histoire

Publié le 5 Août 2016

Afrique du Sud 1879 - Guerre entre les Anglais et les Zoulous

Südafrika 1879 - Sudáfrica - South Africa war 1879 - Sudafrica 1879

La guerre anglo-zouloue eut lieu en 1879 en Afrique du Sud entre le Royaume-Uni et les Zoulous. Elle fut marquée par des batailles particulièrement sanglantes et constitua une étape importante dans la colonisation de la région du Natal. La guerre annonça le début du déclin du Royaume zoulou qui sera annexé définitivement en 1897.

À la suite d'une campagne par laquelle Lord Carnarvon implante avec succès la fédération au Canada on pense que des actions militaires et politiques combinées pourraient réussir avec les différents royaumes africains, les zones tribales et les républiques Boers en Afrique du Sud. En 1874, Sir Henry Bartle Frere est envoyé en Afrique du Sud en tant que haut-commissaire de l'Empire britannique pour mettre le plan en action. Parmi les obstacles étaient la présence des États indépendants de la République sud-africaine du Transvaal et du Royaume zoulou et son armée. Frere, de sa propre initiative, sans l'approbation du gouvernement britannique et avec l'intention de déclarer une guerre avec les Zoulous, envoie un ultimatum le 11 décembre 1878 au roi zoulou Cetshwayo. Cetshwayo n'obtempère pas et Bartle Frere envoie Lord Chelmsford envahir le Zoulouland. La guerre est remarquable, plusieurs batailles étant particulièrement sanglantes, y compris une victoire des Zoulous à Isandlwana. La guerre a finalement abouti à une victoire britannique et la fin de l'indépendance de la nation zouloue.

(c) Wikipedia

Afrique du Sud 1879 - Guerre entre les Anglais et les Zoulous
Afrique du Sud 1879 - Guerre entre les Anglais et les Zoulous
Afrique du Sud 1879 - Guerre entre les Anglais et les Zoulous

Cette guerre est révélatrice de l’affrontement entre une nation occidentale, à cette époque, première puissance mondiale et un peuple autochtone. Fier de ses traditions, peuple de guerriers qui ont eux-mêmes envahie l’Afrique du Sud depuis le Nord, les Zoulous seront finalement vaincus. Les images montrent bien le décalage profond entre les guerriers zoulous dont l’armement et les techniques de combat sont d’un autre âge et l’armée britannique moderne, disposant d’armes particulièrement meurtrières. Elles montrent également « l’engagement héroïque » tel qu’il sera illustré pour les journaux de la métropole pendant cette guerre.

 

Le Roi zoulou Cetshwayo, craignant l'agression britannique, avait commencé à acheter des armes à feu dans les mois précédant la guerre de 1879. Bien que les Zoulous aient des milliers de mousquets démodés et quelques fusils modernes, leurs guerriers n'ont pas été correctement formés. Au lieu de cela, ils ont compté sur leur capacité d’organisation et leur avantage dans le combat au corps à corps. La plupart des guerriers zoulous ont été armés de boucliers et de sagaies.

(c) Lankaart, National Army Museum.

Afrique du Sud 1879 - Guerre entre les Anglais et les Zoulous
Afrique du Sud 1879 - Guerre entre les Anglais et les Zoulous
Afrique du Sud 1879 - Guerre entre les Anglais et les Zoulous
Afrique du Sud 1879 - Guerre entre les Anglais et les Zoulous

Le NNC a été formé en 1878 pour soutenir les défenses de la colonie britannique de Natal elle comprenait des guerriers des tribus hostiles aux Zoulous. La plupart des recrues sont venues du Basuto et des tribus Mponso. Les guerriers portaient  leur habillement tribal traditionnel avec un bandana de tissu rouge autour de leurs fronts, le seul article pour les distinguer des guerriers zoulous qui étaient les ennemis traditionnels du Basuto et Mponso.

La population blanche de Natal avait longtemps craint que l'arme de la population noire constitue un risque de sécurité et en conséquence seulement un petit pourcentage de soldats NNC a été équipé avec des armes à feu. Ceux-ci étaient des mousquets chargeant muselière désuets plutôt que des fusils modernes. La plupart des soldats NNC se sont battus avec des armes africaines traditionnelles pendant la Guerre anglo-zouloue.

 

(c) Lankaart, National Army Museum.

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Publié le 6 Juin 2016

La Seconde Guerre Mondiale
Zweiter Weltkrieg - Segunda Guerra Mundial - World War II

La Seconde Guerre mondiale constitue le conflit armé le plus vaste que l’humanité ait connu, mobilisant plus de 100 millions de combattants de 61 nations, déployant les hostilités sur quelque 22 millions de km², et tuant environ 62 millions de personnes, dont une majorité de civils. N’opposant pas seulement des nations, la Seconde Guerre mondiale fut aussi la plus grande guerre idéologique de l’Histoire, ce qui explique que les forces de collaboration en Europe et en Asie occupées aient pu être solidaires de pays envahisseurs ou ennemis, ou qu’une résistance ait pu exister jusqu’en plein cœur de l’Allemagne nazie en guerre. Guerre totale, elle gomma presque totalement la séparation entre espaces civil et militaire et vit, dans les deux camps, la mobilisation poussée non seulement des ressources matérielles – économiques, humaines et scientifiques – mais aussi morales et politiques, dans un engagement des sociétés tout entières.

Guerre du pacifique

Guerre du pacifique

<< La propagande vise à imposer une doctrine à tout un peuple...

La propagande agit sur l'opinion publique à partir d'une idée

et la rend mûre pour la victoire de cette idée. >>

  Adolf Hitler

 

Durant la seconde guerre mondiale, la notion de propagande a su se théoriser. La propagande appelle la population à soutenir l'effort de guerre. Tous les moyens possibles sont utlisés : les affiches, la presse, la radio ou les actualités filmées diffusées avant ou après les projections dans les cinémas, le cinéma lui-même avec les films et dessins animés,... La propagande a de multiples objectifs dont les principaux sont d'imposer une idée ou une idéologie à tout un peuple qui peut être d'ordre politique, économique, religieux, mais la propagande a également d'autres buts comme dévaloriser l'ennemi.

Très peu de temps après son accession au pouvoir, Hitler crée le Ministère du Reich à l’information et à la propagande pour Joseph Goebbels le 13 mars 1933. La Chambre nationale de la culture est créée le 22 septembre de la même année, dont Goebbels en est également le directeur. La Chambre nationale du film interdit très vite le double programme (le fait de passer deux longs métrages par séance), pour pouvoir développer l'avant programme, c'est-à-dire les actualités, les documentaires, mais aussi les dessins animés. Goebbels comprend très rapidement que, comparée au théâtre ou à la littérature, cette nouvelle forme d'art qu'est le cinéma peut atteindre une bien plus large audience.

La Seconde Guerre Mondiale
La Seconde Guerre Mondiale

Sur mer, après la Première Guerre mondiale, le choix guidant la construction des navires de ligne consistait en un compromis entre le blindage et la vitesse. Les croiseurs de bataille, plus rapides que les cuirassés étaient moins bien protégés. Ce n'est qu'à la fin des années 1930 qu'apparurent les premiers cuirassés rapides. Mais ces bâtiments constituaient des cibles idéales pour l'aviation embarquée à bord des porte-avions, notamment les bombardiers en piqué et les avions torpilleurs. Malgré une puissante défense aérienne, disposant parfois de conduite de tir radar, le cuirassé reste vulnérable et cesse d'être le "capital ship" de la guerre sur mer. Le porte-avions, qui peut disposer d'un parc aérien de 50 à 60 appareils, prend un rôle de plus en plus déterminant, surtout grâce à "l'allonge" que lui permet ses escadrilles embarquées, lorsque le théâtre des opérations est éloigné de toute base terrestre, comme c’est le cas pour les États-Unis ou le Japon dans les batailles du Pacifique. Le porte-avions devient la pièce centrale d’un dispositif que les Américains appellent "Task force" et où les autres navires lui servent le plus souvent d'escorteurs.

Comme lors de la Première Guerre mondiale, les sous-marins sont largement employés pour bloquer l’approvisionnement ennemi, mais la lutte anti-sous-marine a fait d'énormes progrès depuis la Première Guerre mondiale, d'abord avec l'asdic puis avec le sonar. Les destroyers, les frégates et les corvettes sont spécialisées dans la lutte anti-sous marine et assurent l'escorte des convois.

Donald Mackay 	Corvette Bridge

Donald Mackay Corvette Bridge

La toile de Donald Mackay montre des marins sur la passerelle découverte de la corvette canadienne NCSM Galt, qui passa une bonne partie de la guerre à escorter des convois de navires marchands. Des membres de l'équipage exécutent diverses tâches, pendant quelques-uns des navires marchands du convoi sont visibles à l'arrière-plan. Forts de l'expérience de la Première Guerre mondiale, des pays alliés établirent des convois après le déclenchement de la guerre, en septembre 1939. Les marines alliées s'efforçaient de les protéger des attaques des forces ennemies, particulièrement des U-boote allemands, en les rassemblant et en les faisant escorter par des navires de guerre tels que le Galt.

L'abordage du U-744 Lieutenant Thomas Charles

L'abordage du U-744 Lieutenant Thomas Charles

Ce U-744 fut détruit par le groupe de soutien du Canada C-2 le 6 mars 1944, et le NCSM Chilliwack envoya une équipe d'arraisonnement sur l'épave en train de couler pour tenter de récupérer les codes radio et du matériel. Au cours d'une entrevue, en 1979, Tom Wood, artiste de guerre officiel affecté à la Marine royale du Canada, a raconté son expérience : " C'était un emploi. On se sentait bien parce qu'on avait un emploi et qu'on était capable de peindre. Nous chassions la crise économique des années 30 de notre esprit. La guerre élargissait les horizons, mais, dans une grande mesure, la guerre est ennuyeuse. Il y a de longues périodes d'inactivité, et lorsqu'il se produit quelque chose, en général c'est brusque, impersonnel, et à un certain point abstrait. "

La guerre dans les airs.

Les immenses progrès de l’aviation réalisés entre les deux guerres vont donner aux différents avions de guerre une place de première importance. L’amélioration des structures de l’avion permet aux chasseurs-bombardiers comme le Stuka d’opérer des bombardements en piqué et de prendre ainsi toute leur part dans les combats terrestres. Les bombardiers lourds comme la forteresse volante américaine, dont le rayon d’action atteint, à la fin de la guerre, 5 000 kilomètres, sont utilisés dans des raids massifs de mille avions et plus, mettant ainsi en œuvre le concept de Bombardement stratégique. Pour contrer les bombardiers, les belligérants font usage de leurs avions de chasse et de canons de défense contre avions (DCA). C’est l’efficacité de la DCA qui oblige à organiser les opérations de bombardement la nuit. On demande aux avions de chasse d’assurer la maîtrise de l’espace aérien sur un champ de bataille ou sur un front donné.

Raid aérien sur San Giusto, Pise. 	Goranson, capitaine d'aviation Paul Alexander

Raid aérien sur San Giusto, Pise. Goranson, capitaine d'aviation Paul Alexander

Les bombardiers canadiens participèrent aux raids au-dessus de l'Allemagne, de l'Italie et d'autres pays. Cette peinture de Paul Goranson illustre l'attaque du terrain d'aviation de San Giusto, près de Pise, en Italie, en septembre 1943, par des bombardiers canadiens basés en Afrique du Nord.

La Seconde Guerre Mondiale

L’usage généralisé des chars est une première illustration de cette tendance à la motorisation. Alors que l’armée française fait le choix d’une dispersion des chars, mis au service des unités d’infanterie, les Allemands en adoptant une tactique basée sur l’utilisation des chars groupés sortent vainqueurs de la bataille de France. La conception du char lui-même oscille entre deux tendances : la puissance et la maniabilité. L’expérience de la guerre d’Espagne a montré que le blindage est moins important que la silhouette basse, moins vulnérable, la tourelle mobile à 360° et la puissance du canon. Mais au cours de la Seconde Guerre mondiale, on assiste à une croissance en poids, en blindage et en puissance de feu. Ainsi, le char allemand Tigre I fait 57 tonnes. L’américain Sherman M4 et le soviétique T-34, utilisés jusqu’à la fin de la guerre restent dans la gamme des 30 tonnes. La concentration de chars dans des divisions blindées permettent de mener des guerres éclairs (Blitzkrieg), comme la Bataille de France en mai-juin 1940 remportée par les Allemands.

	Bobak , O.C., Capitaine Bruno Jacob

Bobak , O.C., Capitaine Bruno Jacob

La Massey Ferguson pendant la Seconde Guerre mondiale. 	Casson, Alfred Joseph

La Massey Ferguson pendant la Seconde Guerre mondiale. Casson, Alfred Joseph

Des hommes et des femmes travaillent ensemble à construire des canons navals à une usine de Massey Ferguson, à Brantford, Ontario.

Orléans

Orléans

Bombardements de villes

Certaines opérations de bombardement de villes ont causé de nombreuses victimes civiles. Le nombre de victimes civiles était parfois un but recherché pour affaiblir le « moral » de l'adversaire.

 

    En Allemagne

        Le bombardement de la ville de Hambourg, nom de code « opération Gomorrhe » est estimé avoir fait 40 000 victimes, le plus lourd bilan humain en Europe pour ce type d'opération.

        L'estimation du nombre de victimes du bombardement de Dresde a considérablement fluctué, de 25 000 selon la ville de Dresde en mars 1945 jusqu'à 250 000 selon la propagande nazie dans les pays neutres à la même époque, puis des chiffres similaires selon la propagande soviétique dans le contexte de la Guerre froide69. Une commission d'historiens réunis en 2004-2010 à l'initiative de la ville de Dresde en a finalement fixé le bilan maximum à 25 000 morts.

    En France, en Belgique et aux Pays-Bas, après les bombardements allemands de 1940 et, durant les années de l'occupation allemande, les bombardements alliés des installations industrielles dont la production est réquisitionnée pour l'effort de guerre du Reich, surviennent les bombardements de la campagne de libération de l'Europe qui meurtrissent les régions de Normandie, des villes comme Paris, Bruxelles, Liège et Anvers victimes de l'offensive allemande des avions sans pilote V1 et des missiles V2, et encore l'Ardenne belge victime de l'ultime offensive allemande. Entre 1940 et 1945, la France reçoit 550 000 tonnes de bombes des anglo-américains, soit 22 % du total déversé sur le continent. L'estimation du nombre de victimes varie de 50 000 à 70 000.

    en Grande-Bretagne, le bombardement de villes anglaises, et de Londres en particulier, nom de code « Blitz » est estimé avoir fait 14 500 victimes.

Dresde
Dresde

Dresde

Nussbaum

Nussbaum

Génocide.

 

La guerre et la domination de l’Europe qui en est résultée ont permis au régime nazi de pousser à l’extrême son idéologie raciste. Selon les termes de Goebbels : « La guerre nous offre toutes sortes de possibilités que la paix nous refusait »

 

Parmi ces possibilités figure un plan de nettoyage ethnique visant les populations d'Europe de l'Est : le Schéma directeur pour l'Est ; son application dans les terres conquises aura pour effet de les désorganiser en profondeur.

Le jour même de l’entrée en guerre, en septembre 1939, Hitler autorise l’extermination des handicapés mentaux allemands et autres malades incurables. Officiellement stoppée en août 1941 grâce à un mouvement d’opinion, l’aktion T4 conduit à « l'euthanasie » par le gaz de plus de 150 000 handicapés, nombre de techniciens de l’opération étant ensuite réaffectés au gazage massif des Juifs dans les camps de la mort.

 

Dès 1939, les juifs sont concentrés de force dans des ghettos misérables, surpeuplés et délibérément affamés, notamment dans le Gouvernement Général de Pologne. Leur extermination systématique, que l’on désigne sous le nom de Shoah, est d’abord mise en œuvre par des exécutions de masse pratiquées par la Wehrmacht puis par les Einsatzgruppen dans les territoires polonais et soviétiques. En URSS et dans une partie de la Pologne, la « Shoah par balles » cède en 1942 le pas à l’emploi méthodique de camions à gaz. Après la conférence de Wannsee (20 janvier 1942), la politique d’extermination (« la solution finale de la question juive » dans la terminologie nazie) vise les Juifs de tous les pays occupés et prend un tour industriel. Les Juifs sont déportés dans des camps d’exterminations dans lesquels les victimes sont gazées en masse, et leurs corps réduits en cendres dans des fours crématoires. Au total, environ les trois quarts des juifs de l’Europe occupée, totalisant, selon Raul Hilberg, au minimum 5 100 000 personnes sont exterminées.

 

Nussbaum
Nussbaum

Nussbaum

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Rédigé par rafael

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Publié le 3 Juin 2016

Apolalypse Now

Apolalypse Now

La Guerre du Vietnam ou Deuxième guerre d’Indochine est le conflit qui opposera de 1959 à 1975 la République du Vietnam (Sud-Vietnam) à la République populaire du Vietnam (Nord-Vietnam) respectivement soutenu par les Etats-Unis d’Amérique, le bloc soviétique et la Chine Communiste.

Cette guerre qui se solde en 1975 par la défaite du Sud-Vietnam est l’un des épisodes majeurs de la guerre Froide. Plus long conflit connu par les Etats-Unis, elle est à l’origine d’une crise morale et politique dans la société américaine, avec 58 000 victimes dans l’armée, plusieurs centaines de milliers de victimes et 900 milliards de dollars de dépenses pour l’état américain.

« Cette guerre, sans doute plus que les autres, fut inséparable de la notion de dissimulation et de projection paranoïaque. Ce que le cinéma n’a cessé de radiographier, c’est la guerre livrée par les Américains contre eux-mêmes, contre leur image, leur peur, leurs illusions ou leurs désillusions, leur traumatisme ou leur jouissance… Mise en scène déréglée de leur devenir »

Les Cahiers du cinéma

Apocalypse Now

Apocalypse Now

"De 1978 à 1985, l’exploitation du conflit en tant que sujet cinématographique par Holywood commence grâce à l’évolution de l’opinion publique au sujet de la guerre et à la diminution des tensions sociales et morales qui déchiraient l’Amérique.

De plus, c’est le succès commercial de The Deer Hunter de Michael Cimino (1978) qui va inciter l’industrie du cinéma à s’emparer du thème. Là encore, la guerre n’est pas traité directement, c’est la réinsertion des vétérans qui est au centre du récit. Le film est aussi l’occasion d’un conflit de mémoire sur certaines pratiques des troupes ennemies, un exemple des mémoires différentes que va engendrer la guerre.

En 1979 sort Apocalypse Now de Francis Ford Coppola, œuvre majeure du genre. A la suite de ce regain d’intérêt sort une série de films grand public comme la série des Rambo et des Missing in Action qui proposent une vision beaucoup plus patriotique du conflit et qui tentent de réhabiliter l’action de l’armée « trahie par les manœuvres politiques de Washington ». En définitive, cette période voit le début de la production de masse de films sur le Vietnam mais à part Apocalypse Now peu de films emblématiques sur ce thème verront le jour. Il faudra attendre 1986 pour voir ce que l’on considère comme l’apogée du genre.

En effet de 1986 à 1993 commence ce qui est vu aujourd’hui comme l’âge d’or du Cinéma-Vietnam. En 1986 sort Platoon d’Oliver Stone qui souhaite montrer la réalité de la guerre de la manière la plus objective possible. Dans la lignée presque « documentaire » du film sort Hamburger Hill de John Irvin en 1987. Dans un autre registre Good Morning Vietnam de Barry Levinson, propose la vision d’un disc-jockey sur la guerre.

Très riche, l’année 1987 voit aussi la sortie de Full Metal Jacket de Stanley Kubrick qui suscite un vif débat, certains le considèrent comme le seul film qui montre la guerre « vraie » et non pas un voyage psychédélique de plus, la critique que propose le film est beaucoup plus directe que celle proposée par Oliver Stone.

Casualities of War (en français Outrages) de Brian de Palma et Garden of Stone de Francis Ford Coppola sortis en 1989 et 1988 complètent ce renouveau. En 1990, Oliver Stone propose un nouveau film sur le Vietnam : Born on the Fourth of July."

 

Source: http://www.retourverslecinema.com

 

Apocalypse Now

Apocalypse Now

Apocalypse Now

Une critique de la guerre du Vietnam "L'action du film se situe en 1969, après l'offensive du Têt de janvier 1968, c'est-à-dire à un moment où les Etats-Unis ne sont plus sûrs de pouvoir remporter militairement cette guerre, à un moment où l'Amérique commence à douter, où l'armée est ravagée par la drogue et des trafics en tout genre. Le film, inspiré du roman de Joseph Conrad, Au cœur des ténèbres, 1898, est tourné au lendemain de la guerre du Vietnam, en 1975-1976, peu de temps avant l'arrivée de Jimmy Carter à la Maison Blanche, moment où l'Amérique remet en cause et critique son engagement passé en Asie du Sud-Est, qui s'est soldé par un échec. C'est l'un des premiers films abordant directement la guerre du Vietnam. Or, cette guerre marque une véritable rupture dans les rapports entre Hollywood et l'Etat américain. En effet, jusqu'alors, le cinéma avait toujours soutenu l'engagement militaire du pays, n'hésitant pas à produire des films de propagande pendant les deux guerres mondiales (Casablanca, M. Curtiz, 1942 ou Le port de l'angoisse, H. Hawks, 1944) pour soutenir la politique du gouvernement. Avec le Vietnam, tout change. Certes, il faut attendre la fin du conflit pour voir des films traiter du conflit (Voyage au bout de l'enfer, M Cimino, 1978) et en faire une critique. Pourtant, on peut déjà apercevoir dès les années 1960 des films qui condamnent l'intervention américaine au Vietnam. Robert Altman, par exemple, avec M.A.S.H. en 1969, nous livre davantage une critique du conflit vietnamien que de la guerre de Corée.

Apocalypse Now rentre donc dans cette lignée de films très critiques sur l'engagement américain. La guerre est vue du côté américain, et la critique n'en est que plus forte. Coppola ne réalise pas un film de guerre, mais plutôt un film sur la guerre. Le parcours du capitaine Wilard sur un fleuve hostile qui le mène au colonel Kurtz ressemble à un voyage intérieur, une introspection (la voix off de Wilard est récurrente tout au long du film) et, dans le même temps, Coppola nous emmène dans un voyage vers la folie et l'horreur de la guerre que semble incarner le colonel Kurtz. Le réalisateur du Parrain nous montre aussi une certaine réalité du conflit et nous livre ses interrogations, partagées par nombre de ces concitoyens à l'époque."

Source: http://www.thucydide.com

Apocalypse Now
Apocalypse Now

Apocalypse Now

Voyage au bout de l'enfer

Voyage au bout de l'enfer

Voyage au bout de l'enfer - The Deer Hunter

" Commençons par la scène d'anthologie. Trois soldats américains prisonniers, de l'eau jusqu'au ventre, sont parqués sous une baraque sur pilotis. Ils attendent leur tour pour jouer, face à leurs tortionnaires, à la roulette russe. La séquence dure quinze minutes, c'est l'une des plus fortes du cinéma américain de ces quarante dernières années. Elle immortalise Christopher Walken, visage de samouraï et de zombie, beauté hallucinée. Voilà comment Cimino concentre la guerre du Vietnam, en une allégorie explosive qui renferme l'horreur, le hasard, la folie, l'instinct de survie. Mais aussi une forme de bravoure obscure, incarnée par le sagace Robert De Niro. Le héros du film, c'est lui. Un sauveur pur et dur, qui se voue corps et âme à la communauté et qui fait tout pour recoller ses morceaux.

Sur les trois heures épiques que dure ce film au casting affolant, une seule environ se déroule dans l'enfer vietnamien. C'est le chapitre du milieu. Avant, on voit les hauts fourneaux d'une aciérie de Pennsylvanie, une bande soudée de sidérurgistes, un mariage orthodoxe, des beuveries sans nom, une chasse au chevreuil dans des montagnes de western. Bref, une certaine image du rêve américain, mais aussi des présages. Après, il y a des vies brisées, des illusions perdues et surtout une amitié amoureuse ravagée. Riche d'interprétations diverses et de retom­bées plus ou moins anecdotiques (du port du bandana au triomphe planétaire du tube déjà ancien Can't take my eyes off you, de Frankie Valli), ce Voyage au bout de l'enfer compte assurément autant sinon plus que son cousin direct, Apocalypse now, sorti un an après". Source: Jacques Morice, Télérama.

 

Voyage au bout de l'enfer
Voyage au bout de l'enfer

Voyage au bout de l'enfer

Platoon

Platoon

Platoon

" La plupart des critiques ont souligné le caractère réaliste et véridique de Platoon : le film de Stone montre la guerre du Viêt-nam telle qu'elle a pu être vécue par de jeunes fantassins américains.

Cet aspect réaliste, qui fait la force essentielle de Platoon, doit cependant être analysé en profondeur pour comprendre ce qui distingue le film de Stone d'autres films comme Apocalypse Now ou Rambo II qui traitent aussi de la guerre du Viêt-nam, mais d'une tout autre manière.

Platoon n'est pas un reportage pris sur le vif, mais un film de fiction: les personnages que nous voyons à l'écran sont des acteurs professionnels et la jungle qui est supposée être celle du Viêt-nam se situe en fait aux Philippines. Il y a donc dans Platoon une part irréductible de fiction, c'est-à-dire de non-vérité. Mais, en même temps, le film de Stone représente des faits, des événements, des choses, des décors qui ressemblent à ceux de la guerre du Viêt-nam. Le spectateur doit donc à chaque instant faire la part entre la vérité et la fiction: les sergents Barnes et Elias sont des personnages fictifs, mais les hélicoptères de Platoon sont les mêmes que ceux qui furent utilisés au Viêt-nam.

Dans le rapport de Platoon à la réalité historique, les interviews données par Oliver Stone jouent ou ont joué un rôle essentiel. Le réalisateur américain a en effet participé comme fantassin à la guerre du Viêt-nam, et il a voulu rendre compte dans son film de son expérience personnelle. L'ambition de Stone est d'apporter un témoignage sur cette guerre et de réduire la fiction à une part secondaire et inessentielle: il ne s'agit pas d'utiliser le Viêt-nam comme un décor pour des aventures ou des exploits guerriers (comme c'est le cas dans Rambo II ou même dans Apocalypse Now), mais de reconstituer une situation et de faire partager au spectateur qui n'a pas connu cette situation les émotions et les réactions d'un jeune fantassin plongé dans la guerre."

 

Source: http://www.grignoux.be

 

Platoon
Platoon
Platoon

Platoon

Full metal jacket

Full metal jacket

Full Metal Jacket

" Considéré à juste titre comme un des génies du septième art, Stanley Kubrick a toujours fait couler beaucoup d’encre lors des sorties de ses différents opus. De même qu’il étonna tout le monde en s’attaquant, quelques années auparavant, au genre si méprisé à l’époque qu’est le cinéma d’épouvante, grâce à son cultissime Shining (1980), il prend un certain nombre de ses partisans à rebrousse-poil avec Full metal jacket (1987), faux métrage sur le Vietnam et véritable brûlot antimilitariste. Certes, le réalisateur n’en est pas à son coup d’essai dans le genre puisqu’il a déjà à son actif les magnifiques Sentiers de la gloire (1957) et Dr Folamour (1964) qui s’attaquaient frontalement à la stupidité du système militaire. Pourtant, l’auteur franchit une étape supplémentaire avec cette avant-dernière oeuvre, véritable travail d’entomologiste.
D’une froideur réfrigérante et d’une violence terrible, Full metal jacket est aussi agréable qu’un coup de canon et aussi doux qu’un rasoir. Divisé en deux parties symétriques - une obsession du cinéaste, jusque dans la composition savante, voire maniaque de ses plans - ce brûlot se déroule tout d’abord lors de l’instruction militaire dans un camp américain, puis au Vietnam. Pourtant, le film ne s’inscrit nullement dans une veine documentaire puisqu’on ne verra rien d’autre des Etats-Unis que le dortoir des soldats et leurs aires d’entraînement. De même, le Vietnam n’est représenté que par une ville en ruine et quelques palmiers éparpillés. Certains reprochèrent alors à Kubrick son peu d’application dans la reconstitution en Angleterre - à quelques kilomètres de son domicile - de la ville de Hue, mais cette volonté de ne pas coller à la réalité n’est autre qu’une envie de dépasser les contingences historiques pour se rapprocher de l’universalité de son propos. Davantage qu’un simple film sur la guerre du Vietnam, Kubrick nous propose sa vision de tous les conflits et de ce qu’ils comportent de destructions, sur le plan matériel et surtout humain.
Comme dans ses oeuvres précédentes, le maître emprisonne ses personnages dans une structure rigide qui finit par les broyer totalement et par nier leur individualité propre - on ne connaît que leurs surnoms et absolument rien de leur passé. Pire, la plupart des acteurs grimacent comme pour signifier que chacun se réfugie derrière un masque social qui peut éclater à n’importe quel moment (la scène de suicide dans les toilettes est d’ailleurs tout à fait mémorable). Par la suite, le cinéaste réduit l’action à sa plus simple expression, mais chaque coup porté, chaque balle fendant l’air pour venir se loger dans les corps fait tressaillir. Grâce à une réalisation parfaite, Kubrick rend compte de l’extrême violence des combats, mais également d’une atteinte plus sourde à l’intégrité de l’individu lors d’une formation militaire ne visant qu’à insensibiliser l’être humain afin d’en faire une impitoyable machine de guerre. Désagréable par nature, jamais séduisant, Full metal jacket est une oeuvre majeure, à l’instar d’Apocalypse now, mais dans un registre opposé (le premier froid et rigide, l’autre lyrique et démesuré)."

 

Source: http://www.avoir-alire.com

 

La guerre du Viêt Nam au cinéma
La guerre du Viêt Nam au cinéma
La guerre du Viêt Nam au cinéma

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Publié le 3 Janvier 2014

 

 

» (…) 

Lui, notre colonel, savait peut-être pourquoi ces deux gens-là tiraient, les Allemands aussi peut-être qu’ils savaient, mais moi, vraiment, je savais pas. Aussi loin que je cherchais dans ma mémoire, je ne leur avais rien fait aux Allemands. J’avais toujours été bien aimable et bien poli avec eux. Je les connaissais un peu les Alle-mands, j’avais même été à l’école chez eux, étant petit, aux environs de Hanovre. J’avais parlé leur langue. C’était alors une masse de petits crétins gueulards avec des yeux pâles et furtifs comme ceux des loups ; on allait toucher ensemble les filles après l’école dans les bois d’alentour, où on tirait aussi à l’arbalète et au pistolet qu’on achetait même quatre marks. On buvait de la bière sucrée. Mais de là à nous tirer maintenant dans le coffret, sans même venir nous parler d’abord et en plein milieu de la route, il y avait de la marge et même un abîme. Trop de différence.

La guerre en somme c’était tout ce qu’on ne comprenait pas. Ça ne pouvait pas continuer.

Il s’était donc passé dans ces gens-là quelque chose d’extraordinaire ? Que je ne ressentais, moi, pas du tout. J’avais pas dû m’en apercevoir…

Mes sentiments toujours n’avaient pas changé à leur égard. J’avais comme envie malgré tout d’essayer de comprendre leur brutalité, mais plus encore j’avais envie de m’en aller, énormément, absolument, tellement tout cela m’apparaissait soudain comme l’effet d’une formidable erreur.

« Dans une histoire pareille, il n’y a rien à faire, il n’y a qu’à foutre le camp », que je me disais, après tout…

Au-dessus de nos têtes, à deux millimètres, à un millimètre peut-être des tempes, venaient vibrer l’un derrière l’autre ces longs fils d’acier tentants que tracent les balles qui veulent vous tuer, dans l’air chaud d’été.

Jamais je ne m’étais senti aussi inutile parmi toutes ces balles et les lumières de ce soleil. Une immense, universelle moquerie.

Je n’avais que vingt ans d’âge à ce moment-là. Fermes désertes au loin, des églises vides et ouvertes, comme si les paysans étaient partis de ces hameaux pour la journée, tous, pour une fête à l’autre bout du canton, et qu’ils nous eussent laissé en confiance tout ce qu’ils possédaient, leur campagne, les charrettes, brancards en l’air, leurs champs, leurs enclos, la route, les arbres et même les vaches, un chien avec sa chaîne, tout quoi. Pour qu’on se trouve bien tranquilles à faire ce qu’on voudrait pendant leur absence. Ça avait l’air gentil de leur part. « Tout de même, s’ils n’étaient pas ailleurs ! — que je me disais — s’il y avait encore eu du monde par ici, on ne se serait sûrement pas conduits de cette ignoble façon ! Aussi mal ! On aurait pas osé devant eux ! Mais, il n’y avait plus personne pour nous surveiller ! Plus que nous, comme des mariés qui font des cochonneries quand tout le monde est paru. »

Je me pensais aussi (derrière un arbre) que j’aurais bien voulu le voir ici moi, le Déroulède dont on m’avait tant parlé, m’expliquer comment qu’il faisait, lui, quand il prenait une balle en plein bidon.

Ces Allemands accroupis sur la route, têtus et tirail leurs, tiraient mal, mais ils semblaient avoir des balles à en revendre, des pleins magasins sans doute. La guerre décidément, n’était pas terminée ! Notre colonel, il faut dire ce qui est, manifestait une bravoure stupéfiante ! Il se promenait au beau milieu de la chaussée et puis de long en large parmi les trajectoires aussi simplement que s’il avait attendu un ami sur le quai de la gare, un peu im atient seulement.

Moi d’abord la campagne, faut que je le dise tout de suite, j’ai jamais pu la sentir, je l’ai toujours trouvée triste, avec ses bourbiers qui n’en finissent pas, ses maisons où les gens n’y sont jamais et ses chemins qui ne vont nulle part. Mais quand on y ajoute la guerre en plus, c’est à pas y tenir. Le vent s’était levé, brutal, de chaque côté des talus, les peupliers mêlaient leurs rafales de feuilles aux petits bruits secs qui venaient de là-bas sur nous. Ces soldats inconnus nous rataient sans cesse, mais tout en nous entourant de mille morts, on s’en trouvait comme habillés. Je n’osais plus remuer.

(...)

Serais-je donc le seul lâche sur la terre ? pensais-je. Et avec quel effroi !… Perdu parmi deux millions de fous héroïques et déchaînés et armés jusqu’aux cheveux ? Avec casques, sans casques, sans chevaux, sur motos, hurlants, en autos, sifflants, tirailleurs, comploteurs, volants, à genoux, creusant, se défilant, caracolant dans les sentiers, pétaradant, enfermés sur la terre, comme dans un cabanon, pour y tout détruire, Allemagne, France et Continents, tout ce qui respire, détruire, plus enragés que les chiens, adorant leur rage (ce que les chiens ne font pas), cent, mille fois plus enragés que mille chiens et tellement plus vicieux ! Nous étions jolis ! Décidé ment, je le concevais, je m’étais embarqué dans une croi sade apocalyptique.

On est puceau de l’Horreur comme on l’est de la volupté. Comment aurais-je pu me douter moi de cette horreur en quittant la place Clichy ? Qui aurait pu prévoir avant d’entrer vraiment dans la guerre, tout ce que contenait la sale âme héroïque et fainéante des hommes ?

À présent, j’étais pris dans cette fuite en masse, vers le meurtre en commun, vers le feu… Ça venait des profondeurs et c’était arrivé.

Le colonel ne bronchait toujours pas, je le regardais recevoir, sur le talus, des petites lettres du général qu’il déchirait ensuite menu, les ayant lues sans hâte, entre les balles. Dans aucune d’elles, il n’y avait donc l’ordre d’arrêter net cette abomination ? On ne lui disait donc pas d’en haut qu’il y avait méprise ? Abominable erreur ? Maldonne ? Qu’on s’était trompé ? Que c’était des manoeuvres pour rire qu’on avait voulu faire, et pas des assassinats ! Mais non ! « Continuez, colonel, vous êtes dans la bonne voie ! » Voilà sans doute ce que lui écrivait le général des Entrayes, de la division, notre chef à tous, dont il recevait une enveloppe chaque cinq minutes, par un agent de la liaison, que la peur rendait chaque fois un peu plus vert et foireux. J’en aurais fait mon frère peu reux de ce garçon-là ! Mais on n’avait pas le temps de fraterniser non plus.

Donc pas d’erreur? Ce qu’on faisait à se tirer dessus, comme ça, sans même se voir, n’était pas défendu ! Cela faisait partie des choses qu’on peut faire sans mériter une bonne engueulade. C’était même reconnu, encouragé sans doute par les gens sérieux, comme le tirage au sort, les fiançailles, la chasse à courre !… Rien à dire. Je venais de découvrir d’un coup la guerre tout entière. J’étais dépucelé. Faut être à peu près seul devant elle comme je l’étais à ce moment-là pour bien la voir la vache, en face et de profil. On venait d’allumer la guerre entre nous et ceux d’en face, et à présent ça brûlait ! Comme le courant entre les deux charbons, dans la lampe à arc. Et il n’était pas près de s’éteindre le charbon ! On y passerait tous, le colonel comme les autres, tout mariole qu’il semblait être et sa carne ne ferait pas plus de rôti que la mienne quand le courant d’en face lui passerait entre les deux épaules.

Il y a bien des façons d’être condamné à mort. Ah ! combien n’aurais-je pas donné à ce moment-là pour être en prison au lieu d’être ici, moi crétin ! Pour avoir, par exemple, quand c’était si facile, prévoyant, volé quelque chose, quelque part, quand il en était temps encore. On ne pense à rien ! De la prison, on en sort vivant, pas de la guerre. Tout le reste, c’est des mots.

Si seulement j’avais encore eu le temps, mais je ne l’avais plus ! Il n’y avait plus rien à voler ! Comme il ferait bon dans une petite prison pépère, que je me disais, où les balles ne passent pas ! Ne passent jamais ! J’en connaissais une toute prête, au soleil, au chaud! Dans un rêve, celle de Saint-Germain précisément, si proche de la forêt, je la connaissais bien, je passais sou vent par là, autrefois. Comme on change ! J’étais un enfant alors, elle me faisait peur la prison. C’est que je ne connaissais pas encore les hommes. Je ne croirai plus jamais à ce qu’ils disent, à ce qu’ils pensent. C’est des hommes et d’eux seulement qu’il faut avoir peur, toujours.

Combien de temps faudrait-il qu’il dure leur délire, pour qu’ils s’arrêtent épuisés, enfin, ces monstres ? Combien de temps un accès comme celui-ci peut-il bien durer ? Des mois ? Des années ? Combien . Peut-être jusqu’à la mort de tout le monde, de tous les fous ? Jusqu’au dernier ? Et puisque les événements prenaient ce tour désespéré je me décidais à risquer le tout pour le tout, à tenter la dernière démarche, la suprême, essayer, moi, tout seul, d’arrêter la guerre ! Au moins dans ce coin-là où j’étais. (...) "

 

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Rédigé par rafael

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Publié le 21 Décembre 2013

Buddha-Sarnath--2-.jpg

Bouddha, inde 

 

Le bouddhisme est né en Inde à peu près à la même époque que Mahâvîra rendit plus populaire le jaïnisme, avec lequel il partage une certaine tendance à la remise en cause de l'hindouisme (en particulier de la caste sacerdotale des brahmanes) tel que ce dernier était pratiqué à l'époque (VIe siècle av. J.-C.). Le bouddhisme a repris et aménagé beaucoup de concepts philosophiques de l'environnement religieux de l'époque (tels que dharma et karma, par exemple).

 

C'est en méditant sous un arbre à Bodh Gaya, qu'il eu une illumination et qu'il atteint l'éveil (bodhi), parvenu à cet état, il eut la connaissance du dharma (la vérité) et sut alors comment se libérer des cycles des renaissances et accéder au nirvana, la libération suprême. Il devint un Bouddha (ce qui signifie l'éveillé).

Il se rendit à Sarnath près de Varanasi où il prononça son premier sermon (sutra) connu sous le nom "Discours sur la mise en mouvement de la roue du dharma". Il énonça les "Quatre Nobles Vérités" :

- Constatation que le monde n'est que souffrance (perte d'un être cher, d'un objet,...) ;

- L'origine de la souffrance qui réside dans les désirs et attachements terrestres ;

- La cessation de la souffrance qui s'obtient par la disparition des désirs et attachements ;

- La vérité de la voie (Noble Octuple Voie) menant à la cessation de la souffrance en particulier par la méditation, pour atteindre le nirvana (l'état de non-renaissance) et donc devenir un bouddha.

Il passa les 40 dernières années suivantes de sa vie à prêcher le dharma (enseignement bouddhiste) de village en village, se retirant dans un monastère pendant la saison des pluies. A sa mort, il fut incinéré par ses disciples qui diffusèrent son enseignement.

 

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 hadda monastere de tapa-i-Kafariha sculpture Gandhara-Boddhisattva--2-.jpg

 

Si le bouddhisme prend sa source en Inde et il prend son essor dans l’ensemble de la péninsule et en Asie-Centrale. C’est dans ses régions septentrionale dans les vallées afghanes qu’un art accomplie de la sculpture prends ses sources des influences persanes et grecs. Alexandre a conquis ses régions en 300 av. JC, la civilisation hellénistique y est préniante. Cette civilisation gréco-bouddhique du ghandara aura un écho important dans la péninsule notamment à travers sa statuaire on l’on retrouve les influences des plus grands sculpteurs grecs, l’art gréco-bouddhique de cette période va se diffuser dans tout le nord de l’Inde humanisant les représentation de bouddha et ce jusqu’à Ajanta lieu de foisonnement intellectuel et artistique.

 

L’art du Gandhara (Ier au Ive siècle) trouvera son premier développement à Taxila au Pendjab et son apogée dans les ateliers de Mathura au nord d’Agra où la représentation du bouddha atteint sa plénitude, l’expression de la compassion et de la méditation est manifeste dans les sculpture de cet atelier. La ferveur mystique de cette époque aboutie au canon bouddhique que l’on retrouve dans beaucoup d’oeuvres de la civilisation indiennes , mais aussi chinoise ou d’asie du sud-est, le bouddha est représenté avec des traits lisses et pleins, dépouillés et purs, les prunelles mi-close, le regard serein et paisible, un léger sourire aux lèvres. A Ajanta une inscription indique que la sculpture de Bouddha de la grotte 4 a été offerte par un certain Abhayanandi, qui la fit venir de Mathura.

 

 

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Rédigé par rafael

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Publié le 12 Novembre 2013

Agra porte sud mausolee Akbar Sikandra (2)

Porte sud du mausolée d'Akbar à Sikandra

 

Jalâluddin Muhammad Akbar, (1542-1605) dirige l'Empire moghol de 1556 jusqu'en 1605. Il est généralement considéré comme le plus grand - akbar en arabe - Moghol.

 

Akbar fait preuve d'un grand talent d'administrateur et continue le travail de réorganisation commencé par Sher Shâh Sûrî, qui avait chassé son père hors de l'Inde. Il divise son territoire en 15 provinces, avec à la tête de chacune un gouverneur militaire, le Nawâb Nazîm, et un administrateur civil, le Dîwân qui en contrôle les finances. Il établit un impôt sur les terres agricoles correspondant au tiers de la valeur de la récolte. Tolérant en matière de religion, il abolit, en 1563, la jiziya, l'impôt levé en terre d'Islam sur les non-musulmans, les taxes sur les pèlerinages; il épouse une princesse hindoue, Mariam az-Zamânî, la fille du râja d'Amber Bihârî Mal, mère de son fils et successeur Jahângîr, et accueille des hindous dans son administration et ses armées, ce qui lui entraînera des alliances avec les royaumes Rajputs.

 

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À partir de 1561, il réforme l’administration de l’empire. Il charge l’eunuque Itimad Khan (Khwaja Malik I'timad Khan) d’accroître les rentrées du pouvoir central aux dépens des gouverneurs de province. Pour réaliser la centralisation, Akbar doit mettre au pas les factions ethniques, les oulémas et enfin les clans centre-asiatiques. Le système de l’iqtâ est supprimé. L’administration peut prélever directement les impôts et payer en espèces les dignitaires de l’Empire. Devant une grande révolte provoquée par ces réformes, Akbar devra revenir en arrière dans les années 15802.

D'une grande ouverture intellectuelle et religieuse il invite des représentants des grandes religions à débattre devant lui de questions religieuses. Des jésuites de Goa y sont également invités. De ces débats et recherches, il tire, en 1581, une religion de la lumière appelée Dîn-i-Ilâhî, idéologie religieuse syncrétiste empruntant à l'Islam, au Christianisme et surtout au Jainisme. Il espérait promouvoir cette religion comme facteur unifiant de son empire. Il autorise à nouveau la construction de temples hindous mais interdit la satî, le suicide des veuves.

 

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Fatehpur-Sikri

 

 Pour célébrer sa victoire sur le Gujerat, il ordonne la construction (1569-1576) d'une nouvelle capitale à Fatehpur-Sikrî, près de Āgrā, où il fait créer un nouveau style architectural mélangeant les influences musulmanes et hindoues. Akbar élabore un véritable rituel de cour. À Fatehpur-Sikrî, ses apparitions en public sont programmées et il traître les affaires courantes dans un hall ouvert à tous (cérémonie du darbar). Il fait de nombreuses réformes administratives et prend des mesures en faveur des paysans. Fatehpur-Sikrî est rapidement abandonnée car manquant gravement d'eau (1586). Il s'installe à Lahore, plus près de régions instables. Il attire des peintres en miniatures persans.

Les dernières années du règne d'Akbar sont marquées par les rébellions fréquentes de son fils Salim, le futur empereur Jahângîr. Il meurt à Āgrā le 27 octobre 1605 de dysenterie. Un superbe mausolée en marbre blanc et grès rouge élevé par son fils à Sikandra au nord-ouest de la ville, recueille sa dépouille. Sa tombe sera profanée par les Jâts, des agriculteurs révoltés, et ses restes dispersés.

Source: Wikipédia

Photos: Lankaart

 

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Rédigé par rafael

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Publié le 5 Novembre 2013

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Basilique Sainte-Sophie

 

Aborder Istanbul c’est partir à la découverte de deux grandes périodes de l’histoire de l’art: la période byzantine correspondant aux règnes des empereurs byzantins du IVe siècle au XVe siècle et la période ottomane qui s’épanouit au XVIe et XVIIe siècle et se prolonge jusqu'au début du XXe siècle.

 

La ville byzantine et romaine:

 

Ville stratégique à l’entrée de la Mer Noire, Byzance, l’Istanbul des grecs de la haute antiquité, contrôlait le commerce entre les rives de la mer Noire , le débouché de la Volga et les royaumes du bassin méditerranéen. Tous les bateaux qui empruntaient la route du Bosphore trouvaient dans la Corne d’Or un port naturel, un refuge sur le long périple qu’ils entreprenaient. Cette position stratégique à la fois militaire et commerciale sera choisie par Constantin pour devenir la deuxième Rome en 330 après J.-C.. La ville, devenue capitale, s’est alors considérablement agrandie. De nombreux monuments seront construits à cette époque dont La Basilique Sainte-Sophie, le stade, le forum.

 

L’art dit Byzantin trouve son apogée durant cette période qui voit l’Empire d’Orient résister avec succès aux invasions barbares du Nord et à la poussée islamique au Sud. Contrairement à l’Empire romain d’Occident qui déclinera rapidement sous la poussée des invasions la civilisation byzantine s’épanouira pendant plusieurs siècles et influencera tout l‘est du bassin méditerranéen.

 

Le centre d’Istanbul c’est édifié et densifié au cours de cette période qui va du IVe au XVe siècle. Pendant 1000 ans les empereurs et l’aristocratie de Constantinople vont embellir la cité.

 

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La basilique Sainte-Sophie:

 

Sainte-Sophie est l'un des monuments les plus représentatifs de la grandeur de la civilisation byzantine. Elle fut construite à la demande de l'empereur Justinien, à l'emplacement même d'une ancienne basilique. Anthémius de Tralles et Isidore de Milet furent choisis par l'empereur pour édifier ce qui sera, pendant plusieurs siècles, l'un des plus grands bâtiments du monde et l'une des plus grandes coupoles jamais édifiées.

 

Le bâtiment de plan centré en croix grecque offre un volume intérieur immense. Construite en seulement 5 ans (532-537), la structure de la basilique est une véritable prouesse technique, témoignage d'une très grande maîtrise de la part des architectes.

 

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Sa conception reprend des principes constructifs déjà utilisés par les architectes romains : la coupole, dont le cercle de la base est parfaitement lisible depuis l'intérieur de la basilique, repose sur quatre pendentifs concaves qui libèrent l'anneau bas de la coupole et accentuent la perspective, donnant l'impression que le toit de l'édifice flotte dans le ciel.

 

Les pendentifs sont repris par quatre piliers massifs contrebutés par des demi-coupoles, seulement sur deux côtés, source de désordre ultérieur.

 

Église du saint Sauveur in Chora :

 

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Saint-Sauveur-in-Chora est l'une des plus belles églises d’Istanbul. Elle fut construite à l'Ouest du centre, non loin des anciennes murailles de l'antique Byzance. Sa valeur artistique est liée à la profusion des mosaïques et des fresques qui couvrent les murs, les voûtes et les coupoles de l'église. A l'origine, lors de sa construction au Ve siècle, l'église était hors des murs de la cité, Chora signifiant dans les champs.

 

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Elle fut reconstruite au XIe siècle à la demande de Maria Ducaina, belle-mère de l'empereur Alexis Ier Commène, sous la forme d'un plan en croix caractéristique du renouveau architectural byzantin. La décoration intérieure fut exécutée plus tard, entre 1315 et 1321, sous l'impulsion de l'homme d'état Théodore Métochitès.

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Muse-Kariye--Saint-Sauveur-en-Chora---12-.jpgMuse-Kariye--Saint-Sauveur-en-Chora---14-.jpg

 

Dans le centre de la ville au détour d’une rue, les vestiges de la ville de Constantin sont nombreux: l'Hippodrome, l'Aqueduc de Valens, les Églises justiniennes de Sainte Sophie, Sainte Irène, L'Église de la Petite Sainte Sophie (ancienne Église des Saints Serge et Bacchus), et le Monastère du Pantocrator fondé par l'Impératrice Irène sous le règne de Jean II Comnène.

 

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Citerne sous le centre ville.

 

A cette période faste succédera pour l’empire une période de recul constant marqué par la prise de la ville et son pillage lors de la croisade de 1204. L’empire disloqué, la civilisation byzantine vivra ses dernières heures en résistant aux invasions turcs jusqu’à sa chute en 1453.

 

La ville ottomane:

 

Constantinople devient en 1453 Istanbul, capitale de l’empire Ottoman, retrouvant ainsi les fastes d’antan. La ville est au centre de l’empire, les constructions se multiplient. Cette période voit l’art ottoman atteindre son apogée. La ville se couvre de monuments et rayonne sur l’ensemble du monde musulman et une grande partie de l’Europe de l’Est passée sous la coupe des Ottomans. Cette période faste couvre les XVIe et XVIIe siècles.

 

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Mosquée Bleue

Le palais de Topkapi:

 

Après la conquête de la ville, Mehmed II fit édifier le palais sur la « pointe du Sérail » qui donne à la fois sur la Corne d’Or et la mer de Marmara à l’emplacement de l’ancienne acropole de la ville grecque. C’est Soliman le Magnifique au XVIe siècle qui lui donnera son aspect actuel. L’ensemble reste une accumulation de constructions sans véritable ordonnancement, ce qui fait son charme. A l’instar des forts d’Agra et de Delhi, le palais est une succession de bâtiments organisés autour de cours traversées par de nombreux passages et donnant sur de splendides jardins. Les vues sur la mer et le Bosphore sont superbes.

 

La Mosquée de Süleymaniye

 

Soliman le Magnifique fit construire entre 1550 et 1557 par l’architecte Sinan le complexe urbain et religieux de la Mosquée Süleymaniye. Cet ensemble constitué de la mosquée, d’une école coranique, d’un hôpital, de bains publics, d’un hospice et de nombreux collèges et magasins est un lieu unique dans la ville.

 

La mosquée est l’une des plus belles œuvre de Sinan. Le volume intérieur, particulièrement harmonieux, les proportions de l’édifice, sa silhouette dans la ville font de ce monument un lieu incontournable.

 

Sinan pose dans cet édifice les principes de l'architecture des mosquées ottomanes, ils sont simples et inspirés en partie par l'architecture byzantine: plan centré, édification d'immenses coupoles qui libèrent l'espace de prière, position des minarets aux quatre angles des édifices, décoration somptueuse des espaces intérieurs.

 

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Turquie Istanbul Yeni Camii Caddesi

Turquie Istanbul Yeni Camii Caddesi (3)Turquie Istanbul Yeni Camii Caddesi (7)

 

La Mosquée Bleue

 

La Mosquée Bleue d'Istanbul, ou Sultanahmet Camii, est le pendant de la Basilique Sainte-Sophie qui lui fait face. Elle est l'œuvre de Sedefhar Mehmet Aga et fut bâtie entre 1609 et 1616 à la demande du Sultan Ahmet Ier. L'œuvre est un manifeste de la puissance et de la créativité des ottomans face aux vestiges de la civilisation byzantine. La mosquée est construite sur un plan similaire à la basilique Sainte-Sophie et selon les principes établis par Sinan.

 

L'habitat vernaculaire autour des principaux monuments religieux dans les quartiers de Süleymanye et de Zeyrek reste un témoignage exceptionnel de la vieille ville ottomane. Se perdre dans le dédale des rues en admirant les maisons en bois est l’un des délices de la ville. On se perd facilement dans les rues, mais on finit toujours par retrouver l’immense bazar, véritable ville dans la ville.

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 Mosquée Rusten Pacha

 

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Istanbul le bazar

Pendant la période ottomane Istanbul s’agrandit. Les multiples peuples de l’empire s’installent dans la ville, son économie prospère jusqu’au XIXe siècle. Le lent déclin de l’empire jusqu’à la première guerre mondiale laisse la place en 1920 à une Turquie moderne dynamique menée par Mustapha Kemal. La capitale se déplace sur les hauts plateaux anatoliens à Ankara, mais Istanbul reste une ville cosmopolite dont le rayonnement économique et le pouvoir de séduction reste toujours constant. Même si la population grecque a été contrainte à l’exil, la ville continue à brasser les peuples. Aujourd’hui la ville est devenue une agglomération tentaculaire dépassant les 10 millions d’habitants qui se développe très rapidement de part et d’autre du Bosphore. Les constructions contemporaines foisonnent mais le centre historique reste à l’abri de ce développement souvent anarchique.

 

Texte et Photos: Lankaart (c)

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Rédigé par rafael

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Publié le 30 Octobre 2013

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Alcazar de Séville

L’œuvre de l’Empire almohade a profondément marqué l’histoire et l’art de l’Occident musulman. De son noyau initial dans les zones montagneuses de l’Anti-Atlas et du Haut-Atlas, le mouvement almohade réussit à fonder le plus vaste empire qu’ait jamais connu la partie occidentale du Dâr al-islâm, de la Tripolitaine à l’Atlantique, et englobant al-Andalus.

 

L’histoire des Almohades commence avec la prédication d’Ibn Tûmart, juriste berbère originaire de la tribu des Hargha. En s’insurgeant contre les Almoravides, et en s’indignant particulièrement contre la mainmise des juristes malikites sur le pouvoir du souverain ‘Alî b. Yûsuf, Ibn Tûmart prône la réforme et professe une nouvelle doctrine l’unitarisme. Celle-ci propose une synthèse des apports de plusieurs courants musulmans, notamment l’ash`arisme et le chiisme, et prêche le retour aux sources fondamentales du droit musulman (Coran et sunna) afin de remplacer le recours aux compilations de jurisprudence, pratique prépondérante chez les juristes malikites. Ibn Tûmart se proclame ensuite Mahdî, notion empruntée au chiisme, impliquant le caractère messianique de son mouvement, et lui octroyant l’impeccabilité (‘isma) nécessaire à la légitimation de son action.

 

Grâce à l’appui de certaines grandes tribus des Berbères Masmûda, Ibn Tûmart mobilise autour de lui une première communauté de fidèles, qui se fixe en 1124 à Tinmel. Doté d’une organisation hiérarchique inspirée des traditions communautaires berbères, le mouvement almohade entame une longue conquête du pouvoir. À sa mort en 1130, Ibn Tûmart lègue la direction du mouvement à ‘Abd al-Mû’min, véritable stratège et chef de guerre, et artisan de la victoire almohade sur les Almoravides. La chute de ces derniers avec la prise de Marrakech en 1147, ne met pas un terme à la conquête almohade, qui se poursuit par une lutte sans merci contre de nombreuses insurrections, et surtout par une extension de l’empire vers l’Ifrîqiya et al-Andalus. En imposant leur autorité sur les territoires conquis, les Almohades, à l’instar de leurs prédécesseurs, font de la lutte contre l’avancée chrétienne, normande en Ifrîqiya, portugaise et castillane en al-Andalus, un objectif fondamental. Les succès almohades ont permis ainsi de mettre fin à la première, et de retarder pour un temps la deuxième, notamment avec le succès d’Alarcos en 1195.

 

La grandeur de l’Empire almohade n’émane pas seulement de sa large expansion géographique. Forts de la légitimité que leur assure l’ « almohadisme », les souverains almohades, à commencer par ‘Abd al-Mû’min, se proclament califes et rompent ainsi avec la reconnaissance nominale de l’autorité abbasside respectée par les Almoravides. Le pouvoir califal repose sur une organisation étatique hiérarchisée et efficace, dans laquelle les sayyid, membres du clan mu’minide, et les ashyâkh, dignitaires des différentes tribus almohades, occupent une place de choix. Le message almohade est diffusé grâce à un corps de docteurs, talaba ou huffâz, chargés d’initier la population, en langue berbère, aux fondements du dogme almohade. 

 

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Dotés d’une importante flotte de guerre, les Almohades règnent sur un territoire où se développe une grande activité portuaire, notamment à Tunis, à Bougie et à Ceuta, ou encore sur l’Atlantique. Les échanges avec l’Occident chrétien, malgré la confrontation militaire en al-Andalus, sont continus, et les contacts diplomatiques, avec Pise ou Gênes par exemple, assurent les conditions nécessaires à une activité commerciale de plus en plus importante.

 

La force du projet politique et des capacités d’organisation administrative du régime almohade sont propices à de grands programmes d’urbanisation. Dans la capitale Marrakech une nouvelle cité palatiale, la Qasba, est aménagée. Séville, siège andalou de l’autorité califale almohade, connaît également d’importants chantiers dans les espaces palatiaux (le qasr ou Alcázar), et la construction d’une nouvelle grande mosquée. Ribât al-Fath (future Rabat), est la principale nouvelle fondation almohade, initiée par ‘Abd al-Mû’min et poursuivie par ses successeurs. Point de regroupement des armées almohades en partance vers al-Andalus, Rabat connaît sous les Almohades la construction d’une grande mosquée inachevée, la mosquée Hasan, aux dimensions inégalées dans l’histoire de l’Occident musulman médiéval. De très nombreuses autres villes du Maghreb et d’al-Andalus, comme Taza, Fès, Silves, Mertola, Siyâsa ou Saltès portent encore les traces d’une vie urbaine prospère. L’urbanisme almohade est marqué notamment par l’importance des systèmes de fortification urbaine, et l’intérêt particulier accordé à l’extension des zones de jardins péri-urbains grâce à l’aménagement des bahîra (jardins dotés de grands bassins d’eau), comme à Marrakech, Fès ou Séville.

 

L’expression artistique est sans doute un vecteur privilégié de l’idéologie almohade. Leur héritage dans le domaine de l’architecture religieuse est grandiose : parmi de très nombreux lieux de culte recensés au Maghreb et en al-Andalus, plusieurs grandes mosquées almohades sont de véritables chefs-d’œuvre. On en compte dans toutes les villes capitales de l’empire : à Marrakech d’abord, avec les deux Kutubiyya (1147 et 1158) et la mosquée de la Qasaba (vers 1197), à Séville ensuite, dotée d’une nouvelle grande mosquée après 1172. Les deux nouvelles fondations almohades, Taza et Rabat, sont pourvues chacune d’une grande mosquée, respectivement en 1135 et 1196-1197, sans oublier Tinmel, principal noyau du mouvement almohade, où une grande mosquée est construite vers 1153 pour cultiver le souvenir du Mahdî Ibn Tûmart. Ces principales réalisations relèvent d’un programme architectural cohérent et raisonné : les salles de prière sont disposées selon un plan en T, hérité des exemples classiques de Médine, Cordoue ou Kairouan. Les nefs sont perpendiculaires au mur de la qibla qui est précédé par une large nef transversale, alors que la nef axiale est toujours plus grande que les autres. Une série de coupoles, ornées de compositions de muqarnas, viennent mettre en valeur les nefs axiale et transversale, et marquent les points d’intersection entre cette dernière et les nefs longitudinales. La cour centrale (sahn), généralement délimitée par le prolongement des nefs latérales et par conséquent parfaitement intégrée dans la masse du bâtiment, assure l’équilibre de la composition architecturale. Le minaret constitue incontestablement l’organe le plus emblématique du programme esthétique des mosquées almohades. Les corps des hauts minarets sont décorés par une succession de registres variés qui associent des arcatures de formes diverses et des réseaux recticurvilignes qui tendent à occuper une place plus importante dans la forme aboutie du minaret almohade, comme on l’observe dans le minaret de la mosquée de la Qasba à Marrakech. Le haut de la tour est également ceinturé par une bande de carreaux de céramique posés sur des parements de bois.

 

Les portes monumentales urbaines font partie des éléments architecturaux particulièrement soignés par les Almohades. Il s’agit d’un véritable monument quadrangulaire, en saillie par rapport aux courtines des murailles et généralement flanqué de deux tours. Son franchissement se fait par une série de salles ou d’espaces découverts, généralement disposés en chicane. Certaines de ces portes (Bâb al-Rwâh et la porte des Udâya à Rabat ; Bâb Agnâw à Marrakech), offrent une ornementation élaborée qui tranche avec la sobriété habituelle. En effet, l’esthétique almohade a fait un usage particulier de l’ornement : il est généralement aéré, sobre, mais équilibré. L’austérité affichée par les Almohades constitue une réaction à l’exubérance de la décoration almoravide.

 

Par ailleurs, les arts mobiliers se développent d’une manière considérable sous les Almohades. Les tirâz, dont plusieurs exemples sont conservés en Espagne chrétienne, s’inscrivent dans la continuité de la production textile andalouse et ne semblent pas refléter l’austérité de la décoration architecturale almohade. Parmi les nombreux types de production céramique, l’esgrafiado (esgrafié) est sans doute le plus caractéristique, notamment dans la partie orientale d’al-Andalus où les plus beaux spécimens ont été trouvés.

 

Victime de ses propres contradictions et de l’importance grandissante de ses concurrents internes, le régime almohade s’écroule progressivement à la suite de la débâcle de Las Navas de Tolosa (al-‘Uqâb, 1212). La conquête chrétienne en al-Andalus s’accélère et les principales villes musulmanes tombent l’une après l’autre : Cordoue (1236), Valence (1238), Murcie (1243), ou encore Séville (1248). Seule une enclave musulmane autour du royaume de Grenade réussit à se maintenir sous l’égide de la nouvelle dynastie nasride. Au Maghreb, le pouvoir almohade, fragilisé sur le plan idéologique par l’abrogation du dogme de l’infaillibilité du Mahdî par le calife al-Mâ’mûn en 1232, est confronté au démembrement inévitable de son empire, que se partageront désormais, ses trois successeurs hafside, ‘abd al-wadide et marinide.

 

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Publié le 19 Août 2013

Postdam chateau palais de Sanssouci (4)

 

Frédéric Guillaume Ier fit de Potsdam un centre administratif et surtout une ville de garnison au point que les trois quarts de sa population se composaient de militaires. Puis la ville fut adoptée comme résidence par la maison royale de Prusse. La plupart de ses bâtiments prestigieux furent érigés sous le règne de Frédéric le Grand.

 

Le palais de Sans-souci est son monument le plus connu. Réalisé par Georg Wenzeslaus von Knobelsdorff entre 1745 et 1747, Sanssouci répondait au besoin qu'avait Frédéric II d'une résidence privée où se détendre, loin des solennités de la cour berlinoise. Le « palais », pour cette raison, s'apparente en réalité davantage à une grosse villa, et son véritable équivalent en France est le château de Marly. Le roi y réunissait ses proches — il y reçut Voltaire — et la conversation se faisait uniquement en français, pour des repas en petit nombre, des tabagies, ou des concerts quotidiens privés où le roi se mettait souvent à la flûte. Le bâtiment de dix pièces s'étend sur un seul niveau, au sommet d'une colline en terrasses et au centre du parc. Les goûts personnels du roi ont eu une telle influence sur la conception et la décoration du palais que l'on parle parfois de « rococo frédéricien ». Frédéric lui-même considérait l'endroit si lié à sa propre personne qu'il le voyait comme « un lieu qui mourrait avec lui ».

L'emplacement et la disposition de Sanssouci au-dessus d'un coteau de vignes reflètent l'idéal pré-romantique d'harmonie entre l'homme et la nature dans un paysage ordonné par la main du jardinier. Frédéric II n'aimait pas les jardins à l'anglaise, préférant les jardins à la française. La viticulture, très vite, passe au second plan et cède la place aux jardins d'agrément. La colline sur laquelle Frédéric décide d'implanter son vignoble en terrasse devient l'axe central de son domaine, couronné par un château relativement modeste - mein Weinberghäuschen (« mon petit cellier »), comme Frédéric se plaît à l'appeler. Bénéficiant d'une vue panoramique sur les alentours, le roi désire résider ici « sans souci » et s'y livrer à ses passions artistiques ou personnelles. Le palais est réservé au roi et à ses proches pendant les mois d'été, de fin avril à début octobre.

 

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Le Pavillon chinois dessiné par Johann Gottfried Büring entre 1755 et 1764 - typique des chinoiseries de l'époque mélangeant le rococo aux éléments architecturaux venus d'Orient.

Frédéric, outre le plan général, dessine lui-même ses desiderata pour la décoration intérieure et ses souhaits sont interprétés et réalisés par des artistes comme Johann August Nahl, les frères Hoppenhaupt, les frères Spindler et Johann Melchior Kambly dans le style rococo. Si Frédéric se soucie peu de l'étiquette et de la mode, il aime en revanche à s'entourer d'objets d'art et de peintures. Il arrange ses appartements privés en fonction de ses goûts et de ses besoins en ignorant le plus souvent les courants en vogue et les modes, c'est ainsi qu'on parle de rococo frédéricien pour décrire le style qui se développe alors en Prusse sous l'impulsion du roi.

« Le palais et le parc de Sanssouci, souvent décrits comme le « Versailles prussien », représentent une synthèse des mouvements artistiques et de l'art de cour européen au xviiie siècle. Cet ensemble est un exemple unique de l'intégration de l'architecture et du paysage dans le cadre intellectuel des idées de l'État monarchique. »

 

Potsdam Nouveau Palais (2)

 

Potsdam Nouveau Palais (6)

Postdam, le Nouveau Palais.

 

Le Nouveau Palais (en allemand : Neues Palais) est un palais situé sur le côté ouest du parc royal de Sanssouci à Potsdam. Sa construction a commencé en 1763, après la fin de la guerre de Sept Ans, sous Frédéric le Grand, et s'est achevée en 1769. Il est considéré comme le dernier grand palais baroque prussien.

 

La construction du palais, voulue par Frédéric le Grand, a commencé à la fin de la guerre de Sept Ans, pour célébrer les succès de la Prusse. La guerre est également connue sous le nom de Troisième Guerre de Silésie, en raison du différend à propos de la Silésie. À travers cette architecture, Frédéric le Grand a cherché à montrer la puissance et la gloire de la Prusse, mais on peut voir une sorte de fanfaronnade dans cet excès de splendeur des marbres, des pierres et des dorures.

 

Alors que Frédéric le Grand avait réalisé Sanssouci en rococo, il construisit le Nouveau Palais en diverses formes d'architecture et de décoration baroques, avec quelques écarts. Le roi avait préféré le baroque au rococo et au classicisme, pourtant bien affirmé à l'époque comme la préférence de nombreux monarques européens. La réalisation du Nouveau Palais fut confiée à l'architecte Johann Gottfried Büring, assisté de Ludwig Heinrich Manger, qui avait déjà mené avec succès la construction du pavillon chinois et de la galerie de peinture, dans le parc royal de Sanssouci.

 

Schinkel chateau de Charlottenhof Postdam

 

Le palais de Charlottenhof se trouve au sud-ouest du palais de Sanssouci. Ce petit château néo-classique a été construit, dans le style classique italien, de 1826 à 1829 par Karl Friedrich Schinkel. On y voit le bureau et la chambre à coucher d'Alexander von Humboldt. Comme pour les thermes romains de Potsdam, aussi dessinés par Schinkel, le roi Frédéric-Guillaume IV — qui à l'époque n’était que prince — participa aux dessins et aux plans du château et des jardins environnants. En effet c'etait un dessinateur qui manifestait un profond penchant pour les arts.

 

Considéré comme un architecte ceint de la couronne, il prépare directement des projets et assume le suivi de certains autres comme les modifications urbanistiques de Berlin, la création de jardins, comme celui de sa villa italienne à Charlottenhof (avec Lenné), ou l'édification d'églises, de monuments ou de châteaux, comme le château de l'Orangerie. Il est le commanditaire de plusieurs grands artistes allemands, dont l'architecte Karl Friedrich Schinkel qu'il finance pour achever la cathédrale de Cologne, immense entreprise, et la reconstruction du château de Stolzenfels.

 

Schinkel chateau de Charlottenhof Postdam (2)Schinkel chateau de Charlottenhof Postdam (4)

 

Source: Wikipedia

 Photos: lankaart (c)

 

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Publié le 17 Août 2013

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Samarcande- le Registan

 

L'empire timouride naquit de la conquête de Timur-i Leng ("Timour le boiteux"), plus connu sous le nom de Tamerlan. Celui-ci était originaire de Kesh, l'actuelle Shahr-e Sabz, une ville située à environ 100 km au sud de Samarkand. Il appartenait au clan turco-mongol des Barlas, parents lointains de Gengis Khan. Par un système d'alliance, Timour parvint à prendre possession de la ville de Samarkand en 1370, avant de s'engager dans une conquête fulgurante du monde islamique : il s'empara du Khwarezm et du Khorasan en 1371, de l'Iran et de la Mésopotamie cinq ans plus tard, puis de la plaine Kipchak où régnait la Horde d'Or. En 1395, il occupa pendant un an la ville de Moscou, avant de faire campagne en Inde (1398-1399) et de mettre à sac la ville de Delhi. En Anatolie en 1402, il s'empara de la personne du sultan Bayazid II, puis se battit en Syrie, prit Damas, se dirigea vers l'Égypte, mais la dynastie Mamelouke se déclara vassale, évitant ainsi l'annexion de son territoire. Il meurt à soixante et onze ans alors qu'il s'apprêtait à se diriger vers la Chine.

La succession du conquérant avait été organisée de son vivant, et c'est son fils Shah Rukh qui monta sur le trône. Mais le territoire se morcela rapidement, et il fallut au successeur de Timour prendre les armes pour reconquérir l'empire que lui avait légué son père. En 1420, il dirigeait l'Iran et l'Irak, et dominait, au moins de nom, l'Inde et la Chine. Son propre fils, Ulugh Beg, astronome réputé, et gouverneur de Samarkand, prit sa succession en 1447. Mais, attaqué de toutes parts, il connut une période de décadence territoriale qui se poursuivit jusqu'à la fin du règne de sultan Husayn Bayqara (r. 1469-1506), qui clôt la dynastie.

 

Behzad bataille

Bezhad bataille.

 

Timour, bien qu'illettré, avait un grand goût pour la culture et l'art. À chacune de ses conquêtes, il déportait nombre d'artistes et d'artisans vers Samarkand, ce qui créa un nouvel art métissé et brillant : le "style timouride international". Ce style se diffusa dans tout le monde islamique après la mort de Timour, lorsque les artisans revinrent chez eux et composèrent un peu partout des œuvres aux influences variées, d'après ce qu'ils avaient pu voir à Samarkand.

 

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Ouzbekistan-samarcande-mausolee-du-Gour-Emir--6-.jpgOuzbekistn-Samarcande--Chah-I-Zinda--2-.jpg

Détails d'architecture.

 

Le mécénat sultanien était important grâce aux richesses accumulées pendant les conquêtes : la moitié des édifices alors construits furent des commandes impériales. Il faut noter le rôle important des femmes dans toutes les commandes artistiques.

 

Ouzbekistan-samarcande-mausolee-du-Gour-Emir--30--copie-1.jpgOuzbekistan Boukhara medersa Miri Arab (5)

Samarcande Gur-i mir - Boukhara Medersa. 

 

À partir de 1370, Timour décida de prendre Samarkand comme capitale. Cette ville, qui existait depuis la période achéménide avait été rasée par les invasions mongoles, et dut être entièrement reconstruite. Entourée d'une muraille ouverte de six portes, elle se compose d'un centre (le registan) où convergent six avenues qui structurent la cité. Des structures importantes, comme le grand bazar et la citadelle sont bâties à cette période, mais la nécropole de Shah-i Zinda comporte des tombeaux beaucoup plus anciens.

 

La mosquée Bibi Khanum porte ce nom en souvenir de la femme (ou la belle-mère, selon les sources) de Timour (Tamerlan), à qui elle est dédiée. Implantée en plein cœur de la ville, elle fut commandée en 1398-99, au retour de la campagne indienne, mais subit de nombreuses restaurations tout au long de son histoire (le dôme principal s'était effondré dès le XVe siècle). Son plan s'inscrit dans un rectangle de 109 x 107 mètres. Il s'agit d'un plan iranien à quatre iwans, entouré sur trois côtés de salles sous coupole et d'un portique. Le portail, extrêmement haut et profond, est l'archétype d'un pishtak ; entièrement recouvert de céramique, il comporte dans sa partie supérieure une généalogie de Timur-i Leng (Tamerlan). Les coupoles sont côtelées et bulbeuses, décorées par de la céramique.

 

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Samarkand Gur-i mir.

 

Le Gur-i mir est un peu plus tardif : sa construction s'échelonne entre 1400 et 1404. Il s'agit en fait un complexe composé d'une madrasa (avant 1401) à l'est, d'une khanqah à l’ouest et du tombeau dynastique, construit en 1403 après la mort d'un des petits fils de Timour. Ce mausolée, carré à l'intérieur mais octogonal à l'extérieur, est surmonté d'une coupole très haute car elle comporte deux coques. Son décor est marqué par une profusion de matériaux précieux : carreaux en onyx, inscriptions en jaspe vert, céramique dorée. Dans la coupole et certains renfoncements, on note une importante utilisation des muqarnas.

 

Dans le domaine de l'architecture funéraire, le monument le plus important est sans conteste le mausolée de Shaykh Ahmad Yasavi, construit à Turkestan entre 1394 et 1399. Lieu de pèlerinage important, la sépulture du fondateur de l'ordre soufi des Yasavi forme un grand rectangle (65,5 x 46,5 m), centré sous une salle sous coupole. Celle-ci sert de hall d'entrée derrière un portail en forme de grand iwan, et ouvre vers la tombe (à l'arrière) et diverses pièces annexes sur les côtés (bains, bibliothèque, cuisine, salles de prière, mosquée). On remarque une hiérarchie dans la distribution spatiale, la hauteur du monument diminuant au fur et à mesure que le visiteur avance vers la tombe. Le décor est réalisé par des muqarnas (dans les voûtes et les coupoles) et grâce à la technique du hazerbaf au dehors. Les signatures des artistes font référence à la ville de Shiraz, ce qui indique sans doute que des techniques (de voûtement notamment) ont été amenées depuis cette cité par le biais des déportations.

 

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Samarkand Shah-i Zinda

On peut également mentionner la nécropole de Shah-i Zinda ("le roi vivant") à Samarkand, qui comporte des tombeaux de différentes périodes entre le XIe et le XVe siècle. Malgré les différence de date, on remarque une recherche d'uniformité entre tous les tombeaux, qui sont tous des cubes sous coupoles. Ceux de la période timouride se distinguent par leur hauteur, leurs coupoles côtelées et leur revêtement complexe de céramique.

 

Après Timour, sous Shah Rukh, ce fut la ville de Herat qui devint capitale et fut rénovée. On y trouve en particulier une madrasa-mausolée faite par Qavam al-Din Shirazi entre 1417 et 1437 sur commande de la femme du sultan, Gawharshad. La tombe, qui constitue le seul élément survivant avec deux minarets, est couverte d'un dôme à double coque, dans lequel on observe des nouveautés : une zone de transition très basse, avec des trompes, et une chambre plus cruciforme que carrée.

 

Ouzbekistan-Samarcande-Registan--5-.jpgouzbekistan Samarcande Registan (7)

Samarkand Registan

 

Leur fils Ulugh Beg, quant à lui fit construire un immense observatoire à Samarkand, aujourd'hui disparu. Une madrasa, située devant le Registan, la place centrale de Samarkand, fut également édifiée sur son ordre entre 1417 et 1421. Il s'agit de l'un des bâtiments les plus complexes du règne timouride, qui fonctionnait originellement couplé avec une khanqah. Son grand iwan d'entrée, mène à une cour carrée à quatre iwans, de 30 m de côté, entourée de logements pour cent étudiants. Pour le décor, toutes les surfaces sont couvertes de lambris de marbre, de mosaïque de briques, de carreaux de céramique en cuerda seca, etc. Ulugh Beg fit bâtir à Boukhara une autre madrasa, ouverte en 1418.

 

À Samarkand, un grand rassemblement de peintres a lieu grâce à Timour, mais aucun manuscrit à peintures commandité par lui n'est connu. On ne conserve que deux Corans faits sur son ordre. Par contre, Ulugh Beg fut un grand mécène, et plusieurs manuscrits lui sont rattachés, comme un Suwar al-kawarib d'al-Sufi fait vers 1430-1440 et comportant 74 peintures dont un portrait du souverain. Plusieurs ouvrages astronomiques rappellent également son goût pour cette science.

 

Behzad processionBehzad ville

Behzad miniatures

 

À Shiraz et dans le Fars, c'est Pir Muhammad qui le premier poursuit la tradition de mécénat muzaffaride. Iskandar Sultan développe ce mécénat, suivi par Ibrahim Sultan, qui est lui-même calligraphe (on connaît des Corans de sa main) et le fils de ce dernier, Abdullah. Le style développé dans cette école se distingue par les silhouettes élancées des chevaux et des personnages, et le mélange de traditions muzaffarides et jalayirides.

À Herat, deux grands mécènes doivent être nommés : Shah Rukh, qui possédait une très riche bibliothèque de textes scientifiques et historiques (on connaît des manuscrits avec le cachet de sa bibliothèque) et Baysunghur, son fils, à la fois calligraphe et poète. On peut signaler plusieurs manuscrits importants, comme le Jami al-tawarikh supplément persan 1113 de la BNF, qui, en plus de ses miniatures de style jalayiride, en compte également quelques-unes de cette période. Un Miraj nâmâ réalisé en 1436 pour un commanditaire inconnu (BNF, supplément turc 190), est également très intéressant : il combine des inscriptions dans une calligraphie spéciale, l'ouïgour, qui permet de noter le turc ancien, et des citations de hadith en arabe dans une autre calligraphie. On note une forte influence de l'Asie centrale et du bouddhisme.

 

Il n'existe quasiment pas de production de manuscrits à peinture entre la mort de Shah Rukh (1447) et 1470. On pourrait simplement signaler un Mantiq al-Tayr ("colloque des oiseaux") produit à Herat en 1456 et conservé à Berlin, dont les quelques peintures présentent un style simple, assez peu élaboré, et qui ne mentionne aucun dédicataire. En même temps se développe le style turkmène à Shiraz et Baghdad.

 

Sous Sultan Husayn Mirza Bayqara (1438-1506) et son ministre Mir Ali Shir Nava'i, la peinture reprend vie, s'inspirant des modèles de Herat avant 1440. Cependant, on note une évolution dans le style, qui semble plus "naturaliste" (dans les formes et les gestes des personnages notamment), et recherche également une composition plus harmonieuse dans le rapport entre paysage et architecture.

 

L'école de Hérat est alors particulièrement brillante grâce à deux peintres, Mirak et surtout Kamal al-Din Bihzad, son élève, considéré comme le plus grand peintre persan par la plupart des spécialistes. On peut signaler un Bustan de Sa'adi daté de 1488 qui comporte des peintures signées de sa main (Bibliothèque nationale du Caire), et qui présente un travail très fin de l'architecture. Bihzad en effet porte un grand intérêt à l'architecture ; il travaille également sur l'expressivité de ses personnages et sur l'inclusion de plusieurs scènes dans une même construction. Son travail se poursuivra dans l’atelier du souverain safavide Shah Ismail

 

Source: Wikipedia

Photos: Lankaart (c)

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Rédigé par rafael

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