grece antiquite

Publié le 6 Janvier 2015

At Institute Chicago, 470 av JC

 

Ces amphores ont une forme caractéristique qui se distingue par un corps ovoïde allongé posé sur un pied épais, un cou ample, une lèvre retournée avec rainure pour le couvercle et deux belles anses, le fond est noir et le décor au motif unique d'or. Le dessin est d'une grande sobriété tout en étant très élégant. Le style est appelé Nolan, le site de Nola en Italie ayant fourni les premiers exemples de ces belles céramiques antiques. Elles contenaient probablement du vin, des olives ou de l'huile.

 

Art Institute Chicago, 450 av JC

 

Source: AIC, RR

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Rédigé par rafael

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Publié le 5 Janvier 2015

Art Institute Chicago, 520-500 av. JC

 

Ce vase à la forme très particulière est le résultat d'une lente évolution formelle dont l'origine pourrait remonter à l'Egypte antique. On donne à cette forme particulière le nom d'"albâtre", Alabastron, Alabastre, les premiers vases prenant cette forme ayant certainement été exécuté en albâtre mais on en trouve également en terre-cuite et en verre. Ces vases étaient utilisés dans le monde antique pour la conservation et l'application d’huile et de parfums.

 

 Source: AIC, RR

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Rédigé par rafael

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Publié le 4 Décembre 2014

 Art Institute Chicago, 450 av. JC

 

Ce très beau vase athénien a servi pour mélanger et conserver du vin. La scène sur le vase dépeint des femmes participant à des rites en l'honneur de Dionysos, le dieu du vin. L'élégance de ces femmes, cette sérénité qui se dégage de la scène, la forme légèrement allongée du vase fond de cette pièce une oeuvre qui peut être attribué à un artiste particulièrement doué, celui-ci est appelé "Chicago peintre" en référence à cette oeuvre et à d'autres de même facture. Il était certainement contemporain de la construction du Parthénon.

 

Source: AIC, RR

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Rédigé par rafael

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Publié le 24 Octobre 2014

Praxitèle -   Le Satyre au repos des musées du Capitole, copie romaine de 130 ap. J.-C. environ

Praxitèle -   Le Satyre au repos des musées du Capitole, copie romaine de 130 ap. J.-C. environ

Praxitèle -  Hermès portant Dionysos enfant, l'une des statues les plus problématiques attribuées à Praxitèle, musée archéologique d'Olympie

Praxitèle - Hermès portant Dionysos enfant, l'une des statues les plus problématiques attribuées à Praxitèle, musée archéologique d'Olympie

" Praxitèle attire l’esprit vers l’épiderme des statues. Comme il le voit flotter sur leur visage en sourire imprécis, en inquiétude vague, en ombre lumineuse, il l’y fixe, et, du même coup, brise cette unité qui donnait aux formes du grand siècle leur rayonnement contenu. Pour exprimer la vie intérieure, il cherche à l’extérioriser. Et ce n’est plus comme une aurore, c’est comme un soir que l’âme monte des profondeurs pour se répandre à la surface. Praxitèle est l’Euripide de la sculpture. Sa mesure, son élégance, son esprit, la subtilité, la verve, le charme de son analyse n’arrivent pas à nous cacher qu’il doute de sa force et qu’il regrette, au fond, d’avoir perdu l’ivresse sainte dont il rit. Sous ses doigts, le plan s’amollit, hésite, laisse fuir l’énergie spirituelle que Phidias enfermait en lui. L’expression de la forme, distraite et comme un peu lassée, n’est plus le jeu des forces intérieures, mais celui des lueurs et des ombres ondulant sur son écorce. L’âme veut échapper à l’étreinte du marbre. On le voit bien, à ces grands fronts rêveurs sous l’ondulation des cheveux, à ces yeux reculant dans le mystère des orbites, à cette bouche sensuelle et vibrante, à ce charme imprécis de la face inclinée. Cela ne veut plus dire intelligence, cela veut dire sentiment. L’art en meurt, mais une vie nouvelle en germe qui, bien plus tard, et sous d’autres cieux, refleurira. Au moment où le langage humain faiblit avec l’enthousiasme, l’œuvre de Praxitèle affirme non l’apparition mais la survivance de l’esprit, et comme le déplacement de sa fonction qui cherchera de très longs siècles son organe, et finira par le trouver.

Son art trahit l’apparition d’une sorte de sensualisme cérébral qu’on voit apparaître à la même heure chez tous ses contemporains, à qui les frises du temple de la Victoire aptère et le chapiteau des Danseuses, à Delphes, avaient déjà montré la route. On oublie peu à peu la charpente profonde pour caresser par le désir la surface des formes, comme la surface des visages par l’intention psychologique. Quand la statue reste vêtue, les robes se font plus légères qu’une brise sur l’eau. Mais, pour la première fois, le statuaire grec dévoile tout à fait la femme, dont la forme est surtout significative par les frémissements de sa surface, comme la forme masculine qui lui avait dicté sa science l’est avant tout par la logique et la rigueur de sa structure. Pour la première fois, il rejette les étoffes que les élèves de Phidias commençaient à draper en tous sens, au risque d’oublier la vie qui bougeait sous elles, il exprime sans voiles l’ascension mouvante des torses, l’animation des plans que la lumière et l’air modèlent en frissons puissants, la jeunesse des poitrines, la vigueur des ventres musculeux, le jet pur des bras et des jambes.

ll parle du corps de la femme comme on n’en avait jamais parlé, il le dresse et l’adore dans sa rayonnante tiédeur, ses ondulations fermes, dans sa splendeur de colonne vivante où la sève du monde circule avec le sang. Ces statues mutilées confèrent à la sensualité de l’homme la noblesse la plus haute. Pleines et pures, semblables à une source de lumière, confiées par tous leurs profils à l’espace qui s’immobilise autour d’elles comme saisi de respect, ces grandes formes sanctifient le paganisme tout entier, comme, plus tard, une mère penchée sur le cadavre de son fils humanisera le christianisme. Et si nous avons pour Praxitèle une reconnaissance intime, un sentiment attendri qui ne ressemble pas à l’exaltation héroïque où nous transporte Phidias, c’est qu’il nous a appris que le corps féminin, par sa montée dans la lumière et la fragilité émotionnante du ventre, des flancs, des seins où sommeille notre avenir, résume l’effort humain dans son invincible idéalisme exposé à tant d’orages. l est impossible de voir certaines de ces statues brisées, où le torse jeune et les longues cuisses survivent seules, sans être déchiré d’une tendresse sainte. "

 

Texte: Élie Faure, Histoire de l'art - L'art antique, 1921

 

Praxitèles - Vénus d'Arles

Praxitèles - Vénus d'Arles

Praxitèles  - Aphrodite Braschi, du type de l'Aphrodite de Cnide — l'un des plus sûrs attribués à Praxitèle, Glyptothèque de Munich

Praxitèles - Aphrodite Braschi, du type de l'Aphrodite de Cnide — l'un des plus sûrs attribués à Praxitèle, Glyptothèque de Munich

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Rédigé par rafael

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Publié le 31 Janvier 2014

Delphes la Tholos

Delphes

 

" Je suis puni cruellement de l’empire presque absolu que l’art grec a longtemps exercé sur moi en constatant que les chapitres où je l’étudie dans ce livre sont les plus mauvais de mon ouvrage. Cependant, j’aime trop l’Histoire pour les effacer. Je l’aime comme on aime une femme. Elle me fait souffrir, douter d’elle et de moi-même. Je ne sais jamais si le visage que je lui vois aujourd’hui est son véritable visage, ou si c’était celui d’hier. Mais la suffisance et la lâcheté mêlées des historiens professionnels m’engagent à maintenir tous mes points de vue successifs, même contradictoires, au lieu de rechercher, comme eux, dans l’abstention inébranlable, ma sécurité. J’ai donc écrit sur l’art grec, le moins mystique qui soit, avec une passion mystique. Et par conséquent, par amour pour l’art grec, j’ai passé à côté de lui. Parler d’une œuvre équilibrée et mesurée sans équilibre ni mesure, c’est la trahir. C’est la couvrir de ridicule en voulant la faire aimer.

 

Cependant, j’avais lu L’Origine de la tragédie. Mais on lit les plus profonds même - et peut-être surtout - des livres, avec l’intention arrêtée de n’y rien apprendre. Avant trente ans, dans tous les cas, quand on croit tout savoir. Et si, dès ce moment, j’avais saisi l’intention grandiose de Nietzsche, qui est d’accorder, dans une minute immortelle d’oscillation de l’esprit, la faculté dionysienne de jour et de souffrir de l’emportement des instincts et la faculté apollinienne de les comprendre et de les maîtriser à la lumière de l’intelligence, les éléments essentiels du problème m’échappaient. L’habitude acquise et l’éducation sont si fortes que, voulant laver l’art grec de la vieille accusation de « sérénité » qui nous a, si longtemps, empêchés d’en épouser la vie ardente, je parvenais irrésistiblement, et malgré moi, à exagérer sa fadeur. Le poison de moralité pesait sur moi, comme il pèse sur presque tous les hommes pour obscurcir leur jugement sans purifier leur creux. Je n’ai pas dit expressément, mais j’ai suggéré sans cesse que les Grecs furent d’autant plus grands qu’ils furent moins immoraux. Sans cesse, j’ai parlé d’effort et de lutte pour l’agrandissement de l’homme, invoqué le mythe d’Hercule pour symboliser le génie grec. Mais je n’ai pas dit ni voulu dire ce que conditionnait cet effort, contre quoi s’exerçait cette lutte, ni de quels abîmes d’horreur le mythe d’Hercule est sorti. L’art grec, pour moi, bon Européen d’avant-guerre, était même alors qu’on me démontrait, même alors que je savais le contraire, un absolu d’ordre esthétique en qui l’ordre moral se confondait à mon insu. Sa perfection me dérobait le vaste monde, son visage poignant, son incertain devenir. J’en voulais même au christianisme de l’avoir remplacé. Et je pressais anxieusement le fruit desséché du génie grec à son crépuscule pour en tirer un suc qu’il n’enferma jamais, - je veux dire ces réalités spirituelles neuves que, par haine du christianisme, je me refusais à admettre que le christianisme apportait.

 

Athenes frise du Parthenon frieze (2)Athenes frise du Parthenon frieze (7)

Frise du parthénon - Combat des dieux et des centaures

 

Depuis, après tant d’autres, il est vrai, j’ai subi l’assaut du monde et l’infiltration du devenir. Si nous connaissions à peu près, il y a vingt ans, l’art égyptien, étions-nous prêts à assimiler sa spiritualité immense ? Ne fallait-il pas que la musique, la guerre, l’angoisse universelle vinssent nous y préparer ? A cette époque, d’ailleurs, nous ignorions la grande sculpture chinoise, et la marée de la grande sculpture indoue n’atteignait pas nos cœurs. Les fétiches nègres, les idoles aztèques, toutes les formes enfantines et formidables que nos instincts, dans leur plus limpide pureté revêtent, dès ‘qu’ils veulent se définir, nous semblaient à peine acceptables, horribles en général, comiques le plus souvent. L’effort de nous accepter dans l’histoire entière de l’homme et de retrouver à toutes ses pages un aspect de nous-mêmes parfois tout à fait essentiel nous est à tel point pénible que nous préférons presque toujours mourir spirituellement sur place plutôt que de l’accomplir. La splendeur symphonique de la plus vaste humanité n’apparaît qu’à ceux qui consentent à cet effort. C’est au génie grec, sans doute, que nous devons vingt siècles d’aspiration continue vers la réalisation d’un esprit européen qui a donné des fruits merveilleux mais croule à cette heure même. C’est de tout ce qui n’est pas le génie grec aussi bien que du génie grec que nous pouvons espérer la naissance d’un esprit qui ne sera peut-être plus exclusivement, ni peut-être même point du tout européen, mais acheminera l’homme, en un coin du monde, ou partout, vers une méthode nouvelle, et vivante, d’exploration, d’exploitation, de développement de ses moyens.

 

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Epidaure le Théatre

 

Je sais bien qu’un danger terrible surgit à cet instant précis. Le radeau, même disloqué, est malgré tout, entre l’abîme et nous, une barrière. Hors lui c’est la mer sans limites, pleine de monstres, et nul ne sait, en s’y jetant, s’il atteindra le rivage ou le vaisseau. Nous ne savons où peut nous entraîner cette séduction qu’exercent sur nous les civilisations étrangères à la nôtre. Nos goûts, nos modes peuvent tenir, et tiennent presque toujours à des besoins momentanés qu’il est redoutable de prendre pour des besoins profonds. Et ces besoins profonds eux-mêmes risquent, si nous nous penchons trop. sur eux, de nous attirer dans leur vertige jusqu’à l’oubli de ce que nous sommes, et la mort. Nous ne sommes pas des Chinois, ni des Indous, ni des Égyptiens, ni des Nègres, ni des Aztèques. A coup sûr, et c’est l’argument ou plutôt le sentiment qui, bien avant la Renaissance, du temps même de Phidias, - et parce que Phidias, dans le sens où il allait, ne pouvait être dépassé, - a créé l’académisme occidental. Le dégoût de cet académisme - ou, pour étendre à l’activité entière de l’esprit notre point de départ plastique, de la méthode occidentale routinière et découragée - doit-il nous jeter dans le péril contraire, nous mettre à la remorque de l’Afrique et de l’Orient, anéantir la force européenne ? Oui, si nous ignorons qu’il y a aussi et que nous risquons de nous y noyer d’un seul coup, un académisme égyptien, chinois, indou, aztèque, nègre. Non, si nous assimilons comme une nourriture l’apport spirituel que nous apportent aujourd’hui l’Afrique et l’Orient pour l’incorporer vraiment à la pensée occidentale. Et si cette pensée est avertie qu’elle ne fut elle-même, depuis deux ou trois mille ans, que pour avoir assimilé comme une nourriture l’apport spirituel offert aux marins de l’Égée et aux bergers du Pinde par les trois missionnaires symboliques qui venaient d’Asie, de Phénicie, d’Égypte, - Pélops, Cadmos et Danaos.

Quoi qu’il en soit, le fait est là, à coup sûr redoutable, mais impossible à nier, impossible à abolir. L’art grec n’a plus pour nous qu’une valeur relative très haute à coup sûr, et puissamment stimulatrice, et sa valeur absolue, pour l’homme d’aujourd’hui, décidé à jouir, à souffrir pleinement du monde, ne dépasse pas la valeur absolue de l’art égyptien, chinois ou indou. Cette idée, et cette idée seule, nous a permis d’en explorer les sources, comme l’idée seule que Jésus n’est pas un dieu nous a permis d’arracher aux légendes théologiques les origines du christianisme pour l’humaniser, et par là peut-être le grandir. Burckhardt, Nietzsche surtout ont projeté là-dessus quelques lumières décisives que H.-G. Wells a récemment utilisées et que Charles Andler, dans son étude magistrale de l’évolution intellectuelle de Nietzsche a orientées, je crois, définitivement. Sans compter !’explication des causes actuelles, qu’on peut étendre de la géologie à l’ethnologie et à l’Histoire et qui nous montre, par des exemples récents, que la civilisation grecque, en dépouillant sa force créatrice, n’a pas perdu ses qualités originelles de turbulence inquiète mais féconde, d’idéalisme sans frein, mais aussi sans continuité, d’illusionnisme incorrigible et, bien qu’insupportable, nécessaire, de nationalisme spirituel ruinant la cité cependant chérie pour vouloir et ne pas pouvoir stabiliser l’unité morale de la race, d’aspiration vers la justice qui proscrit l’homme juste et massacre l’innocent, de prétention à la sagesse qui condamne à une agitation perpétuelle l’indolence native d’un peuple incapable de se connaître, bien que poursuivant sans lassitude le fantôme de sa raison.

 

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Knosos fresque

 

A tous les âges de la Grèce, de l’expédition contre Troie à l’aventure d’Alexandre, en passant par les luttes entre Sparte et ses voisines et les guerres de Péloponnèse et de Sicile, dans toutes ses cités éparses, il est facile de retrouver cet esprit de guerre et de chicane qui donne à son histoire, revêtue de tant de splendeur par la fiction plastique et poétique, un caractère effroyable de férocité. Les horreurs de Byzance, l’orgie sadique de mutilation, de jeux sanglants, de poison et de luxure, ne sont que la forme sophistique et théologique, où a louche Asie domine, d’un état d’âme propre à une race dont les désirs troublés par l’histrion, le joaillier et le peintre, ont cessé d’être héroïsés par l’athlète, le poète et le sculpteur. La volupté du carnage - et du carnage lâche, la femme et l’enfant qu’on vole, ou brûle, ou mutile avec des ares et des râles de cruauté, le prisonnier qui n’a plus ses armes et qu’on éventre ou qu’on égorge - caractérise toutes les expéditions du pirate de l’Égée qui pille a côte d’Asie pour peupler les harems des chefs de Crète ou de Mycènes et de l’hoplite cuirassé qui incendie, rase ou rançonne les colonies éparses de l’Ionie à a Grande Grèce et de Chypre à l’Hellespont pour le compte de sa cité. Des populations entières sont livrées aux égorgeurs. Une duplicité atroce préside aux relations entre les villes rivales, dont le trafic est l’unique ressource, a trahison et le massacre le meilleur outil de combat. La grandeur, qui parfois s’impose aux jours de péril, est bafouée ou méconnue quand le péril est passé Dracon, Clisthène, Miltiade, les deux Cimon, Thémistocle, Aristide, Alcibiade, Timothée, Thrasybule sont exilés tour à tour.

Démétrios est condamné à mort. Éphialte est égorgé, Nicias aussi, ou forcé au suicide. Phocion, Philopoemen empoisonnés. Démosthène jeté aux fers. Cette rage de meurtre et de persécution s’exerce aussi bien sur les poètes ou les artistes que sur les hommes d’État. Hésiode est assassiné. L’exil frappe Alcée comme Théognis, Xénophon comme Hérodote. Phidias luimême est proscrit, comme Thucydide et peut-être Eschyle. Socrate doit boire a ciguë. Anaxagore, Platon, Lysias fuient Athènes, pour n’en être pas exilés. Aristote aussi, pour n y être pas mis à mort. Euripide, dit-on, est déchiré par des mégères. Pas un authentique héros, peut-être, puisqu’il faut flatter a canaille pour être admis, par l’Histoire qu’elle imagine, dans la famille des héros. _Race de marchands, de pillards, de comédiens, de rhéteurs, d’esclaves, de proxénètes, de politiciens. La tragédie de Troie et des Atrides n’est peut-être qu’un résumé symbolique des passions sans contrainte qui caractérisent ses mœurs. Elle avoue, par les dieux qu’elle crée, ses impulsions épouvantables. Ce ne sont pas, comme les dieux indous, des fatalités élémentaires, des entités d’instinct irrésistibles comme a naissance ou a mort, les marées, les saisons, le mouvement des astres. Ce sont des entités psychologiques, des monstres parfaitement conscients, faits à l’image et à a mesure de l’homme. Zeus et Arès, Athéna et Aphrodite, Hermès et Héra, quelquefois admirables - dès qu’il s’agit d’assouvir leur passion - de courage et d’autorité, sont des crapules authentiques, tour à tour fourbes et cruels, menteurs, vindicatifs, paillards, sadiques, -souvent stupides par surcroît. Je n’y vois pas d’inconvénient, puisque ce sont des hommes. Mais alors, comment ont-ils pu si longtemps passer pour des dieux.

C’est que, tels qu’ils sont, ils poussent, dans a fureur ou a vaillance ou a cruauté ou a dissimulation, fleur impulsion jusqu’au bout d’elle-même, jusqu’à la plus intransigeante et définitive perfection. Si le génie grec, à tout prendre, n’est qu’un relatif humain, c’est un absolu hellénique et momentanément européen, dont le christianisme n’a fait que dégager précisément l’idée de perfection pour la pousser tout entière, d’un bloc, dans un sens unilatéral, et bâtir sur cette illusion un système trop rigide, mais aussi logique qu’il se peut. Le saint hérite du héros, voilà tout, et, dans tous les domaines, moral, esthétique, social, simultanément ou tour à tour, c’est l’un ou l’autre qui règne pour imposer à l’homme une idée force unique qui abouta ici à l’ascétisme, là au puritanisme, ailleurs à l’académisme, un autre jour au communisme. Je n’en méconnais pas les bienfaits historiques. Mais il est d’autres idées forces aussi bienfaisantes, que l’étude approfondie du monde spirituel non hellénique nous révèle, surtout par l’éclatante évidence de la beauté plastique multiorme, et dont la connaissance replace, pour toujours sans doute, l’art grec à son plan, que définit la discipline acceptée, pendant trente siècles, par un très petit peuple d’abord, ensuite par une moitié du plus petit des continents pour utiliser leurs moyens.

 

Apollon-Villa-Hadrien-.jpgKouros berlin (3)

 

Cependant, je le répète, le génie grec, dans le sens où il s’exerce, est allé aussi loin, sinon aussi profond que possible, et rien ne démontre que si les Égyptiens nous semblent aujourd’hui plus nobles, les Indous plus lyriques, les Chinois plus réfléchis, les gothiques plus humains et les nègres plus accentués, c’est que nous n’ayons aujourd’hui un besoin plus pressant des forces délivrées par ces -nouveaux élus, que des forces révélées par ce génie grec qui si longtemps anima les nôtres. Mais il reste à expliquer comment une perfection telle a pu jaillir d’une telle abjection et c’est peut-être là, précisément, ce que nous a appas l’étude des civilisations qui se sont développées antérieurement ou extérieurement à l’hellénisme. L’abjection est partout la même, certes - au moins chez les peuples artistes, car il y a des peuples moraux, ou relativement moraux - mais peut-être est-elle ailleurs moins évidente, moins insistante, moins généralisée, moins agressive, moins irrémédiable qu’en Grèce, et souvent relevée par des vertus mystiques ou aristocratiques que les Grecs ne connaissaient pas. Et c’est ce qui donne à l’art grec ce caractère si ordonné, comme en opposition à peu près diamétrale, dans toutes ses manifestations, avec !’accent de l’histoire, des mœurs, de la vie publique et privée de la nation grecque répandue ; depuis trois mille ans, autour de la Méditerranée orientale.

Les Grecs poursuivent un absolu, mais comme il est un peu borné, ils croient candidement à la possibilité de sa réalisation immédiate. Leur imagination a de terribles désirs, mais ces désirs, quoi qu’ils disent et peut-être pensent, ne vont pas au-delà de la proie vivante à atteindre, et s’ils revêtent leurs prétextes d’un idéalisme ingénu, il croule comme un décor dès que la proie se dérobe. Il va d’un bond à cette proie, et par n’importe quel chemin, le plus souvent sans réfléchir. La réflexion vient quand surgit l’obstacle, et le péril. Le Grec redoute deux choses, la responsabilité et la mort. Il ne suit jamais jusqu’au bout celui qui recherche l’une et qui sait accepter l’autre et, après !’avoir soudain idolâtré parce qu’il flattait son désir en attisant son imagination, il lui réserve, brusquement, la calomnie et le martyre. Comme ce désir l’entraîne au-delà de ses moyens, ce sont les moyens de son chef qu’il accuse, si ce désir n’est pas pleinement satisfait. Le grand homme, c’est l’ennemi, parce que ses gestes provoquent la réflexion, l’action, la guerre. La guerre perpétuelle, qui n’est que la passion transportée dans le plan politique, entretenue par l’instabilité, la déroute, la renaissance du désir, l’impossibilité d’y renoncer à cause de la proie visible, l’impossibilité de la conduire à sa fin à cause des sacrifices et des misères qu’elle conditionne et entretient. L’Apollinisme en est le fruit, d’autant plus splendide, il faut le dire, que le drame, plus terrible, orme quelques hommes supérieurs plus ardents à le maîtriser. Il est !’ordre idéal établi par l’esprit dans le chaos des opinions et des intérêts antagonistes, la rivalité sauvage des partis, le besoin frénétique, à tout instant rompu, de saisir un bien matériel à qui les convoitises décharnées prêtent une apparence de fantôme changeant et fuyant sans repos, l’irruption continue, dans l’imagination surexcitée d’une multitude intelligente, turbulente, insatiable, d’images claires et précises qu’elle compte réaliser. La grande gymnastique en est l’expression sociale essentielle, qui maintient dans le tumulte le désir impérieux d’imposer à tous une discipline capable d’assurer la continuité de l’effort intellectuel même. Le grand homme, artiste ou guerrier, est comme un nerf tendu entre les deux extrémités d’un arc toujours vibrant que le sang et la fange souillent. Et par elle, et par lui, cette race vile, mais passionnée et que la soif de dominer ravage, est quand même une grande race, ce qui prouve, une fois de plus, que la civilisation et la morale sont choses qui ne coïncident pas toujours. Le Grec ne valait moralement pas mieux aux temps de Périclès, ni même de Pisistrate, qu’aux temps moins héroïques de Philippe ou de Sylla. Mais il n’avait pas perdu, sous Périclès ou Pisistrate, l’énergie vitale terrible qui lui permit de traverser de part en part le drame en y puisant le privilège de déléguer à quelques hommes la mission de le styliser. L’immoralité- ne commence que quand la force décroît.

On voit désormais pourquoi, dans les manifestations les plus hautes même du génie grec, ne vit aucune illusion supérieure. Il s’agit simplement d’atteindre la forme absolue. C’est de l’intelligence pure et parfaite, mais limitée. L’ivresse mystique est interdite au philosophe trop subtil qui voit nus devant lui les mobiles toujours intéressés et consciemment intéressés de tous les actes, comme au sculpteur trop clairvoyant auquel, par un contraste saisissant avec l’homme qu’elle nourrit, une nature trop harmonieuse et mesurée ne présente aucun abîme à explorer, aucune contradiction d’ordre plastique à résoudre. Leur énergie bandée commande des solutions simples, parce que les gestes de l’homme et les aspects du monde le sont. L’universel mystère échappe à l’âme grecque, parce qu’elle le fait tenir dans les bornes de la raison.

Mais par là précisément l’art grec, étant le moins mystérieux qu’on sache, est !e mystère de l’art. Il est en contradiction radicale avec le principe profond de l’art même, qui est d’imaginer pour nous un monde intérieur vivant et s’enivrant d’une illusion toute-puissante, et d’en donner une image qui ne soit pas la représentation exacte de notre monde extérieur. Tout symbolisme lui est étranger. Il est naturaliste. Et si dans son désir d’absolu réalisable, il fait la nature plus belle, c’est dans le sens étroit qu’elle lui a enseigné. Il ne transpose pas, il ne stylise pas, il ne schématise pas, il ne résume même pas. Il exprime avec perfection. Il pousse la splendeur physique de la vie, et rien que physique, jusqu’à l’extrémité des indications formelles que la vie lui a révélées. Il dit tout, comme on ne saura jamais mieux, ni sans doute aussi bien le dire, mais ne suggère à peu près rien. C’est ce qui le fait incomparable, et arrêté. Il est anthropomorphiste, à coup sûr, puisqu’il ne voit rien au-delà de la forme humaine conduite au point le plus rigoureux d’adaptation à sa fonction et d’harmonie. Il n’est pas anthropocentriste. En limitant à la représentation de l’objet, perfectionné par une étude attentive, l’expression qu’il donne du monde, il s’interdit de rechercher en l’homme même les moyens d’élargir le monde et d’en spiritualiser infiniment et inépuisablement les aspects.

Elle semble, au reste, avoir tourné court au moment où il atteignait, avec Phidias, le sommet incomparable de son idéalisme naturiste que la puissance de Phidias impose à ses successeurs comme une borne rationnelle qu’il leur interdit de dépasser. Apollon, vainqueur de Dionysos, allait mourir de sa victoire. Un rythme plus vaste, une atmosphère musicale, un appel aux forces cosmiques qui eussent pu lui révéler l’analogie universelle tressaillaient dans les doctrines confuses des philosophes et dans les créations équivoques mais enivrantes des sculpteurs qui précèdent l’époque des guerres médiques et des réalisations classiques du génie grec. La morale et la raison l’emportent, au Ve siècle, pour le bien des multitudes, peut-être, et l’exploration de la route unique où la politique et la science modernes ont ni par s’engager. Mais c’est au détriment de cette ivresse grandiose qui donne à la plus humble forme sortie des mains du statuaire d’Égypte, de Chine ou d’Hindoustan, le privilège de paraître appartenir toujours à un ensemble invisible qui nous dépasse et nous entoure et dont les ondes subtiles la pénètrent incessamment. Il est impossible de réunir dans un équilibre plus stable que celui dont l’art de Phidias nous offre le spectacle, tous les éléments de sensualité et de volonté, de sensibilité et d’intelligence qui donnent à notre univers familier ce caractère d’humanité que nous répudions souvent quand nous ne sommes pas en sa présence mais qui nous touche toujours si vivement dès que nous nous y retrouvons. H est impossible, par contre, d’interdire plus complètement à notre imagination suprasensible, en lui présentant l’image d’une telle perfection, de pénétrer plus loin dans l’empire intérieur de l’âme et par suite de lui permettre d’en tirer une forme - moins vraie par le détail, plus rayonnante par l’ensemble - qui en symbolise et en résume la plus secrète aspiration.

Cet art splendide, le plus sage, le plus rationnel de tous, nous apparaît, pour cette raison même, en quelque sorte comme monstrueux. Et le seul qui soit monstrueux. Nous pouvons transporter l’art indou, ou chinois, ou même égyptien, si vivants par leur esprit, dans un monde imaginaire où ils seraient viables pleinement de par leur rigueur structurale. Nous pouvons transporter l’art hollandais, ou espagnol, dans notre monde même, et regarder vivre parmi nous leurs réalisations qui se sont bornées à poursuivre l’extrême caractère ou l’extrême vraisemblance, si j’en excepte là Rembrandt, ici Greco et Goya. La forme grecque, qui est idéalement parfaite, est impossible en dehors d’elle-même et ne peut pas se situer. Elle s’exile involontairement. Animée et placée au milieu des hommes, elle n’y paraîtrait ni familière ni étrangère nous y verrions, certes, un aspect possible ou désirable de nous-mêmes, mais nos tares, nos insuffisances, nos àpeu-près et nos demi-mesures ne s’y reconnaîtraient pas. Dans un monde idéal, elle semblerait immobile, cristallisée, trop limitée et pas assez résolument étrange pour nous faire entrevoir nos abîmes intérieurs. Elle ait de son mieux, au contraire, pour nous les dérober. Mais l’homme de toujours est plus complexe qu’elle, sinon plus ambitieux. Il veut tenir sans cesse prêtes toutes ses possibilités. Phidias me parait être quelque chose comme le saint Paul de l’ordre esthétique. Comme il répugne aussi bien à accepter l’homme tel qu’il est qu’à le transposer dans un univers arbitrage mais logiquement conçu, qui se refuse à être exact comme l’objet peur revêtir la forme illimitée, mouvante, polyrythmique de l’esprit même, il en fait une idole qu’il place á l’extrémité de !’effort, ce qui la rend inaccessible. Réalisé, l’homme parfait sentirait à l’instant même !’effort mourir dans son creux. On peut dire qu’à ce point de vue l’art grec, qui jamais cependant n’a fabriqué un monstre, est plus menteur que l’art égyptien ou chinois, qui n’ont cessé d’en fabriquer. C’est parce qu’il a cru à la réalité de ce mensonge que son humanité parfaite prend cet accent monstrueux."

 

Elie Faure, Histoire de l'art - L'art antique, 1921.

 

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Publié le 14 Novembre 2013

 
 

MÉDÉE

 

Femmes de Corinthe, je suis sortie de la maison pour ne pas encourir vos reproches. Car, je le sais, beaucoup de mortels ont montré une telle fierté — les uns que j'ai vus de mes yeux, les autres parmi les étrangers — que leur insouciance à se produire leur a valu un fâcheux renom de négligence. La Justice ne réside pas dans les yeux des mortels quand, avant d'avoir sondé à fond le coeur d'un homme, ils le haïssent, à une première vue et sans en avoir reçu aucune offense. Il faut que l'étranger aille au-devant de la cité qu'il habite et je n'approuve pas non plus en général le citoyen qui, par orgueil, se rend odieux à ses compatriotes faute d'être connu. Mais un malheur s'est abattu sur moi à l'improviste et m'a brisé l'âme. C'en est fait de mai; j'ai perdu la joie de vivre et je désire mourir, mes amies. Celui en qui j'avais mis tout mon bonheur, — je ne le sais que trop, — mon époux, est devenu le pire des hommes. De tout ce qui a la vie et la pensée, nous sommes, nous autres femmes, la créature la plus misérable. D'abord il nous faut, en jetant plus d'argent qu'il n'en mérite, ache-ter un mari et donner un maître à notre corps, ce dernier mal pire encore que l'autre. Puis se pose la grande question : le choix a-t-il été bon ou mauvais ? Car il y a toujours scandale à divorcer, pour les femmes, et elles ne peuvent répudier un mari. Quand on entre dans des habitudes et des lois nouvelles, il faut être un devin pour tirer, sans l'avoir appris dans sa famille, le meilleur parti possible de l'homme dont on partagera le lit. Si après de longues épreuves nous y arrivons et qu'un mari vive avec nous sans porter le joug à contrecoeur, notre sort est digne d'envie. Sinon, il faut mourir. Quand la vie domestique pèse à un mari, il va au-dehors guérir son coeur de son dégoût et se tourne vers un ami ou un camarade de son âge. Mais nous, il faut que nous n'ayons d'yeux que pour un seul être. Ils disent de nous que nous vivons une vie sans danger à la maison tandis qu'ils combattent avec la lance. Piètre raisonnement! Je préférerais lutter trois fois sous un bouclier que d'accoucher une seule. Mais je me tais, car le même langage ne vaut pas pour toi et pour moi : toi, tu as ici une patrie, une demeure paternelle, les jouissances de la vie et la société d'amis. Moi, je suis seule, sans patrie, outragée par un homme qui m'a, comme un butin, arrachée à une terre barbare, sans mère, sans frère, sans parent près de qui trouver un mouillage à l'abri de l'infortune. Voici tout ce que je te demande : si je trouve un moyen, une ruse pour faire payer la rançon de mes maux à mon mari, < à l'homme qui lui a donné sa fille et à celle qu'il a épousée >, tais-toi. Une femme d'ordinaire est pleine de crainte, lâche au combat et à la vue du fer; mais quand on attente aux droits de sa couche, il n'y a pas d'âme plus altérée de sang.

traduction française de Henri Berguin.

 

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Rédigé par rafael

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Publié le 10 Novembre 2013

 
 OEDIPE. - Je ne saurais te dire non ; mon anxiété est trop grande. Quel confident plus précieux pourrais-je donc avoir que toi, au milieu d'une telle épreuve? Mon père est Polybe - Polybe de Corinthe. Mérope, ma mère, est une Dorienne. J'avais le premier rang là-bas, parmi les citoyens, lorsque survint un incident, qui méritait ma surprise sans doute, mais ne méritait pas qu'on le prît à coeur comme je le pris. Pendant un repas, au moment du vin, dans l'ivresse, un homme m'appelle " enfant supposé ". Le mot me fit mal ; j'eus peine ce jour-là à me contenir, et dès le lendemain j'allai questionner mon père et ma mère. Ils se montrèrent indignés contre l'auteur du propos ; mais, si leur attitude en cela me satisfait, le mot n'en cessait pas moins de me poindre et faisait son chemin peu à peu dans mon coeur. Alors, sans prévenir mon père ni ma mère, je pars pour Pythô ; et là Phoebos me renvoie sans même avoir daigné répondre à ce pour quoi j'étais venu, mais non sans avoir en revanche prédit à l'infortuné que j'étais le plus horrible, le plus lamentable destin: j'entrerais au lit de ma mère, je ferais voir au monde une race monstrueuse, je serais l'assassin du père dont j'étais né ! Si bien qu'après l'avoir entendu, à jamais, sans plus de façons, je laisse là Corinthe et son territoire,je m'enfuis vers des lieux où je ne pusse voir se réaliser les ignominies que me prédisait l'effroyable oracle. Et voici qu'en marchant j'arrive à l'endroit même où tu prétends que ce prince aurait péri... Eh bien! A toi, femme, je dirai la vérité tout entière. Au moment où, suivant ma route, je m'approchais du croisement des deux chemins, un héraut, puis, sur un chariot attelé de pouliches, un homme tout pareil à celui que tu me décris, venaient à ma rencontre. Le guide, ainsi que le vieillard lui-même, cherche à me repousser de force. Pris de colère, je frappe, moi, celui qui me prétend écarter de ma route, le conducteur. Mais le vieux me voit, il épie l'instant où je passe près de lui et de son chariot il m'assène en pleine tête un coup de son double fouet. Il paya cher ce geste-là! En un moment, atteint par le bâton que brandit cette main, il tombe à la renverse et du milieu du chariot il s'en va rouler à terre - et je les tue tous... Si quelque lien existe entre Laïos et cet inconnu, est-il à cette heure un mortel plus à plaindre que celui que tu vois ? Est-il homme plus abhorré des dieux ? Étranger, citoyen, personne ne peut plus me recevoir chez lui, m'adresser la parole, chacun me doit écarter de son seuil. Bien plus, c'est moi-même qui me trouve aujourd'hui avoir lancé contre moi-même les imprécations que tu sais. A l'épouse du mort j'inflige une souillure, quand je la prends entre ces bras qui ont fait périr Laïos ! Suis-je donc pas un criminel? Suis-je pas tout impureté? Puisqu’il faut que je m'exile, et qu'exilé, je renonce à revoir les miens, à fouler de mon pied le sol de ma patrie ; sinon, je devrais tout ensemble entrer dans le lit de ma mère et devenir l'assassin de mon père, ce Polybe qui m'a engendré et nourri. Est-ce donc pas un dieu cruel qui m'a réservé ce destin? On peut le dire, et sans erreur. O sainte majesté des dieux, non, que jamais je ne voie ce jour-là ! Ah ! Que plutôt je parte et que je disparaisse du monde des humains avant que la tache d'un pareil malheur soit venue souiller mon front !

 

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Rédigé par rafael

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Publié le 6 Novembre 2013

      

Aristophane

Les Guêpes

 

Vomicléon s'en prend à son père paysan-juge à plein temps, et fou de l'être devenu. Le père répond au nom de Chéricléon.  Au début de la pièce, ce sont deux esclaves qui prennent les spectateurs à témoin de la maladie de Chéricléon: une irrépressible manie de juger.

Un véritable dialogue a lieu entre le père et le fils, le premier représentant le peuple athénien dupé par les sophistes et les démagogues, le second représentant la jeune génération qui s'efforce de retrouver l'espoir en renouant avec les valeurs de ses ancêtres.

Vomicléon, comme Aristophane lui-même, est accusé de fomenter un retour à la tyrannie quand il s'attaque à ce qu'est devenue la démocratie: une tyrannie à six mille têtes. L'un des éléments du comique des Guêpes est que tout dans la pièce est prétexte à tourner en ridicule l'accusation de retour à la tyrannie.

 

 

Le second serviteur - C'est dans ce sens aussi que me parla la prostituée chez qui j'étais entré hier après-midi lorsque je lui demandai la posture à la cavalière, prise d'une violente colère, elle me demanda si je voulais rétablir la tyrannie d'Hippias!

 

Vomicléon - Voilà bien les propos que ces gens se plaisent à entendre; même aujourd'hui, parce que je veux faire que mon père, délivré de ces misérables façons de courir dès le point du jour aux délations et aux procès, mène la noble vie de Morychos, on m'accuse, en agissant ainsi, d'être conspirateur et d'avoir des visées tyranniques.

 

Chéricléon - Oui, par Zeus, et avec justice; car pour moi je n'échangerais pas même contre du «lait d'oiseau» l'existence dont tu me prives à présent. Ce qui me plaît d'ailleurs, ce ne sont ni raies ni anguilles, j'aimerais mieux un petit procès mignon que je mangerais cuit en cocotte, à l'étouffée.

 

Vomicléon - Pardi, c'est que tu t'es habitué à trouver du plaisir à ces affaires-là. Mais si tu consens à te taire et à écouter ce que je dis, je te remontrerai, je crois, qu'en tout cela tu t'abuses.

 

Chéricléon - Je m'abuse quand je rends la justice?

 

Vomicléon - Bien sûr, et tu ne t'aperçois pas que tu es la risée des gens que tu es près d'adorer. Tu es esclave, et tu ne t'en doutes pas.

 

Chéricléon - Cesse de parler d'esclavage, quand je commande à tout le monde.

 

Vomicléon - Non; tu sers, en croyant commander. Car enfin, dis-nous, mon père, quel fruit te revient-il de mettre à contribution l'Hellade?

 

Chéricléon - Énorme; [montrant le choeur] et voilà ceux que je prends pour arbitres.

 

Vomicléon - Eh bien, moi aussi. [Aux esclaves.] Lâchez-le donc tous.

 

[Ils obéissent.]

 

Chéricléon - Oui, et donnez-moi une épée; si je suis vaincu dans ce débat, je me transpercerai de mon glaive.

 

[On lui laisse une épée.]

 

Vomicléon - Dis-moi; et si - on ne sait pas - tu n'acceptes pas leur décision?

 

Chéricléon - Que jamais je ne boive de... salaire pur en l'honneur du bon Génie.

 

Le choeur - [à Chéricléon ] Maintenant c'est à toi qui es de notre école, de dire quelque chose de nouveau et de voir à paraître...

 

Vomicléon - [Interrompant] Oui, et tout ce qu'il dira, je vais loyalement le noter pour mémoire. Qu'on m'apporte mon écritoire au plus vite.

 

Le choeur - ... ne pas parler à la manière de ce jeune homme, car, tu le vois, tu es engagé dans un grand débat où tout est mis en question, attendu que [puisse-t-il en être autrement!] il veut l'emporter sur toi.

 

Chéricléon - [À Vomicléon ] Eh bien, toi, de quelle espèce paraîtras-tu, si l'on t'encourage de la sorte? [Au choeur.] Qu'arrivera-t-il donc, dites, vous autres, si celui-ci dans ce débat l'emporte sur moi?

 

Le choeur - C'en est fait de la troupe des vieillards inutile désormais et bonne à rien que ce soit. Raillés dans les rues, on nous appellera thallophores, sacs à antamosies.

 

Le Coryphée - Allons, ô toi qui vas soutenir contradictoirement toute la souveraineté qui est la nôtre, c'est le moment d'essayer résolument toute sorte de langage.

 

Chéricléon - Eh bien, dès le début et l'entrée en carrière, je prouverai que ce commandement, le nôtre, ne le cède à aucune royauté. Quel bonheur y a-t-il, quelle félicité plus grande maintenant que celle d'un juge? Quelle existence plus délicieuse, quel être plus redouté, en dépit de la vieillesse? Et d'abord, à l'heure où je sors de mon lit, des gens me guettent près de la balustrade, de grands personnages hauts de quatre coudées. Ensuite, dès que j'approche, je sens quelqu'un mettre dans ma main sa main délicate, voleuse des deniers publics. On me supplie, avec des courbettes, d'une voix lamentable: «Aie pitié de moi, ô père, je t'en conjure, si jamais toi-même tu as dérobé dans l'exercice d'une charge ou à l'armée, en faisant le marché pour les camarades!» Celui-là ne saurait même pas que j'existe, s'il n'avait été une première fois acquitté.

 

Vomicléon - Voilà pour les suppliants, notons.

 

Chéricléon - Puis, entré au tribunal, après qu'on m'a bien supplié et qu'on a effacé ma colère, une fois à l'intérieur, de toutes mes promesses je n'en tiens aucune, mais j'écoute les accusés employer tous les tons pour obtenir l'acquittement. Car, voyons, quelle flatterie un juge n'est-il pas dans le cas d'attendre? Les uns déplorent leur pauvreté et y ajoutent; les autres nous content des fables, d'autres, quelque facétie d'Ésope; tel autre plaisante pour me faire rire et déposer ma colère. Si rien de tout cela ne nous touche, aussitôt il fait monter ses marmots, filles et garçons, les traînant par la main; et moi j'écoute; et eux, baissant la tête ensemble, poussent des bêlements. Puis le père en leur nom me supplie comme un dieu, en tremblant, de l'absoudre du grief de mauvaise gestion: «Si tu aimes la voix d'un agneau, que la voix d'un garçon excite ta pitié». Et si j'aime les petites truies, c'est à la voix d'une fille qu'il me prie de céder. Et nous alors en sa faveur nous relâchons un peu la cheville de notre colère. N'est-ce pas là un grand pouvoir et la dérision de la richesse?

 

Vomicléon - Deuxième point que je note: la dérision de la richesse. Rappelle-moi aussi quels avantages tu retires de cette souveraineté que tu prétends exercer sur l'Hellade.

 

Chéricléon - Eh bien, quand de jeunes garçons passent l'inspection, il nous est loisible de contempler leurs parties. Et si Oiagros comparaît en accusé, il n'est pas absous avant de nous avoir récité une tirade de la Niobé, et il choisit la plus belle. Un joueur de flûte gagne-t-il sa cause, pour récompense il met sa mentonnière et joue une sortie aux juges quand ils se retirent. Si un père en mourant désigne un mari pour sa fille, son unique héritière, nous envoyons... à tous les diables le testament et la coquille qui avec une gravité imposante recouvre le cachet, et nous donnons la fille à qui par ses supplications a su nous toucher. Et tout cela, nous le faisons sans avoir de comptes à rendre, privilège que n'a aucune autre magistrature.

 

Vomicléon - C'est, vois-tu, le seul avantage, parmi ceux que tu as dis, dont je te félicite. Mais le testament de l'héritière, c'est mal à toi d'en enlever la coquille.

 

Chéricléon - De plus, quand le conseil et le peuple sont embarrassés de statuer sur une affaire importante, un décret renvoie les coupables devant les juges. On voit alors Euathlos et ce grand Colaconymos, celui qui a jeté son bouclier, affirmer qu'ils ne nous trahiront pas, mais qu'ils combattront pour le peuple. Et à l'Assemblée jamais orateur n'a fait prévaloir son avis, s'il ne dit qu'il faut congédier les tribunaux tout aussitôt qu'une seule cause a été jugée. Cléon lui-même, ce maître braillard, il n'y a que sur nous qu'il ne morde pas; il nous garde, au contraire, nous tenant dans ses bras et chassant les mouches. Et toi tu n'as jamais en quoi que ce soit traité ainsi ton père, alors que Théôros - et pourtant il n'est en rien un moindre personnage qu'Euphèmidès - tient l'éponge et, puisant au baquet, enduit nos chaussures de cirage. Considère de quels biens tu veux m'exclure et m'éloigner; est-ce là être esclave et en sous-ordre, comme tu prétendais le prouver?

 

Vomicléon - Emplis-toi de paroles. Il faudra bien que tu abdiques à la fin, pour ne pas faire l'effet d'un derrière indécrottable, cet empire ultra magnifique.

 

Chéricléon - Ce qui est le plus agréable de tout, je l'oubliais; c'est quand je rentre à la maison avec mon salaire, l'accueil qu'à mon arrivée tous me font à cause de cet argent. Et d'abord ma fille me lave et me parfume les pieds, et se penche pour me baiser, et, tout en m'appelant son cher papa, pêche avec sa langue le triobole dans ma bouche. Ma petite femme câline me sert une galette soufflée, puis, s'asseyant près de moi, me presse: «Mange ceci, avale cela». Voilà de quoi je jubile; je n'ai pas à craindre qu'il me faille jeter un regard sur toi et sur le sommelier, en me demandant quand il me servira à déjeuner, tout en sacrant et en grommelant dans la crainte d'avoir à me préparer vite une autre galette. En tout ceci je possède «un rempart contre les maux», «une armure protectrice des traits». Et si tu ne me verses pas de vin à boire, j'ai apporté avec moi l'âne que voici [il tire de son manteau une sorte de bidon] qui en est plein, puis je l'incline et m'en verse; et lui, la bouche bée, se met à braire et pète au nez de ta coupe avec un grand bruit de guerre. [plus animé.] N'est-elle pas grande, ma puissance, et en rien moindre que celle de Zeus, puisqu'on parle de moi tout comme de Zeus? Ainsi, quand notre assemblée est tumultueuse, chacun des passants s'écrie: «Comme il tonne, le tribunal, ô Zeus souverain!» Et quand je lance l'éclair, comme je les fais claquer des lèvres et s'embrener de peur, les riches et les plus huppés! Toi aussi tu me crains fort, oui, par Dèmèter, tu me crains; mais moi, que je meure, si je te crains.

 

Le choeur - Jamais nous n'entendîmes parler personne avec tant de netteté et d'intelligence.

 

Chéricléon - Non, mais il croyait qu'il pourrait vendanger aisément une vigne abandonnée; car il savait fort bien que là-dessus je suis de première force.

 

Le choeur - Et comme il a su tout dire sans rien omettre, si bien que je grandissais à l'entendre et me figurai être juge aux Îles des Bienheureux, tant j'étais charmé par ses paroles.

 

Chéricléon - Comme il étire ses bras à présent et ne se possède plus! [à Vomicléon] Je jure bien qu'aujourd'hui je ferai que ta mine sente le fouet.

 

Le choeur - [à Vomicléon] Il te faut ourdir toutes sortes de trames pour te tirer d'affaire. Car il est très difficile d'adoucir mon humeur quand on ne me parle pas dans mon sens.

 

Le Coryphée - Ainsi donc, c'est le moment, si tu n'as rien à dire, de chercher une bonne meule fraîchement taillée, qui soit capable de broyer ma colère.

 

Vomicléon - C'est une entreprise difficile et qui demande une forte intelligence, plus grande que celle des poètes comiques, que de guérir une maladie invétérée, infuse dans la cité. Cependant, ô notre père, fils de Cronos...

 

Chéricléon - Assez; point de «notre père». Si tu ne me montres à l'instant comment je suis esclave, rien ne pourra te sauver de la mort, dussé-je être exclu du partage de viandes.

 

Vomicléon - Écoute donc, mon petit père, et déride un peu ton front. Et d'abord calcule simplement, non avec des cailloux, mais sur tes doigts, le tribut qui nous revient au total des cités alliées; puis compte, en outre et à part, les impôts et les nombreux centièmes, les consignations, mines, marchés, ports, rentes, confiscations. En tout, cela nous fait environ deux mille talents. Prélève sur cette somme le salaire annuel des juges au nombre de six mille [il n'en réside jamais davantage dans ce pays]: cela nous fait bien, je pense, cent cinquante talents.

 

Source: Aristophane, Les Guêpes, tome II, texte établi par Victor Coulon et traduit par Hilaire Van Daele, Société d'édition Les Belles Lettres, 1924

 

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Rédigé par rafael

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Publié le 2 Novembre 2013

Sicile Agrigente vallee des temples (7)

 

Colonie grecque fondée au VIe siècle av. J.-C., Agrigente est devenue l'une des principales cités du monde méditerranéen. Les vestiges des magnifiques temples doriques qui dominaient la cité antique, dont une grande partie demeure intacte sous les champs et les vergers d'aujourd'hui, témoignent de sa suprématie et de sa fierté. Une sélection de zones de fouilles apporte des éclaircissements sur la cité hellénistique et romaine et sur les pratiques funéraires de ses habitants paléochrétiens.

 

Sicile Agrigente vallee des temples (8)

Sicile Agrigente vallee des temples (3)

 

Sicile Agrigente vallee des temples (6)

Sicile Agrigente vallee des temples (4)Sicile Agrigente vallee des temples (2)

 

Agrigente, qui fut l'une des principales villes du monde méditerranéen antique, nous est parvenue dans des conditions de conservation exceptionnelles. Sa série de temples doriques est l'un des témoignages les plus remarquables de l'art et de la culture grecs.

Selon la tradition, la ville grecque d'Akragas fut fondée par des colons rhodiens et crétois venus de la colonie mère de Géla en Sicile, en 580 av. J.-C. Toutefois, les fouilles ont montré qu'il existait un site grec antérieur, dès le VIIe siècle av. J.-C., sur les pentes d'une colline située sur la côte, qui permit à la ville de se développer et de prospérer très rapidement après sa colonisation. Au cours du règne du tyran Phalaris (570-555 av. J.-C.), la ville fut dotée d'une muraille destinée à renforcer la protection naturelle que lui conférait sa topographie. L'expansion politique d'Akragas, commencée avec Phalaris, atteignit son apogée durant le règne du tyran Théron (488-473 av. J.-C.). Après avoir vaincu les Carthaginois en 480 av. J.-C., celui-ci étendit son contrôle aux côtes septentrionales et orientales de la Sicile. La richesse qui en résulta pour la ville et pour son patrimoine culturel est illustrée par les grands temples construits à cette époque à l'extrémité méridionale de la colline. Un régime démocratique fut instauré à la fin du Ve siècle dans la ville, qui bénéficia alors d'une courte période de tranquillité, en dépit de sa rivalité avec Syracuse. Cette phase prit fin brutalement en 406 av. J.-C., lorsque Agrigente fut assiégée et pillée par les Carthaginois. Elle lutta cependant pour rétablir sa grandeur passée, et y réussit partiellement sous Timoléon, qui vainquit les Carthaginois en 340 av. J.-C. et installa de nouveaux colons. Mais la ville fut bientôt âprement disputée entre les Carthaginois et les Romains. Elle tomba pour la première fois dans les mains des Romains en 262 av. J.-C., et fut définitivement incorporée à l'État romain en 210 av. J.-C. Au cours des dernières années de la République, et au début de l'Empire, Agrigente profita de sa position de seule ville commerciale encore active sur la côte méridionale de la Sicile. Toutefois, le déclin de l'Empire romain d'Occident et la montée du christianisme entraînèrent le dépeuplement et l'appauvrissement de la ville, dont la superficie habitée décrut à partir du VIIe siècle ; les quartiers les plus anciens furent abandonnés, et la population subsistante se concentra sur la colline.

 

Sicile Agrigente vallee des temples (11)

 

La vallée des Temples correspond à la plus grande partie de l'aire construite de la ville antique et de ses monuments publics. Elle est fermée par un éperon rocheux parallèle à la mer, auquel fut assignée une fonction d'aire sacrée. La zone située entre l'acropole et les temples a été urbanisée au début du Ve siècle av. J.-C., selon une grille hippodaméenne traditionnelle. L'aire sacrée avait été créée dès la seconde moitié du VIe siècle, comme le montrent les premiers temples qui occupent l'extrémité occidentale de l'éperon. Toutefois, les vestiges les plus impressionnants sont ceux des temples construits au cours du règne de Théron, et consacrés à Héraklès, à Zeus Olympien, à Héra Lacinia, à Vulcain et à la Concorde. Le temple de Zeus Olympien, dont seuls les fondations et l'autel principal sont conservés, était l'un des plus grands temples du monde grec, et présente différents traits spécifiques : au lieu du péristyle ouvert traditionnel, il était entouré par un mur scandé par de gigantesques colonnes doriques à l'extérieur et par des piliers à l'intérieur. Sa cella est délimitée par deux files de piliers rectangulaires massifs, au lieu de murs internes, et était à ciel ouvert. Le temple conventionnellement attribué à la Concorde est le plus impressionnant temple dorique conservé du monde grec, après le Parthénon d'Athènes. Il s'est remarquablement bien conservé grâce à sa transformation en église au VIe siècle apr. J.-C. Construit sur un soubassement comportant quatre gradins, il est entouré de 34 colonnes.

 

Sicile Agrigente vallee des temples (5)

 

Construit en même temps que le temple de la Concorde, et de style très proche, le temple d'Héra Lacinia a été édifié à l'extrémité orientale de l'éperon, où subsistent des vestiges du rempart grec ; incendié par les Carthaginois en 405 av. J.-C., il présente encore des traces de feu. Le temple d'Héraklès est plus ancien que les autres temples doriques construits sur l'éperon. Les deux temples consacrés aux divinités chthoniennes, Déméter et Perséphone, ainsi que celui des Dioscures, commencés au VIe siècle, ont été reconstruits en 480-460 av. J.-C. En plus de ces monuments remarquables, les fouilles ont révélé d'importants secteurs des aires résidentielles hellénistiques et romaines, dont un grand nombre de maisons présentent des sols de mosaïque bien conservés. Le site contient aussi de vastes nécropoles antiques, avec des monuments des époques païenne et chrétienne. Le « tombeau de Théron » est en fait du début de l'époque de domination romaine, mais sa forme, celle d'un petit sanctuaire ionique sur podium, est gréco-asiatique, et originaire d'Asie Mineure. Les agoras inférieure et supérieure, et le réseau complexe d'aqueducs souterrains sont d'autres éléments remarquables de ce site.

 

 

Sicile Agrigente vallee des temples (12)

 

Source: UNESCO

Photos: Lankaart (c)

 

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Publié le 17 Mars 2013

Delphes la Tholos (2)

 

À Delphes, on désigne sous le nom de tholos un monument circulaire en marbre pentélique dont la destination précise reste inconnue à ce jour. Les archéologues ont daté sa construction des années 370-360 av. J.-C. La bâtisse, construite par l'architecte Théodoros de Phocée, est constituée d'un naos entouré d'une colonnade dorique, décorée de métopes.

 

Delphes la Tholos

 

Delphes la Tholos (4)

 

Delphes la Tholos (3)Delphes la Tholos (5)

 

Photos: (c) Lankaart

 

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