romantisme et neogothique

Publié le 17 Juillet 2016

1810, Art Institute Chicago

1810, Art Institute Chicago

Revolt of Cairo - ثورة القاهره الاولى

L'œuvre de Girodet se situe à la charnière des deux grands courants artistiques du début du XIXe siècle : la peinture néoclassique et la peinture romantique. La recherche de la beauté idéale selon les canons classiques l'inscrit dans la lignée des peintres néoclassiques davidiens dont il est avec Antoine-Jean Gros, François Gérard, et Jean-Auguste-Dominique Ingres l'un des principaux représentants, alors même que, par une forte volonté d'innovation, il imprègne ses peintures d'une grâce et d'une poésie singulière qui préfigure le romantisme.

La révolte du Caire est un épisode de la campagne d’Égypte menée par le général Napoléon Bonaparte. Elle oppose les Français aux Égyptiens. La révolte se déroule le 21 octobre 1798.

Cette ville est prise par les Français le 5 thermidor an VI, et Bonaparte y établit le siège du gouvernement républicain pendant la campagne d’Égypte. Bonaparte organise le pays et crée un conseil formé d’oulémas et de notables qui tente de mieux répartir l’impôt foncier en exigeant des titres de propriété. Ces dispositions, si étrangères aux usages, provoquent le 21 octobre 1798 (30 vendémiaire) le soulèvement populaire des habitants de la ville, sous le prétexte qu’ils sont trop imposés. Ayant perdu 800 soldats, dont le général Dupuy ainsi que son aide de camp préféré, le Polonais Joseph Sulkowski, Bonaparte répond le lendemain avec férocité. Les insurgés y sont littéralement écrasés et vaincus après avoir perdu 5 à 6 000 hommes.

(c) Wikipedia

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Publié le 6 Décembre 2014

 

 

Tout pour moi devient allégorie.

Baudelaire : Le Cygne.

 

 

 

"Le génie de Baudelaire, qui trouve sa nourriture dans la mélancolie, est un génie allégorique. Pour la première fois chez Baudelaire, Paris devient objet de poësie lyrique. Cette poësie locale est à l’encontre de toute poësie de terroir. Le regard que le génie allégorique plonge dans la ville trahit bien plutôt le sentiment d’une profonde aliénation. C’est là le regard d’un flâneur, dont le genre de vie dissimule derrière un mirage bienfaisant la détresse des habitants futurs de nos métropoles. Le flâneur cherche un refuge dans la foule. La foule est le voile à travers lequel la ville familière se meut pour le flâneur en fantasmagorie. Cette fantasmagorie, où elle apparaît tantôt comme un paysage, tantôt comme une chambre, semble avoir inspiré par la suite le décor des grands magasins, qui mettent ainsi la flânerie même au service de leur chiffre d’affaires. Quoi qu’il en soit les grands magasins sont les derniers parages de la flânerie.

 

Dans la personne du flâneur l’intelligence se familiarise avec le marché. Elle s’y rend, croyant y faire un tour ; en fait c’est déjà pour trouver preneur. Dans ce stade mitoyen où elle a encore des mécènes, mais où elle commence déjà à se plier aux exigences du marché, (en l’espèce du feuilleton) elle forme la bohème. À l’indétermination de sa position économique correspond l’ambiguïté de sa fonction politique. Celle-ci se manifeste très évidemment dans les figures de conspirateurs professionnels, qui se recrutent dans la bohème. Blanqui est le représentant le plus remarquable de cette catégorie. Nul n’a eu au XIXe siècle une autorité révolutionnaire comparable à la sienne. L’image de Blanqui passe comme un éclair dans les Litanies de Satan. Ce qui n’empêche que la rébellion de Baudelaire ait toujours gardé le caractère de l’homme asocial : elle est sans issue. La seule communauté sexuelle dans sa vie, il l’a réalisée avec une prostituée.

 

II

Nul trait ne distinguait, du même enfer venu,

Ce jumeau centenaire.

Baudelaire. Les sept vieillards.

 

Le flâneur fait figure d’éclaireur sur le marché. En cette qualité il est en même temps l’explorateur de la foule. La foule fait naître en l’homme qui s’y abandonne une sorte d’ivresse qui s’accompagne d’illusions très particulières, de sorte qu’il se flatte, en voyant le passant emporté dans la foule, de l’avoir, d’après son extérieur, classé, reconnu dans tous les replis de son âme. Les physiologies contemporaines abondent en documents sur cette singulière conception. L’œuvre de Balzac en fournit d’excellents. Les caractères typiques reconnus parmi les passants tombent à tel point sous les sens que l’on ne saurait s’étonner de la curiosité incitée à se saisir au-delà d’eux de la singularité spéciale du sujet. Mais le cauchemar qui correspond à la perspicacité illusoire du physiognomiste dont nous avons parlé, c’est de voir ces traits distinctifs, particuliers au sujet, se révéler à leur tour n’être autre chose que les éléments constituants d’un type nouveau ; de sorte qu’en fin de compte l’individualité la mieux définie se trouverait être tel exemplaire d’un type. C’est là que se manifeste au cœur de la flânerie une fantasmagorie angoissante. Baudelaire l’a développée avec une grande vigueur dans les Sept Vieillards. Il s’agit dans cette poësie de l’apparition sept fois réitérée d’un vieillard d’aspect repoussant. L’individu qui est ainsi présenté dans sa multiplication comme toujours le même témoigne de l’angoisse du citadin à ne plus pouvoir, malgré la mise en œuvre de ses singularités les plus excentriques, rompre le cercle magique du type. Baudelaire qualifie l’aspect de cette procession d’infernal. Mais le nouveau que toute sa vie il a guetté, n’est pas fait d’une autre matière que cette fantasmagorie du « toujours le même ». (La preuve qui peut être fournie que cette poësie transcrit les rêves d’un haschichin n’infirme en rien cette interprétation.)

 

 

III

 

Au fond de l’Inconnu pour trouver du nouveau !

Baudelaire : Le Voyage.

 

La clé de la forme allégorique chez Baudelaire est solidaire de la signification spécifique que prend la marchandise du fait de son prix. À l’avilissement singulier des choses par leur signification, qui est caractéristique de l’allégorie du XVIIe siècle, correspond l’avilissement singulier des choses par leur prix comme marchandise. Cet avilissement que subissent les choses du fait de pouvoir être taxées comme marchandises est contrebalancé chez Baudelaire par la valeur inestimable de la nouveauté. La nouveauté représente cet absolu qui n’est plus accessible à aucune interprétation ni à aucune comparaison. Elle devient l’ultime retranchement de l’art. La dernière poésie des Fleurs du Mal : Le Voyage. « Ô Mort, vieux capitaine, il est temps ! levons l’ancre ! » Le dernier voyage du flâneur : la Mort. Son but : le Nouveau. Le nouveau est une qualité indépendante de la valeur d’usage de la marchandise. Il est à l’origine de cette illusion dont la mode est l’infatigable pourvoyeuse. Que la dernière ligne de résistance de l’art coïncidât avec la ligne d’attaque la plus avancée de la marchandise, cela devait demeurer caché à Baudelaire.

 

Spleen et idéal – dans le titre de ce premier cycle des Fleurs du Mal le mot étranger le plus vieux de la langue française a été accouplé au plus récent. Pour Baudelaire il n’y a pas contradiction entre les deux concepts. Il reconnaît dans le spleen la dernière en date des transfigurations de l’idéal – l’idéal lui semble être la première en date des expressions du spleen. Dans ce titre où le suprêmement nouveau est présenté au lecteur comme un « suprêmement ancien », Baudelaire a donné la forme la plus vigoureuse à son concept du moderne. Sa théorie de l’art a tout entière pour axe la « beauté moderne » et le critère de la modernité lui semble être ceci, qu’elle est marquée au coin de la fatalité d’être un jour l’antiquité et qu’elle le révèle à celui qui est témoin de sa naissance. C’est là la quintessence de l’imprévu qui vaut pour Baudelaire comme une qualité inaliénable du beau. Le visage de la modernité elle-même nous foudroie d’un regard immémorial. Tel le regard de la Méduse pour les Grecs."

 

Walter Benjamin, Paris, capitale du XIXe siècle, 1939

 

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Publié le 13 Novembre 2014

À Aurore.
 

 

La nature est tout ce qu'on voit,

Tout ce qu'on veut, tout ce qu'on aime,

Tout ce qu'on sait, tout ce qu'on croit,

Tout ce que l'on sent en soi-même.

 

Elle est belle pour qui la voit,

Elle est bonne à celui qui l'aime,

Elle est juste quand on y croit

Et qu'on la respecte en soi-même.

 

Regarde le ciel, il te voit,

Embrasse la terre, elle t'aime.

La vérité c'est ce qu'on croit

En la nature c'est toi-même.

 

 

 

George Sand.

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Publié le 6 Juillet 2014

la marseillaise françois rude Paris arc de triomphe de l'E

 

François Rude (4 janvier 1784 à Dijon - 3 novembre 1855 à Paris) est un sculpteur français du XIXe siècle, représentatif de la transition entre le néoclassicisme et le romantisme, dont il est un des maîtres.

 

la marseillaise françois rude Paris arc de triomp-copie-2

 

En 1833, il obtient la Légion d'honneur et une commande de haut-relief pour l'arc de triomphe de l'Étoile : le Départ des volontaires de 1792 , communément appelé La Marseillaise, son œuvre la plus célèbre qui contribue grandement à sa renommée. En parallèle il sculpte dans le marbre le Petit Pêcheur Napolitain jouant avec une tortue, exposé au Louvre.

 

Le succès de sa Marseillaise lui permet d'ouvrir son propre atelier et de former ainsi des élèves, dont son neveu Paul Cabet. Il reçoit plusieurs commandes pour des monuments publics en l'honneur de grands personnages, Louis Monge (1849), Antoine Joseph Bertrand (1852), Maréchal Ney.

 

la marseillaise françois rude Paris arc de triomp-copie-1

 

la marseillaise françois rude Paris arc de triomp-copie-3

 

Photos: lankaart (c)

Source: Wikipedia

 

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Publié le 2 Février 2014

Le Lac
  

Ainsi, toujours poussés vers de nouveaux rivages,

Dans la nuit éternelle emportés sans retour,

Ne pourrons-nous jamais sur l'océan des âges

Jeter l'ancre un seul jour ?

 

Ô lac ! l'année à peine a fini sa carrière,

Et près des flots chéris qu'elle devait revoir,

Regarde ! je viens seul m'asseoir sur cette pierre

Où tu la vis s'asseoir !

 

Tu mugissais ainsi sous ces roches profondes,

Ainsi tu te brisais sur leurs flancs déchirés,

Ainsi le vent jetait l'écume de tes ondes

Sur ses pieds adorés.

 

Un soir, t'en souvient-il ? nous voguions en silence;

On n'entendait au loin, sur l'onde et sous les cieux,

Que le bruit des rameurs qui frappaient en cadence

Tes flots harmonieux.

 

Tout à coup des accents inconnus à la terre

Du rivage charmé frappèrent les échos ;

Le flot fut attentif, et la voix qui m'est chère

Laissa tomber ces mots :

 

" Ô temps ! suspends ton vol, et vous, heures propices !

Suspendez votre cours :

Laissez-nous savourer les rapides délices

Des plus beaux de nos jours !

 

" Assez de malheureux ici-bas vous implorent,

Coulez, coulez pour eux ;

Prenez avec leurs jours les soins qui les dévorent ;

Oubliez les heureux.

 

" Mais je demande en vain quelques moments encore,

Le temps m'échappe et fuit ;

Je dis à cette nuit : Sois plus lente ; et l'aurore

Va dissiper la nuit.

 

" Aimons donc, aimons donc ! de l'heure fugitive,

Hâtons-nous, jouissons !

L'homme n'a point de port, le temps n'a point de rive ;

Il coule, et nous passons ! "

 

Temps jaloux, se peut-il que ces moments d'ivresse,

Où l'amour à longs flots nous verse le bonheur,

S'envolent loin de nous de la même vitesse

Que les jours de malheur ?

 

Eh quoi ! n'en pourrons-nous fixer au moins la trace ?

Quoi ! passés pour jamais ! quoi ! tout entiers perdus !

Ce temps qui les donna, ce temps qui les efface,

Ne nous les rendra plus !

 

Éternité, néant, passé, sombres abîmes,

Que faites-vous des jours que vous engloutissez ?

Parlez : nous rendrez-vous ces extases sublimes

Que vous nous ravissez ?

 

Ô lac ! rochers muets ! grottes ! forêt obscure !

Vous, que le temps épargne ou qu'il peut rajeunir,

Gardez de cette nuit, gardez, belle nature,

Au moins le souvenir !

 

Qu'il soit dans ton repos, qu'il soit dans tes orages,

Beau lac, et dans l'aspect de tes riants coteaux,

Et dans ces noirs sapins, et dans ces rocs sauvages

Qui pendent sur tes eaux.

 

Qu'il soit dans le zéphyr qui frémit et qui passe,

Dans les bruits de tes bords par tes bords répétés,

Dans l'astre au front d'argent qui blanchit ta surface

De ses molles clartés.

 

Que le vent qui gémit, le roseau qui soupire,

Que les parfums légers de ton air embaumé,

Que tout ce qu'on entend, l'on voit ou l'on respire,

Tout dise : Ils ont aimé !

 

Alphonse de Lamartine - Les Méditations poétiques

 

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Publié le 29 Janvier 2014

Roseti Marie

 Rosetti, 1828-1882, Dante Gabriel, England

 

Rossetti montre très tôt un grand intérêt pour la littérature et l'art médiéval italiens. Aspirant à devenir poète, comme la plupart des membres de sa famille, il devient finalement l'élève du peintre Ford Madox Brown avec qui il tisse des liens d'amitié étroits qu'il entretint toute sa vie. Il s'inscrit très vite dans le mouvement préraphaélite.

Illustration: visipix.com

 

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Publié le 6 Décembre 2013

Goya la maja nue

Musée du Prado, Madrid

 

Cette image de Venus nue étendue et impudique sur ces cousins et ces draps est devenu une figure classique de la peinture du XIXe siècle. La légende voudrait voir dans le modèle la duchesse d'Albe, d'après certains ce ne serait que Pepita Tudo.

 

En 1800 elle apparait dans un premier tableau, la Maja Vestida. Goya fit de ce tableau un véritable hymne à la beauté féminine.

 

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Publié le 9 Octobre 2013

Inde-Bombay-Victoria-Station.jpg

La gare Victoria à Bombay a été conçue par Frederick William Stevens, à la suite d'un concours. Elle fut construite entre 1877 et 1888 dans un mélange des styles néo-gothique et vernaculaire, sa conception de base reprenant les dispositions de la gare Saint Pancras à Londres. 

 

La gare fut conçu coimme le siège du chemin de fer indien, le centre du dispositif ferroviaire. Au coeur du nouveau quartier anglais et à la porte de l'ancien fort indien, la gare joue le rôle de porte d'entrée du centre ville pour des millions de voyageurs. Autour, de nombreux bâtiments du même style constituent un ensemble à la gloire de l'empire et de l'impératrice Victoria.

 

Inde-Bombay-Gare-Victoria---4-.jpg


Inde-Bombay-Gare-Victoria-.jpg

Source RR

Photos: Lankaart (c)

 
 

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Publié le 8 Octobre 2013

Du camp
 

Ecrivain et voyageur Maxime du Camp fait partie intégrante de l’école romantique. En 1849 il accompagne Gustave Flaubert dans son célèbre Voyage en Orient, pour ce nouveau voyage il est investit par le gouvernement d’une mission photographique des monuments et hiéroglyphes de l’ancienne Egypte. Maxime du Camp se sert de la photographie comme d’un carnet de dessin, saisissant au gré de ses envies, paysages et monuments, privilégiant le contexte à la considération scientifique. 


Du Camp Nubie Ibsamboul, Colosse Orientale du Spéos
 

Du camp egypteDu Camp Karnak 

Source: RR

 

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Publié le 18 Septembre 2013

 
                 

Oceano Nox


Oh ! combien de marins, combien de capitaines

Qui sont partis joyeux pour des courses lointaines,

Dans ce morne horizon se sont évanouis ?

Combien ont disparu, dure et triste fortune ?

Dans une mer sans fond, par une nuit sans lune,

Sous l’aveugle océan à jamais enfoui ?


Combien de patrons morts avec leurs équipages ?

L’ouragan de leur vie a pris toutes les pages

Et d’un souffle il a tout dispersé sur les flots !

Nul ne saura leur fin dans l’abîme plongée,

Chaque vague en passant d’un butin s’est chargée ;

L’une a saisi l’esquif, l’autre les matelots !


Nul ne sait votre sort, pauvres têtes perdues !

Vous roulez à travers les sombres étendues,

Heurtant de vos fronts morts des écueils inconnus

Oh ! que de vieux parents qui n’avaient plus qu’un rêve,

Sont morts en attendant tous les jours sur la grève

Ceux qui ne sont pas revenus !


On demande ” Où sont-ils ? Sont-ils rois dans quelque île ?

Nous ont’ ils délaissés pour un bord plus fertile ? ”

Puis, votre souvenir même est enseveli.

Le corps se perd dans l’eau, le nom dans la mémoire.

Le temps qui sur toute ombre en verse une plus noire,

Sur le sombre océan jette le sombre oubli


On s’entretient de vous parfois dans les veillées,

Maint joyeux cercle, assis sur les ancres rouillées,

Mêle encore quelque temps vos noms d’ombre couverts,

Aux rires, aux refrains, aux récits d’aventures,

Aux baisers qu’on dérobe à vos belles futures

Tandis que vous dormez dans les goémons verts !


Bientôt des yeux de tous votre ombre est disparue.

L’un n’a-t-il pas sa barque et l’autre sa charrue ?

Seules, durant ces nuits où l’orage est vainqueur,

Vos veuves aux fronts blancs, lasses de vous attendre,

Parlent encore de vous en remuant la cendre

De leur foyer et de leur coeur !


Et quand la tombe enfin a fermé leur paupière,

Rien ne sait plus vos noms, pas même une humble pierre

Dans l’étroit cimetière où l’écho nous répond,

Pas même un saule vert qui s’effeuille à l’automne,

Pas même la chanson naïve et monotone

Que chante un mendiant à l’angle d’un vieux pont !


Où sont-ils, les marins sombrés dans les nuits noires ?

O flots ! que vous savez de lugubres histoires !

Flots profonds redoutés des mères à genoux !

Vous vous les racontez en montant les marées,

Et c’est ce qui vous fait ces voix désespérées

Que vous avez le soir, quand vous venez vers nous…



Victor Hugo

   

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