe d'aénagment des résidences royales, afin de montrer à tous que "l'avènement du nouveau roi marque le renouveau de l'empire". L'ensemble monumenta de Persépolis est l apièce maîtresse de ce vaste programme de construction. La réalisation du Palais est supervisé par Darius en personne. Le palais sera coplété et agrandt par ses sccesseurs: Xerxès et Artaxerxès.

 

Persépolis comprend un vaste complexe palatin érigé sur une terrasse monumentale qui supporte de multiples bâtiments hypostyles. Ces palais ont des fonctions protocolaires, rituelles, emblématiques, ou administratives précises : audience, appartements royaux, administration du trésor, accueil.

Persepolis lion Londres British Museum (3)

De nombreux bas-reliefs sculptés sur les escaliers et portes des palais représentent la diversité des peuples composant l’empire, mais aussi des scènes de chasse. D’autres consacrent l’image d’un pouvoir royal protecteur, souverain, légitime, et absolu, ou désignent
Xerxès Ier comme successeur légitime de Darius le Grand.

Persepolis lion Londres British Museum

 

Photos: Lankaart (c)

 

Voir les commentaires

Rédigé par rafael

Publié dans #MESOPOTAMIE et PERSE ANTIQUITE, #IRAN

Repost0

Publié le 24 Décembre 2013

jean-andré Rixens don Juan

 

Salon des Artistes Français, Paris, 1886.

 

Pour ce tableau Jean-André Rixens reprend les vers de Baudelaire dans les Fleurs du Mal :

 

"...Frissonnant sous son deuil, la chaste et maigre Elvire,

Près de l'époux perfide qui fut son amant,

Semblait lui réclamer un suprême sourire

Où brillait la douceur de son premier serment

Tout droit dans son armure

Le grand homme de pierre se tenait à la barre

Et coupait le flot noir..."

 

Voir les commentaires

Rédigé par rafael

Publié dans #ECLECTISME XIXe

Repost0

Publié le 24 Décembre 2013

Vierge de Vladimir

La Vierge de Vladimir est l’une des icônes les plus connues de Russie. Le modèle de l’icône est de type Eleousa, la joue de l’enfant étant collé contre celle de sa mère, dans un geste d’affection.


Elle fait partie des trois icônes attribuées à Saint-Luc,  iconographe attitré de la Vierge Marie, avec la Vierge de Smolensk et la Vierge de Tihkvin. En fait les études historiques ont montrées que l’icône fut peinte entre la fin du XIe siècle et le début du XIIe siècle certainement par des peintres de l’école de Byzance.A cette époque l’influence des grands ateliers d’icônes était importante. Elle fut dans un premier temps apporté e de Constantinople à Kiev au XIIe siècle. Au XIVe siècle elle fut transportée  à Moscou

 

L’icône de Vladimir a été modifié au moins quatre fois depuis le XIIe siècle, aux XIIIe, XVe, XVIe et XIXe siècle. De l’œuvre originale il ne reste que quelques éléments : les visages de la Vierge et de l’enfant, une partie des membres.

L’œuvre reste toutefois un vivant témoignage de l’art byzantin à travers les âges et de son influence durable sur l’art russe.

 

Vierge de Vladimir détail (3) Vierge de Vladimir icone détail (3)

 



La cité de Mistra ou Mystrás est une ancienne cité de Morée (Péloponnèse) fondée par les Francs au XIIIe siècle, près de l'antique Sparte. Elle est aujourd'hui en ruines. L'ensemble des bâtiments qui forment la métropole se situe le long de la paroi intérieure de l'enceinte de la ville basse. Deux entrées mènent à l'intérieur de l'édifice : la première et la plus ancienne mène au gynaikonitis, ou galerie des femmes ; une autre se situe dans la rue qui longe le bâtiment sur sa façade sud. […]


La cappadoce est une région très particulière de l'anatolie centrale, ses paysages, ses vallées encaissées, ses oasis et ses villages rupestres en font un monde à part. Ici nombreux sont les peuples qui se sont croisées (sémites, Turcs, romains, Hittites, Lydiens, Grecs, Perses, Arabes etc...) L'art est en art de confluence, d'échanges et d'empreins loin des dogmes établis par les grandes capitales des empires. C'est ici que s'épanouit au IXe siècle ap. JC une école cappadocienne de […]


L'Église de la Vierge de Leviša est une cathédrale de l'Église orthodoxe serbe, située à Prizren, dans la province autonome du Kosovo. Elle est inscrite sur la liste des monuments culturels d'importance exceptionnelle de la République de Serbie. L'Union Européenne a classer les monastères orthodoxes Serbes du Kosovo, parmi les cinq plus importants lieux saints du bassin méditerranéen. Construite au XIIe siècle, elle fut transformée en mosquée pendant la période ottomane. Elle redevint une […]

Voir les commentaires

Rédigé par rafael

Publié dans #ARTS BYZANTIN PALEOCHRETIEN ORTHODOXE et RUSSE

Repost0

Publié le 23 Décembre 2013


Gemaldegalerie, Berlin

L'Homme au casque d'or est une oeuvre d'atelier, dont l'attribution à Rembrandt est à présent pratiquement exclue. Il s'agirait d'un portrait exécuté par l'un de ses disciples.

 

Cette figure peut être une représentation de Mars, dieu de la guerre. A noter, les empâtements qui constituent les reliefs du casque et la réserve du visage, fermé sur lui-même dans la pénombre. Etrange image de la vie et de la mort qui rôdent.

 



Rembrandt, peintre hollandais né en 1606, est un être énigmatique et une figure majeure de la peinture du XVIIe siècle. Bien que sa production soit très variée, toute sa vie il cultivera une passion personnelle pour l’autoportrait. Sans relâche il se peindra, jeune, puis mature et enfin vieillissant, sans complaisance, relatant à la fois l’action du temps sur sa personne mais aussi l’évolution de son art de sa vision du monde et de l’être humain. Passionné, orgueilleux, sa vie est faite de […]

 

 

 

 



Rembrandt (1606-1669) est un peintre à part au sein de la peinture hollandaise. Initiateur d’un univers pictural baigné d’une lumière irréelle et d’une approche profondément humaine de la vie, il marque une rupture avec la peinture plus emphatique d’un Rubens. Son œuvre reste empreinte d’une profonde inspiration spirituel, il questionne sans fin la Bible et sa propre image à travers le temps. À Babylone vivait un homme de nom de Ioakim. 2 Il avait épousé une femme du nom de Suzanne, fille […]

 

 



Gemaldegalerie Berlin Peintre Hollandais, né à Anvers en 1582 ou 1583, mort à Haarlem en 1666, Frans Hals est l'un des plus grands peintres du XVIIe siècle Hollandais. Connu pours ses portraits, Frans Hals trouva une expression originale et aboutie dans le portrait collectif dont il sut donner une profondeur psychologique et une actualité saisissante. Installé à Haarlem vers 1600, il y dirige un atelier très prolifique. Les commandes sont nombreuses, aussi bien pour de grands portraits […]

 

 

 

 


 



Voir les commentaires

Rédigé par rafael

Publié dans #CLASSICISME

Repost0