mythologie grecque et romaine

Publié le 27 Juillet 2013

Saturne le triomphe de Saturne Cabinet de Saturne Versaille

Le Triomphe de Saturne Cabinet de Saturne Château de Versailles.

 

Saturne (ou Cronos en grec) est un dieu de la mythologie romaine.

Saturne est une ancienne divinité romaine, qui préside la période qui précède le solstice d'hiver, celle des Saturnales. Pendant le reste de l'année, c'est un deus otiosus, un dieu en sommeil, dont la statue est liée par des bandelettes dont on ne le libère qu'au moment des Saturnales. Il a été assimilé par les anciens au titan grec Cronos.

Dans la mythologie grecque, Cronos ou Kronos , fils d'Ouranos (le Ciel) et Gaïa (la Terre), est le roi des Titans et le père de Zeus, Poséidon, Hadès, Héra, Déméter et Hestia. Il est souvent confondu avec son homophone Chronos, divinité primordiale du temps dans les traditions orphiques.

 

saturne The Mutiliation of Uranus by Saturn

Cronos attaque Ouranos

 

Cronos appartient à la première génération des dieux ; il est le plus jeune des Titans, les douze enfants divins possédant une apparence normale.

Homère et Hésiode le nomment « le dieu aux pensées fourbes » ou « à l'esprit retors », terme qui s'applique peut-être originellement à sa faux. Hésiode ajoute qu'il hait son père, lequel voue les mêmes sentiments à ses enfants, sans que l'on sache si cela s'applique seulement à ses enfants difformes — les Cyclopes et les Hécatonchires — ou à l'ensemble de sa progéniture. Dès leur naissance, Ouranos les emprisonne dans le sein de leur mère. Furieuse, Gaïa fabrique une faucille en acier et demande à ses enfants de l'aider à se venger, mais seul Cronos répond à l'appel. Placé en embuscade, il attaque Ouranos alors que celui-ci vient se coucher avec Gaïa, et de sa faux, lui tranche les testicules, qu'il jette à la mer. Ouranos leur donne alors le nom de « Titans » parce que, précise Hésiode, ils ont tendu le bras trop haut et parce que l'avenir saura en tirer vengeance. Ouranos avertit Cronos qu'il sera détrôné à son tour par son propre fils.

Hésiode n'indique pas que Cronos assume le pouvoir à la mort de son père, même s'il mentionne par ailleurs qu'il règne parmi les Immortels. En revanche, des sources plus tardives indiquent qu'une fois libérés, les Titans accordent le trône à leur frère, dont la première mesure est de jeter dans les profondeurs du Tartare ses frères difformes, les Cyclopes et les Hécatonchires.

 

saturne rubens saturnGoya saturne dévorant ses enfants

Saturne dévorant ses enfants Rubens et Goya

 

Cronos épouse sa sœur Rhéa. N'oubliant pas la prophétie de ses parents, il dévore chacun de ses enfants au fur et à mesure qu'ils naissent : Hestia, Déméter et Héra, puis Hadès et Poséidon sont ainsi avalés par Cronos. Lorsque arrive le sixième, Rhéa, sur le conseil de sa mère Gaïa, cache l'enfant en Crète et le remplace par une pierre que Cronos engloutit directement.

L'enfant ainsi épargné est Zeus. Il grandit loin de ses parents dans une grotte en Crète.Il est nourrit par le lait d'une chèvre, et une fois parvenu à l'âge adulte, veut libérer ses frères et sœurs. Avec Gaïa, il s'arrange pour les faire recracher à son père — Hésiode ne précise pas comment, mais des sources tardives précisent que c'est Métis, déesse de la ruse, qui offre à Cronos un émétique. Celui-ci vomit alors tout ce qu'il avait ingurgité jusque là, y compris la pierre qui l'a abusé, que Zeus place ensuite à Delphes. Une variante orphique veut que, sur suggestion de Nyx, Cronos ait été drogué avec du miel, attaché puis castré à son tour. Alors Cronos recracha ses enfants. En tout état de cause, il finit jeté dans le Tartare, tandis que Zeus, Déméter, Hestia, Héra, Poséidon et Hadès gagnent les cimes du mont Olympe.

Zeus libère les Hécatonchires et les Cyclopes du Tartare et, en récompense, reçoit de ces derniers le trait de foudre, qui lui sert à vaincre les Titans. Dans une version plus ancienne du texte d'Hésiode, les Hécatonchires repoussent les Titans jusqu'aux tréfonds de la Terre, où ils les enchaînent. Cronos partage le sort des vaincus au Tartare. Dans une autre œuvre d'Hésiode, les Travaux et les Jours, on apprend que Zeus accorde aux héros de vivre dans les îles des Bienheureux, aux confins de la Terre ; un vers interpolé ajoute qu'ils séjournent « loin des Immortels, et Cronos est leur roi ». Un autre passage interpolé ajoute : « car le père des dieux et des hommes a dénoué ses liens, et aux héros fixés au bout du monde octroyé honneur et gloire ».

 

Source: Wikipédia

 

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Publié le 23 Juillet 2013

Venus naissance Botticelli

 Botticelli 1445-1510, Sandro, Florence, Italie Naissance de Vénus

 

"La déesse de l'amour, qui hante la nature et règne sur le coeur des hommes, est une divinité complexe, dont le caractère et le culte offrent une curieuse union d'éléments étrangers et helléniques. Cette dualité apparaît déjà dans le mythe de sa naissance : d'après Homère, Aphrodite est fille de Zeus et de Dioné, tandis que, dans la Théogonie, elle sort de l'écume marine formée autour du membre viril d'Ouranos mutilé par Cronos. De cette dernière légende, qui valut à la déesse les épithètes d'aphrogenês, aphrogeneia, pontogenês, pontogeneia, thalassigonos, les anciens tiraient la principale explication de son nom ; elle était celle qui a surgi des flots, l'Anadyomène. La philosophie, en quête de symboles, dégagera de cette double provenance une antithèse morale ; d'après Platon, la fille d'Ouranos est la noble déesse Uranie ; la fille de Zeus et de Dioné, plus jeune, est l'Aphrodite Pandèmos.

 

venus et Vulcain Brueghel de Velours

 Brueghel de Velours 1568-1625, Jan, Flemish Venus et Vulcain

 

La déesse d'Hésiode est l'épouse d'Arès, dont elle a Phobos, Deimos, Harmonia, et cette tradition semble avoir été capitale dans le culte. Mais la légende illustrée par le chant de Démodocos prévaudra dans l'imagination populaire : Aphrodite a contracté un mariage régulier avec Héphaistos, qu'elle trompe pour l'amour d'Arès. Parmi ses nombreux enfants, Eros brille au premier rang, sans que les anciens aient pu s'accorder sur le nom de son père.

 

D'une facon générale, Aphrodite est la déesse des espaces célestes ; aussi réside-t-elle sur les hauts lieux qui baignent dans l'éther. Son culte était parfois célébré sub divo, à Paphos par exemple, où elle porte le nom d'Aeria. En plusieurs endroits, comme à Chypre, à Cnide, à Corinthe, à Argos, à Trézène elle est vénérée à titre d'Akraia. Protectrice des acropoles, elle est aussi une déesse armée, ce qui peut, d'ailleurs, être dû à l'analogie établie entre les rayons sidéraux et des flèches ou des lances, ou au rapport imaginé entre la lune et l'orage, dont le tumulte emplit les nuées. Ce caractère guerrier apparaît surtout à Chypre, à Cythère, à Corinthe, à Sparte, où l'on signale une Aphrodite Areia, à Argos, où la déesse est appelée Nikêphoros.

 

Venus cellebration Rubens

 Rubens 1577-1640, Peter Paul, Siegen, Belgique celebration de Vénus

 

Ainsi que les divinités orientales de nature analogue, Aphrodite est en relation étroite avec l'élément humide et liquide. Les Grecs reconnaissaient en elle une déesse de la mer, peut-être à cause de l'influence de la lune sur le flux et le reflux, peut-être aussi parce que, conçue, à titre d'Uranie, comme déesse du beau temps, elle devait favoriser la navigation. Son nom même, on l'a vu, rappelait aux anciens sa naissance marine. On la qualifiait de pontia, einaliê, thalassaiê et on l'évoquait, portée par Zéphyre, dans la molle écume, des parages de Cythère à Chypre, où l'accueillent les Heures aux bandelettes d'or.

Venus le Triomphe Boucher

 Boucher 1703-1770, Francois, Paris, France Le Triomphe de Vénus

 

Parfois, on la disait fille de Zeus et de la mer, et des artistes montraient Thalassa la soulevant hors des flots, tandis que Tritons et Néréides célébraient joyeusement son apparition. Elle est l'Anadyomène, qui règne sur les eaux dont elle est sortie, et il est vraisemblable que plusieurs légendes faisaient d'elle l'amante de Poseidon, à qui nous la voyons fréquemment associée dans le culte, à Panticapée, à Aeges en Cilicie, à Egine, à Corinthe, à Patras, à Orchomène. Le coquillage deviendra un des attributs de la déesse ; le dauphin, l'alcyon, le pompilos, le cygne lui étaient consacrés, tous démons de la mer tranquille ou annonciateurs du beau temps. Sereine et douce, galênaiê, elle calme le vent et les vagues ; son sourire luit dans les ondes lumineuses ; elle rassure et protège contre le péril de mer, en vraie Dame du Bon-Secours. On la consultait, à Paphos, au sujet de la navigation, et elle était vénérée sous les noms de Nauarchis ou d'Euploia, comme à Cnide et à Athènes.

 

Venus et Adonis Veronese

 Veronese 1528-1588, Paolo, Verona Venus et Adonis

 

On ne saurait étre surpris qu'Aphrodite, déesse de l'astre qui produit la rosée et souveraine de la mer, soit encore le principe de la fertilité terrestre. Grâce à elle, les forces végétatives sont réveillées à chaque printemps, quand le ciel s'épanche en tièdes ondées pour féconder le sein de la terre, qui donnera ses fruits aux mortels. Aussi les poètes nomment-ils Aphrodite zeidôros, êpiodôros, eukarpos ; on dresse l'arbre de mai en son honneur ; et nous avons signalé son culte cnidien sous le vocable de dôritis, qui rappelle ses bienfaits. Quand la déesse aborde à Chypre, un vert gazon se déroule sous ses pas, et toujours, pour elle, les chemins se couvrent de fleurs. Elle les fait naître et leur parfum imprègne ses voiles ; elle est la fleurie, antheia. Avec les Nymphes et les Charites, elle en tresse d'odorants chapelets, sur l'Ida et elle aime, entre toutes, l'anémone, le myrte et la rose. Elle aime aussi les bosquets et les frais jardins qui lui étaient souvent consacrés, à Athènes par exemple, où Uranie était vénérée en kêpois.

 

Venus et Adonis Ribera

 Ribera 1591-1652, Jose de, Jativa Valencia, Espagne Venus et Adonis

 

Le rapport intime d'Aphrodite avec la végétation printanière apparaît bien dans son union avec Adonis, qui en est le symbole. L'existence du héros est éphémère comme celle des plantes fragiles qu'on lui dédiait à ses fêtes ; après les six mois de belle saison, tandis que l'automne recueille les fruits et que l'hiver dépouille les champs de leur parure, il doit retourner dans les Enfers. Aphrodite, dès lors, n'est plus la souriante et la dorée ; elle s'afflige de ce départ et se voile dans le deuil universel de la nature : elle aussi descendra chez les morts. Associée au déclin de la fertilité, elle prendra un caractère sombre et funèbre, qui s'affirme parfois dans le culte, et qui fait d'elle une seconde Perséphone, mais Aphrodite réapparaîtra triomphante, et c'est à cause de ce triomphe périodique qu'on la concevra sans doute comme libératrice de l'Hadès.

 

venus et amour Poussin

 Poussin 1594-1665, Nicolas, Villers, Netherlands Le Sommeil de Venus et Eros

 

Source de la beauté, idéal accompli des charmes féminins, elle est avant tout la déesse de l'amour et du plaisir. Déjà chez Homère, qui l'oppose à la sévère Athèna, elle est efféminée et amie de la volupté. Les poètes la disent aussi douce que le miel ; ils glorifient l'éclat de ses veux et le contour parfait de ses paupières, le sourire de sa bouche, la pureté de son sein et de sa nuque, l'éblouissante blancheur de ses pieds ou de ses bras, et le plus bel hommage qu'on puisse rendre à une femme est de la rapprocher d'Aphrodite d'or. Elle sait l'art de rehausser les dons naturels par la toilette et la parure ; d'après les Chants Cypriens, où était racontée la victoire d'Aphrodite sur les deux déesses rivales, les Charites et les Heures ont tissé ses voiles ; elles les ont imprégnés de la couleur et du parfum des fleurs qui composent aussi sa couronne, et la déesse exhale une douce odeur de crocus, d'hyacinthe, de violette, de rose, de narcisse et de lis.

 

Venus d'Urbino Le Titien

Le Titien, 1487-1576, , Italie La Venus d'Urbino

 

Les Grâces forment son cortège, avec Peithô qui persuade, Himéros et Pothos, symboles du regret amoureux et du désir, Eros surtout, son fils et son ministre. Sa ceinture, qu'elle prête à Héra, recèle un charme pour séduire. D'elle viennent les dons qui attirent le coeur, et auxquels on la voit elle-même sensible, quand elle les trouve dans la personne de ses amants ou de ses favoris, comme Phaéthon, Phaon, Cyniras, Boutès, Pâris, Enée, Adonis et Anchise. Aphrodite, en effet, s'est unie à un mortel sur l'Ida pleine de sources, et le souvenir de sa tendresse pour Adonis s'éternise dans la rose empourprée du sang du héros et dans l'anémone qui fleurit de ses larmes de déesse.

 

Aphrodite n'a donc pas échappé à la loi qu'elle fait régner sur les dieux et sur les hommes, châtiant cruellement tout être qui refuse de s'y plier. Elle incline le coeur à sa volonté, d'autant plus irrésistible qu'elle se déchaîne de préférence sur les femmes : Hélène, Médée, Pasiphaé, Ariane, Phèdre, Hippodamie sont autant de victimes qui l'ont subie comme une sorte de fatalité. Cruelle et douce à la fois, dispensatrice de tourments et de bonheur, Aphrodite est une puissance invincible ; un poète la fera même triompher de la mort, quand il évoquera les amoureuses errant aux Enfers, dans les bosquets de myrte, toujours en proie à leur souci.

 

Venus au miroir Velasquez

 Velazquez 1599-1660, Diego de Silva, Seville, Espagne Venus au miroir

 

C'est ainsi qu'Aphrodite, parfois nommée Etaira et Pornê, devint la patronne des courtisanes ; celles-ci la glorifient par leurs charmes et les passions qu'elles allument ; elles sont ses prêtresses, usurpent même son nom et ses honneurs. A l'époque où l'art, répudiant la gravité religieuse du passé, ne songe plus qu'à représenter dans Aphrodite la perfection de la beauté féminine, Praxitèle et Apelle s'inspirent de célèbres hétaïres ; Phryné jouait à l'Anadyomène, en se jetant toute nue dans la mer, aux yeux d'un peuple émerveillé.

 

Venus au mirroir le Titien

 Le Titien, 1487-1576, , Italie Venus au miroir

 

Le dévoilement complet d'Aphrodite est chose consacrée ; on s'attache aux sujets qui justifient sa nudité, tels que le bain, motif déjà utilisé pour la Cnidienne et qu'on reprend dans la Vénus accroupie ; les sculpteurs tireront aussi parti du motif de l'Anadyomène, rendu célèbre par le tableau d'Apelle, où l'on voyait la déesse sortant de l'eau à mi-corps et tordant sa chevelure. La toilette d'Aphrodite deviendra un des thèmes préférés de l'art ; on la montrera serrant sa ceinture contre sa poitrine, mettant ou déliant sa sandale dont elle use, au besoin, pour châtier Eros ou un admirateur indiscret. On arrive ainsi aux purs sujets de genre, et il est clair que les artistes sont beaucoup moins préoccupés de la déesse que d'exprimer, à propos d'elle et sous un prétexte quelconque, toutes les grâces d'un jeune corps."

 

Article Venus du Daremberg et Saglio (1877)

 

L'antiquité gréco-romaine diversifie le processus de symbolisation par la double figure d'Aphrodite/Vénus ; elle commence à représenter de grands thèmes sociétaux comme, en plus de la fertilité, la prospérité, la victoire militaire, et bien sûr la sexualité. Des formes archétypales et esthétiques commencent à se préciser, comme celle de l'Aphrodite de Cnide qui devient un véritable lieu commun de la sculpture antique. Elle aurait été diffusée jusque dans la mythologie agraire et nourricière des Gaules (où l'on retrouve des statuettes stratégiquement placées dans les tombes, les sources, les maisons et les temples).

Venus et cupidon Chranac

Cranach d. Ae. 1472-1553, Lucas, Kronach Oberfranken, Allemagne Venus et Cupidon

 

Il faut attendre la fin du Moyen Âge et la Renaissance occidentale pour voir entrer le motif de Vénus dans une véritable interprétation artistique, essentiellement fondée sur l'appropriation des motifs de l'antiquité dans l'art classique et néo-classique. Le thème vénusien est un grand favori, et des topiques comme celui de la naissance de Vénus, ou Vénus anadyomène sont variés à l'infini (le tableau de Botticelli étant sans doute son instance la plus célèbre). Ces appropriations, si elles témoignent de la valorisation de l'héritage gréco-romain par les Européens, laissent transparaître également certaines des visions de leurs contemporains sur le rapport au corps, à l'érotisme et à la sexualité, à la subversion et la transgression.

 

Venus giorgone

 Giorgione 1477-1510, , Italie Le sommeil de Vénus

 

Si c'est la Vénus déesse de l'amour qui est privilégiée, elle est parfois traitée en corrélation (souvent sur le mode du conflit moral) avec la figure chrétienne de Marie, par exemple dans l’œuvre de Boccace. Cependant, ces visions se révèlent essentiellement in absentia dans la mesure où Vénus fait partie des quelques figures que l'on peut montrer nues sans scandale, privilège réservé aux figures antiques et quelques figures religieuses. C'est seulement avec l'art moderne que la question de la nudité, réinsérée dans le contexte du naturalisme et du réalisme, repose plus explicitement des questions sociétales. L'analyse par les historiens de l'art de la figure vénusienne privilégie le traitement esthétique et psychanalytique du désir libidinal (plus ou moins contraint ou libéré) qui symboliserait la violence de la société par rapport à la représentation du corps physique, d'abord dans son extériorité et ses rapports au corps social et parfois dans son intériorité et ses rapports au corps médical (par exemple à travers la Vénus des Médecins).

 

En art contemporain, à des appropriations relativement classiques de la figure de l'Aphrodite de Cnide, mêlée parfois aux avancées du réalisme du XIXe siècle , s'ajoutent des réinterprétations de type naïf, comme dans Le Rêve, d'Henri Rousseau (1910), qui reprend la topique de la Vénus à la coquille, ou des réinterprétations par les nouvelles techniques picturales de l'impressionnisme, du cubisme, ou encore du fauvisme comme par exemple dans la Naissance de Vénus de Raoul Dufy (environ 1940) - le motif de la Vénus anadyomène revient à plusieurs reprises chez Dufy, ainsi que sa variante la Vénus à la coquille.

 

Dans les années 1960, le thème vénusien renoue avec les problématiques de la féminité repensées dans le vif de l'actualité, et en particulier dans le contexte de l'émancipation de la femme. La Vénus aux ongles rouges d'Arman réinterprète la Vénus aux Médecins et fait voir en transparence des organes faits de mains de mannequins de vitrine. La Vénus Bleue (1962) de Klein est un portrait-relief en bleu IKB, alliant sa couleur signature, symbole d'innovation et de modernité, à une figure féminine antique. Les Vénus de Luis Lojola, quant à elles, renouent avec certaines des conventions figuratives stylisées des vénus paléolithiques tout en les adaptant au contexte social contemporain qui voit la montée du pouvoir de la femme : par exemple ses Vénus pleine, Vénus boule, ou encore Vénus carnivore (1966).

 

Source: Article Venus du Daremberg et Saglio (1877), Wikipédia.

 Illustrations: Visipix.com

 

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Rédigé par rafael

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Publié le 20 Juillet 2013

 

Jupiter et thétis ingres

 

Ingres (1780-1867) commence sa carrière comme élève de David. Grand prix de Rome en 1801 il ne partira pour la Villa Médicis qu'en 1806. Pendant ces cinq années d'attente il peint de nombreux portraits, il affirme à cette époque sa rigueur classique, son sens de la psychologie et son attrait pour les singularités. A Rome, de 1806 à 1810, il continue à produire des portraits tout en composant des tableaux historiques ou mythologiques. 

 

Mythologie:

Jupiter et Thétis: la nymphe Thétis, mère d’Achille, implore Jupiter de résoudre le conflit entre Achille et Agamemnon. Junon, reine des dieux, fille de Rhéa et de Saturne, à la fois sœur et épouse de Jupiter, observe la scène. 

 

Elle continue d'aider son fils en terre troyenne : elle intervient auprès de Zeus pour qu'il accorde l'avantage aux Troyens, quand Achille se retire dans sa tente. Elle demande ensuite à Héphaïstos de lui forger de nouvelles armes, après qu'Hector a enlevé les anciennes de la dépouille de Patrocle. Elle tente une dernière fois de le dissuader d'affronter Hector, lui prédisant une mort proche s'il y va, mais encore une fois, elle n'y parvient pas.

 

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Rédigé par rafael

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Publié le 3 Juin 2013

Charon litovchenko

 

 

"Charon, le conducteur des morts dans les enfers, n'est pas une figure très ancienne dans la mythologie des Grecs. Il ne fut pas connu d'Homère ; mais il était populaire à la grande époque du théâtre d'Athènes, et il semble que les auteurs dramatiques ont particulièrement contribué à rendre son image familière à toutes les imaginations. Il parut souvent sur la scène sous les traits d'un vieillard morose, pressant et gourmandant les âmes auxquelles il devait faire traverser le Styx ou l'Achéron, impitoyable à l'égard de celles qui n'avaient pas une obole pour payer leur passage, tel enfin que l'ont dépeint plus tard Virgile, imitateur des Grecs, et Lucien qui recueillait la tradition des anciens comiques.

 

Tel il était aussi dans les représentations de l'art. Polygnote avait placé le vieux nocher et sa nacelle dans sa peinture des enfers, à Delphes ; sur des lécythus athéniens ornés de la peinture de sujets funèbres, on voit aussi Charon, la rame en main, le bonnet de marin sur la tête, prêt à recevoir dans son bateau les ombres des morts, qui l'attendent sur la rive du fleuve infernal.

 

Charon Giordano XVIIe

 

Comment le personnage d'abord ignoré des Grecs est-il devenu populaire ? c'est ce que l'on ne saurait dire. L'origine égyptienne que lui attribue Diodore est bien peu fondée. Il semble plutôt, quand on rapproche le Charon des Grecs de celui des Etrusques, lequel est d'ailleurs fort différent d'aspect, que l'on ait à constater l'influence d'un courant étranger, peut-être venu du nord, qui a introduit cette conception nouvelle parmi les populations gréco-italiques, et peut-être dès l'époque pélasgique. Ottfried Muller était disposé à identifier le premier avec le Mantus des Etrusques et à penser qu'on s'en était fait anciennement une plus haute idée qu'on ne serait porté à le croire d'après le rôle secondaire auquel on le voit réduit par la suite dans les enfers. Cependant, en Etrurie, où son image se rencontre dans les monuments plus fréquemment qu'en Grèce, Charon semble aussi remplir des fonctions subalternes ; on a peine à le distinguer d'autres démons infernaux à figures effrayantes, souvent ailés, agitant des serpents, tenant des torches enflammées ou armés de marteaux, de fourches, de fouets, de bâtons, dont l'office est de saisir, de garder et de tourmenter les morts.

 

C'est lui-même sans doute qu'on voit sur un vase peint, s'avançant pour s'emparer d'Ajax, au moment où celui-ci va se suicider. Des inscriptions, qui le désignent par son nom, XAPVN, dans quelques scènes, ne laissent aucun doute sur l'intention qui l'y a fait placer : il personnifie la mort ; il est l'exécuteur impitoyable qui n'épargne ni jeunesse, ni beauté, ni vaillance, et ne se confond plus avec les démons et les furies chargés de poursuivre et de torturer les coupables. L'énorme maillet que l'on voit ordinairement dans sa main n'est pas seulement un insigne ou un attribut symbolique, mais aussi une arme et un instrument de supplice, quelquefois remplacé par une épée, par un bâton fourchu, par la torche ou les serpents des furies.

 

charon et psyche

 

Les artistes, se conformant à l'idée qu'on se faisait vulgairement de Charon, se sont efforcés de rendre sa physionomie hideuse et repoussante. Il a la forme humaine, mais avec les oreilles pointues du loup, un nez crochu, parfois tout semblable au bec d'un oiseau de proie, sa bouche est ouverte comme la gueule d'un animal dévorant, ou rit d'un rire féroce, d'accord avec la joie malfaisante qu'exprime son regard. On le voit debout, comme une apparition terrible, à côté de ceux qui vont périr de mort violente : ainsi auprès d'Ajax, dans l'exemple cité plus haut ; ou auprès des prisonniers Troyens immolés aux funérailles de Patrocle, dans une peinture célèbre d'un tombeau de Vulci.

...

 

Son rôle ne s'éloigne guère, dans ce cas, si son caractère en diffère, de celui du Charon hellénique, nautonier des enfers. Il s'en rapproche encore davantage dans la composition qui décore une autre urne du même musée, où il assiste, une rame à la main, au massacre des captifs troyens ordonné par Achille.

 

On retrouve Charon dans sa barque, figuré sur des sarcophages romains dont l'art aussi bien que le sujet sont purement grecs ; mais la tradition étrusque était vivante encore à Rome, et fort tard sous l'empire on vit dans les jeux sanglants de l'amphithéâtre, parmi les masques qui figuraient dans les intermèdes, le dieu de la mort avec son marteau, venant s'emparer des cadvres des gladiateurs qui avaient succombé. "

 

E. Saglio

 

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Rédigé par rafael

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Publié le 31 Mai 2013

 

Pygmalion and Galatea Louis Jean Francois Lagrenée,

 

Pygmalion est un sculpteur de Chypre. Révolté contre le mariage à cause de la conduite répréhensible des Propétides (femmes de Chypre) dont il était chaque jour témoin, il se voue au célibat. Mais il tombe amoureux d'une statue d'ivoire, ouvrage de son ciseau : il la nomme « Galatée », l'habille et la pare richement.

Lors des fêtes dédiées sur l'île à Aphrodite, il prie la déesse de lui donner une épouse semblable à sa statue. Son vœu est exaucé par cette dernière. Pygmalion épouse Galatée en présence d'Aphrodite et, selon certaines versions, aura d'elle deux enfants : Paphos et Matharmé.

 

« C’était la fête de Vénus. Chypre tout entière célébrait cette fameuse journée. L’or éclate sur les cornes recourbées des génisses au flanc de neige qui, de toutes parts, tombent sous le couteau ; l’encens fume : Pygmalion dépose son offrande sur l’autel, et debout, d’une voix timide : « Grands dieux, si tout vous est possible, donnez-moi une épouse... (il n’ose pas nommer la vierge d’ivoire) semblable à ma vierge d’ivoire ». Vénus l’entend ; la blonde Vénus, qui préside elle-même à ses fêtes, comprend les vœux qu’il a formés ; et, présage heureux de sa protection divine, trois fois la flamme s’allume, trois fois un jet rapide s’élance dans les airs. Il revient, il vole à l’objet de sa flamme imaginaire, il se penche sur le lit, il couvre la statue de baisers. Dieux ! Ses lèvres sont tièdes ; il approche de nouveau la bouche. D’une main tremblante il interroge le cœur : l’ivoire ému s’attendrit, il a quitté sa dureté première ; il fléchit sous les doigts, il cède. Telle la cire de l’Hymette s’amollit aux feux du jour, et, façonnée par le pouce de l’ouvrier, prend mille formes, se prête à mille usages divers. Pygmalion s’étonne ; il jouit timidement de son bonheur, il craint de se tromper ; sa main presse et presse encore celle qui réalise ses vœux. Elle existe. La veine s’enfle et repousse le doigt qui la cherche ; alors, seulement alors, l’artiste de Paphos, dans l’effusion de sa reconnaissance, répand tout son cœur aux pieds de Vénus. Enfin ce n’est plus sur une froide bouche que sa bouche s’imprime. La vierge sent les baisers qu’il lui donne ; elle les sent, car elle a rougi ; ses yeux timides s’ouvrent à la lumière, et d’abord elle voit le ciel et son amant. Cet hymen est l’ouvrage de la déesse ; elle y préside. Quand neuf fois la lune eut rapproché ses croissants et rempli son disque lumineux, Paphos vint à la lumière, et l’île hérita de son nom. » (Ovide. Les Métamorphoses, Livre X).

 

pygmalion and galatea ernest normand 1896Pygmalion and Galatea jean leon Gerome

 

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Publié le 29 Mars 2013

Hermes Mercure Mercury Velazquez

Mercure et Argus, Velazquez

 

" L'idée première d'Hermès serait-elle celle d'un dieu infernal comme Pluton ? Aucune preuve décisive ne l'établit. Nous aurons à constater cependant que ce dieu aux multiples aspects a été, après les temps homériques, envisagé comme en rapport avec les choses de dessous terre. D'autres origines très diverses ont été proposées par les modernes. Par exemple, un certain nombre d'analogies, souvent verbales, entre le vent et Mercure ont fait croire à Roscher que le dieu n'est que la personnification de cette force naturelle ; le vent semblait venir de l'éther, de Zeus, des grottes de montagnes, comme Hermès ; comme lui les Boréades, ou les vents, sont la rapidité même, ont des ailes, emportent ce qui se trouve sur leur passage, fécondent ou dessèchent les champs, tiennent les voyageurs dans leur dépendance, etc.

 

Mais ces rapports sont trop ingénieusement établis entre toutes les qualifications de l'un et l'autre terme ; ils devraient dériver d'une même conception primitive d'Hermès, ce qui n'est pas. Pour d'autres, il est l'Obscur et semble avoir personnifié tout ce qui est ténébreux : enfer et nuit, nuages et pluie. Après avoir représenté le combat journalier des ombres contre les rayons, il serait devenu le dieu qui rafraichit et féconde et aussi le vent rapide. Pour d'autres, il est un dieu solaire et représente l'Aurore. A d'autres il a semblé personnifier les crépuscules matinal et vespéral et surtout le second. A ce titre on lui a assigné des origines hindoues. Creuzer et Guigniaut l'avaient assimilé déjà à Brahma, Nareda et Bouddha. Mais l'école linguistique l'a surtout identifié avec un Sarameya, dieu crépusculaire, voleur des vaches d'Indra, c'est-à-dire des nuages. Une étude plus attentive des Védas a montré que les deux sarameyas sont des chiens de Yama et ne sont pas les voleurs des vaches célestes retrouvées par leur mère Sarama. S'il reste une analogie, elle est fugitive, si bien que M. Bérard croit le dieu plutôt phénicien d'origine. Les navigateurs de cette race, ayant pénétré jusqu'en Arcadie, y auraient laissé aux habitants la notion d'une divinité ternaire, dont le troisième terme, le dieu fils, était lui-même une triade ; selon l'empereur Julien, Monimos, qui figure dans cette trinité, n'est, autre qu'Hermès. Tout au moins les manières d'être et attributs du dieu phénicien ont pu être mêlés par les Arcadiens avec ceux d'une de leurs divinités. D'autre part, la pierre levée, le bétyle ou la colonne carrée, qui souvent en Grèce ne fait qu'un avec la figure d'Hermès, représente chez les Phéniciens l'envoyé ou l'ange d'Askartè, de Baal ou d'Élohim.

 

Hermes Mercure GoltziusHermes Mercure w

 

Ce qui est vrai, c'est que, comme l'avaient senti déjà les anciens, la personnalité mythique d'Hermès a eu des origines multiples. Une d'entre elles est déterminée avec certitude. Contaminé ou non d'un culte phénicien, Hermès est un très ancien dieu des Pélasges d'Arcadie. Sa grotte natale est sur les pentes du Cyllène, où l'eau ruisselle, et ce souvenir local le suit dans toutes ses métamorphoses. II est probable qu'il a été le grand dieu. unique ou suprême, du plateau arcadien. Comme l'élevage y était la seule ressource, il était donc là le δώτωρ ἑάων, l'enrichisseur, celui par qui les pâtres voyaient leurs troupeaux pulluler.

 

Il représentait leur conception vague de la vigueur génératrice, le phénomène divinisé de la reproduction animale. Il était père ou frère de Pan, le dieu-pâtre qui symbolise comme lui la fécondation universelle. Il a été pâtre lui-même, et protecteur fidèle des maîtres de grands troupeaux. Il en a gardé, même après les métamorphoses les plus complètes, ie nom d'Ἀγροτῆρ et Νόμιος (dieu champêtre et du pâturage). Comme le Dionysos originaire, il prend ses ébats avec les primitives nymphes des fourrés et des eaux vives, qui représentent les poussées de la sève animale et végétale. Chez Dionysos, le caractère arborescent se développera presque exclusivement, mais il y a eu un temps où Hermès, parfois représenté avec une gerbe d'épis, a été à peu près semblable à lui. Pendant toute une période les simulacres de l'un et l'autre ont été à peine distincts ; sans le caducée du second, on les eût confondus ; tous deux personnifiaient la luxuriance féconde de la nature.

 

Hermes Mercure Mercury Rubens Argus

 

L'hymne homérique consacré à Hermès roule tout entier sur son excessive passion du bétail et, à l'origine des représentations artistiques, nous le trouvons non seulement avec l'aspect d'un berger, mais sous la forme d'un bouc (dont il use dans les légendes pour assaillir Pénélope) ou assis sur un bouc. Et nous aurons à étudier une série de monuments où, sans que cet attribut s'explique par rien d'autre, un bouc, un veau, une brebis sont placés dans ses bras ou sur ses épaules. Enfin ses caractères sont aussi mêlés avec ceux d'Eros, et nous savons qu'aux temps très anciens il était figuré sous la forme significative d'un simple phallus. Là est l'origine des stèles tétragoniques spécialement appelées des hermès qui sont restées phalliques et même ityphalliques comme était le dieu symbolisé par elles. Avant qu'un phallus de ce genre le représentât dans le temple même de Cyllène, on en voyait un grand nombre au bord des routes, aux croisements des chemins. Hérodote nous apprend que ce sont les Pélasges qui ont commencé à honorer de la sorte Hermès, dieu des routes, secours des voyageurs, et peut-être protecteur des limites. « Il ne faut pas, dit encore un pâtre de Théocrite, offenser Hermès, celui des dieux qui s'irrite le plus si on repousse le voyageur en peine de savoir sa route. » Ces simulacres indicateurs des sentiers ont été souvent formés simplement d'amas coniques de pierres apportées une à une par les passants dévots au dieu des voyageurs. L'Hermès originaire est donc à la fois un principe fécondateur et un poteau sacré de direction dans les sentiers. II est bien vrai que tous les renseignements là-dessus datent au plus tôt des temps homériques ; mais le fait que la plupart se rapportent à l'Arcadie les recule très loin dans le passé. On sait que, par une fortune unique dans la Hellade, les Pélasges d'Arcadie sont demeurés à l'abri de toute invasion, gardant intacts leurs cultes et leurs coutumes.

Hermès dans la poésie homérique

(...)l'Hermès de l'Iliade est un dieu vivace et ingénieux, alerte et hardi compagnon. Dans une aventure dont la conception est très antérieure à l'Iliade, Arès capturé par deux geôliers était très mal en point quand Hermès prévenu l'a subtilement dégagé. Dans le chant de beaucoup le plus récent du poème il est, sinon messager habituel de Zeus, du moins chargé par lui de veiller à la sûreté, à la dignité de Priam. Quand le vieux roi vient seul la nuit avec des présents à la tente d'Achille et en ramène le cadavre de son fils, Hermès, sans se faire connaître d'abord, conduit son char qu'il rattelle lui-même pour le départ ; il endort les Grecs qui pourraient s'opposer à sa pénible démarche. Son plus grand plaisir est de se faire le compagnon des humains, de deviner les voeux de ceux qui lui plaisent. Un beau sceptre ouvré par Héphaistos lui est offert par Zeus ; en dieu ami des hommes, il le donne à Pélops. C'est seulement dans l'Odyssée qu'il devient proprement coureur et messager de Zeus, tandis qu'Iris remplissait cet office dans l'Iliade. Il est remarquable que d'un poème à l'autre son rôle s'étend et celui d'Iris diminue jusqu'à disparaître. Son intervention auprès des mortels est de plus en plus provoquée par les autres Olympiens. C'est pour leur compte qu'il avertit Égisthe de renoncer à ses criminels desseins, détourne Calypso de garder plus longtemps Ulysse, prémunit ce héros contre la magie de Circé, assiste Héraclès combattant Cerbère. Telle de ses missions est un service obligé dont il se plaint comme étant des plus rebutants. (...)

Hermès des temps homériques à l'époque des tragiques

Ce n'est pas dans les poèmes homériques, mais seulement dans la théogonie hésiodique, qui classe et systématise les fonctions divines, qu'Hermès, d'abord envoyé extraordinaire de Zeus, est devenu héraut régulier de l'assemblée des dieux, et comme préposé au protocole olympien. C'est cette seconde physionomie du dieu que, pendant longtemps, peintres et sculpteurs reproduiront avec une prédilection marquée. Les poètes l'envisageront plutôt comme messager et le doteront de tous les dons qui conviennent à un dieu placé près des autres dans une situation secondaire, auxiliaire de leurs diverses puissances, prêtant à des services accessoires une activité ingénieuse et empressée. Même Aristophane se moquera plus tard, avec une mauvaise foi plaisante, de ces aptitudes et fonctions si diverses qui s'entrecroisent et se combinent, sauf à se contredire parfois. (...)

 

A Rome et en Italie

 

Mercurius est un nom formé de la même racine que merx marchandise, merces salaire, mercari trafiquer, etc. Cette étymologie transparente nous livre la seule notion claire et certaine que nous ayons de la première histoire du dieu à Rome : il était comme Pecunia, Aescularius, Argentinus, favorable ou contraire au gain des marchands. Il figure dans les premières listes que nous avons des douze grands dieux, mais nous savons qu'il était absent des Indigitamenta. Est-il néanmoins de création romaine, antérieur à tout apport hellénique ? C'est très probable, étant donnée l'habitude latine de faire des divinités avec des noms tirés des actes les plus ordinaires de la vie. Mais Rome à l'origine n'était nullement une cité commerçante : les progrès du dieu ont dû attendre ceux du négoce. Au début du Ve siècle, les uns et les autres étaient déjà très avancés au témoignage de Tite-Live : la Cité inaugurait un temple de Mercure ; Ies deux consuls se disputaient l'honneur d'en faire la dédicace, et de donner des statuts à l'association des marchands. Le Sénat chargeait d'avance celui qui remplirait ces deux offices de veiller aussi à l'approvisionnement de Rome en blé (annona). Nous voyons que vers la même époque cette denrée manquait et qu'on en faisait, pour parer à la disette, de grosses importations d'Étrurie et du sud de l'Italie, Il semble donc que le commerce du blé soit celui qui a donné de l'extension à la confrérie des marchands et développé l'importance de leur dieu. Les Romains ont pu croire que les conseils des livres sibyllins le leur recommandaient. Quant à l'influence de l'Étrurie, qui a donné à Rome beaucoup de ses institutions religieuses, pour ce qui concerne les tout premiers débuts de celle-ci, elle est possible, mais non pas historiquement prouvée. Mercurius a pu sortir directement, comme un rejeton naturel, d'une racine de la langue parlée par les peuples du Latium et on ne voit pas, chez les anciens Étrusques, de dieu semblable remontant aux premiers temps, bien que leur commerce ait de beaucoup précédé celui des Romains. Mais il est bien certain qu'ils ont eu connaissance, ne fût-ce que par les vases peints venus d'Attique, de l'Hermès grec si populaire au Ve siècle. Au courant ou à la fin de ce siècle, par des ἔμποροι, importateurs venant de Grèce, ils ont pu apprendre qu'entre autres attributions de ce dieu, président des trafics, ressemblait fort à la notion du dieu romain de la vente et de l'achat. C'est eux sans doute qui, sans adopter spécialement pour eux-mêmes cette divinité d'Athènes, en ont transmis la connaissance à leurs voisins. C'était pour donner à ceux-ci une révérence plus grande du dieu analogue, qui leur était déjà familier. Quant à sa représentation figurée, il est incontestable qu'elle passe, par l'intermédiaire des Étrusques, de Grèce à Rome. C'est sur les monnaies que ce type emprunté s'est produit d'abord, comme c'est par le syndicat des marchands romains que le culte a été répandu et indéfiniment propagé. (...)

 

Hermes Mercure Mercury argus Io Campen

Culte de Mercure à Rome

L'ancien temple dédié en 495 est le seul sur lequel nous ayons des renseignements précis. A défaut des deux consuls récusés l'un et l'autre par le peuple, un centurion primipilaire remplit le rôle de pontife pour cette cérémonie. Ce temple était sur les dernières pentes de l'Aventin, faisant face au Circus maximus. Il était circulaire, comme ceux de Vesta, si c'est bien une restauration identique de ce temple que présente une monnaie de Marc-Aurèle. On a encore retrouvé de vagues restes. D'autres sanctuaires dont nous entrevoyons l'existence étaient peut-être de simples chapelles. Il est possible que chaque rue un peu marchande ait eu la sienne où le dieu recevait un surnom particulier. C'est ainsi qu'on l'appelait malevolus dans un emplacement où il se trouvait tourner le dos aux boutiques; sobrius dans un autre où il n'y avait pas de tavernes (à moins que ce ne fût parce que là on lui offrait des libations non de vin, mais de lait). La consécration du temple de l'Aventin avait eu lieu aux ides de mai. C'est en raison de ce fait que les marchands célébraient Mercure à cette date. C'est peut-être pour la même raison que l'on s'avisa de le faire fils de Maia, ce qui lui créait une analogie fortuite mais frappante avec l'Hermès grec. Quoi qu'il en soit, on consacra le temple à Maia, et Mercure qui, dit-on, avaient déjà un culte commun en quelque autre point du Latium. Mercure a été dès l'origine un dieu de confrérie : les marchands, les revendeurs, les changeurs formèrent sa clientèle première qui s'accrut non seulement de campagnards et d'artisans, tels que les pêcheurs, mais, comme on le verra, d'hommes appartenant à des catégories sociales très diverses. Des dénominations symbolisant des pouvoirs très étendus lui seront attribuées, mais celles de Lucri conservator, potens, repertor, Negotiator ou Nundinator, dieu du marché, l'ont été avec une persistance toute particulière. (...)

Mercure transalpin

Les provinces paraissent, dès le 1er siècle avant l'ère chrétienne, avoir connu et rapidement adopté cette conception religieuse. Toutefois l'enthousiasme ne fut pas le même partout. Si les traces d'un culte de Mercure sont très nombreuses dans la région du haut Danube et du Rhin, dans la Narbonaise, dans la Gaule centrale, elles le sont moins en Espagne et en Afrique et elles sont fort rares dans la partie orientale de l'Empire qui, au reste, avait gardé la tradition altérée mais ininterrompue d'Hermès. Le Mercure italien a circulé surtout au delà des Alpes. César et Tacite le trouvent l'un chez les Gaulois, l'autre chez les Germains, constatations qui n'en font guère qu'une, si on songe que Tacite a connu surtout les parties de la Germanie voisines du Rhin. « Ce dieu, disent-ils l'un et l'autre, est chez ces peuples le premier en importance.» Nul doute que Mercurius n'y soit la dénomination nouvelle et la transformation d'un dieu barbare des régions gauloise et germaine. Mais la transfusion était chose faite et achevée dès l'époque où César a connu la Gaule, au moins pour la partie qu'il en a connue.

Nous avons un grand nombre de noms de dieux gaulois et de surnoms de Mercure gallo-romains entre lesquels il n'est pas aisé de reconnaître l'ancien Mercure, d'autant que cet ancêtre n'a pas été nécessairement le même dans toutes les civitates. Sans parler de Teutatès, nous pouvons croire que Dumias, Moccus, Arcecius, Alaunus, Cissonius, Tourenus, Atusmerios Arvernus, Visucius, etc. sont des surnoms gallo-romains du dieu. D'autre part, Lucien nous fait connaître un Ogmios, dieu gaulois fort étrange, vieillard disgracieux et trapu, éloquent et savant, et l'étude des textes gaéliques a révélé l'existence d'un dieu Lug dont le culte aurait été fort répandu, rien qu'à en juger par le nombre de noms de lieux qui paraissent formés de cette racine. Or il faut bien que le prédécesseur de Mercure ait été, plus ou moins, un dieu panceltique et un dieu des arts pacifiques. « Les Gaulois ne seraient pas arrivés à la conception ou à l'acceptation d'une divinité générale et à forme de Mercure, si leurs croyances nationales ne les y avaient point prédisposés. » Ces exigences se trouvent toutes satisfaites par diverses observations sur les noms et types divers ci-dessus indiqués. L'érudition celtique a reconnu que Visucius vient d'un mot qui veut dire savant et n'est pas différent d'Ogmios. D'autre part, le batailleur Ogmios, qui devient protecteur de la paix, se laisse identifier avec Lug qui semble bien être le grand dieu Arverne. Lug, « prince aux sciences multiples », a commencé par combattre et vaincre le dieu malfaisant Cernunnos, et lui arracher sa corne. Il lui a pris sa compagne Rosmerta et l'a faite sienne. Puis il est devenu pacifique et, du temple que les Arvernes lui ont bâti sur le Puy de Dôme il a rayonné plus ou moins dans toutes les directions où s'étendaient la race celtique et vers quelques rameaux germaniques. C'est à lui (et sans doute aussi à quelques dieux locaux qui lui ressemblaient) que les gens venus de Rome ont aisément fait accepter le nom de leur Mercure. Une autre théorie, hypothétique comme la précédente, veut que Teutatès lui-même, dieu d'État, dieu de la vie guerrière, soit devenu le dieu apaisé qui se prêtait à l'identification avec le porteur du caducée. Il aurait laissé derrière lui une hypostase, une dépouille divine à laquelle convenait le nom de Mars et qui l'a reçu. L'une ou l'autre hypothèse sont vraisemblables dans leur ensemble. Des populations qui ont passé de l'expansion guerrière et de l'offensive continuelle à l'acceptation des civilisations voisines ont dû avoir toujours un dieu principal façonné à leur image, sauvage d'abord et ensuite humanisé, soit qu'il y ait eu transformation ou subtitution du vainqueur pacifique au farouche vaincu. Le texte de César sur le Mercure celte est remarquable en ce qu'il énonce seulement en troisième lieu la qualification qui convient au dieu mercantile de Rome : ad quaestus pecuniae mercaturasque...,vis maxima. Il a tout d'abord remarqué dans le dieu gaulois « un inventeur de tous les arts et un créateur des voies de communication », c'est-à-dire la conception alexandrine et hellénique. Ce n'est pas le seul indice que la transformation du Lug ou du Teutatès adouci adû se faire premièrement par des influences grecques et égyptiennes plutôt qu'italiennes. S. Reinach a montré comment, par la mer, par la Province et par le commerce, dès longtemps ces influences pénétraient peu à peu. Le type figuré qui provient d'Alexandrie, avec la plume d'ibis ou la feuille de lotus, nous sera offert fort exactement par certaines statuettes dites gallo-romaines.

Une preuve plus frappante encore de la docilité avec laquelle les Gaulois ont fini par accepter sous leur aspect classique les dieux des civilisations hellénisées, est fournie par l'autel de Reims où, de chaque côté d'un dieu barbare, aux formes étranges, accroupi et faisant tomber des graines d'un sac qu'il tient contre lui, on voit deux divinités à la figure régulière et douce : ce sont tout à fait les types gréco-romains d'Apollon à gauche, de Mercure à droite.

 

En conséquence, le nom romain a été universellement imposé au dieu gaulois ; c'est à celui-ci qu'appartenaient plusieurs des épithètes latines qui nous ont semblé étendre les pouvoirs du dieu des marchands. Les inscriptions de ce genre sont sorties du sol par centaines en France et dans la région rhénane. Elles attestent de très nombreux sanctuaires du dieu et de sa parèdre Rosmerta, sans doute confondue avec Maia. A certains d'entre eux appartenaient de véritables trésors d'ex-voto en orfèvrerie artistique, comme celui des soixante-dix objets en argent offerts près de Bernay en Normandie, à Mercurius Canetonensis, dans un petit temple détruit dans le cours du IIIe siècle, comme l'a été le grand sanctuaire du Puy de Dôme par une invasion d'Alamans. Quant aux statuettes du dieu lui-même, celles qui sont en pierre et qui perpétuent le souvenir de la vieille divinité celtique sous sa forme rude et sauvage sont assez peu nombreuses. Mais le nombre considérable, et qui s'accroit toujours, des bronzes atteste la popularité du Mercure gallo-romain. Exceptionnellement; ils représentent en la rajeunissant une figure très antique du dieu, celle par exemple qui lui attribuait trois ou quatre têtes. Même ceux dont le style grossier dénote un artisan indigène, représentent le type romain avec la bourse et plusieurs animaux maladroitement figurés, par exemple une statuette toute réaliste de la région rhénane où le dieu, figuré d'ailleurs à la grecque, a les proportions faussées et une expression idiote, et d'autres où il est nu aussi, mais barbu. C'est un artiste gaulois qui, sans traditions et sans principes, s'est attaqué à l'imitation d'un modèle venu du dehors. Le travail soigné de quelques autres bronzes dénote un artiste formé dans les ateliers gréco-romains. Parmi ceux-ci, notons le Mercure de Saint-Bévérien, qui a la grande plume ou feuille entre les deux ailerons et une sandale au pied gauche seulement (vieille coutume que les Pélasges Étoliens avaient adoptée pour être plus vites à la course). On connaît plusieurs répliques de ce type égyptien. Parmi ces bronzes il en est qui reproduisent visiblement d'aussi près que possible le type de Praxitèle. Dans les figurines grossières comme dans celles de Travail soigné, à côté du type debout qui est de beaucoup le plus fréquent, on trouve le type assis (nu, la bourse à la main, les ailerons sortant des cheveux) qui paraît avoir été celui du Mercure colossal sculpté par Zénodore sous Néron pour le grand temple panceltique du Puy de Dôme.

En somme, Mercure est devenu en Gaule un dieu commercial parce qu'il l'était à Rome, mais sa conception antérieure était celle d'un dieu savant et bienfaisant. Elle a été quelque peu façonnnée par des influences hellénistiques et alexandrines et, même dans le type artistique romain du Ier siècle, ces influences ont laissé certaines traces."

 

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Rédigé par rafael

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Publié le 12 Janvier 2013

Adonis et Venus Bol XVIIe

Adonis et Venus Bol XVIIe

 

" Le dieu phénicien et syrien Thammuz que les Grecs ne paraissent pas avoir connu sous son vrai nom, mais seulement par la formule orientale d'invocation Adonaï, qui signifie «mon seigneur», est entré, non sans avoir subi quelques transformations, dans leur mythologie et dans leur culte. Sa légende et ses fêtes y occupent une place considérable, de même que ses représentations figurées en ont une intéressante parmi leurs oeuvres d'art.

 

Adonis et Venus Rubens

Adonis et Venus Rubens XVIIe

 

Inconnu à Homère, Adonis est déjà nommé par Hésiode, par Alcée de Mitilène, par Sapho, qui compose un chant en son honneur et y emploie un mètre nouveau qui en a pris son nom (versus adonius). Le plus ancien poète grec dont le récit soit parvenu jusqu'à nous est Panyanis, de la première moitié du cinquième siècle avant l'ère chrétienne. D'après la tradition qu'il nous a conservée, Adonis était fils de Myrrha ou Smyrna, princesse d'Assyrie que Vénus, dans sa colère, avait enflammée d'amour pour son propre père Theias. Celui-ci la rendit mère sans la connaître, mais son crime involontaire lui fut enfin révélé. Myrrha s'enfuit et demanda aux dieux de la dérober à la vue de son père. Elle fut changée en l'arbre qui porte son nom. Dix mois après, l'arbre s'ouvrit pour donner le jour à Adonis. Vénus recueillit l'enfant, dont la beauté était merveilleuse, et l'enferma dans un coffre qu'elle confia à Proserpine ; mais la déesse des enfers refusa de le rendre. Jupiter, pris pour juge, décida qu'Adonis appartiendrait chaque année quatre mois à Vénus, quatre mois à Proserpine et quatre mois à lui-même. Adonis donna à Vénus les mois dont il pouvait disposer, en sorte que son existence se trouva partagée inégalement entre les deux déesses. Panyasis rapporte ce partage au début de la vie d'Adonis, tandis que dans la fable telle qu'elle est communément racontée, c'est seulement après qu'Adonis fut descendu dans le séjour des morts, frappé par la dent d'un sanglier, que Proserpine refusa de le laisser retourner parmi les vivants.

 

Adonis la naissance Franceschin XVIIe

Naissance d'Adonis Franceschini XVIIe

 

Les poètes des temps postérieurs ont ajouté à la légende d'autres circonstances, telles que les soins donnés à Adonis enfant par les Nymphes, l'amour de Vénus et ses supplications pour détourner le jeune homme de la chasse dont elle prévoit la funeste issue, l'anémone et la rose naissant des pleurs et du sang d'Adonis, etc. Ils diffèrent quant à sa filiation. Tandis que les uns sont fidèles à la tradition suivie par Panyasis, d'autres donnent pour père à Adonis Cinyras, venu de Cilicie ou de Syrie à Cypre, et de Metharmè, fille d'un roi de cette île. D'après Hésiode, il aurait été fils de Phoenix et d'Alphesiboea. Les poètes varient également quant aux circonstances de sa mort.

 

Adonis mort venus et amour Holsteyn

la mort d'Adonis

 

Si l'on s'en tient à la fable commune, ce serait Mars dont la jalousie aurait suscité le sanglier contre Adonis, ou qui aurait pris lui-même la forme de cet animal pour lui porter le coup mortel. Mais l'introduction de Mars dans la légende paraît être d'une époque relativement récente. D'après d'autres traditions, Diane ou Apollon auraient dirigé le monstre qui lui donna la mort. On disait encore que Vénus avait retrouvé dans le temple d'Apollon, à Argos, le corps inanimé de son amant, et enfin que les Muses avaient fait périr Adonis pour obéir aux ordres de ce dieu. Ces circonstances, où il faut voir peut-être des traces d'une rivalité entre le culte asiatique d'Adonis et le culte hellénique d'Apollon, se détachent du mythe primitif. Le nom de la divinité par qui Adonis est frappé a pu changer lui-même sans que le mythe fût altéré.

 

La dispute des deux déesses, la mort soudaine d'Adonis pleurée par Vénus, son retour sur la terre après les mois passés dans les demeures souterraines, tels sont les points essentiels qui ressortent dans tous les récits. On y reconnaît sans beaucoup de peine, et cette explication a été aperçue dès l'antiquité, une personnification des forces productrices de la nature et une image des vicissitudes des saisons. Elles se retracent dans les alternatives de la destinée d'Adonis : pendant l'hiver, tandis que le soleil parcourt les signes inférieurs du zodiaque, la végétation disparaît et semble morte ; elle renaît au printemps, se développe rapidement sous l'influence d'un climat brûlant ; puis tout à coup elle se flétrit et sèche, quand le soleil est dans sa plus grande force.

 

C'est aussi à ce moment, c'est-à-dire au solstice d'été, que les fêtes en l'honneur d'Adonis (Adônia, Adôneia) se célébraient, au moins à Athènes et probablement dans toute la Grèce, car l'époque de ces fêtes n'était pas la même dans d'autres pays. Cette date est déterminée par les témoignages combinés de Thucydide, qui indique le milieu de l'été comme le temps où la flotte athénienne mit à la voile lors de la fameuse expédition de Sicile, et de Plutarque, qui décrit ce départ attristé par les funestes pronostics que l'on pouvait tirer des lamentations dont toute la ville retentissait à l'occasion des Adonies. En effet, ces fêtes, qui devaient par leurs rites rappeler la mort d'Adonis, avaient un caractère funèbre. Il semble que rien n'y manquait de ce qui se pratiquait dans les funérailles, ni l'onction et la toilette du mort, ni son exposition (prothesis), ni les offrandes ou les repas en commun (kathedra). Des images d'Adonis (adônion), en cire ou en terre cuite, étaient couchées devant l'entrée ou sur les terrasses des maisons ; les femmes entouraient ces simulacres, les promenaient par la ville, en se lamentant et en se frappant la poitrine avec toutes les démonstrations de la plus vive douleur ; elles dansaient et faisaient entendre des chants plaintifs (thrênoi, kopetoi, adônidia), au son de la flûte courte et stridente, appelée giggros ou giggras, qui était celle dont les Phéniciens faisaient usage dans les cérémonies funèbres. Leur danse recevait aussi ce nom, qui désignait en Phénicie Adonis lui-même. Tout cet ensemble de rites, ces chants lugubres, accompagnés de cris et de mouvements violents, étaient ce qu'on appelait adôniasmos. "

 

Adonis - Daremberg et Saglio (1877)

 

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Rédigé par rafael

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Publié le 9 Janvier 2013

Promethée Rubens

Promethée Rubens

 

" Lorsque l'on demandait aux Grecs d'où ils venaient, leur réponse était bien simple : Prométhée, disaient-ils, était fils de la Terre et fut père de Deucalion. Celui-ci régnait sur la Thessalie, quand Zeus, irrité des crimes des hommes, envoya un déluge qui fit périr toute la population. Deucalion échappa seul au fléau, avec sa femme Pyrrha, dans un navire qu'il avait construit d'après les conseils de Prométhée. Au bout de neuf jours, l'arche s'arrêta sur la cime du Parnasse. Lorsque les eaux se furent retirées, Deucalion et Pyrrha consultèrent l'oracle de Thémis, qui leur commanda de jeter derrière eux les os de leur grand-mère en se voilant le visage. Deucalion comprit le sens de l'oracle : ils ramassèrent les pierres de la terre et les lancèrent par-dessus leurs épaules. Celles de Pyrrha se changèrent en femmes, celles de Deucalion devinrent des hommes, et la Grèce put se repeupler. Ce Deucalion fut l'auteur de la race hellénique, car il eut pour fils Hellên, lequel engendra Doros, qui eut la Grèce centrale ; Éolos, à qui échut la Thessalie ; et Xouthos, le père d'Ion et d'Achéos, qui posséda le Péloponnèse. La vanité grecque ne se contenta pas de cette descendance. Sans respect pour Deucalion et les moeurs de sa maison, elle fit naître Hellên de Pyrrha et de Zeus ; Pandore, autre femme de Deucalion, eut pareille aventure et fut mère de Graïcos. Une fille de Deucalion reçut le même honneur : des oeuvres de Zeus, elle enfanta l'ancêtre des Macédoniens. Les Grecs tenaient à avoir pour auteur de leur race, même des races voisines qui n'étaient qu'à demi hellénisées, celui qu'ils nommaient à bon droit le père des hommes et des dieux.

 

Promethee attache Jordaens

Prométhée attaché Jordaens

 

Sur cette renaissance de l'humanité courait une autre légende, celle de Prométhée formant l'homme. On savait même de quel limon il s'était servi, et, en Phocide, l'on en montra les restes à Pausanias: c'était la vase que les eaux du déluge de Deucalion avait laissée en se retirant. Les tribus nouvelles dont la Grèce pélasgique devenait le domaine étaient animées d'un esprit plus libre, plus héroïque, accordant moins aux dieux, davantage à l'homme. Le prêtre allait céder la place au guerrier. C'est donc avec justice que les Hellènes mettaient à la tête de leur race, comme père de Deucalion, le Titan qui avait ravi le feu du ciel pour le donner aux hommes et faire, par l'invention des arts, d'une race dégradée la rivale des dieux.

Aussi Zeus foudroie Prométhée, il l'enchaîne au sommet du Caucase, et un aigle lui déchire le foie incessamment ; mais le Titan vaincu espère encore et prédit la victoire. « Zeus tombera, dit-il, du vieux trône des cieux, précipité par un géant indomptable qui trouvera un feu plus puissant que la foudre, des éclats plus retentissants que le tonnerre, et qui brisera dans la main de Poséidon le trident dont il soulève l'Océan et fait bondir la terre. »

 

Promethée gustave moreau

Prométhée Gustave Moreau

 

Mais si le mythe est d'accord avec le génie national, il l'est peu avec les faits.

Malgré cette généalogie si bien dressée, qui partage la race hellénique en quatre branches et qui la montre submergeant en une seule génération la Grèce entière, nous ne voyons dans la société grecque de l'âge historique que deux groupes bien distincts de population hellénique, les Ioniens et les Doriens, lesquels diffèrent, comme on le verra, par les institutions politiques et sociales, le dialecte et l'art, architecture, musique, poésie, même par leurs doctrines philosophiques. Mais ces peuples laissent, pour les temps anciens, la première place aux tribus éolo-achéennes. Si les Ioniens sont alors un des éléments considérables de la population hellénique, ils n'ont pas un rôle distinct ni une renommée particulière. Les Doriens aussi restent dans l'ombre : les deux autres tribus apparaissent seules au milieu des lueurs trompeuses de l'époque légendaire. "

 

Histoire de la Grèce Antique de Victor Duruy

 

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Rédigé par rafael

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Publié le 3 Janvier 2013

Enee fuyant Troie Barocci 1598

Enée fuyant Troie Barocci 1598

 

" Héros troyen, fils d'Anchise, roi des Dardaniens, et d'Aphrodite. Il faut distinguer à son sujet trois ordres de traditions.

 

Traditions homériques

 

Elles comprennent ce qui est dit d'Enée dans l'Iliade et dans l'Hymne à Vénus. Homère fait naître Enée sur le mont Ida, où l'hymne homérique nous dépeint les amours du roi pasteur Anchise avec la déesse Aphrodite. D'après la tradition suivie dans l'Iliade, Enée fut élevé dans la maison d'Alcathoüs, mari de sa soeur Hippodamie. D'après l'hymne à Aphrodite, les nymphes de l'Ida furent chargées de son éducation jusqu'à ce qu'il eût atteint l'âge de puberté. Pasteur sur l'Ida comme son père, Enée fut un jour attaqué par Achille et dut fuir devant lui, tandis que le héros grec emmenait ses boeufs et les chassait jusqu'à Lyrnesse. Quoique parent des princes troyens, il n'avait pris d'abord aucune part à la guerre. Il vint cependant à Troie et y combattit à la tête d'une troupe de Dardaniens. Il y fut en butte à la jalousie de Priam, qui ne lui rendit aucun honneur ; mais le peuple l'honora comme un dieu. Enée est l'Achille des Troyens. Comme Achille, il est né d'un mortel et d'une déesse ; comme lui, il est rapide à la course, comme lui, il a des coursiers de race divine pour le conduire au combat. Enée est un objet de jalousie pour Priam comme Achille pour Agamemnon. Enée combattit contre Diomède, qui le blessa d'un coup de pierre ; il fut secouru dans son danger par sa mère Aphrodite, qui le couvrit de son manteau et l'emporta de la mêlée. Plus tard, il se mesura avec Achille lui-même en combat singulier. Cette fois encore il fut sauvé par une intervention divine : ce fut Poseidon qui vint à son secours et qui lui conserva la vie, parce que la postérité d'Enée devait, par l'ordre du Destin, remplacer sur le trône la race condamnée de Priam. Homère fait d'Enée un favori des dieux, un héros prédestiné ; mais il ne fait aucune allusion à son émigration ; au contraire, il regarde ses descendants comme appelés à régner sur la Troade.

 

Enee venus montrant ses armes poussin 1639

Enée Venus lui montrant ses armes Poussin 1639

 

Traditions post-homériques

 

Apollodore donne à Enée un frère du nom de Lyrus, né comme lui des amours d'Anchise avec la déesse de la beauté. Sa femme est appelée Eurydice par Leschès et par le poète Cyprien. D'autres la nomment Créuse et la croient fille de Priam et d'Hécube. Dans la tradition grecque, Créuse fut faite captive par les Grecs, puis délivrée par la mère des dieux et par Aphrodite. Suivant les Cypriaques, Enée, sur l'ordre d'Aphrodite, avait accompagné en Laconie Paris, qui s'y rendait pour enlever Hélène. Sa valeur à la guerre est attestée par Hygin, qui lui attribue d'avoir tué de sa main vingt-huit ennemis ; Hector seul, parmi les Troyens, en avait tué davantage. On diffère sur ce qu'il fit lors de la catastrophe qui mit fin au royaume de Priam. Si l'on en croit Arctinus, dans son poème de la Destruction de Troie, Enée, épouvanté de la mort tragique de Laocoon et de ses fils, se serait réfugié sur l'Ida avec ses compagnons. D'après une version, unique d'ailleurs, il aurait livré Ilion aux Grecs, de concert avec Anténor. Selon d'autres auteurs, loin de trahir ou d'abandonner la ville, il se retrancha dans la citadelle, s'y défendit vaillamment et obtint pour lui et les siens une capitulation honorable. D'après Leschès, dans la Petite Iliade, Enée, fait prisonnier par les Grecs, fut donné à Néoptolème, fils d'Achille, et emmené par lui sur la flotte grecque, où il devint le compagnon d'esclavage d'Andromaque, la veuve d'Hector. Ceux qui veulent qu'il se soit défendu et qu'il ait obtenu, par une capitulation, la liberté pour lui et les siens, ajoutent un trait qui a valu à Enée son grand renom de piété. Ils disent que les Grecs lui permirent, de même qu'à ses compagnons, d'emporter ce qu'ils voudraient de leurs biens : les autres se chargèrent d'or et d'effets précieux ; pour Enée, il prit son père vieux et infirme, qu'il chargea sur ses épaules, et avec son père ses dieux, à la grande admiration des Grecs. Tandis que d'après une tradition fort ancienne, Enée aurait fondé dans le même pays un nouveau royaume avec les débris du peuple troyen, de nombreuses légendes, qu'il n'est pas possible de toutes rapporter ici, le font errer avec ses compagnons dans différentes contrées : en Macédoine, où une ville d'Aineia le reconnaissait pour son fondateur et célébrait chaque année un sacrifice en son honneur ; en Laconie, où il fonde également deux villes, pendant qu'Anchise va mourir en Arcadie, où, du temps de Pausanias, on montrait encore son tombeau au pied du mont Anchisius. L'une de ces villes fondées par Enée s'appelait Aphrodisias, du nom de sa mère ; l'autre Etis, du nom d'une fille que mentionne Pausanias et dont il ne dit rien de plus. Près du mont Anchisius était un temple d'Aphrodite. Son séjour en beaucoup d'autres lieux, sur la côte orientale de l'Adriatique, en Sicile, et ailleurs, était attesté pour les anciens par des légendes et des usages locaux, particulièrement par des temples et des cérémonies en l'honneur de sa mère Aphrodite, par les temples qui lui étaient consacrés à lui-même, par son tombeau qu'on montrait en maint endroit.

 

Stésichore (643-560 av. J.-C.) passe pour le plus ancien auteur grec qui ait fait voyager Enée vers l'Hespérie (Italie). Après lui, Aristote et Callias parlèrent de l'origine troyenne du Latium ; mais ce fut Timée, historien contemporain de Pyrrhus, qui raconta le premier la légende d'Enée telle que nous l'a transmise la tradition latine. La puissance des Romains fit prévaloir la tradition à laquelle ils rattachaient leur origine ; Pausanias ne doutait pas que le PALLADIUM, cette statue fatale dont dépendait la fortune d'Ilion, n'eût été porté en Italie.

 

Enée et anchise lionelo spada 1615

Enée et Anchise Lionello Spada 1615

 

Traditions virgiliennes

 

Parmi les auteurs latins, Naevius, Ennius, Caton dans ses Origines, Fabius Pictor, Cicéron dans ses Verrines, ont adopté cette légende d'Enée en Italie. La gens Julia reconnaissait Enée pour son auteur. Le sénat romain avait lui-même consacré cette tradition, l'an 282 avant J.-C., en reconnaissant des frères dans les habitants d'Ilion. Virgile, à son tour, s'en empare pour en faire l'épopée nationale des Romains. Il traduit, en la modifiant, la prophétie homérique sur la grandeur future des Enéades. Il n'a garde de négliger, dans les traditions postérieures, la piété d'Enée, mais il en fait, au contraire, le trait dominant de son héros (pius Aeneas). Dans l'Enéide, après avoir défendu contre les Grecs jusqu'à la fin Troie embrasée, Priam étant mort, le pieux Enée charge Anchise sur ses épaules, lui confie ses Pénates, et quitte la ville avec sa femme Créuse et Ascagne son fils. On sait comment il perdit sa femme en chemin : dans un poème d'Ovide, Didon le lui reproche comme un abandon volontaire. Parti d'Antandros avec vingt vaisseaux, Enée bâtit d'abord une ville en Thrace et lui donne son nom ; il va ensuite à Délos consulter Apollon. L'obscurité de l'oracle lui fait croire que le dieu l'envoie s'établir en Crète : il s'y rend et tente d'y fonder une ville, mais il est arrêté dans son entreprise par une épidémie. Un nouvel oracle, qui lui vient cette fois de ses Pénates, lui indique clairement l'Hespérie comme le but de son voyage. Après une navigation longue et périlleuse, Enée aborde en Sicile au pied de l'Etna. Anchise meurt à Drépane. Comme il cherche à gagner l'Italie, Enée est jeté par une tempête sur la côte d'Afrique. Ici se place le fameux épisode de Didon. Le héros, après s'être oublié quelque temps, quitte furtivement Carthage et reprend, non sponte, sa route vers l'Italie. Il aborde encore une fois en Sicile et va célébrer des jeux funèbres sur le tombeau de son père, dans un pays habité par une colonie troyenne, littora fida fraterna. Ce tombeau d'Anchise est placé par le poète latin au pied du mont Eryx, fameux, comme on l'a vu plus haut, par son sanctuaire d'Aphrodite, dont Pausanias indique la place au pied du mont Anchisius, non loin d'un temple de la même divinité.

 

Enee et Didon francois de troy 1704

Enée et Didon François de Troy 1704

 

Suivant Virgile, ce fut Enée lui-même qui bâtit sur le mont Eryx ce temple à sa mère. L'incendie des vaisseaux par les femmes troyennes, lasses d'une trop longue navigation, peut montrer comment le poète latin savait s'approprier, en les transformant, les traditions différentes de celle qu'il avait adoptée. En effet, cet incendie est emprunté à une tradition sur la fondation de Rome qu'on peut lire dans Plutarque (Romul, 1). Averti par Anchise, qui lui est apparu en songe, Enée laisse en Sicile les femmes et ses compagnons les moins hardis et se dirige vers l'Italie avec une élite virile. Il aborde à Cumes, visite l'antre de la sibylle, et, conduit par elle, va chercher aux enfers de nouveaux oracles. Enfin, après sept ans de navigation et d'aventures, il aborde aux rivages du Tibre, où Latinus l'accueille et lui donne en mariage sa fille Lavinia. Turnus, roi des Rutules, amant déçu de Lavinia, fait à son rival une guerre acharnée, qui se termine par un combat singulier entre le chef étrusque et le héros troyen. Ainsi finit l'Enéide. - La tradition suivie par Ovide est la même, à quelques détails près, que celle de Virgile. Le poète des Métamorphoses complète le récit de 1'Enéide par la disparition mystérieuse d'Enée, noyé dans le Numicius pendant la bataille, et par l'apothéose du héros dont la vertu avait fini par désarmer Junon, son implacable persécutrice. Un temple lui est élevé sur le Numicius, et il est honoré sous le nom de Jupiter indiges.

 

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Didon recevant Enee et Cupidon Solimena Francesco

 

Il est intéressant d'étudier avec Klausen, Schwegler, Preller et les autres savants qui ont approfondi ces origines la formation de la légende romaine d'Enée. Cette légende contenait un élément religieux qui contribua beaucoup à sa propagation. Il s'agit du culte d'Aphrodite Aineias (c'est-à-dire favorable) répandu sur tous les rivages grecs de la Méditerranée, et précisément sur la route qu'Enée était censé avoir suivie pour venir de Troie dans le Latium. Cette Aphrodite troyenne et asiatique, dont le nom même indique l'étroite parenté avec Enée, était une déesse marine de la navigation ; il n'est pas étonnant de la voir honorée dans les ports de mer où divers auteurs nous signalent son culte. On trouve ses sanctuaires, d'abord sur le golfe salonique, puis sur toute la côte qui va de Zante à Corfou ; et c'est toujours Enée à qui l'on en attribue la fondation. C'est lui encore, ou du moins c'est une colonie troyenne, qui avait élevé le temple d'Aphrodite Erycine, dans une troisième région où Virgile ne manque pas de le conduire. Les traditions du culte latin de Vénus se rattachaient d'une manière étroite à Ségeste et au mont Eryx, et, d'autre part, l'Aphrodite Erycine était en relation avec une Aphrodite carthaginoise. Telles sont les véritables sources de la légende d'Enée. Rome avait cherché d'abord son fondateur entre divers héros, ancêtres supposés des colonies grecques établies sur les rivages de l'Italie n. Mais la fable énéenne remporta bientôt sur les autres traditions, vague et flottante d'abord, puis de plus en plus précise et arrêtée. Pour Naevius et Ennius, Enée était le père d'Ilia, mère de Romulus. Preller pense que cette légende antihellénique et antipunique a dû commencer à s'accréditer dans Rome pendant la guerre de Pyrrhus et la lutte avec Carthage. Adoptée, comme nous l'avons dit, par les écrivains romains qui la fixèrent peu à peu, Virgile la prit de leurs mains pour la marquer du sceau de son génie, en faire le centre de toutes les traditions sur les origines de Rome, le résumé vivant, savant et poétique de son histoire primitive.

 

Le caractère sacré dont Virgile a revêtu son héros a été mis en relief par M. Fustel de Coulanges. Ce n'est pas un simple héros ; c'est un pontife, c'est le penatiger, le fondateur saint d'un culte et d'un empire. Les Romains le comprirent ainsi : ils lui attribuaient l'usage observé parmi eux de sacrifier aux dieux la tête couverte. Il fut même dieu. Une identification se fit entre le héros troyen qui avait porté dans le Latium les dieux d'Ilion et le dieu principal de la confédération latine, le Pater indiges dont le culte était en relation intime avec celui des Pénates. Le centre de ce culte était à Lavinium et aux bords du Numicius ; de là sa confusion avec le culte d'Enée disparu mystérieusement sur les mêmes rives. "

 

Aeneas - Daremberg et Saglio (1877)

 

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