neo-classicisme

Publié le 7 Mai 2018

Pierre-Narcisse Guérin - Didon écoutant le récit des malheurs d’Énée

"   Didon écoutant le récit des malheurs d’Énée offre des qualités fort remarquables. Il est impossible de ne pas rendre justice à la pose de Didon, tout à la fois gracieuse et nonchalante. L’inflexion générale du corps est d’une grande souplesse et se recommande par des lignes très heureuses. Le visage tout entier écoute bien, Guérin a très habilement rendu l’expression du poète latin, qui nous représente la reine de Carthage suspendue aux lèvres d’Enée. L’attitude voluptueuse du personnage se concilie sans effort avec l’attention qui respire dans tous les traits. On a trouvé le héros troyen quelque peu insignifiant, et j’avoue qu’il me serait difficile de saisir sur son visage une pensée nettement déterminée. Cependant il y a dans son attitude, sinon dans son regard, une expression de noblesse et de grandeur. La sœur de Didon, appuyée sur le lit où la reine est couchée, est une des figures les plus gracieuses qui soient nées sous le pinceau de l’auteur. Les yeux et la bouche sont pleins de tendresse, et cette tendresse est mêlée de générosité. Anna écoute d’une oreille, attentive le récit d’Énée, comme si elle pressentait la passion funeste que ce récit allumera dans le cœur de Didon. Je ne professe pas une grande admiration pour le faux Ascagne, bien que cette figure ait obtenu, il y a trente-trois ans, une popularité prodigieuse. La malice que le peintre a voulu mettre dans les yeux et sur les lèvres du faux Ascagne n’est pas exempte d’afféterie. Or, s’il y a au monde un poète qui conseille, qui prescrive la simplicité, c’est à-coup sûr Virgile. Chez le poète latin, il n’y a pas trace du défaut que je signale dans le faux Ascagne. Cependant, malgré la physionomie insignifiante du narrateur, malgré l’afféterie qui gâte la malice du fils de Vénus, il reste encore dans ce tableau beaucoup à louer. La toile tout entière est inondée de lumière. La mer s’étend au loin et l’œil nage avec bonheur dans cet espace indéfini. On pourrait souhaiter une plus grande sobriété de détails dans le vêtement de la reine, dans le lit même où elle est couchée. Il est certain en effet que les ornemens prodigués par le peintre exposent le regard du spectateur à de fréquentes distractions, et nuisent d’autant à l’effet poétique de la composition. Pourtant il ne faut pas oublier que Virgile nous représente Didon comme une femme belle et fière de sa beauté, et l’illustre Mantouan, dans le portrait de la reine de Carthage, n’omet pas la coquetterie. Ainsi je n’attache pas une grande importance à la remarque précédente. Bien que je préfère, en toute occasion, la simplicité à la profusion, je ne puis voir dans les ornemens imaginés par le peintre pour le vêtement de Didon un sujet de reproche bien sérieux, et je loue volontiers l’élégance et l’élévation qui règnent dans toutes les parties du tableau ; car le faux Ascagne lui-même, malgré sa malice un peu affectée, n’est pas dépourvu d’élégance. Pour traduire ainsi les poètes de l’antiquité, il faut avoir vécu avec eux dans un commerce familier, et la Didon de Guérin demeure comme un témoignage éclatant de l’assiduité, de la persévérance de ses études. "

Peintres et sculpteurs modernes de la France - Géricault
Gustave Planche
 

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Publié le 29 Avril 2018

Pierre-Narcisse Guérin - Clytemnestre poussée par Égiste au meurtre d’Agamemnon

" Clytemnestre poussée par Égiste au meurtre d’Agamemnon n’est pas moins digne d’attention que Didon écoutant le récit d’Épée. La lumière sanglante répandue sur tous les personnages s’accorde très bien avec la scène que l’auteur a voulu représenter. La lecture d’Eschyle n’a pas été pour lui moins féconde que la lecture de Virgile. La reine adultère est très bien conçue. Son visage, sa démarche, respirent une rage homicide. Pour posséder librement l’amant qu’elle a choisi, elle a résolu d’égorger son mari ; mais sa main n’est pas aussi hardie que son cœur et tremble au moment de l’exécution. La mère d’Oreste, qui doit un jour venger le meurtre de son père, cherche dans le crime même un lien de plus pour enchaîner Égisthe. Toutes les intentions du poète sont fidèlement rendues par le peintre. Tout dans cette composition est si habilement calculé, que l’esprit n’hésite pas un instant sur le rôle assigné à chaque personnage. Il est permis de blâmer les proportions que l’auteur a données au roi d’Argon. Il faudrait en effet qu’Agamemnon fût placé assez loin d’Égisthe et de Clytemnestre pour que le spectateur pût accepter ces proportions. La reine et son amant sont dans la chambre du roi, et il semble qu’Agamemnon soit séparé de nous par une vingtaine de pas. C’est là certainement une erreur positive, mais une erreur toute matérielle, qui n’enlève rien à la grandeur de la composition. C’est une question de perspective, qu’un écolier, après six mots d’étude, pourra facilement redresser. Quant au mérite poétique de ce tableau, il faudrait, pour le contester, ne pas connaître le premier mot de la tragédie grecque. Quiconque en effet a vécu familièrement avec Eschyle, avec Sophocle, comprend toute l’élévation, toute la fidélité du tableau de Guérin. Si l’exécution n’est pas aussi savante, aussi précise qu’on pourrait le souhaiter, la physionomie et la pantomime des personnages sont de nature à contenter le goût le plus difficile. Y a-t-il aujourd’hui beaucoup de peintres dont les œuvres méritent le même éloge ? La Clytemnestre de Guérin est une composition long-temps méditée, habilement conçue, et qui tiendra toujours un rang élevé dans l’école française. "

Peintres et sculpteurs modernes de la France - Géricault
Gustave Planche
 

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Rédigé par rafael

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Publié le 8 Février 2018

Ingres
Ingres

Ingres (1780-1867) commence sa carrière comme élève de David. Grand prix de Rome en 1801 il ne partira pour la Villa Médicis qu'en 1806. Pendant ces cinq années d'attente il peint de nombreux portraits, il affirme à cette époque sa rigueur classique, son sens de la psychologie et son attrait pour les singularités. A Rome, de 1806 à 1810, il continue à produire des portraits tout en composant des tableaux historiques ou mythologiques. 

Ingres - Jupiter et Thétis - Période Romaine

Ingres - Jupiter et Thétis - Période Romaine

Malmené par la critique parisienne qui lui reproche son naturalisme, Ingres reste à Rome et continua à peindre de nombreuses œuvres, dont La Grande Odalisque en 1814.

Ingres - La Grande Odalisque - 1814

Ingres - La Grande Odalisque - 1814

Résolu à revenir en France, il accepte  d'exécuter pour la Cathédrale de Montauban Le Voeu de Louis XIII qu'il présente au salon de 1824. Ce pastiche de Raphaël connut un triomphe et permet à Ingres de s'installer à Paris. Il devient vite le porte-drapeau de la tradition face au romantisme. En 1835 face aux nombreuses critiques, Ingres, élu à l'Institut, repart pour Rome afin d'y diriger l'Académie de France. 

Ingres - Le Voeu de Louis XIII

Ingres - Le Voeu de Louis XIII

Ingres - Stratonice et Antiochus - 1840

Ingres - Stratonice et Antiochus - 1840

Il retourne à Paris en 1841 après le succès de Stratonice et Antiochus et devient dès lors le chef de l'école classique face notamment à Delacroix. Il multiplie les portraits, les scènes de genre et historiques ou de mythologie.Le couronnement de son oeuvre reste l'admirable composition du Bain Turc en 1863.

Ingres - Le bain turc - 1863

Ingres - Le bain turc - 1863

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Publié le 8 Février 2018

François Marius Granet - Crypte de Saint-Martin au Mont, Rome - Musée Fabre Montpellier - 1806

François Marius Granet - Crypte de Saint-Martin au Mont, Rome - Musée Fabre Montpellier - 1806

François-Marius Granet est un peintre français amoureux de l’Italie, qui a su, grâce à sa passion pour les paysages, faire le lien entre l’Italie et la France, le siècle des lumières et l’époque romantique. Granet, par sa sensibilité et son travail, a su dépeindre avec précision l’atmosphère délicate et poétique de lieux magiques, un peu oubliés comme la crypte de Saint-Martin du Mont à Rome. 

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Publié le 5 Février 2018

François-Xavier Fabre - La mort d'Abel

François-Xavier Fabre - La mort d'Abel

Loué par la critique lors de sa présentation à Paris au Salon de 1791, ce tableau
témoigne brillamment des ambitions du jeune Fabre alors considéré comme un des
plus brillants et prometteurs élèves de David. Pensionnaire du roi à Rome, Fabre
exécute, selon les règlements de l’Académie, plusieurs académies masculines dont celle-ci, de loin la plus élaborée : s’inspirant d’un passage de la Genèse,
Fabre représente le héros biblique, le corps nu renversé sur une dalle de pierre, après
le combat avec son frère Caïn. Fabre répond à la double exigence de peindre une
académie dans un souci d’objectivité et de clarté mais aussi d’exprimer une
émotion, préoccupation essentielle du peintre d’histoire qu’il rêve alors de devenir.
La paroi rocheuse, coupante et déchiquetée, le rideau de verdure, les vapeurs du
brasier exaltent le corps glorieux du héros, glabre et lisse comme un groupe sculpté
antique. Le soin apporté au rendu des belles matières tactiles - chevelure soyeuse,
ruban rose, fourrure barrant le corps -, l’expression boudeuse du visage, le regard à
demi mort, le site solitaire et romantique ajoutent encore au charme fascinant et
trouble de ce tableau mettant en scène avec un raffinement extrême cette mort
mythique brutale et injuste. Ce chef-d’œuvre de Fabre s’inscrit dans une longue
tradition d’académie virile depuis David, Drouais, Regnault où préfigure le Sommeil
d’Endymion (Louvre) de son rival Girodet, unanimement admiré au Salon de 1793

Musée Fabre

David - La mort d'Hector

David - La mort d'Hector

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Publié le 3 Février 2018

Fabre - La mort de Narcisse - Musée Fabre Montpellier - 1814

Fabre - La mort de Narcisse - Musée Fabre Montpellier - 1814

« Monsieur Fabre,(…), doit être loué comme un homme très capable. Il peint avec goût et avec un très bon coloris brillant. Il peint aussi de temps en temps des paysages avec de petits personnages historiques dans le goût de Poussin »

Hackert (grand paysagiste allemand du XVIIIème siècle) à Goethe dans un correspondance (1806).

Fabre est considéré comme un paysagiste à part entière à l'instar d'autres de ses contemporains tels que Valenciennes, Bertin ou Demarne qui poursuivent sous l'Empire une brillante carrière. Le paysage occupe une part non négligeable de l'activité du peintre montpelliérain. Plusieurs indices montrent l'intérêt fondamental de l’artiste pour le paysage. En premier lieu, les dessins, et ce dès les années romaines, comme en attestent les correspondances des directeurs de l’Académie, parlant d’un coup de soleil attrapé par le jeune Fabre lors de séances en plein air.

Fidèle à l'enseignement de Valenciennes dont il achète les Eléments de perspective pratique dès leur parution en 1801, Fabre ne cesse de pratiquer le dessin sur le motif, en particulier dans ce vaste parc des Cascine, aménagé au XVIIIème siècle et situé à l'ouest de Florence sur la rive droite de l'Arno. Le grand nombre d'études, conservées au musée Fabre, exécutées dans la campagne florentine, et de nombreux tableaux, y compris les portraits, prouve la persistance de l’intérêt de Fabre, tout au long de sa carrière, pour la représentation de la nature. C’est ainsi qu’il peut continuer à travailler son métier de peintre, toujours avec un réalisme scrupuleux et un désir d’élever le genre vers la peinture d’histoire. L'Extase de Sainte Madeleine, réalisé en 1805, montre notamment, à travers le choix d'un sujet sacré et édifiant, la volonté d'anoblir et de représenter la nature comme un sujet historique. Ces éléments placent d'emblée Fabre dans la lignée des grands maîtres du paysage classique du XVIIème siècle. Plusieurs tableaux parmi les plus connus, du Portrait d’Allen Smith (Fitzwilliam Museu à Cambridge), à La Mort de Narcisse (Musée Fabre à Montpellier) permettent d’envisager toutes les recherches que l’artiste a pu mener dans ce domaine, allant du romantisme nordique à un classicisme témoignant de sa dévotion envers les grands modèles du passé comme Dughet et Poussin.

 

Source: Musée Fabre

Fabre - La mort de Narcisse - Musée Fabre Montpellier - 1814 - Détail

Fabre - La mort de Narcisse - Musée Fabre Montpellier - 1814 - Détail

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Rédigé par rafael

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Publié le 31 Janvier 2018

Fabre - Canova

" Sublime miroir aux dires véridiques ! » s'exclame le poète Alfieri devant son portrait réalisé par Fabre en 1793, actuellement conservé à Florence à la Galerie des Offices, ajoutant : « On aurait dit qu'on avait fait un trou dans la toile et que j'y avais passé la tête » pour celui peint en 1797 et conservé au musée d’Asti en Italie. Le portrait n’est pas la vocation première de Fabre. Comme tous les grands peintres de sa génération, il se veut avant tout peintre d'histoire. Dès ses débuts, il pratique par goût et par besoin le genre du portrait, très apprécié de son temps, comme en témoignent les écrits des livrets des Salons parisiens. Activité d'appoint, rapide et lucrative, le portrait est un moyen aisé pour un peintre qui a du talent pour fixer l'image des êtres chers ou des grands personnages, perfectionner l'étude de l'homme, peindre les caractères et les sentiments de ses contemporains. À partir de 1793, les portraits vont constituer une part croissante de la production de l’artiste, jusqu'à représenter les deux tiers des tableaux connus. A travers la représentation de la société florentine, qui rassemble à cette époque toute la fine fleur de l’aristocratie européenne en exil ou en villégiature, Fabre renoue de manière magistrale avec la grande peinture de l’Histoire, très présente dans les années de l’Empire. Cette rétrospective présente ainsi les plus grands portraits de Fabre, et faisant renaître de manière saisissante toute l’élite d’une époque, témoigne surtout de toutes les qualités d’un peintre qui, à travers un genre considéré comme mineur, celui du portrait, continue à exercer son métier de grand peintre. "

Source: Musée Fabre

"Canova, fils de tailleur de pierre, fait son apprentissage à Venise et s’installe à Rome à partir de 1781. Après avoir remporté plusieurs prix à l'Académie des Beaux-Arts de Venise, il y donne successivement plusieurs ouvrages qui le mettent bientôt au premier rang des sculpteurs modernes. Il est renommé pour la délicatesse de ses sculptures sur marbre. Devenu le maître du néoclassicisme en sculpture, il acquiert une autorité comparable à celle de David en peinture. Il consacre une bonne partie de sa fortune que lui vaut son art à des activités de bienfaisance ou de soutien à de jeunes artistes."

 

Source: Musée Fabre

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Publié le 25 Janvier 2018

 

Élève de David, prix de Rome en 1787, François-Xavier Fabre est, comme Wicar, l'un de ces artistes français profondément marqués par le néo-classicisme, qui menèrent en Italie la plus grande partie de leur carrière. En 1826 seulement, Fabre revint s'installer à Montpellier, sa ville natale, à laquelle il légua ses collections, comme Wicar le fit pour Lille. C'est ainsi que le musée de Montpellier possède un fonds particulièrement intéressant pour l'art français des années 1800.

La prédication de Saint-Jean Baptiste

Voici comment Luc présente l'entrée en scène de Jean-Baptiste : « L'an quinze du gouvernement de Tibère César, Ponce Pilate étant gouverneur de Judée, Hérode tétrarque de Galilée, Philippe son frère tétrarque du pays d'Iturée et de Trachonitide, et Lysanias tétrarque d'Abilène, sous le sacerdoce de Hanne et de Caïphe, la parole de Dieu fut adressée à Jean, fils de Zacharie, dans le désert. Il vint dans toute la région du Jourdain, proclamant un baptême de conversion en vue du pardon des péchés comme il est écrit au livre des oracles du prophète Isaïe... »

Le dernier des prophètes vient préparer un peuple bien disposé à accueillir le Messie. Le peuple est dans l'attente. Jean l'invite à choisir une voie droite, mais il ne demande pas à ses auditeurs de tout quitter pour le suivre. Il n'est pas le Messie. Que nul ne se trompe. Un plus fort vient qui baptisera lui aussi mais dans l'Esprit Saint et le feu. Ce baptême sera inauguré à la Pentecôte. Deux fois dans les Actes est citée la parole du Seigneur:  « Jean a donné le baptême d'eau, mais vous allez recevoir le baptême dans l’Esprit Saint” (Actes 1,5 et 11,16). Le baptême de Jean avait un rôle préparatoire. 

Source: bible-service.net

Esquisse du tableau.

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Publié le 23 Janvier 2018

David - Portrait du médecin Alphonse Leroy

David - Portrait du médecin Alphonse Leroy

Le Portrait du médecin Alphonse Leroy est un tableau peint par Jacques-Louis David en 1783 et conservé au musée Fabre de Montpellier. L'attention portée sur les détails naturalistes et la tonalité vive de la toile marque chez David une influence des peintres flamands qu'il a vus lors de son séjour dans les Flandres en 1781. Jean-François Garneray, l'un de ses élèves, l'assista pour la peinture des étoffes et de la main. Le tableau est exposé au Salon de peinture et de sculpture de 1783, et fait aujourd'hui partie des collections du musée Fabre, qui l'a acheté en 1829.

Le tableau représente le célèbre médecin accoucheur Alphonse Leroy dans son cabinet de travail, dans la posture du savant à l'étude. Son regard est porté vers le spectateur plutôt que vers la feuille sur son bureau : le modèle est saisi juste au moment où il va se mettre au travail, alors qu'il a déjà la plume à la main. Il est également entouré des attributs de sa profession : il est accoudé sur un ouvrage d'Hippocrate traitant des maladies de la femme, le Morbi mulierum et son cabinet de travail est éclairé par une lampe à mèche cylindrique, dite lampe à quinquet, qui était une invention de Leroy lui-même. Ce symbole de modernité fait également trait au langage classique de l'emblème : en effet, la lampe, associée au livre, est l'un des attributs de l'étude dans l'Iconologia de Cesare Ripa. Le fond neutre est caractéristique des portraits de David.

Wikipedia

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Publié le 21 Janvier 2018

Jeune berger d'Arcadie

Le Soldat romain au repos

Le Soldat romain au repos

Élève de David, prix de Rome en 1787, François-Xavier Fabre est, comme Wicar, l'un de ces artistes français profondément marqués par le néo-classicisme, qui menèrent en Italie la plus grande partie de leur carrière. En 1826 seulement, Fabre revint s'installer à Montpellier, sa ville natale, à laquelle il légua ses collections, comme Wicar le fit pour Lille. C'est ainsi que le musée de Montpellier possède un fonds particulièrement intéressant pour l'art français des années 1800.

À la différence de Wicar, marqué par l'idéologie révolutionnaire, l'installation de Fabre à Florence, où sa famille le rejoignit, est surtout due à son hostilité à la Révolution et à sa fidélité à l'Ancien Régime. Il repoussera toutes les avances de l'administration française et refusa par exemple, malgré la demande de Cacault, de participer à l'opération de transfert des œuvres d'art à Paris. L'homme est complexe. Son amitié amoureuse avec la comtesse d'Albany, qui avait fui son mari, Charles-Édouard Stuart, prétendant à la couronne d'Angleterre, pour rejoindre le poète et dramaturge Alfieri, est célèbre. Alfieri meurt en 1803 et Fabre devient le familier de la comtesse. Ce roman, qui assura à Fabre une forte position mondaine, donna aussi toute une série de portraits de la comtesse et d'Alfieri, dont les plus connus sont ceux de la galerie des Offices à Florence (1794) et la double effigie de 1796 (Musée civique, Turin).

Parmi les néo-classiques, Fabre est de ceux qui ont été marqués autant par les « classiques » du XVIIe siècle que par le retour à l'antique même. Le Nabuchodonosor faisant tuer les enfants de Sedecias en présence de leur père (1787) montre que l'élève de Vien avait beaucoup regardé Poussin. La Sainte Famille avec saint Jean-Baptiste enfant (1802, musée de Montpellier) n'a pas seulement la rareté pour l'époque d'être un sujet religieux. Elle évoque directement, par le purisme du dessin, la mise en place des foules, le traitement du paysage, l'art apaisé d'un La Hyre ou d'un Bourdon. Fabre échappe le plus souvent à l'emphase et à la tension des néo-classiques. Comme dans le grand portrait de la famille Clarke (musée Marmottan), de plaisants détails comme l'habillement troubadour des enfants, la place donnée au paysage témoignent des qualités d'un artiste qui, même s'il est resté plus proche de David que de Gérard, est l'un des maîtres du néo-classicisme tempéré.

 

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Rédigé par rafael

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