naturalisme et impressionisme

Publié le 13 Décembre 2010

paris passage colbert mai 2009 (5)

 

" M. Adam, du Comptoir national d'escompte, doit le jour au fondateur de la galerie Colbert, ouverte en 1826 entre les divers corps de bâtiment d'un hôtel, et non pas sur ses ruines, comme l'ont dit plusieurs écrivains qui ne prenaient pas la peine d'y aller voir. Ancien hôtel Bautru-Serrant, il a été aussi la résidence de Colbert, puis au marquis de Seignelay, son fils. Une belle gravure de l'époque où Guillaume Bautru, comte de Serrant, l'occupait, en représente la façade. Ce membre de l'Académie Française, qui n'avait rien écrit, mais qui avait égayé de ses bons mots la Flandre, l'Espagne et l'Angleterre, dans ses ambassades, devait sa fortune à un duc d'Orléans ; un prince de la même famille fit établir ses écuries, dès 1720, dans cette ancienne demeure du bel esprit, que les réparations de Levau avaient enrichie pour le premier ministre.

 

On y avait remarqué, comme oeuvre d'art, jusqu'à la porte de ces écuries : elle jouait sur ses gonds, rue Vivienne, et l'envergure en est présentement absorbée par les magasins de musique d'Heugel. Mais contigu au grand hôtel Colbert était le petit du même nom, habité après la famille du ministre par Paulin Fondre, receveur des finances de la généralité de Lyon, puis président a la chambre des comptes. On vantait de ce financier le cabinet, décoré de glaces, de Anneaux et de marbres rares, dont la cheminée, était aussi un précieux modèle.

 

 Les dépendances de l'hôtel Colbert comportaient, outre les jardins, d'autres constructions sur la rue Vivienne.

 

paris passage colbert mai 2009 (3)

 

Du côté de la rue Neuve-des-Petits-Champs, dans le petit passage en équerre ajouté à la galerie deux ans après sa formation, est l'entrée du café Colbert, qui du rez-de-chaussée a gagné le premier étage de cet ancien corps de l'hôtel. Les élèves de l'école Polytechnique ont adopté pour lieu de rendez-vous cette portion de résidence historique rendue publique par un Géorama, avant que ce fût par un café ; l'uniforme élégant et martial de l'École apparaît donc à chaque instant, le mercredi et le dimanche, à cette extrémité de la galerie. Un magasin de nouveautés occupe de même, mais d'une rue à l'autre en empiétant sur la galerie, l'ex-hôtel de l'homme d'État dont le grand nom couvre, comme pavillon, la marchandise que fait voguer la mode sur cette embarcation affrétée à l'époque de l'ouverture de la galerie.

 

paris passage colbert mai 2009

 

Que d'officiers en herbe projetèrent des regards d'envie sur les montres de ce magasin, au temps où Casimir Périer présidait à son tour aux destinées d'un règne ! Plus d'un élève de l'École, avant de se rendre au café, allait et venait, plein d'une curiosité qu'il croyait presque de l'amour, devant une porte vitrée de la galerie, au n° 26. Là, sous l'apparence d'une gantière, brillait une beauté accessible, mais qui ne tenait compte, en fait de jeunesse, que de la sienne ; elle imposait aux mieux favorisés de pourvoir aux atours dont elle espérait une fortune, qu'en réalité lui ont faite les galants qui cherchaient à s'impatroniser, notamment le frère d'un inimitié. Cette jeune et belle femme sous verre, on l'appelait Labsolu ; mais à sa recherche là philosophie aurait perdu tout son temps à courir.

 

C'est sa bonne qui vendait les gants ; elle en demandait. Bref, à l'époque dont nous parlons, et en dépit de la belle rotonde Colbert, le point important de la galerie était le n° 26, que Mlle Labsolu n'a quitté que pour prendre un appartement, avec voiture et rentes sur le grand-livre, dans la rue Ollivier-Saint-Georges. A la bonne heure ! S’écrièrent sur le coup plusieurs mères et beaucoup de portiers de filles moins bien partagées ; parlez-moi d'avoir un nez grec et de se coiffer à la chinoise, quand cela sert à quelque chose ! La belle a tant fait parler d'elle que l'ombre de son frais visage, aux lignes pures, aux souris plus souples que ses gants, plane encore sur la galerie qui, depuis son départ, est déserte !"

 

(Histoire de Paris rue par rue, maison par maison, Charles Lefeuve, 1875)




Galerie Vivienne: 6 Rue Vivienne, 4 rue des Petits-Champs, 5-7 rue de la Banque. La Galerie Vivienne est l’une des références du passage parisien et l’une des réalisations qui ont permis la popularisation de ce nouveau concept urbain dans toute l’Europe. Réalisé entre 1823 et 1826, elle concentre beaucoup de qualité architecturale qui en font un véritable bijou caché entre les rues du vieux Paris. Son architecte F.J. Delannoy dut faire preuve de beaucoup d’imagination pour inscrire cette […]



Les galeries Royales Saint-Hubert sont les premières grandes galeries commerciales construites au XIXème siècle. Edifiées en 1847 sous l'impulsion de Léopold Ier par l'architecte Jean-Pierre Cluysenaar, elles redonnent une autre dimension aux traditionnels passages de type parisien. Ses dimensions sont beaucoup plus généreuses et préfigurent les réalisations monumentales que l'on trouve à Milan et Naples. Larges de 8.30 m, longues de 213 m et couvertent d'une verrière qui culmine à 18 m de […]

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Publié le 1 Décembre 2010

Rodin les bourgeois de Calais (2)

 

Le Monument aux Bourgeois de Calais est un groupe statuaire d'Auguste Rodin commandé par la Ville de Calais où a été inauguré le premier exemplaire en bronze en 1895. Le plâtre original achevé en 1889 a été édité en onze autres exemplaires en bronze dans le courant du XXe siècle. L’ultime fonte légale a eu lieu en 1995. De manière définitive, il existe ainsi douze éditions originales en bronze des Bourgeois de Calais. C’est une des œuvres les plus célèbres d'Auguste Rodin.

 

Rodin les bourgeois de Calais

 

Ce groupe en bronze représente six habitants de Calais (Eustache de Saint Pierre, Jacques et Pierre de Wissant, Jean de Fiennes, Andrieu d'Andres et Jean d'Aire), victimes d'un marché imaginé par le roi d'Angleterre Édouard III en août 1347 : le sacrifice de ces six hommes pour laisser la vie sauve à l’ensemble des habitants de la ville très prochainement conquise par les Anglais.

 

Cet épisode de la guerre de Cent ans, qui eut lieu lors de la chevauchée d’Edouard III en 1346, le siège de Calais de 1346-1347, est établi sur la foi du récit du chroniqueur médiéval Jean Froissart dans l’ouvrage Les Chroniques de France. Il rapporte les faits au moment où il est écrivain royal à la cour du roi d’Angleterre. Il est aussi ami de Philippa de Hainaut, épouse d’Edouard III et reine d’Angleterre originaire de Valenciennes, comme Froissart. C’est donc une vision française favorable au roi d’Angleterre qui est restituée dans ce texte. De plus, sa crédibilité à ce sujet a été fortement remise en question lorsque des actes d'Edouard III concernant Eustache de Saint-Pierre ont été découverts par Bréquigny, à Londres, à la fin du XVIIIe siècle : ils mentionnaient qu'Eustache de Saint-Pierre, prétendu « bourgeois héroïque » s'étant sacrifié pour sa ville, vivait toujours à Calais, et avait même les faveurs d'Edouard III.

 

En septembre 1346, Edouard met le siège devant la ville de Calais dont la garnison commandée par le chevalier Jean de Vienne résiste héroïquement à l'armée du roi d’Angleterre. Après onze mois de siège, la cité affamée négocie sa reddition. Edouard III, fatigué et énervé par la longue résistance calaisienne, accepte que six bourgeois lui soient livrés afin d'être exécutés. C'est à ce prix qu'il laissera la vie aux habitants toutefois contraints de déserter leur ville une fois les Anglais arrivés. Son épouse Philippa de Hainaut parvient cependant à le persuader d'épargner la vie de ces six malheureux, désespérés, venus devant le souverain en chemise, la corde au cou, les clefs de la ville et du château en mains. Par ce geste d’amour chrétien, Edouard épargne la vie d’Eustache de Saint Pierre et de ses cinq compagnons d'infortune devant une reine en pleurs. Calais devient anglaise le 3 août 1347 et le demeure jusqu’au 6 janvier 1558 lorsque Henri II de France reprend la ville à Marie Tudor.

 

Rodin les bourgeois de Calais (3)

Source:

Les Bourgeois de Calais. (2010, septembre 27). Wikipédia, l'encyclopédie libre. Page consultée le 15:07, octobre 2, 2010 à partir de http://fr.wikipedia.org/w/index.php?title=Les_Bourgeois_de_Calais&oldid=57531552.




Alte Nationalgalerie, Berlin Dalou était un sculpteur reconnu en France malgrés une vie mouvementée et des séjours prolongés à l'étranger suite à sa participation active à la commune. Moins connu du grand public que Rodin, il a eu accès à des commandes importantes en Angleterre et en France. Ami de jeunesse de Rodin, il restera toute sa vie en relation avec le grand sculpteur. Le buste très réaliste qu'en fit Rodin nous montre un homme plein de charme et d'intelligence, légèrement hautain […]

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Publié le 9 Septembre 2010

Monet nympheas (2)

 Musée de l'Orangerie, Paris, 1920-1926

 

Monet créé à Giverny un étang artificiel, « modèle réduit » de l’univers et source d’inspiration du peintre pendant de nombreuses années. Une grande partie du travail de Monet durant sa vie artistique fut orienté vers la représentation de la lumière et de ses variations, que l’on retrouve dans la série sur la Cathédrale de Rouen ou ses vues de la Tamise à Londres. Ici à Giverny, le spectacle des jeux de la lumière sur l’eau ouvre tout un champ d’expérimentation au peintre.

 

Monet nympheas

 

A partir de 1893, Monet se consacre à l’expression de l’invisible ce « beau désordre livré à l’action de la lumière », cette fusion entre le ciel, l’eau et les végétaux. La fragilité des moments saisie, l’évanescence de l’instant sont rendus par des touches colorées créant des vibrations chromatiques dans la plus pur tradition de la peinture impressionniste. Monet joue également sur des contrastes entre les différentes tonalités (couleurs complémentaires, chaud/froid, valeurs…) la composition d’ensemble plonge le spectateur dans l’univers pictural des Nymphéas, pas de recul, aucune composition d’ensemble, pas d’effet de perspectives ou de profondeur, le format très large, le rendu des détails et des ambiances font de ces tableaux des perceptions direct de l’instant à la limite entre l’abstraction lyrique et les derniers instants du mouvement impressionniste.

 

Monet nympheas (4)

 

Elles affirment la volonté de Monet de produire une peinture décorative destinée à immerger physiquement le spectateur dans un espace pictural unique :

«Un tout sans fin, une onde sans horizon et sans rivage» (Monet).

 

Monet nympheas (3)

 

Un ami fasciné, Georges Clemenceau:

 

 «Voir, n’était-ce pas comprendre ? Et, pour voir, rien que d’apprendre à regarder. Regarder au dehors, au dedans, regarder de toutes parts, pour exalter les sensations de l’homme dans tous les frémissements de l’univers. L’eau buvait la lumière, et la transposait, la sublimait au plus vif, avant de la retourner aux sensibilités rétiniennes étonnées de réactions inconnues. Là gît, à proprement dire, le miracle des Nymphéas qui nous représente l’ordre des choses autrement que, jusqu’ici, nous ne l’avons observé. Rapports nouveaux, lumières nouvelles. Aspects toujours changeants d’un univers qui s’ignore, et cependant s’exprime en nos sensations. Nous admettre à des émotions inconnues jusque-là, n’est-ce pas obtenir de l’Infini muet de nouveaux états d’assimilation ? N’est-ce pas pénétrer plus avant dans le monde lui-même, dans le monde impénétrable ? Voilà ce qu’a découvert Monet en regardant le ciel dans l’eau de son jardin. Et voilà ce qu’à notre tour, il prétend nous révéler.»

Extrait de Claude Monet, Georges Clemenceau, 1928.


 



La célèbre série de Monet consacrée à la Cathédrale de Rouen sous différentes lumières fut effectuée en 1893 depuis la fenêtre du 2ième étage d'une boutique en face de la cathédrale. Il fit 18 vues frontales. Changeant de canevas selon la lumière, Monet suivait les heures de la journée, depuis le petit matin avec la façade en bleu ombré de brouillard, à l'après-midi , quand le soleil disparaissant derrière les constructions de la ville, transformait l'oeuvre de pierre érodée par le temps en […]

 

 

 

 




Claude Monet a présenté à la troisième exposition impressionniste en avril 1877 sept versions de La Gare Saint-Lazare. Il a choisi le thème du progrès technique très en vogue alors. Émile Zola viendra d'ailleurs à l'exposition impressionniste s'inspirer de l'atmosphère que dégage les tableaux pour écrire La bête humaine. Pour Paris c'était l'époque haussmannienne et pour la gare Saint-Lazare celle de l'ingénieur Eugène Flachat qui réalisa le pont de l'Europe et l'agrandissement de la gare […]


 

 

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Publié le 27 Août 2010

Monet la cathedrale de rouen

 

La célèbre série de Monet consacrée à la Cathédrale de Rouen sous différentes lumières fut effectuée en 1893 depuis la fenêtre du 2ième étage d'une boutique en face de la cathédrale. Il fit 18 vues frontales.

 

Changeant de canevas selon la lumière, Monet suivait les heures de la journée, depuis le petit matin avec la façade en bleu ombré de brouillard, à l'après-midi , quand le soleil disparaissant derrière les constructions de la ville, transformait l'oeuvre de pierre érodée par le temps en une étrange fabrique d'orange et de bleu. Variation sublime sur un même thême, une fois de plus Monet explore la lumière et la couleur sans relâche.

 

Monet la cathedrale de rouen (2)

 

Monet la cathedrale de rouen (3)

 

Monet la cathedrale de rouen (4)




Claude Monet a présenté à la troisième exposition impressionniste en avril 1877 sept versions de La Gare Saint-Lazare. Il a choisi le thème du progrès technique très en vogue alors. Émile Zola viendra d'ailleurs à l'exposition impressionniste s'inspirer de l'atmosphère que dégage les tableaux pour écrire La bête humaine. Pour Paris c'était l'époque haussmannienne et pour la gare Saint-Lazare celle de l'ingénieur Eugène Flachat qui réalisa le pont de l'Europe et l'agrandissement de la gare […]



Parmi les thèmes récurant dans l’œuvre de Monet, la femme à l’ombrelle revient plusieurs fois. Mise en scène à chaque fois, il met en valeur la fragilité de la femme, sa grâce sous la lumière souvent très forte, un ciel d’un bleu profond en arrière plan. Monet fervent admirateur des estampes japonaises, réalise ici des œuvres en références à ces images pleines de garce qu’il affectionnait particulièrement, jeunes filles japonaises sous leurs ombrelles aux kimonos amples et majestueux. Le […]

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Publié le 20 Août 2010

Monet la gare saint Lazare

 

Claude Monet a présenté à la troisième exposition impressionniste en avril 1877 sept versions de La Gare Saint-Lazare. Il a choisi le thème du progrès technique très en vogue alors. Émile Zola viendra d'ailleurs à l'exposition impressionniste s'inspirer de l'atmosphère que dégage les tableaux pour écrire La bête humaine. Pour Paris c'était l'époque haussmannienne et pour la gare Saint-Lazare celle de l'ingénieur Eugène Flachat qui réalisa le pont de l'Europe et l'agrandissement de la gare avec du verre et de l'acier.

 

La gare Saint-Lazare est la première série de Monet qui se focalise sur un thème unique, plus tard il y aura les meules ou Les Nymphéas. Monet réalise donc 12 tableaux de la gare Saint-Lazare dans des conditions atmosphériques variées et avec des points de vue divers. Il essaie donc de peindre ses émotions d'un espace avec plusieurs toiles comme s'il était impossible de rendre toutes ses impressions en un seul tableau et que de plus elles peuvent changer selon l'heure ou le temps de la journée : « je me dis qu'il ne serait pas banal d'étudier à différentes heures du jour le même motif et de noter les effets de lumière qui modifiaient d'une façon si sensible, d'heure en heure, l'apparence et les colorations de l'édifice. » ( de : l'impressionnisme et son époque.). Cependant une œuvre comme la gare Saint-Lazare ne s'inscrit pas vraiment dans une série systématique d'impression. Seulement 2 des toiles de la série ont été peintes depuis le même emplacement et même si huit d'entre elles furent exposées au salon impressionniste, rien ne prouve que c'était dans le but de relater les effets variables de l'heure de la journée.

 

Monet la gare saint Lazare (2)

 

Monet la gare saint Lazare (3)

 

La Gare Saint-Lazare. (2010, août 7). Wikipédia, l'encyclopédie libre. Page consultée le 21:55, août 10, 2010 à partir de http://fr.wikipedia.org/w/index.php?title=La_Gare_Saint-Lazare&oldid=55942547.




Parmi les thèmes récurant dans l’œuvre de Monet, la femme à l’ombrelle revient plusieurs fois. Mise en scène à chaque fois, il met en valeur la fragilité de la femme, sa grâce sous la lumière souvent très forte, un ciel d’un bleu profond en arrière plan. Monet fervent admirateur des estampes japonaises, réalise ici des œuvres en références à ces images pleines de garce qu’il affectionnait particulièrement, jeunes filles japonaises sous leurs ombrelles aux kimonos amples et majestueux. Le […]



La célèbre série de Monet consacrée à la Cathédrale de Rouen sous différentes lumières fut effectuée en 1893 depuis la fenêtre du 2ième étage d'une boutique en face de la cathédrale. Il fit 18 vues frontales. Changeant de canevas selon la lumière, Monet suivait les heures de la journée, depuis le petit matin avec la façade en bleu ombré de brouillard, à l'après-midi , quand le soleil disparaissant derrière les constructions de la ville, transformait l'oeuvre de pierre érodée par le temps en […]



National Gallery, Londres Turner est le peintre de la lumière incandescente et en même temps de la révolution industrielle, cette phase paléo technologique où des machines rugissantes surgissent au milieu des fumées et du bruit. De ses expériences vénitiennes et de son admiration pour le Lorrain, Turner conserve et développe une lumière quasiment fantastique qui dans le tableau, Pluie, vapeur et vitesse peint en 1844, se conjugue avec une évocation du monde naissant. Le surgissement de la […]

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Publié le 16 Août 2010

Dans ces jours déplorables, une industrie nouvelle se produisit, qui ne contribua pas peu à confirmer la sottise dans sa foi et à ruiner ce qui pouvait rester de divin dans l’esprit français. Cette foule idolâtre postulait un idéal digne d’elle et approprié à sa nature, cela est bien entendu. En matière de peinture et de statuaire, le Credo actuel des gens du monde, surtout en France (et je ne crois pas que qui que ce soit ose affirmer le contraire), est celui-ci : « Je crois à la nature et je ne crois qu’à la nature (il y a de bonnes raisons pour cela). Je crois que l’art est et ne peut être que la reproduction exacte de la nature (une secte timide et dissidente veut que les objets de nature répugnante soient écartés, ainsi un pot de chambre ou un squelette). Ainsi l’industrie qui nous donnerait un résultat identique à la nature serait l’art absolu. » Un Dieu vengeur a exaucé les voeux de cette multitude. Daguerre fut son Messie. Et alors elle se dit : « Puisque la photographie nous donne toutes les garanties désirables d’exactitude (ils croient cela, les insensés !), l’art, c’est la photographie. » A partir de ce moment, la société immonde se rua, comme un seul Narcisse, pour contempler sa triviale image sur le métal. Une folie, un fanatisme extraordinaire s’empara de tous ces nouveaux adorateurs du soleil. D’étranges abominations se produisirent. En associant et en groupant des drôles et des drôlesses, attifés comme les bouchers et les blanchisseuses dans le carnaval, en priant ces héros de vouloir bien continuer, pour le temps nécessaire à l’opération, leur grimace de circonstance, on se flatta de rendre les scènes, tragiques ou gracieuses, de l’histoire ancienne. Quelque écrivain démocrate a dû voir là le moyen, à bon marché, de répandre dans le peuple le goût de l’histoire et de la peinture, commettant ainsi un double sacrilège et insultant à la fois la divine peinture et l’art sublime du comédien. Peu de temps après, des milliers d’yeux avides se penchaient sur les trous du stéréoscope comme sur les lucarnes de l’infini. L’amour de l’obscénité, qui est aussi vivace dans le coeur naturel de l’homme que l’amour de soi-même, ne laissa pas échapper une si belle occasion de se satisfaire. Et qu’on ne dise pas que les enfants qui reviennent de l’école prenaient seuls plaisir à ces sottises ; elles furent l’engouement du monde. J’ai entendu une belle dame, une dame du beau monde, non pas du mien, répondre à ceux qui lui cachaient discrètement de pareilles images, se chargeant ainsi d’avoir de la pudeur pour elle : « Donnez toujours ; il n’y a rien de trop fort pour moi. » Je jure que j’ai entendu cela ; mais qui me croira ? « Vous voyez bien que ce sont de grandes dames ! » dit Alexandre Dumas. « Il y en a de plus grandes encore ! » dit Cazotte.

 

Comme l’industrie photographique était le refuge de tous les peintres manqués, trop mal doués ou trop paresseux pour achever leurs études, cet universel engouement portait non seulement le caractère de l’aveuglement et de l’imbécillité, mais avait aussi la couleur d’une vengeance. Qu’une si stupide conspiration, dans laquelle on trouve, comme dans toutes les autres, les méchants et les dupes, puisse réussir d’une manière absolue, je ne le crois pas, ou du moins je ne veux pas le croire ; mais je suis convaincu que les progrès mal appliqués de la photographie ont beaucoup contribué, comme d’ailleurs tous les progrès purement matériels, à l’appauvrissement du génie artistique français, déjà si rare. La Fatuité moderne aura beau rugir, éructer tous les borborygmes de sa ronde personnalité, vomir tous les sophismes indigestes dont une philosophie récente l’a bourrée à gueule-que-veux-tu, cela tombe sous le sens que l’industrie, faisant irruption dans l’art, en devient la plus mortelle ennemie, et que la confusion des fonctions empêche qu’aucune soit bien remplie. La poésie et le progrès sont deux ambitieux qui se haïssent d’une haine instinctive, et, quand ils se rencontrent dans le même chemin, il faut que l’un des deux serve l’autre. S’il est permis à la photographie de suppléer l’art dans quelques-unes de ses fonctions, elle l’aura bientôt supplanté ou corrompu tout à fait, grâce à l’alliance naturelle qu’elle trouvera dans la sottise de la multitude. Il faut donc qu’elle rentre dans son véritable devoir, qui est d’être la servante des sciences et des arts, mais la très humble servante, comme l’imprimerie et la sténographie, qui n’ont ni créé ni suppléé la littérature. Qu’elle enrichisse rapidement l’album du voyageur et rende à ses yeux la précision qui manquerait à sa mémoire, qu’elle orne la bibliothèque du naturaliste, exagère les animaux microscopiques, fortifie même de quelques renseignements les hypothèses de l’astronome ; qu’elle soit enfin le secrétaire et le garde-note de quiconque a besoin dans sa profession d’une absolue exactitude matérielle, jusque-là rien de mieux. Qu’elle sauve de l’oubli les ruines pendantes, les livres, les estampes et les manuscrits que le temps dévore, les choses précieuses dont la forme va disparaître et qui demandent une place dans les archives de notre mémoire, elle sera remerciée et applaudie. Mais s’il lui est permis d’empiéter sur le domaine de l’impalpable et de l’imaginaire, sur tout ce qui ne vaut que parce que l’homme y ajoute de son âme, alors malheur à nous !

 

Je sais bien que plusieurs me diront : « La maladie que vous venez d’expliquer est celle des imbéciles. Quel homme, digne du nom d’artiste, et quel amateur véritable a jamais confondu l’art avec l’industrie ? » Je le sais, et cependant je leur demanderai à mon tour s’ils croient à la contagion du bien et du mal, à l’action des foules sur les individus et à l’obéissance involontaire, forcée, de l’individu à la foule. Que l’artiste agisse sur le public, et que le public réagisse sur l’artiste, c’est une loi incontestable et irrésistible ; d’ailleurs les faits, terribles témoins, sont faciles à étudier ; on peut constater le désastre. De jour en jour l’art diminue le respect de lui-même, se prosterne devant la réalité extérieure, et le peintre devient de plus en plus enclin à peindre, non pas ce qu’il rêve, mais ce qu’il voit. Cependant c’est un bonheur de rêver, et c’était une gloire d’exprimer ce qu’on rêvait ; mais que dis-je ! connaît-il encore ce bonheur ?

 

 L’observateur de bonne foi affirmera-t-il que l’invasion de la photographie et la grande folie industrielle sont tout à fait étrangères à ce résultat déplorable ? Est-il permis de supposer qu’un peuple dont les yeux s’accoutument à considérer les résultats d’une science matérielle comme les produits du beau n’a pas singulièrement, au bout d’un certain temps, diminué la faculté de juger et de sentir ce qu’il y a de plus éthéré et de plus immatériel ?





hector Berlioz Sarah Bernhardt Jules Favre Stéphane Mallarmé Jules Verne Auguste Rodin

 

 

 

 

 

 

 

 

 



Robert Demachy (1859-1936) est un photographe français, tenant du pictorialisme. Maîtrisant parfaitement toute une série de technique de tirage très proche de la peinture ou du graphisme, il sait notamment en employant la gomme bichromatée donnée une véritable matière à ses photos. La gomme permet en effet d’estomper les détails et le traitement de la surface. Travaillée au pinceau ou avec un tampon les effets peuvent être subtil ou très marqué. Le mouvement pictorialiste est à la fois […]


Daguerre est l’un des précurseurs de la photo au XIXe siècle, en 1837 il met au point le principe du daguerréotype et ouvre la voie à la démocratisation d’un art qui bouleversera notre vision de la réalité. Samuel F. B. Morse, inventeur du télégraphe qualifiera en ces termes la toute nouvelle invention : « Nulle peinture ou gravure ne peut prétendre s’en approcher(…) ; en parcourant une rue du regard, on pouvait noter la présence d’une pancarte lointaine sur laquelle l’œil arrivait à peine […]


Portrait de Lewis Payne Alexander Garner marquera la photographie américaine naissante par son travail lors de la guerre de sécession. Première grande guerre médiatisé, ses photos emblématiques, sans concessions montrent toute l’horreur du conflit. Son engagement pour la vérité son courage en fait l’un des meilleurs témoins de cette période difficile et ouvre la voie d’un réalisme photographique américain qui a chaque époque s’aura témoigné de la dureté du monde. En 1865 i réalise un […]

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Publié le 31 Juillet 2010

 

Horus

 

 

                   

                   

 

Le dieu Kneph en tremblant ébranlait l'univers

Isis, la mère, alors se leva sur sa couche,

Fit un geste de haine à son époux farouche,

Et l'ardeur d'autrefois brilla dans ses yeux verts.

 

" Le voyez-vous, dit-elle, il meurt, ce vieux pervers,

Tous les frimas du monde ont passé par sa bouche,

Attachez son pied tors, éteignez son oeil louche,

C'est le dieu des volcans et le roi des hivers !

 

" L'aigle a déjà passé, l'esprit nouveau m'appelle,

J'ai revêtu pour lui la robe de Cybèle...

C'est l'enfant bien-aimé d'Hermès et d'Osiris ! "

 

La déesse avait fui sur sa conque dorée,

La mer nous renvoyait son image adorée,

Et les cieux rayonnaient sous l'écharpe d'Iris.

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Publié le 21 Juillet 2010

A Madame X...

 

Paul VERLAINE (1844-1896)

 

                                    

 

En lui envoyant une pensée

 

Au temps où vous m'aimiez (bien sûr ?),

Vous m'envoyâtes, fraîche éclose,

Une chère petite rose,

Frais emblème, message pur.

 

Elle disait en son langage

Les " serments du premier amour ",

Votre coeur à moi pour toujours

Et toutes les choses d'usage.

 

Trois ans sont passés. Nous voilà !

Mais moi j'ai gardé la mémoire

De votre rose, et c'est ma gloire

De penser encore à cela.

 

Hélas ! si j'ai la souvenance,

Je n'ai plus la fleur, ni le coeur !

Elle est aux quatre vents, la fleur.

Le coeur ? mais, voici que j'y pense,

 

Fut-il mien jamais ? entre nous ?

Moi, le mien bat toujours de même,

Il est toujours simple. Un emblème

A mon tour. Dites, voulez-vous

 

Que, tout pesé, je vous envoie,

Triste sélam, mais c'est ainsi,

Cette pauvre négresse-ci ?

Elle n'est pas couleur de joie,

 

Mais elle est couleur de mon coeur ;

Je l'ai cueillie à quelque fente

Du pavé captif que j'arpente

En ce lieu de juste douleur.

 

A-t-elle besoin d'autres preuves ?

Acceptez-la pour le plaisir.

J'ai tant fait que de la cueillir,

Et c'est presque une fleur-des-veuves.

 

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Publié le 27 Juin 2010

Atget paris (2) Atget paris (3) 

 

Atget est le témoin unique et infatigable d’une ville sans limite Paris, toute sa vie il parcourt les rues de la capitale, témoin de toutes ses ambiances, de ses rues et ruelles, de son architecture monumentale comme domestique, Atget est un infatigable conteur qui sans cesse se plonge au cœur de la cité. Il produira plus de 10 000 plaques de vues de Paris et de ses environs. Incompris en son temps son œuvre fut découverte tardivement. Atget reste le témoin d’un passé en cours de transformation et du petit peuple de Paris. Il reste celui qui figera dans une temporalité à lui Paris, sa vie, son monde.

 

Atget paris Atget paris (4)
 Atget paris (5)  Atget paris (6)


Daguerre est l’un des précurseurs de la photo au XIXe siècle, en 1837 il met au point le principe du daguerréotype et ouvre la voie à la démocratisation d’un art qui bouleversera notre vision de la réalité. Samuel F. B. Morse, inventeur du télégraphe qualifiera en ces termes la toute nouvelle invention : « Nulle peinture ou gravure ne peut prétendre s’en approcher(…) ; en parcourant une rue du regard, on pouvait noter la présence d’une pancarte lointaine sur laquelle l’œil arrivait à peine […]



hector Berlioz Sarah Bernhardt Jules Favre Stéphane Mallarmé Jules Verne Auguste Rodin

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Publié le 19 Juin 2010

 
            

 

"La première affaire d'un artiste est de substituer l'homme à la nature et de protester contre elle. Cette protestation ne se fait pas de parti pris, froidement, comme un code ou une rhétorique, elle est emportée et naïve, comme le vice, comme la passion, comme l'appétit. " 1846

 

"L'artiste, le vrai artiste, le vrai poète, ne doit peindre que selon ce qu'il voit et ce qu'il sent. Il doit être réellement fidèle à sa propre nature." 1859

 

"Le beau est toujours bizarre. Je ne veux pas dire qu'il soit volontairement, froidement bizarre, car dans ce cas il serait un monstre sorti des rails de la vie. Je dis qu'il contient toujours un peu de bizarrerie, de bizarrerie non voulue, inconsciente, et que c'est cette bizarrerie qui le fait être particulièrement le Beau. "




Femme assise sur le rebord d'une baignoire et s'épongeant le cou ,Vers 1880 Musée d'Orsay, Paris Huysmans l'art Moderne, Le salon de 1879. "M. Degas, sur lequel je dois un peu m' étendre, -car son oeuvre me servira maintes fois de point de comparaison lorsque je serai arrivé aux tableaux modernes du salon, -est, à coup sûr, parmi les peintres qui ont suivi le mouvement naturaliste, déterminé en peinture par les impressionnistes et par Manet, celui qui est demeuré le plus original et le plus […]



Le bal du moulin de la galette, 1876, Musée d'Orsay, Paris Né en 1841, Renoir exprime dès les années 1860-70 son goût pour la peinture d’extérieur et les couleurs clairs et lumineuses. Il peint à Fontainebleau avec Monet, Sisley et Bazille. Sa peinture s’inscrit au cœur du mouvement impressionniste. Ses sujets ouvrent la voie à une peinture enjouée et proche des milieux populaires et de la petite- bourgeoisie. Le déjeuner du canotier peint en 1881 est dans cette veine, on y retrouve cet art […]

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Rédigé par rafael

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