Publié le 30 Octobre 2016

 Grèce - Skyros - Cimetière  - Photos: Lankaart (c)

Grèce - Skyros - Cimetière - Photos: Lankaart (c)

Σκύρος - Скирос - Скирос

Skyros est l’une des îles de l’archipel des Sporades en Grèce, la ville du même nom en est la capitale, construite sur un éperon rocheux qui domine la vallée et la mer la ville toute blanche est un enchevêtrement de ruelles et de passages qui parcourent les pentes abruptes du rocher. Sur l’un des versants de celui-ci, les habitants ont édifié un surprenant cimetière composé d’une multitude de tombes blanches, comme la ville, alignée le long de magnifiques allées légèrement courbe. Celles-ci sont plantées de majestueux cyprès. L’ensemble, simple et sans artifice, crée une ambiance propre à la sérénité et au recueillement.

 Grèce - Skyros - Cimetière  - Photos: Lankaart (c)
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Rédigé par rafael

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Publié le 27 Octobre 2016

Louis XIV - le Roi Soleil

Le Roi Victorieux

Louis XIV est avant tout un roi conquérant, il tend à affirmer la puissance de son Royaume. Il utilise les armes traditionnelles de la diplomatie (ambassade, traités, alliances, unions dynastiques, soutien aux opposants de ses ennemis). Mais c'est surtout par l'armée qu'il s'impose. Jeune roi, il poursuit d'abord la stratégie de ses prédécesseurs depuis François Ier pour dégager la France de l'encerclement hégémonique des Habsbourg en Europe par une guerre continuelle contre l'Espagne, en particulier sur le front des Flandres. Le « grand Roi » en profite pour rendre son « pré carré » par des guerres de conquêtes sur ses voisins, négligeant toutefois l'expansion coloniale

Dans un premier temps, pour se dégager de l'encerclement des Habsbourg, le jeune Louis XIV avec son ministre Mazarin fait alliance avec les principales puissances protestantes, reprenant ainsi la politique de ses deux prédécesseurs et de Richelieu.

Cette guerre franco-espagnole connaît quatre phases : quand le règne débute, la France soutient directement les puissances protestantes contre les Habsbourg, lors du dernier tiers de ce qu'on a appelé ensuite la guerre de Trente Ans, conclue en 1648 par les traités de Westphalie. Profitant de la Fronde, l'Espagne tente d'affaiblir le Roi en soutenant la révolte militaire du Grand Condé (1653) contre Louis XIV. En 1659, des victoires françaises et une alliance avec les puritains anglais (1655-57) et les puissances allemandes (Ligue du Rhin) imposent à l'Espagne le traité des Pyrénées (soudé par le mariage entre Louis XIV et l'infante en 1659). Enfin, le conflit reprend à la mort du roi d'Espagne (1665) quand Louis XIV entame la guerre de Dévolution : au nom de l'héritage de son épouse, le roi réclame que des villes frontalières du royaume de France en Flandre espagnole lui soit dévolues. Il s'appuie sur les difficultés de l'Espagne au Portugal

À l'issue de cette première période, Louis XIV, jeune roi, est à la tête de la première puissance militaire et diplomatique d'Europe, s'imposant même au Pape. Il a agrandi son royaume vers le nord (Artois, achat de Dunkerque aux Britanniques) et conservé, au sud, le Roussillon. Sous l'influence de Colbert, le Roi a aussi construit une marine et agrandit son domaine colonial pour combattre l'hégémonie coloniale espagnole.

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La bataille des dunes par Charles-Philippe Larivière

La bataille des dunes par Charles-Philippe Larivière

La Bataille des dunes, 14 Juin 1658.

L'affrontement a lieu dans les dunes de Leffrinckoucke le 14 juin, non loin de Dunkerque. Le centre et la droite de l’archiduc sont enfoncés en un clin d’œil par des régiments de piquiers anglais, mais la gauche avec Condé, d’abord ébranlée, reprend une brillante offensive. Turenne peut concentrer sa cavalerie et aidé par les navires anglais repousse les gardes suisses. Les Franco-Anglais ont perdu 400 hommes, par contre les Espagnols et le corps de Condé laissent sur le terrain près de 5 000 hommes dont 3 000 à 4 000 prisonniers.

Le 25 juin, Dunkerque, espagnole le matin, française à midi, est finalement anglaise le soir, puisque Louis XIV la remet le jour même aux Anglais. (Charles II revendra Dunkerque à Louis XIV en 1662). Quelques jours après Bergues et Furnes tombent aux mains des Français. Le 7 novembre 1659, le traité des Pyrénées scellera la paix, et mettra fin à trente ans de guerre entre la France et l'Espagne. Turenne est récompensé en 1660 par Louis XIV et reçoit le titre de maréchal général des armées du roi.

A partir de 1672, sous l'influence de Louvois, le « Grand Roi » renonce à l'alliance protestante. Pour rendre son « pré carré », il s'isole diplomatiquement dans une politique belliqueuse de conquête qui l'oppose à toute l'Europe. La poussée vers les Flandres d'un monarque absolu catholique provoque l'inquiétude de la République protestante des Pays-Bas. Dès lors, France et Pays-Bas, anciens alliés, deviennent rivaux économiquement et politiquement.

En 1672, Louis XIV les attaque, ce qui provoque la guerre de Hollande. L'Espagne en profite pour tenter de récupérer les villes de Flandres perdues. Ce conflit isole diplomatiquement la France : opposée à la fois aux Habsbourgs, au pape et aux protestants d'Europe, après le rapprochement entre les Provinces-Unies des Pays-Bas, les princes allemands et le parlement anglais, elle n'a plus comme alliée protestante que la Suède. Sa puissance militaire lui permet toutefois d'imposer la paix sur le front Nord et de prendre le comté de Bourgogne à l'Espagne (1674, confirmé au traité de Nimègue, 1678). C'est ainsi que Besançon devient française. Louis XIV élargit ensuite ses ambitions aux possessions des villes conquises (politique des réunions). Cette politique d'expansion territoriale et la violence des massacres dans le Palatinat provoque la ligue d'Augsbourg (9-7-1686), alliance défensive de l'ensemble des puissances européennes (Habsbourg et protestants). Après la prise de Luxembourg en 1684, le conflit reprend de 1688 à 1697, années de guerre extrêmement violentes sur terre et sur mer : de l'Irlande où le roi soutient le prétendant catholique au trône de Grande-Bretagne, à l'Allemagne, où il soutient la Princesse Palatine, jusqu'à la Savoie, les guerres pèsent durement sur les finances royales et sur les populations, en particulier lors du terrible sac du Palatinat par Louvois. La paix négociée par la médiation de la Suède lui permet de prendre l'Alsace, terre traditionnelle du Saint-Empire et dont la population est germanophone.

 Le poids de la guerre et l'isolement diplomatique sont partiellement compensés par l'agrandissement du royaume. Le roi saisit ainsi l'occasion de faire de son royaume la première puissance catholique au vu de l'affaiblissement espagnol.

Le Passage du Rhin, Adam-François Van der Meulen

Le Passage du Rhin, Adam-François Van der Meulen

Le Passage du Rhin.

Le 6 avril 1672, Louis XIV déclare la guerre aux Provinces-Unies (Pays-Bas du Nord) afin d’abaisser l’outrageuse puissance économique et commerciale de la petite république protestante. Soigneusement préparée depuis deux ans, la campagne terrestre rencontre peu de résistance. À la tête de l’armée, Louis de Bourbon-Condé (1621-1686), cousin du roi, traverse les Pays-Bas espagnols et les provinces allemandes avant d’envahir les Provinces-Unies. Le 12 juin 1672, la cavalerie atteint un bras du Rhin à proximité de Schenk, en face du village de Tolhuys, la « maison du péage ». Le fleuve est à son étiage, ce qui rend son cours praticable par un gué. Les troupes du prince Guillaume d’Orange (1650-1702) rivalisent mal face aux 20 000 soldats français qui traversent le fleuve sans peine.

Cette action sans fait d’armes devient le sujet d’une vaste production artistique qui mobilise tous les arts (peinture, sculpture, littérature) ainsi que la numismatique. « une action éclatante et unique, célébrée alors comme un des grands événements qui dussent occuper la mémoire des hommes ». Voltaire

Le tableau d’Adam-François Van der Meulen, peintre flamand passé au service de la France, constitue un modèle du genre dans la mise en scène d’un fait militaire pour servir d’outil de propagande politique.

Michel Corneille, dit le Jeune (1642-1708) - Allégorie du passage du Rhin, 12 juin 1672

Michel Corneille, dit le Jeune (1642-1708) - Allégorie du passage du Rhin, 12 juin 1672

Les armées de Louis XIV devant Schenkenschanz, 1672

Les armées de Louis XIV devant Schenkenschanz, 1672

Louis XIV recevant le Doge de Venise 1685

Louis XIV recevant le Doge de Venise 1685

Portrait de Louis XIV au siège de Namur

Portrait de Louis XIV au siège de Namur

Bataille de Ramillies contre les anglais, 1706.

Bataille de Ramillies contre les anglais, 1706.

Ambassade de Perse auprès du roi 1715

Ambassade de Perse auprès du roi 1715

Le Roi protecteur des arts

Dans l'esprit du roi, la grandeur d'un royaume doit aussi se mesurer par son embellissement.

Sur les conseils de Colbert, un des premiers chantiers du roi sera la restauration du palais et du jardin des Tuileries confiée à Louis Le Vau et à André Le Nôtre. Les décors intérieurs sont confiés à Charles Le Brun et aux peintres de la brillante Académie royale de peinture et de sculpture. Outre le château de Versailles que Louis XIV fait agrandir petit à petit tout au long de son règne, il fait aussi construire le château de Marly afin d'inviter ses intimes. Dans ces deux châteaux, tout comme à Saint-Germain, le château qui vit le début de son règne, il confia la restauration des jardins à Le Nôtre.

 Dans Paris, on lui doit aussi, entre autres, le pont Royal (financé sur ses propres deniers), l'observatoire, les Champs-Élysées, les Invalides, la place Vendôme mais aussi la place des Victoires qui commémore la victoire sur l'Espagne, l'Empire, le Brandebourg et les Provinces-Unies. Deux arcs de triomphe, la porte Saint-Denis et la porte Saint-Martin, célèbrent les victoires du Roi-Soleil lors de ses guerres européennes.

 Il fait modifier aussi profondément la structure de villes françaises telles que Lille, Besançon, Belfort, Briançon en les fortifiant grâce aux travaux de Vauban. Certaines villes, telles que Versailles pour la cour ou Neuf-Brisach pour défendre les acquisitions d'Alsace, sont créées ou développées.

 

Louis XIV et sa famille, Jean Nocret 1670

Louis XIV et sa famille, Jean Nocret 1670

Versailles

Versailles

VersaillesVersaillesVersailles
VersaillesVersailles
VersaillesVersailles
VersaillesVersailles

Versailles

Versailles galerie des Glaces

Versailles galerie des Glaces

Puget présentant la statue de Milon de Crotone à Louis XIV dans les Jardins de Versailles

Puget présentant la statue de Milon de Crotone à Louis XIV dans les Jardins de Versailles

Après l'arrestation de Fouquet, le roi semble vouloir imiter sa vie fastueuse. Il se montre extrêmement dépensier en allouant des sommes immenses aux frais de la cour royale. Il dépense d'importantes sommes dans l'amélioration du Louvre avant de finalement choisir le château de Versailles comme résidence royale. Il y emménage en 1682 après plus de vingt ans de travaux.

Il se comporte en mécène et patron des arts en finançant les grandes figures culturelles de l'époque tels que Molière (en signe d'amitié, le roi accepta d'être le parrain de son premier enfant), le musicien Jean-Baptiste Lully ou le décorateur Charles Le Brun ainsi que le jardinier André Le Nôtre. Dans la compétition culturelle entre les cours, Lully devient l'organisateur des spectacles, influence Henry Purcell et Johann Sebastian Bach. Louis XIV place l'Académie française sous son contrôle et devient son « protecteur ».

Allégorie de la fondation de l'Académie royale de peinture et de sculpture ou le règne des arts sous le règne de Louis XIV, par Nicolas Loir, 1666.

Allégorie de la fondation de l'Académie royale de peinture et de sculpture ou le règne des arts sous le règne de Louis XIV, par Nicolas Loir, 1666.

Louis XIV au cour des âgesLouis XIV au cour des âges
Louis XIV au cour des âgesLouis XIV au cour des âges
Louis XIV au cour des âgesLouis XIV au cour des âges

Louis XIV au cour des âges

Michel Corneille, dit l'Ancien (1603-1664) – Ex-voto de la guérison de Louis XIV, commandé par les capucins de la rue Saint-Honoré à Paris, vers 1660

Michel Corneille, dit l'Ancien (1603-1664) – Ex-voto de la guérison de Louis XIV, commandé par les capucins de la rue Saint-Honoré à Paris, vers 1660

Le Roi et la religion

La révocation de l’édit de Nantes en 1685 par Louis XIV fait disparaître les Églises réformées en France et contraint les protestants à la clandestinité ou à l’exil. Ceux-ci perdent ainsi leur identité sociale. La révocation de l’édit de Nantes a été précédée par toute une série de mesures répressives à l’égard des protestants et du culte réformé. C’est la politique anti-réformée du roi Louis XIV pour réaliser l’unité religieuse du royaume.

 Cette politique se révélant insuffisante, le pouvoir a recours à la force : les dragonnades ou logement forcé des soldats chez les protestants avec autorisation de piller et malmener. Les protestants terrorisés par les dragons abjurent en masse.

 Face à cette situation, Louis XIV révoque l’édit de Nantes par l’édit de Fontainebleau. Ce nouvel édit interdit l’exercice de la religion réformée et décrète la démolition de tous les temples encore debout. Les pasteurs doivent abjurer ou s’exiler. Les fidèles n’ont plus d’état civil autre que catholique. Beaucoup choisissent l’émigration (cependant interdite) plutôt que de se soumettre.

La politique religieuse des dernières années de son règne est marquée par sa politique extérieure qui nécessite un rapprochement avec le pape. Après 1686, Louis XIV n'a plus de conflit diplomatique avec Rome dont il veut le soutien pour l'accession de son petit-fils au trône d'Espagne: à un pontife qui lui est plus favorable (Alexandre VIII), le roi donne des signes d'apaisement (Révocation, envoi de jésuites en Chine, restitution d'Avignon en 1690, réalisation par un sculpteur Français d'un tombeau de pape…) La réconciliation religieuse a lieu en décembre 1693 quand Louis XIV accepte que le clergé retire la déclaration des libertés gallicanes, ce qui permet de faire reconnaître les évêques nommés depuis 1673 jusqu'ici non validés par Rome. Clément XI, le nouveau pape est élu grâce à la France et soutient Louis XIV et les Bourbons au début de la guerre de Succession d'Espagne.

Dans le royaume, Louis XIV impose une stricte orthodoxie unifiant l'obéissance au roi et au pape (que symbolise la dédicace à Saint Louis, de l'église des Invalides en 1697). Il condamne avec le pape les factions religieuses qui tentent de réapparaitre en influençant une opinion publique naissante ou en s'attirant la protection de Madame de Maintenon. Il prend ainsi nettement le parti de Bossuet contre Fénelon (pourtant précepteur de son petit-fils) coupable d'avoir défendu le quiétisme de madame Guyon (1697): il le disgracie (1698) après l'avoir fait condamner par le pape Clément XI (qui ne l'excommunie toutefois pas). De même, devant des publications qui tendent à faire renaître le courant janséniste, la réaction du roi est ferme. Jean Racine est disgracié pour son soutien à ce mouvement et le pape condamne (en 1703 et surtout en 1709) les religieuses de Port Royal, qui ayant refusé de prêter le serment demandé, sont dispersées sans ménagement et dont l'abbaye est rasée en 1711. Enfin, une répression brutale est conduite contre les camisards protestants à partir de 1702.

Louis XIV - le Roi Soleil

La fin du Règne

En 1710, Louis XIV avait une grande famille, et de nombreux héritiers légitimes : un fils de 48 ans, trois petits-fils (dont Philippe, roi d'Espagne) et deux arrière-petits-fils sans compter les branches cadettes de la famille royale Orléans, Condé et Conti (que le roi a marié avec ses bâtardes pour mieux les humilier et les tenir en respect). Tous, (sauf le roi d'Espagne et son frère le duc de Berry) se prénommaient Louis pour montrer la continuité de la dynastie. Or, il perd presque tous ses héritiers légitimes entre 1711 et 1714.

L'âge de Louis XIV et la santé très fragile du futur Louis XV qui est désormais son héritier posent un grave problème dynastique. En effet, si l'enfant venait à mourir, l'arbre généalogique des Bourbon poserait un problème diplomatique majeur pour la succession du Roi de France.

Le 9 août 1715, au retour de Marly, le roi apparaît brusquement très abattu. Le 10, il se plaint d’une douleur à la jambe gauche qui se révèle être une gangrène sénile (ischémie aiguë probablement causée par un caillot venant boucher l'une des artères principales du membre) à la jambe contre laquelle les médecins sont impuissants. Le 1er septembre 1715 il meurt, s'achève ainsi le plus long règne de l'histoire de France.

 

Source: Wikipedia, Lankaart, museeprotestant.org, 

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Rédigé par rafael

Publié dans #CLASSICISME, #HISTOIRE

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Publié le 25 Octobre 2016

Le Général Bonaparte et son état-major en Égypte, Jean-Léon Gérôme, 1867

Le Général Bonaparte et son état-major en Égypte, Jean-Léon Gérôme, 1867

" En 1796, on avait fait passer à Bonaparte un projet pour l’invasion de l’Égypte ; il l’examina et le renvoya au Directoire avec son avis. Dans son embarras mortel, le Directoire se souvint de cette idée et lui proposa le commandement de l’expédition. Refuser une troisième fois les offres du pouvoir exécutif, c’était donner lieu de croire qu’on tramait quelque chose en France, et très probablement, se perdre. D’ailleurs, la conquête de l’Égypte était faite pour éblouir une âme élevée, pleine de plans romanesques et passionnée pour les entreprises extraordinaires. « Songez que, du haut de ces Pyramides, trente siècles nous contemplent », disait-il quelques mois plus tard à son armée.

Comme toutes les guerres de l’Europe, cette agression était peu fondée en justice. Les Français étaient en paix avec le Grand Turc, souverain nominal de l’Égypte, et les beys, maîtres réels du pays, étaient des barbares qui, ne connaissant pas le droit des gens, ne pouvaient guère y manquer. Au reste, des considérations de cette nature n’étaient pas faites pour avoir une grande influence sur les déterminations du jeune général qui, d’ailleurs, croyait peut-être être le bienfaiteur du pays, en y portant la civilisation. L’expédition mit à la voile, et, par un bonheur qui doit faire bien des réflexions, Bonaparte put arriver devant Alexandrie après la prise de Malte, sans rencontrer Nelson.

On ne doit pas s’attendre à trouver ici cette suite de grandes actions militaires qui soumirent l’Égypte à Bonaparte. Les batailles du Caire, des Pyramides, d’Aboukir, ont besoin pour être comprises, d’une description de l’Égypte, et il faudrait donner une idée du courage sublime des Mamelouks. La plus grande difficulté était d’apprendre à nos troupes à leur résister.

En Égypte, Napoléon fit la guerre sur les mêmes principes qu’en Italie, mais dans un style plus oriental et plus despotique. Il avait affaire encore aux plus orgueilleux et aux plus féroces des hommes, à des gens à qui il ne manquait que l’aristocratie pour être des Romains. Il punit leurs perfidies avec une cruauté empruntée d’eux-mêmes. Les habitants du Caire se révoltent contre la garnison ; il ne se contente pas de faire un exemple de ceux qu’on avait pris les armes à la main. Il soupçonne leurs prêtres d’être les secrets instigateurs de l’insurrection, et il en fait prendre deux cents qu’on fusille.

Les bourgeois qui écrivent l’histoire font des phrases sur ces sortes d’actions. Les demi-sots excusent celles-ci par la cruauté et la brutalité de ces Turcs, qui, non contents de massacrer les malades des hôpitaux et quelques prisonniers qu’ils firent, avec des circonstances trop révoltantes pour être rapportées, s’acharnèrent encore à mutiler les cadavres de la manière la plus sauvage.

Il faut chercher la raison de ces malheureuses nécessités dans les conséquences du principe : Salus populi suprema lex esto. L’incalomniable despotisme a tellement avili les orientaux qu’ils ne connaissent d’autres principes d’obéissance que la crainte. Le massacre du Caire les frappa de terreur ; « et depuis ce temps-là, disait Napoléon, ils m’ont été fort attachés, car ils voyaient bien qu’il n’y avait pas de mollesse dans ma manière de gouverner ».

Girodet, La révolte du Caire, 1810

Girodet, La révolte du Caire, 1810

Le mélange de catholicisme et d’aristocratie qui aplatit nos âmes depuis deux siècles, nous rend aveugles aux conséquences du principe que je viens de rappeler. Sans entrer dans les petites objections qu’on fait à Napoléon sur sa conduite en Égypte, on a coutume de regarder comme ses plus grands crimes :

1° Le massacre de ses prisonniers à Jaffa.

2° L’empoisonnement de ses malades à Saint-Jean-d’Acre.

3° Sa prétendue conversion au mahométisme.

4° Sa désertion de l’armée.

Napoléon fit le récit suivant de l’événement de Jaffa à Mylord Ebrington, l’un des voyageurs les plus éclairés et les plus dignes de foi qu’il ait vus à l’île d’Elbe : « Quant aux Turcs de Jaffa, il est vrai que j’en fis fusiller à peu près deux mille. Vous trouvez ça un peu fort ; mais je leur avais accordé une capitulation à El Arisch ; la condition était qu’ils retourneraient à Bagdad. Ils rompirent cette capitulation, se jetèrent dans Jaffa et je les pris d’assaut. Je ne pouvais les emmener prisonniers avec moi, car je manquais de pain, et ils étaient des diables trop dangereux pour les lâcher une seconde fois dans le désert. Il ne me resta donc d’autre moyen que de les tuer. »

Il est vrai, d’après les lois de la guerre, qu’un prisonnier qui a une fois manqué à sa parole, n’a plus droit à recevoir quartier, mais l’affreux droit du vainqueur n’a été que rarement exercé, et jamais, ce me semble, dans nos temps modernes, sur un aussi grand nombre d’hommes à la fois. Si les Français avaient refusé quartier dans la chaleur de l’assaut, personne ne les aurait blâmés : les tués avaient manqué à leur parole ; si le général vainqueur avait su qu’une grande partie de la garnison consistait en prisonniers renvoyés sur parole à El Arisch, très probablement il eût donné ordre de les passer au fil de l’épée. Je ne crois pas que l’histoire offre d’exemple d’une garnison épargnée au moment de l’assaut, et, ensuite, envoyée à la mort. Mais ce n’est pas tout, il est probable qu’un tiers seulement de la garnison de Jaffa était composé de prisonniers d’El Arisch.

Pour sauver son armée, un général a-t-il le droit de mettre à mort ses prisonniers, ou de les placer dans une situation qui doit nécessairement les faire périr, ou de les livrer à des barbares, dont ils n’ont aucun quartier à espérer ? Chez les Romains, cela n’eût pas fait de question; au reste, de la réponse à celle-ci, dépend non seulement la justification de Napoléon à Jaffa, mais celle de Henri V à Azincourt, de lord Anson dans les îles de la mer du Sud, et du bailli de Suffren sur la côte de Coromandel. Ce qu’il y a de plus sûr, c’est que la nécessité doit être claire et urgente, et l’on ne peut nier qu’il n’y eût nécessité dans le cas de Jaffa. Il n’eût pas été sage de renvoyer les prisonniers sur parole. L’expérience montrait que ces barbares se jetteraient sans scrupule dans la première place forte qu’ils trouveraient, ou que, s’attachant à l’armée pendant qu’elle s’avançait dans la Palestine, ils inquiéteraient sans cesse ses flancs et son arrière-garde.

Le général en chef ne doit pas porter seul la responsabilité de cette action épouvantable. L’affaire fut décidée dans un conseil de guerre auquel se trouvèrent Berthier, Kléber, Lannes, Bon, Caffarelli et plusieurs autres généraux.

Bonaparte visitant les pestiférés de Jaffa, Jean Gros, 1804

Bonaparte visitant les pestiférés de Jaffa, Jean Gros, 1804

 

Napoléon a lui-même raconté à plusieurs personnes, qu’il eut l’intention de faire administrer de l’opium comme poison à quelques malades de son armée. Il est évident, pour qui l’a connu, que cette idée provenait d’une erreur de jugement, nullement de mauvais cœur, et moins encore d’indifférence pour le sort de ses soldats. Tous les récits sont d’accord sur les soins qu’il donna, dans sa campagne de Syrie, aux malades et aux blessés. Il fit ce qu’aucun général n’a encore fait : il visita en personne les hôpitaux des pestiférés. Il conversait avec les malades, écoutait leurs plaintes, voyait par lui-même si les chirurgiens s’acquittaient de leur devoir. À chaque mouvement de son armée, et particulièrement à la retraite de Saint-Jean-d’Acre, sa plus grande sollicitude fut pour son hôpital. La sagesse des mesures qui furent prises pour emmener les malades et les blessés, et les soins qu’on leur donna, lui valurent les louanges des Anglais. M. Desgenettes qui était médecin en chef de l’armée de Syrie, est aujourd’hui un royaliste prononcé, mais, même depuis le retour des Bourbons, il n’a jamais parlé de la conduite de Napoléon envers ses malades sans les plus grands éloges.

Le célèbre Assalini, médecin à Munich, se trouvait aussi en Syrie, et, quoiqu’il n’aime pas Napoléon, il en parle comme Desgenettes. Au moment de la retraite de Saint-Jean-d’Acre, Assalini ayant fait un rapport au général en chef, duquel il résultait que les moyens de transport pour les malades étaient insuffisants, il reçut l’ordre de se rendre sur la route, d’arrêter tous les chevaux de bagages, et même de démonter les officiers. Cette mesure pénible reçut son entière exécution, et l’on n’abandonna pas un seul des malades qui, au jugement des médecins, avaient quelque espoir de guérison. À l’île d’Elbe l’empereur, qui sentait que la nation anglaise compte parmi ses citoyens les têtes les plus saines de l’Europe, invita plusieurs fois lord Ebrington à le questionner franchement sur les événements de sa vie. D’après cette permission, quand le lord en fut venu au bruit d’empoisonnement, Napoléon répondit sur-le-champ et sans la moindre hésitation : « Il y a dans cela un fonds de vérité. Quelques soldats de l’armée avaient la peste ; ils ne pouvaient pas vivre vingt-quatre heures ; j’étais sur le point de marcher ; je consultais Desgenettes sur les moyens de les emmener ; il répondit qu’on courait le risque de communiquer la peste à l’armée et que, d’ailleurs, ce soin serait inutile pour les malades, qui ne pouvaient guérir. Je lui dis de leur donner une dose d’opium et que cela valait mieux que de les laisser à la merci des Turcs. Il me répondit, en fort honnête homme, que son métier était de guérir et non de tuer. Peut-être il avait raison, quoique je ne lui demandasse pour eux que ce que j’aurais demandé pour moi à mes meilleurs amis, dans une semblable situation. J’ai souvent réfléchi depuis sur ce point de morale, j’ai demandé leur avis à plusieurs personnes, et je crois qu’au fond, il vaut toujours mieux souffrir qu’un homme finisse sa destinée quelle qu’elle soit. J’en ai jugé ainsi plus tard, à la mort de mon pauvre ami Duroc, lequel, quand ses entrailles tombaient à terre sous mes yeux, me demanda plusieurs fois et avec insistance, de faire mettre un terme à ses douleurs ; je lui dis : Je vous plains, mon ami, mais il n’y a pas de remède ; il faut souffrir jusqu’à la foi. »

Quant à l’apostasie de Napoléon en Égypte, il commençait toutes ses proclamations par ces mots : « Dieu est Dieu et Mahomet est son prophète. » Ce prétendu crime n’a guère fait effet qu’en Angleterre. Les autres peuples ont vu qu’il fallait le mettre sur la même ligne que le mahométisme du major Horneman et des autres voyageurs que la société d’Afrique emploie pour découvrir les secrets du désert. Napoléon voulut se concilier les habitants de l’Égypte. Il avait raison d’espérer qu’une grande partie de ce peuple toujours superstitieux serait frappée de terreur par ses phrases religieuses et prophétiques, et qu’elles jetteraient même sur sa personne un vernis d’irrésistible fatalité. L’idée qu’il a voulu se faire passer sérieusement pour un second Mahomet est digne d’un émigré. Sa conduite eut le succès le plus complet. « Vous ne sauriez imaginer, disait-il à Mylord Ebrington, ce que je gagnais en Égypte à faire semblant d’adopter leur culte. » Les Anglais, toujours par leurs préjugés puritains qui, du reste, s’allient fort bien avec les cruautés les plus révoltantes, trouvèrent cet artifice bas. L’histoire remarquera que vers le temps de la naissance de Napoléon, les idées catholiques étaient déjà frappées de ridicule.

Napoléon devant le Sphinx, Jean-Léon Gêrome, 1868

Napoléon devant le Sphinx, Jean-Léon Gêrome, 1868

Quant à l’action bien autrement grave d’abandonner son armée en Égypte, c’était un crime envers le gouvernement d’abord, que ce gouvernement pouvait punir légitimement. Mais ce ne fut pas un crime envers son armée, qu’il laissa dans un état florissant, ainsi que le prouve la résistance qu’elle opposa aux Anglais. On ne peut lui reprocher que l’étourderie de ne pas avoir prévu que Kléber pouvait être tué, ce qui, dans la suite, livra l’armée à l’ineptie du général Menou.

Le temps nous fera connaître si, comme je le crois, Napoléon fut rappelé en France par les avis de quelques patriotes habiles, ou s’il se détermina à cette démarche décisive uniquement par ses propres réflexions. Il est agréable pour les grands cœurs de considérer ce qui dut alors se passer dans cette âme : d’un côté, l’ambition, l’amour de la patrie, l’espérance de laisser un grand nom dans la postérité ; de l’autre, la possibilité d’être pris par les Anglais ou fusillé. Et prendre un parti aussi décisif uniquement sur des conjectures, quelle fermeté de jugement ! La vie de cet homme est un hymne en faveur de la grandeur d’âme.

 

Stendhal, Vie de Napoléon, Texte établi par Henri Martineau, Le Livre du divan, 1930 (Napoléon. Tome I, pp. 50-53).

Leon Cogniet, L'Expedition d'Egypte sous les ordres de Bonaparte, 1829-35

Leon Cogniet, L'Expedition d'Egypte sous les ordres de Bonaparte, 1829-35

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Rédigé par rafael

Publié dans #HISTOIRE

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Publié le 24 Octobre 2016

Hendrick Martensz Sorgh Joueur de luth et Miro intérieur Hollandais I
Hendrick Martensz Sorgh Joueur de luth et Miro intérieur Hollandais I

Hendrick Martensz Sorgh Joueur de luth et Miro intérieur Hollandais I

En 1928 Miro peint la célèbre série des intérieurs hollandais, s'inspirant de toiles de maîtres hollandais. Dont Jan Steen peintre néerlandais du siècle d’or, représentant du baroque, qui figure parmi les peintres de genre néerlandais les plus importants de son époque (1626-79) et Sorgh contemporain de Steen.

"En 1928 Miró fait un voyage d'une quinzaine de jours aux Pays-Bas. Il visite toutes les grandes villes et leurs musées. Vermeer et les maîtres flamands du XVIIème siècle le touchent tout particulièrement dans leur réalisme et dans la profusion de détails propre à chaque tableau. Les reproductions sur cartes postales des œuvres qui l'ont le plus marqué vont lui servir de source d'inspiration pour se remettre à travailler sur la réalité et ses métamorphoses. L'année suivante, il se confrontera à nouveau aux maîtres classiques à travers une série de portraits imaginaires. "

L'Objet d'Art

 

  

Jan Steen la leçon de danse et Miro Intérieur Hollandais II
Jan Steen la leçon de danse et Miro Intérieur Hollandais II

Jan Steen la leçon de danse et Miro Intérieur Hollandais II

Jan Steen Femme à la toilette et Miro intérieur Hollandais III
Jan Steen Femme à la toilette et Miro intérieur Hollandais III

Jan Steen Femme à la toilette et Miro intérieur Hollandais III

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Rédigé par rafael

Publié dans #ART MODERNE

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Publié le 23 Octobre 2016

Two Horses in a Meadow near a Gate (1649)

Two Horses in a Meadow near a Gate (1649)

 

"Paul Potter, un des hommes célèbres de la Hollande, est fameux par les paysages, et surtout par les animaux qu’il a peints. Dans tous ses ouvrages, son caractère distinctif est d’avoir saisi la simplicité, la bonhomie de la nature. On connait de lui de très-beaux paysages : on se souvient que son tableau de la Forêt de la Haye, fut vendu 27,000 liv. à la vente du ministre Choiseul, et qu’il n’est entré dans d’autres cabinets que pour de grosses sommes. Peut-être est-il celui qui a le mieux rendu le vert brillant de la campagne : on lui reproche cependant, avec raison, de l’avoir fait trop égal, et de ne lui avoir pas donné assez de dégradation.

Je ne sais pourquoi quelques modernes ont établi en principe que les beaux tableaux ne devaient avoir que des gazons, des arbres roux, gris, noirs, sales, et que le vert étoit un défaut. Quoi ! ce qui nous charme dans les prés, dans les bois, ce qui est beauté dans la nature, deviendrait un défaut dans un art dont le but est de l’imiter ! On s’efforcerait d’atteindre à l’éclat des chairs, des draperies, des fleurs, et l’on salirait, pour nous plaire, la riche parure des campagnes ! Le printemps nous ravit, paré du vert le plus brillant ; et cette douce et riante couleur serait repoussée par la peinture ! Non, non ; si les plus grands artistes n’y sont pas arrivés, c’est que leur palette n’y pouvait atteindre, ou que leurs couleurs sont changées. Les peintres modernes, qui, regardant comme beauté ce manque de vérité dans les anciens tableaux, cherchent à l’imiter, ressemblent à de jeunes femmes qui, pour plaire davantage, s’efforceraient de se faire des rides. Sans doute si la mort n’eut pas enlevé Paul Potter à vingt-neuf ans, il aurait porté le genre du paysage au plus haut degré d’imitation. Ceux qui nous restent de lui, quelqu’intérêt qu’ils inspirent, ne sont pas cependant ce qu’il a fait de mieux ; et même dans la plupart de ses tableaux, le paysage n’est que l’accessoire ; il semble n’avoir choisi ses sites que pour faire valoir ses animaux : c’est donc principalement comme peintre d’animaux qu’il doit être considéré, et surtout de ceux qui composent les troupeaux. Dans ce genre, aucun homme n’a été aussi parfait que lui. Correction de dessin, force de couleur justesse de mouvement, énergie d’exécution, il a tout réuni. C’est aussi un de ces caractères distinctifs d’avoir pu joindre l’énergie à la naïveté. D’autres ont fait des vaches, des bœufs, des moutons bien dessinés, bien coloriés, bien peints ; lui seul les a rendus touchants, et lui seul a bien saisi leur sorte d’expression, la physionomie de leur âme, et tout l’esprit de leur instinct. On admire les troupeaux de Berghem, de Van den Velde, de Carle du Jardin ; ceux de Paul Potter attendrissent : on reconnaît les soins qu’ils ont pris de leur poil où le fumier s’attache quelquefois, et en les fixant long-temps, on croit sentir leur odeur.

Il n’a point fait ces chevaux brillants, fiers de leurs riches harnois, qui dans le faste et l’esclavage, ont pris l’orgueil de leurs maîtres corrompus ; il n’a point fait ces coursiers généreux qui s’élancent de leurs gras pâturages, au bruit des clairons et des trompettes, pour voler au milieu des hasards ; mais il a peint, avec la plus attachante exactitude, ces bons chevaux, si utiles aux travaux rustiques, dont le poil n’est point lustré sans cesse par des peignes de fer, et qui ont la parure, les mœurs et la simplicité des hommes qui les nourrissent.

Cattle in a Meadow (1652)

Cattle in a Meadow (1652)

Il a mis peu de figures dans ses tableaux ; elles ne sont pas même toujours heureuses ; ses bergers ne sont pas ceux de l’âge d’or, ni les pasteurs de la belle Arcadie. Il a peint quelquefois de bons pâtres Flamands qui ont de la vérité, et particulièrement le caractère de leur pays et de leur profession.

On ne trouve point dans ses ciels ces larges et belles formes de nuages, ces fiers déchiremens si bien sentis par Vernet ; ils sont, en général, mous et cotonneux, mais ils sont de la plus grande justesse de ton, et leur mollesse même contribue à l’effet de ses ouvrages, en faisant ressortir la touche ferme et la couleur vigoureuse de ses devans. Aucun homme n’a prouvé mieux que lui, qu’on peut faire des tableaux très-intéressans avec peu d’objets, quand ils sont bien vrais, et qu’on a bien saisi ce qui les rend attachans dans la nature. Souvent un peu de terrain couvert de gazon, quelques fleurs des champs, un mouton, un arbrisseau, un ciel presque sans nuages, lui ont fait faire un tableau délicieux, qui charme et les yeux et le cœur, et que l’on met toujours à un très-haut prix.

Quoiqu’en puisse penser et dire un écrivain de nos jours, il n’y a point de lieu plus favorable aux méditations d’un philosophe qu’une galerie de tableaux. Que de volumes seroient employés à décrire tout ce que la peinture y présente à ses yeux en un instant ! Là, semble s’ouvrir pour lui le grand livre de la nature ; auprès des portraits des bienfaiteurs de l’humanité, il voit ceux de ces illustres Érostrates, qui ne doivent leur renommée qu’à tous les maux qu’ils ont faits ; il voit encore les traits enchanteurs de ces femmes adorées, causes souvent des révolutions des États ; qui ont porté dans les âmes, tant de douleurs et tant de joie, et qui sont tombées comme les roses qui paraient leur front. Sous ses yeux, les plus puissants empires de la terre se heurtent et se dévorent pour de foibles intérêts ; une foule de climats différent, les vices, les vertus, les actions héroïques, s’offrent à la fois à ses regards, et les siècles s’écoulent devant lui avec la rapidité d’un coup d’œil. Après avoir vu le spectacle des folies et des cruautés que l’avarice, l’orgueil, la faiblesse, la superstition ont fait faire aux hommes, de quels nouveaux sentiments, de quelles nouvelles idées son esprit et son cœur ne se remplissent-ils pas en rencontrant les paysages nobles et touchants du Poussin, de Claude le Lorrain, ceux de Carle du Jardin ; en voyant dans ceux de Paul Potier, les paisibles troupeaux qui, sur des lits immenses de verdure qu’enrichissent de modestes fleurs, jouissent, sans prévoyance, de tous les bienfaits de la nature ; en voyant, presque vivant, ces bons animaux qui nous couvrent de leur laine, qui labourent nos champs, qui nous nourrissent de leur lait, et que nous payons, hélas ! de tant d’ingratitude !

On ne saurait donc accorder trop d’éloges à Paul Potter, parfait dans son genre, et dont les talents ne donnent que des plaisirs qui peuvent devenir utiles, en inspirant aux hommes le goût de la vie pastorale. Siècle des patriarches ! rêve sacré des amants et des poëtes, pourquoi ton image n’est-elle plus que dans les tableaux ! Non-seulement il doit être placé au rang des plus grands peintres, mais il pourrait l’être encore parmi ces pasteurs renommés, qui, dans les temps héroïques, étaient savants, philosophes, chantres nobles de la nature, des mortels et des dieux, qui n’ont éclairé les hommes que pour les rendre meilleurs, et dont la gloire ne rappelle rien qu’on puisse leur reprocher."

Duminil-Lesueur, 1807 (pp. 66-71).

 

Paul Potter - Jean-Joseph Taillasson - Paulus Potter
Wolf

Wolf

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Rédigé par rafael

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Publié le 23 Octobre 2016

le cimetière de Saint Privat

le cimetière de Saint Privat

Deutsch-Französischer Krieg - Franco-Prussian War - Guerra franco-prusiana

Alphonse de Neuville (1836 – 1885) fut l'un des représentants principaux de la peinture militaire du XIXe siècle, il s'est rendu célèbre par des tableaux relatant la guerre franco-prussienne de 1870.

« Je désire raconter nos défaites dans ce qu’elles ont eu d’honorable pour nous, et je crois donner ainsi un témoignage d’estime à nos soldats et à leurs chefs, un encouragement pour l’avenir. Quoi qu’on en dise, nous n’avons pas été vaincus sans gloire, et je crois qu’il est bon de le montrer ! »

— Lettre d’Alphonse de Neuville au critique d’art Gustave Goestschy, 1881

Bivouac après la bataille du Bourget

Bivouac après la bataille du Bourget

Défense de la porte de Longboyau

Défense de la porte de Longboyau

Les dernières cartouches, Bazeilles.

Les dernières cartouches, Bazeilles.

Son œuvre la plus célèbre est intitulée Les Dernières Cartouches (1873), il s'agit d'une peinture militaire représentant un épisode de la bataille de Sedan, soit la défense jusqu'aux dernières cartouches d'une maison cernée par l'ennemi à Bazeilles dans les Ardennes durant la guerre franco-prussienne; de Neuville en a été récompensé par la Légion d'honneur.

 

Elle passa en vente à la fin du XIXe siècle et fut alors le tableau le plus cher du monde. L'original a été racheté en 1960 et est depuis conservé au musée de Bazeilles nommé pour l'occasion la « Maison de la dernière cartouche » et qui n'est autre que l'ancienne auberge Bourgerie dans laquelle s'est déroulée la scène historique dépeinte dans l'œuvre.

France 1870 - Alphonse de Neuville
France 1870 - Alphonse de Neuville
France 1870 - Alphonse de Neuville

La guerre franco-allemande, parfois appelée guerre franco-prussienne ou guerre de 1870, oppose, du 19 juillet 1870 au 29 janvier 1871, la France et les États allemands coalisés sous l’égide de la Prusse.

Ce conflit se solde par la défaite française, et, forts de cette victoire, les États allemands s’unissent en un Empire allemand, proclamé au château de Versailles, le 18 janvier 1871. La victoire entraîne l’annexion par le Reich du territoire d’Alsace-Moselle (dit Alsace-Lorraine) et l’affirmation de la puissance allemande en Europe au détriment de l’Autriche-Hongrie et de la France.

La défaite de Sedan et la capitulation de Napoléon III, provoquèrent, le 4 septembre 1870, la chute du Second Empire, l'exil de Napoléon III et marqua la naissance en France d'un régime républicain pérenne avec la Troisième République.

La défaite et la perte de l'Alsace-Lorraine provoquèrent en France un sentiment de frustration qui contribua à l'échec du pacifisme, et plus tard, à l'entrée du pays dans la Première Guerre mondiale.

(c) Wikipedia

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Rédigé par rafael

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Publié le 21 Octobre 2016

Kazuo Shiraga
Kazuo Shiraga

Kazuo Shiraga fait partie de la génération de jeunes japonais dont l'expérience de la guerre et des destructions ont marqué la jeunesse. Il étudie la peinture japonaise à l'école des Beaux Arts de Kyōto puis à celle d'Ōsaka jusqu'en 1949. En 1950 il est l'élève de Tsuguo Itoh et participe à partir de 1952 à la création du premier groupe d'avant-garde japonais « zero-kai » avec Saburô Murakami, Akira Kanayama, Atsuko Tanaka dont la devise est « L'art doit partir du point zéro absolu et se développer selon sa propre créativité. »

 

En 1955, le mouvement Zero-Kai disparait pour donner naissance à un nouveau mouvement d'avant-garde, Gutaï ("Concret") auquel il adhère. Il participe à la première exposition du groupe à Tokyo en 1955. Kazuo Shiraga rejette les principes de composition picturale, d'harmonie ou de représentation. La peinture est pour lui un corps à corps avec la couleur. Il pratique ainsi la peinture avec les pieds, debout ou pendu à une corde. Il pratique également des simulations de combat dans de la boue pour y laisser l'empreinte de son corps.

 

Lors de l'exposition de 1955, il attaque à la hache des troncs d'arbre peints en rouge devenant un des pionniers de l'art performance. Le critique français Michel Tapié le fait connaitre en France où il expose en 1962. Il entre alors en contact avec l'avant-garde française dont Jean-Jacques Lebel. A New York, Allan Kaprow s'intéresse à lui et reconnait son rôle fondateur dans l'art performance.

 

Source: Wikipedia (c)

Kazuo Shiraga

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Rédigé par rafael

Publié dans #ART CONTEMPORAIN

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Publié le 19 Octobre 2016

Picasso - Maternité - Dessin
Picasso - Maternity - Mutterschaft - Maternidad - Maternità

 

De 1905 à 1906, Picasso connaît sa « période rose ». Celle-ci se caractérise par un optimisme mélancolique : il use de gammes de roses, d’ocres, de rouges pour représenter le monde du cirque, des saltimbanques, les humbles, les chevaux et la maternité. Ce dessin est une oeuvre préparatoire à la Maternité.

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Rédigé par rafael

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Publié le 17 Octobre 2016

Miro - 1920-1940

Au début de sa carrière la vision réaliste de Miro s'harmonise avec une structuration de la forme par plans juxtaposés ou imbriqués qui débouche à partir de 1925 sur un répertoire de signes qui s'oriente, sous l'influence du surréalisme, vers une poétique visionnaire d'une féerique fantaisie.

 

Personnage et chien devant le soleil

Personnage et chien devant le soleil

C'est dans cette voie que Miro trouvera son style propre où il ne cesse de montrer son verve, son humour et son sens du merveilleux. Son invention est illimitée; ses décors de ballets, ses dessins collages, ses grands pastels qui ouvrent en 1934 la "période sauvage" témoignent de son constant esprit de renouvellement. 

Il illustre constamment les propos de Breton :"Il reste des contes de fées à écrire pour adultes". 

 

Miro - 1920-1940Miro - 1920-1940
Miro - 1920-1940Miro - 1920-1940
Miro - 1920-1940Miro - 1920-1940

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Rédigé par rafael

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Publié le 16 Octobre 2016

Francis Bacon - Autoportraits

 

Bacon retrouve l’animal dans l’homme en nous montrant des êtres qui sont des présences pures de chair, sans transcendance. Ses figures surgissent de l’informe de la matière picturale elle-même, une matière tronçonnée, balayée, balancée, ravagée, bouleversée.

  

Là encore Bacon ne cherche pas d’achèvement : la mise en présence de la figure vient de son inachèvement même. C’est une matière picturale en devenir qui est saisie à son point le plus incandescent

 

Francis Bacon - AutoportraitsFrancis Bacon - Autoportraits
Francis Bacon - AutoportraitsFrancis Bacon - Autoportraits

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Rédigé par rafael

Publié dans #ART CONTEMPORAIN

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