naturalisme et impressionisme

Publié le 17 Février 2017

Monet - Ile sous la neige

Le gel prolongé et les fortes neiges de l’hiver 1892-93 ont inspiré Monet. Il est en bord de Seine non loin de Giverny quand il peint une série de tableau dont celui du MET. Mais le dégel est venu trop tôt comme l’exprime Monet dans une lettre : "le dégel est venu trop tôt pour moi ... les résultats juste quatre ou cinq toiles et c’est loin d'être complets."

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Publié le 20 Juin 2015

Corot - Marietta dite l'odalisque romaine

Marietta or Roman Odalisque

Marietta pose dans l’atelier d’Achille Benouville où s’installe Corot lors de son troisième et dernier séjour à Rome. Travaillée en frottis transparents, laissant apparaître le tracé initial du crayon, l’œuvre est une subtile déclinaison d’ocre rose, de brun, de blanc et de vert pâle. Ce dépouillement contribue au caractère unique de cette étude qui témoigne de la diversité des moyens picturaux de Corot. Le jeune Corot étudie la peinture auprès des paysagistes néo-classiques Achille Michallon et Jean-Victor Bertin. Avec l’aide financière de ses parents, commerçants à Paris, il peut voyager librement. Il parcourt ainsi la France, fait trois séjours en Italie, découvre la Suisse, les Pays-Bas et l’Angleterre. Il est parmi les premiers adeptes du plein air à travailler dans la forêt de Fontainebleau.


Ce parisien habite une partie de l’année à Ville-d’Avray, dont il rend célèbre l’étang qui borde la maison familiale. Baudelaire, Gautier et Champfleury défendent cet artiste original qui associe de manière inédite réalisme et invention poétique. Bientôt Corot élargit sa vocation initiale de peintre de paysage et donne plus d’importance à la figure, la femme devenant l’un des thèmes centraux de ses oeuvres dans les années 1860. Les études de nu faites en atelier trouvent ainsi leur finalité dans des compositions élégiaques. La publication en 1905 du Catalogue raisonné de Corot par Alfred Robaut a fait évoluer la compréhension de l’œuvre du paysagiste, tout en révélant l’importance du peintre de figures, dont Degas disait « Il est toujours le plus fort, il a tout prévu ».


Source: Petit Palais

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Rédigé par rafael

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Publié le 19 Juin 2015

Courbet - Le Désespéré - Autoportrait
Courbet El desesperado - L'home desesperat

Le Désespéré est un tableau du peintre français Gustave Courbet réalisé entre 1843 et 1845. C'est un autoportrait de l'artiste sous les traits d'un jeune homme qui regarde le spectateur avec désespoir. Durant les années 1840, Courbet réalise des portraits et essentiellement des autoportraits. Il passe son temps au Louvre à recopier Ribera, Zurbaran, Velasquez ou Rembrandt1 qui influencèrent les débuts de son oeuvre. On pense que cette peinture a été réalisée peu après son installation à Paris. Elle le montre « désespéré » mais surtout jeune et beau. Courbet tenait beaucoup à cette toile puisqu'il l'emmena en exil avec lui en Suisse. Le docteur Paul Collin au chevet de Courbet durant ses derniers jours, décrit l'atelier du peintre et, plus particulièrement, "un tableau représentant Courbet avec une expression désespérée et qu’il avait intitulé pour cette raison Désespoir".


L'oeuvre est un autoportrait de Gustave Courbet qui se représente de face, en gros plan, la bouche entre-ouverte et le regard plongeant dans celui du spectateur. Ses yeux sont écarquillés et ses deux mains semblent s'arracher les cheveux. La pâleur du visage contraste avec la noirceur des cheveux et de la barbe. La source lumineuse vient de la gauche et accentue les contrastes. Le personnage semble sortir de la toile. Courbet adopte un format paysage (horizontal et rectangulaire) alors que traditionnellement les portraits utilisent le format portrait (vertical). L'approche Romantique du portrait était attachée à l'expression de l'émotion. Ce portrait s'inscrit dans cette tendance et Courbet, même s'il n'était pas un peintre romantique, a réalisé ses première toiles sous cette influence.


On ignore si le désespoir du personnage est celui de l'artiste ou bien s'il s'agit d'un exercice théorique. Cet homme que l'on disait amoureux de la vie voulait-il montrer là son côté sombre, comme il le révélait à son ami et protecteur Alfred Bruyas : "Avec ce masque riant que vous me connaissez, je cache à l’intérieur le chagrin, l’amertume, et une tristesse qui s’attache au cœur comme un vampire" ?

Source: Wikipedia

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Rédigé par rafael

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Publié le 3 Avril 2015

Courbet - Le Sommeil
Courbet
De sovende - Il Sonno - El sueño - Спящие (картина Курбе)

 

Courbet, qui ouvre la voie du Réalisme au milieu du XIXe siècle, reste en marge de l’art officiel grâce au soutien de quelques collectionneurs. Son originalité s’affirme tout particulièrement lorsqu’il représente la femme. Les nus à la chair vivante choquent les visiteurs du Salon habitués aux nymphes blanches et lisses de la peinture académique. Ce tableau qui compte parmi les chefs-d’œuvre de Courbet, est emblématique de l’univers de rêverie et de volupté du peintre qui célèbre avec jubilation la beauté des corps. Peint à la demande du diplomate Khalil-Bey, Le Sommeil entre directement dans une collection privée, sans avoir à affronter la censure du Salon. Ce type de transaction se renouvellera avec la livraison, au même collectionneur, de la très secrète Origine du monde (Paris, musée d’Orsay). Émissaire turc installé à Paris depuis 1860, Khalil-Bey rassemble un bel ensemble de peintures de son siècle. Il achète avec discernement et souvent par l’intermédiaire du marchand Durand-Ruel des oeuvres de Delacroix, Chassériau, Rousseau. Acquéreur de l’ultime chef-d’œuvre d’Ingres, Le bain turc (Paris, musée du Louvre), le collectionneur s’intéresse plus particulièrement à Courbet comme peintre de la femme et de la sensualité. Flattant le goût de son commanditaire, le peintre reprend un sujet de boudoir emprunté aux gravures licencieuses et aux évocations littéraires de l’amour lesbien. Jouant sur le contraste des carnations et des chevelures, il représente deux types de beauté qui s’enlacent dans un désordre de draps soyeux. L’aspect contemporain de la scène traitée grandeur nature, fait écho à L’Olympia de Manet (Paris, musée d’Orsay), tableau d’un format très proche de celui du Sommeil et objet de tous les scandales au Salon de 1865.

Source: Petit Palais

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Publié le 19 Décembre 2014

George Hendrik Breitner - Fille en kimono blanc - Rijksmuseum Amsterdam, 1894

George Hendrik Breitner - Fille en kimono blanc - Rijksmuseum Amsterdam, 1894

Très influencé par des copies d'estampes japonaises, Breitner réalise une douzaine de peintures sur ce thème dans les années 1894. Il essaye différentes compositions et différentes couleurs. Ce portrait au kimono blanc est l'un des plus réussis, l’harmonie des matières et des couleurs révèle la beauté de la jeune modèle de Breitner.

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Publié le 16 Novembre 2014

null Brise marine.
 

 

La chair est triste, hélas ! et j'ai lu tous les livres.

Fuir ! là-bas fuir ! Je sens que des oiseaux sont ivres

D'être parmi l'écume inconnue et les cieux !

Rien, ni les vieux jardins reflétés par les yeux

Ne retiendra ce cœur qui dans la mer se trempe

Ô nuits ! ni la clarté déserte de ma lampe

Sur le vide papier que la blancheur défend,

Et ni la jeune femme allaitant son enfant.

Je partirai ! Steamer balançant ta mâture

Lève l'ancre pour une exotique nature !

 

Un Ennui, désolé par les cruels espoirs,

Croit encore à l'adieu suprême des mouchoirs !

Et, peut-être, les mâts, invitant les orages

Sont-ils de ceux qu'un vent penche sur les naufrages

Perdus, sans mâts, sans mâts, ni fertiles îlots...

Mais, ô mon cœur, entends le chant des matelots !

 

 

 

Stéphane Mallarmé.

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Publié le 12 Juillet 2014

Rosa Bonheur - Le Marché aux chevaux de Paris - 1853 - Metropolitan Museum of Art

Rosa Bonheur - Le Marché aux chevaux de Paris - 1853 - Metropolitan Museum of Art

Ce tableau est le plus connu de Rosa Bonheur, il montre le marché aux cheveaux à Paris, Boulevard de l'Hôpital près de l' Hôpital de la Salpêtrière que l'on devine à gauche. Pendant 18 mois Rosa Bonheur est venue au marché au moins deux fois par semaine pour réaliser des dessins et esquisses, elle était habillée en homme afin de ne pas attirer l'attention. Ce long travail préparatoire lui a permis de rendre compte de la puissance animale qui se dégage de cette scène. Inspirée par George Stubbs et THéodore Gericault, Eugène Delacroix et la sculpture grec elle qualifiait ce tableau comme étant sa frise du Parthénon. Le tableau eut un très bon accueil au salon de Paris de 1853.

Source: RR MM

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Publié le 12 Février 2014

Manet - Olympia

Manet - Olympia

L'Evénement, le 7 mai 1866

M. MANET

"Si nous aimons à rire, en France, nous avons, à l'occasion, une exquise courtoisie et un tact parfait. Nous respectons les persécutés, nous défendons de toute notre puissance la cause des hommes qui luttent seuls contre une foule. Je viens, aujourd'hui, tendre une main sympathique à l'artiste qu'un groupe de ses confrères a mis à la porte du Salon. Si je n'avais pour le louer sans réserve la grande admiration que fait naître en moi son talent, j'aurais encore la position qu'on lui a créée de paria, de peintre impopulaire et grotesque.

Avant de parler de ceux que tout le monde peut voir, de ceux qui étalent leur médiocrité en pleine lumière, je me fais un devoir de consacrer la plus large place possible à celui dont on a volontairement écarté les œuvres, et que l'on n'a pas jugé digne de figurer parmi quinze cents à deux mille impuissants qui ont été reçus à bras ouverts. Et je lui dis : " Consolez-vous. On vous a mis à part, et vous méritez de vivre à part. Vous ne pensez pas comme tous ces gens-là, vous peignez selon votre coeur et selon votre chair, vous êtes une personnalité qui s'affirme carrément. Vos toiles sont mal à l'aise parmi les niaiseries et les sentimentalités du temps. Restez dans votre atelier. C'est là que je vais vous chercher et vous admirer. "

Manet - Le déjeuner sur l'herbe

Manet - Le déjeuner sur l'herbe

Je m'expliquerai le plus nettement possible sur M. Manet. Je ne veux point qu'il y ait de malentendu entre le public et moi. Je n'admets pas et je n'admettrai jamais qu'un jury ait eu le pouvoir de défendre à la foule la vue d'une des individualités les plus vivantes de notre époque. Comme mes sympathies sont en dehors du Salon, je n'y entrerai que lorsque j'aurai contenté ailleurs mes besoins d'admiration.

Il paraît que je suis le premier à louer sans restriction M. Manet. C'est que je me soucie peu de toutes ces peintures de boudoir, de ces images coloriées, de ces misérables toiles où je ne trouve rien de vivant. J'ai déjà déclaré que le tempérament seul m'intéressait.

On m'aborde dans les rues, et on me dit : " Ce n'est pas sérieux, n'est-ce pas ? Vous débutez à peine, vous voulez couper la queue de votre chien. Mais, puisqu'on ne vous voit pas, rions un peu ensemble du haut comique du Dîner sur l'herbe, de l'Olympia, du Joueur de fifre."

Ainsi nous en sommes à ce point en art, nous n'avons plus même la liberté de nos admirations. Voilà que je passe pour un garçon qui se ment à lui-même par calcul. Et mon crime est de vouloir enfin dire la vérité sur un artiste qu'on feint de ne pas comprendre et qu'on chasse comme un lépreux du petit monde des peintres.

L'opinion de la majorité sur M. Manet est celle-ci : M. Manet est un jeune rapin qui s'enferme pour fumer et boire avec des galopins de son âge. Alors, lorsqu'on a vidé des tonnes de bière, le rapin décide qu'il va peindre des caricatures et les exposer pour que la foule se moque de lui et retienne son nom. Il se met à l'œuvre, il fait des choses inouïes, il se tient lui-même les côtes devant son tableau, il ne rêve que de se moquer du public et de se faire une réputation d'homme grotesque.

Bonnes gens !

Je puis placer ici une anecdote qui rend admirablement le sentiment de la foule. Un jour, M. Manet et un littérateur très connu étaient assis devant un café des boulevards. Arrive un journaliste auquel le littérateur présente le jeune maître. "M. Manet", dit-il. Le journaliste se hausse sur ses pieds, cherche à droite, cherche à gauche ; puis il finit par apercevoir devant lui l'artiste, modestement assis et tenant une toute petite place. " Ah ! pardon, s'écrie-t-il, je vous croyais colossal, et je cherchais partout un visage grimaçant et patibulaire. "

Voilà tout le public.

Manet - La lecture

Manet - La lecture

Les artistes eux-mêmes, les confrères, ceux qui devraient voir clair dans la question, n'osent se décider. Les uns, je parle des sots, rient sans regarder, font des gorges chaudes sur ces toiles fortes et convaincues. Les autres parlent de talent incomplet, de brutalités voulues, de violences systématiques. En somme, ils laissent plaisanter le public, sans songer seulement à lui dire : " Ne riez pas si fort, vous ne voulez passer pour des imbéciles. Il n'y a pas le plus petit mot pour rire dans tout ceci. Il n'y a qu'un artiste sincère, qui obéit à sa nature, qui cherche le vrai avec fièvre, qui se donne entier et qui n'a aucune de nos lâchetés. "

Puisque personne ne dit cela, je vais le dire, moi, je vais le crier. Je suis tellement certain que M. Manet sera un des maîtres de demain, que je croirais conclure une bonne affaire, si j'avais de la fortune, en achetant aujourd'hui toutes ses toiles. Dans cinquante ans, elles se vendront quinze et vingt fois plus cher, et c'est alors que certains tableaux de quarante mille francs ne vaudront pas quarante francs.

Il ne faut pourtant pas avoir beaucoup d'intelligence pour prophétiser de pareils événements.

On a d'un côté des succès de mode, des succès de salons et de coteries ; on a des artistes qui se créent une petite spécialité, qui exploitent un des goûts passagers du public ; on a des messieurs rêveurs et élégants qui, du bout de leurs pinceaux, peignent des images mauvais teint que quelques gouttes de pluie effaceraient.

D'un autre côté, au contraire, on a un homme s'attaquant directement à la nature, ayant remis en question l'art entier, cherchant à créer de lui-même et à ne rien cacher de sa personnalité. Est-ce que vous croyez que des tableaux peints d'une main puissante et convaincue ne sont pas plus solides que de ridicules gravures d'Épinal ?

Nous irons rire, si vous le voulez, devant les gens qui se moquent d'eux-mêmes et du public, en exposant sans honte des toiles qui ont perdu leur valeur première depuis qu'elles sont barbouillées de jaune et de rouge. Si la foule avait reçu une forte éducation artistique, si elle savait admirer seulement les talents individuels et nouveaux, je vous assure que le Salon serait un lieu de réjouissance publique, car les visiteurs ne pourraient parcourir deux salles sans se rendre malades de gaieté. Ce qu'il y a de prodigieusement comique à l'Exposition, ce sont toutes ces œuvres banales et impudentes qui s'étalent, montrant leur misère et leur sottise.

Pour un observateur désintéressé, c'était un spectacle navrant que ces attroupements bêtes devant les toiles de M. Manet. J'ai entendu là bien des platitudes. Je me disais : " Serons-nous donc toujours si enfants, et nous croirons-nous donc toujours obligés de tenir boutique d'esprit ? Voilà des individus qui rient, la bouche ouverte, sans savoir pourquoi, parce qu'ils sont blessés dans leurs habitudes et dans leurs croyances. Ils trouvent cela drôle, et ils rient. Ils rient comme un bossu rirait d'un autre homme, parce que cet homme n'aurait pas de bosse. "

Je ne suis allé qu'une fois dans l'atelier de M. Manet. L'artiste est de taille moyenne, plutôt petite que grande ; blond de cheveux et de visage légèrement coloré, il paraît avoir une trentaine d'années ; l'œil vif et intelligent, la bouche mobile, un peu railleuse par instants ; la face entière, irrégulière et expressive, a je ne sais quelle expression de finesse et d'énergie. Au demeurant, l'homme, dans ses gestes et dans sa voix, a la plus grande modestie et la plus grande douceur.

Celui que la foule traite de rapin gouailleur vit retiré, en famille. Il est marié et a l'existence réglée d'un bourgeois. Il travaille d'ailleurs avec acharnement, cherchant toujours, étudiant la nature, s'interrogeant et marchant dans sa voie.

Nous avons causé ensemble de l'attitude du public à son égard. Il n'en plaisante pas, mais il n'en paraît pas non plus découragé. Il a foi en lui, il laisse passer tranquillement sur sa tête la tempête des rires, certain que les applaudissements viendront.

J'étais enfin en face d'un lutteur convaincu, en face d'un homme impopulaire qui ne tremblait pas devant le public, qui ne cherchait pas à apprivoiser la bête, mais qui s'essayait plutôt à la dompter, à lui imposer son tempérament.

C'est dans cet atelier que j'ai compris complètement M. Manet. Je l'avais aimé d'instinct ; dès lors, j'ai pénétré son talent, ce talent que je vais tâcher d'analyser. Au Salon, ses toiles criaient sous la lumière crue, au milieu des images à un sou qu'on avait collées au mur autour d'elles. Je les voyais enfin à part, ainsi que tout tableau doit être vu, dans le lieu même où elles avaient été peintes.

Le talent de M. Manet est fait de simplicité et de justesse. Sans doute, devant la nature incroyable de certains de ses confrères, il se sera décidé à interroger la réalité, seul à seule ; il aura refusé toute la science acquise, toute l'expérience ancienne, il aura voulu prendre l'art au commencement, c'est-à-dire à l'observation exacte des objets.

Il s'est donc mis courageusement en face d'un sujet, il a vu ce sujet par larges taches, par oppositions vigoureuses, et il a peint chaque chose telle qu'il la voyait. Qui ose parler ici de calcul mesquin, qui ose accuser un artiste consciencieux de se moquer de l'art et de lui-même ? Il faudrait punir les railleurs, car ils insultent un homme qui sera une de nos gloires, et ils l'insultent misérablement, riant de lui qui ne daigne même pas rire d'eux. Je vous assure que vos grimaces et que vos ricanements l'inquiètent peu.

J'ai revu Le Déjeuner sur l'herbe, ce chef-d'œuvre exposé au Salon des Refusés, et je défie nos peintres en vogue de nous donner un horizon plus large et plus empli d'air et de lumière. Oui, vous riez encore, parce que les ciels violets de M. Nazon vous ont gâtés. Il y a ici une nature bien bâtie qui doit vous déplaire. Puis nous n'avons ni la Cléopâtre en plâtre de M. Gérome, ni les jolies personnes roses et blanches de M. Dubufe. Nous ne trouvons malheureusement là que des personnages de tous les jours, qui ont le tort d'avoir des muscles et des os, comme tout le monde. Je comprends votre désappointement et votre gaieté, en face de cette toile ; il aurait fallu chatouiller votre regard avec des images de boîtes à gants.

J'ai revu également l'Olympia, qui a le défaut grave de ressembler à beaucoup de demoiselles que vous connaissez. Puis, n'est-ce pas ? quelle étrange manie que de peindre autrement que les autres ! Si, au moins, M. Manet avait emprunté la houppe à poudre de riz de M. Cabanel et s'il avait un peu fardé les joues et les seins d'Olympia, la jeune fille aurait été présentable. Il y a là aussi un chat qui a bien amusé le public. Il est vrai que ce chat est d'un haut comique, n'est-ce pas ? et qu'il faut être insensé pour avoir mis un chat dans ce tableau. Un chat, vous imaginez-vous cela. Un chat noir, qui plus est. C'est très drôle... Ô mes pauvres concitoyens, avouez que vous avez l'esprit facile. Le chat légendaire d'Olympia est un indice certain du but que vous vous proposez en vous rendant au Salon. Vous allez y chercher des chats, avouez-le, et vous n'avez pas perdu votre journée lorsque vous trouvez un chat noir qui vous égaye.

Mais l'œuvre que je préfère est certainement Joueur de fifre, toile refusée cette année. Sur un fond gris et lumineux, se détache le jeune musicien, en petite tenue, pantalon rouge et bonnet de police. Il souffle dans son instrument, se présentant de face. J'ai dit plus haut que le talent de M. Manet était fait de justesse et de simplicité, me souvenant surtout de l'impression que m'a laissée cette toile. Je ne crois pas qu'il soit possible d'obtenir un effet plus puissant avec des moyens moins compliqués.

Manet - Le joueur de fifre

Manet - Le joueur de fifre

Le tempérament de M. Manet est un tempérament sec, emportant le morceau. Il arrête vivement ses figures, il ne recule pas devant les brusqueries de la nature, il rend dans leur vigueur les différents objets se détachant les uns sur les autres. Tout son être le porte à voir par taches, par morceaux simples et énergiques. On peut dire de lui qu'il se contente de chercher des tons justes et de les juxtaposer ensuite sur une toile. Il arrive que la toile se couvre ainsi d'une peinture solide et forte. Je retrouve dans le tableau un homme qui a la curiosité du vrai et qui tire de lui un monde vivant d'une vie particulière et puissante.

Vous savez quel effet produisent les toiles de M. Manet au Salon. Elles crèvent le mur, tout simplement. Tout autour d'elles s'étalent les douceurs des confiseurs artistiques à la mode, les arbres en sucre candi et les maisons en croûte de pâté, les bonshommes en pain d'épices et les bonnes femmes faites de crème à la vanille. La boutique de bonbons devient plus rose et plus douce, et les toiles vivantes de l'artiste semblent prendre une certaine amertume au milieu de ce fleuve de lait. Aussi faut-il voir les grimaces des grands enfants qui passent dans la salle. Jamais vous ne leur ferez avaler pour deux sous de véritable chair, ayant la réalité de la vie ; mais ils se gorgent comme des malheureux de toutes les sucreries écoeurantes qu'on leur sert.

Ne regardez plus les tableaux voisins. Regardez les personnes vivantes qui sont dans la salle. Étudiez les oppositions de leurs corps sur le parquet et sur les murs. Puis, regardez les toiles de M. Manet : vous verrez que là est la vérité et la puissance. Regardez maintenant les autres toiles, celles qui sourient bêtement autour de vous, vous éclatez de rire, n'est-ce pas ?

La place de M. Manet est marquée au Louvre comme celle de Courbet*, comme celle de tout artiste d'un tempérament original et fort. D'ailleurs, il n'y a pas la moindre ressemblance entre Courbet et M. Manet, et ces artistes, s'ils sont logiques, doivent se nier l'un l'autre. C'est justement parce qu'ils n'ont rien de semblable, qu'ils peuvent vivre chacun d'une vie particulière.

Je n'ai pas de parallèle à établir entre eux, j'obéis à ma façon de voir en ne mesurant pas les artistes d'après un idéal absolu et en n'acceptant que les individualités uniques, celles qui s'affirment dans la vérité et dans la puissance.

Je connais la réponse : " Vous prenez l'étrangeté pour l'originalité, vous admettez donc qu'il suffit de faire autrement que les autres pour faire bien." Allez dans l'atelier de M. Manet, messieurs ; puis revenez dans le vôtre et tâchez de faire ce qu'il fait, amusez-vous à imiter ce peintre qui, selon vous, a pris en fermage l'hilarité publique. Vous verrez alors qu'il n'est pas si facile de faire rire le monde.

J'ai tâché de rendre à M. Manet la place qui lui appartient, une des premières. On rira peut-être du panégyriste comme on a ri du peintre. Un jour, nous serons vengés tous deux. Il y a une vérité éternelle qui me soutient en critique : c'est que les tempéraments seuls vivent et dominent les âges. Il est impossible, - impossible, entendez-vous -, que M. Manet n'ait pas son jour de triomphe, et qu'il n'écrase pas les médiocrités timides qui l'entourent.

Ceux qui doivent trembler, ce sont les faiseurs, les hommes qui ont volé un semblant d'originalité aux maîtres du passé ; ce sont ceux qui calligraphient des arbres et des personnages, qui ne savent ni ce qu'ils sont ni ce que sont ceux dont ils rient. Ceux-là seront les morts de demain ; il y en a qui sont morts depuis dix ans, lorsqu'on les enterre, et qui se survivent en criant qu'on offense la dignité de l'art si l'on introduit une toile vivante dans cette grande fosse commune du Salon."

Emile Zola

 

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Rédigé par rafael

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Publié le 1 Décembre 2013

Degas - L'absinthe. 1875, Musée d'Orsay, Paris   

Degas - L'absinthe. 1875, Musée d'Orsay, Paris  

 

« [Degas] disait qu’une femme étant venue s’asseoir non loin de lui, il remarqua le soin qu’elle prenait d’être bien assise et bien arrangée. Elle passa les mains sur sa robe, la déplissa, se disposa et s’enfonça pour mieux épouser la courbure de la banquette ; elle tira sur ses gants au plus près de ses mains, les boutonna avec soin, se passa la langue sur les lèvres qu’elle se mordilla un peu, se remua dans son vêtement, pour se sentir tout à l’aise, et fraîche dans le linge tiède. Enfin, elle tendit sa voilette, après s’être pincée légèrement le bout du nez, remit une boucle en bonne place d’un doigt preste, et non sans avoir vérifié d’un coup d’œil le contenu de son sac, parut conclure cette série d’opérations en prenant la mine d’une personne qui a terminé son ouvrage, ou qui, ayant fait tout ce qu’on peut faire d’humain avant d’entreprendre, a l’esprit en repos et s’en remet à Dieu. Le tramway branlait et allait. La dame, définitivement installée, demeura bien cinquante secondes dans cette perfection de tout son être. Mais au bout de ce temps qui dut lui paraître éternel, Degas (qui mimait à merveille ce que je décris à grand’peine) la voit insatisfaite : elle se redresse, fait jouer son cou dans son col, fronce un peu les narines, essaie une moue, puis, reprend ses rectifications d’attitude et d’ajustement, la robe, les gants, le nez, la voilette… Tout un travail bien personnel, suivi d’un nouvel état d’équilibre apparemment stable, mais qui ne dure qu’un moment. Degas, de son côté, me reprenait sa pantomime. Il était ravi. Il se mêlait à son contentement quelque misogynie. J’ai parlé tout à l’heure d’animal féminin : je crains d’avoir bien dit. Huysmans n’a-t-il pas écrit qu’il peignait les danseuses avec horreur ? »

 

(Paul Valéry, « Mimique », Degas, Danse, Dessin, Gallimard, 1965, « Folio-essais », p.134-136)

 

 


 


"Claude Monet est l’artiste qui, depuis Corot, a montré, dans la peinture de paysage, le plus d’invention et d’originalité. Si l’on classe les peintres d’après le degré de nouveauté et d’imprévu de leurs œuvres, il faut le mettre sans hésiter au rang des maîtres. Mais comme la foule éprouve d’abord une répulsion instinctive pour tout ce qui, en peinture, est nouveau et original, cette même personnalité, qui devrait suffire à le recommander, est précisément la cause qui, jusqu’à ce jour, a […]


Un bar aux Folies Bergère est un tableau réalisé par le peintre Édouard Manet au début des années 1880, il fut exposé au Salon de Paris en 1882. Il s'agit de la dernière œuvre majeure de Manet avant sa mort. Son thème est en phase avec les péocupations des impressionnistes: montrer la ville et la vie de leur époque à travers des scènes se déroulant dans des cafés, des bars, des maisons closes, tous les leius de la vie parisienne. Manet fait dans ce tableau le portrait d'une jeune fille […]


Parmi les thèmes récurant dans l’œuvre de Monet, la femme à l’ombrelle revient plusieurs fois. Mise en scène à chaque fois, il met en valeur la fragilité de la femme, sa grâce sous la lumière souvent très forte, un ciel d’un bleu profond en arrière plan. Monet fervent admirateur des estampes japonaises, réalise ici des œuvres en références à ces images pleines de garce qu’il affectionnait particulièrement, jeunes filles japonaises sous leurs ombrelles aux kimonos amples et majestueux. Le […]

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Publié le 17 Novembre 2013

Gardner lewis-payne

Portrait de Lewis Payne

Alexander Garner marquera la photographie américaine naissante par son travail lors de la guerre de sécession. Première grande guerre médiatisé, ses photos emblématiques, sans concessions montrent toute l’horreur du conflit. Son engagement pour la vérité et son courage en font l’un des meilleurs témoins de cette période difficile et ouvre la voie d’un réalisme photographique américain qui a chaque époque saura témoigner de la dureté du monde. En 1865 i réalise un reportage sur les comploteurs contre Lincoln jusqu’à leur mort, le célèbre portrait de Lewis Payne reste l’une de ses œuvre les plus abouties. Payne se sait condamner il attend la mort sans remord le regard froid, portrait troublant.

 

Gardner ANTI-Union Burial Gardner antietam-dead-soldiers-ag 
 Gardner Confederate  Gardner gettysburg 

 

Gardner abraham lincoln Gardner red cloud 


Mapplethorpe découvre la photographie en empruntant le polaroïd de son amie Sandy Daley, un Land 360. Son premier modèle est Patti Smith. Malgré les difficultés financières que représente l'achat des pellicules pour le couple, Mapplethorpe réalise bientôt de nombreux clichés. Ces derniers sont exposés trois ans plus tard, en 1973, dans la Light Gallery (New York) pour la première exposition de Mapplethorpe, intitulée « Polaroïd ». Grâce à son ami John McKendry, Mapplethorpe peut contempler […]


Moriyama s'intéresse d'abord à la peinture avant de se tourner définitivement vers la photographie à l'âge de vingt-et-un ans. En 1961, il s'installe à Tokyo où il devient l'assistant d'Eikoh Hosoe, l'un des fondateurs de l'agence Vivo. Il fit partie du groupe "Provoke", réuni autour du magazine du même nom, à la fin des années 60. Il travaille au Japon et à New York. Mais son quartier de prédilection est Shinjuku avec ses rues étroites où se mélangent toutes les couches de la population. […]


Salgado, photographe brésilien, choisit lui-même ses projets aux quatre coins du Brésil : il travaille toujours en noir et blanc et avec une saturation minimale et observe la vie de ceux qui vivent et qui travaillent dans des conditions difficiles : migrants, mineurs, victimes de la famine… Un de ses reportages les plus renommés, intitulé La Mine d'or de Serra Pelada, porte sur le quotidien dans une mine d’or au Brésil, reportage dans lequel il parvient à décrire les conditions de travail […]

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