Publié le 14 Juillet 2015

Kumugwe

Kumugwe (également Komokwa ou Goomokwey) est une figure de la mythologie des peuples du Pacifique du Nord-Ouest. Connu comme « Cuivre-Maker", il est le dieu du monde sous-marin vénéré par les nations autochtones Kwakwaka’wakw et Nuxalk. Il a une maison sous la mer pleine de richesses. Parfois, il apparaît sur la surface de la mer, mais sa tête est si grande qu’elle ressemble à une île. Il est responsable de la hausse et du reflux des marées, ainsi que des richesses de ces marées déposent sur les plages. Il est aussi responsable des tempêtes qui font disparaître les hommes en mer. Une histoire terrible raconte comment il mangea des yeux humains. Kumugwe a aussi le pouvoir de voir l’avenir et de guérir les malades et les blessés. De nombreux héros ont cherché à rejoindre sa demeure sous-marine ; ceux qui ont réussi ont été récompensés par la richesse et l’acquisition de pouvoirs magiques. Son monde est gardé par des pieuvres, c’est pourquoi Kumugwe est représenté parfois sous la forme d’une pieuvre.


Les masques de Kumugwe le montrent souvent comme une créature de la mer : avec des yeux de poissons arrondis, et des rangées de branchies aux coins de sa bouche, les ventouses d’une pieuvre, et des poissons et oiseaux aquatiques autour de sa tête. Ses animaux totémiques les plus importants sont les phoques, les lions de mer, les pieuvres et les orques.

Kumugwe
Kumugwe
Kumugwe

Voir les commentaires

Rédigé par rafael

Publié dans #ART PREMIERS AMERIQUE

Repost0

Publié le 12 Juillet 2015

Kawase Hasui
川瀬巴水 - Кавасе Хасуї

Kawase Hasui (1883-1957) est un peintre et illustrateur japonais travaillant dans la technique de l'estampe, célèbre surtout pour ses paysages. C'est un des artistes les plus prolifiques et talentueux du mouvement « Shin-Hanga » ou renouveau pictural. Ce mouvement est né sous l'égide de l'imprimeur Watanabe Shozaburo à Tokyo dans les années 1920 qui a édité près de 600 œuvres de Hasui. Une partie a été détruite dans le tremblement de terre de Tokyo en 1923. Hasui voyageait souvent à travers tout le Japon et remplissait des carnets avec ses dessins et aquarelles, qui servaient de base aux futures estampes. Ces dessins étaient sculptés dans du bois avec un bloc différent par couleur. Ceux-ci étaient ensuite passés à l'imprimeur qui appliquait le papier de façon à avoir une mise en place parfaite des couleurs. Hasui a peint tous les aspects des quatre saisons, du paysage nocturne sous une lune sombre jusqu’aux paysages d’été ensoleillés. Dans beaucoup d’estampes, le contraste est fort entre les ombres et la lumière et sa palette va des bleus austères aux gris glacés des paysages d’hiver, et aux scènes d’été brillamment colorées avec les rouges des temples. Il nous donne un large éventail des paysages japonais, campagnes et montagnes, rivières et lacs ainsi qu’une représentation de la ville avec les canaux, ponts, entrepôts et sanctuaires. Hasui n’incorpore que peu la figure humaine. La plupart de ses estampes sont des paysages sans personnage, et celles qui en ont sont plus des silhouettes en nombre réduit. Ses personnages sont le plus souvent vus de derrière et sont placés au bord de l’image ou en arrière-plan. Leur isolement ajoute un sentiment de tristesse ou de mélancolie qui est typique de son style. Il est frappant de constater des analogies étroites entre l'œuvre de Hasui et celle de Henri Rivière (1864-1951), aquarelliste, lithographe et « estampiste » français, dont l'œuvre féconde a été largement inspirée par l'influence japoniste du dernier tiers du xixe siècle. Henri Rivière a été le premier Européen à remettre au goût du jour la technique des bois gravés (bois qu'il imprimait sur du papier Japon du xviiie siècle à la manière de Hiroshige et de Hokusai), technique alors fameuse au Japon. Comme Hasui, Henri Rivière dépeint des paysages peu humanisés et dépouillés, ainsi que des scènes de la vie de tous les jours. Le trait de Hasui ressemble étrangement à la « ligne claire » de Henri Rivière et des estampistes japonais comme Hasui, dont les artistes comme Edgar P.Jacobs (Blake et Mortimer) et Hergé (Tintin) se sont probablement eux-mêmes inspirés. L’estampe d’Hasui la plus célèbre est le temple Zojo-ji à Shiba sous la neige. Elle représente le temple pendant une tempête de neige. C’est dans ce temple que sont situées les tombes des Shoguns Tokugawa. La première impression date de 1925 et elle a été réimprimée de nombreuses fois (plus de 3000) en utilisant les blocs d’impression d’origine. Celle représentée ici date des années 1930, reconnaissable au sceau Watanabe utilisé pendant ces années et situé dans la marge droite et qui se lit : « Copyright Watanabe Shozaburo. Reproduction interdite sans permission préalable » (« Hanken shoyû fukyo mosha Watanabe Shôzaburô »). Dans la marge gauche, se trouve le titre « Temple Zozo-ji, Shiba » (« Shiba Zozoji ») et la date « fait dans la quatorzième année de l’ère Taisho (1925) (« Taishô jûyo nen saku »). En 1953, le gouvernement japonais lui a conféré le titre de « Trésor national ». Le trio artiste-sculpteur-imprimeur réuni par l'éditeur Watanabe a vu son estampe la plus célèbre?: Neige au temple Zozo-ji désignée Trésor Culturel. Deux exemples de paysage de Kawase Hasui: à droite, Le Sanctuaire Kasuga à Nara (1933); à gauche, La rivière Oirase en automne (1933)

Kawase Hasui
Kawase Hasui Kawase Hasui Kawase Hasui
Kawase Hasui Kawase Hasui Kawase Hasui

Voir les commentaires

Rédigé par rafael

Publié dans #JAPON

Repost0

Publié le 12 Juillet 2015

Vajrasattva - Mongolie

वज्रसत्त्व - 金剛薩た - 金剛薩埵

Vajrasattva, mot sanskrit signifie littéralement « être animé de diamant » tibétain : c'est un bouddha du courant vajrayana. Purificateur du karma, il concentre les énergies et la sagesse des cinq dhyani bouddhas dont il est parfois décrit comme l'essence. La pratique de Vajrasattva est centrée sur la confession et la purification. Vajrasattva est le plus souvent représenté seul, le vajra dans la main droite à la hauteur du cœur et la cloche ghanta retournée dans la main gauche, symbolisant respectivement la force et la sagesse. Il est en général de couleur blanche, mais parfois bleue ou plus rarement rouge. Occasionnellement, il apparaît en Yab-Yum avec sa parèdre Vajragharvi (matrice du vajra) ou Ghantapani (porteuse de cloche). Le bouddha Vajradhara tient un vajra dans chacune de ses mains croisées sur sa poitrine ; son corps est bleu sombre.

Voir les commentaires

Rédigé par rafael

Publié dans #BOUDDHISME CLASSIQUE

Repost0

Publié le 11 Juillet 2015

Ur - Tombes royales
Königsgräber von Ur - أور

De 1922 à 1934, l’archéologue C. Leonard Woolley a fouillé le site de l’ancienne cité sumérienne d’Ur. Parmi les 1800 tombes qu’il a découvertes, il y avait 16 tombes qui contenaient des objets très précieux. Il les appelait les « tombes royales ».

Ur - Tombes royales
Ur - Tombes royales

Les 16 tombes royales, construites en pierre ou en brique et voûtées en encorbellement, recelent de grandes quantités d’objets : vases et coupes d’or et d’argent, poignards d’or à pommeau d’argent ou lapis-lazuli, lyres décorées de têtes de taureau, statuette du « bélier pris dans le buisson » en bois plaqué d’or et de lapis-lazuli, l’étendard d'Ur en nacre sur fond de lapis-lazuli, diadème de feuilles d’or, boucles d’oreilles en or massif, collier d’or, de lapis, et de cornaline de la reine Pû-abi, perruque du roi Meskalamdug, façonnée dans une seule feuille d’or ciselée.


À Ur, le personnel du roi l’accompagne dans l’au-delà : 59 hommes, 19 femmes et deux chariots à 6 bœufs dans la tombe appelée « chambre du roi », 2 personnes dans le caveau de la reine Pû-abi et 10 femmes, 5 soldats et un char attelé de 2 bœufs dans le corridor d’accès, 68 femmes et 6 hommes dans le « grand puits de la mort ». Il ne s’agit pas d’exécutions, mais plutôt de suicides collectifs, les individus tenant généralement une petite coupe qui a sans doute contenu le poison qu’ils s’étaient administré eux-mêmes. C’est sur le corps des êtres humains que les animaux ont été ensuite sacrifiés. Ce rite d’accompagnement est pour le moment unique en Mésopotamie.

Ur - Tombes royales
Ur - Tombes royales
Ur - Tombes royales

Voir les commentaires

Rédigé par rafael

Publié dans #MESOPOTAMIE et PERSE ANTIQUITE

Repost0

Publié le 10 Juillet 2015

Tang - Sculptures en terre cuite
Tang women - 唐朝 - Mujeres Tang

Sous les Tang, les figures protectrices de grande taille étaient souvent disposées en groupe, et par couples de même nature. Elles étaient placées sur l'axe de circulation de la tombe pour mieux accomplir leur rôle protecteur. C'est parmi ce type d'objets que se trouvent des œuvres parmi les plus remarquables de l'art funéraire de la période. Les autres sculptures en terre cuite (souvent de la céramique peinte simple, mais aussi de type sancai) réalisées expressément dans un but funéraire représentaient des serviteurs du défunt, qui devaient participer à la reconstitution de la vie qu'il avait menée de son vivant. Elles renvoient donc à des activités humaines. On y trouve ainsi des dames d'honneur, des musiciens et musiciennes, des cavaliers ainsi que des cavalières (notamment des joueuses de polo déjà évoquées), des visiteurs étrangers (par exemple des marchands), des animaux, etc.

Les tombes des débuts de la période Tang présentent un art funéraire surtout lié à la thématique des cérémonies et du voyage dans l'au-delà (avec des statuettes de personnel participant aux cérémonies, d'animaux et de chariots pour un cortège funèbre), tandis qu'à partir du VIIIe siècle ce sont les statuettes renvoyant à la vie domestique (serviteurs, maquettes architecturales) qui se répandent.

Tang - Sculptures en terre cuite
Tang - Sculptures en terre cuite

Voir les commentaires

Rédigé par rafael

Publié dans #CHINE

Repost0

Publié le 9 Juillet 2015

Hopi - Kachina
katchina - katcina - katsina - カチナ

Dans la mythologie des Indiens Hopis et Zuñis du Nouveau-Mexique et de l’Arizona, au Sud Ouest des États-Unis, les kachinas sont des esprits : esprits du feu, de la pluie, du serpent, ou encore esprits farceurs, espiègles, bienfaisants ou malfaisants… Une sorte d’inventaire du monde visible et invisible. Six mois par an, à l’occasion de fêtes rituelles, ces esprits s’incarnent dans des danseurs masqués et costumés. Des poupées de bois peintes de vives couleurs, également nommées kachinas et représentant ces danseurs, sont offertes aux enfants, à l’issue des fêtes, pour qu’ils se familiarisent avec le monde des esprits. Les Kachinas viennent pour vivre avec les Hopis à la période du solstice d’hiver et demeurent jusqu’à juillet.

Hopi - Kachina

Voir les commentaires

Rédigé par rafael

Publié dans #ART PREMIERS AMERIQUE

Repost0

Publié le 8 Juillet 2015

Antonello de Messine
Antonello da Messina - アントネロ・ダ・メッシーナ

En 1457, Antonello travaille pour son propre compte, puisqu’en mars il reçoit la commande d’un étendard pour la confrérie de San Michele dei Gerbini de Reggio de Calabre. En 1460, il est de retour à Messine. La Vierge de l’Annonciation du Museo Civico de Côme, la Madone Forti (Venise, collection particulière) et la Madone Salting (Londres, National Gallery) sont les premières œuvres communément attribuées au jeune Antonello. Dès ses premières œuvres, il affirme une personnalité suffisamment forte pour assimiler avec profit les apports extérieurs les plus variés. Relativement peu marqué par la tradition locale, il fera toujours preuve, en fait, de la plus grande originalité. L’évolution de son style révèle un rapprochement avec Piero della Francesca. Il se montre original dès le Saint Jérôme dans son cabinet de travail (1475). Il a assimilé les principes de la perspective florentine. La pureté et la luminosité de son œuvre, ainsi que la fermeté de dessin lui valent un prestige considérable. Le Condottiere (1474-1476) reste le portrait le plus énergique, le plus volontaire. L'équilibre, l'ampleur, la rigueur, et la plénitude sont servis par des chromatismes qui devancent les trouvailles d'un Giorgione. La sobriété et la modernité de la composition de La Vierge de l'Annonciation , peinte en 1476 ou 1477, en font une œuvre majeure de la Renaissance italienne (palais Abatellis, Palerme).

Antonello de Messine
Antonello de Messine
Antonello de Messine

Voir les commentaires

Rédigé par rafael

Publié dans #RENAISSANCE ITALIE

Repost0

Publié le 7 Juillet 2015

Metropolitan Museum New-York, Neo-Babylonian, 8th–early 7th century B.C

Metropolitan Museum New-York, Neo-Babylonian, 8th–early 7th century B.C

Neo-Babylonian Empire - Neubabylonisches Reich - الإمبراطورية البابلية الحديثة

L'empire néo-babylonien correspond à une période l'histoire du royaume de Babylone qui va de de 626 à 539 av. J.-C. Cette époque est celle durant laquelle la puissance babylonienne a été à son sommet, constituant un véritable empire reprenant l'héritage de l'empire assyrien qu'il a abattu et dominant tout le Moyen-Orient. En réalité, cette puissance apparaît comme étant avant tout le fait de Nabopolassar et de son fils Nabuchodonosor II, le royaume ne tenant qu'une vingtaine d'années après la mort de ce dernier, succombant sous les coups du roi perse Cyrus II, fondateur de l'empire achéménide. En dépit de sa brièveté, cette période marque néanmoins le retour de la prospérité économique en Babylonie, portée notamment par le développement de l'économie agricole, et un dynamisme culturel important, sous les auspices des souverains. C'est durant cette période que Babylone devient une vaste cité disposant de plusieurs monuments passés à la postérité (ses murailles, ses palais, sa ziggurat, peut-être ses jardins suspendus). C'est également la période qui a laissé de l'empire babylonien l'image d'un empire conquérant et même violent par le biais des récits bibliques.

Source: Wikipedia

Empire néo-babylonien
Empire néo-babylonienEmpire néo-babylonien

Voir les commentaires

Rédigé par rafael

Publié dans #MESOPOTAMIE et PERSE ANTIQUITE

Repost0

Publié le 6 Juillet 2015

Lettre ouverte à M. Paul Claudel
Ambassadeur de FRANCE au JAPON

« Quant aux mouvements actuels, pas un seul ne peut conduire à une véritable rénovation ou création. Ni le dadaïsme, ni le surréalisme qui ont un seul sens : pédérastique.
Plus d’un s’étonne non que je sois bon catholique, mais écrivain, diplomate, ambassadeur de France et poète. Mais moi, je ne trouve en tout cela rien d’étrange. Pendant la guerre, je suis allé en Amérique du Sud pour acheter du blé, de la viande en conserve, du lard pour les armées, et j’ai fait gagner à mon pays deux cents millions. »
« Il Secolo », interview de Paul Claudel reproduite par « Comœdia », le 17 juin 1925.


Monsieur,
Notre activité n’a de pédérastique que la confusion qu’elle introduit dans l’esprit de ceux qui n’y participent pas.


Peu nous importe la création. Nous souhaitons de toutes nos forces que les révolutions, les guerres et les insurrections coloniales viennent anéantir cette civilisation occidentale dont vous défendez jusqu’en Orient la vermine et nous appelons cette destruction comme l’état de choses le moins inacceptable pour l’esprit.


Il ne saurait y avoir pour nous ni équilibre ni grand art. Voici déjà long-temps que l’idée de Beauté s’est rassise. Il ne reste debout qu’une idée morale, à savoir par exemple qu’on ne peut être à la fois ambassadeur de France et poète.


Nous saisissons cette occasion pour nous désolidariser publiquement de tout ce qui est français, en paroles et en actions. Nous déclarons trouver la trahison et tout ce qui, d’une façon ou d’une autre, peut nuire à la sûreté de l’État beaucoup plus conciliable avec la poésie que la vente de « grosses quantités de lard » pour le compte d’une nation de porcs et de chiens.


C’est une singulière méconnaissance des facultés propres et des possibilités de l’esprit qui fait périodiquement rechercher leur salut à des goujats de votre espèce dans une tradition catholique ou gréco-romaine. Le salut pour nous n’est nulle part. Nous tenons Rimbaud pour un homme qui a désespéré de son salut et dont l’œuvre et la vie sont de purs témoignages de perdition.


Catholicisme, classicisme gréco-romain, nous vous abandonnons à vos bondieuseries infâmes. Qu’elles vous profitent de toutes manières ; engraissez encore, crevez sous l’admiration et le respect de vos concitoyens. Écrivez, priez et bavez ; nous réclamons le déshonneur de vous avoir traité une fois pour toutes de cuistre et de canaille.


Paris, le 1er juillet 1925.




Maxime Alexandre, Louis Aragon, Antonin Artaud, J.-A. Boiffard, Joë Bousquet, André Breton, Jean Carrive, René Crevel, Robert Desnos, Paul Eluard, Max Ernst, T. Fraenkel, Francis Gérard, Éric de Haulleville, Michel Leiris, Georges Limbour, Mathias Lübeck, Georges Malkine, André Masson, Max Morise, Marcel Noll, Benjamin Péret, Georges Ribemont-Dessaignes, Philippe Soupault, Dédé Sunbeam, Roland Tual, Jacques Viot, Roger Vitrac.

Voir les commentaires

Rédigé par rafael

Publié dans #ART MODERNE

Repost0

Publié le 5 Juillet 2015

Grand autel de Pergame, Berlin.

Grand autel de Pergame, Berlin.

".... l’âme grecque n’est plus qu’une écume s’évaporant à sa surface. L’homme a perdu son unité, ses efforts pour la ressaisir l’enfoncent dans une nuit plus épaisse. L’Autel ‘de Pergame, la dernière des grandes compositions d’ensemble que l’hellénisme nous ait léguée, est l’image de ce désordre. Là où était la sobriété est la richesse touffue, la confusion remplace l’ordre, le rythme s’affole et s’essouffle, l’effort mélodramatique étouffe toute humanité et la puissance oratoire se fait emphase et boursouflure. L’artiste, dans l’abondance de son verbe, étale avec fracas le vide de son esprit. Ce verbe est ardent, sans doute, d’une somptueuse couleur, tout secoué de clameurs et d’ébranlements, mais un peu comme un manteau chargé d’or et de gemmes où s’engouffre le vent. Scopas, du moins, n’avait pas peur des vides, il était trop vivant, la sève primitive ne l’avait pas abandonné. S’il n’avait rien à dire, il se taisait. Mais le sculpteur de Pergame redoute ces grands silences où l’esprit de Phidias, quand il quittait une forme pour aller vers une autre, glissait sur un flot invisible. Le sens de la continuité spirituelle des volumes lui est tellement étranger qu’il ne résiste pas au besoin d’y suppléer par la continuité factice d’un verbalisme extérieur. Il remplit les fonds, comble les trous, bouche tout espace visible. Quand on a peu de chose à dire, on parle sans arrêt. Le silence ne pèse qu’à ceux qui ne pensent pas.


Ces cris, ces yeux implorants, ces gestes désespérés ne répondent ni à l’éveil de la souffrance, ni à l’éveil de la pitié. La douleur a l’âge de l’esprit. Les hommes disparus n’avaient ignoré ni les drames de l’amour, ni les drames de la paternité, ni les drames de la guerre, ni les abandons, ni la mort, mais ils savaient y recueillir des accroissements de puissance. Quand l’homme aime la vie, il domine et utilise la douleur. C’est quand il n’agit plus que les larmes mènent le monde. Les héros larmoyants, les dieux épileptiques n’ont plus rien en eux de l’âme grecque, ils n’ont plus rien de l’âme humaine. Elle fuit par les bouches hurlantes, les cheveux dressés, l’extrémité des doigts, la pointe des lances, par les gestes qui l’éparpillent. Le monde est mûr pour adopter les dualismes antagonistes qui vont écarteler la civilisation. Ici la terre, là le ciel, ici la forme, là l’esprit. l leur est interdit de se rejoindre, de se reconnaître l’un dans l’autre. L’homme désespéré va errer dix ou douze siècles dans la nuit qui tombe entre eux. Déjà, les auteurs des groupes de mélodrame, le Laocoon, le Taureau Farnèse, et des suicidés romantiques ne sont plus des sculpteurs, mais des comédiens boursouflés. Le sentiment, qui va renaître dans lés foules, est mort chez les tailleurs d’images, domestiqués par les puissants. Leur science même est morte. Le statuaire est à peine un anatomiste appliqué qui suit avec exactitude le relief des muscles et le mouvement dramatisé que la mode prescrit à son modèle. La sculpture ne songe même pas à retrouver quelque chose du paradis perdu dans la divine ironie pour laquelle elle n’est pas faite et par qui Lucien de Samosate va consoler les esprits d’où le rationalisme impitoyable a chassé la foi. Les dieux ont déserté l’âme des artistes pour habiter le cœur des stoïciens qui les accueillent sans un mot."


Elie Faure, 1921

Elie Faure - La fin de l'art grec
Elie Faure - La fin de l'art grecElie Faure - La fin de l'art grec

Voir les commentaires

Rédigé par rafael

Publié dans #GRECE ANTIQUITE

Repost0