symbolisme - nabis

Publié le 31 Janvier 2012

 

" L'une représente Hélène, debout, droite, se découpant sur un terrible horizon éclaboussé de phosphore et rayé de sang, vêtue d'une robe incrustée de pierreries comme une châsse; tenant à la main, de même que la dame de pique des jeux de cartes, une grande fleur; marchant les yeux larges ouverts, fixe, dans une pose cataleptique. A ses pieds gisent des amas de cadavres percés de flèches, et, de son auguste beauté blonde, elle domine le carnage, majestueuse et superbe comme la Salammbô apparaissant aux mercenaires, semblable à une divinité malfaisante qui empoisonne, sans même qu'elle en ait conscience, tout ce qui l'approche ou tout ce qu'elle regarde et touche. "

 

Huysmans, Le salon Officiel de 1880.

 

 

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Rédigé par rafael

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Publié le 28 Novembre 2011

 

"L'autre toile nous montre Galatée, nue, dans une grotte, guettée par  l'énorme face de Polyphène. C'est ici surtout que vont éclater les magismes du pinceau de ce visionnaire.

 

La grotte est un vaste écrin où, sous la lumière tombée d'un ciel de lapis, une flore minérale étrange croise ses pousses fantastiques et entrmêle les délicates guipures de ses invraisemblables feuilles. Des branches de corail, des ramures d'argent, des étoiles de mer, ajourées comme des filigranes et de couleur bise, jaillissent en même temps que de vertes tiges supportant de chimériques et réelles fleurs, dans cet antre illuminé de pierres précieuses comme un tabernacle et contenant l'inimitable et radieux bijou, le corps blanc, teinté de rose aux seins et aux lèvres, de la Galatée endormie dans ses longs cheveux pâles !

 

Que l'on n'aime ou que l'on n'aime pas ces féeries écloses dans le cerveau d'un mangeur d'opium, il faut bien avouer que M. Moreau est un grand artiste et qu'il domine aujourd'hui, de toute la tête, la banale cohue des peintres d'histoire. "

 

Huysmans, le Salon Officiel de 1880.

 

Mythologie:

 

"Dans la mythologie grecque, Galatée est une des Néréides (nymphe marine), fille de Nérée et de Doris. Elle habite un rivage de la Sicile. Son nom signifie : « à la peau blanche comme le lait ». Dans les versions les plus courantes de la légende, elle aima et fut aimée du berger Acis. Mais ce dernier fut victime de la jalousie du cyclope Polyphème, également amoureux de Galatée mais disqualifié par ses traits monstrueux. Polyphème, ayant surpris les deux amants, arracha un rocher de l'Etna et le précipita sur Acis. Galatée, voyant des filets de sang sourdre sous le rocher, les changea en rivière, afin de pouvoir s'y baigner tous les jours. Cette version fut chantée par Théocrite dans sa onzième Idylle."

 

Source: http://fr.wikipedia.org/wiki/Galat%C3%A9e_%28N%C3%A9r%C3%A9ide%29

 

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Rédigé par rafael

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Publié le 5 Septembre 2011

Puvis de Chavannes filles à la plage

 

 

 

« Il est certain qu’en face des ennuyeuses pasticheries, l’Enfant prodigue et Les Jeunes filles au bord de la mer sont de vraies merveilles. C’est toujours le même coloris pâle, le même air de fresque, c’est toujours anguleux et dur, ça agace, comme d’habitude, avec ses prétentions à la naïveté et son affectation du simple, et cependant, si incomplet qu’il puisse être, ce peintre-là a du talent, ses fresques du Panthéon le prouvent. Enfoncé jusqu’au cou dans un genre faux, il y barbotte courageusement, et il atteint même, dans cette lutte sans issue, une certaine grandeur. On admire ses efforts, on voudrait l’applaudir ; puis on se révolte, on se demande dans quel pays se trouvent ces chlorotique personnes qui se peignent devant une mer taillé dans du silex. Où, dans quel faubourg, dans quelle campagne, existent ces pâlottes figures qui n’ont même pas les points rouges des phtisiques aux joues ? On s’étonne, enfin, devant ce singulier assemblage de têtes de jeunes filles et de corps qui devraient être emprisonnés dans des robes noires de vieilles dévotes, au fond d’une province comme en peint Balzac. »

 

Huysmans, L’Art Moderne, 1883, Le Salon de 1879.

 

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Rédigé par rafael

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Publié le 21 Mars 2011

Bourdelle tete apollon

 

La Tête d'Apollon est l'aboutissement d'une étude commencée par Bourdelle en 1900, alors qu'il est encore employé comme exécutant par Rodin. A cette époque, Bourdelle est à la recherche de sa propre voie, souhaitant abandonner le romantisme expressionniste de son maître. Sa Tête d'Apollon annonce la naissance de son nouveau style et son retour à l'antique. Bien des années après, l'artiste explique lui-même sa démarche : "J'échappai au troué, au plan accidentel, pour chercher le plan permanent. Je recherchai l'essentiel des structures, laissant au second plan les ondes passagères, et en plus je cherchai le rythme universel".

 

Cette évolution ne se fait pas sans mal. Marqué par les difficultés - doutes, maladie, commandes -, Bourdelle se décourage. Ce n'est que plus tard qu'il retrouve la terre, séchée, abîmée, et reprend le modelage en travaillant à partir de moulages en plâtre. Il l'achève en 1909, tout en laissant visibles les traces de cette genèse cahotique : fentes, coutures, mutilations...

Bourdelle tete apollon (2)

 

Lorsque Rodin est invité à voir l'oeuvre, il "en fut vivement saisi. Il vit le divorce accomplit et ne me pardonna pas". Le style de Bourdelle est trouvé : quand Rodin analyse, accentue les ombres et les saillies, exagère les muscles, Bourdelle au contraire synthétise, construit la forme en simplifiant. Peut-être choqué de la réaction de Rodin, Bourdelle parle de "drame" et d'"isolement de pensée sculpturale". Il confère également à la Tête d'Apollon une dimension autobiographique : "Cette sculpture est le drame de ma vie, un côté fait, l'autre à l'étude. Inquiète, austère, libre de tout passé de tout apport contemporain". L'oeuvre demeure cachée dix ans encore, avant que Bourdelle n'en autorise les reproductions. Quoi qu'il en soit, dès son origine, cette création marque pour lui un tournant : "une de mes premières oeuvres, une de celles qui à mes yeux commencèrent d'exprimer ce que je voulais traduire".

 

Bourdelle tete apollon (3)

Source: http://www.musee-orsay.fr/fr/collections/oeuvres-commentees/sculpture/commentaire_id/tete-dapollon-21462.html?tx_commentaire_pi1%5BpidLi%5D=842&tx_commentaire_pi1%5Bfrom%5D=729&cHash=ba4a39dbab

 

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Rédigé par rafael

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Publié le 8 Juin 2010

Gustave Moreau Salomé 1876

Salomé dansant devant Hérode, 1871

 

" Etre moderne ne consiste pas à chercher quelque chose en dehors de tout ce qui a été fait. Il ne s'agit au contraire de coordonner tout ce que les âgés précédents nous ont apportés, pour faire voir comment notre siècle a accepté cet héritage et comment il en use ". Gustave Moreau

 

« Je ne crois ni à ce que je touche, ni à ce que je vois. Je ne crois qu'à ce que je ne vois pas et à ce que je sens. » Gustave Moreau

 

"D'un geste d'épouvante, Salomé repousse la terrifiante vision qui la cloue, immobile, sur les pointes ; ses yeux se dilatent, sa main étreint convulsivement sa gorge.

 

Elle est presque nue ; dans l'ardeur de la danse, les voiles se sont défaits, les brocarts ont croulé ; elle n'est plus vêtue que de matières orfévries et de minéraux lucides ; un gorgerin lui serre de même qu'un corselet la taille, et, ainsi qu'une agrafe superbe, un merveilleux joyau darde des éclairs dans la rainure de ses deux seins ; plus bas, aux hanches, une ceinture l'entoure, cache le haut de ses cuisses que bat une gigantesque pendeloque où coule une rivière d'escarboucle et d'émeraudes ; enfin, sur le corps resté nu, entre le gorgerin et la ceinture, le ventre bombe, creusé d'un nombril dont le trou semble un cachet gravé d'onyx, aux tons laiteux, aux teintes de rosé d'ongle.

 

Gustave moreau salome the apparition

L'apparition, 1875, Musée Gustave Moreau

 

Sous les traits ardents échappés de la tête du Précurseur, toutes les facettes des joailleries s'embrasent ; les pierres s'animent, dessinent le corps de la femme en traits incandescents ; la piquent au cou, aux jambes, aux bras, de points de feu, vermeils comme des charbons, violets comme des jets de gaz, bleus comme des flammes d'alcool, blancs comme des rayons d'astre.

 

L'horrible tête flamboie, saignant toujours, mettant des caillots de pourpre sombre aux pointes de la barbe et des cheveux. Visible pour la Salomé seule, elle n'étreint pas de son morne regard, l'Hérodias qui rêve à ses haines enfin abouties, le Tétrarque, qui, penché un peu en avant, les mains sur les genoux, halète encore, affolé par cette nudité de femme imprégnée de senteurs fauves, roulée dans les baumes, fumée dans les encens et dans les myrrhes.

 

Tel que le vieux roi, des Esseintes demeurait écrasé, anéanti, pris de vertige, devant cette danseuse, moins majestueuse, moins hautaine, mais plus troublante que la Salomé du tableau à l'huile.

 

Dans l'insensible et impitoyable statue, dans l'innocente et dangereuse idole, l'érotisme, la terreur de l'être humain s'étaient fait jour ; le grand lotus avait disparu, la déesse s'était évanouie ; un effroyable cauchemar étranglait maintenant l'histrionne, extasiée par le tournoiement de la danse, la courtisane, pétrifiée, hypnotisée par l'épouvante.

 

Ici, elle était vraiment fille ; elle obéissait à son tempérament de femme ardente et cruelle ; elle vivait, plus raffinée et plus sauvage, plus exécrable et plus exquise ; elle réveillait plus énergiquement les sens en léthargie de l'homme, ensorcelait, domptait plus sûrement ses volontés, avec son charme de grande fleur vénérienne, poussée dans des couches sacrilèges, élevée dans des serres impies." Huysmans, A Rebours, 1885.

 

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Rédigé par rafael

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