renaissance italie

Publié le 8 Septembre 2010

Le Tintoret saint marc sanmarco

Saint Marc, vers 1562, par Tintoretto (Le Tintoret) (1518-1594)

Milan, Pinacothèque Brera.

 

Jacopo Robusti dit Le Tintoret (1518 - 1594) est un peintre à part dans l'histoire de la peinture entre deux époques il clot la renaisance à travers le maniérisme et ouvre la voie au baroque, le tableau "Saint-Marc" est l'une de ses oeuvres où le "passage" s'exprime le mieux.

 

Selon la légende, un violent orage provoqua la fuite de ceux qui s'apprêtaient à brûler le corps de Saint Marc l'Evangéliste après son martyre.

 

Peinte vers 1562 à Venise, cette toile est souvent considérée comme l'une des toutes premières oeuvres maniéristes : la théatralité des gestes, le drame qui se joue, les jeux d'ombres et de lumières sont en rupture avec les canons de la renaissance classique qui prônent l'harmonie et l'équilibre dans la composition. Ce tableau  annonce une rupture profonde dans l'histoire de la peinture à Venise et ouvre la porte à la période baroque. 

 

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Publié le 30 Août 2010

Vinci La Dame à l’hermine (Cecilia Gallerani)

Musée de la famille Czartoryski, Cracovie. 1490.

 

Ce portrait de Cecilia Gallerani (1490), favorite de Ludovico Sforza (protecteur de Léonard à l'époque) dépasse de loin, par le dynamisme dans la représentation, les conventions en vigueur à Milan en ce qui concerne les portraits. La coiffure de la jeune femme souligne la perfection de son visage et la profondeur de son regard.

 

L’hermine est le symbole de la pureté et de la vertu, mais elle fait aussi allusion à Ludovico Sforza. Leonard de Vinci atteind dans ce tableau une certaine perfection dans le rendu psychologique de ses personnages et dans la mise en lumière d'un certain mystère féminin qui préfigure la célèbre "Mona Lisa". La beauté du modèle et du portrait en fond certainement l'un des chefs d'oeuvre de la rennaissance et un hymne à la beauté .

 

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Rédigé par rafael

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Publié le 28 Juillet 2010

bellini Madonne et les saints

San Zaccaria Altarpiece Venise

Giovanni Bellini,1505

 

Cette Madone à l'enfant sur le trône avec les saints Pierre, Catherine, Lucie et Jérôme de l'église de San Zaccaria à Venise, daté 1505 ouvre la dernière période de Bellini. Selon Ridolfi (1648), le retable, commandé à la mémoire de Pietro Cappello, était déjà en son temps "considéré comme l'un des ouvrages les plus beaux et raffinés du maître". Bellini est alors un vieil homme d'environ soixante-cinq ans. Pourtant, son étonnante capacité d'adaptation, résultant d'une profonde compréhension de l'évolution de l'art, ne semble pas s'être estompée un moment. Confronté aux premières réalisations de Giorgione, il a assimilé et adapté ces nouveautés à son expressivité artistique propre.

 

La composition et la structure architecturale de la toile n'est pas fondamentalement différente du Retable de San Giobbe : l'abside en forme de niche avec la Madone et des saints debouts à ses côtés. Saint-Pierre avec sa clef et le livre, Sainte-Catherine avec la palme du martyre et la roue cassée, Sainte Lucie et Saint-Jérôme, le savant qui a traduit la Bible en latin, et que Bellini représente donc que la lecture d'un livre. L'enfant Jésus leve ses petites mains pour bénir les fidèles devant l'autel. Un ange au pied de l'autel joue doucement du violon.

 

Ici aussi, d'un point de vue spatial, le tableau s'inscrit dans la continuaté de l'autel sur lequel il est placé. Le paysage qui apparait sur les côtés provient d'une idée tirée d'Alvise Vivarini expérimenté dans le retable Battuti à Belluno (aujourd'hui détruit) selon laquelle la lumière du ciel adoucit les formes. Ces couleurs, on ne peut les apprécier vraiment qu'en se rendant dans la petite église de San Zaccaria à Venise.

 

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Rédigé par rafael

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Publié le 25 Juillet 2010

Raphael marriage

Raphaël, 1504 Pinacothèque de Brera

 

Le Mariage de la Vierge est un tableau peint en 1504 par Raphaël alors que celui-ci se formait à Pérouse, dans l'atelier du Pérugin. Il s'agit en fait d'une copie d'un des tableaux de son maître ayant le même sujet, destinée à comparer leurs performances réciproques. Il ouvre une nouvelle époque de la Renaissance, une nouvelle approche de la composition et du rendu des personnages, plus libre, plus humaine.

 

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Rédigé par rafael

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Publié le 22 Juillet 2010

Botticelli les epreuves de moise moses tentation

Chapelle Sixtine, Vatican, Rome

 

Cette fresque fait face à La tentation du Christ également peinte par Botticelli sur le mur opposé de la chapelle sixtine. Les deux tableaux sont reliés par le même thème, celui de la tentation. Botticelli intègre avec une grande habileté sept épisodes de la vie du jeune Moïse dans ce paysage en traçant quatre diagonales dans lesquelles s'alignent les personnages. Comme le cycle de Moise commence sur le mur derrière l'autel, il doit être lu de droite à gauche

 

(1) Moïse, en habit jaune, frappe à mort un Egyptien et (2) doit fuir vers les Midianites. Là (3) il chasse un groupe de bergers qui empêchent les filles de Jethro de (4) tirer l'eau du puits. Après (5,6) la révélation divine du buisson ardent au coin supérieur gauche, Moïse obéit au commandement de Dieu et (7) conduit le peuple d'Israël dans une procession triomphale hors de l'esclavage d'Égypte.

 

La scène centrale dans laquelle Moise donne de l'eau aux moutons appartenant aux filles de Jethro, dont l'une d'entre elle, Séphora, deviendra sa femme est l'une des plus charmantes scènes de genre de tout le cycle. Selon l'interprétation canonique, c'est une référence au Christ qui veille sur son église. Comme il s'agit de l'événement principal, Botticelli a consacré deux scènes à l'appel de Moise. Alors que Moïse recherche les moutons égarés de son beau-père, Dieu lui apparaît dans un buisson ardent et lui ordonne de défaire ses sandales avant de l'approcher. Puis il lui ordonne de conduire les enfant d'Israël hors d'Égypte jusqu'à la terre promise.

 

Botticelli les epreuves de moise moses tentation (2)

 

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Publié le 10 Juillet 2010

mantegna dead christ mort

La Lamentation sur le Christ mort de Mantegna est l’un des tableaux les plus emblématiques des avancées picturales de la renaissance italienne. Il fut peint dans les années 1480. La mise en scène très originale du corps du christ représenté en perspectives plonge le spectateur directement dans la scène, l’audace de Mantegna est manifeste. La qualité du dessin du drapée, la virtuosité dans la représentation physique du christ révèlent toutes les avancées de la peinture italienne des débuts de la renaissance.


La position du christ fait apparaitre les stigmates de la crucifixion au premier plan, traces des clous sur les pieds et les mains. L’humanité du christ est ici mise en avant par le peintre.

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Publié le 1 Juillet 2010

Signorelli les derniers actes et la mort de Moïse death mo

Chapelle Sixtine, 1481.

 

Luca Signorelli (v. 1450-1523) est un peintre ombrien élève et collaborateur de Piero della Francesca. Appelé à Rome en 1481 pour la décoration de la chapelle Sixtine par le pape, il y peint Les Derniers jours de Moïse.  Artiste confirmé, le style de Signorelli est basé sur une composition rigoureuse et une approche très florentine de la peinture.

 

L'Ancien Testament:

 

Dt 34 1 Moïse monta de la plaine de Moab vers le mont Nébo, au sommet de la Pisga, qui est en face de Jéricho, et le Seigneur lui fit voir tout le pays : le Galaad jusqu'à Dan, 2 tout Nephtali, le pays d'Ephraïm et de Manassé, et tout le pays de Juda jusqu'à la mer Occidentale, 3le Néguev et le District, la vallée de Jéricho, ville des palmiers, jusqu'à Çoar. 4Et le Seigneur lui dit: « C'est là le pays que j'ai promis par serment à Abraham, Isaac et Jacob en leur disant: ''C'est à ta descendance que je le donne''. Je te l'ai fait voir de tes propres yeux, mais tu n'y passeras pas ».

5 Et Moïse, le serviteur du Seigneur, mourut là, au pays de Moab, selon la déclaration du Seigneur. 6 Il l'enterra dans la vallée, au pays de Moab, en face de Beth-Péor, et personne n'a jamais connu son tombeau jusqu'à ce jour. 7 Moïse avait cent vingt ans quand il mourut; sa vue n'avait pas baissé, sa vitalité ne l'avait pas quitté.

8 Les fils d'Israël pleurèrent Moïse dans la plaine de Moab pendant trente jours. Puis les jours de pleurs pour le deuil de Moïse s'achevèrent; 9 Josué, fils de Noun, était rempli d'un esprit de sagesse, car Moïse lui avait imposé les mains; et les fils d'Israël l'écoutèrent, pour agir suivant les ordres que le Seigneur avait donnés à Moïse.

10 Plus jamais en Israël ne s'est levé un prophète comme Moïse, lui que le Seigneur connaissait face à face, 11 lui que le Seigneur avait envoyé accomplir tous ces signes et tous ces prodiges dans le pays d'Égypte devant le Pharaon, tous ses serviteurs et tout son pays, 12 ce Moïse qui avait agi avec toute la puissance de sa main, en suscitant toute cette grande terreur, sous les yeux de tout Israël.

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Rédigé par rafael

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Publié le 2 Juin 2010

Veronese Les noces The Marriage at CanaMusée du Louvre, Paris

Appelé à Venise en 1553, Véronèse ne cessera d'exercer son talent de décorateur, apte à brosser d'immenses toiles où s'allient l'autorité scénographique, la somptuosité des costumes modernes et l'éclatante luminosité du coloris. Les Noces de Cana ornaient le réfectoire construit par Palladio pour les Bénédictins de l'île de San Giorgio Maggiore. L'épisode sacré est transposé, avec une liberté iconographique souveraine, dans le cadre fastueux d'une noce vénitienne.

 

Veronese les noces de cana (3)

 

Evangile de Jésus Christ selon saint Jean 2, 1-11


Trois jours plus tard, il y avait un mariage à Cana en Galilée. La mère de Jésus était là. Jésus aussi avait été invité au repas de noces avec ses disciples. Or, on manqua de vin ; la mère de Jésus lui dit : « Ils n’ont pas de vin. » Jésus lui répond : « Femme, que me veux-tu ? Mon heure n’est pas encore venue. » Sa mère dit aux serviteurs : « Faites tout ce qu’il vous dira. » Or, il y avait là six cuves de pierre pour les ablutions rituelles des Juifs ; chacune contenait environ cent litres. Jésus dit aux serviteurs : « Remplissez d’eau les cuves. » Et ils les remplirent jusqu’au bord. Il leur dit : « Maintenant, puisez, et portez-en au maître du repas. » Ils lui en portèrent. Le maître du repas goûta l’eau changée en vin. Il ne savait pas d’où venait ce vin, mais les serviteurs le savaient, eux qui avaient puisé l’eau. Alors le maître du repas interpelle le marié et lui dit : « Tout le monde sert le bon vin en premier, et, lorsque les gens ont bien bu, on apporte le moins bon. Mais toi, tu as gardé le bon vin jusqu’à maintenant. » Tel fut le commencement des signes que Jésus accomplit. C’était à Cana en Galilée. Il manifesta sa gloire, et ses disciples crurent en lui.

 

Veronese les noces de cana (2)

 

Véronèse dispose avec aisance cent trente convives, mêlant les personnages de la Bible à des figures contemporaines. Celles-ci ne sont pas réellement identifiables, même si une légende du XVIIIe siècle raconte que l'artiste se serait lui-même représenté en blanc, avec une viole de gambe aux côtés de Titien et de Bassano participant au concert. Le maître de cérémonie barbu pourrait être l'Arétin pour qui Véronèse avait une grande admiration. Au milieu de cette foule, plusieurs chiens, oiseaux, une perruche et un chat s'ébattent.

 

Véronèse mêle le profane et le sacré pour planter le décor. Les symboles religieux annonçant la Passion du Christ côtoient une vaisselle d'argent et une orfèvrerie luxueuses du XVIe siècle. Le mobilier, le dressoir, les aiguières, les coupes et vases de cristal montrent toute la splendeur du festin. Chaque convive assis autour de la table a son propre couvert composé d'une serviette, de fourchettes et d'un tranchoir. Dans cette double lecture, aucun détail n'échappe à l'artiste. Alors qu'un serviteur coupe la viande au centre de la composition, symbole du corps mystique du Christ, des boîtes de coings, symboles du mariage, sont servies en dessert aux invités.


Véronèse orchestre une véritable mise en scène. Le thème lui permet de créer un décor théâtral pour placer ses personnages. La composition, divisée en deux montre une partie supérieure avec le ciel parcouru de nuages blancs et une partie inférieure terrestre envahie par la foule. Les colonnes cannelées aux chapiteaux corinthiens évoquent les constructions récentes de l'architecte Palladio.


Le peintre a sélectionné des pigments précieux importés d'Orient par les marchands vénitiens, des jaunes orangés, des rouges vifs et le lapis-lazuli utilisé en grande quantité pour le ciel et les draperies. Ces couleurs jouent un rôle majeur dans la lisibilité du tableau. Elles contribuent, par leur contraste, à individualiser chacun des personnages. Grâce à une restauration de trois années, les couleurs ont retrouvé leur force et leur éclat pour parfois se modifier, comme pour le manteau du maître de cérémonie, qui du rouge est devenu vert, sa couleur originale.

 

Source: Musée du Louvre


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Rédigé par rafael

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Publié le 21 Mai 2010

Michelangelo Michel ange chapelle sixtine sistine Chapel

 

Michel-Ange fut appellé par le pape Jule II della Rovere en 1508 pour repeindre le plafond auquel il travailla de 1508 à 1512. Il peindra ensuite Le jugement dernier, derrière l'autel, entre 1535 et 1541, sur la commande du pape Paul III Farnese.

 

Les histoires de Moïse et les histoires de Jésus donnaient forme aux correspondances allégoriques qui faisaient s'accorder le règne de la Loi avec le règne de la Grâce. La voûte évoquera donc l'ère ante legem, d'avant la Loi et jusqu'au Déluge, qui manquait pour que soit achevé le cycle total de l'histoire du Salut, de la création du monde jusqu'aux temps présents : telle est la fonction des rectangles qui sont au centre et qui représentent ce qu'on nomme traditionnellement " les histoires de la Genèse ".

 

Mais la voûte complète encore les fresques de la zone inférieure en comblant le vide qui séparait la vie de Moïse de la naissance de Jésus : l'attente du Sauveur, en ces temps où la Révélation ne se manifestait que sous le voile de l'allégorie, s'exprimait alors en images par l'inspiration prophétique. C'est en effet une chose remarquable qu'en ce haut lieu de la chrétienté catholique, la figure littérale du crucifié n'apparaisse jamais. Tout pourtant se rapporte à elle comme à un centre invisible, puisque tout exprime par allégories l'événement de la Rédemption. Il y a loin en effet de la réalité infamante de la croix, telle qu'elle paraît de façon saisissante sur la crucifixion à peu près contemporaine que Grünewald, disciple de Luther et admirateur de Thomas Müntzer, réalise aux alentours de 1515, à la théologie savante de la Sixtine, qui sublime l'instrument du supplice dans la forme allusive du symbole.

 

Michel-Ange placera donc, de part et d'autre des scènes de la Genèse, pour signifier la longue attente du rachat, de la mort de Moïse à la nativité du Christ, les Devins ou les Voyants qui ont annoncé allégoriquement la venue du Sauveur : ce seront les prophètes de l'Ancien Testament pour le peuple d'Israël, et les Sibylles des antiques oracles pour les Gentils, cad pour le monde païen.

 

Il faut ajouter à ce système symbolique la longue série des ancêtres du Christ, dans les triangles de la voûte et les lunettes qui encadrent la partie supérieure des fenêtres, humanité ensommeillée et mélancolique qui semble attendre que le souffle de l'Esprit ne l'éveille à la vie ; dans les pendentifs, grands triangles curvilignes et concaves aux quatre angles de la voûte, les quatre moments miraculeux qui firent, en des situations désespérées, le salut du peuple juif, et qui préfigurent sous le règne de la Loi le triomphe de l'Église romaine sous le règne de la grâce : Judith et Holopherne, David et Goliath, le Serpent d'airain et le supplice d'Aman, qui voulait exterminer les Juifs, et le triomphe d'Esther, qui voulait les sauver.

 

Il serait certes outré de faire de Michel-Ange un véritable humaniste et savant, mais on peut deviner ce qu'il doit aux deux plus grands esprits qui se retrouvaient à l'Académie platonicienne : Marsile Ficin et Pic de la Mirandole.

 

Michelangelo Michel ange chapelle sixtine sistine Chapel (6

 

A l'image de la voûte de la Sixtine, unifiée par un système complexe de correspondances, l'univers, ou plutôt le cosmos de Ficin est gouverné par la ressemblance et la sympathie, chaque élément étant ainsi étroitement corrélé, par des forces occultes, à l'harmonie de l'ensemble. Pour ce grand admirateur de Platon, surtout celui du Banquet et du Phèdre, le monde visible est une image du monde intelligible, l'amour humain est comme l'ombre portée, dans le monde sensible, de l'amour divin, et la beauté de l'objet de l'amour comme le pressentiment de l'ineffable beauté divine. L'âme amoureuse, en proie au désir passionné de s'élever jusqu'au divin, passe par les quatre formes de délire dénombrées dans le Phèdre (244 b sq) : le délire amoureux selon la Vénus terrestre arrache l'âme à elle-même, cad à la part sensible d'elle-même, et lui apprend à mourir ; le délire poétique selon les Muses l'éveille à l'harmonie qui ordonne le cosmos ; le délire mystique selon Dionysos abstrait l'âme du sensible en lui découvrant, non la splendeur qui est en l'univers, mais le principe intelligible de son unité ; enfin le délire prophétique selon Apollon l'élève à la vision de l'unité, par l'intellect qui est le sommet de l'âme.

 

Michelangelo Michel ange chapelle sixtine sistine Chapel (7

 

La création est anthropocentrique, et l'homme, seul responsable du salut de son âme, est supérieur en dignité aux anges mêmes, qui sont déjà sauvés sans avoir à se sauver eux-mêmes. Dans un texte célèbre, souvent cité à propos de la voûte de la Sixtine, et plus particulièrement à propos de la scène de la création d'Adam, Pic imagine que le créateur s'adresse à sa créature : " Je ne t'ai fait ni céleste, ni terrestre, ni mortel ni immortel, afin que, souverain de toi-même, tu achèves ta propre forme librement, à la façon d'un peintre ou d'un sculpteur. Tu pourras dégénérer en formes inférieures, comme celles des bêtes, ou, régénéré, atteindre les formes supérieures, qui sont divines. "

 

Michelangelo Michel ange chapelle sixtine sistine Chapel (2

 

On retrouve dans l'art de Michel-Ange les grands traits du platonisme de Ficin comme de Pic : la révélation chrétienne complète harmonieusement la méditation païenne, et ne s'oppose pas à elle. C'est ainsi que sur la voûte, à l'exception toutefois de Zacharie et de Jonas, qui commencent et terminent la série, les prophètes de l'Ancien Testament sont exactement corrélés aux Sibylles qui étaient, dans les sanctuaires païens, douées de divination : Joël avec la Sibylle de Delphes, Isaïe avec la Sibylle d'Érythrée, Ézéchiel avec la Sibylle de Cumes, Daniel avec la Sibylle de Perse, et enfin Jérémie avec la Sibylle de Libye.

 

Michelangelo Michel ange chapelle sixtine sistine Chapel (3

 

Cette association entre les Prophètes et les Sibylles pouvait se réclamer de l'autorité des Pères de l'Église, Lactance (Institutions divines, IVe siècle) et Augustin (Cité de Dieu), qui s'appuyaient eux-mêmes sur un texte ésotérique, que l'on croyait alors très ancien, les Oracles Sibyllins, en vérité composé à Alexandrie au IIe siècle de notre ère. L'association Prophètes - Sibylles était il est vrai dans l'esprit du temps, puisqu'un ouvrage d'un dominicain, Domenico Barbieri, avait associé, quelques années auparavant, douze Sibylles à douze Prophètes (les corrélations qui sont celles de la voûte recoupent par trois fois, mais transgressent par quatre fois, celles du dominicain). Par ailleurs, les Sibylles n'étaient pas inconnues de l'art renaissant, puisqu'on les voit par Pérugin au Cambio de Pérouse, ou par Pollaiuolo sur le tombeau de Sixte IV à Rome. Mais jamais on n'avait placé, avec autant d'audace, à égalité de taille et de dignité, la Révélation faite aux fils d'Israël avec la divination de l'ancien paganisme.

 

L'esprit païen souffle encore sur cette voûte par la beauté du corps humain, unique objet de cet art, et qui se montre parfois, et surtout dans les radieuses figures des Ignudi, dans une souveraine nudité. Les réminiscences antiques sont nombreuses, celles du Laocoon récemment découvert (en janvier 1506), aussi le Torse du Belvédère, les deux citations les plus fréquentes, mais on a reconnu encore la pose d'un Hercule portant un jeune Bacchus dans la figure d'un Ignudo, et dans un putto, la figure d'un amour associé à Psyché, un groupe conservé dans les collections des Médicis.

 

Michelangelo Michel ange chapelle sixtine sistine Chapel (4Michelangelo Michel ange chapelle sixtine sistine Chapel (5
  

 

 

Source et pour en savoir plus:

http://www.cineclubdecaen.com/peinture/peintres/michelange/sixtine02plafond.htm

 

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Rédigé par rafael

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