naturalisme et impressionisme

Publié le 24 Juillet 2011

Toulouse-Lautrec salons rue moulin

(c) Visipix.com

 




"Il est un pays superbe, un pays de Cocagne, dit-on, que je rêve de visiter avec une vieille amie. Pays singulier, noyé dans les brumes de notre Nord, et qu’on pourrait appeler l’Orient de l’Occident, la Chine de l’Europe, tant la chaude et capricieuse fantaisie s’y est donné carrière, tant elle l’a patiemment et opiniâtrement illustré de ses savantes et délicates végétations. Un vrai pays de Cocagne, où tout est beau, riche, tranquille, honnête ; où le luxe a plaisir à se mirer dans […]



L'Atelier du peintre est une œuvre de Jean Désiré Gustave Courbet, artiste français né à Ornans le 10 juin 1819 et mort le 31 décembre 1877 à La Tour-de-Peilz, Suisse. Son titre complet est : L’Atelier du peintre. Allégorie Réelle déterminant une phase de sept années de ma vie artistique (et morale). Exécutée en 1855, elle est actuellement exposée au musée d'Orsay, rez-de-chaussée, section 7. Refusée à l’Exposition universelle de 1855, l’œuvre est dévoilée au public lors d'une exposition […]

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Rédigé par rafael

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Publié le 23 Juillet 2011

manet dans la serre

 

« M. Manet a eu, cette année, ses deux toiles reçues. L’une, intitulée Dans la serre, représente une femme assise sur un banc ver, écoutant un monsieur penché sur le dossier. De tous côtés, des grandes plantes, et à gauche des fleurs rouges. La femme, un peu engoncée et rêvante, vêtue d’une robe qui semble faite à grands coups, au galop, -oui, allez-y voir !- et qui est superbe d’exécution ; l’homme, nu-tête, avec des coups de lumière se jouant sur le front, frisant çà et là, touchant aux mains enlevées en quelques traits et tenant un cigare. Ainsi posée, dans un abandon de causerie, cette figure est vraiment belle : elle flirte et vit. L’air circule, les figures se détachent merveilleusement de cette enveloppe verte qui les entoure. C’est là une œuvre moderne très attirante, une lutte entreprise et gagnée contre le poncif appris de la lumière solaire, jamais observée sur la nature. »

 

Huysmans, L’Art Moderne, 1883, Le Salon de 1879.

 

 



Musée d'Orsay, Paris. (c) Visipix.com La Lecture est un tableau réalisé par le peintre Édouard Manet vers 1865. La toile représente la famille de l'artiste : Suzanne Manet, née Leenhoff, est assise sur le canapé et, tout en tournant le dos à son fils Léon Leenhoff, écoute avec attention la lecture qu'il est en train de faire à voix haute. La Lecture fait partie des portraits les plus célèbres de Mme Manet, tout comme Suzanne Manet à son piano. Source: […]

 

 



"Venise n'est plus la porte de l'Orient et c'est ce que dans son souci de vérité nous apprend Claude Monet. Il a peint les aspects brumeux de la cité des canaux et cette nouvelle technique pleine de réserve et presque terne du maître impressionniste surprendra quelque peu ceux qui s'étaient accoutumés à sa palette si riche en couleurs et ceux qui dans le public ne voient dans Venise qu'une ville où tout est bariolé jusqu'au ciel lui-même. Jusqu'ici Venise fut pour les peintres une sorte de […]

 

 


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Rédigé par rafael

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Publié le 18 Juillet 2011


 

 

 

 

Alexandre-César-Léopold Bizet, dit Georges Bizet, est un compositeur français du XIXe siècle, né à Paris le 25 octobre 1838 et mort à Bougival le 3 juin 1875.

 

Son opéra Carmen, adapté de la nouvelle de Prosper Mérimée, est l'une des œuvres du répertoire les plus jouées dans le monde. L'échec de l'œuvre lors de ses premières représentations tient principalement au rejet du sujet par un public heurté dans sa morale bienséante et dans son conformisme bourgeois. Carmen est une femme sulfureuse, sans attaches, sans religion, sans respect pour l'ordre établi, passant d'amant en amant, ayant pour seule morale et pour seules règles sa liberté et son bon plaisir.

 

 

 

Le public de cette fin du XIXème siècle ne pouvait qu'être choqué par cette femme insoumise et par l'histoire de cette passion brûlante qui finit mal. Mais en Europe, après la mort de Bizet, la carrière éblouissante de "Carmen" fut rapide. Le premier triomphe de cette œuvre lumineuse a lieu à Vienne dès le mois d'octobre 1875. Brahms, enthousiaste, assiste à vingt représentations ! Richard Wagner et Nietzsche furent, entre autres, des admirateurs de l'œuvre dont Tchaïkovski disait que "d'ici dix ans, Carmen serait l'opéra le plus célèbre de toute la planète" (cité par Les Amis de Georges Bizet). Il a fallu que Carmen connaisse le succès dans le monde entier et notamment aux États-Unis et en Russie pour que l'Opéra Comique mette à nouveau à son répertoire cette œuvre fiévreuse et généreuse, "Une histoire pure et limpide comme celle d'une tragédie antique,qui commence dans la naïveté d'une carte postale et s'achève dans le sang." (J-F Sivadier, metteur en scène).

 

 

Source: http://fr.wikipedia.org/wiki/Georges_Bizet




Musée Rodin, Paris. (c) Lankaart Le Baiser est à l'origine un des très nombreux motifs de son œuvre magistrale La Porte de l'enfer, commandée par l'État Français, inspirée par La Divine Comédie de Dante et des Fleurs du mal de Charles Baudelaire pour le Musée des Arts décoratifs, prévue à l'emplacement des ruines de la Cour des Comptes à Paris. Le couple fut plus tard séparé de la porte, et remplacé par une paire d'amants dans la colonne inférieure droite. Les nombreuses figures que Rodin […]



"La première affaire d'un artiste est de substituer l'homme à la nature et de protester contre elle. Cette protestation ne se fait pas de parti pris, froidement, comme un code ou une rhétorique, elle est emportée et naïve, comme le vice, comme la passion, comme l'appétit. " 1846 "L'artiste, le vrai artiste, le vrai poète, ne doit peindre que selon ce qu'il voit et ce qu'il sent. Il doit être réellement fidèle à sa propre nature." 1859 "Le beau est toujours bizarre. Je ne veux pas dire qu'il […]



Edouard Manet naît à Paris en 1832 dans une famille aisée, et se destine très tôt à une carrière dans la marine, tout en ayant un véritable goût pour l'art et pour le dessin. Son échec au concours d'admission à l'École Navale le conduit malgré tout à s'embarquer sur un bateau-école à destination de l'Amérique du Sud. Au cours de ce long voyage, il réalise de nombreux dessins et décide de se consacrer finalement à l'art. De retour à Paris, quelques mois plus tard, il entre dans l'atelier du […]

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Publié le 8 Juillet 2011

caillebotte interieur

 

« Celui-là est un grand peintre, un peintre dont certains tableaux tiendront plus tard leur place à côté des meilleurs ; la série des œuvres qu’il expose, cette année, le prouve. Il y a parmi elles un simple chef-d’œuvre. Le sujet ? oh mon Dieu ! il est bien ordinaire. Une dame nous tourne le dos, debout à une fenêtre, et un monsieur, assis sur un crapaud, vu de profil, lit le journal auprès d’elle, - voilà tout ; - mais ce qui est vraiment magnifique, c’est la franchise, c’est la vie de cette scène ! La femme qui regarde, désoeuvrée, la rue, palpite, bouge ; on voit ses reins remuer sous le merveilleux velours bleu sombre qui les couvre ; on va la toucher du doigt, elle va bâiller, se retourner, échanger un inutile propos avec son mari à peine distrait par la lecture d’un fait divers. Cette qualité suprême de l’art, la vie, se dégage de cette toile avec une intensité vraiment incroyable ; puis j’ai parlé de la lumière au commencement de cet article ; c’est ici qu’il faut la voir, la lumière de Paris, dans un appartement situé sur la rue, la lumière amortie par les tentures des fenêtres, tamisée par la mousseline des petits rideaux. Au fond de la scène, par la croisée d’où s’épand le jour, l’œil aperçoit la maison d’en face, les grandes lettres d’or que l’industrie fait ramper sur les balustres des balcons, sur l’appui des fenêtres, dans cette échappée sur la ville. L’air circule, il semble que le lourd roulement des voitures va monter dans le brouhaha des passants battant le pavé, en bas. C’est un coin de l’existence contemporaine, fixé tel quel. Le couple s’ennuie, comme cela arrive dans la vie, souvent ; une senteur de ménage dans une situation d’argent facile, s’échappe de cet intérieur. M. Caillebotte est le peintre de la bourgeoisie à l’aise, du commerce et de la finance, pourvoyant largement à leurs besoins, sans être pour cela très riches, habitant près de la rue Lafayette ou dans les environs du boulevard Haussmann.

Quant à l’exécution de cette toile, elle est simple, sobre, je dirai même presque classique. Ni taches trémoussantes, ni feux d’artifice, ni intentions seulement indiquées, ni indigences. Le tableau est achevé, témoignant d’un homme qui sait son métier sur le bout du doigt et qui tâche de n’en pas faire parade, de la cacher presque. »

 

Huysmans, L’Art Moderne, 1883, Exposition des Indépendants en 1880.

 

 



Musée d'Orsay, Paris. (c) Visipix.com La Lecture est un tableau réalisé par le peintre Édouard Manet vers 1865. La toile représente la famille de l'artiste : Suzanne Manet, née Leenhoff, est assise sur le canapé et, tout en tournant le dos à son fils Léon Leenhoff, écoute avec attention la lecture qu'il est en train de faire à voix haute. La Lecture fait partie des portraits les plus célèbres de Mme Manet, tout comme Suzanne Manet à son piano. Source: […]

 

 



« IL dit à Adam : » parce que tu as écouté la voix de ta femme et que tu as mangé de l’arbre dont je t’avais formellement prescrit de ne pas manger, le sol sera maudit à cause de toi. C’est dans la peine que tu t’en nourriras tous les jours de ta vie, il fera germer pour toi l’épine et le chardon et tu mangeras l’herbe des champs. A la sueur de ton visage tu mangeras du pain jusqu’à ce que tu retourne au sol car c’est de lui que tu as été pris. Oui, tu es poussière et à la poussière tu […]

 

 


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Publié le 7 Juillet 2011





hector Berlioz
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Sarah Bernhardt
Fichier:Jules Favre 1865 Nadar.jpg

Jules Favre


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Stéphane Mallarmé

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Jules Verne
Fichier:Auguste Rodin 1893 Nadar.jpg

Auguste Rodin
   

 


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Publié le 27 Juin 2011

Turner bateau dans la nuit

Peace- Burial at Sea (1842), Tate Gallery at London. (c) Visipix.com

 

Entre les années 1829 et 1837, l'oeuvre de Turner va évoluer de manière radicale pour s'intéresser de moins en moins à la réalité figurative, et ne garder qu'une vision lumineuse et transfigurée de celle-ci, le sujet de l'oeuvre est davantage la représentation des effets de lumière, les reflets, l'atmosphère, parfois irréelle.

 

Ainsi, quarante ans avant Monet, Turner invente une nouvelle peinture - qui ne sera pas comprise de la majorité de ses contemporains, qui parleront des "folies de Turner" - , où l'artiste, s'affranchissant des conventions admises du genre pictural, dissout les formes dans le frémissement de l'atmosphère et de la lumière.

 

Source: http://www.impressionniste.net/turner.htm




National Gallery, Londres Turner est le peintre de la lumière incandescente et en même temps de la révolution industrielle, cette phase paléo technologique où des machines rugissantes surgissent au milieu des fumées et du bruit. De ses expériences vénitiennes et de son admiration pour le Lorrain, Turner conserve et développe une lumière quasiment fantastique qui dans le tableau, Pluie, vapeur et vitesse peint en 1844, se conjugue avec une évocation du monde naissant. Le surgissement de la […]



La célèbre série de Monet consacrée à la Cathédrale de Rouen sous différentes lumières fut effectuée en 1893 depuis la fenêtre du 2ième étage d'une boutique en face de la cathédrale. Il fit 18 vues frontales. Changeant de canevas selon la lumière, Monet suivait les heures de la journée, depuis le petit matin avec la façade en bleu ombré de brouillard, à l'après-midi , quand le soleil disparaissant derrière les constructions de la ville, transformait l'oeuvre de pierre érodée par le temps en […]



Musée de l'Orangerie, Paris, 1920-1926 Monet créé à Giverny un étang artificiel, « modèle réduit » de l’univers et source d’inspiration du peintre pendant de nombreuses années. Une grande partie du travail de Monet durant sa vie artistique fut orienté vers la représentation de la lumière et de ses variations, que l’on retrouve dans la série sur la Cathédrale de Rouen ou ses vues de la Tamise à Londres. Ici à Giverny, le spectacle des jeux de la lumière sur l’eau ouvre tout un champ […]

 

 

 

 

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Publié le 3 Juin 2011

turner bateau dans la tempete

Turner, 1840, Négriers passant par dessus bord les morts et les mourrants.

 

 

"Où, dans quel pays, dans quel Eldorado, dans quel Eden, flambent ces folies de clarté, ces torrents de jour réfractés par des nuages laiteux, tachés de rouge feu et sillés de violet, tels que des fonds précieux d'opale ? Et ces sites sont réels pourtant; ce sont des paysages d'automne, des bois rouillés, des eaux courantes, des futaies qui se déchevèlent, mais ce sont aussi des paysages volatilisés, des aubes de plein ciel; ce sont les fêtes célestes et fluviales d'une nature sublimée, décortiquée, rendue complètement fluide, par un grand poète."

 

Huysmans, Certain.

 




CHANSON DE LA PLUS HAUTE TOUR. Qu'il vienne, qu'il vienne, Le temps dont on s'éprenne. J'ai tant fait patience Qu'à jamais j'oublie. Craintes et souffrances Aux cieux sont parties. Et la soif malsaine Obscurcit mes veines. Qu'il vienne, qu'il vienne, Le temps dont on s'éprenne. Telle la prairie A l'oubli livrée, Grandie et fleurie D'encens et d'ivraies, Au bourdon farouche Des sales mouches. Qu'il vienne, qu'il vienne, Le temps dont on s'éprenne. J'aimai le désert, les vergers brûlés, les […]

 


National Gallery, Londres Turner est le peintre de la lumière incandescente et en même temps de la révolution industrielle, cette phase paléo technologique où des machines rugissantes surgissent au milieu des fumées et du bruit. De ses expériences vénitiennes et de son admiration pour le Lorrain, Turner conserve et développe une lumière quasiment fantastique qui dans le tableau, Pluie, vapeur et vitesse peint en 1844, se conjugue avec une évocation du monde naissant. Le surgissement de la […]

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Rédigé par rafael

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Publié le 25 Mai 2011

Manet la lecture

Musée d'Orsay, Paris. (c) Visipix.com

 

La Lecture est un tableau réalisé par le peintre Édouard Manet vers 1865. La toile représente la famille de l'artiste : Suzanne Manet, née Leenhoff, est assise sur le canapé et, tout en tournant le dos à son fils Léon Leenhoff, écoute avec attention la lecture qu'il est en train de faire à voix haute.

 

La Lecture fait partie des portraits les plus célèbres de Mme Manet, tout comme Suzanne Manet à son piano.

 

Source: http://fr.wikipedia.org/wiki/La_Lecture_(Manet)

 




Edouard Manet naît à Paris en 1832 dans une famille aisée, et se destine très tôt à une carrière dans la marine, tout en ayant un véritable goût pour l'art et pour le dessin. Son échec au concours d'admission à l'École Navale le conduit malgré tout à s'embarquer sur un bateau-école à destination de l'Amérique du Sud. Au cours de ce long voyage, il réalise de nombreux dessins et décide de se consacrer finalement à l'art. De retour à Paris, quelques mois plus tard, il entre dans l'atelier du […]
 


Olympia est un tableau réalisé par Édouard Manet en 1863. Initialement prévue pour le Salon des Refusés de la même année, l'œuvre ne sera finalement dévoilée par le peintre que deux ans plus tard. L'œuvre, qui allait susciter une controverse encore plus féroce que le Déjeuner sur l'herbe, représente une prostituée semblant issue d'un harem à l'orientale et s'apprêtant visiblement à prendre un bain. Le tableau, qui associe et fait ressortir avec puissance le contraste entre la femme blanche […]



Le Balcon est un tableau réalisé par le peintre Édouard Manet et présenté au Salon de Paris de 1869. La toile représente notamment Berthe Morisot (à gauche), qui deviendra en 1874 la belle-sœur de Manet. La toile, inspirée des Majas au balcon de Francisco Goya, a été réalisée à la même époque et dans la même intention que le Déjeuner dans l'atelier. Les trois personnages, tous amis de Manet, semblent n’être reliés par rien : tandis que Berthe Morisot, à gauche, fait figure d'héroïne […]

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Rédigé par rafael

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Publié le 1 Mai 2011

"On peut voir dans la galerie Durand-Ruel une exposition de cent toiles de M. Camille Pissarro : plaisir rare et rarement goûté. Cette exposition comporte des œuvres anciennes et de toutes récentes aussi : elle nous montre ce maître, qui fut un chercheur éternel, à toutes les époques de sa vie d'artiste. Elle nous est donc, non seulement une précieuse joie esthétique, mais encore un très précieux renseignement biographique, quelque chose comme le résumé de l'histoire intellectuelle d'un des plus admirables peintres qui aient jamais été.

 

C'est ainsi que je comprends et que j'aime les expositions de peinture : une salle discrète, et dans cette salle une œuvre de choix qui vous révèle la pensée de celui qui l'exécuta, sa passion, ses enthousiasmes, ses transformations, ses progressives conquêtes sur la matière. Mais combien parmi les artistes, même les plus illustres, même les mieux piédestalisés, pourraient sans déchoir affronter une telle épreuve ? Le compte en est vite réglé. C'est pourquoi la mode ne se perdra pas de ces grandes exhibitions retentissantes, de ces incohérentes cohues qu'on appelle des Salons annuels, où, à force de voir, dans trop de salles pareilles, trop de choses si disparates, l'on ne voit plus rien du tout et d'où l'on sort aveuglé, hébété, les jambes rompues, le cerveau dolent, comme après de longues stations, d'interminables courses dans les galeries du Louvre ou au Bon Marché... Les salons ne sont-ils point, en effet, le Bon Marché de l'art, les cent mille paletots de la peinture, la redingote grise de la sculpture ?

 

Camille Pissarro paysages

 

Il arrive à Camille Pissarro une étrange aventure : M. Camille Pissarro est célèbre, et c'est à peine si le public le connaît. Personne ne conteste plus l'influence considérable qu'il exerça sur la peinture contemporaine, et la critiqué officielle a toujours fait le silence, sur son oeuvre et sur son nom. Soyons psychologue. Ce silence, la critique ne s'y est pas enfermée par parti-pris d'hostilité, mais par conscience professionnelle. Un critique entre dans une salle où sont exposés les tableaux de M. Camille Pissarro. Il regarde, va de l'un à l'autre, s'étonne, se recule, se tâte : « C'est peut être très bien ! » se dit-il. Tout à coup il s'arrête, perplexe, hésite, se renfrogne et, scrupuleux, objecte : « Et si c'était très mal ?... Est-ce très bien ?... Est-ce- très mal ?... Comment puis-je le savoir ? » Et, s'effarant entre ces deux possibilités, comme il ne possède, sur cette déroutante peinture, aucune opinion sérieuse et préalable, comme, d'autre part, il ne peut fouiller dans d'antiques archives pour y découvrir des critiques raisonnées, de traditionnelles anecdotes léguées aux fureteurs de bibliothèque par trois siècles d'immortalité potinière et consacrées, il se tait. Il se tait d'abord pour ne point engager sa responsabilité, ensuite parce que, en vérité, il n'a rien à dire. De ce curieux et ordinaire état d'esprit d'un critique devant une œuvre vierge et belle, il est résulté que M. Camille Pissarro a failli, jadis, ne pouvoir vivre de son art. Ce qui est toujours drôle, n'est-ce pas ? Mais il ne s'agit pas de récriminer. M. Camille Pissarro qui, à l'adversité, à l'indifférence, à l'attaque, opposa toujours un visage pacifique et un si supérieur esprit, ne me pardonnerait pas de raviver ces vaines querelles. J'aime mieux émettre tout de suite les réflexions que cette incomparable exposition me suggère.

 

Camille Pissarro paysages (2)

 

M. Camille Pissarro a été un révolutionnaire par les renouvellements ouvriers dont il a doté la peinture, en même temps qu'il est demeuré un pur classique par son goût des hautes généralisations, son amour fervent de la nature, son respect des traditions respectables. La Beauté est immuable et éternelle comme la Matière dont elle est la forme revivante en nous et synthétisée; seuls changent et progressent, suivant le temps, les modes de l'exprimer. M. Pissarro a voulu adapter à la technique de son art les applications correspondantes de la science, en particulier les théories de Chevreul, les découvertes de Helmholtz sur la vie des couleurs. Il a donc introduit dans l'art des éléments novateurs qui ont rendu possibles la conquête pittoresque de certains phénomènes atmosphériques jusqu'alors inexprimés, une plus intime et plus profonde pénétration de la nature. Par conséquent il a élargi le domaine du rêve, ayant été un des premiers — le premier peut-être — à comprendre et à innover ce grand fait de la peinture contemporaine : la lumière. Voilà son crime. Il n'en est pas encore lavé aujourd'hui.

 

Camille Pissarro paysages (3)

 

Le paysage — et la figure n'est-elle pas aussi un paysage ? — tel que l'a conçu et rendu M. Camille Pissarro, c'est-à-dire l'enveloppement des formes dans la lumière, c'est-à-dire l'expression plastique de la lumière sur les objets qu'elle baigne et dans les espaces qu'elle remplit, est donc d'invention toute moderne. Deviné vaguement par Delacroix, davantage senti par Corot, tenté par Turner en des impressions d'une barbare et superbe beauté, il n'est réellement entré dans l'art à l'état de réalisation complète qu'avec MM. Camille Pissarro et Claude Monet. Quoi qu'on dise et ergote, c'est d'eux que date, pour les peintres, cette révolution dans l'art de peindre, pour le public intelligent — mais existe-t-il un tel public ? – cette révolution dans l'art de voir.

 

Nous voyons mal la nature, cela n'est pas un paradoxe. Nous l'entrevoyons, opaque et lourde, à travers les tableaux de musée, c'est-à-dire à travers les couleurs ternies, noircies, saurées, les fuligineuses poussières, les vernis encrassés, ces croûtes adventices accumulées sur les chefs-d'œuvre vénérables par la vigilance des administrations et l'ironie des siècles. Aussi, devant cet art tout neuf, qui nous restituait la nature dans son rêve intégral de lumière, avons-nous éprouvé du malaise, presque du vertige, comme l'homme, longtemps enfermé dans la nuit d'une cave qui se retrouve tout d'un coup, dans l'espace, au soleil. Puis nos yeux, peu à peu, se sont habitués au choc de cette clarté lustrale, et nous nous sommes étonnés d'être restés aveugles à cet enchantement et de n'avoir pas compris plus tôt cette domination souveraine des couleurs et des formes, dans la nature et dans l'art, par la lumière.

 

Camille Pissarro pontoise (2)

 

Il ne faut pas se payer de mots. Nous admirons les œuvres anciennes, mais l'émotion qu'elles nous procurent n'a plus guère qu'une valeur de respect chronologique. Nos exigences sont devenues autres et plus compliquées. À mesure que se révèlent les phénomènes de la vie inconnus des vieux ancêtres et qui ajoutent à notre désir de connaître, à nôtre pouvoir de sentir, à mesure que le génie de l'homme multiplie les pages techniques et met aux mains de l'ouvrier de plus puissants, de plus précis instruments de travail, nous demandons aux artistes plus que ce que le passé nous a légué.

 

Et tout près de nous ! Combien Rousseau, qui fut, en son temps, un révolutionnaire, nous paraît morne, et si lointain déjà! L'atmosphère qu'il peint, plus pesante qu'une plaque de plomb, est intraversable. Ses chênes et ses châtaigniers ont beau avoir de solides embranchements, ses terrains une lourde ossature: ils ne respirent point, ils ne vivent point ; ses feuillages luisent, mais l'air ne circule pas à travers ce maçonnage grossier et canaille; nulle sève ne gonfle ces végétations inertes, mortuaires, aux dures consistances de métal.

 

Combien diffèrent de ces crépissages épais où l'aile des oiseaux s'enlise, les ciels de M. Camille Pissarro, ces ciels mouvants, profonds, respirables, où les ondes lumineuses vibrent véritablement, où toutes les voix de l'air se répercutent à l'infini !

 

Et ces formes. charmantes, légères, si doucement voilées, et pourtant si noblement caractéristiques, ces formes faites de reflets qui passent et qui tremblent et qui caressent! Et cette terre, rose dans la verdure poudroyante, cette terre qui vit ainsi, qui respire, où sous la lumière fluidique qui la baigne, sous l'ombre — lumière à peine atténuée — dont elle se rafraîchit, se voient, se sentent, s'entendent les organes de vie, l'ossature formidable, la vascularité qui charrie les sèves et les énergies de l'universel amour !... Et ces horizons si empreints de la mélancolie des distances, ces lointains éthérisés qui semblent le seuil de l'infini !

 

Oh ! je le sais. On a dit de M. Camille Pissarro, comme de M. Claude Monet, qu'ils ne rendaient que les aspects sommaires de la nature et que cela n'était vraiment pas suffisant Le reproche est plaisant, qui s'adresse aux hommes lesquels précisément ont poussé plus loin la recherche de l'expression, non seulement dans le domaine du visible, mais dans le domaine impalpable, ce que n'avait fait, avant eux, aucun artiste européen. Si l'on compare les accords de ton d'un peintre aux phrases d'un écrivain, les tableaux aux livres, on peut affirmer que nul n'exprima tant d'idées, avec une plus abondante richesse de vocables, que M. Camille Pissarro ; que personne n'analysa avec plus d'intelligence et de pénétration le caractère des choses et ce qui se cache sous la vivante apparence des figures. Et la puissance de son art est telle, l'équilibre en est si harmonieusement combiné, que de cette minutieuse analyse, de ces innombrables détails juxtaposés et fondus l'un dans l'autre, il ne reste, pour l'étonnement de l'esprit, qu'une synthèse : synthèse des expressions plastiques et des expressions intellectuelles, c'est-à-dire la forme la plus haute et la plus parfaite de l'œuvre d'art. "

 

Octave Mirbeau, Le Figaro, 1er février 1892  

Octave Mirbeau Combats esthétiques Camille Pissarro.

 


 



Peintre français (1830-1903) venu à Paris en 1855 pour se consacrer à la peinture il reçoit les conseils de Corot et se lie avec Monet, Cézanne et Guillaumin. Attiré par la campagne et la nature il est principalement un peintre rustique qui sait avec une très grande poésie, rendre les ambiances changeante de la campagne et des saisons. C’est de sa période dite de Pontoise de 1872 à 1884 que datent ses meilleurs œuvres où il marie avec beaucoup de sensibilité l’approche picturaliste de Monet […]



Peintre français (1830-1903) venu à paris en 1855 pour se consacrer à la peinture il reçoit les conseils de Corot et se lie avec Monet, Cézanne et Guillaumin. Ses envois au salon sont acceptés de 1859 à 1870, sauf en 1861 et 1863, cette année là il exposera au salon des refusés. Après 1870 il participe au mouvement impressionniste. Attiré par la campagne et la nature il est principalement un peintre rustique qui sait avec une très grande poésie, rendre les ambiances changeante de la […]



Peintre français (1814-1875, tenant du mouvement réaliste il s’attachera durant toute sa vie a représenté la vie quotidienne du monde paysan et des humbles qui l’entourent. Ses portraits, puissant et d’un grand réalisme seront exécuté pendant sa première période. Si son passage à paris l’oriente vers la peinture académique il revient très vite après son installation à Barbizon en 1849 à un réalisme sans concession. Les scènes de la vie rurale s’opposent aux thèmes épiques des héros-


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Publié le 29 Avril 2011

Rodin alexandre falguiere

 Musée rodin, Paris (c) Lankaart

 

Jean-Alexandre-Joseph Falguière dit Alexandre Falguière, né à Toulouse le 7 septembre 1831 et mort à Paris le 19 avril 1900, est un sculpteur français de style académique et un artiste-peintre dont quelques toiles sont classées sous le signe du réalisme.

 

Rodin présente son buste de Falguière, réalisé en 1897, à la Société nationale des Beaux-Arts en 1899. En 1900, à l’exposition de l’Alma, ce buste est présenté très haut comme le Buste héroïque de Victor Hugo et offre surtout un visage « sillonné de rides et de bourrelets comme une terre bouleversée par les orages » (L’Art, 1911).

 

Rodin alexandre falguiere (2)

(c) Lankaart




Victoria and Albert Museum, Londres, 1904 Rodin avait visité l'Angleterre en 1881 à l'invitation du peintre et graveur français, Alphonse Legros. Ce fut le début d'une carrière très réussie en Angleterre où il rencontre un certain nombre de personnalités de premier plan à Londres. George Wyndham (1863-1913) avait fait une brillante carrière militaire, il était aussi un écrivain, et était admiré pour son élégance. Il a été secrétaire d'État à la Guerre, puis secrétaire en chef pour l'Irlande […]


Le Monument aux Bourgeois de Calais est un groupe statuaire d'Auguste Rodin commandé par la Ville de Calais où a été inauguré le premier exemplaire en bronze en 1895. Le plâtre original achevé en 1889 a été édité en onze autres exemplaires en bronze dans le courant du XXe siècle. L’ultime fonte légale a eu lieu en 1995. De manière définitive, il existe ainsi douze éditions originales en bronze des Bourgeois de Calais. C’est une des œuvres les plus célèbres d'Auguste Rodin. Ce groupe en […]



Claude Monet a présenté à la troisième exposition impressionniste en avril 1877 sept versions de La Gare Saint-Lazare. Il a choisi le thème du progrès technique très en vogue alors. Émile Zola viendra d'ailleurs à l'exposition impressionniste s'inspirer de l'atmosphère que dégage les tableaux pour écrire La bête humaine. Pour Paris c'était l'époque haussmannienne et pour la gare Saint-Lazare celle de l'ingénieur Eugène Flachat qui réalisa le pont de l'Europe et l'agrandissement de la gare […]

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Rédigé par rafael

Publié dans #NATURALISME et IMPRESSIONISME

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