romantisme et neogothique

Publié le 14 Novembre 2011

goya la guerre

 

L'invasion française de 1808 joua un rôle crucial dans la vie de l'artiste. Favorable aux idées libérales apportées par les Français mais blessé dans son patriotisme, Goya hésita en effet pendant un certain temps entre la résistance incarnée par la Junte centrale de Séville et les idées de 1789 portées par le roi Joseph, frère de Napoléon Ier. L'année 1810, pendant laquelle il commença à graver Les Désastres de la Guerre, un réquisitoire féroce contre les exactions françaises, tout en réalisant le portrait de Joseph Ier, montre bien le tiraillement qu'il ressentit alors et qui lui valut, quelques années plus tard, une réputation d'afrancesado.

 

Goya fusilles

 

Goya la guerre blesse

 

Goya la guerre combats

 

goya la guerre fosse comune

 

Goya la guerre heroisme

 

Goya la guerre massacre

 

Histoire:

 

L’Espagne était, après le traité de San Ildefonso signé par le prince Manuel Godoy en 1796, une fidèle alliée de la France et c’est avec elle qu’elle subit la terrible défaite de Trafalgar en 1805. La perte de toutes communications avec ses colonies d’outre-mer lui fit rechercher des compensations territoriales sur le royaume voisin du Portugal, ceci avec le soutien de Napoléon; en effet, la monarchie était un fidèle allié du Royaume-Uni et refusait de fermer ces ports aux navires anglais. Ce fut la guerre dite des oranges qui se conclut le 6 juin 1801 par le Traité de Badajoz (1801).

 

En 1807, le Portugal refusant d'appliquer le Blocus Continental, Napoléon décida d'envoyer ses troupes dans la péninsule, officiellement pour envahir le Portugal qui représentait une faille notable dans son dispositif. Avec le Traité de Fontainebleau signé avec Charles IV, il obtint l'autorisation pour ses troupes, commandées par le général français Jean-Andoche Junot, de traverser l'Espagne pour châtier les Portugais. Ainsi débute la première tentative d'invasion du Portugal (18 octobre 1807).

 

Le guet-apens de Bayonne déclencha l’embrasement de l’Espagne. Malgré sa rapide répression, le soulèvement de Madrid inspira d’autres villes du pays : Carthagène, León, Santiago, Séville, Lérida et Saragosse. L’armée française était partout attaquée. Le 18 juillet 1808, le général Pierre Dupont de l'Étang et ses 20 000 hommes furent vaincus près de la petite ville andalouse de Bailén. Ce fut la première défaite retentissante de l’armée impériale en Europe continentale. En soi la défaite ne rendait pas la situation militaire des Français catastrophique mais elle eut un énorme impact psychologique pour leurs ennemis : les soldats de Napoléon pouvaient être battus.

Joseph, roi d'Espagne

 

Deux jours plus tard, malgré cet échec, Joseph Bonaparte, le nouveau roi d’Espagne, parvint à entrer à Madrid. Mais il ne put y rester longtemps.

 

De son côté, le général Junot dut évacuer le Portugal face à l’offensive des Britanniques du futur duc de Wellington. La dégradation de la situation inquiétait Napoléon.

 

L’empereur se rendit en personne en Espagne, à la tête de 80 000 soldats qu’il avait tirés d’Allemagne. Il ne resta que quelques mois (novembre 1808-janvier 1809) en Espagne mais son intervention assura la reprise en main des villes par les Français. Madrid, menacé d’un assaut, ouvrit ses portes au conquérant. Le 4 décembre 1808, dans une proclamation qu’il adressa aux habitants, il menaça de traiter l’Espagne en pays conquis, si elle persistait à ne pas reconnaître Joseph Napoléon pour roi. À regret, les Madrilènes virent une nouvelle fois le frère de l’empereur s’installer au palais royal.

 

Malgré la brillante campagne napoléonienne et les réformes mises en place (abolition des droits féodaux et de l’Inquisition), le pays était loin d’être soumis. Le contrôle des campagnes restait difficile. Les prêtres espagnols appelaient leurs fidèles à la croisade contre les Français. Les difficultés de l’occupant résidaient surtout dans la particularité du combat : les Espagnols pratiquaient la guérilla. Si les Français remportaient régulièrement des victoires contre l’armée régulière espagnole et prenaient d’assaut les villes, ils peinaient contre les petits groupes de résistants embusqués qui les harcelaient.

 

Goya la guerre pendu

 

Source: Wikipedia

Illustrations : Visipix.com

 

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Publié le 8 Novembre 2011

Goya autoportrait

 

"Francisco Goya y Lucientes est le petit-fils encore reconnaissable de Vélasquez, Après lui viennent les Aparico, les Lopez ; la décadence est complète, le cycle de l’art est fermé. Qui le rouvrira ?

 

C’est un étrange peintre, un singulier génie que Goya ! Jamais originalité ne fut plus tranchée, jamais artiste espagnol ne fut plus local. ― Un croquis de Goya, quatre coups de pointe dans un nuage d’aqua-tinta en disent plus sur les mœurs du pays que les plus longues descriptions. Par son existence aventureuse, par sa fougue, par ses talents multiples, Goya semble appartenir aux belles époques de l’art, et cependant, c’est en quelque sorte un contemporain : il est mort à Bordeaux en 1828.

 

Avant d’arriver à l’appréciation de son œuvre, esquissons sommairement sa biographie. Don Francisco Goya y Lucientes naquit en Aragon de parents dans une position de fortune médiocre, mais cependant suffisante pour ne pas entraver ses dispositions naturelles. Son goût pour le dessin et la peinture se développa de bonne heure. Il voyagea, étudia à Rome quelque temps, et revint en Espagne, où il fit une fortune rapide à la cour de Charles IV, qui lui accorda le titre de peintre du roi. Il était reçu chez la reine, chez le prince de Benavente et la duchesse d’Albe, et menait cette existence de grand seigneur des Rubens, des Van Dick et des Vélasquez, si favorable à l’épanouissement du génie pittoresque. Il avait, près de Madrid, une casa de campo délicieuse, où il donnait des fêtes et où il avait son atelier.

 

Goya portrait de la famille de charles IV

Portrait de la famille de Charles IV

 

Goya a beaucoup produit ; il a fait des sujets de sainteté, des fresques, des portraits, des scènes de mœurs, des eaux-fortes, des aqua-tinta, des lithographies, et partout, même dans les plus vagues ébauches, il a laissé l’empreinte d’un talent vigoureux ; la griffe du lion raie toujours ses dessins les plus abandonnés. Son talent, quoique parfaitement original, est un singulier mélange de Vélasquez, de Rembrandt et de Reynolds ; il rappelle tour à tour ou en même temps ces trois maîtres, mais comme le fils rappelle ses aïeux, sans imitation servile, ou plutôt par une disposition congéniale que par une volonté formelle.

 

On voit de lui, au musée de Madrid, le portrait de Charles IV et de la reine à cheval : les têtes sont merveilleusement peintes, pleines de vie, de finesse et d’esprit . Le duc d’Ossuna possède plusieurs tableaux de Goya, et il n’est guère de grande maison qui n’ait de lui quelque portrait ou quelque esquisse. L’intérieur de l’église de San-Antonio de la Florida, où se tient une fête assez fréquentée, à une demi-lieue de Madrid, est peint à fresque par Goya avec cette liberté, cette audace et cet effet qui le caractérisent. À Tolède, dans une des salles capitulaires, nous avons vu de lui un tableau représentant Jésus livré par Judas, effet de nuit que n’eût pas désavoué Rembrandt, à qui je l’eusse attribué d’abord, si un chanoine ne m’eût fait voir la signature du peintre émérite de Charles IV. Dans la sacristie de la cathédrale de Séville, il existe aussi un tableau de Goya, d’un grand mérite, sainte Justine et sainte Ruffine, vierges et martyres, toutes deux filles d’un potier de terre, comme l’indiquent les alcarazas et les cantaros groupés à leurs pieds.

 

Goya saturne dévorant ses enfants

Saturne dévorant ses enfants

 

La manière de peindre de Goya était aussi excentrique que son talent : il puisait la couleur dans des baquets, l’appliquait avec des éponges, des balais, des torchons, et tout ce qui lui tombait sous la main, il truellait et maçonnait ses tons comme du mortier, et donnait les touches de sentiment à grands coups de pouce. À l’aide de ces procédés expéditifs et péremptoires, il couvrait en un ou deux jours une trentaine de pieds de muraille. Tout ceci nous paraît dépasser un peu les bornes de la fougue et de l’entrain ; les artistes les plus emportés sont des lécheurs en comparaison. Il exécuta, avec une cuiller en guise de brosse, une scène du Dos de Mayo, où l’on voit des Français qui fusillent des Espagnols. C’est une œuvre d’une verve et d’une furie incroyables. Cette curieuse peinture est reléguée sans honneur dans l’antichambre du musée de Madrid.

 

Goya el 2 mayo

 

L’individualité de cet artiste est si forte et si tranchée, qu’il nous est difficile d’en donner une idée même approximative. Ce n’est pas un caricaturiste comme Hogarth, Bamburry ou Cruishanck : Hogarth, sérieux, flegmatique, exact et minutieux comme un roman de Richardson, laissant toujours voir l’intention morale ; Bamburry et Cruishank si remarquables pour leur verve maligne, leur exagération bouffonne, n’ont rien de commun avec l’auteur des Caprichos. Callot s’en rapprocherait plus, Callot, moitié Espagnol, moitié Bohémien ; mais Callot est net, clair, fin, précis, fidèle au vrai, malgré le maniéré de ses tournures et l’extravagance fanfaronne de ses ajustements ; ses diableries les plus singulières sont rigoureusement possibles ; il fait grand jour dans ses eaux-fortes, où la recherche des détails empêche l’effet et le clair-obscur, qui ne s’obtiennent que par des sacrifices. Les compositions de Goya sont des nuits profondes où quelque brusque rayon de lumière ébauche de pâles silhouettes et d’étranges fantômes.

 

Goya la maja nue

La Maja nue

 

C’est un composé de Rembrandt, de Watteau et des songes drolatiques de Rabelais ; singulier mélange ! Ajoutez à cela une haute saveur espagnole, une forte dose de l’esprit picaresque de Cervantès, quand il fait le portrait de la Escalanta et de la Gananciosa, dans Rinconete et Cortadillo, et vous n’aurez encore qu’une très imparfaite idée du talent de Goya. Nous allons tâcher de le faire comprendre, si toutefois cela est possible, avec des mots. ...

 

....Le portrait de Goya sert de frontispice au recueil de son œuvre. C’est un homme de cinquante ans environ, l’œil oblique et fin, recouvert d’une large paupière avec une patte-d’oie maligne et moqueuse, le menton recourbé en sabot, la lèvre supérieure mince, l’inférieure proéminente et sensuelle ; le tout encadré dans des favoris méridionaux et surmonté d’un chapeau à la Bolivar ; une physionomie caractérisée et puissante.

 

La première planche représente un mariage d’argent, une pauvre fille sacrifiée à un vieillard cacochyme et monstrueux par des parents avides. La mariée est charmante avec son petit loup de velours noir et sa basquine à grandes franges, car Goya rend à merveille la grâce andalouse et castillane ; les parents sont hideux de rapacité et de misère envieuse. Ils ont des airs de requin et de crocodile inimaginables ; l’enfant sourit dans des larmes, comme une pluie du mois d’avril, ce ne sont que des yeux, des griffes et des dents ; l’enivrement de la parure empêche la jeune fille de sentir encore toute l’étendue de son malheur. ― Ce thème revient souvent au bout du crayon de Goya, et il sait toujours en tirer des effets piquants. Plus loin, c’est el coco, croque-mitaine, qui vient effrayer les petits enfants et qui en effraierait bien d’autres, car, après l’ombre de Samuel dans le tableau de la Pythonisse d’Endor, par Salvator Rosa, nous ne connaissons rien de plus terrible que cet épouvantail. Ensuite ce sont des majos qui courtisent des fringantes sur le Prado ; ― de belles filles au bas de soie bien tiré, avec de petites mules à talon pointu qui ne tiennent au pied que par l’ongle de l’orteil, avec des peignes d’écaille à galerie, découpés à jour et plus hauts que la couronne murale de Cybèle ; des mantilles de dentelles noires disposées en capuchon et jetant leur ombre veloutée sur les plus beaux yeux noirs du monde, des basquines plombées pour mieux faire ressortir l’opulence des hanches, des mouches posées en assassines au coin de la bouche et près de la tempe ; des accroche-cœurs à suspendre les amours de toutes les Espagnes, et de larges éventails épanouis en queue de paon ; ce sont des hidalgos en escarpins, en frac prodigieux, avec le chapeau demi-lune sous le bras et des grappes de breloques sur le ventre, faisant des révérences à trois temps, se penchant au dos des chaises pour souffler, comme une fumée de cigare, quelque folle bouffée de madrigaux dans une belle touffe de cheveux noirs, ou promenant par le bout de son gant blanc quelque divinité plus ou moins suspecte ; ― puis des mères utiles, donnant à leurs filles trop obéissantes les conseils de la Macette de Régnier, les lavant et les graissant pour aller au sabbat. ― Le type de la mère utile est merveilleusement bien rendu par Goya, qui a, comme tous les peintres espagnols, un vif et profond sentiment de l’ignoble ; on ne saurait imaginer rien de plus grotesquement horrible, de plus vicieusement difforme ; chacune de ces mégères réunit à elle seule la laideur des sept péchés capitaux ; le diable est joli à côté de cela. Imaginez des fossés et des contrescarpes de rides ; des yeux comme des charbons éteints dans du sang ; des nez en flûte d’alambic, tout bubelés de verrues et de fleurettes ; des mufles d’hippopotame hérissés de crins roides, des moustaches de tigre, des bouches en tirelire contractées par d’affreux ricanements, quelque chose qui tient de l’araignée et du cloporte, et qui vous fait éprouver le même dégoût que lorsqu’on met le pied sur le ventre mou d’un crapaud. ― Voilà pour le côté réel ; mais c’est lorsqu’il s’abandonne à sa verve démonographique que Goya est surtout admirable ; personne ne sait aussi bien que lui faire rouler dans la chaude atmosphère d’une nuit d’orage de gros nuages noirs chargés de vampires, de stryges, de démons, et découper une cavalcade de sorcières sur une bande d’horizons sinistres.

 

Goya fusilles

 

Il y a surtout une planche tout à fait fantastique qui est bien le plus épouvantable cauchemar que nous ayons jamais rêvé ; ― elle est intitulée : Y aun no se van. C’est effroyable, et Dante lui-même n’arrive pas à cet effet de terreur suffocante ; représentez-vous une plaine nue et morne au-dessus de laquelle se traîne péniblement un nuage difforme comme un crocodile éventré ; puis une grande pierre, une dalle de tombeau qu’une figure souffreteuse et maigre s’efforce de soulever.

 

Goya ya aun no se van

 

― La pierre, trop lourde pour les bras décharnés qui la soutiennent et qu’on sent près de craquer, retombe malgré les efforts du spectre et d’autres petits fantômes qui roidissent simultanément leurs bras d’ombre ; plusieurs sont déjà pris sous la pierre un instant déplacée. L’expression de désespoir qui se peint sur toutes ces physionomies cadavéreuses, dans ces orbites sans yeux, qui voient que leur labeur a été inutile, est vraiment tragique ; c’est le plus triste symbole de l’impuissance laborieuse, la plus sombre poésie et la plus amère dérision que l’on ait jamais faites à propos des morts. La planche Buen viage, où l’on voit un vol de démons, d’élèves du séminaire de Barahona qui fuient à tire-d’aile, et se hâtent vers quelque œuvre sans nom, se fait remarquer par la vivacité et l’énergie du mouvement. Il semble que l’on entende palpiter dans l’air épais de la nuit toutes ces membranes velues et onglées comme les ailes des chauves-souris. Le recueil se termine par ces mots : Y es ora. ― C’est l’heure, le coq chante, les fantômes s’éclipsent, car la lumière paraît,

 

― Quant à la portée esthétique et morale de cette œuvre, quelle est-elle ? Nous l’ignorons. Goya semble avoir donné son avis là-dessus dans un de ses dessins où est représenté un homme, la tête appuyée sur ses bras et autour duquel voltigent des hiboux, des chouettes, des coquecigrues. ― La légende de cette image est : El suenho de la razon produce monstruos. C’est vrai, mais c’est bien sévère.

Ces caprices sont tout ce que la Bibliothèque royale de Paris possède de Goya. Il a cependant produit d’autres œuvres : la Tauromaquia, suite de 33 planches, les Scènes d’invasion qui forment 20 dessins, et devaient en avoir plus de 40 ; les eaux-fortes d’après Vélasquez, etc., etc.

 

La Tauromaquia est une collection de scènes représentant divers épisodes du combat de taureaux, à partir des Mores jusqu’à nos jours. ― Goya était un aficionado consommé, et il passait une grande partie de son temps avec les toreros. Aussi était-il l’homme le plus compétent du monde pour traiter à fond la matière. Quoique les attitudes, les poses, les défenses et les attaques, ou, pour parler le langage technique, les différentes suertes et cogidas soient d’une exactitude irréprochable, Goya a répandu sur ces scènes ses ombres mystérieuses et ses couleurs fantastiques. ― Quelles têtes bizarrement féroces ! quels ajustements sauvagement étranges ! quelle fureur de mouvement ! Ses Mores, compris un peu à la manière des Turcs de l’empire sous le rapport du costume, ont les physionomies les plus caractéristiques. ― Un trait égratigné, une tache noire, une raie blanche, voilà un personnage qui vit, qui se meut, et dont la physionomie se grave pour toujours dans la mémoire. Les taureaux et les chevaux, bien que parfois d’une forme un peu fabuleuse, ont une vie et un jet qui manquent bien souvent aux bêtes des animaliers de profession : les exploits de Gazul, du Cid, de Charles Quint, de Romero, de l’étudiant de Falces, de Pepe Illo, qui périt misérablement dans l’arène, sont retracés avec une fidélité tout espagnole. ― Comme celles des Caprichos, les planches de la Tauromaquia sont exécutées à l’aqua-tinta et relevées d’eau-forte.

 

Goya la guerre pendu

 

Les Scènes d’invasion offriraient un curieux rapprochement avec les Malheurs de la guerre, de Callot. ― Ce ne sont que pendus, tas de morts qu’on dépouille, femmes qu’on viole, blessés qu’on emporte, prisonniers qu’on fusille, couvents qu’on dévalise, populations qui s’enfuient, familles réduites à la mendicité, patriotes qu’on étrangle, tout cela est traité avec ces ajustements fantastiques et ces tournures exorbitantes qui feraient croire à une invasion de Tartares au XIVme siècle. Mais quelle finesse, quelle science profonde de l’anatomie dans tous ces groupes qui semblent nés du hasard et du caprice de la pointe ! Dites-moi si la Niobé antique surpasse en désolation et en noblesse cette mère agenouillée au milieu de sa famille devant les baïonnettes françaises ! ― Parmi ces dessins qui s’expliquent aisément, il y en a un tout à fait terrible et mystérieux, et dont le sens, vaguement entrevu, est plein de frissons et d’épouvantements. C’est un mort à moitié enfoui dans la terre, qui se soulève sur le coude, et, de sa main osseuse, écrit sans regarder, sur un papier posé à côté de lui, un mot qui vaut bien les plus noirs du Dante : Nada (néant). Autour de sa tête, qui a gardé juste assez de chair pour être plus horrible qu’un crâne dépouillé, tourbillonnent, à peine visibles dans l’épaisseur de la nuit, de monstrueux cauchemars illuminés çà et là de livides éclairs. Une main fatidique soutient une balance dont les plateaux se renversent. Connaissez-vous quelque chose de plus sinistre et de plus désolant ?

 

Tout à fait sur la fin de sa vie, qui fut longue, car il est mort à Bordeaux à plus de quatre-vingts ans, Goya a fait quelques croquis lithographiques improvisés sur la pierre, et qui portent le titre de Dibersion de Espanha ; ― ce sont des combats de taureaux. On reconnaît encore, dans ces feuilles charbonnées par la main d’un vieillard sourd depuis longtemps et presque aveugle, la vigueur et le mouvement des Caprichos et de la Tauromaquia. L’aspect de ces lithographies rappelle beaucoup, chose curieuse ! la manière d’Eugène Delacroix dans les illustrations de Faust.

 

Dans la tombe de Goya est enterré l’ancien art espagnol, le monde à jamais disparu des toreros, des majos, des manolas, des moines, des contrebandiers, des voleurs, des alguazils et des sorcières, toute la couleur locale de la Péninsule. ― Il est venu juste à temps pour recueillir et fixer tout cela. Il a cru ne faire que des caprices, il a fait le portrait et l’histoire de la vieille Espagne, tout en croyant servir les idées et les croyances nouvelles. Ses caricatures seront bientôt des monuments historiques."

 

Théophile Gautier, Voyages en Espagne, Chap. VIII.

 

 

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Publié le 1 Novembre 2011

Francisco Goya y Lucientes, Tribunal de l'Inquisition ou autodafé de l'Inquisition, (vers 1812-1819) Museo de la Real Academia de Bellas Artes de San Fernando, Madrid.

Francisco Goya y Lucientes, Tribunal de l'Inquisition ou autodafé de l'Inquisition, (vers 1812-1819) Museo de la Real Academia de Bellas Artes de San Fernando, Madrid.

Francisco Goya y Lucientes, Tribunal de l'Inquisition ou autodafé de l'Inquisition, (vers 1812-1819) Museo de la Real Academia de Bellas Artes de San Fernando, Madrid.

Peintre du renouveau artistique de ce debut de siecle Goya ici fait un vivant réquisitoire contre l'inquisition. Tableau de sa période républicaine, Goya y fait preuve d'une grande maîtrise de la composition tout en donnant à l'ensemble une grande spontanéïté.

 

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Rédigé par rafael

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Publié le 29 Octobre 2011


Caspar David Friedrich est un peintre allemand du début du XIX ème. Ce visionnaire du paysage est l'une des figure marquante du romantisme allemand. Il a su mettre en valeur la spécificité du paysage, l'âme de celui-ci, dépassant les apparences pour saisir la vie secrète de la nature, ouvrant ainsi la voie à un romantisme pur et idéaliste.
Son art exprime le receuillement, la méditation et la fusion entre l'homme et les forces pures de la nature.

"L'abbaye dans un bois" (1809-1810) est l'une de ses premières oeuvres. Elle  témoigne de la passion du peintre pour les vastes espaces nocturnes et la solitude et son goût pour la contemplation mystique des éléments. La référence à l'architecture gothique marque également sa rupture avec l'idéal néo-classique porté par la révolution française et alors en vogue dans toute l'Europe.

On trouve dans cette peinture tous les fondements du romantisme européen.

 

 

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Publié le 24 Octobre 2011


Le palais de Monserrate fait partie des nombreux palais, villas et châteaux qui furent édifiés à Sintra, ville de vilégiature de l'aristocratie et de la grande bourgeoisie portugaise.

Le palais, de style romantique, fut construit par l'architecte Richard Knowles en 1858 pour Francis Cook, vicomte de Monserrate. Le bâtiment mêle les styles gothique et renaissance tout en empruntant des motifs arabisant.

Il est bâti au sommet d'une des collines de Sintra au milieu d'un splendide jardin anglais offrant des vues sur la forêt allentours et des parcours enchanteurs au milieu d'une végétation mélangeant les essences tropicales et européennes.

Destinés à une aristocratie très influencée par le romantisme anglais, il offre un cadre idéal aux réveries, aux fêtes et au repos loin de l'ambiance trépidante de la capitale : Lisbonne. 




 

Photos: (c) Lankaart
 

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Publié le 22 Octobre 2011

Le palais Da Pena, à Sintra, est l'un des monuments les plus emblématiques de cette ville. Sintra, depuis la rennaissance, était un lieu de vilégiature et de repos pour l'aristocratie portugaise et la famille royale. Au XIXe siècle, elle le devint également pour la grande bourgeoisie anglophile de Lisbonne.

Située à proximité de la capitale, la ville bénéficie d'un climat très clément et d'un environnement exceptionnel. Ces nombreuses collines offrent des vues sur la campagne environante et la mer au loin. Le climat permis l'acclimatation de nombreuses essences exotiques, donnant aux jardins de Sintra des allures de paradis sur terre.

C'est dans ce contexte que le Prince Ferdinand de Saxe-Cobourg-Gotha, régent du royaume suite à son mariage avec Maria II, décida la réalisation d'une nouvelle demeure pour le couple royal non loin du Palais royal de Sintra mais à l'écart du centre ville. Situé au sommet d'une des collines les plus élevées de Sintra, le palais da Pena domine le paysage au milieu d'un parc de 200 hectares.

Le prince, d'origine prusienne, imposa une architecture typiquement romantique, mélange de références aux châteaux forts médiévaux, aux palais rennnaissances et aux polychromies d'Europe Centrale. C'est le baron Ludwig von Eschwege qui supervisa la réalisation du palais, de l'acquisition d'un ancien monastère à son emplacement en 1835 jusqu'en 1885. Le mélange des styles et l'influence romantique ont produit un étonnant résultat : le palais est un rêve éveillé, une lubie de grand aristocrate.

Le bâtiment mêle portails en rondebosse, tourrelles médiévales, grandes galeries de styles rennaissances, façades polychromes. A l'intérieur, des salles de différents styles se succédent : arabes, rennaissance, orientales etc... Au centre de l'édifice, le cloître, de style manuélin, a été en partie préservé. Les vues offertent sur le paysage environnant sont impressionantes.

 



 

Photos: (c) Lankaart

 

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Publié le 14 Octobre 2011

goya ferdinand VII

 

Fernando VII (14 octobre 1784- 29 septembre 1833) fut roi d'Espagne entre mars et mai 1808 et de 1814 à 1833. Il était le fils du roi d'Espagne Charles IV et de Marie-Louise de Bourbon-Parme (1751-1819), qu'il détrôna lors du soulèvement d'Aranjuez. Contraint à l'abdication lors de l'Entrevue de Bayonne, il passa toute la guerre d'indépendance prisonnier à Valençay, tout en restant reconnu par diverses juntes, le conseil de régence et les Cortes de Cadix comme roi légitime d'Espagne. Il jouit, à son retour sur le trône en 1814, d'une confiance et d'une popularité inégalée auprès des Espagnols.

 

 

 

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Publié le 3 Octobre 2011

Carl Spitzweg hermitte au violon

 

Carl Spitzweg, né près de Munich le 5 février 1808 et mort à Munich le 23 septembre 1885, est un poète et peintre allemand romantique. Il est considéré comme l'un des représentants majeurs de la période Biedermeier.

 

Carl Spitzweg ruines

 

Carl Spitzwerg gardien

 

carl Spitzwerg quartet

 

Illustrations: Visipix.com

Source: http://fr.wikipedia.org/wiki/Carl_Spitzweg

 

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Publié le 27 Septembre 2011

Le parlement d'Ottawa est certainement l'un des bâtiments néo-gothiques les plus emblématiques du nouveau monde.  

L'édifice fut commencé en 1860, suite à la décision de la reine Victoria de déplacer le parlement canadien à Ottawa. Auparavant, il était à Toronto ou Québec, l'alternance se faisant tous les 4 ans.

Les architectes : Fuller et Jones, furent retenus sur concours pour la réalisation du complexe. Plusieurs bâtiments seront construits sur ce qui deviendra la colline du parlement.
Incendié en 1916, il fut reconstruit dans le même style et suivant la même composition d'ensemble par les architectes A. Pearson et Marchand. Le beffroi (Tour de la Paix) fut construit beaucoup plus haut, toujours dans ce style néo-gothique très en vogue dans l'empire britannique et les bâtiments surélevés d'un étage.

 


Le style néo-gothique offrait une grande liberté aux architectes et permettait à l'empire de s'affranchir des influences étrangères en créant son propre style.
La vogue historiciste du néo-gothique couvrit l'empire de nombreux édifices publics et d'églises tous plus monumentaux les uns que les autres. Ce mouvement se démarquait délibérément en Amérique du nord du style néo-classique à la mode aux Etats-Unis.

Le parlement d'Ottawa n'échappe pas à la règle : on y retrouve des flèches extravagantes et élancées vers le ciel, des détails soignés, des toitures complexes à souhait et les formes élancées et verticales des façades.



 

Photos: (c) Lankaart

 

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Publié le 26 Septembre 2011


Au coeur des douces collines de Sintra, ville de vilégiature de la famille royale portugaise, de la noblesse puis de la grande bourgeoisie, la Quinta da Regaleria constitue un ensemble unique de jardins, palais néo-gothique et folies exubérantes.

Déssiné par un décorateur d'opéra italien Luigi Manini, l'ensemble s'aparante à un jardin de fantasme qui reprend tous les canons du romantisme anglais. 

La villa proprement dite est de style néo-gothique, aussi bien à l'extérieur qu'à l'intérieur. La chappelle attenante est du même style. Luigi Manini dessinera le moindre détail des bâtimets, corniches, festons, gargouilles tout est prétexte à l'exubérance. Les vues, depuis la villa sur le paysage environant, sont magnifiques.

Le jardin est accroché au relief de la montagne, on y trouve des tourelles, des grottes, des lacs souterrains, des tunnels et des escaliers vertigineux creusés dans la colline. L'ensemble est digne d'un conte de fées. Cadre somptueux et mistérieux de fêtes et de réceptions, les jardins sont certainement une très grande réussite.




 

Photos: (c) Lankaart

 

 

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