rome antiquite

Publié le 17 Décembre 2010

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Le Forum Romanum (ou Forum de Rome), également appelé Forum Magnum (« Grand Forum ») ou Forum Vetus (« Vieux forum »), est resté pendant longtemps la principale place de Rome et avait une importance historique, religieuse, et politique pour être le centre théorique de la fondation de Rome (le cercle Mundus), pour rassembler des temples d'importance (Aedes Saturni…) et pour être la place autour de laquelle toute la vie politique romaine s'articulait (Sénat romain, Comice, Curie).

 

À l'origine le mot forum voulait dire « l'endroit en dehors » car l'endroit où il fut construit n'était qu'un vaste marécage, ce n'est qu'après, à l'arrivée de Tarquin l'Ancien qui fit drainer le forum avec la Cloaca Maxima pour en faire le lieu central de la ville. Le Forum Romanum était entouré de bâtiments publics et sacrés :

- La Curie, où les sénateurs se réunissaient régulièrement en assemblée.

- La Regia, lieu de réunion des pontifes et des flamines

- Le Tabularium qui abritait les archives de l'État, c'est-à-dire les documents officiels.

- Des basiliques, où se déroulaient les procès publics

 

Sur le Forum Romanum, en plein air, une vaste tribune en pierre (les Rostres) permettait aux hommes politiques de s'adresser directement au peuple. L'espace du forum était encombré d'une foule dense "d'avocats et de plaideurs, de prêtres et de marchands". Au Ier siècle av. J.-C., les abords du Forum Romanum étaient surchargés. Jules César décida donc d'aménager un nouveau forum, plus vaste : le forum Caesaris.

 

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Source: Wikipedia

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Rédigé par rafael

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Publié le 30 Novembre 2010

Ephese (5)

 

Éphèse est l'une des plus anciennes et plus importantes cités grecques d'Asie Mineure, la première de l'Ionie. Bien que ses vestiges soient situés près de sept kilomètres à l'intérieur des terres, près des villes de Selçuk et Kuşadası dans l'Ouest de l'actuelle Turquie, Éphèse était dans l'Antiquité, et encore à l'époque byzantine, l'un des ports les plus actifs de la mer Égée; il est situé près de l'embouchure du grand fleuve anatolien Caystre.

 

L’Artemision, le grand sanctuaire dédié à Artémis, la déesse tutélaire de la cité, comptait parmi les Sept merveilles du monde, et auquel Éphèse devait une grande part de sa renommée, était ainsi à l'origine situé sur le rivage. C'est l'œuvre combinée des sédiments charriés par le Caystre, des changements climatiques, et peut-être d'accidents sismiques, qui explique le déplacement progressif de la côte vers l'Ouest, et l'ensablement subséquent des ports de la ville, prélude de leur abandon.

 

Ephese turquie

 

Ephese (15)

 

Il faut attendre le règne de Dioclétien, qui rétablit durablement la sécurité de l'empire et en réforme profondément les institutions, pour voir la ville entrer dans une nouvelle période de prospérité, qui dure trois siècles, jusqu'aux invasions perses et arabes. Elle le doit à sa situation stratégique sur les routes commerciales. La ville demeure un port important sur les routes commerciales de Méditerranée orientale : dans la section consacrée aux routes maritimes dans l'édit du maximum par Dioclétien, trois mènent à Éphèse, depuis Alexandrie, la Syrie et la capitale impériale, Nicomédie. Cette importance ne se dément pas après la fondation de Constantinople, Éphèse demeurant un port de relâche sur la route entre la capitale et l'Égypte. Cette position centrale est aussi la raison pour laquelle la ville est choisie pour la réunion de deux conciles œcuméniques en 431 et 449.

 

Statue du vicaire et proconsul d'Asie Stéphanos, musée d'Éphèse (Selçuk).Dans la réorganisation administrative mise en place sous la Tétrarchie, Éphèse reste une capitale provinciale, le siège du proconsul d'Asie, mais avec un ressort dont l'étendue géographique a notablement diminué par rapport à l'ancienne province sénatoriale : la nouvelle province d'Asie s'étend en effet le long de la côte depuis Adramyttion jusqu'au Méandre et inclut dans l'arrière-pays la vallée du Caystre ainsi que le territoire au Nord du Méandre. Le proconsul d'Asie, gouverneur et juge de dernière instance pour la province, occupe une place privilégiée dans la hiérarchie honorifique de l'administration impériale en raison du prestige attaché au poste : il vient dans l'ordre de préséance directement après les préfets du prétoire et de la Ville, avant les vicaires diocésains[92]. Parmi les titulaires connus du poste, on note la présence de plusieurs hommes de lettres, tels les historiens Eutrope (371-372) et Festus (372-378).

 

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Ephese (6)

 

Ephese maisons (2)

 

Ephese maisons (3)

 

Ephese maisons (6)

 

Ephese theatre (2)

 

Ephese theatre

 

Source:

Wikipedia, pour en savoir plus: http://fr.wikipedia.org/wiki/%C3%89ph%C3%A8se

 

 

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Publié le 13 Novembre 2010

Rome bas relief

 

Pendant la République, la sculpture figurative à relief est surtout le fait de l'art funéraire privé; à Rome comme dans les provinces, la très grande majorité des reliefs impériaux appartiennent à ce type. Il existe un grand nombre de styles locaux, allant de créations nettement primitives à des réalisations tout à fait raffinées suivant les canons grecs. Des fresques ou des panneaux représentant parfois le défunt dans son activité terrestre ou dans ses habits de bienfaiteur de la communauté ornent également les tombeaux. Les sources les plus populaires de l'art funéraire restent les mythes grecs, représentés sur les petites niches funéraires comme sur les grands mausolées, mais on y rencontre également des scènes importantes de la vie du défunt ou des scènes de bataille. La production de sarcophages en marbre sculpté à sujet mythologique commence sous le règne d'Hadrien et se développera beaucoup par la suite.

 

Rome bas relief - CopieRome bas relief - Copie (2)

Dans les dernières années de la République, on fait largement appel à la sculpture en relief pour commémorer les événements historiques; l'apogée du bas-relief historique commence avec le règne d'Auguste et se poursuit pendant deux siècles. Cette forme d'art, nouvelle et typiquement romaine, sera un véhicule efficace de la propagande impériale. Les grands monuments comme les arcs, les autels (Ara Pacis Augustae, 13-9 av. J.-C.) et les socles des statues s'ornent de reliefs qui expriment de manière narrative ou allégorique aussi bien des faits tangibles que des notions abstraites. Ces reliefs offrent souvent des compositions mouvementées, pleines de vie, qui évoquent la peinture; d'autres fois les figures isolées se rapprochent des statues.

 

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Rédigé par rafael

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Publié le 4 Novembre 2010

 

 

 

 

Ephese la bibliotheque (3)

 

A l'origine construite entre 115-25, cette façade restaurée est le point culminant des ruines de la ville. De style composite (mélange du style corinthien et ionique) le bâtiment est d'une très grande richesse décorative. L'intérieur mesure entre 21-24 m (70-80 pieds) et pouvait contenir environ 15.000 rouleaux.

 

Cette bibliothèque fut dédicacée à Celsus le proconsul d'Asie.  

 

Ephese la bibliotheque (2)

 

 

Ephese la bibliotheque (4)Ephese la bibliotheque
 
 

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Rédigé par rafael

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Publié le 16 Octobre 2010

Rome thermes de baths of caracalla

 

Les thermes romains (en latin thermae, du grec thermos, chaud) étaient des établissements de bains publics chauds et froids de la Rome Antique. Inaugurés à Rome sous l’empereur romain Caracalla (212-217) en 216 ap. J.-C., les thermes de Caracalla, ou Thermae Antoninianae, sont les plus grands et les plus luxueux complexes thermaux réalisés jusqu'alors, même s'ils seront dépassés par la suite. En plus des équipements concernant directement les bains, ce complexe proposait des activités variées (bains publics et privés, nage, massage, exercices de gymnastique, etc.), ce qui explique sa taille gigantesque. Une superficie de plus de 10 ha, de la place pour 1600 baigneurs, 64 citernes de 80 000 litres chacune, ce sont quelques unes des caractéristiques remarquables des Thermes de Caracalla. C'est aujourd’hui l'édifice thermal le mieux conservé de l'époque impériale. Les ruines qui demeurent encore à Rome frappent par leur aspect colossal.

 

Rome thermes de baths of caracalla (2)

 

La conception des Thermes de Caracalla reprend le modèle des Thermes de Trajan, complexe thermal construit un siècle plus tôt entre 104 et 109. Selon un plan rigoureusement symétrique, l'édifice se compose d'un corps central destiné aux bains encadré par une enceinte presque carrée.

 

Compris entre les deux péristyles de l’enceinte, les thermes s'intègrent dans un vaste ensemble comprenant également une grande esplanade, ou péribole. Ces deux ensembles de bâtiments sont entourés de jardins pour la promenade, de fontaines et de bancs.

 

L’orientation des thermes est calculée pour obtenir la meilleure position par rapport au soleil, comme c’était le cas d’ailleurs pour tous les thermes romains.

 

 

Rome thermes de baths of caracalla (3)

 

Les ruines sont dans un bon état de conservation, à l'exception du caldarium complètement rasé ; on y reconnaît les vastes salles nommées exedrae amplissimae où la voûte plane était supportée par des barres de bronze. On y voit les restes du stade, de la grande cour environnée de portiques ; des exèdres en forme d’hémicycle, pour les discussions philosophiques ; des salles circulaires pour les bains chauds (caldaria). Il semblerait que tout le voûtement du caldarium soit fait d’une charpente métallique noyée dans la maçonnerie d’une coupole surbaissée.

 

Les murs sont hauts (plus de 20 m) et forment des massifs de béton particulièrement imposants. Ils sont épais pour éviter l'influence des températures extérieures, et pour soutenir la poussée des voûtes. Ils sont en opus caementicium (moellons noyés dans un mortier fait d’un mélange de chaux et de différents produits, appelés agrégats) et recouverts de parements en briques rouges. Les murs porteurs entre le frigidarium et la piscine, zone non couverte et donc dépourvue d'un toit capable de contrebuter la voûte du frigidarium sont renforcés et constituent de véritables contreforts.

 

Plusieurs styles de toits sont possibles : plats, à double pente, chiens assis, coupole ou demi-coupole. Les toits sont en tuiles (tegulae) sauf dans la salle du caldarium, couverte d'une coupole.

 

C'est l'utilisation de la brique, matériau léger, du béton et de la voûte d'arête qui a permis de construire et de couvrir des bâtiments aussi vastes. En août 2005, les archéologues ont retrouvé le lieu de fabrication des briques employées pour la construction des monuments romains les plus prestigieux (Colisé, Panthéon, thermes de Caracalla...). Il est localisé à Mugnano, à 80 km au nord de Rome. La fabrique était celle de Tullus Domitius et de son frère Lucanus, dont la marque caractéristique se retrouve sur les briques sorties de leurs ateliers.

 

D’après Pierre Gros, spécialiste de l'architecture antique, le chantier a vraisemblablement été organisé en grandes terrasses : les remblais, qui sont nécessaires pour égaliser le terrain en pente, ont été utilisés systématiquement. Pendant la construction des murs, le niveau de la terre rapportée s’élevait lui aussi jusqu’aux voûtes : ceci permet de comprendre l’absence de trous de boulins dans les parois jusqu’à environ 20m au-dessus du sol ; on a ainsi obtenu pour la mise en place des couvrements un plan de chantier solide qui a évité de périlleux et coûteux échafaudages ; on évacuait ensuite les équipements, matériaux et outils nécessaires à l’opération par les vastes ouvertures sous arcade ou coupole, avant même de procéder à l’élimination des remblais. Enfin, l’essentiel du travail de finition s’organisait du haut vers le bas en suivant l’abaissement du terre-plein.

 

Ces méthodes, simples mais efficaces, expliquent que quelques années aient suffi pour élever de telles masses.

 

Rome thermes de baths of caracalla (4)

 

Rome thermes de baths of caracalla (5)

Source:

Thermes de Caracalla. (2010, janvier 29). Wikipédia, l'encyclopédie libre. Page consultée le 20:58, août 29, 2010 à partir de http://fr.wikipedia.org/w/index.php?title=Thermes_de_Caracalla&oldid=49377357.

 
 
Reconstitution des thermes de Caracalla

Reconstitution des thermes de Caracalla

Rome - Thermes de Caracalla

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Rédigé par rafael

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Publié le 27 Juillet 2010

france vaison la romaine Masque tombeau (2)

 

Superbe démonstration de la force de la sculpture antique cet stèle funéraire reprend le motif usuel des masques du théatre romain. D'une très grande exprécivité cette sculpture fait partie des vestiges du site de Vaison la Romaine dans le sud de la France.

 

france vaison la romaine Masque tombeau

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Publié le 18 Juillet 2010

Rome colonne de trajan (3)

 

La colonne de Trajan est haute de 29,78 m. Elle est constituée de 17 grands blocs de marbre : dans le soubassement (de 10m), une porte d'entrée reliée à la Basilique introduit à l'escalier en escargot, qui est éclairé par d’étroites fentes et menait au sommet de la colonne. La colonne devait servir comme tombe de l'empereur : dans une chambrette du soubassement a en effet été conservée l'urne d'or avec les cendres de Trajan.

 

Sur l’extérieur de la colonne, se déroule une spirale (23 tours pour 200 m de longueur), c'est une narration en bas-reliefs des deux guerres conduites au début du IIème ap.JC par Trajan contre les Daces. Entre les deux guerres, il y a une figure de la Victoire écrite sur un bouclier. Le relief fut exécuté lorsque la colonne avait déjà été élevée, pour tenir compte du point de vue de l'observateur : en effet la largeur des bandes augmente au fur et à mesure que l'on va vers le haut, de sorte que du bas elles apparaissent toutes de même largeur.

 

Rome colonne de trajan (2)

 

Rome colonne de trajan (4)

 

Rome colonne de trajan column

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Publié le 22 Juin 2010

Pompéï

Pompéï

 Cadmus (III, 1-137)
 

 

Déjà le dieu, ayant dépouillé les traits du taureau mensonger, s'était fait connaître à la fille d'Agénor; déjà il avait abordé aux rivages de Crète, lorsque ignorant le destin de sa fille, le roi de Tyr commande à Cadmus d'aller chercher sa soeur; et, tout à la fois père tendre et barbare, il le condamne à un exil éternel s'il ne peut la retrouver.

 

Après avoir inutilement parcouru l'univers (car qui pourrait découvrir les larcins de Jupiter !) Cadmus fuit et sa patrie et le courroux redoutable d'un père. Il consulte en tremblant l'oracle d'Apollon. Il demande quelle est la terre qu'il doit désormais habiter : "Tu trouveras, dit l'oracle, dans des campagnes désertes une génisse ignorant l'esclavage du joug et de la charrue. Suis ses pas et dans les lieux où tu la verras s'arrêter, bâtis une ville, et donne à cette contrée le nom de Béotie."

 

[14] À peine Cadmus est descendu de l'antre qu'arrose la fontaine de Castalie, il aperçoit une génisse errante sans gardien, allant avec lenteur, et ne portant sur son front aucune marque de servitude. Il marche après elle; il suit ses traces d'un pas rapide, adorant en silence le dieu qui le conduit.

 

Déjà il avait traversé le Céphise et les champs de Panope, lorsque la génisse s'arrête; et levant vers le ciel son large front paré de cornes élevées, remplit l'air de ses mugissements. Elle détourne sa tête, regarde ceux qui suivent ses pas, se couche, et sur l'herbe tendre repose ses flancs. Le Tyrien prosterné rend grâces à Phébus; il embrasse cette terre étrangère; il salue ces champs et ces monts inconnus. Il veut sacrifier à Jupiter : il ordonne à ses compagnons d'aller puiser dans des sources vives une eau pure pour les libations.

 

[28] Non loin s'élève une antique forêt que le fer a toujours respectée; dans son épaisse profondeur est un antre couvert de ronces et d'arbrisseaux. Des pierres grossières en arc disposées forment son humble entrée. Il en sort une onde abondante, et c'est là qu'est la retraite du dragon de Mars : sa tête est couverte d'une crête dorée; de ses yeux jaillissent des feux dévorants; tout son corps est gonflé de venin; sa gueule, armée de trois rangs de dents aiguës, agite rapidement un triple dard.

 

Les Tyriens ont à peine percé la sombre horreur de ce bois funeste; à peine l'urne plongée a retenti dans l'onde; le dragon à l'écaille d'azur élève sa tête hors de l'antre, et pousse d'horribles sifflements. L'urne échappe aux tremblantes mains des compagnons de Cadmus : leur sang se glace; une terreur soudaine les a frappés. Le monstre se plie et se replie précipitamment en cercles redoublés. Il s'allonge, et ses anneaux déroulés forment un arc immense. De la moitié de sa hauteur il se dresse dans les airs, et son oeil domine sur toute la forêt; et quand on le voit tout entier, il paraît aussi grand que le Dragon céleste qui sépare les deux Ourses.

 

Soudain, soit que les Phéniciens se disposassent au combat ou à la fuite, soit qu'immobiles d'effroi la fuite ou le combat leur devînt impossible, le monstre s'élance sur eux, et les déchire par ses morsures, ou les étouffe pressés de ses noeuds tortueux, ou les tue de son haleine et de ses poisons.

 

[50] Déjà le soleil au milieu de sa course avait rétréci l'ombre dans les campagnes, lorsque le fils d'Agénor, inquiet du retard de ses compagnons, marche sur leurs traces couvert de la dépouille du lion, armé d'une lance et d'un javelot, mais plus fort encore de son courage, supérieur à sa lance et à ses traits. Il pénètre dans la forêt : il voit ses soldats expirants, et l'affreux serpent qui, sur leur corps étendu, de sa langue sanglante avec avidité suçait leurs horribles blessures : soudain il s'écrie : "Amis fidèles ! je vais vous suivre ou vous venger". Il dit : et soulevant une roche énorme, il lance avec un grand effort cette pesante masse dont le choc eût ébranlé les tours les plus élevées, et fait crouler les plus fortes murailles. Il atteint le monstre, et ne le blesse pas : d'épaisses écailles lui servent de cuirasse et repoussent le coup; mais elles ne sont point impénétrables au javelot, qui, s'enfonçant au milieu de la longue et flexible épine du dragon, descend tout entier dans ses flancs.

 

[68] Rendu plus terrible par la douleur, il replie sa tête sur son dos, regarde sa blessure, mord le trait qui l'a frappé, le secoue, l'ébranle, et semble près de l'arracher; mais le fer qui pénètre ses os y demeure attaché. Alors sa plaie ajoute encore à sa rage ordinaire; son col se grossit par ses veines gonflées; une blanchâtre écume découle abondamment de sa gueule empoisonnée. La terre retentit au loin du bruit de son écaille. Semblable aux noires exhalaisons du Styx, son haleine infecte les airs. Tantôt se repliant sur lui-même, il décrit des cercles divers; tantôt déroulant ses vastes noeuds, tel qu'un long chêne, il s'élève et s'étend. Soudain s'élançant comme un torrent grossi par les pluies, il renverse les arbres qui s'opposent à ses efforts. Cadmus recule lentement, l'évite, soutient ses attaques avec la dépouille du lion qui le couvre, et de la pointe de son dard écarte sa gueule menaçante. Cependant le dragon furieux fatigue, brise en impuissants efforts ses dents sur l'acier qui le déchire. Déjà la terre se souillait et l'herbe était teinte du sang qui coule de sa bouche empestée. Mais la blessure était encore légère; et le dragon repliant sa tête en arrière pour éviter la pointe du dard, l'empêchait de s'y plonger, lorsque enfin le fils d'Agénor l'enfonçant dans sa gorge, avance sur lui, le presse, le serre, et l'arrêtant contre un chêne, perce du même trait et le dragon et l'arbre qui plie sous le poids du monstre, et qui gémit sous les coups redoublés dont le frappe sa queue.

[95] Mais tandis que Cadmus promène ses regards sur le redoutable ennemi qu'il vient de terrasser, une voix invisible fait entendre ces mots : "Pourquoi, fils d'Agénor, regardes-tu ce serpent qui vient de tomber sous tes coups ? Toi-même un jour tu seras serpent comme lui ". À ces paroles menaçantes le héros pâlit; la terreur lui a ravi l'usage de ses sens, et ses cheveux hérissés se dressent sur sa tête.

 

Mais Pallas, qui le protège, descend de l'Olympe à travers les airs; elle s'offre à ses yeux, et lui ordonne d'enfouir dans la terre entrouverte les dents du dragon, qui seront la semence d'un peuple nouveau. Cadmus obéit; il trace de longs sillons; il y jette ces semences terribles; et soudain, ô prodige incroyable ! la terre commence à se mouvoir. Bientôt le fer des lances et des javelots perce à travers les sillons; puis paraissent des casques d'airain ornés d'aigrettes de diverses couleurs; puis des épaules, des corps, des bras chargés de redoutables traits; enfin s'élève et croit une moisson de guerriers. Ainsi, tandis qu'on les déploie, se montrent à nos yeux les décorations du théâtre. On aperçoit d'abord la tête des personnages, et successivement les autres parties de leur corps, jusqu'à ce que leurs pieds semblent toucher la terre.

 

[115] À la vue de ces nouveaux ennemis, Cadmus étonné se disposait à combattre : "Arrête, s'écrie un de ces enfants de la terre, et ne te mêle point dans nos sanglantes querelles". Il dit, et plonge son fer dans le sein d'un de ses frères, et tombe lui-même percé d'un trait mortel. Celui qui l'a frappé succombe au même instant, et perd la vie qu'il venait de recevoir. Une égale fureur anime cette nouvelle race de guerriers. Tour à tour assassins et victimes, détruits aussitôt qu'enfantés, par eux la terre est abreuvée du sang de ses enfants. Il n'en restait que cinq, lorsque l'un d'eux, Échion, par l'ordre de Pallas, jette ses armes, réclame la foi de ses frères, donne et reçoit les gages de la paix; et compagnons des travaux de Cadmus, ils bâtissent avec lui la ville ordonnée par Apollon.

 

Déjà Thèbes était une cité florissante. Fils d'Agénor, tu pouvais voir dans ton exil la source de ton bonheur. Époux de la fille de Mars et de Vénus, père d'une nombreuse postérité, les enfants de tes enfants, si chers à ton amour, brillaient de tous les dons de la jeunesse. Mais pour les juger, il faut attendre les hommes à leur dernier jour, et nul d'entre eux avant sa mort ne peut se dire heureux.

 

Pour lire l'oeuvre coplète:

http://www.insecula.com/article/F0010644.html

 

 

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Rédigé par rafael

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