renaissance france - europe du sud

Publié le 3 Janvier 2011

François Villon (1431-1463)
                                 

Frères humains, qui après nous vivez,

N'ayez les coeurs contre nous endurcis,

Car, si pitié de nous pauvres avez,

Dieu en aura plus tôt de vous mercis.

Vous nous voyez ci attachés, cinq, six :

Quant à la chair, que trop avons nourrie,

Elle est piéça dévorée et pourrie,

Et nous, les os, devenons cendre et poudre.

De notre mal personne ne s'en rie ;

Mais priez Dieu que tous nous veuille absoudre !

 

Se frères vous clamons, pas n'en devez

Avoir dédain, quoique fûmes occis

Par justice. Toutefois, vous savez

Que tous hommes n'ont pas bon sens rassis.

Excusez-nous, puisque sommes transis,

Envers le fils de la Vierge Marie,

Que sa grâce ne soit pour nous tarie,

Nous préservant de l'infernale foudre.

Nous sommes morts, âme ne nous harie,

Mais priez Dieu que tous nous veuille absoudre !

 

La pluie nous a débués et lavés,

Et le soleil desséchés et noircis.

Pies, corbeaux nous ont les yeux cavés,

Et arraché la barbe et les sourcils.

Jamais nul temps nous ne sommes assis

Puis çà, puis là, comme le vent varie,

A son plaisir sans cesser nous charrie,

Plus becquetés d'oiseaux que dés à coudre.

Ne soyez donc de notre confrérie ;

Mais priez Dieu que tous nous veuille absoudre !

 

Prince Jésus, qui sur tous a maistrie,

Garde qu'Enfer n'ait de nous seigneurie :

A lui n'ayons que faire ne que soudre.

Hommes, ici n'a point de moquerie ;

Mais priez Dieu que tous nous veuille absoudre !

 

Il est souvent dit que Villon composa Frères humains à l'ombre de la potence qui lui fut promis par le prévôt de Paris suite à l'affaire Ferrebouc. Gert Pinkernell, par exemple souligne le caractère désespéré et macabre du texte et en conclut que Villon l'a surement composé en prison. Cependant, comme le souligne Claude Thiry : "C'est une possibilité, mais parmi d'autres : on ne peut tout à fait l'exclure, mais on ne doit pas l'imposer". Il remarque en effet que ce n'est pas, loin s'en faut, le seul texte de Villon qui fasse référence à sa peur de la corde et aux dangers qui guettent les enfants perdus[1]. Les ballades en jargon, par exemple, recèlent de nombreuses allusions au gibet, et il serait plus qu'hasardeux de les dater de cet emprisonnement. De plus, Thiry montre aussi que Frères humains, pour peu que l'on fasse abstraction du titre moderne qui fausse la lecture, est un appel à la charité chrétienne envers les pauvres plus qu'envers les pendus, et que contrairement à l'immense majorité de ses textes, celui-ci n'est pas présenté par Villon comme autobiographique. De même, le caractère macabre de la ballade se retrouve aussi dans son évocation du charnier des innocents des huitains CLV à CLXV du Testament.

 

Ce poème est un appel à la charité chrétienne, valeur très respectée au Moyen Âge (Car, si pitié de nous pauvres avez, / Dieu en aura plus tost de vous merciz., car si vous avez pitié de nous/Dieu aura plus vite pitié de vous-aussi'). La rédemption est au cœur de la ballade. Villon reconnaît qu'il s'est trop occupé de son être de chair au détriment de sa spiritualité. Ce constat est renforcé par la description très crue et insupportable des corps pourrissants (qui fut probablement inspirée par le spectacle macabre du charnier des innocents) qui produit un fort contraste avec l'évocation des thèmes religieux. Les pendus exhortent d'abord les passants à prier pour eux, puis dans l'appel, la prière se généralise à tous les humains.

 

Source: Wikipedia

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Publié le 28 Décembre 2010

Francois quesnel Sully

 

Peintre français (1543-1619) il eut une vogue considérable à Paris pour ses portraits, sa recherche du fini ne va pas sans une certaine préciosité. Il a laissé de la société de son temps, la cour d’Henri III un portrait réaliste.

 

Francois quesnelFrancois quesnel (2)

 

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Publié le 12 Décembre 2010

Clément Marot (1497-1544)
                                     

Dedans Paris, Ville jolie,

Un jour, passant mélancolie,

Je pris alliance nouvelle

A la plus gaie demoiselle

Qui soit d'ici en Italie.

 

D'honnêteté elle est saisie

Et crois (selon ma fantaisie)

Qu'il n'en est guère de plus belle

Dedans Paris.

 

Je ne vous la nommerai mie,

Sinon, que c'est ma grande Amie,

Car l'alliance se fit telle,

Par un doux baiser, que j'eus d'elle

Sans penser aucune infamie,

Dedans Paris.

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Rédigé par rafael

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Publié le 4 Décembre 2010

 

 

Saratoga Chamber Singers 2007-2008 Fall Concert

 

Maître de la "chanson parisienne", Janequin passe les 25 premières années de sa vie dans le Bordelais. En 1549, il s’installe à Paris et devient chantre ordinaire du roi. A l’âge de soixante-dix ans, il décide de devenir étudiant et entre à l’Université de Paris. Ses fonctions à la chapelle royale assurent son existence mais ne l’empêcheront pas de mourir dans la pauvreté.

Clément Janequin apparaît comme le maître de la chanson polyphonique du XVIe siècle, surtout dans le domaine de la musique profane. Son nom reste attaché aux Amours de Ronsard, à quelques poèmes de François Ier qu’il illustre musicalement, et à ceux également de Clément Marot.

La partie la plus originale et la plus célèbre de son œuvre est la chanson descriptive. Ce sont de grandes chansons ponctuées d’interjections, de cris, de paroles et d’onomatopées qu’on peut considérer comme les ancêtres de « la musique à programme ».

 

Ces oeuvres lui valurent une renommée européenne, alors que la France ne l’avait pas encore reconnu à sa mort. Voici l’hommage du poète Jean Antoine de Baïf à Janequin :

 

" ... Soit que représenter le vacarme il ose,

Soit qu’il joue en ses chants le caquet féminin,

Soit que des oisillons les voix il représente,

L’excellent Janequin, en tout cela qu’il chante

N’a rien qui soit mortel, mais il est tout divin. "

 

Source: http://www.acim.asso.fr/article.php3?id_article=36

 

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Publié le 19 Juillet 2010

 

A l'éclair violent de ta face divine

Théodore Agrippa d' AUBIGNÉ   (1552-1630)

                       

 

A l'éclair violent de ta face divine,

N'étant qu'homme mortel, ta céleste beauté

Me fit goûter la mort, la mort et la ruine

Pour de nouveau venir à l'immortalité.

 

Ton feu divin brûla mon essence mortelle,

Ton céleste m'éprit et me ravit aux Cieux,

Ton âme était divine et la mienne fut telle :

Déesse, tu me mis au rang des autres dieux.

 

Ma bouche osa toucher la bouche cramoisie

Pour cueillir, sans la mort, l'immortelle beauté,

J'ai vécu de nectar, j'ai sucé l'ambroisie,

Savourant le plus doux de la divinité.

 

Aux yeux des Dieux jaloux, remplis de frénésie,

J'ai des autels fumants comme les autres dieux,

Et pour moi, Dieu secret, rougit la jalousie

Quand mon astre inconnu a déguisé les Cieux.

 

Même un Dieu contrefait, refusé de la bouche,

Venge à coups de marteaux son impuissant courroux,

Tandis que j'ai cueilli le baiser et la couche

Et le cinquième fruit du nectar le plus doux.

 

Ces humains aveuglés envieux me font guerre,

Dressant contre le ciel l'échelle, ils ont monté,

Mais de mon paradis je méprise leur terre

Et le ciel ne m'est rien au prix de ta beauté.

 

Théodore Agrippa d’Aubigné (1552-1630), protestant, est l’un des grands poètes de la fin de la renaissance en France. Favoris d’Henri IV, il est profondément engagé dans les polémiques de son époque et fait dans Les Tragiques une description des guerres de religions, des massacres et persécutions dont sont victimes les protestants. L’hiver est un beau poème sans artifice sur la vie, la mort et la vieillesse, hommage au maître qui sans artifices a rompu avec la tradition.

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Publié le 27 Juin 2010

Paris Jardins du Luxembourg (5)

 

Le Jardin du Luxembourg fut créé en 1617 à la demande de Marie de Médicis par Boyeau de la Bareaudière, paysagiste reconnu à l’époque et théoricien du « jardin à la française ». La jardin à l’origine s’organisait autour d’un parterre central couronné de terrasses. Deux milles ormes furent plantées pour cadrer la perspective. A l’origine celle-ci ne débouchait pas, les Chartreux occupant le sud du jardin, à la révolution les moines furent expulsées et la perspective complétée.

 

Paris Jardins du Luxembourg (4)

 

Le jardin fut remanié par Chalgrin sous le premier empire. Il fit construire les balustrades qui surplombent le parterre et le bassin central. Le jardin devient public en 1778, offrant à la fois l’agrément des parterres et bassins mais aussi le plaisir de découvrir un ensemble de statue unique représentant les reines et grandes dames de France, œuvre de sculpteurs académiques du XIXe siècle: Frémiet, Cain, Bourdelle, Marqueste…

 

Paris Jardins du Luxembourg

 

Paris Jardins du Luxembourg (2)

 

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Publié le 25 Mai 2010

Blois-le-Chateau--2-.jpg

 

Au XVIe siècle l'ancienne forteresse des comtes de Blois renaît quand Louis XII s'y installe au début de son règne. Blois, devient résidence royale, et va jouer un rôle comparable à celui de Versailles aux siècles suivants. Louis XII et sa femme, Anne de Bretagne, se plaisent au château. Le roi commence par la construction du corps de logis de l'entrée, dont la façade donne alors sur une avant cour, et fait établir, par le jardinier italien d'Amboise, de vastes jardins en terrasses.

 

En 1515, François 1er succède à Louis XII. C'est à François 1er que l'on doit les plus belles parties de l'édifice. Sa femme, Claude de France, est la fille du défunt roi. Elle a été élevée à Blois, et est fort attachée au château. En 1524, elle meurt d'une maladie de langueur, à peine âgée de 25 ans, après avoir donné au roi 7 enfants en huit ans.

 

C'est sous Henri III que Blois joue vraiment un rôle important, Les États Généraux se tiennent à Blois à deux reprises. En 1576, on y réclame la suppression de la religion protestante. En 1588, Henri de Guise, lieutenant général du royaume, chef de la Ligue, tout-puissant à Paris et appuyé par le roi d'Espagne, oblige Henri III à convoquer pour la deuxième fois les États Généraux. 500 députés sont présents, presque tous acquis à Guise. Le Duc compte obtenir d'eux la déchéance du roi. Celui-ci se sent sur le bord de l'abîme et ne voit plus que l'assassinat pour se débarrasser de son rival. Le meurtre a lieu dans le château même, au deuxième étage.

 

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En 1617, Marie de Médicis est reléguée à Blois par son fils, Louis XIII. Après deux ans de captivité dorée, la reine mère s'évade. En dépit de son embonpoint, elle serait descendue la nuit dans le fossé, par une échelle de corde. Après cette prouesse, la mère et le fils se réconcilient.

 

En 1626, Louis XIII, pour éloigner son frère, Gaston d'Orléans, lui donne le comté de Blois. Il essaie d'éloigner cet éternel conspirateur en le persuadant de rebâtir le château. Gaston d'Orléans demande alors au grand architecte Mansart le plan d'un très vaste édifice qui ferait table rase de l'ancien. Pendant trois ans les travaux vont bon train. Puis, à la naissance du futur Louis XIV, comme les chances de régner s'éloignent pour Gaston d'Orléans, Richelieu juge inutile de continuer les dépenses et il coupe les subsides. L'activité du chantier tombe. Durant les dernières années de sa vie, le conspirateur assagi habite l'aile François 1er.

 

Blois-le-Chateau.jpg

 

Source et pour en savoir plus:

http://www.37-online.net/chateaux/blois.php

 

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Rédigé par rafael

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