renaissance italie

Publié le 8 Septembre 2014

Le correge Io

 

Follement épris de Io, Zeus se transforme en vague de brouillard. A l'état gazeux, dans l'ombre dun forêt, il prend possesion de la jeune femme. Peignant cette improbable union entre une créature de chair et un nuage, Le Corrège soigna l'effleurement des deux visages. Celui de Io, de profil, s'illumine, ravi, chavirant dans l'extase. Celui de Zeus n'est qu'une évocation. 

 

Source: RR Art

 

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Publié le 29 Août 2014

Fra Angelico Christ cruxifié

Metropolitan Museum New-York. 1420-23.

 

Au début du XVe siècle Fra Angelico peint cette très belle crucifixion. La composition générale annonce la Renaissance: le cercle des soldats romains et leurs chevaux, la mère du christ évanouie, les compagnons du Christ forment un ensemble parfaitement équilibré.

 

Source: RR MM

 

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Publié le 16 Mai 2014

giorgione l'adoration des bergers

National Gallery of Art, Washington.

 

Giorgio Barbarelli da Castelfranco (1477-1510) dit Giorgione fut un peintre très respecté durant sa brève carrière,15 ans , il mourut en effet de la peste à un peu pus de 30 ans. Familier de l'art de Léonard de Vinci, Giorgione fut l'élève de Bellini à Venise avant d'enseigner à son tour notamment au Titien.

 

L'Adoration des bergers compte parmis ses oeuvres les plus abouties. La tonalité blond vénitien du ciel et l'atmosphère bucolique et envoûtante font de cette Nativité une oeuvre à part à cette époque. La Sainte Famille reçoit les bergers à l'entrée d'une grotte obscure, les protagonistes sont baignés de lumière, illuminés par l'Enfant Jésus venu apporter la lumière au monde. Comme le voulait la tradition Marie est vêtue de bleu et de rouge, l'un et l'autre replandissant, le bleu rappelle le caractère divin de la Vierge, le rouge son humanité.

 

Source: RR 1T

 

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Publié le 4 Mai 2014

Vinci La Dame à l’hermine (Cecilia Gallerani)

La Dame à l’hermine (Cecilia Gallerani)

 

"Ce n’est pas une question bien décidée, de savoir si un homme naît un génie pour une chose seule, ou si avec une organisation qui le rend extraordinairement propre à une, il eût pu également réussir dans plusieurs. Il est probable qu’il y a des hommes nés pour exceller seulement dans une chose, et qui n’auraient pas eu la même supériorité dans une autre. On ne conçoit pas que Molière eût pu faire des ouvrages de plusieurs genres aussi étonnans que ses comédies. On n’imagine pas que La Fontaine eût pu faire rien au monde aussi bien que des Contes et des Fables. D’autres semblent avoir une organisation plus parfaite, ou distinguée par une autre espèce de perfection qui les rend propres à réussir dans beaucoup de choses également.

 

Jamais homme ne fut plus fait pour être mis au nombre de ces êtres privilégiés que Léonard de Vinci. D’une beauté rare, d’une force extraordinaire, il était extrêmement adroit à tous les exercices du corps : il avait l’esprit si délié et si étendu, qu’on imagine qu’il eût été un génie dans tout ce qu’il eût entrepris. Il triompha de tous ses rivaux dans la musique, en tirant des sons enchanteurs d’une lyre d’argent qu’il avait faite lui-même en forme de crâne de cheval. Personne n’improvisa plus facilement que lui en poésie, et n’acquit plus de réputation dans ce genre singulier : il réussit dans la chimie, dans les mathématiques, dans l’astronomie et l’architecture. Parmi ses ouvrages de sculpture, on parle surtout d’un modèle de cheval colossal fait pour la statue d’un duc de Milan, chef-d’œuvre brisé au milieu du tumulte des guerres civiles. On sait que mécanicien distingué, il composa un automate ingénieux et bizarre, pour l’entrée de Louis XII à Milan. Comme ingénieur et architecte, triomphant de difficultés que l’on croyoit insurmontables, il a fait le canal de Morte Sana, qui porte les eaux de l’Adda jusque sous les murs de Milan. Cet ouvrage qui pourrait seul rendre un nom immortel, doit être placé parmi les plus importans de ceux de Léonard de Vinci.

 

leonard de vinci dessins (4)leonard de vinci dessins (5)

Dessins

 

Avide de toute espèce de science, à peine s’était-il profondément occupé d’une, qu’il en était détourné par le goût qu’il sentait pour une autre ; il entassait des connaissances bien moins pour le plaisir de les avoir, que pour celui de les acquérir ; et il cherchait à tout savoir, non par ambition, mais entraîné par l’instinct vers tous les moyens que la nature lui avait donnés pour être heureux. Cependant, comme il s’est adonné davantage à la peinture, c’est par elle qu’il a principalement acquis sa grande réputation. Ce fut lui qui contribua le plus à ramener, étendre et fixer le bon goût dans les arts : géant glorieux, il en débarrassa la carrière de tout ce qui empêchoit d’y courir ; les génies de Michel-Ange et de Raphaël purent la parcourir sans peine ; pour entrer dans la lice, le goût n’ouvrit la barrière qu’aux bons esprits et aux hommes éclairés ; on n’y trouva d’autre but que la gloire ; les seuls juges y furent la science, l’équité ; et le prix des vainqueurs, fut l’estime éternelle.

 

Leonard de Vinci la joconde

La Joconde

 

Un des caractères distinctifs du talent de Léonard de Vinci, est un dessin savant, où il cherche la beauté dans la nature même, sans la prendre dans les statues antiques : il s’est approché du goût des anciens sans les copier mais en s’y prenant comme eux, et comme eux il a tout à la fois la noblesse, la vérité, la grâce et l’énergie : terrible quand il peint les combats, il est rempli d’un charme céleste lorsqu’il offre des anges et des vierges. C’est dans la nature qu’il a cherché, qu’il a trouvé les véritables sources de l’expression ; et c’est par des observations profondes comme anatomiste et comme philosophe, qu’il est arrivé au sublime de cette partie. S’associant dans ses études avec un célèbre médecin de Pavie, il débarrassa l’anatomie des ténèbres dont elle était enveloppée ; ils publièrent ensemble des traités, qui avancèrent prodigieusement cette science. L’idée qu’il s’était faite de toute la puissance de son art, l’a rendu difficile et long dans ses ouvrages ; jamais ils ne lui paroissaient assez terminés ; jamais il ne pouvoit transporter sur la toile tout ce qui se présentoit à son âme.

 

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Dessins d'anatomie

 

Il ne croyait pas que la grandeur, la beauté des pensées le dispensât de la beauté du fini ; et un de ses caractères distinctifs, est d’avoir réuni la chaleur de la composition et de l’expression, au fini extraordinaire des détails : voilà pourquoi plusieurs de ses ouvrages n’ont point été terminés. Son corps, tout vigoureux qu’il était, ne pouvait supporter les efforts constant exigés par son esprit, pour arriver à la perfection qu’il cherchait. Le désir de terminer et d’arrondir les objets lui fit prendre une manière souvent un peu trop polie ; et c’est un des caractères de la physionomie de son talent : une couleur trop également violette est encore une des choses qui le distinguent ; comme elle est ménagée avec beaucoup d’art, elle a une harmonie imposante, et a trouvé des imitateurs (on chérit jusqu’aux défauts de ceux qu’on aime) ; elle n’est pas moins défectueuse puisqu’elle est fausse. Peut-être le temps a-t-il enlevé à ses ouvrages une partie de leur fraîcheur ; peut-être n’avait-on pas encore trouvé les moyens de rendre aussi durable qu’on l’a fait depuis, l’éclat de la peinture à l’huile, alors nouvellement inventée. Sans doute, les éloges donnés jadis à sa fameuse Gioconde étoient bien exagérés, ou elle a perdu ce charme de coloris tant célébré par Vasari, ou l’art a gagné beaucoup depuis pour la vérité, pour la fraîcheur et la richesse de la couleur.

 

leonard de vinci vierge a l enfant avec sainte ann-copie-1

Vierge à l'Enfant - Détail

 

On ne peut disconvenir, cependant, que ce ne soit un ouvrage admirable, dans tout ce qui a du rapport au dessin ; il étonne surtout par le fini extraordinaire de la dégradation de la lumière : la tête, pleine de vie, a de la beauté et une expression qui entraîne ; les mains sont d’une beauté parfaite ; ni Raphaël, ni tous les modernes, ni les statues antiques n’offrent des mains d’un choix plus heureux de forme. Son tableau de la Cène est la plus puissante preuve de la délicatesse et de la grandeur de son sentiment : c’est le plus renommé de ses ouvrages, celui qui donne une plus juste idée de ce que son génie sentoit, et de ce qu’il pouvoit exécuter ; là, on trouve toujours la vérité unie à la beauté, les expressions les plus justes et les plus fortes ; là, on est saisi par le sublime de l’ensemble et par celui des détails : les personnages sont assis, à table, presque sur la même ligne, et la composition a du mouvement et de la variété. Il a choisi l’instant où Jésus-Christ annonce à ses Apôtres qu’il doit être trahi par l’un d’eux : ce fait est l’action du tableau. Les traits du Christ sont les traits majestueux d’un Dieu. L’artiste a si bien donné aux Apôtres la forme, l’expression, le caractère qui leur est propre, qu’on diroit qu’ils sont venus l’un après l’autre lui servir de modèle. Ils ont de la dignité, mais ce n’est que celle des hommes ordinaires ; bien qu’ils soient affectés du même sentiment, ils s’expriment tous d’une façon différente. Cette admirable production a placé son auteur au rang des premiers génies de la peinture, quoique ceux qui occupent la même place aient produit un plus grand nombre d’ouvrages que lui : on le révère par elle, on le révère encore par toutes celles qu’il étoit en état de créer. Ce chef-d’œuvre, altéré depuis long-temps, ne laissera bientôt que des restes difficiles à apercevoir ; tant d’écrivains en ont parlé, qu’il sera également célèbre lorsqu’il sera anéanti ; il aura même un nouvel intérêt, par les regrets qu’il inspirera : que dis-je ? il ne sera point entièrement détruit, puisqu’on en conserve des copies, soit en peinture, soit en dessin1, qui pourront le représenter encore. Une très-belle estampe, nouvellement gravée par un des plus habiles artistes de l’Europe, en fera triompher du temps les parties de la peinture qui ne tiennent pas à la couleur : les ouvrages de Léonard de Vinci, fussent-ils tous effacés, cette estampe seule suffit pour soutenir sa réputation du plus savant peintre qui ait, sans doute, jamais existé.

 

Son Traité sur la Peinture, le plus estimé des livres de ce genre, est aussi un de ses plus fameux ouvrages : on ne sauroit en faire mieux l’éloge, qu’en disant que le Poussin a voulu lui-même en dessiner les figures, et que ce savant homme avouoit qu’il lui devoit une partie des connoissances qui l’ont rendu si célèbre. Tout ce qui se pratique de bon dans nos Écoles, se rencontre dans ce livre : parmi beaucoup de choses inutiles, impraticables même, on y voit qu’il faut peindre d’après nature autant qu’il est possible, qu’on doit choisir ce qu’elle a de plus beau, que ce beau doit être varié, que pour arriver à son imitation, il faut savoir la perspective, l’anatomie, connoître les effets de la lumière, étudier l’histoire et les différentes passions des hommes. En apprenant plus de choses, peut-être d’immenses volumes pourroient devenir plus dangereux qu’utiles. Pourquoi faut-il que les hommes aient besoin qu’on leur répète des vérités si claires ? mais ils sont ainsi faits ; il en est de si essentielles en tout, qu’on ne sauroit trop les leur répéter, et on le doit d’autant plus qu’ils les oublient si aisément. Si quelques exemplaires de son livre peuvent échapper aux âges destructeurs, par lui les sources des arts seront conservées, et par lui l’avenir pourra les ranimer encore.

La mort même de Léonard de Vinci a beaucoup de célébrité : on sait qu’il termina sa longue carrière entre les bras de François premier. Quoi de plus attachant, en effet, qu’un vieillard illustre expirant sur le sein d’un roi fameux, qu’un mourant vénérable, dont le dernier soupir est un acte de reconnaissance ! Ce tableau a été décrit par tant d’écrivains, et peint avec tant de succès par un artiste moderne, qu’il ne pourra jamais être oublié."

 

Jean-Joseph Taillasson, 1807

 

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Publié le 2 Mai 2014

 le-correge la sainte famille

      La sainte famille

Le Corrège est aux grâces, ce que Michel-Ange est au terrible. « Plus douces que le miel, dit Homère, les paroles de Nestor couloient de sa bouche. » Plus douces que les rayons d’un beau jour, les teintes brillantes et harmonieuses, les formes remplies de charme couloient du pinceau moelleux du Corrège. Sa belle manière lui est si particulière, elle est si éloignée de tous les principes connus, qu’elle ne peut servir de guide en rien, qu’on ne sauroit la décrire, ni en découvrir la source. Eh ! peut-on décrire les grâces ? peut-on déterminer ce qu’elles sont et ce qui les fait naître ?

 

le correge ledaLe correge Io

Leda - Io

 

S’il était certain que toutes les planètes fussent habitées, et s’il étoit possible de concevoir quelque communication entre leurs habitans et nous, on croiroit aisément que les tableaux du Corrège ne sont pas les ouvrages d’un peintre de la terre : il est incorrect ; et peut-être seroit-il permis de dire que son incorrection même est quelquefois une beauté, puisqu’elle est une des causes de ses grâces. Sa couleur est admirable par la vérité, par la force, l’harmonie, et par je ne sais quoi de poétique qui séduit d’autant plus qu’il ne se trouve que dans ses ouvrages, et qu’on ne peut l’imiter. Sa belle entente du clair-obscur étonne aussi d’autant plus qu’on ne peut découvrir ce qui en fait la magie : personne n’offre mieux que lui cette beauté divine, que quelques-uns appellent idéale, qui ne se trouve que rarement dans la nature, et que le goût, l’instinct savent sentir, choisir et imiter ; il la présente sans paraitre s’en être occupé.

 

Le correge danae

Danae

 

On peut douter qu’il fût savant, et ses ouvrages semblent avoir, presque toujours, tout ce que cherche la science. Son maître fut si inconnu, qu’on dit qu’il n’en eût aucun ; il ne sortit pas de Parme et de ses environs ; s’il fut à Rome pour voir les ouvrages de Raphaël, son séjour n’y fut pas long, et son talent étoit alors formé ; il a bien peu étudié les restes de la belle antiquité ; les formes nobles de ses têtes enchanteresses ne ressemblent point du tout à celles des statues grecques : n’en doutons point, le charme extraordinaire de ses ouvrages vient de la manière gracieuse, neuve, grande, avec laquelle son instinct heureux plutôt que sa science lui faisoit imiter la nature ; ce fut ce puissant instinct qui le fit s’écrier en voyant les tableaux de Raphaël : « Anch’ io son pittore ; et moi aussi je suis peintre. » Oui, tu l’es, homme divin, et tu ne le serois pas davantage, quand tu aurois vu plus tôt ces prodiges qui t’apprennent à te rendre justice.

Il n’est peut-être pas aisé de déterminer jusqu’à quel degré la science est nécessaire dans les beaux-arts ; ce qu’on peut assurer, au moins, c’est qu’elle ne doit être que l’instrument du génie, et qu’il faut qu’elle soit en proportion de ses forces. Les armes trop pesantes des guerriers servent mal leur courage, et nuisent à leurs victoires. La science trop profonde embarrasse, arrête, accable le génie, et nous ne sommes jamais grands par ce que nous savons, mais par ce que nous sentons.

 

Le-Correge Madonna-adorante-il-bambino--1525-

Madone

 

Les caractères très-distinctifs du talent du Corrège sont la grâce, une extrême intelligence du clair-obscur et une originalité parfaite. On sent bien qu’avec son espèce de sentiment d’imiter la nature, et son pinceau si flatteur et si doux, il devoit mieux peindre les chairs que les draperies, et bien mieux les femmes que les hommes. Quand il a eu occasion d’offrir de vives expressions, ce qui lui est arrivé rarement, il les a rendues avec autant de finesse que d’énergie. Il a peint le plafond de la coupole de Parme : c’est son plus vaste et son plus célèbre ouvrage ; les éloges qu’on en a faits dans tous les temps, prouvent son incontestable mérite ; ce qui le prouve plus encore, ce sont les études qu’en ont faites tant d’habiles artistes, c’est le respect, l’amour que portoit à cette belle conception Lanfranc, né particulièrement pour ce genre de peinture ; et c’est surtout l’enthousiasme qu’elle fit naître dans l’âme d’Annibal Carrache, qui écrivit à Louis Carrache d’engager Augustin à venir le joindre à Parme, l’assurant qu’ils ne pourroient jamais trouver une meilleure École que les ouvrages du Corrège, où tout étoit à la fois grand et gracieux. Le temps a presque effacé cette fameuse production, qui n’aura d’immortel que le souvenir ; et aujourd’hui nous ne pouvons guère juger le Corrège que sur quelques tableaux de peu de figures, mais auxquels il a donné tant de beauté, qu’ils ont une valeur inappréciable ; ils ressemblent à ces gros diamans, rares merveilles de la nature, que les trésors des souverains peuvent à peine payer : son tableau d’Anthiope est de ce genre ; on ne sauroit analiser la cause de l’admiration qu’il excite ; elle est commandée par une harmonie, par un attrait qui séduit en même temps, et les yeux, et l’esprit, et le cœur, et qu’on ne trouve nulle part ; l’artiste qui n’en est pas subjugué peut critiquer, peut avoir beaucoup à reprendre dans le dessin ; au nom de l’anatomie, il peut faire de justes reproches, même à la belle Anthiope ; laissons-le s’applaudir de ses connoissances et de la délicatesse de son goût ; il prouve seulement que lorsqu’un ouvrage a des beautés si puissantes, peu importe peut-être qu’il ait ou qu’il n’ait pas de défauts. Tout ce qui charme le plus dans la peinture, se trouve au suprême degré dans son tableau connu sous le nom du Saint Jérôme : l’harmonie, la richesse de la couleur, la magie du clair-obscur, la justesse de l’expression, le pouvoir des grâces sont réunis dans ce chef-d’œuvre, un des plus célèbres du monde.

 

le correge-Noli-me-Tangere

 

La Volupté, créée par les pinceaux heureux du Corrège, a une physionomie céleste ; en touchant les sens, elle inspire le respect. On croiroit qu’il ait peint l’Amour dans les premiers jours qu’il est descendu sur la terre ; les peintures douces et nobles qu’il nous en a laissées, sont les images des premières amours des hommes.

 

 

Antoine Corrège est né dans la ville de Corrège, dont le nom lui est resté ; il passe pour n’avoir jamais eu de maître ; ce qui n’est guère vraisemblable. La plupart de ses ouvrages ont été faits pour Parme et Modène ; ils ont beaucoup contribué à former les Carraches. Le plus enchanteur peut-être de tous les peintres anciens et modernes, vécut misérable et mourut misérablement."

 

Jean-Joseph Taillasson, 1807.

 

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Rédigé par rafael

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Publié le 31 Mars 2014

Veronese suzanne au bain

Suzanne au bain.

 

"Paul Véronèse est, après le Titien, le plus célèbre des peintres de l’École de Venise ; beaucoup de facilité à concevoir et à exécuter, une manière particulière d’employer des draperies riches et brillantes, et peut-être ses nombreux anachronismes, sont les caractères qui le distinguent.

 

Veronese allegorie de l'amour

Allégorie de l'Amour

 

Fécond dans ses idées, il a bien moins de raison que d’imagination ; il a peu de sensibilité, et ses expressions sont rarement vives et justes. Il composait, habillait, ajustait ses figures selon les caprices de son goût ; et tout lui paroissait bon lorsque son œil était flatté. Ses ordonnances, en effet, comme compositions pittoresques, ont du mouvement, sont très agréables aux yeux ; mais comme compositions poétiques, elles ne satisfont jamais l’esprit. Plus les données des sujets étaient exigibles, moins ses pensées avaient de vérité ; et l’on ne peut représenter d’une façon plus bizarre qu’il l’a fait, les traits historiques et élevés, et les tableaux de la religion catholique, qui exigent toujours de l’onction et de la dignité. Plus il y a de figures dans ses tableaux, plus ils en imposent par l’ensemble de la scène et la richesse des accessoires. Sa touche ferme et rapide qui tient de celle de Teniers, rend la nature avec beaucoup de justesse et de feu : son coloris est vigoureux et brillant ; il est encore rehaussé par des draperies de soie de couleur écarlate, et souvent enrichie de broderies d’or. Son dessin a de la vérité, et même une sorte de noblesse et de grâce, quand il en trouvait dans ses modèles ; mais il les copiait sans choix et sans exaltation.

Quelque sujets qu’il ait traités, il a toujours peint les Vénitiens, ou les Orientaux qu’il voyait à Venise, et dont les riches costumes flattaient l’amour qu’il avait pour la magnificence. Il les plaçait dans des lieux d’une architecture hardie, singulière, en usage de son temps, et qui ne convenait point aux sujets qu’il peignait. Ses ornemens, ses vases, tous ses accessoires toujours riches, étoient vraisemblablement dans le goût adopté alors à Venise.

 

Veronese Les noces The Marriage at Cana

Les Noces de Cana. Musée du Louvre Paris

 

Depuis que nos armées triomphantes ont transporté sous nos yeux les principaux ouvrages de Paul Véronèse, on peut à Paris juger exactement son talent. C’est surtout son tableau des Noces de Cana, où sa physionomie est bien prononcée. Que de magnificence dans l’ordonnance ! que de vie dans les figures, et de richesse dans leurs draperies ! Où vit-on jamais une couleur plus brillante et plus vigoureuse ? Quelle facilité d’exécution ! Quel grand parti le goût a su tirer de cette architecture claire, de ces nuages plus clairs encore ! Comment dans un ouvrage aussi vaste, aussi rempli de détails, l’artiste a-t-il pu leur donner autant de vérité ? On dirait qu’il avait sous les yeux, à la fois, tous les objets qu’il a si bien rendus. Le spectateur entre dans la salle du festin, se promène autour des groupes ; il s’assied, il rit, il boit avec les convives. Cette extraordinaire production, qui, de tous les grands ouvrages de peinture, est celui sans doute qui réunit plus de vérités, ne saurait être trop étudiée et profondément méditée par les peintres de tous les genres ; elle est d’autant plus étonnante, que pour faire briller une partie plus qu’une autre, on n’y aperçoit aucun sacrifice affecté, et que tous les objets ont la force de couleur, et le degré de lumière qu’ils doivent avoir dans la place qu’ils occupent.

 

Veronese les noces de cana (3)

Les Noces de Cana Détail.

 

Après avoir admiré un aussi beau tableau, et toutes les ressources de l’art pour charmer la vue et imiter la nature, si l’on se demande quel en est le sujet ; si l’on se représente ce que l’artiste a dû peindre ; alors, dans un ensemble harmonieux pour les yeux, que de dissonances pour la raison ! que de vérités qui deviennent des mensonges ! Quoi de plus ridicule d’abord, que de supposer que toute la pompe et la richesse asiatique soient étalées aux noces d’un petit bourgeois d’une petite ville de Galilée ! Quelle invraisemblance dans l’expression ! Le vin manque au milieu d’un festin somptueux : tout à coup, par le pouvoir d’un inconnu, l’eau y produit l’abondance du vin : ah ! combien de mouvemens tumultueux, combien de différentes et de vives expressions un pareil prodige devoit faire naître ! Dans le tableau de Paul Véronèse, il n’y a pas plus de mouvement que dans un repas ordinaire ; les musiciens continuent leurs concerts, l’assemblée les écoute ; on se fait les yeux doux, on joue avec le petit chien, et ce vin miraculeux, versé à la ronde, est bu comme le vin accoutumé. Peut-on imaginer rien de plus bizarre que le Christ, la Vierge et les Apôtres, faisant bonne chère, menant joyeuse vie avec les moines, les poëtes, les musiciens du temps de Paul Véronèse, avec un roi de France, avec le grand turc ? Sans doute il a pensé que d’un festin à la vénitienne, il pouvoit faire les Noces de Cana, en habillant certains convives avec de certaines couleurs, en entourant de rayons une tête assez commune placée au milieu de l’assemblée : il a fait comme ces peintres de portraits, qui imaginent avoir donné la divinité et les grâces de Vénus à une bonne bourgeoise de Paris, en plaçant à son côté monsieur son fils, avec des ailes sur le dos. Au surplus, grâces soient rendues à Paul Véronèse de ce qu’il ne s’est pas occupé des pauvres Hébreux et de son sujet ; avec d’aussi louables intentions il n’auroit pas si bien rendu ces riches et galans Vénitiens que personne n’a fait comme lui. Jouissons du plaisir d’admirer les belles choses qui sont dans ce tableau, sans dire avec Horace, non erat hic locus, et sans nous occuper du sujet. En tout cas, ce n’est pas sa faute, si nous nous en souvenons ; il a bien fait tout ce qu’il a pu pour que nous n’y pensions pas.

 

veronese venus

Venus

 

D’autres peintres nous ont offert les peuples anciens avec autant d’exactitude qu’il est possible d’en mettre d’après les récits des historiens, et les monumèns de sculpture qui nous restent de l’antiquité. Cependant, comme ils n’ont travaillé que d’après des souvenirs et des copies, leurs portraits ne peuvent être tout-à-fait ressemblans. Ils sont bien précieux pour nous qui n’avons pas vu les originaux, et qui sommes enchantés de voir revivre ces hommes, ces peuples, objets de notre admiration, tels que notre esprit nous les présente : mais, peut-être, s’ils revenoient encore, ils ne se retrouveroient pas dans nos modernes peintures ; peut-être Athènes et Rome ne reconnoîtroient pas plus leurs fiers enfans dans les portraits qu’en ont faits les Italiens et les Français, que Sophocle, Démosthènes, Virgile et Cicéron ne reconnoîtroient leur langue, dans les meilleurs ouvrages grecs et latins, composés dans notre siècle. Paul Véronèse annonçant des faits anciens, a représenté des usages modernes ; sous des noms antiques, il a peint de modernes Vénitiens ; sans doute c’est une faute : mais ces Vénitiens sont bien plus vrais que les Grecs et les Romains, et tous les peuples antiques qu’on fait naître de nos jours. Ainsi, loin de tant blâmer ses innombrables anachronismes, la postérité ne peut qu’en avoir de la reconnoissance, puisque c’est à eux qu’elle devra l’image de ce peuple fier, ingénieux, qui sut mêler à tout l’appareil de la galanterie, au charme brillant des arts, les sombres profondeurs de la politique ; et qui, sous les masques des pantalons, cacha si souvent de terribles hommes d’état.

 

veronese cuxifiction

 

Paul Véronèse a fait quelques tableaux qui ont plus d’enthousiasme et un plus grand caractère que d’autres ; il n’a pas toujours autant choqué les convenances que dans sa composition des Noces de Cana : mais, en général, ses ouvrages ont toujours le même style, les mêmes beautés, et les mêmes défauts ; défauts heureux, à qui nous devons tant : doit-on même nommer ainsi la cause de son intéressante originalité et la principale source de son talent extraordinaire, qui l’a placé justement au rang des peintres les plus agréables des anciens et des modernes ?

 

Paul Caliari Véronèse naquit à Vérone en 1537. Son père étoit sculpteur ; son maître a été un de ses oncles, nommé Badile, dont la manière n’était pas mauvaise ; la nature et les ouvrages du Titien furent particulièrement ses maîtres. Il a presque toujours travaillé à Venise, où l’on ne voit guère d’église qui ne conserve quelque tableau de sa main. Ses principaux et ses plus grands travaux étaient au palais Saint Marc, à Saint Georges et à Saint Sébastien. Ses ouvrages publics ont presque tous été faits en concurrence du Tintoret.

« Paul Véronèse était homme de bien, pieux, civil, officieux, religieux dans ses promesses, soigneux dans l’éducation de ses enfans, magnifique dans ses manières d’agir, aussi-bien que dans ses habits : et quoiqu’il eût amassé beaucoup de bien, il n’avoit pas d’autre ambition que celle de devenir habile peintre.... Il avoit une grande idée de sa profession, et disoit que la peinture étoit un don du ciel ; que pour en bien juger, il falloit en avoir de grandes connoissances ; qu’un peintre, sans le secours de la nature présente, ne feroit jamais rien de parfait ; qu’on ne devoit point mettre dans les églises des peintures qui ne fussent d’un habile homme, parce que l’admiration excitoit la dévotion ; et qu’enfin la partie qui couronnoit toutes celles de la peinture, consistoit dans la probité et dans l’intégrité des mœurs. »

Il mourut en 1588, âgé de cinquante-huit ans."

 

Jean-Joseph Taillasson, 1807

 

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Publié le 1 Octobre 2013

Bellini dead christ supported by mary pinacoteca brera mila


La représentation du Christ mort, sortant du sépulcre, pleuré par la Vierge, saint Jean ou un ange, a beaucoup occupé l'imagination de Bellini. Il serait impossible de citer toutes les œuvres où il aborde ce sujet. Mais puisqu'il est crucial dans sa réflexion de peintre, on n'oubliera pas de mentionner l'exemple le plus saisissant peut-être de l'interprétation de ce thème dans l'art de ce maître vénitien.

On ignore quand fut réalisée la célèbre Pietà de la Brera. On la place de préférence dans la première maturité de Bellini, aux alentours de 1470. L'artiste y représente, sur l'axe de symétrie, le torse livide du Christ mort, presque de face, le visage retombant sur son épaule ; la Vierge, à gauche, le soutient, son profil quasiment plaqué sur celui du Sauveur, le regardant droit dans les yeux, murmurant sourdement sa douleur. De l'autre côté, saint Jean cherche également à soulever le torse du défunt, mais, se tournant de l'autre côté, pour ne pas assister au deuil de la Vierge, il lance un cri muet, mais que l'on peut imaginer lancinant. Les trois personnages, regroupés au premier plan dans une seule frise, apparaissent à demi figure, derrière un rebord de marbre, sur lequel Bellini a posé adroitement le poing renfermé, et percé d'une plaie, du Christ.

Sur le devant du parapet, l'artiste a figuré une inscription, une élégie latine évoquant le talent de l'auteur et l'intensité de la souffrance évoquée : « hæc fere quum gemitus turgentia lumina promant/Bellini poterat flere Ioannis opus » [« si ces yeux larmoyants pouvaient émettre des gémissements, l'œuvre de Giovanni Bellini pourrait alors pleurer »]. On a interprété ce distique de plusieurs façons. Quelle que soit sa signification, il est évident que le poème exalte l'habileté évocatrice du pinceau de Bellini, ainsi que ses limites de peintre : son tableau, tout accompli qu'il soit, ne pourra jamais exprimer vocalement, littérairement, la douleur qu'il dépeint. Tout au plus, il pourra induire le spectateur à l'imaginer. Malgré cela, Bellini aura atteint le sommet dans la représentation de la douleur en peinture. C'était là, à n'en pas douter, le plus éloquent hommage qu'un humaniste pouvait faire à un peintre.

 

 

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Publié le 19 Juillet 2013

leonard de vinci vierge a l enfant avec sainte anne

Paris, Musée du Louvre. 1500-1510

 

Oeuvre étrange, ce tableau n'a pas de commenditaire connu, on pense que Léonard de Vinci a peint ce tableau de sa propre initiative, peut-être pour rendre hommage à la ville de Florence où il réside depuis 1500, Sainte Anne étant la protectrice de la ville. 

 

La composition du tableau est basée sur une ligne oblique qui réunie sainte Anne, la mère de la Vierge, Marie et l'Enfant Jésus. Le jeu des regards est, une fois de plus chez Leonard de Vinci, particulièrement subtile. Une grande douceur se dégage de la scène, le charme, la bienveillance, l'amour et la plénitude ont rendez-vous avec la grâce.

 

leonard de vinci vierge a l enfant avec sainte ann-copie-1leonard de vinci vierge a l enfant avec sainte anne - detai

 

Illsutration: Visipix.com

 

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Rédigé par rafael

Publié dans #RENAISSANCE ITALIE

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Publié le 2 Juin 2013

Leonard de Vinci la joconde

Leonard de Vinci, Le Louvre Paris.

 

Maurice Rollinat

 Les Névroses

 

La Joconde
               

 

Le mystère infini de la beauté mauvaise

S’exhale en tapinois de ce portrait sorcier

Dont les yeux scrutateurs sont plus froids que l’acier,

Plus doux que le velours et plus chauds que la braise.

 

C’est le mal ténébreux, le mal que rien n’apaise ;

C’est le vampire humain savant et carnassier

Qui fascine les cœurs pour les supplicier

Et qui laisse un poison sur la bouche qu’il baise.

 

Cet infernal portrait m’a frappé de stupeur ;

Et depuis, à travers ma fièvre ou ma torpeur,

Je sens poindre au plus creux de ma pensée intime

 

Le sourire indécis de la femme-serpent :

Et toujours mon regard y flotte et s’y suspend

Comme un brouillard peureux au-dessus d’un abîme.

 

Leonard de Vinci la joconde détail

 

La Joconde, ou Portrait de Mona Lisa, est un tableau de Léonard de Vinci, réalisé entre 1503 et 1506 (ou 1519 ?), qui représente un buste, probablement celui de la florentine Lisa Gherardini, épouse de Francesco del Giocondo. Acquise par François Ier, cette peinture à l'huile sur panneau de bois de peuplier de 77 x 53 cm est exposée au musée du Louvre à Paris. La Joconde est l'un des rares tableaux attribués de façon certaine à Léonard de Vinci.

 

La Joconde est devenue un tableau éminemment célèbre car, depuis sa réalisation, nombre d'artistes l'ont prise comme référence. Ce chef-d'œuvre constitue en effet l'aboutissement des recherches du XVe siècle sur la représentation du portrait. À l'époque romantique, les artistes ont été fascinés par l'énigme de La Joconde et ont contribué à développer le mythe qui l'entoure, en faisant de ce tableau l’une des œuvres d'art les plus célèbres du monde, si ce n'est la plus célèbre : elle est en tout cas considérée comme l'une des représentation d'un visage féminin les plus célèbres au monde. 

 

Leonard de Vinci la joconde détail - Copie (2)

 

« Celui qui désiroit se convaincre jusqu'à quel point l'art peut imiter la nature, le pouvoit d'autant plus, que les moindres choses sont rendues dans cette tête avec la plus grande finesse. Les yeux avoient ce brillant, cette humidité qui existent sans cesse dans la nature, et étoient entourés de ces rouges pâles, et des paupières qui ne peuvent s'exécuter qu'avec une très-grande subtilité. On voyoit la manière dont naissent les sourcils dans la chair, qui tantôt plus épais, tantôt plus clairs, tournoient selon les pores qu'indique la nature. Le nez étroit n'étoit pas moins bien rendu, et toutes ces belles ouvertures rougeâtres et délicates. La bouche vermeille et ses extrémités se fondoient tellement avec la carnation du visage, que l'on croyoit plutôt y voir la chair que la couleur. Lorsque l'on regardait attentivement le creux de la gorge, on sembloit apercevoir le battement du pouls; et l'on peut dire avec verité que ce portrait étoit peint de manière à faire craindre et trembler les plus grands maîtres. »

Giorgio Vasari 1550

 

Leonard de Vinci la joconde détail - Copie

 

Illustration: visipix.com

 

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Rédigé par rafael

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Publié le 27 Avril 2013

raphael Autoportrait

 

Cet autoportrait est une peinture de la phase florentine de l'artiste Italien de la Renaissance Raphaël Sanzio. Il est daté autour de 1504-1506, et est conservé à la Galerie Uffizi de Florence, en Italie.

C'est l'un des seuls d'autoportraits du peintre, et l'unique à l'huile dans laquelle il apparaît seul. Bien qu'il soit reconnu que ce tableau date de la première époque florentine de l'artiste, alors qu'il est encore disciple du Pérugin, il existe une autre théorie comme quoi le portrait serait plus tardif et représenterai le portrait inversé de l'artiste tel qu'il figure dans le tableau L'Ecole d'Athènes. 

Raphaël se représente comme un jeune homme habillé simplement aux traits fins et mélancoliques. 

 

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Rédigé par rafael

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