naturalisme et impressionisme

Publié le 20 Septembre 2011

camille Pissarro paysage ete

 

«  …je m’arrêterai devant une toile huchée sur un chevalet, un paysage d’été où le soleil pleut furieusement sur un champ de blé. C’est là le meilleur paysage que je connaisse de M. Pissarro. Il y a sur ce champ un poudroiement de soleil, un tremblement de nature chauffée à outrance, curieux. »

 

Huysmans, L’Art Moderne, 1883, Exposition des Indépendants en 1880.

 



"On peut voir dans la galerie Durand-Ruel une exposition de cent toiles de M. Camille Pissarro : plaisir rare et rarement goûté. Cette exposition comporte des œuvres anciennes et de toutes récentes aussi : elle nous montre ce maître, qui fut un chercheur éternel, à toutes les époques de sa vie d'artiste. Elle nous est donc, non seulement une précieuse joie esthétique, mais encore un très précieux renseignement biographique, quelque chose comme le résumé de l'histoire intellectuelle d'un des […]

 

 



Peintre français (1830-1903) venu à Paris en 1855 pour se consacrer à la peinture il reçoit les conseils de Corot et se lie avec Monet, Cézanne et Guillaumin. Attiré par la campagne et la nature il est principalement un peintre rustique qui sait avec une très grande poésie, rendre les ambiances changeante de la campagne et des saisons. C’est de sa période dite de Pontoise de 1872 à 1884 que datent ses meilleurs œuvres où il marie avec beaucoup de sensibilité l’approche picturaliste de Monet […]

 



"Devant ces toiles où tant de certitude et de jeunesse se mêlent, je me souviens d’une parole de Claude Monet : - Venise… non… je n’irai pas à Venise… Claude Monet avait raison. Venise n’est pas une ville. Vivante ou morte, une ville nous émeut par les maisons, les hommes et l’atmosphère. Or, à Venise, tous les poètes savent bien qu’il n’y a pas de maisons, mais des palais. Il n’y a pas d’atmosphère, puisqu’un voile rose est posé sur Venise, comme une écharpe autour d’une danseuse. Il y a […]

 

 


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Publié le 19 Septembre 2011


Les galeries Royales Saint-Hubert sont les premières grandes galeries commerciales construites au XIXème siècle. 

Edifiées en 1847 sous l'impulsion de Léopold Ier par l'architecte Jean-Pierre Cluysenaar, elles redonnent une autre dimension aux traditionnels passages de type parisien.

Ses dimensions sont beaucoup plus généreuses et préfigurent les réalisations monumentales que l'on trouve à Milan et Naples. Larges de 8.30 m, longues de 213 m et couvertent d'une verrière qui culmine à 18 m de haut, les galeries s'articulent par un péristyle à leur croisement avec la rue des Bouchers non loin de la Place Royale.
L'ensemble forme une large rue couverte bordée d'immeuble sur 3 niveaux où l'on trouve des terrasses de café, des magasins, un théatre et un cinéma.


Le style général des façades reprend des motifs typiques de la rennaissance italienne : arcades au rez-de-chaussées, sculptures aux étages, colonnades encastrées en façade. 

La vérrière, par contre, est d'avant-garde. Elle est composée d'une structure autoportante faite d'arcs en plein ceintre sur lesquels reposent directement 16 500 carreaux de verre disposés en écailles pour assurer la ventilation du volume.

Aujourd'hui, elles font partie inégrantes du patrimoine de Bruxelles et des lieux à la mode fréquentés aussi bien par les touristes que par les bruxellois.



Pour en savoir plus cliquez ici (UNESCO.org)

 

Photos: (c) Lankaart




La Gallerie Umberto Ier à Naples est l'un des monuments les plus représentatifs de l'architecture des passages commerciaux, c'est ausi l'un des derniers. La forme de la galerie étant suplanté par l'innovation des grands magasins et leurs volumes généreux disposées autour d'un atrium. La forme reviendra au XXe siècle sous la forme du mall commerciale. Construite entre 1887 et 1891, elle est directement inspiré de la galerie Victor Emanuel II à Milan, même proportion, même façades minérals […]



Palm House à Kew Garden dans la banlieue sud-ouest de Londres est une serre réalisé dans la ligné du travail éffectué par l'ingénieur Joseph Paxton au milieu du XIXe siècle. Ici les ingénieurs et architecte Decimus Burton et Richard Turner ont mis à profit toute les avancées concernant la préfabrication des éléments de verres et d'acier qui permettent de créer ces grands édifices que l'aristocratie anglaise voulait pour exposer ces plantes exotiques venue de tous les coins du monde. La […]



Galerie Vivienne: 6 Rue Vivienne, 4 rue des Petits-Champs, 5-7 rue de la Banque. La Galerie Vivienne est l’une des références du passage parisien et l’une des réalisations qui ont permis la popularisation de ce nouveau concept urbain dans toute l’Europe. Réalisé entre 1823 et 1826, elle concentre beaucoup de qualité architecturale qui en font un véritable bijou caché entre les rues du vieux Paris. Son architecte F.J. Delannoy dut faire preuve de beaucoup d’imagination pour inscrire cette […]

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Publié le 15 Septembre 2011

                                 



Tels que la haute mer contre les durs rivages,

A la grande tuerie ils se sont tous rués,

Ivres et haletants, par les boulets troués,

En d'épais tourbillons plein de clameurs sauvages.


Sous un large soleil d'été, de l'aube au soir,

Sans relâche, fauchant les blés, brisant les vignes,

Longs murs d'hommes, ils ont poussés leurs sombres lignes

Et là, par blocs entiers, ils se sont laissés choir.


Puis ils se sont liés en étreintes féroces,

Le souffle au souffle uni, l'oeil de haine chargé.

Le fer d'un sang fiévreux à l'aise s'est gorgé;

La cervelle a jailli sous la lourdeur des crosses.


Victorieux, vaincus, fantassins, cavaliers,

Les voici, maintenant, blêmes, muets farouches,

Les poings fermés serrant les dents, et les yeux louches,

Dans la mort furieuse étendus par milliers.


La pluie avec lenteur lavant leurs pâles faces,

Aux pentes du terrain fait murmurer ses eaux;

Et par la morne plaine ou tourne un vol d'oiseaux

Le ciel d'un soir sinistre estompe au loin leurs masses


Tous les cris se sont tus, les râles sont poussés

Sur le sol bossué de tant de chair humaine,

Aux dernières lueurs du jour on voit à peine

Se tordre vaguement des corps entrelacés;


Et là-bas, au milieu de ce massacre immense,

Dressant son cou roidi percé de coups de feu,

Un cheval jette au vent un rauque et triste adieu

Que la nuit fait courir à travers le silence.


O boucherie! o soif du meurtre! acharnement

Horrible! odeur des morts qui suffoquent et navres!

Soyez maudits devant ces cent mille cadavres

Et la stupide horreur de cet égorgement.


Mais, sous l'ardent soleil ou sur la plaine noire,

Si, heurtant de leur coeur la gueule du canon,

Ils sont morts, Liberté, ces braves, en ton nom,

Béni soit le sang pur qui fume vers ta gloire!



   

 

Charles Marie René Leconte de Lisle, né le 22 octobre 1818 à Saint-Paul dans l’Île Bourbon et meurt le 17 juillet 1894 à Voisins, est un poète français.

 

Leconte de Lisle passa son enfance à l'île Bourbon et en Bretagne. En 1845, il se fixa à Paris. Après quelques velléités lors des événements de 1848, il renonça à l'action politique et se consacra entièrement à la poésie.


Son œuvre est dominée par trois recueils de poésie, les Poèmes antiques (1852), les Poèmes barbares (1862) et les Poèmes tragiques (1884), ainsi que par ses traductions d’auteurs anciens.

Il est considéré comme le chef de file du mouvement parnassien, autant par l’autorité que lui a conférée son œuvre poétique propre que par des préfaces dans lesquelles il a exprimé un certain nombre de principes auxquels se sont ralliés les poètes d’une génération – entre la période romantique et le symbolisme – regroupés sous le vocable de parnassiens à partir de 1866.

 

En 1886, neuf ans après une première candidature infructueuse à l’Académie française, Leconte de Lisle fut élu, succédant à Victor Hugo. Et ce fut une séance mémorable que celle du 31 mars 1887, où Leconte de Lisle fut reçu par Alexandre Dumas fils.

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Publié le 4 Septembre 2011

Auguste Renoir. Les parapluies - entre 1880 et 1885 - Huile sur toile 180 cm X 115 cm - Londres, National Gallery.. (c)Visipix.com

 



Musée d'Orsay, Paris. (c) Visipix.com La Lecture est un tableau réalisé par le peintre Édouard Manet vers 1865. La toile représente la famille de l'artiste : Suzanne Manet, née Leenhoff, est assise sur le canapé et, tout en tournant le dos à son fils Léon Leenhoff, écoute avec attention la lecture qu'il est en train de faire à voix haute. La Lecture fait partie des portraits les plus célèbres de Mme Manet, tout comme Suzanne Manet à son piano. Source: […]

 

 



Le bal du moulin de la galette, 1876, Musée d'Orsay, Paris Né en 1841, Renoir exprime dès les années 1860-70 son goût pour la peinture d’extérieur et les couleurs clairs et lumineuses. Il peint à Fontainebleau avec Monet, Sisley et Bazille. Sa peinture s’inscrit au cœur du mouvement impressionniste. Ses sujets ouvrent la voie à une peinture enjouée et proche des milieux populaires et de la petite- bourgeoisie. Le déjeuner du canotier peint en 1881 est dans cette veine, on y retrouve cet art […]

 



Claude Monet a présenté à la troisième exposition impressionniste en avril 1877 sept versions de La Gare Saint-Lazare. Il a choisi le thème du progrès technique très en vogue alors. Émile Zola viendra d'ailleurs à l'exposition impressionniste s'inspirer de l'atmosphère que dégage les tableaux pour écrire La bête humaine. Pour Paris c'était l'époque haussmannienne et pour la gare Saint-Lazare celle de l'ingénieur Eugène Flachat qui réalisa le pont de l'Europe et l'agrandissement de la gare […]

 

 


 

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Publié le 14 Août 2011

Caillebotte nature morte

 

 

«J’insisterai sur la nature morte ainsi conçue : des oranges, des pommes, dressées en pyramide, dans des compotiers, sur de la fausse mousse, des verres à tailles grossières, des carafes de vin, des bouteilles d’eau de Saint-Galmier, emplissent une toile cirée qui reflète la couleur des objets posés sur elle et perd la sienne propre.

L’effet est encore bien observé ; l’air emplit la pièce, les oranges, les bouteilles ne se détachent pas sur les glus sèches de gratins usités depuis des siècles. Ici, nul repoussoir, nul faux aloi, et l’éclat des fruits ne se concisant pas en des points lumineux distribués sans cause, ne s’exagère ni ne se diminue. Ici, comme dans ses autres œuvres, la facture de M. Caillebotte est simple ; sans tâtillonnage ; c’est la formule moderne entrevue par Manet, appliquée et complétée par un peintre dont le métier est plus sûr et les reins plus forts. »

 

Huysmans, L’Art Moderne, 1883, Exposition des Indépendants en 1880.

 



"Devant ces toiles où tant de certitude et de jeunesse se mêlent, je me souviens d’une parole de Claude Monet : - Venise… non… je n’irai pas à Venise… Claude Monet avait raison. Venise n’est pas une ville. Vivante ou morte, une ville nous émeut par les maisons, les hommes et l’atmosphère. Or, à Venise, tous les poètes savent bien qu’il n’y a pas de maisons, mais des palais. Il n’y a pas d’atmosphère, puisqu’un voile rose est posé sur Venise, comme une écharpe autour d’une danseuse. Il y a […]

 

 



Peintre français (1830-1903) venu à paris en 1855 pour se consacrer à la peinture il reçoit les conseils de Corot et se lie avec Monet, Cézanne et Guillaumin. Ses envois au salon sont acceptés de 1859 à 1870, sauf en 1861 et 1863, cette année là il exposera au salon des refusés. Après 1870 il participe au mouvement impressionniste. Attiré par la campagne et la nature il est principalement un peintre rustique qui sait avec une très grande poésie, rendre les ambiances changeante de la […]

 

 


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Publié le 12 Août 2011

manet portrait

 

Edouard Manet naît à Paris en 1832 dans une famille aisée, et se destine très tôt à une carrière dans la marine, tout en ayant un véritable goût pour l'art et pour le dessin. Son échec au concours d'admission à l'École Navale le conduit malgré tout à s'embarquer sur un bateau-école à destination de l'Amérique du Sud.


Au cours de ce long voyage, il réalise de nombreux dessins et décide de se consacrer finalement à l'art. De retour à Paris, quelques mois plus tard, il entre dans l'atelier du peintre Thomas Couture, pour y étudier la technique de la peinture.

 
Les premières oeuvres de sa propre inspiration qu'il réalise comme "L'enfant aux Cerises" ou "L'enfant au chien" sont très marquées par l'influence des maîtres espagnols : les scènes sont tirées de la vie de tous les jours, et ses sujets traités avec vigueur, accentués par des contrastes lumineux obtenus avec des couleurs pures.
C'est néanmoins Delacroix qu'il considère comme son vrai maître à qui il demande la permisssion de faire un copie de son "Dante et Virgile", qui l'encourage à peindre.

Le Salon des Refusés est créé en 1863 pour apaiser le ressentiment des nombreux peintres rejetés par le Salon officiel. Manet y expose "Le Déjeuner sur l'Herbe", tableau qui est jugé indécent et fait scandale car il représente une jeune femme nue assise entre deux hommes en costume, en pleine nature. Le scandale se renouvelle avec "Olympia", oeuvre qui est acceptée cette fois au Salon officiel. Inspirée d'une toile italienne célèbre du Titien, la "Vénus d'Urbino", Manet avait déjà peint sur le même sujet en 1857. Cette "Olympia" avait à nouveau soulevé la protestation de la critique et du public, très choqués par le réalisme de la nudité représentée dans cette nouvelle toile.

En 1866, "Le Fifre", toile extrêmement sobre, et forte à la fois est refusée par le jury du Salon. Exclu par ailleurs de l'Exposition Universelle de 1867, il obtient le soutien d'Emile Zola dans son idée de créer sa propre salle d'exposition Place de l'Alma où il présente 53 de ses tableaux et quelques eaux-fortes. Mais cette exposition est un échec.

 

Nullement découragé, il tente de revenir au salon en 1869 pour présenter son "Déjeuner à l'Atelier" et le "Balcon" où est représentée Berthe Morisot rencontrée quelque temps auparavant dans les galeries du Louvre. Ces toiles sont une nouvelle fois très mal accueillies, car on considère que ses personnages sont privés de tout contenu émotif et que ce sont en quelques sortes des natures mortes, car ils sont présentés sans perspective.


La proclamation de la Troisième République en septembre 1870, conduit Manet, ardent républicain, à s'engager dans la Garde Nationale. C'est à partir de 1873, il connaît enfin le succès, car il parvient à vendre de nombreuses toiles par l'intermédiaire du marchand d'art Durand-Ruel. En 1873, il expose au salon "la toile "Le Bon Bock", tableau tout à fait naturaliste, sous l'influence de l'oeuvre de Zola, tandis qu' il choisit de ne pas se joindre à l'exposition des jeunes impressionnistes de 1874 dans l'Atelier de Nadar, malgré son amitié pour Monet et les autres peintres de cette école, tels que Renoir, Sisley, Pissarro, Degas, et Berthe Morisot qui se réclament de lui.

Sous l'influence de ses amis, il se consacre donc à des toiles de "plein air", et passe son été 1874 à Genevilliers, auprès de Monet et de Renoir. Il se lie aussi d'amitié avec Stéphane Mallarmé. C'est pour lui une période qui marque sa peinture de notes beaucoup plus claires et le conduit à une peinture proche des impressionnistes . "Argenteuil", "Monet et sa femme sur le bateau-atelier" sont les toiles les plus représentatives de cette période. Il continue d'exposer régulièrement au Salon, tandis que la maladie le gagne et le fait souffrir.

En 1881, il peint la célèbre toile "Le Bar des Folies- Bergère", dernière oeuvre qu'il présente au Salon. Celle ci qui est l'une des plus achevées de l'artiste est faite d'une composition exceptionnelle dans laquelle se résume toute l'oeuvre de l'artiste.

Quand il meurt, à Paris, en avril 1883, il laisse derrière lui une oeuvre faite de plus de quatre cents toiles, mais aussi des aquarelles et pastels en grand nombre.

                                                                                                                                                                                                                          

 

Manet bar folies bergereLe Bar des Folies Bergères Manet le dejeuner sur l'herbeLe Déjeuner sur l'herbe Manet OlympiaOlympia
 Manet le FifreJeune fifre  Manet le BalconLe balcon  

                                                                                                                                                                                                                       
 

 

 

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Rédigé par rafael

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Publié le 5 Août 2011

   
 

La confession est un des besoins spirituels de l’homme. Or, dès que l’homme a un peu d’intelligence, de sensibilité, de goût pour les jeux de l’esprit, il se confesse en langage rythmé : telle est l’origine de la poésie intime et personnelle. Il y a des élégies d’aveu ou de désespoir parmi les plus anciennes poésies connues, l’ode de Sapho ou le « Chant de la sœur dédaignée », retrouvé sur un papyrus hiéroglyphique, et admirable. Catulle s’est confessé avec tant d’ingénuité que toute sa vie sentimentale se trouve écrite dans ses poèmes déjà verlainiens. Les manuscrits du moyen âge sont pleins de confessions en rythme, mélancoliques et réprobatives, si elles sont l’œuvre de  moines ou de clercs pénitents, effrontées, à la manière d’Horace ou d’Ausone, si ce sont des Goliards qui ont chanté leurs amours et leurs ripailles. La poésie française la plus assurée de vivre et de plaire est celle où des âmes troublées dirent leur désir et leur peine de vivre : il y eut Rutebeuf, il y eut Villon, Ronsard et Théophile ; il y eut Vigny, il y eut Lamartine, il y eut Baudelaire et Verlaine ; il y en eut des centaines et le plus gauche à découvrir son cœur nous émeut encore après des années de cimetière ou des siècles de poussière.

En ces temps derniers on abusa un peu de cette poésie subjective. D’innombrables poètes atteints d’un psittacisme morbide et prétentieux s’appliquèrent à publier d’abondants décalques des aveux les plus célèbres : les arts d’imitation ne sont-il pas la gloire de notre industrie ? Mais rares sont les confessions où l’on ne s’ennuie à aucune redite ; rares, les hommes dont la perversité est originale, dont la candeur est nouvelle. Du nouveau, encore du nouveau, toujours du nouveau : voilà le principe premier de l’art. M. Henry Bataille s’y est conformé spontanément (c’est ainsi qu’il le faut) avec une délicate simplicité.

Ce que l’on connut d’abord de M. Bataille, c’étaient  de petites impressions tendres, à propos de choses mystérieuses et vagues, d’une nature malade, évanouie, de femmes muettes qui passaient parfumées de douceur, de petites filles sages et déjà tristes, d’une enfance frêle et peureuse, des vers écrits dans la Chambre Blanche, des vers pour Monelle, peut-être… Le poète s’est refait tout petit enfant, jusqu’au conte de fées, jusqu’à la berceuse ; mais l’intérêt est précisément dans le spectacle de cette métamorphose ; et, à voir comment le jeune homme revit son enfance, on devine comment l’homme revivra sa jeunesse. Il y a toujours un oiseau bleu qui est parti et qui ne reviendra plus ; hier est toujours le paradis perdu, et dans vingt ans M. Bataille songera encore :

 

Oiseau bleu, couleur du temps,
Me connais-tu ? fais-moi signe : —
La nuit nous donne des airs sanglotants,
Et la lune te fait blanc comme les cygnes…

Oiseau bleu, couleur du temps,
Dis, reconnais-tu la servante
Qui tous les matins ouvrait
La fenêtre et le volet
De la vieille tour branlante ?…

 

Où donc est le saule où tu nichais tous les ans,
Oiseau bleu, couleur du temps ?

Oiseau bleu, couleur du temps.
Dis un adieu pour la servante
Qui n’ouvrira plus désormais
La fenêtre, ni le volet
De la vieille tour où tu chantes…
Ah ! reviendras-tu tous les ans,
Oiseau bleu, couleur du temps ?


Et toujours il y aura des villages qu’on se souviendra d’avoir vu mourir un soir, et qu’on n’oubliera pas, et où l’on voudrait revenir, — oh ! un seul instant, revenir vers le passé qu’on a vu mourir, un soir d’adolescence, un soir de jeunesse, un soir d’amour :

 

Il y a de grands soirs où les villages meurent —
Après que les pigeons sont rentrés se coucher. —
Ils meurent, doucement, avec le bruit de l’heure
Et le cri bleu des hirondelles au clocher…
Alors, pour les veiller, des lumières s’allument,
Vieilles petites lumières de bonnes sœurs,
Et des lanternes passent, là-bas, dans la brume…
Au loin le chemin gris chemine avec douceur…


De toutes ces visions le poète enfin se détache avec une fermeté attristée :  

Mon enfance, adieu, mon enfance. — Je vais vivre.
Nous nous retrouverons après l’affreux voyage,
Quand nous aurons fermé nos âmes et nos livres,
Et les blanches années et les belles images…
Peut-être que nous n’aurons plus rien à nous dire !
Mon enfance… tu seras la vieille servante,
Qui ne sait plus bercer et ne sait plus sourire…


Et ainsi jusqu’à la mort chacune de nos existences successives nous sera une belle et douce étrangère qui s’éloigne lentement et se perd dans l’ombre de la grande avenue où nos souvenirs sont devenus des arbres qui songent en silence…

Il y a donc, dans ce livre de l’enfance, toute une philosophie de la vie : un regret mélancolique du passé, une peur fière de l’avenir. Les poèmes plus récents de M. Bataille, encore épars, ne semblent pas contrarier cette impression : il y demeure le rêveur nerveusement triste, passionnément doux et tendre, ingénieux à se souvenir, à sentir, à souffrir. Quant à ses deux drames, la Lépreuse et Ton sang, sont-ils bien, comme l’auteur le croit, la transposition en action des mêmes sensations et des mêmes idées que, parallèlement, il transpose en poèmes ? Poèmes et tragédies sont nés  dans la même forêt, viornes et frênes, voilà tout ce que l’on peut affirmer : ils ont puisé à la même terre, au même vent, à la même pluie, mais la différence essentielle est celle que j’ai dite : les deux drames sont deux beaux arbres tragiques.

La Lépreuse est bien le développement naturel d’un chant populaire : tout ce qui est contenu dans le thème apparaît à son tour, sans illogisme, sans effort. Cela a l’air d’être né ainsi, tout fait, un soir, sur des lèvres, près du cimetière et de l’église d’un village de Bretagne, parmi l’odeur âcre des ajoncs écrasés, au son des cloches tristes, sous les yeux surpris des filles aux coiffes blanches. Tout le long de la tragédie l’idée est portée par le rythme comme selon une danse où les coups de sabots font des pauses douloureuses. Il y a du génie là-dedans. Le troisième acte devient admirable, lorsque, connaissant son mal et son sort, le lépreux attend dans la maison de son père le cortège funèbre qui va le conduire à la maison des morts, et l’impression finale est qu’on vient de jouir d’une œuvre entièrement originale et d’une parfaite harmonie.

Le vers employé là est très simple, très souple, inégal d’étendue et merveilleusement rythmé : c’est  le vers libre dans toute sa liberté familière et lyrique :

 

Je sais où j’ai été empoisonné.
C’est en buvant du vin dans le même verre
qu’une jeune fille que j’aimais…


Sur la table il y avait nappe blanche,
un vase rempli de beurre jaune,
et elle tenait à la main un verre
du vin qui plaît au cœur des femmes…


Elle n’avait pas pourtant lieu de me haïr…
Je ne suis qu’un pauvre jeune fermier,
fils de Matelinn et de Maria Kantek
J’ai passé trois ans à l’école…
mais maintenant je n’y retournerai plus…
Dans un peu de temps je m’en irai encore loin du pays,
Dans un peu de temps je serai mort,
et m’en irai en purgatoire…
Et pendant ce temps mon moulin tournera

diga-diga di,

Ah ! mon moulin tournera

Diga-diga da…

 

Ton sang est écrit en prose, très simple aussi, et comme transparente. Je n’aime guère cette  histoire, trop médicale, de transfusion du sang, mais le thème accepté, on est en présence d’un vrai drame d’aujourd’hui, hardi et vrai. Le ton singulier de cette tragédie est donné par une sorte de mysticisme charnel. Les affinités corporelles sont substituées aux affinités morales : c’est un psychisme matériel. Voici un passage du rôle de Daniel (le jeune homme à qui Marthe a donné son sang), par lequel le principe du drame sera un peu expliqué :

 

« Tu ne peux pas le voir couler dans mes veines… mais c’est si extraordinaire de le contenir en moi… si étrange… si absurde et si doux… Je contemple mes mains comme si je les voyais pour la première fois… Je ne sais quelle tiédeur fraîche y coule en cascade… et sous le réseau transparent des veines, il me semble que je suis dans sa fuite toute la source lâchée de ton cœur… Il y a une douceur nouvelle qui court en moi comme un printemps… Je t’assure, pose ta main sur la mienne… elle t’appartient… je suis un peu toi maintenant… Je veux que tu sentes se faire la confusion, je veux que tu reconnaisses en moi le battement inconscient de ta vie… Ah ! que ma  joie ne te paraisse pas puérile !… je t’en supplie… Ta vie ! pense à cela… la vie de ta chair, à défaut de ton âme… Ce sang m’apporte un peu de ton éternité… oui de ton passé, de ton présent, de ton avenir, et c’est comme s’il accourait à moi du fond de ta plus lointaine et mystérieuse enfance… »

 

Il n’y a peut-être pas là une seule métaphore qui n’ait été lue dans les effusions attribuées d’ordinaire aux amants ; il semble pourtant qu’on les lise pour la première fois, car c’est la première fois qu’elles sont justes. Cependant le style de Ton sang n’est pas toujours assez pur, et trop parfois de vraie conversation, sous prétexte de « théâtre ». Le prétexte n’est pas valable.

Les deux tragédies se rejoignent par cette idée que le sang de la femme, pur ou impur, haine ou amour, est une malédiction pour l’homme. L’amour est une joie empoisonnée ; la fatalité veut que ce qui est le suprême bien de l’homme soit la source de ses plus cruels tourments, que le fleuve où il boit la vie soit le même où il boit la douleur et la mort.

C’est, du moins, l’impression que j’ai retirée de cette lecture, mais, comme dit M. Bataille dans sa  Préface, « plus le drame apparaît simple et dépourvu de haute signification, mieux le vrai but est atteint ». Une œuvre d’art, tableau, statue, poème, roman ou drame, ne doit jamais avoir une signification trop précise, ni vouloir démontrer quelque vérité morale ou psychologique, ni être un enseignement, ni contenir une théorie. Il faut opposer Hamlet à Polyeucte.

M. Henry Bataille dont les idées semblent sagement imprécises ne sera jamais tenté par l’apostolat : le goût de la beauté le préservera de se plaire dans les chambres resserrées et malsaines de la maison des formules. Il est appelé à sentir confusément la vie, à ne pas trop la comprendre ; c’est la condition même de l’enfantement des œuvres. Tous les grands actes naturels de l’existence humaine sont dirigés ou dominés par l’inconscient.




Musée d'Orsay, Paris. (c) Visipix.com La Lecture est un tableau réalisé par le peintre Édouard Manet vers 1865. La toile représente la famille de l'artiste : Suzanne Manet, née Leenhoff, est assise sur le canapé et, tout en tournant le dos à son fils Léon Leenhoff, écoute avec attention la lecture qu'il est en train de faire à voix haute. La Lecture fait partie des portraits les plus célèbres de Mme Manet, tout comme Suzanne Manet à son piano. Source: […]



Musée rodin, Paris (c) Lankaart Jean-Alexandre-Joseph Falguière dit Alexandre Falguière, né à Toulouse le 7 septembre 1831 et mort à Paris le 19 avril 1900, est un sculpteur français de style académique et un artiste-peintre dont quelques toiles sont classées sous le signe du réalisme. Rodin présente son buste de Falguière, réalisé en 1897, à la Société nationale des Beaux-Arts en 1899. En 1900, à l’exposition de l’Alma, ce buste est présenté très haut comme le Buste héroïque de Victor Hugo […]

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Rédigé par rafael

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Publié le 3 Août 2011

Degas l'absinthe

 

 

« …M. Degas… est, à coup sûr, parmi les peintres qui ont suivi le mouvement naturaliste, déterminé en peinture par les impressionniste et par Manet, celui qui est demeuré le plus original et le plus hardi. Un des premiers, il s’est attaqué aux élégances et aux populaceries féminimes ; un des premiers, il a osé aborder les lumières factices, les éclats des rampes devant lesquelles braillent, en décolleté, des chanteuses de beuglants, ou s’ébattent, en pirouettant, des danseuses vêtues de gaze. Ici, point de chairs crémeuses ou lisses, point d’épidermes en baudruche et de moire, mais de la vraie chair poudrée de veloutine, de la chair maquillée de théâtre et d’alcôve, telle qu’elle est avec son grenu éraillé, vue de près, et son maladif éclat, vue de loin. M. Degas est passé maître dans l’art de rendre ce que j’appellerai volontiers la carnation civilisée. Il est passé maître encore dans l’art de saisir la femme , de la représenter avec ses jolis mouvements et ses grâces d’attitude, à quelque classe de la société qu’elle appartienne. »

 

degas nue à la toilette

 

Huysmans, L’Art Moderne, 1883, Le Salon de 1879.

 



Femme assise sur le rebord d'une baignoire et s'épongeant le cou ,Vers 1880 Musée d'Orsay, Paris Huysmans l'art Moderne, Le salon de 1879. "M. Degas, sur lequel je dois un peu m' étendre, -car son oeuvre me servira maintes fois de point de comparaison lorsque je serai arrivé aux tableaux modernes du salon, -est, à coup sûr, parmi les peintres qui ont suivi le mouvement naturaliste, déterminé en peinture par les impressionnistes et par Manet, celui qui est demeuré le plus original et le plus […]

 

 

 

 



Parmi les thèmes récurant dans l’œuvre de Monet, la femme à l’ombrelle revient plusieurs fois. Mise en scène à chaque fois, il met en valeur la fragilité de la femme, sa grâce sous la lumière souvent très forte, un ciel d’un bleu profond en arrière plan. Monet fervent admirateur des estampes japonaises, réalise ici des œuvres en références à ces images pleines de garce qu’il affectionnait particulièrement, jeunes filles japonaises sous leurs ombrelles aux kimonos amples et majestueux. Le […]

 

 

 

 


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Rédigé par rafael

Publié dans #NATURALISME et IMPRESSIONISME

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Publié le 28 Juillet 2011

  deagas la classe de danse

 

« Prenez par exemple un tableau de M. Degas et voyez si celui-là se borne à être un excellent « modiste », si, en dehors de sa grande habilité à rendre les étoffes, il ne sait pas vous jeter sur ses pieds une créature dont le visage, la tournure et le geste parlent et disent ce qu’elle est. Il représente des danseuses. Toutes sont de vraies danseuses et toutes diffèrent dans leur façon de s’exercer à un labeur semblable. Le propre de chacune ressort, la nervosité de la fille qui est douée d’instinctives pirouettes et qui deviendra une artiste, apparaît au milieu de ce troupeau d’athlètes féminins qui sont censés ne devoir gagner leur vie qu’à la force de leurs jambes. Tel qu’il est, et tel qu’il vie sera surtout, l’art impressionniste montre une observation très curieuse, une analyse très particulière et très profonde des tempéraments mis en scène. Ajoutez-y une vision étonnamment juste de la couleur, un mépris des conventions adoptées depuis des siècles pour rendre tel et tel effet de lumière, la recherche du plein air, du ton réel, de la vie en mouvement, le procédé des larges touches, des ombres faites par les couleurs complémentaires, la poursuite de l’ensemble simplement obtenu, et vous aurez les tendances de cet art dont M. Manet, …, a été l’un des plus ardents promoteurs. »

 

Deagas danseuses

 

Degas danseuses en salle

 

Huysmans, L’Art Moderne, 1883, Le Salon de 1879.

 

 



Musée Rodin, Paris (c) Lankaart On reconnaît dans Iris l'agrandissement d'une étude pour la figure allégorique destinée à couronner le second projet de Monument à Victor Hugo (1897), dans lequel le poète apparaît debout : disposée en position plongeante, elle fut alors complétée d'un bras droit tendu, d'une tête et d'une paire d'ailes. La figure est cependant bien antérieure à 1897 puisqu'elle fut agrandie par Henri Lebossé en novembre 1894 sous le titre « Etude de femme jambes écartées » […]

 



Femme assise sur le rebord d'une baignoire et s'épongeant le cou ,Vers 1880 Musée d'Orsay, Paris Huysmans l'art Moderne, Le salon de 1879. "M. Degas, sur lequel je dois un peu m' étendre, -car son oeuvre me servira maintes fois de point de comparaison lorsque je serai arrivé aux tableaux modernes du salon, -est, à coup sûr, parmi les peintres qui ont suivi le mouvement naturaliste, déterminé en peinture par les impressionnistes et par Manet, celui qui est demeuré le plus original et le plus […]

 

 

 

 


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Rédigé par rafael

Publié dans #NATURALISME et IMPRESSIONISME

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Publié le 25 Juillet 2011

Manet en bateau

 

 

« …En Bateau, est également curieuse. L’eau très bleue continue à exaspérer nombre de gens. L’eau n’a pas cette teinte-là ?.  Mais pardon, elle l’a, à certains moments, comme elle a des tons verts et gris, comme elle a des reflets de scabieuse, de chamois et d’ardoise, à d’autres. Il faudrait pourtant se décider à regarder autour de soi. Et c’est même là un des grands torts des paysagistes contemporains qui, arrivant devant une rivière avec une formule convenue d’avance, n’établissent pas entre elle, le ciel qui s’y mire, la situation des rives qui la bordent, l’heure et la saison qui existent au moment où ils peignent, l’accordance forcée que la nature établit toujours. M. Manet n’a, Dieu merci ! jamais connu ces préjugés stupidement entretenu dans les écoles ! Il peint, en abrégeant, la nature telle qu’elle est et telle qu’il la voit. Sa femme vêtue de bleu, assise dans une barque coupée par le cadre comme dans certaines planches des Japonais, est bien posée, en pleine lumière, et elle se découpe énergiquement ainsi que le canotier habillé de blanc, sur le bleu cru de l’eau. Ce sont là des tableaux comme, hélas ! nous en trouvons peu dans ce fastidieux Salon. »

 

Huysmans, L’Art Moderne, 1883, Le Salon de 1879.

 



Olympia est un tableau réalisé par Édouard Manet en 1863. Initialement prévue pour le Salon des Refusés de la même année, l'œuvre ne sera finalement dévoilée par le peintre que deux ans plus tard. L'œuvre, qui allait susciter une controverse encore plus féroce que le Déjeuner sur l'herbe, représente une prostituée semblant issue d'un harem à l'orientale et s'apprêtant visiblement à prendre un bain. Le tableau, qui associe et fait ressortir avec puissance le contraste entre la femme blanche […]

 



Le Balcon est un tableau réalisé par le peintre Édouard Manet et présenté au Salon de Paris de 1869. La toile représente notamment Berthe Morisot (à gauche), qui deviendra en 1874 la belle-sœur de Manet. La toile, inspirée des Majas au balcon de Francisco Goya, a été réalisée à la même époque et dans la même intention que le Déjeuner dans l'atelier. Les trois personnages, tous amis de Manet, semblent n’être reliés par rien : tandis que Berthe Morisot, à gauche, fait figure d'héroïne […]

 

 

 

 

 



Le Joueur de fifre est un tableau réalisé par le peintre Édouard Manet en 1866, et resté célèbre en raison de ses couleurs vives et contrastées. Le thème de la toile, de même que la posture du personnage, s'inspirent explicitement des portraits de nains et de bouffons autrefois réalisés par Diego Vélasquez. Cette œuvre fut appelée La carte à jouer. Le refus du Joueur de fifre au Salon de Paris de 1866 sera l'occasion pour le jeune écrivain Émile Zola de publier un article retentissant dans […]

 

 

 

 

 


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Rédigé par rafael

Publié dans #NATURALISME et IMPRESSIONISME

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