mesopotamie et perse antiquite

Publié le 1 Octobre 2014

Persepolis lion Londres British Museum (2)

Persepolis

 

" La Perse seule, maîtresse des foyers de la civilisation orientale pouvait, en ramassant dans un élan dernier les énergies faiblissantes des peuples qu’elle avait vaincus, tenter un résumé de l’âme antique au cours des deux cents ans qui séparèrent son apparition dans le monde de la conquête macédonienne. L’Égypte, l’Assyrie, la Grèce, elle assimila tout. Deux siècles, elle représenta l’esprit oriental déclinant en face de l’esprit occidental qui sortait de l’ombre. Elle eut -.même la destinée exceptionnelle de ne pas disparaître tout à fait de l’histoire et de manifester vis-à-vis d’une Europe changeante, tantôt très civilisée et tantôt très barbare, un génie assez souple pour accueillir tour à tour les idées du monde hellénique, du monde latin, du monde arabe, du monde indou, du monde tartare, assez indépendant pour s’émanciper de leur domination matérielle.

 

Achemenide-archers-palais-de-Darius-Suse--Berlin-.jpg

 

 

Si l’on remonte à ses plus anciens témoignages, alors qu’elle tentait de dégager un esprit plus libre et moins tendu de la force assyrienne, on s’aperçoit vite que les archers qui défilent ne sont pas aussi cruels, que les bêtes égorgées ne sont pas aussi redoutables, que les monstres qui gardent les portes ou soutiennent les architraves ont un abord moins brutal.

 

Suse-palais-de-darius-Ier-chapiteaux--5-.jpgSuse-palais-de-darius-Ier-chapiteaux--4-.jpg

 

 

L’esprit hiératique de l’Égypte conquise et surtout l’harmonieuse intelligence des Ionιens des côtes et des îles appelés par Darius, donne à ces fêtes de mort un caractère de décoration et de parade qui masque leur férocité. Le génie alors mûrissant de la Grèce ne pouvait pas permettre qu’une forme d’art originale subsistât à côté de lui. Et comme il ne lui était pas possible d’empêcher la Perse de parler, il dénatura ses paroles en les traduisant. Il n’est même pas nécessaire de voir les monstres assyriens avant les figures de Suse pour trouver celles-ci peu vivantes, de silhouette héraldique, de style assez boursouflé. Les rois sassanides, leurs prisonniers, les grandes scènes militaires taillées dans le rocher en plusieurs points du massif montagneux qui borde les plaines iraniennes et domine la région des fleuves, ont une allure autrement forte, autrement grandiose et redoutable malgré lés emprunts visibles que la Perse continue à faire aux peuples qu’elle combat, les Romains après les Grecs et l’Assyrie. L’Asie seule et l’Égypte ont eu l’inébranlable et monstrueuse foi qu’il faut , pour imposer la forme de nos sentiments et de nos actes à ces terribles murs naturels contre qui le soleil foudroie les hommes, ou mettre trois ou quatre siècles à pénétrer les entrailles du globe pour y déposer dans l’ombre la semence de notre esprit.

 

 

 

A voir, au milieu des montagnes sculptées, les ruines de ces grands palais à terrasses où conduisent des escaliers géants et que les architectes ninivites étaient certainement venus bâtir, on s’étonne que le génie grec qui construisait aux mêmes siècles ses petits temples purs, ait pu s’assouplir au point de marier sans effort sa grâce à ce brutal étalage de faste et de sensualité devant qui le génie égyptien inclinait en même temps sa sérénité spirituelle et le génie assyrien sa violence. C’est pourtant la Grèce ionienne qui a donné l’élégance et l’élan aux longues colonnes des portiques, comme elle a drapé les archers et stylisé les lions. C’est l’Égypte qui a chargé leurs bases et leurs cols de puissantes ceintures végétales, lotus, feuilles grasses poussées dans l’eau tiède des fleuves. C’est l’Assyrie qui les a couronnées de larges taureaux accolés par le milieu du corps pour supporter les poutres où va s’asseoir l’entablement. Et les palais de Ninive semblent y avoir entassé leurs meubles ciselés, incrustés d’or, d’argent, de cuivre, leurs étoffes lourdes de pierres et ces épais tapis profonds, changeants, nuancés comme les moissons de la terre, opulents et confus comme l’âme orientale, que la Perse n’a pas cessé de fabriquer. Mais la décoration des demeures royales de Persépolis et de Suse est moins touffue, moins barbare et témoigne d’une industrie plus raffinée et d’un esprit qui s’humanise. La brique émaillée, dont les Assyriens, après les Chaldéens, protégeaient leurs murs contre l’humidité, est prodiguée du haut en bas de l’édifice, à l’extérieur, sous les portiques et dans les appartements. Le palais des Achéménides n’est plus l’impénétrable forteresse des Sars du Nord. Encore imposant par sa masse, par sa lourdeur rectangulaire, il est allégé par ses colonnes qui ont la fraîcheur des tiges gonflées d’eau, il est fleuri de vert, de bleu, de jaune, de rouge, brillant comme un lac au soleil, miroitant à la lueur des lampes. L’émail est la gloire de l’Orient. C’est encore lui qui réfléchit les jours ardents, les nuits de perle fauve sur les coupoles et les minarets des villes mystérieuses enfouies sous les cyprès noirs et les roses."

 

 

Élie Faure: Histoire de l'art - L'art antique, 1921

 Photos: Lankaart (c)

 

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Publié le 29 Septembre 2014

 

Ninive nineveh chasse au lion palais d'assurbanipal (4)

Ninive

 

" L’art assyrien est d’une simplicité terrible. Bien qu’une silhouette presque plate, à peine ombrée d’ondulations, accuse seule la forme, cette forme éclate de vie, de mouvement, de force, de sauvage caractère. On dirait que le sculpteur parcourt avec la pointe d’un couteau le trajet des nerfs qui portent l’effort meurtrier dans les reins, les membres, les mâchoires.

 

 

Ninive nineveh chasse au lion palais d'assurbanipal (5)

Ninive

 

Les os, les muscles tendent la peau à la crever. Des mains étreignent des pattes, se crispent sur des cous, bandent des cordes d’arc, des dents déchirent, des griffes labourent, le sang gicle, poisseux et noir. Seul, le visage humain ne bouge pas. Jamais on ne voit sa surface s’éclairer de la sourde illumination des figures égyptiennes. Il est tout à fait extérieur, toujours pareil, dur, fermé, très monotone, mais très caractérisé par ses yeux immenses, son nez busqué, sa bouche épaisse, son ensemble mort et cruel. Il convient que le roi dont la tête reste tiarée, les cheveux et la barbe huilés, parfumés, frisés, égorge ou étrangle avec calme le monstre ivre de fureur. Il convient que les détails de son costume, comme ceux de sa coiffure, soient décrits minutieusement. Le pauvre artiste a de pitoyables soucis. Il flatte son maître, orne ses habits, soigne ses armes et son harnais de guerre, il lustre sa chevelure, il le montre impassible et fort au combat, plus grand que ceux qui l’accompagnent, dominant sans effort la bête furieuse qu’il tue. Le caractère terrible des poitrines, des jambes, des bras en action, des fauves rués à l’attaque, muscles tendus, os craquants, mâchoires broyantes, en est trop souvent masqué.

 

 

Ninive nineveh chasse au lion detail

Ninive

 

Qu’importe. Il faut faire la part des servitudes dont un homme de ce temps ne pouvait se libérer. L’artiste ninvite comprenait, c’est la seule liberté réellement accessible. Il était infiniment plus fort que ceux dont il avait la faiblesse d’adorer l’horrible pouvoir. Les Sars trop élégants, trop courageux, les ornements royaux, les caparaçons ennuient, c’est la revanche du sculpteur. Ce qu’il aimait étreint et bouleverse. Il faut lui demander comment il voyait- les bêtes, chevaux secs à jambes maigres, à têtes nerveuses, hagardes, à naseaux battants, chiens grommelant qui tirent sur leur chaîne, lions hérissés, grands oiseaux traversés de flèches qui tombent entre les arbres. Là, il est incomparable, supérieur à tous avant et après lui, Égyptiens, Égéens, Grecs, Indous, Chinois. Japonais, imagiers gothiques, renaissants de France ou d’Italie. Il a surpris, sous les palmiers aux fruits rugueux, la bête au repos, le mufle appuyé sur ses pattes, digérant le sang qu’elle a bu. Il a vu la bête au combat, déchirant des chairs, ouvrant des ventres, enragée de faim et de colère. Les forces de l’instinct circulent avec une violence aveugle dans ces gros muscles contractés, ces chutes pesantes sur des proies, ces corps dressés debout, membres écartés, griffes ouvertes, ces mufles froncés, ces détentes irrésistibles, ces agonies aussi farouches que des élans ou des victoires. Jamais l’intransigeance descriptive n’ira plus loin. Ce lion vomit du sang parce qu’il a le poumon traversé d’une pique. Cette lionne en fureur, dents et griffes dehors, traîne vers le chasseur son corps paralysé parce que des flèches ont rompu sa moelle épinière. Morts, ils sont encore terribles, couchés sur le dos, avec leurs grosses pattes qui retombent. C’est le poème de la force, du meurtre et de la faim.

 

Nimrud bas-relief (11)Nimrud

 

Même quand il renonce pour un jour à ses sujets de bataille ou de chasse, à ses orgies d’assassinat dans le concert horrible des clameurs de mort et des rugissements, le sculpteur assyrien continue ce poème.

 

Nimrod-Palais-Bas-relief-Berlin-Mus-e-de-Pergam---4-.jpg

Nimrud

 

Presque aussi bien que les sphinx des allées sacrées de l’Égypte, les monstres violents qui gardent les portes donnent cette impression d’unité animale qui fait rentrer dans l’ordre naturel les créations les plus étranges de notre imagination. Mais le statuaire de Ninive ne se contente pas de fixer une tête d’aigle à des épaules d’homme, une tête d’homme à une encolure de taureau. Le taureau, le lion, l’aigle, l’homme se mêlent, corps ou griffes de lion, pattes ou poitrail de taureau, ailes ou serres d’aigle, dure tête d’homme chevelue, barbue, avec la haute tiare. Homme, lion, aigle, taureau, toujours un être viable, d’harmonie brutale et tendue, qui remplit sa fonction symbolique et synthétise violemment les formes naturelles qui représentent à nos yeux la puissance animale armée. En général, comme en Égypte, la tête du monstre est humaine hommage obscur et magnifique rendu par l’homme de violence à la loi de l’homme essentiel qu’il porte en lui, et qui est de vaincre la force aveugle par la force de l’esprit."

 

Palais-de-Sargon-II-taureaux-ail-s--2-.jpgPalais de Sargon

 

 

Élie Faure: Histoire de l'art - L'art antique, 1921

 

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Publié le 28 Août 2014

perse rython en or

Metropolitan Museum, New-York. Ve siècle av. JC

 

Les rythons avec la tête d'un animal ont une longue histoire dans le Proche-Orient aussi bien qu'en Grèce et en Italie. Les premiers exemples iraniens sont droits, avec le corps de l'objet et la tête de l'animal dans le même plan. Plus tard, pendant la période Achemenide, la tête de l'animal était souvent placés à angle droit par rapport au corps du rython, comme dans ce très bel exemple en or. Dans la fabrication de ce rython en or, plusieurs parties ont été jointes, ce qui démontre l'habileté des orfèvres de l'époque. Cet objet est typique du style Achemenide, la férocité du lion grondant a été tempérée selon les conventions décoratives de l'époque. La plume sur le corps suggère que l'animal est une conotation fantastique.

 

Phots: Metropolitan Museum

Source: RR MM

 



British Museum A Ninive, à l'est du temple d'Ishtar, également sur le rebord du tell, un complexe palatial réaménagé lui aussi sous Sennacherib a été identifié : on parle d'un « Palais oriental ». En réalité, il s'agit probablement de l'extension nord du Palais sud-ouest. Cet édifice semble […]

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Publié le 25 Août 2014

Rython à tete de bélier

Metropolitan Museum, New-York. Ve siècle av. JC

 

Un rhyton, rython ou rhython (du grec rhein, couler) est un vase en terre cuite ou en métal mesurant environ 25 centimètres de hauteur qui se présente sous la forme d'une corne, à une anse, comportant une ouverture de fond par laquelle le liquide s'écoule et dont l'extrémité se termine par une tête animale ou humaine. Il a été essentiellement fabriqué par les Thraces et les Romains au cours des Ve et VIe siècle av. J.-C. Il était utilisé pour boire mais aussi pour certaines cérémonies et rituels religieux comme lors des libations. Au IIIe siècle av. J.-C., Chaméléon d'Héraclée et Théophraste, dans leur Traité de l’Ivresse, écrivent que le vase nommé rhyton ne se donne qu'aux héros.

 

Ce rython en argent à tête de bélier est une très belle pièce datant du Ve siècle av. JC et réalisée dans l'empire Perse alors à son apogé.

 

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Publié le 27 Décembre 2013

Persepolis lion Londres British Museum (2)

 

Darius Ier décide de construire une nouvelle capitale pour l'Empire Perse. La construction de Persépolis et l'aménagement des bâtiments impériaux à Suse s'inscrivent danun vastte programe d'aénagment des résidences royales, afin de montrer à tous que "l'avènement du nouveau roi marque le renouveau de l'empire". L'ensemble monumenta de Persépolis est l apièce maîtresse de ce vaste programme de construction. La réalisation du Palais est supervisé par Darius en personne. Le palais sera coplété et agrandt par ses sccesseurs: Xerxès et Artaxerxès.

 

Persépolis comprend un vaste complexe palatin érigé sur une terrasse monumentale qui supporte de multiples bâtiments hypostyles. Ces palais ont des fonctions protocolaires, rituelles, emblématiques, ou administratives précises : audience, appartements royaux, administration du trésor, accueil.

Persepolis lion Londres British Museum (3)

De nombreux bas-reliefs sculptés sur les escaliers et portes des palais représentent la diversité des peuples composant l’empire, mais aussi des scènes de chasse. D’autres consacrent l’image d’un pouvoir royal protecteur, souverain, légitime, et absolu, ou désignent
Xerxès Ier comme successeur légitime de Darius le Grand.

Persepolis lion Londres British Museum

 

Photos: Lankaart (c)

 

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Publié le 1 Octobre 2013

Nimrud bas-relief (10)
British Museum Londres
 

Le site Kalkhu en Irak est habité depuis la préhistoire. Les plus vieux objets retrouvés sur le site datent de la période de Halaf (fin VIe-début Ve millénaire). La ville même fut cependant fondée plus tard. Elle est mentionnée dans la documentation de la période paléo-babylonienne sous le nom de Kalwakhum. Elle est alors située dans une zone essentiellement peuplée de Hourrites. Elle intègre sans doute le royaume assyrien durant les conquêtes effectuées dans sa région à partir du règne d'Assur-uballit Ier (1366-1330 av. JC), mais elle n'est mentionnée pour la première fois par un roi assyrien sous le règne de Salmanazar Ier (1275-1245av. JC).

Au IXe siècle, cette ville n'est plus qu'un centre administratif sans importance, qui est devenu une "colline de gravats", mais sa situation en faisait le site propice à l'établissement de la capitale que Assurnasirpal II  (883-859) désirait construire, quittant ainsi la vieille cité d'Assur. Ses motivations restent obscures. Le fait que Assur soit à la merci d'une attaque venant de l'ouest (elle était située sur la rive ouest du Tigre), où résidaient les dangereux Araméens, alors que Kalkhu était plus protégée (sur la rive est, avec le Grand Zab à proximité), a sans doute pesé dans cette décision.
 

Nimrud bas-relief (11)

Dans un texte rédigé sur l'ordre d'Assurnasirpal, surnommé Standard Inscription, le roi décrit les étapes de la restauration de la ville. Il fait déblayer le site, construire une terrasse pour son palais, puis entame la construction du reste du bâtiment sur ses solides fondations. Il rénova le reste de la ville, fit construire des temples à plusieurs dieux dont "Enlil et Ninurta", et une ziggurat dédiée à ce dernier. La ville fut protégée par des puissantes fortifications. Puis on irrigua les alentours en creusant un canal dérivé du Zab Supérieur, et on put ainsi faire pousser des vergers et des champs dans la périphérie de Kalkhu.


Mais Kalkhu avait beau être une grande et belle ville, elle n'avait pas suffisamment d'habitants, car la région n'était pas assez peuplée. La ville fut donc peuplée, dans la grande tradition assyrienne, par des populations déportées venant de tout l'empire, comme le dit le roi lui-même : "J'ai amené les gens de tous les pays que je gouverne, (et) de ceux que j'ai conquis, (c'est-à-dire) du pays de Suru, du pays de Zamua, du Bīt-Zamani et de (Kir)rure, de la ville de Sirqu qui est au-delà de l'Euphrate, ...". Ainsi, il créat une ville cosmopolite.
 

Nimrud bas-relief (9)

Les souverains suivants vont continuer à embellir la cité. Salmanazar III (859-824) va bâtir le "palais sud-est" dans la citadelle. Hors de la citadelle, il édifia l'ekal mašarti ("Fort Salmanazar"), l'arsenal des armées assyriennes.
Adad-Nirari III (811-783) construisit un autre palais dans la citadelle, à côté de celui d'Assurnasirpal II. Celui-ci fut ensuite incorporé dans le "palais central", bâti sous le règne de Teglath-Phalasar III (745-727). Sargon II (722-704) restaura un vieux palais, le "palais brûlé", avant d'abandonner Kalkhu pour fonder une nouvelle capitale à Dur-Sharrukin. Lorsque Sennacherib (704-681) installa ensuite sa capitale à Ninive, Kalkhu ne fut pas pour autant délaissée. Assarhaddon (681-669) bâti un dernier palais dans la citadelle, le "palais sud-ouest".

Nimrud bas-relief (8)

 

Kalkhu sombra avec l'Assyrie lors de l'invasion du pays par les Babyloniens et les Mèdes. Elle fut assiégée, prise et pillée par ces derniers en 614. Elle sera détruite peu après. Le site restera cependant encore habité pendant quelques siècles, avant d'être abandonnée à l'époque séleucide.

Les principaux monuments de Kalkhu étaient concentrés sur son acropole, aujourd'hui la colline de Nimrud, d'une surface d'environ 20 hectares, située à l'angle sud-est de la ville, surplombant le Tigre.
 

Nimrud bas-relief (3)

La cité de Kalkhu comprenait de nombreux palais royaux. Le premier et le plus important est le "Palais nord-ouest" des archéologues, le "Palais sans égal" des Assyriens. Il a été bâti sous le règne d'Assurnasirpal II. Ses dimensions étaient d'environ 200 mètres sur 130 mètres. Il s'organise autour d'une salle du trône rectangulaire, mesurant 45 mètres de longueur sur 15 de largeur, qui sépare les deux parties du palais. D'un côté, deux portes donnent sur le babānu, la zone publique, dans la partie ouest du palais, autour de laquelle se trouvent plusieurs magasins, et le secteur administratif. De l'autre côté, vers la partie est du palais, on accède au bitānu, la zone privée, par la salle du trône. Autour de la cour principale de cette zone, mesurant 32 mètres sur 27, on trouve une pièce où le roi et ses invités privés se divertissaient, au sud, et les appartements royaux, à l'est. Au nord-est se trouvait le harem.


Ce palais a livré de nombreuses sculptures, ainsi que de longues frises d'orthostates, tant d'œuvres d'art qui font de nos jours le bonheur des visiteurs du British Museum et du Metropolitan Museum de New York.
 

Nimrud bas-relief (4)

La citadelle de Kalkhu comprenait aussi des temples assez importants. Le plus important était le temple de Ninurta, situé au nord-ouest de la citadelle. Il était accompagné d'une ziggurat, construite par Assurnasirpal II et dont les restes s'élèvent encore aujourd'hui à une quarantaine de mètres. Cette divinité était très importante pour de nombreux souverains assyriens, ce qui explique la ferveur de son culte dans ce pays. Le deuxième temple était celui de Nabû (nommé l'Ezida, le "temple pur", comme celui de Borsippa), autre divinité importante en Assyrie. Le "palais sud-est" semble en fait avoir fait partie de cet ensemble.


Nimrud bas-relief (5)

Nimrud bas-relief (6)

Nimrud bas-relief (7)

Source: Wikipedia

 

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Publié le 13 Septembre 2013

Musée du louvre Paris

 

Ces panneaux de briques moulées étaient destinés à décorer la façade du temple extérieur, sur la colline de Suse. Elles datent du milieu du XIIe siècle av. JC. Ce monument, voué au culte royal de la dynastie des Shutrukkides, a été commandité par les rois de cette même dynastie. L'oeuvre, commencée par Kuthir-Nahunté, fut menée à bien par Shilhak-Inshushinak. Des hommes-taureaux protégeant un palmier alternent avec des déesses Lama, elles-mêmes considérées comme des divinités protectrices.

 
Le roi Shilhak-Inshushinak fit reconstruire les deux grands temples de Suse. Le temple haut situé sur l'Acropole, était voué à Inshushinak, grand dieu de la plaine de Susiane. Le sanctuaire extérieur, bâti sur le tell de l'Apadana, où Darius, six siècles plus tard, fera construire son palais, était principalement destiné au culte royal de la dynastie à laquelle appartenait ce roi, celle des Shutrukkides. Ces panneaux de briques moulées décorent la façade de ce monument et contiennent des inscriptions gravées à mi-hauteur qui nous informent sur les circonstances de cette construction. En fait, Kutir-Nahunté, le frère de Shilhak-Inshushinak, avait ordonné la construction de l'édifice et sa décoration en forme de briques moulées ; il mourut, cependant, avant d'avoir pu réaliser ce projet. Shilhak-Inshushinak le reprit et le mena à bien.
 


Un groupe constitué d'un homme-taureau protégeant un palmier alterne avec une déesse Lama. L'homme-taureau, traditionnel gardien de porte dans les temples, allie le génie humain et la force du puissant bovidé. Son appartenance au monde divin est soulignée ici par le port d'une tiare à plusieurs rangs de cornes. Dans la mythologie mésopotamienne, ce personnage est l'acolyte du dieu-soleil, Shamash. Associé au palmier stylisé, il rappelle le rôle primordial du soleil sur la végétation. Le palmier-dattier acquiert une dimension majeure dans la mythologie mésopotamienne, qui est une importante source d'inspiration de la pensée iranienne. L'arbre fruitier, producteur de dattes, symbolise le monde végétal dans son ensemble : dans un paysage de plaines, où les revenus agricoles sont primordiaux, la végétation est au centre des préoccupations humaines. Les fines palmes de l'arbre font penser aux rayons de l'astre qui les réchauffe. La déesse Lama, également considérée comme un être protecteur, garde les effigies de la famille royale. La divinité demeure figée, les bras levés, dans l'attitude caractéristique de la bénédiction. Ainsi, les fidèles étaient accueillis par des figures rassurantes, chargées de garantir la sérénité de la demeure divine et de la chapelle dynastique.

 

Les briques en terre cuite sont moulées. Ce type de décor architectural a déjà été utilisé en Mésopotamie, à Uruk, à l'époque kassite, sur la façade du temple dédié à la déesse Inanna. La technique de fabrication de ce décor, ainsi que les personnages représentés, montrent la forte influence exercée par la culture mésopotamienne sur la région voisine qu'est l'Élam. Quelques détails iconographiques sont toutefois iraniens, tels les deux traits figurant les genoux des hommes-taureaux, ainsi que les inscriptions en écriture élamite.

 


 

 
  


Source: Musée du Louvre

 

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Publié le 9 Septembre 2013

palais de sargon II façade personnage
Musée du Louvre
 

 

Les génies dompteurs de lion (souvent assimilés au héros Gilgamesh faisaient partie d'un dispositif architectural et décoratif complexe, obéissant à des critères artistiques et religieux. Symboles de la puissance divine et royale, ils assuraient, par la force tranquille qui émanait d'eux, la pérennité du pouvoir et la protection du palais.

 

On voit ici une reconstitution partielle du dispositif monumental, qui nous est connu par les dessins qu'exécuta Eugène Flandin en 1844, lors de la fouille, à l'entrée de la salle du trône du palais de Sargon II. La façade extérieure de la salle du trône, ou façade "N", comportait une frise avec des personnages en procession et des passages protégés par des génies colossaux - une paire de taureaux ailés à tête humaine et une paire de génies bénisseurs. Le passage central dédoublait ce dispositif : aux taureaux placés dans le passage s'en ajoutent quatre autres, longeant le mur et tournant la tête pour faire face au visiteur. Entre chaque paire se trouvait un génie dompteur de lion : l'un de ces génies a été envoyé au Louvre par Paul-Emile Botta.

 

Cette sculpture de plus de 5 mètres de haut représente un personnage en train d'étouffer un lion. Ce génie ou héros maîtrisant un lion est vu de face, disposition rare dans l'art assyrien, réservée aux créatures à rôle magique.

 

palais de sargon II façade personnage (2)

 

Dans la main droite, il tient une arme d'apparat à lame courbe, dite "harpé", qui est une arme royale.Il porte une tunique courte et un grand châle frangé posé par-dessus, cachant une jambe et révélant l'autre. Le contact visuel établi ainsi avec le visiteur devait revêtir une signification magique. La tête se détache presque en ronde bosse ; les yeux, autrefois rehaussés de couleur, devaient fasciner le visiteur. Les cheveux et la barbe montrent le même agencement que ceux des dignitaires assyriens et du roi. Le héros porte au poignet un bracelet orné en son centre d'une rosette. Les fouilles des tombes des reines à Nimrud en ont livré de semblables : ils étaient en or incrusté de pierres précieuses dessinant les pétales. Le lion maîtrisé lève la tête et montre les crocs. Le mufle est stylisé par une série de plis rayonnants que l'on retrouve sur des oeuvres de métal.

 

Ce génie, souvent identifié avec le héros Gilgamesh - figure légendaire mais également roi historique d'Uruk - , incarne probablement la toute-puissance du principe royal : il maîtrise sans effort un lion féroce qui se débat. Le contraste entre le lion rugissant qui se débat et la force tranquille du héros, met en valeur le pouvoir magique de celui-ci. Le dispositif, composé de dix taureaux et de deux héros, véritable emblème royal et héraldique, a été crée spécialement pour la façade de la salle du trône du palais de Sargon II. Toutes ces façades, érigées sur la haute terrasse du palais dominant la ville, étaient bien visibles et témoignaient de la grandeur royale.

 

 

Source: Musée du Louvre 

Photos: Lankaart (c)

 

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Publié le 7 Septembre 2013

Musée du Louvre, Paris
 

Sargon II (722-705 av. JC) est le fondateur de la dynastie des Sargonides qui régnera sur l’Assyrie.  Conquérant d’Israël, de Cilicie et de Babylone, vainqueur des Hittites et des Egyptiens, Sargon II est l’un des grands rois de cette époque. Il fait édifier son palais à Dur-Sharrukin, Khorsabad, sa construction mobilise tout l’empire, les vassaux sont mis à contribution et la richesse ainsi accumulé assoit d’autant le pouvoir du roi.

La décoration du palais doit être à la hauteur des ambitions royales et de l’accumulation de richesse nécessaire à sa construction, de nombreuses frises décorent les salles d’apparat du palais, les sculptures monumentales sont nombreuses, parmi elles, les taureaux ailées sont un thème récurant. Nombreux dans le palais de Sargon II ils marquent l’entrée des salles d’audience. Ces taureaux androcéphales sont des « lamassou », êtres bénéfiques qui gardent le palais et le protègent des forces maléfiques.



 

Photos: Lankaart (c)

 

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Publié le 24 Mars 2012

Palais de Sargon II, Bas-relief, Musée du Louvre, Paris

Sargon II est le roi de l'Assyrie (722 - 705 av; JC) et l'un des plus puissant monarque du royaume. En créant sa capitale à Dur-Sharrukin (Khorsabad) il fait édifié un immense palais. Dans ce bâtiment hors du commun pour l'époque, il fait réaliser un ensemble décoratif impressionant, toutes les salles d'apparat sont couverte de frises monumentales, d'immenses sculpture acceuillent les visiteurs. Sur l'un des murs du palais court une frise retrassant la vie au quotidien des assyriens, cette frise aujourd'hui présenté au musée du Louvre à Paris, est un témoignage fascinant de la vie de l'époque et une démonstration d'un art arrivé à maturité.







Sargon II (722-705 av. JC) est le fondateur de la dynastie des Sargonides qui régnera sur l’Assyrie. Conquérant d’Israël, de Cilicie et de Babylone, vainqueur des Hittites et des Egyptiens, Sargon II est l’un des grands rois de cette époque. Il fait édifier son palais à Dur-Sharrukin, Khorsabad, sa construction mobilise tout l’empire, les vassaux sont mis à contribution et la richesse ainsi accumulé assoit d’autant le pouvoir du roi. La décoration du palais doit être à la hauteur des […]


Nebamun, British Museum Londres Ces splendides fresques proviennent de la tombe d'un "scribe et conteur de grain", fonctionnaire important à Thèbes, ancienne capitale de la Haute-Egypte. Bien qu'elles datent d'environ 1500 av. JC elles ont gardé toute leur fraicheur et nous raconte la vie au quotidien à cette époque, au bord du fleuve, dans les champs, au milieu des troupeaux. Le dessin des animaux et des plantes, le rendu des couleurs, tout nous démontre la qualité d'un art à son sommet. […]


Le Castro de Santa Trega en Galice est un village fortifié celte caractéristique de la période pré-romaine en Espagne. Il est Situé dans un site exeptionnel: A Guarda, au sommet d'une colline qui surplonbe l'embouchure du rio Mino, fleuve qui sépare aujourd'hui l'Espagne et le Portugal. A l'époque du castro le rio Mino était une artère de communication stratégique pour la région. Le castro controlait tout les mouvements commerciaux vers l'intérieur des terres. Le village est composé de […]

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