naturalisme et impressionisme

Publié le 28 Février 2018

Manet - Lola de Valence

Manet - Lola de Valence

" ... la Lola de Valence, elle est célèbre par le quatrain de Charles Baudelaire, qui fut sifflé et maltraité autant que le tableau lui-même :

 

Entre tant de beautés que partout on peut voir,
Je comprends bien, amis, que le désir balance,
Mais on voit scintiller dans Lola de Valence
Le charme inattendu d’un bijou rose et noir.

 

Je ne prétends pas défendre ces vers, mais ils ont pour moi le grand mérite d’être un jugement rimé de toute la personnalité de l’artiste. Je ne sais si je force le texte. Il est parfaitement vrai que Lola de Valence est un bijou rose et noir ; le peintre ne procède déjà plus que par taches, et son Espagnole est peinte largement, par vives oppositions ; la toile entière est couverte de deux teintes."

Emile Zola

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Rédigé par rafael

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Publié le 4 Février 2018

Courbet - Les Baigneuses - Musée Fabre Montpellier - 1853

Courbet - Les Baigneuses - Musée Fabre Montpellier - 1853

Les Baigneuses est un tableau peint par Gustave Courbet en 1853. L'œuvre fait scandale au Salon de 1853 par son caractère résolument provocateur, Courbet ayant décidé de se démarquer de la production officielle par ses envois, dont cette œuvre. Le tableau est unanimement attaqué par la critique, pour la nature négligée de la scène, le caractère massif du nu en opposition avec les canons officiels. Acheté par le collectionneur et ami de Courbet Alfred Bruyas, cet achat permet à l'artiste de devenir indépendant financièrement et artistiquement.

Wikipedia

Ce grand tableau, que Courbet présente au salon de 1853 avec Les lutteurs et La fileuse endormie, reprend le thème classique des baigneuses mais d’une manière si personnelle et provocatrice qu’il lui valut un scandale sans précédent. En effet la baigneuse, qui a toujours représenté en peinture l’idéal féminin (Diane, Vénus ou Suzanne), est figurée par Courbet en bourgeoise plantureuse, les pieds sales, les bas avachis, sans fards. Par ailleurs, la monumentalité du format, jusque-là réservée aux genres nobles, peinture d’histoire ou religieuse, en accentue l’aspect provocateur. La gestuelle affectée se révèle elle-même ambiguë, faisant dire à Delacroix:

« la vulgarité des formes ne serait rien, c’est la vulgarité et l’inutilité de la pensée qui sont abominables… ».

En dépit de toutes ces critiques, Alfred Bruyas, avide de modernité, se fit un devoir d’acquérir ce tableau manifeste:

« Voici l’art libre, cette toile m’appartient » aurait-il dit.

Ce fut à cette occasion qu’il rencontra Courbet et que se noua l’amitié si féconde entre l’artiste et le mécène montpelliérain. Au-delà du scandale, les motivations de Courbet laissent encore place aux interprétations. Lui-même disait :

« le tableau des Baigneuses représente une phase curieuse de ma vie, c’est l’ironie ».

Le tableau ne se résume pas à une sulfureuse caricature destinée à provoquer le bourgeois. II témoigne aussi du grand lyrisme de Courbet envers la nature, exprimé dans les obscures frondaisons et les solides rochers de sa FrancheComté natale, nécessaires motifs de ressourcement, tout comme dans les voluptueux corps de femme auxquels il voue un culte amoureux durant toute sa carrière.
À la grande liberté d'exécution des rochers, travaillés au couteau, répond en effet son talent incomparable à peindre la chair. Une capacité célébrée par Zola lorsqu'il écrivait à propos de Courbet,

« il se sentait entraîné par toute sa chair, par toute sa chair entendez-vous, vers le monde matériel qui l'entourait, les femmes grasses et les hommes puissants, les campagnes plantureuses et largement fécondes. Trapu, vigoureux, il avait l'âpre dessein de serrer entre ses bras la nature vraie ; il voulait peindre en pleine viande et en plein terreau… »

Musée Fabre

La Baigneuse est une satire de la bourgeoisie : « Oui, la voilà bien cette bourgeoisie charnue et cossue, déformée par la graisse et le luxe ; en qui la mollesse et la masse étouffent l’idéal, et prédestinée à mourir de poltronnerie, quand ce n’est pas de gras fondu ; la voilà telle que sa sottise, son égoïsme et sa cuisine nous la font. »

Proudhon

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Rédigé par rafael

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Publié le 2 Février 2018

Bazille - Vue de village - Musée Fabre Montpellier - 1868

Bazille - Vue de village - Musée Fabre Montpellier - 1868

Bazille peint ce tableau à Méric où il a sa résidence familiale d'été. Le village est celui de Castelneau. Le tableau illustre une scène de plein air, thème récurant chez Bazille. 

Berthe Morissot écrit du tableau :

"Le grand Bazille a fait une chose que je trouve fort bien : c'est une petite fille en robe très claire, à l'ombre d'un arbre derrière lequel on aperçoit un village. Il y a beaucoup de lumière, de soleil. Il cherche ce que nous avons si souvent cherché, mettre une figure en plein air ; cette fois il me paraît avoir réussi ".

 

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Publié le 28 Janvier 2018

Corot - Paysages de Ville d'Avray
Corot - Paysages de Ville d'Avray
Corot - Paysages de Ville d'Avray

« Voyez-vous, c’est charmant la vie d’un paysagiste: on se lève de bonne heure, à trois heures du matin, avant le soleil; on va s’asseoir au pied d’un arbre, on regarde et on attend. On ne voit pas grand’chose d’abord, la nature ressemble à une toile blanchâtre, où s’esquissent à peine les profils de quelques masses: […] les vapeurs nocturnes rampent encore comme des flocons argentés sur les herbes d’un vert transi. Bing.'… bing!… un premier rayon de soleil… un second […] On ne voit rien… Tout y est… Le paysage est tout entier derrière la gaze transparente du brouillard, qui monte… monte… monte… aspiré par le soleil… et laisse, en se levant, voir la rivière lamée d’argent, les prés, les arbres, les maisonnettes, le lointain fuyant… On distingue enfin tout ce que l’on devinait d’abord. Bam!… le soleil est levé… Bam! le paysan passe au bout du champ avec sa charrette attelée de deux bœufs… Ding! ding! c’est la clochette du bélier qui mène le troupeau… Bam! tout éclate, tout brille… tout est en pleine lumière… lumière blonde et caressante encore. Les fonds, d’un contour simple et d’un ton harmonieux, se perdent dans l’infini du ciel, à travers un air brumeux et azuré… […] C’est adorable!… et l’on peint… et l’on peint!… Oh! la belle vache alezane, […] Je vais la peindre… Crac! la voilà! Fameux! Dieu, comme elle est frappante!… […] Bon, voilà Simon qui s’avance et regarde. - Eh bien, Simon, comment trouves-tu cela? - Oh! dam! m’sieu… C’est biau, allez!…. - Et tu vois bien ce que j’ai voulu faire? - J'crois ben que j'vois c'que c’est… C’est un gros rocher jaune que vous avez mis là. Boum! boum! midi! Le soleil embrasé brûle la terre… Boum! tout s’alourdit, tout devient grave… Les fleurs penchent la tête… les oiseaux se taisent, les bruits du village viennent jusqu’à nous. […] Boum! Rentrons… – On voit tout, rien n’y est plus. Allons déjeuner à la ferme. […] Travaillez, mes amis, je me repose… je fais la sieste… et je rêve un paysage du matin… je rêve mon tableau… plus tard, je peindrai mon rêve. Bam! bam! le soleil descend vers l’horizon… Il est temps de retourner au travail… Bam! le soleil donne un coup de tam-tam… Bam! il se couche au milieu d’une explosion de jaune, d’orange, de rouge-feu, de cerise, de pourpre… […]. La nature a l’air fatigué… Les fleurettes semblent se ranimer un peu… […] Mais le soleil descend de plus en plus derrière l’horizon… Bam! il jette son dernier rayon, une fusée d’or et de pourpre qui frange le nuage fuyant… bien! […] bien, bien, le crépuscule commence… Dieu! Que c’est charmant! Le soleil a disparu… il ne reste dans le ciel adouci qu’une teinte vaporeuse de citron pâle […]. Les terrains perdent leur couleur… les arbres ne forment plus que des masses brunes ou grises… les eaux assombries reflètent les tons suaves du ciel… On commence à ne plus voir… On sent que tout y est… Tout, est vague et confus… […]. Bing! Une étoile du ciel qui pique une tête dans l’étang… Charmante étoile dont le frémissement de l’eau augmente le scintillement, tu me regardes… tu me souris en clignant de l’œil… Bing! Une seconde étoile apparaît dans l’eau, un second œil s’ouvre. […] Bing! bing! bing! trois, six, vingt étoiles… […] Tout s’assombrit encore… […] C’est un fourmillement d’étoiles. L’illusion se produit… Le soleil étant couché, le soleil intérieur de l’âme, le soleil de l’art se lève… Bon! Voilà mon tableau fait! »

C. COROT Extrait de Un étranger au Salon par J. Graham, 1863.

 

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Rédigé par rafael

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Publié le 27 Janvier 2018

Courbet - Bonjour Monsieur Courbet - Musée Fabre Montpellier

Courbet - Bonjour Monsieur Courbet - Musée Fabre Montpellier

Bonjour Monsieur Courbet, initialement intitulé La Rencontre, est un tableau peint en 1854 par Gustave Courbet. Il met en scène l'artiste rencontrant son mécène Alfred Bruyas sur le chemin vers Montpellier, avec son valet et son chien. Œuvre emblématique de l'artiste, c'est aussi l'une de ses plus populaires, ayant fait l'objet de nombreuses reproductions.
L'œuvre fit scandale lors de l'exposition universelle où elle fut présentée. Les critiques furent virulentes, considérant cette œuvre comme la « manifestation d'un monstrueux orgueil »

Wikipedia

 Alfred Bruyas

 Courbet

Courbet

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Rédigé par rafael

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Publié le 7 Janvier 2018

Monet - La tamise - Londres

Monet - La tamise - Londres

" M. Claude Monet expose, chez MM. Boussod et Valadon, une série de toiles incomparables. Je n'ai pas à rendre compte ici de cette exposition, et je le regrette, car elle offre un tout à fait exceptionnel intérêt d'art par l'étonnante diversité et la nouveauté hardie des sensations exprimées en ces œuvres — paysages, marines et figures —, sensations qu'aucun peintre, à aucune époque, n'exprima, je crois, avec cette passion de la vie, avec cette force d'éloquence et ce charme de sensibilité, avec, surtout, cette supérieure intelligence des grandes harmonies de la nature. Je veux seulement, à cette occasion, parler du très rare, du très puissant artiste qu'est M. Claude Monet, si toutefois, en ces temps d'agitations imbéciles, il est permis de s'occuper encore de quelque chose de noble, où la boueuse politique n'a rien à voir.

Monet - Les Nympheas

Monet - Les Nympheas

En peinture, tout le monde est le maître ou l'élève de quelqu'un, suivant qu'on est vieux ou jeune, et plus ou moins décoré. Lorsqu'on n'a point de génie, on le professe pour le compte d'autrui ; on devient cette chose impudente et burlesque : professeur d'art. Transmettre de génération en génération, théoriquement, mécaniquement, des lois fixes du beau; enseigner l'art d'être ému, d'une façon correcte et semblable, devant un morceau de nature, comme on apprend à métrer des pièces de soie ou à confectionner des bottes, cela semble, au premier abord, un extravagant métier. Cependant, il n'en est pas de plus honoré et qui rapporte davantage. Le maître met son amour-propre à posséder le plus d'élèves possible, l'élève à copier le plus fidèlement possible la manière du maître, lequel copia son maître, qui lui-même copia le sien. Et cela remonte de la sorte, d'élèves en maîtres jusqu'aux siècles les plus lointains de nous. Cette suite ininterrompue de gens se copiant les uns, les autres à travers les âges, nous l'appelons la tradition. Elle est infiniment respectée. Les gouvernements, aidés des critiques d'art et amateurs, veillent à ce qu'elle soit officiellement continuée et qu'aucun accident fâcheux n'en vienne briser la chaîne ; ils lui donnent des ministères, des écoles, des instituts, et ils la protègent contre les personnalités géniales qui, de temps à autre, tentent de la rompre. Avec M. Claude Monet, nous sommes loin de la tradition. Une de ses grandes originalités, ce qu'on ne peut vraiment lui pardonner, c'est qu'il n'a été l'élève de personne. Il se trouve dans cette situation rare et bienheureuse de n'avoir pas d'état civil artistique. Aucun Cabanel ne le baptisa, aucun Bouguereau. Dans les livrets d'exposition et les catalogues de vente, il figure avec son nom seul, sans accolade d'aucun maître. Très jeune, il est vrai, il entra à l'atelier du père Gleyre, mais, quand il eut, compris et vérifié l'étrange cuisine qui on faisait là, il s'empressa de fuir sans avoir déplié son carton ni ouvert sa boîte de couleurs. Il eut alors une idée de génie, mais fort irrévérencieuse, et par quoi, certainement, il vaut d'être devenu l'admirable peintre qu'il est : il ne copia aucun tableau du Louvre. Même il découvrit qu'il y avait, dans la nature, des personnages, des arbres, des fleurs, de l'eau, de la lumière, et que cela vivait et que cela était beau, d'une beauté souveraine, sans cesse renouvelée, d'une toujours claire, fraîche et saine jeunesse et que cela valait tous les maîtres s'écaillant tristement en leurs cadres dédorés, sous les successives couches de vernis et de poussière dont ils sont affligés. Non point qu'il fût réfractaire aux mérites d'un Giotto, d'un Holbein, d'un Vélasquez, d'un Delacroix, d'un Daumier et d'un Hokusaï. Nul plus que lui n'avait l'âme pour les sentir et pour les aimer; mais il se dit, avec raison, que chacun doit faire son œuvre, c'est-à-dire exprimer sa propre émotion, et non point recommencer celle des autres. Il partait de ce principe que la loi du monde est le mouvement, que l'art, comme la littérature, comme la musique, la science et la philosophie, est continuellement en marche vers de nouvelles recherches et de nouvelles conquêtes; que les découvertes de demain succèdent aux découvertes d'hier et qu'il n'y a point d'époques: définitives comme le croit M. Renan, ni d'hommes sacrés en qui se soit à jamais fixé le dernier effort de l'esprit humain.

Monet - Iles sous la neige

Monet - Iles sous la neige

M. Claude Monet admira ces gloires du passé et ne s'y attarda pas de même qu'il ne s'était pas attardé dans les ateliers des professeurs contemporains. Il regarda la nature où dort encore le trésor du génie que le souffle, de l'homme n'a pas réveillé; il vécut en elle, ébloui par l'inépuisable magie de ses formes changeantes, de ses musiques inentendues, et il laissa courir, vagabonder son rêve sur le léger, le féerique rêve de lumière qui enveloppe toutes les choses vivantes et qui fait vivre toutes les choses mortes de la vie charmante des couleurs. Il ne voulut point d'autre maître qu'elle.

Si bien doué que l'on se sente, si peu porté que l'on soit à l'imitation, un jeune homme, dans sa hâte de produire, aux prises avec les tâtonnements du début, avec les difficultés d'une technique rebelle et d'une éducation de l'œil si lente à se faire, est fatalement destiné à subir l'influence de ses premières admirations et de ses premiers enthousiasmes. En ses premières toiles, si pleines d'effort, de volonté, de qualités, personnelles, où déjà se devine la maîtrise future de l'artiste, on sent néanmoins l'influence de Courbet et de sa manière noire, puis celle de Manet et de ce grand peintre méconnu, M. Camille Pissarro. Il s'en rendit compte, car personne ne fut plus sévère pour ses œuvres que M. Monet, et il mit toute son énergie, par une communication encore plus intime et plus abstraite avec la nature, à se défaire de ces quelques souvenirs extérieurs qui nuisaient au développement complet de sa personnalité.

Monet - Trouville

Monet - Trouville

Bientôt, à force d'isolement, de concentration en soi, à force d'oubli esthétique de tout ce qui n'était pas le motif de l'heure présente, son œil se forma au feu capricieux, au frisson des plus subtiles lumières, sa main s'affermit et s'assouplit en même temps à l'imprévu, parfois déroutant, de la ligne aérienne; sa palette s'éclaircit. Il divisa son travail sur un plan méthodique, rationnel, d'une inflexible rigueur, en quelque sorte mathématique. En quelques années il arriva à se débarrasser des conventions, des réminiscences à n'avoir plus qu'un parti-pris, celui de la sincérité, qu'une passion, celle de la vie. Et c'est la vie, en effet, qui emplit ces toiles d'un art tout nouveau et qui étonne, la vie de l'air, la vie de l'eau, la vie si compliquée des lumières, synthétisée en d'admirables hardiesses. La clameur est grande; l'insulte est prête à saluer ce grand effort, le rire montre les dents et lance sa bave. Qu'importe ? Un peintre est né, qui nous apporte enfin des harmonies neuves. Et son œuvre déjà est immense.

Monet - déjeuner sur l'herbe

Monet - déjeuner sur l'herbe

Je ne puis malheureusement, en ce court article, suivre M. Claude Monet dans sa vie artiste et dans son œuvre : il faudrait l'espace d'un volume. Je ne puis non plus raconter ses luttes, les scandaleux refus au Salon de ses toiles superbes, ses expositions avec les impressionnistes, ses découragements vite surmontés et aussitôt suivis de travaux acharnés, car il avait un but et il y marchait, droit devant lui à peine arrêté de temps à autre par les misères d'une existence, où il sentait à chaque pas l'hostilité embusquée. Aujourd'hui M. Claude Monet a vaincu la haine, il a forcé l'entourage à se taire. Il est ce qu'on appelle arrivé. Si quelques obstinés pour qui l'art n'est que la résurrection des formes glacées et des formules mortes discutent encore les tendances de son talent, ils ne discutent plus cet talent qui s'est imposé de lui-même par sa propre force et son charme si intense qui pénètre au plus profonds des sensations de l'homme. Des amateurs qui riaient autrefois, s'honorent de posséder des tableaux de lui ; des peintres, les plus acharnés à se moquer jadis, s'acharnent à l'imiter. Et lui-même vit dans la plus belle, dans la plus inaltérable sérénité d'art où un artiste puisse se réfugier.

Monet - La Grenouillère

Monet - La Grenouillère

Ce qui distingue ce talent de M. Claude Monet, c'est sa grandiose et savante simplicité ; c'est son implacable harmonie. Il a tout exprimé, même les fugitifs effets de lumière; même l'insaisissable, même l'inexprimable, c'est-à-dire le mouvement des choses inertes ou invisibles, comme la vie des météores ; et rien n'est livré au hasard de l'inspiration, même heureuse, à la fantaisie du coup de pinceau, même génial. Tout est combiné, tout s'accorde avec les lois atmosphériques, avec la marche régulière et précise des phénomènes terrestres ou célestes. C'est pourquoi il nous donne l'illusion complète de la vie. La vie chante dans la sonorité de ses lointains, elle fleurit, parfumée, avec ses gerbes de fleurs, elle éclate en nappes chaudes de soleil, se voile dans l'effacement mystérieux des brumes, s'attriste sur la nudité sauvage des rochers modelée ainsi que des visages de vieillards. Les grands drames de la nature, il les saisit, les rend, en leur expression la plus suggestive.

Monet - Impression soleil levant

Monet - Impression soleil levant

Aussi nous respirons vraiment dans sa toile les senteurs de la terre; des souffles de brisés marines nous apportent aux oreilles ces orchestres hurlants du large ou la chanson apaisée des criques; nous voyons les terres se soulever sous l'amoureux travail des sèves bouillonnantes, le soleil décroître ou monter le long des troncs d'arbres, l'ombre envahir progressivement les verdures ou les nappes d'eau qui s'endorment dans la gloire pourprée des soirs ou se réveillent dans la fraîche virginité des matins. Tout s'anime, bruit, se colore ou se décolore, suivant l'heure qu'il nous représente et suivant la lente ascension et le lent décours des astres distributeurs de clartés. Et il nous arrive cette impression que bien des fois j'ai ressentie en regardant les tableaux de M. Claude Monet : c'est que l'art disparaît, s'efface, et que nous ne nous trouvons plus qu'en présence de la nature vivante complètement conquise et domptée par ce miraculeux peintre.

Monet - Belle Ile

Monet - Belle Ile

Devant ses mers farouches de Belle-Ile ou ses mers souriantes d'Antibes et de Bordighera, souvent j'ai oublié qu'elles étaient faites sur un morceau de toile avec de la pâte, et il me semblait que j'étais couché sur les grèves et que je suivais d'un œil charmé le vivant rêve qui monté de l'eau brillante et se perd, à travers l'infini, par-delà la ligne d'horizon confondue avec le ciel.

Monet - Belle Ile

Monet - Belle Ile

Aucun n'aura mené une existence plus belle que M. Claude Monet, car il a incarné l'art dans sa propre chair, et il ne vit qu'en lui et par lui, d'une vie de travail incessante et rude. Admirable et curieuse folie qui est la sagesse suprême, car il aura connu des joies suprêmes que bien peu connaissent. Paris ne pouvait convenir avec sa fièvre, ses hâtes ses vaines intrigues, à un contemplateur obstiné, à un passionné de la vie des choses comme l'est M. Claude Monet. Il habite la campagne dans un superbe paysage en constante compagnie de ses modèles, et le plein air est son unique atelier. Aucun n'est plus orné de richesses que celui-là. On peut le voir installé dès l'aube, qu'il neige, qu'il vente, que le soleil monte sur la terre, en nappe de feu, cherchant des nouveaux horizons, impatient de découvrir quelque chose de mieux, de voir un dessin : qu'il n'ait pas vu encore, de saisir un ton qu'il n'ait pas encore saisi. Aujourd'hui, il s'est remis aux figures. Et comme il inventa pour la vie des choses une poésie nouvelle, il découvrit, pour la vie des êtres, un art qui n'avait pas encore été tenté jusqu'ici. En attendant, il ignore qu'il y a un Salon, des Académies, qu'on décore les artistes, et il poursuit loin des coteries, des intrigues, la plus belle et la plus considérable parmi les œuvres de ce temps. "

Octave Mirbeau, Le Figaro, 10 mars 1889

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Publié le 6 Janvier 2018

Corot -  Homère et les Bergers

Corot -  Homère et les Bergers

" Ce qui prouve encore la puissance de M. Corot, ne fût-ce que dans le métier, c’est qu’il sait être coloriste avec une gamme de tons peu variée — et qu’il est toujours harmoniste même avec des tons assez crus et assez vifs. — Il compose toujours parfaitement bien. — Ainsi dans Homère et les Bergers, rien n’est inutile, rien n’est à retrancher ; pas même les deux petites figures qui s’en vont causant dans le sentier. — Les trois petits bergers avec leur chien sont ravissants, comme ces bouts d’excellents bas-reliefs qu’on retrouve dans certains piédestaux des statues antiques. — Homère ressemble peut-être trop à Bélisaire. — Un autre tableau plein de charme est Daphnis et Chloé — et dont la composition a comme toutes les bonnes compositions — c’est une remarque que nous avons souvent faite — le mérite de l’inattendu. "

Baudelaire, Salon de 1845

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Publié le 17 Septembre 2017

Manet -La musique aux Tuilleries - Michel Foucault

Ce tableau de Manet date de 1862, le peintre compose sa toile selon les grands principes qu'il a appris dans les ateliers où il a fait ses études. La toile s'organise selon un axe verticale qui court sur la dernière ligne des personnages et des axes verticaux.

Manet -La musique aux Tuilleries - Michel Foucault

Les axes verticaux sont issus de la composition des arbres qui donnent le rythme de la toile.

Manet -La musique aux Tuilleries - Michel Foucault

L'effet général est accentué par le triangle de lumière central qui éclaire toute la scène. Les personnages du premier plan forment une frise sans profondeur, en contact direct avec le spectateur. 

D'après Conférence à Tunis, Michel Foucault.

Manet -La musique aux Tuilleries - Michel Foucault

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Publié le 12 Juillet 2017

Monet - Les jardins de Giverny - Photos: Lankaart (c)

Monet - Les jardins de Giverny - Photos: Lankaart (c)

Monet séjournera de 1883 à 1926 dans sa maison de Giverny aux portes de la Normandie. Durant cette période il se consacrera au développement et à l’embellissement de ses jardins : jardin de fleurs, jardin d’eau, jardin japonais sources d’inspiration jusqu’à sa mort.

En parcourant les différents jardins on retrouve sa soif de couleur et l’inspiration de nombreux tableaux dont les célèbres nymphéas réalisés sur place dans son immense atelier. Elles donneront une image sublime du jardin d’eau.

 

Texte et photos: Lankaart

Monet - Les jardins de Giverny - Photos: Lankaart (c)
Monet - Les jardins de Giverny - Photos: Lankaart (c)
Monet - Les jardins de Giverny - Photos: Lankaart (c)
Monet - Les jardins de Giverny - Photos: Lankaart (c)
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Monet - Les jardins de Giverny - Photos: Lankaart (c)

Monet - Les jardins de Giverny - Photos: Lankaart (c)Monet - Les jardins de Giverny - Photos: Lankaart (c)
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Monet - Les jardins de Giverny - Photos: Lankaart (c)

Monet - Les jardins de Giverny - Photos: Lankaart (c)
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Monet - Les jardins de Giverny - Photos: Lankaart (c)
Monet - Les jardins de Giverny - Photos: Lankaart (c)
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Monet - Nymphea

Monet - Nymphea

Monet - Les jardins de Giverny - Photos: Lankaart (c)
Monet - Les jardins de Giverny - Photos: Lankaart (c)
Monet - Les jardins de Giverny - Photos: Lankaart (c)
Monet - Les jardins de Giverny - Photos: Lankaart (c)

Monet - Les jardins de Giverny - Photos: Lankaart (c)

Monet - Parlement de Londres

Monet - Parlement de Londres

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Monet - Les jardins de Giverny - Photos: Lankaart (c)

Monet - Jeune femme à l'ombrelle

Monet - Jeune femme à l'ombrelle

Monet - Les jardins de Giverny - Photos: Lankaart (c)
Monet - Les jardins de Giverny - Photos: Lankaart (c)
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Monet - Les jardins de Giverny - Photos: Lankaart (c)
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Monet - Les jardins de Giverny - Photos: Lankaart (c)

Monet  - Impression soleil levant

Monet - Impression soleil levant

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Rédigé par rafael

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Publié le 7 Mars 2017

Cannon Rock

Cannon Rock

Winslow Homer est né à Boston, il entre d'abord dans un atelier de lithographie de sa ville natale en tant qu'apprenti. C'est en 1859 qu'il commence sa carrière de peintre à New York en ouvrant son premier studio. Durant la guerre de Sécession, il travaille comme illustrateur pour le Harper's Weekly, et réalise de nombreux dessins de batailles et scènes de guerre, croqués sur le vif, alors qu'il suit les armées nordistes.

Il voyage en France en 1867. À cette occasion, il est influencé par les peintres de l'École de Barbizon. De retour en Amérique, il peint surtout dans les années 1870, des paysages ruraux et des scènes idylliques de la vie sur la ferme. Il passe deux années de sa vie dans le nord de l'Angleterre (1881-1882).

Il peignit de nombreuses marines. Le critique d'art Françoise Dargent écrivit à propos de ses tableaux : « C'est comme si on invitait l'océan dans son salon. » Dans Key West, Hauling Anchor (1903), par exemple, le sujet est l'appareillage d'une goélette aurique à Key West, en Floride. Le rendu des couleurs somptueuses (ciel et mer) et l'exactitude des détails techniques, dont le petit key et ses cocotiers à l'horizon, sont des traits distinctifs de l'art du peintre.

Son œuvre est empreinte de vigueur et de réalisme. Il utilise principalement deux techniques : l'huile et l'aquarelle. Dans ses portraits, il peint surtout des enfants insouciants, qui font rêver les uns des autres.

Source: Wikipedia

Maine Coast, Northeaster et Moonlight, Wood Island Light
Maine Coast, Northeaster et Moonlight, Wood Island Light
Maine Coast, Northeaster et Moonlight, Wood Island Light

Maine Coast, Northeaster et Moonlight, Wood Island Light

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Rédigé par rafael

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