Publié le 18 Février 2011

Rodin le baiser

 Musée Rodin, Paris. (c) Lankaart

 

Le Baiser est à l'origine un des très nombreux motifs de son œuvre magistrale La Porte de l'enfer, commandée par l'État Français, inspirée par La Divine Comédie de Dante et des Fleurs du mal de Charles Baudelaire pour le Musée des Arts décoratifs, prévue à l'emplacement des ruines de la Cour des Comptes à Paris.

 

Le couple fut plus tard séparé de la porte, et remplacé par une paire d'amants dans la colonne inférieure droite. Les nombreuses figures que Rodin créa pour le projet furent un vivier d'idées pour certaines de ses sculptures indépendantes, comme « le Baiser » ou Le Penseur.

 

Rodin le baiser (3)

 

Rodin le baiser (4)

 

Rodin le baiser (2)

 

Source: http://fr.wikipedia.org/wiki/Le_Baiser_(Rodin)




Femme assise sur le rebord d'une baignoire et s'épongeant le cou ,Vers 1880 Musée d'Orsay, Paris Huysmans l'art Moderne, Le salon de 1879. "M. Degas, sur lequel je dois un peu m' étendre, -car son oeuvre me servira maintes fois de point de comparaison lorsque je serai arrivé aux tableaux modernes du salon, -est, à coup sûr, parmi les peintres qui ont suivi le mouvement naturaliste, déterminé en peinture par les impressionnistes et par Manet, celui qui est demeuré le plus original et le plus […]



Olympia est un tableau réalisé par Édouard Manet en 1863. Initialement prévue pour le Salon des Refusés de la même année, l'œuvre ne sera finalement dévoilée par le peintre que deux ans plus tard. L'œuvre, qui allait susciter une controverse encore plus féroce que le Déjeuner sur l'herbe, représente une prostituée semblant issue d'un harem à l'orientale et s'apprêtant visiblement à prendre un bain. Le tableau, qui associe et fait ressortir avec puissance le contraste entre la femme blanche […]

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Rédigé par rafael

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Publié le 18 Février 2011

Paul colin Paul colin course tierce

 

Paul Colin, né à Nancy le 27 juin 1892 et décédé à Nogent-sur-Marne le 18 juin 1985, était un peintre, décorateur et fut l'un des plus grands affichistes français. Révélé en 1925 par son affiche pour la Revue nègre, qui contribua à lancer la carrière de Joséphine Baker, il travailla pendant près de quarante ans pour le spectacle, créant non seulement des affiches mais aussi de nombreux décors et costumes.

 

Son style, très Art déco au début (son album Le Tumulte noir est un chef-d'œuvre), devient rapidement très personnel et impossible à faire entrer dans une catégorie : la justesse synthétique de ses portraits, la force d'évocation de ses affiches pour les grandes causes en font un maître de la communication visuelle dont l'œuvre reste aujourd'hui exemplaire et très actuelle.

 

Élève d'Eugène Vallin et de Victor Prouvé, il se situe comme le chef de l'école moderne de l'affiche. Il est l'auteur de plus de 1 400 affiches, de certains décors de théâtre et de costumes.

 

Paul colin la revue negre

 

Paul colin josephine baker Paul colin (4)
Paul colin le france Paul colin moulin rouge

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Rédigé par rafael

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Publié le 17 Février 2011

France Val de Loire - Château d'Ussé - Photos: Lankaart (c)
France Val de Loire - Château d'Ussé - Photos: Lankaart (c)

France Val de Loire - Château d'Ussé - Photos: Lankaart (c)

Le château d'Ussé se trouve à Rigny-Ussé, en Indre-et-Loire (région Centre, France). Il fait partie des châteaux de la Loire. Ce château est un domaine privé, ouvert à la visite. Il appartient au 7ème Duc de Blacas.

Vers la fin de la guerre de cent ans, en 1424, Jean V de Bueil, comte de Sancerre, seigneur d'Ussé et capitaine du roi, membre d'une des plus illustres familles tourangelles, fait construire la structure de base du château actuel. Il meurt en 1477. Son fils Antoine, seigneur d'Ussé en 1456, épouse en 1462 Jeanne de Valois, fille de Charles VII et d'Agnès Sorel. Elle lui apporte une dot de 40 000 écus d'or. Dans les années 1460, il entreprend la reconstruction du château dans le style du XVe siècle. Surendetté, Antoine de Bueil vend Ussé à Jacques d'Espinay en 1485.

D'origine bretonne, Jacques d'Espinay est le fils du chambellan de François II de Bretagne. Il devient lui-même chambellan des rois Charles VIII et Louis XII, puis accède à la fonction de grand-maître de l'hôtel de la reine. Il poursuit les travaux du château et fonde en 1521 la collégiale d'Ussé destinée à devenir la chapelle funéraire de sa famille.

Son fils Charles d'Espinay et sa belle-fille Lucrèce de Pons poursuivent les travaux. Leur fils, René d'Espinay, leur succède en 1534. La chapelle, dédiée à Sainte-Anne, est consacrée le 11 août 1538. Lui-même criblé de dettes, René vend le château en 1557 à Suzanne de Bourbon.

La fille de Suzanne de Bourbon, Louise de Rieux, apporte le domaine à son époux René de Lorraine, marquis d'Elbeuf. Toujours par mariage, Ussé passe à Henri de Savoie, duc de Nemours, qui meurt en 1620. Après une succession de propriétaires le château est acquis en 1659 par Thomas Bernin, marquis de Valentinay, secrétaire du roi. C'est en 1664 que le marquis de Valentinay fait aménager les jardins d'après des dessins de Le Nôtre.

Château d'Ussé. (2010, juillet 29). Wikipédia, l'encyclopédie libre. Page consultée le 15:41, décembre 11, 2010 à partir de http://fr.wikipedia.org/w/index.php?title=Ch%C3%A2teau_d%27Uss%C3%A9&oldid=55679691.Source:

 
 
France Val de Loire - Château d'Ussé - Photos: Lankaart (c)
France Val de Loire - Château d'Ussé - Photos: Lankaart (c)
France Val de Loire - Château d'Ussé - Photos: Lankaart (c)
France Val de Loire - Château d'Ussé - Photos: Lankaart (c)

France Val de Loire - Château d'Ussé - Photos: Lankaart (c)

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Rédigé par rafael

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Publié le 17 Février 2011

Ravenne Saint apollinaire-le-neuf martyrs

La basilique fut construite entre 493 et 526 par le roi goth Théodoric le Grand, à proximité du palais, pour le culte arien, religion de sa cour et de son peuple. Elle tenait lieu d'église palatine et était alors dédiée au Sauveur.


La conquête de Ravenne par les Byzantins, en 540, vit le début d'une restauration de l'orthodoxie catholique, au cours de laquelle les édifices précédemment liés aux Goths et à l'arianisme furent fermés ou reconvertis.


De ce point de vue, la basilique est emblématique, puisque le bandeau continu situé au-dessus des arcs de la nef présentait, sur toute sa longueur, un immense cycle de mosaïques illustrant les thèmes propres à l'arianisme. L'évêque Agnello ordonna donc leur destruction et une redécoration radicale, dans laquelle ne furent conservés que les ordres les plus hauts, représentant la Vie du Christ, les saints et les prophètes, alors que ne subsistèrent dans la partie basse, la plus visible pour l'observateur, que les deux vues du port de Classis et du Palatium de Théodoric. Tous les portraits, représentant probablement le roi et sa cour, ont disparu.


Le registre le plus élevé est décoré de panneaux alternant des motifs à deux colombes et des scènes du Nouveau Testament (au-dessus des fenêtres), montrant la Vie du Christ. Celles-ci sont traitées en détail, alors que leur situation n'en rend pas la lecture aisée. Certaines de ces scènes donnent une idée de l'évolution de l'art de la mosaïque au temps de Théodoric. La scène du Christ séparant les chèvres des brebis rappelle celle du Bon Pasteur du Mausolée de Galla Placidia, mais, à un siècle de distance, les différences sont notables : elles ne sont plus disposées dans un espace en profondeur, mais semblent plaquées les unes sur les autres, avec de nombreuses simplifications - par exemple, certains animaux n'ont pas de pattes. La frontalité rigide et la perte de la perception des volumes donnent au Christ et aux anges une allure hiératique. Dans le panneau figurant la Cène, le Christ et les apôtres traités à la manière des représentations paléochrétiennes romaines, et les personnages sont proportionnées en raison leur importance hiérarchique, comme dans l'art tardif « provincial » ou « plébéien ».
 

Ravenne Saint apollinaire-le-neuf redempt troneRavenne Saint apollinaire-le-neuf trois


Ravenne Saint apollinaire-le-neuf vierges
Source: Wikipedia

 

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Rédigé par rafael

Publié dans #ARTS BYZANTIN PALEOCHRETIEN ORTHODOXE et RUSSE

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Publié le 17 Février 2011

Bourgeon

 

François Bourgeon, né le 5 juillet 1945 à Paris, est un scénariste et dessinateur de bande dessinée français.

 

Ses premières BD et nouvelles ont été publiées entre 1971 et 1973 à Bayard Presse, dans l'hebdomadaire Lisette sur des textes d'Henriette Bichonnier, et à Fleurus presse, sur des scénarios d'Henriette Bichonnier dans l'hebdomadaire Djin en 1974 /1975 : Une armée pour Gaélis (22 janvier 1975) et La Légende de Freya (9 avril 1975).

 

Sa première histoire, en 14 planches, L'ennemi vient de la mer, écrite par Cécile Romancère, paraît en 1972. Il collabore épisodiquement à la revue Pif gadget et dessine en 1978, Maître Guillaume et le Journal des bâtisseurs de cathédrales, un album scénarisé par Pierre Dhombre et édité chez Univers Média.

 

Il commence avec le scénariste Robert Génin sa première série, Brunelle et Colin, qui paraît dans la revue Circus, et dont le tome 1 paraît en janvier 1979. Son style inimitable commence à apparaître dans le personnage de Brunelle, qui est déjà l'ébauche de l'Isa des Passagers du vent. Il ne fera que les deux premiers tomes de la série, et passera le relais au dessinateur Didier Convard.

 

En 1979, il démarre Les Passagers du vent dans la revue Circus, série dont le tome 1 paraît en janvier 1980. Cette série d'aventures historiques, considérée comme l'une des plus importantes de la bande dessinée moderne, l'impose d'emblée comme un conteur et un graphiste hors pair. En janvier 1980, au Festival international de la bande dessinée d'Angoulême, il est nommé meilleur dessinateur de l'année. Dans le même temps, Bourgeon décide de revenir à l'univers médiéval déjà abordé dans Brunelle et Colin et conçoit une première mouture des Compagnons du crépuscule, sortie en 1984.

 

Bourgeon (2)

 

En 1993, il entame dans A suivre, La Source et la sonde (Le Cycle de Cyann), un récit futuriste réalisé en collaboration avec Claude Lacroix. Dans son œuvre, le thème de la quête initiatique revêt une grande importance. Il apparaît dans Brunelle et Colin, mais l'abandon prématuré de cette série par Bourgeon ne permet pas de découvrir la nature de cette quête. Heureusement, le thème réapparaît dans les Compagnons du crépuscule et surtout dans le Cycle de Cyann.

 

En 2003, il souhaite « reprendre la saga des Passagers du vent ». Il entame en 2009 ainsi la suite avec un nouvel album, La Petite fille Bois-Caïman, dans laquelle l'héroine s'apelle Zabo. Tant par son souci d'authenticité (il aime par exemple reconstituer ses différents décors sous la forme de véritables maquettes) que par son sens de la narration, du découpage, des dialogues et de la mise en couleurs, François Bourgeon est déjà une figure emblématique du monde du 9e art.

 

Bourgeon (6)

 

Bourgeon les passagers du vent

 

Bourgeon (4)

 

Source: http://fr.wikipedia.org/wiki/Fran%C3%A7ois_Bourgeon

 

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Rédigé par rafael

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Publié le 16 Février 2011

 Sainte Nedelya XIXème siècle galerie des Beaux-Arts de Bu

Sainte Nedelya XIXème siècle galerie des Beaux-Arts de Bulgarie

 

Sainte Nedelya est une martyre chrétienne du IIIe siècle originaire d'Anatolie.

 

 

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Rédigé par rafael

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Publié le 16 Février 2011

 

 

 

 

Duke Ellington - It don't mean a thing (1943)

 

Edward Kennedy Ellington était un pianiste, compositeur et chef d'orchestre américain né le 29 avril 1899 à Washington et mort le 24 mai 1974 à New York.

 

Son orchestre comprenait des musiciens qui étaient parfois considérés, tout autant que lui, comme des géants du jazz. Quelques uns de ces grands musiciens sont restés dans son orchestre pendant des décennies. Certains d'entre eux étaient dignes d'intérêt par eux-mêmes, mais c'était surtout Ellington qui les transformait en l'un des orchestres les plus connus de l'histoire du jazz.

 

 

Il avait l'habitude de composer spécifiquement pour certains de ses musiciens en tenant compte de leurs points forts, comme par exemple « Jeep's Blues » pour Johnny Hodges, « Concerto for Cootie » (« Do Nothing Till You Hear from Me ») pour Cootie Williams et « The Mooche » pour Joe Nanton. Il a aussi enregistré des morceaux composés par les membres de son orchestre, comme « Caravan » et « Perdido » de Juan Tizol. Après 1941, il collabore fréquemment avec le compositeur et arrangeur Billy Strayhorn qu'il appelle son alter ego. Il a laissé au jazz de très nombreux standards.

 

 

Duke Ellington - Satin Doll

 

 

 

Duke Ellington, Caravan, Juan Tizol 1952

 

 

 




Miles Davis se produit pour la première fois en Europe avec divers groupes. Il enchaîne disque sur disque en accompagnant Sarah Vaughan, Sonny Rollins, Art Blakey, Horace Silver, Charles Mingus, Theolonious Monk, autant de noms qui jalonnent l'histoire du jazz. Et la série n'est pas finie : en 1955 il décide de constituer sa propre formation en qualité de leader, avec John Coltrane, Red Garland, Philly Joe Jones et Paul Chambers. Miles Davis aime beaucoup l'Europe, et notamment la France. […]



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Rédigé par rafael

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Publié le 15 Février 2011

Monet - Venise

Monet - Venise

"Devant ces toiles où tant de certitude et de jeunesse se mêlent, je me souviens d’une parole de Claude Monet :

 

- Venise… non… je n’irai pas à Venise…

 

Claude Monet avait raison. Venise n’est pas une ville. Vivante ou morte, une ville nous émeut par les maisons, les hommes et l’atmosphère. Or, à Venise, tous les poètes savent bien qu’il n’y a pas de maisons, mais des palais. Il n’y a pas d’atmosphère, puisqu’un voile rose est posé sur Venise, comme une écharpe autour d’une danseuse. Il y a un rose Venise, comme il y a un vert Véronèse. Venise a chaviré sous le poids des imbéciles. Les littérateurs l’ont peinte et les peintres l’ont décrite. Il y eut peut-être jadis une ville qui s’appelait Venise, une ville avec des maisons réelles et diverses, maisons borgnes qui guettent, maisons honorables et plates, maisons riches où l’or, derrière les façades, circule comme le sang sous la peau. Mais Venise n’est plus qu’une carte postale en couleurs. Quant aux hommes et quant aux femmes, ils ont été noyés dans la lagune. Il ne reste plus que des gondoliers, des grandes dames et quelques lévriers. Walt Whitman, qui prenait plaisir et profit à causer avec les cochers d’omnibus de New-York, n’aurait pu vivre à Venise ; car tous les gondoliers y sont des poètes. Et les grandes dames, dans leurs palais ont des compagnons si nobles, si dépouillés de toute forme naturelle, définis par des attributs si purement littéraires qu’on ne sait plus, dans la meute qui fait cortège, distinguer M. d’Annunzio d’avec les lévriers héraldiques.

 

 

La nature donne une atmosphère à toutes les villes et les hommes compliquent l’atmosphère de la nature et la souillent avec magnificence de poussières et de fumées. Les travaux et les mouvements des hommes collaborent à l’atmosphère des villes. Mais à Venise, on ne se meut pas : on s’accoude aux balustres. On ne travaille pas : car les cristaux et les dentelles de Venise sont fabriqués dans les expositions universelles.

 

Venise pourrait espérer la gloire triste d’être une ville morte. L’Europe en a fait une ville nuptiale, où la bourgeoisie se conjugue.

 

 

Les écrivains qui puisent dans le passé la plus ferme tradition classique et les écrivains qui y cherchent la plus élégante pourriture et la plus noble lassitude se sont, coude à coude, penchés sur la lagune. Les dramaturges aussi. Un dernier acte s’il est véritablement d’amour et de douleur, n’a pas d’autre décor que Venise. Et seul, le chant d’un gondolier en coulisse est digne d’accompagner la plainte des amants qui se séparent. Le théâtre est l’image de la vie. Et quel homme quitte sa maîtresse et quelle femme quitte son amant, sans prendre auparavant un billet pour Venise ? Seuls les chiffonniers peuvent s’aimer sans penser à Venise. L’Europe entière s’est unie contre Venise, toute l’Europe avec ses poètes, ses photographes, ses psychologues, ses mariés, ses dramaturges et ses peintres.

 

On comprend que Claude Monet n’ait pas voulu aller à Venise, cette ville qui n’était plus une ville, mais un décor ou un motif. Claude Monet n’osait pas. Il se sentait assez fort pour peindre les campagnes et les villes. Mais peindre Venise, c’était se mesurer à toute la bêtise humaine, qui collabora à l’image que nous avons de Venise. Il attendit l’heure où la certitude et la maîtrise aboutissent à de nouveaux pressentiments.

 

Cela est singulièrement émouvant que Claude Monet qui renouvela la peinture au XIXe ait pu se renouveler lui-même. De plus larges ondes se répandent. Une attaque multiple ne crible plus la toile. On dirait que la main s’abandonne à suivre la lumière. Elle renonce à l’effort de la capter. Elle glisse sur la toile, comme la lumière a glissé sur les choses. Le mouvement minutieux qui, pièce à pièce, bâtissait l’atmosphère cède au mouvement plus souple qui l’imite et lui obéit. Claude Monet ne saisit plus la lumière avec la joie de conquête de celui qui, ayant atteint sa proie, se crispe à la retenir. Il la traduit comme la plus intelligente danseuse traduit un sentiment. Des mouvements se combinent et nous ne savons pas comment ils se décomposent. Ils sont si bien liés les uns aux autres qu’ils semblent n’être qu’un seul mouvement et que la danse est parfaite et close comme un cercle.

 

 

La lumière ordonne et révèle les objets. Elle est, sur les canaux, plus solides et plus massive. Les reflets s’agglomèrent. On dirait que l’eau et la lumière s’appuient et se raffermissent aux façades. Mais, sur l’Adriatique, elle est plus fluide et plus flottante. Une barque, des palis, l’église naissent et apparaissent, selon que la lumière les y autorise. La réflexion des palais est chaude dans l’eau dense. Aux heures pleines, l’atmosphère s’applique et s’étoffe somptueusement à la surface verticale des murs, à la surface horizontale de l’eau ; elle est mêlée à la couleur comme si elle traversait la rosace d’un vitrail. Et c’est la fraîcheur humide et véritable de l’arc-en-ciel.

 

C’est l’admirable succession des heures qui crée le monde et ne lui permet jamais d’être semblable à lui-même. Le plus humble touriste sait que le lever du soleil est un spectacle. Il contemple à l’horizon la bordure verdâtre de l’aube encore cadavérique, puis cette orbite sanglante et basse, puis le tremblement du jour naissant. Il ne sait pas que chaque minute est aussi riche et variable. Mais Claude Monet est maître de la lumière insaisissable. Ainsi Hokousaï disait, presque centenaire : « c’est bien ennuyeux de mourir, parce que je commençais enfin à comprendre la forme ». Et c’est aussi une forme, rajeunie, à l’état naissant que Claude Monet découvre sous les variations mêmes de l’atmosphère. Les objets immuables, que l’usage catalogue, naissent devant ses yeux, comme s’il était le premier homme, comme si, à travers les variations de leurs éclairages, il n’avait pas encore appris à les reconnaître pour identiques.

 

La bêtise des littérateurs et des peintres avait arraché Venise à la nature. Claude Monet est allé à Venise et l’a restituée à la nature.

 

Seuls les professionnels de la tradition ne sont pas émus par ceux qui les précèdent : car ils exécutent une consigne. Claude Monet se souvient avec gratitude de quelques fleurs peintes par Courbet sur un fond noir. Il médita aussi les estampes japonaises. C’est pourquoi il ne fit pas de japonisme. C’est dans la nature même qu’il voulut trouver l’éclat de fleurs de Courbet, sans qu’il fut besoin d’un fond noir ; c’est dans la nature qu’il chercha la rareté des rapports immobilisés sur les estampes du Japon.

 

La nature… c’est un grand mot vague. Tout est en elle et les esthètes aussi et les peintres mêmes, qui n’ont jamais regardé que dans les livres. Et les critiques d’art eux-mêmes sont dans la nature… Il faudrait dire simplement que de tous les peintres, Claude Monet est celui qui regarde avec le plus de confiance et d’obstination. Les académiques de toutes les époques sont des théoriciens. Ils ont de grandes pensées et considèrent l’œil comme une partie honteuse…

 

Qu’il soit à Venise, au bord de l’Océan, devant les cathédrales, à Londres, à Vétheuil, à Giverny, Claude Monet néglige le mensonge humain, émotionnel ou pseudo-classique, que tant de peintres incorporent aux paysages. Les critiques d’art ont le plus souvent affirmé que l’initiateur fut Manet. Or le premier qui s’avisa que la lumière était, ce fut Claude Monet. Lorsque Claude Monet pensa que le soleil lui aussi appartenait au monde visible, Manet se cherchait encore lui-même à travers les musées.

 

Tous les peintres d’aujourd’hui doivent leur palette à Claude Monet. Nul peintre désormais ne pourra s’affranchir des problèmes que Claude Monet a résolus ou posés. L’œuvre de Claude Monet a passé déjà dans le langage de la peinture, comme l’œuvre d’un écrivain de génie passe dans la langue écrite et l’enrichit à jamais. Et il n’est pas question de peinture claire ou de peinture sombre. Le problème de la lumière est plus vaste que celui de l’éclat. Un Rembrandt qui naîtrait demain devrait de la gratitude à Claude Monet."

 

Octave Mirbeau, L'Art moderne, 2 juin 1912.

 




La célèbre série de Monet consacrée à la Cathédrale de Rouen sous différentes lumières fut effectuée en 1893 depuis la fenêtre du 2ième étage d'une boutique en face de la cathédrale. Il fit 18 vues frontales. Changeant de canevas selon la lumière, Monet suivait les heures de la journée, depuis le petit matin avec la façade en bleu ombré de brouillard, à l'après-midi , quand le soleil disparaissant derrière les constructions de la ville, transformait l'oeuvre de pierre érodée par le temps en […]



Claude Monet a présenté à la troisième exposition impressionniste en avril 1877 sept versions de La Gare Saint-Lazare. Il a choisi le thème du progrès technique très en vogue alors. Émile Zola viendra d'ailleurs à l'exposition impressionniste s'inspirer de l'atmosphère que dégage les tableaux pour écrire La bête humaine. Pour Paris c'était l'époque haussmannienne et pour la gare Saint-Lazare celle de l'ingénieur Eugène Flachat qui réalisa le pont de l'Europe et l'agrandissement de la gare […]

 

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Publié le 14 Février 2011

rodin couple et amour

Victoria and Albert Museum, Londres

 

Le couple est un thème récurant dans la sculpture de Rodin, ici on atteint le point ultime de la fusion des corps et de la matière, tout est dans l'autre, les limites sont flous, les corps tourmentés sont suggérés, et disparaissent dans le socle énorme, masse de matière brut.

 

rodin couple et amour (2)

 

rodin couple et amour (3)

 




Le Monument aux Bourgeois de Calais est un groupe statuaire d'Auguste Rodin commandé par la Ville de Calais où a été inauguré le premier exemplaire en bronze en 1895. Le plâtre original achevé en 1889 a été édité en onze autres exemplaires en bronze dans le courant du XXe siècle. L’ultime fonte légale a eu lieu en 1995. De manière définitive, il existe ainsi douze éditions originales en bronze des Bourgeois de Calais. C’est une des œuvres les plus célèbres d'Auguste Rodin. Ce groupe en […]



Femme assise sur le rebord d'une baignoire et s'épongeant le cou ,Vers 1880 Musée d'Orsay, Paris Huysmans l'art Moderne, Le salon de 1879. "M. Degas, sur lequel je dois un peu m' étendre, -car son oeuvre me servira maintes fois de point de comparaison lorsque je serai arrivé aux tableaux modernes du salon, -est, à coup sûr, parmi les peintres qui ont suivi le mouvement naturaliste, déterminé en peinture par les impressionnistes et par Manet, celui qui est demeuré le plus original et le plus […]



Olympia est un tableau réalisé par Édouard Manet en 1863. Initialement prévue pour le Salon des Refusés de la même année, l'œuvre ne sera finalement dévoilée par le peintre que deux ans plus tard. L'œuvre, qui allait susciter une controverse encore plus féroce que le Déjeuner sur l'herbe, représente une prostituée semblant issue d'un harem à l'orientale et s'apprêtant visiblement à prendre un bain. Le tableau, qui associe et fait ressortir avec puissance le contraste entre la femme blanche […]

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Rédigé par rafael

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Publié le 14 Février 2011

Huang Binhong

 

La formation de peintre de Huang Binhong fut particulièrement favorisée par les circonstances ; il eut la chance de naître dans une famille où l'on cultivait les lettres et les arts depuis plusieurs générations, et, dès son plus jeune âge, il entra en contact avec les chefs-d'œuvre du passé sous la direction de bons maîtres. Sa remarquable longévité lui permit de donner un exceptionnel développement à son génie.

 

Enfin, il se trouva très bien armé pour aborder d'un cœur ferme les crises de la civilisation chinoise contemporaine : né en 1864, c'est en homme complètement mûr et formé qu'il traversa les divers bouleversements spirituels, sociaux et politiques qui agitèrent la Chine du xxe siècle ; les incertitudes et les faux pas des ses cadets lui furent ainsi épargnés ; capable dans son art d'innovations audacieuses, celles-ci s'exercèrent toujours à l'intérieur d'un système de valeurs définitivement acquises, qu'il n'éprouva jamais le besoin de remettre en question ; sur ce roc d'une tradition qui pour lui était encore vivante, il put bâtir l'une des œuvres les plus puissantes, les plus méditées et les plus originales de ce premier demi-siècle.

 

Source:

http://www.universalis.fr/encyclopedie/huang-et-fu/1-un-travailleur-infatigable/

 

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