Articles avec #classicisme tag

Publié le 13 Juin 2014

 

 

 



Les Fourberies de Scapin est une comédie de Molière en trois actes (comportant respectivement cinq, huit, et treize scènes) et en prose, créée au Théâtre du Palais-Royal le 24 mai 1671. Cette comédie de Molière est fortement empreinte de comédie italienne. À sa création, le spectacle n'obtient […]


Jean de la Fontaine - Fables I, 17 L'Homme entre deux âges, et ses deux Maîtresses Un homme de moyen âge, Et tirant sur le grison, Jugea qu'il était saison De songer au mariage. Il avait du comptant, Et partant De quoi choisir. Toutes voulaient lui plaire; En quoi notre amoureux ne se pressait […]

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Rédigé par rafael

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Publié le 10 Juin 2014

Hotel Sully Paris (4)

 

Pendant le règne de Louis XIII, entre 1625 et 1630, le contrôleur des finances Mesme Gallet fit construire, un hôtel particulier avec jardin et orangerie donnant accès à la place Royale - aujourd'hui place des Vosges - et situé en plein Marais, à Paris, quartier alors à la mode.


L'hôtel de Sully a été construit par le maître maçon Jean Notin, très certainement sur des plans de Jean Ier Androuet du Cerceau. Par l'emplacement de l'escalier et l'abondance des ornements, la conception de l'hôtel est encore Renaissance. De facture classique, il dispose d'un corps de logis principal en pierre de taille édifié entre une cour et un jardin.


Maximilien de Béthune, duc de Sully, ancien ministre des finances et surintendant des bâtiments du roi Henri IV, le racheta le 23 février 1634. Le vieil homme en acheva le décor et y vécut ses dernières années. Son petit-fils Maximilien, second duc de Sully, fit construire par François Le Vau une aile supplémentaire à l'édifice en 1660, à l'ouest du logis côté jardin. L'hôtel de Sully porte encore aujourd'hui le nom de cette famille qui l'a possédé jusqu'au XVIIIe siècle. Il passa ensuite entre les mains de différents propriétaires.

 

L'hôtel sera vendu à Benoît Turgot de Saint-Clair en 1752, avant de devenir propriété de la famille de Boisgelin 1771. Vendus et démantelés sous la Révolution, les bâtiments seront voués au commerce. Profondément défiguré au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, pollué par des constructions purement utilitaires, l'hôtel de Sully sera racheté par l'Etat et restauré d'après les gravures et plans de son époque. Il accueille aujourd'hui le siège de la Caisse nationale des Monuments historiques et des Sites qui y organise des expositions temporaires.

 

Hotel Sully Paris (5)

 

Hotel Sully Paris (3) Hotel Sully Paris

 

Hotel Sully Paris (2)

 

Hotel Sully Paris (6)

 

Photos: lankaart (c)

Source: Wikipedia RR



Jean de la Fontaine - Fables I, 17 L'Homme entre deux âges, et ses deux Maîtresses Un homme de moyen âge, Et tirant sur le grison, Jugea qu'il était saison De songer au mariage. Il avait du comptant, Et partant De quoi choisir. Toutes voulaient lui plaire; En quoi notre amoureux ne se pressait […]


Les Précieuses ridicules est une comédie en un acte et en prose de Molière, représentée pour la première fois à Paris le 18 novembre 1659 au Théâtre du Petit-Bourbon. La pièce était donnée en deuxième partie, après Cinna de Corneille. Peu représentée du vivant de Molière, Les Précieuses […]

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Rédigé par rafael

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Publié le 30 Avril 2014

Philippe de Champaigne saint jerome

Saint Jérome

 

"Philippe de Champaigne, placé par M. de Piles dans l’École Française, appartient justement à celle de Flandre, puisqu’il naquit à Bruxelles et que son talent s’est formé sous des peintres Flamands. Il était né, sans doute, avec une vocation bien décidée pour son art, puisqu’à huit ou neuf ans il ne pouvoit faire autre chose que copier toutes les estampes et tous les tableaux qu’il rencontrait ; puisque, passant à Paris à dix-neuf ans, avec intention de ne s’y arrêter que peu de temps et d’aller en Italie, on lui donna tant de travaux qu’il ne trouva plus l’occasion d’en sortir, et qu’à vingt-six ans, il fut nommé premier peintre de la reine mère, et chargé de la direction de tous les ouvrages qu’elle faisait faire en peinture.

 

philippe de Champaigne -le christ mort couche dans son linc

Le Christ Mort

 

Le caractère distinctif de son talent est une grande imitation de la nature, mais sans chaleur et peut-être sans grâce ; il a surtout cette sorte d’imitation dans la forme, car il a plus de force dans la couleur ; on voit cependant qu’il cherchait à faire un choix ; ce choix n’est pas guidé par assez de science ; il n’est point dirigé par le goût et par l’enthousiasme. Ses compositions ont de la raison et de la vérité, mais ce n’est pas celle qui convient aux différens instans de ses sujets ; elles ne sont point animées par cet élan de l’âme, source première du style héroïque ; ses expressions ne manquent pas de justesse, elles n’ont pas assez d’énergie et de noblesse : peu de peintres ont été plus vrais, beaucoup ont été plus grands peintres d’histoire que lui ; ce qui prouve que, dans tous les genres, l’imitation ne suffit pas ; disons mieux, Champaigne n’imite pas aussi exactement qu’on le croirait d’abord ; il manque dans une des choses principales, le mouvement, la vie ; il imite bien le corps, il ne saisit pas avec autant d’exactitude la flamme qui l’anime. C’est par l’imitation de cette vie de la nature, que des ouvrages très-incorrects dans beaucoup de parties ont le pouvoir de nous faire oublier tous leurs défauts : c’est l’imitation de ce mouvement qui est « le je ne sais quoi qui plaît, la grâce qui charme, le feu qui nous enflamme dans les chefs-d’œuvres de tous les arts : » ce mouvement est même plus ou moins puissant dans la nature, en raison de son plus ou moins de force.

Philippe de Champaigne la Vierge de douleur au pied de la c Philippe de Champagne religieuse

 

Cette femme, dit-on, n’est pas jolie, elle a même peu d’esprit ; cependant tous les hommes en deviennent amoureux, elle a fait naître de violentes passions : eh ! en ignorez-vous la cause ? c’est qu’elle brûle d’un feu dévorant qui s’attache à tout ce qui l’approche. Ce souverain qui a fait de si grandes choses, qui a changé les destinées de plusieurs empires, croyez-vous que ce soit précisément par ses profondes connaissances, par un esprit supérieur, par des talens extraordinaires, par un courage invincible ; ces causes seules n’auroient jamais produit des effets aussi étonnans ; c’est la véhémence de ses passions, c’est la violence de son amour pour la gloire, qui maîtrisent toutes les facultés de son âme, et entraînent avec elles celles de tous les autres hommes. Cette force agissante, cette flamme céleste s’aperçoit sur tout ce que produit la nature ; elle a sans doute son espèce de forme ; l’imitation de cette vie est faible dans les ouvrages de Champaigne ; c’est cette faiblesse qui rend froid en les voyant, même lorsqu’on n’y trouve que des choses à admirer ; quoiqu’il ait beaucoup de réputation, on est souvent étonné qu’il n’en ait pas davantage ; on ne le sera plus, en réfléchissant qu’un très-grand nom ne s’acquiert jamais sans chaleur, sans enthousiasme, et sans beaucoup de génie.

 

Philippe-de-Champaigne la cene

La Cene


On pourrait l’appeler le janséniste de la peinture ; les savans de Port-Royal ne pouvaient être peints par un artiste qui sentît mieux que lui leur véritable physionomie : aussi, un de ses tableaux les plus estimés est cette Cène, où, sous la figure des apôtres, sont offerts ensemble ces solitaires également célèbres par leur savoir et par leur piété ; cet ouvrage inspire beaucoup d’intérêt à cause de ceux qu’il représente, et de la simple vérité avec laquelle ils sont représentés. Personne, peut-être, n’a donné plus de relief aux objets qu’il a peints ; personne n’a mieux modelé des draperies ; il l’a mieux fait que Lesueur, Raphaël et le Poussin ; mais il n’a pas saisi leur mouvement comme eux ; il n’a pas senti comme eux, cet ordre, ce bel agencement qui donne à des plis, de la grâce, de la grandeur, et pour ainsi dire, une sorte d’âme ; il les a imités comme on imite la nature morte ; sa couleur est très-belle, elle a beaucoup de vérité et une physionomie qui lui est particulière ; c’est la partie de la peinture où il a le mieux réussi.

 

Portrait-du-cardinal--Richelieu-Philippe-de-Champaigne--2-.jpg

Richelieu


On oserait hasarder de dire que Champaigne aurait plus de réputation, s’il n’eût peint que des portraits ; ceux qu’il a faits seroient peut-être plus estimés que ceux de Van Dyck même, s’ils avaient le degré de grâce, de vie et de chaleur qui caractérise ce dernier : envisageant une tête comme un corps de relief, l’ouvrage de Champaigne sera peut-être plus exactement juste que celui du célèbre élève de Rubens ; mais en la considérant comme un corps où vit une âme, comme une enveloppe, à travers laquelle perce une partie de ce qu’elle contient ; Champaigne est bien au-dessous de Van Dyck : aussi, les portraits de ce dernier sont-ils payés beaucoup plus que ceux de Champaigne, qui, cependant, en a fait de très-beaux, très-estimés, et dont le prix dans les ventes, s’élève souvent assez haut.

 

Philippe de Champaigne Moise

Moïse


Un de ses meilleurs tableaux est Moïse, tenant les tables de la loi, faisant autrefois partie de la collection du duc de Prâlin. Celui qui est conservé au Musée Napoléon, et connu sous le nom des Religieuses, est un de ses ouvrages qui approchent le plus de la perfection. Champagne a fait quantité d’ouvrages à Paris ; on en distingue particulièrement plusieurs : on doit placer dans ce nombre son Christ couché, et sa Vierge, enrichissant autrefois une chapelle de l’église Sainte Opportune, et placée maintenant au palais du Luxembourg. Ses deux grands tableaux exposés au Muséum, et placés autrefois à Saint Gervais, sont au nombre de ses meilleures et de ses plus célèbres productions ; elles réunissent, en effet, de très-grandes beautés.

 

philippe de champaigne Louis XIII

Louis XIII


Modèle des vrais artistes, Champagne n’eut jamais d’autre divertissement que le plaisir d’exercer son art, et d’autre ambition que celle d’y réussir : le cardinal de Richelieu lui ayant fait demander ce qu’il pouvoit faire pour lui, on sait qu’il répondit à cette puissante Eminence : « qu’elle ne pouvoit pas le rendre plus habile peintre ; et qu’en conséquence, il ne désiroit d’elle que l’honneur de ses bonnes grâces. » Sa vertu, sa modestie, sa piété, son amour pour le travail, lui donnent beaucoup de ressemblance avec le Guerchin.

Malgré ce qui leur manque, ses tableaux seront toujours considérés, vantés ; ils survivront à une foule d’ouvrages, qui, présomptueux enfans de la mode, ont eu les plus brillans succès : s’ils n’ont pas toute la vérité à lequelle l’art puisse atteindre, ils en ont assez pour mériter, en tous les temps, l’estime des vrais connoisseurs ; on en voit tenir une place honorable dans les plus riches cabinets ; ils peuvent même être copiés avec fruit, ils ne peuvent jamais égarer et ne conduisent à aucune mauvaise route ; ce qui leur manque ne s’apprend pas : ils ressemblent à ces bons livres dont on parle peu dans le monde, que tous les gens de lettres lisent et estiment, et que conservent toutes les bibliothéques. À l’école des pieux et savans solitaires de Port-Royal, Racine s’instruisit dans l’art de produire des Iphigénie, des Phèdre, des Athalie : guidés par les ouvrages de Champagne, les jeunes élèves, formés par la nature pour être de grands peintres, pourront se placer un jour à côté des Titien et des Van Dyck.

 

Champaigne naquit à Bruxelles en 1602 ; d’abord il fut élève de Bouillon ; il entra ensuite chez Michel Bourdeaux, ensuite chez Fouguières, habile paysagiste. Arrivé à Paris à 19 ans, il étudia chez Lalleman, peintre Lorrain, et fit alors connoissance avec le Poussin ; ils logèrent ensemble au collége de Laon. Il retourna à Bruxelles, fatigué par les tracasseries de du Chesne, qui avoit la direction des peintures du Luxembourg. Cet artiste étant mort bientôt après, Champagne revint à Paris en 1628. La reine le chargea de la direction des peintures qu’elle faisoit faire, et lui donna un logement au Luxembourg, avec 1200 liv. de pension. fit beaucoup d’ouvrages, épousa la fille de du Chesne, et fut élu professeur de l’Académie Royale de Peinture : on l’avoit reçu un des premiers après son établissement. Champagne avoit une simplicité de mœurs et de caractère qui lui attirèrent l’amitié de tout le monde. D’une grande piété, il ne fit jamais de tableaux dont les figures fussent nues.

Il peignit beaucoup de portraits, et plusieurs fois celui du cardinal de Richelieu.

Champaigne mourut à Paris, recteur de l’Académie, en 1674, âgé de soixante-douze ans, regretté de tout le monde."

 

Jean-Joseph Taillasson, 1807

 



Vierge à l'enfant "Simon Vouet pourrait être regardé, avec quelque raison, comme le fondateur de l’École française ; sans doute Jean Cousin était célèbre bien auparavant ; mais ce savant homme n’a le plus souvent déployé son génie que sur des vitraux, champ fragile, où les beaux-arts […]


"Une fierté sauvage, une bizarre, dure et brûlante énergie, une sorte de barbarie dans les pensées, et dans la manière de les rendre, sont les caractères distinctifs de Salvator Rosa. Jamais il ne sentit ce que la nature a d’aimable, de doux, d’attendrissant ; il y vit ce qu’elle a de […]

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Rédigé par rafael

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Publié le 29 Mars 2014

le lorrain paysage 2

 

 

"Claude le Lorrain est un de ces phénomènes dont on connoît peu d’exemples, et qui prouvent que des êtres obscurs eussent été des génies du premier ordre, si les occasions les avoient mis à leur place. Cet homme extraordinaire peut à peine être un mauvais pâtissier ; le hasard l’entraîne à Rome ; le hasard le fait domestique chez un peintre médiocre, qui lui donne quelques leçons de perspective, afin qu’il puisse l’aider dans son travail. Claude le Lorrain a d’abord beaucoup de peine et point de goût ; son maître l’excite par l’attrait du gain ; ce nouvel espoir l’encourage, il fait de nouveaux efforts, et le voile épais étendu sur son esprit est déchiré : il lit dans la nature ses secrets les plus cachés, il passe les journées entières dans les campagnes, il les dessine, il les peint, il les apprend par cœur ; il étudie la lumière dans les differentes heures du jour, il raisonne sur ses effets comme un physicien consommé, et à force d’étude et de méditations, il parvient à faire des tableaux qui lui ont donné la première place parmi les peintres de paysage de toutes les nations ; et sa réputation, qui n’a fait que croître depuis sa mort, augmente encore chaque jour. Les caractères qui distinguent son talent, sont d’entendre, mieux que personne, la perspective aérienne, d’offrir toute la profondeur de l’espace, d’avoir approché de plus près de la couleur inimitable de la lumière, et surtout d’avoir rendu, sans sacrifices affectés, l’harmonie parfaite de la nature.

 

le lorrain marine le lorrain marine Gellée

Marines


Il n’a point cherché à imiter ses mouvemens extraordinaires, ses fiers contrastes, les grands effets qui étonnent, et qui sont de tous les plus faciles à saisir ; il n’a point craint de peindre les momens du jour les plus difficiles à rendre : dans un ciel sans nuages, il fait voir le soleil s’élançant du sein des mers ; il le fait voir déjà élevé dans sa carrière, remplissant les vastes campagnes des flots éblouissans de ses feux. Un des caractères distinctifs de Claude le Lorrain, est de ne peindre que des paysages héroïques, des sites nobles, les plus beaux lieux du monde, et de leur donner tant de vérité, qu’on diroit qu’ils ne sont que des portraits exacts de la nature. Il devoit cet avantage aux belles contrées qu’il habitoit, et à sa manière grande et naïve de copier ce qu’il voyoit. Aucun peintre d’aucun temps, d’aucune nation, n’a réuni autant de vérité à des formes aussi imposantes : pourquoi des lieux si beaux ne sont-ils pas la demeure de plus dignes habitans ? Soit qu’il peignît lui-même ses figures, soit qu’il les fit faire par d’autres artistes, elles n’ont pas le caractère de ses paysages, qui semblent destinés à être habités par les sages, les héros, les pasteurs antiques du Poussin. Dans ses marines admirables, on ne voit guère que des ports, bien rarement des tempêtes ; et il sentoit bien mieux le calme attendrissant de la nature, que son désordre majestueux.

 

le lorrain paysage


Le genre du paysage est, sans contredit, un de ceux qui prouvent le mieux le charme et le pouvoir de la peinture. Si le paysagiste n’offre pas les riches intérieurs des palais fastueux, il peint les cabanes des bergers, asiles du repos, l’immensité des airs, le Dieu de la lumière, et la lune régnant sur les paisibles nuits ; il peint ces arbres, touchantes et superbes productions de la nature, qui, cent ans, embellissent la terre, et qui n’emportent en tombant que des regrets.

 

le lorrain appollon et mercure le lorrain paysage 2 detail

Appollon et Mercure - Paysage détail


Dans les grandes villes, l’homme exilé loin de la nature semble être condamné à ne plus la revoir ; la peinture vient le consoler, elle renverse les murailles qui le renferment, elle lui porte les riantes campagnes ; il croit entendre les flûtes des pasteurs ; il revoit des ruisseaux, des champs, des moissons, des troupeaux, des prés couverts de fleurs, et dans sa prison même, il voit encore le lever du soleil. Eh ! quel peintre eut jamais plus de droits à notre reconnoissance que Claude le Lorrain ? qui mieux que lui sait nous transporter à l’ombre des bois silencieux, aux bords solitaires des lacs brillans comme les cieux qu’ils réfléchissent ? qui mieux que lui nous fait voir cet air pur que nous ne respirons plus, nous offre l’innocence et la paix qui n’habitent que dans les champs fortunés, et dont l’image porte encore dans nos âmes de si doux souvenirs ?

 

le lorrain paysage antique


Ô vous, jeunes élèves, qui vous sentez entraînés par le plaisir de peindre le paysage, si véritablement vous reçûtes, en naissant, l’instinct, le feu sacré qui fait les grands artistes, quittez, quittez vos froides Écoles : eh ! que sont toutes leurs leçons devant l’amas immense des richesses de la nature ! Près de son langage sublime, que sont leurs préceptes usés ! Fuyez dans les campagnes, volez aux pieds des monts ; là, sont les vrais, les seuls principes du beau ; vous les verrez partout écrits par une éternelle main ; c’est là que tout est grandeur, proportion, harmonie ; c’est là que ravis, embrasés à la vue de tant de tableaux divins, vous vaincrez sans effort tous les peintres vos rivaux ; et prenant dans votre art la même route que Claude le Lorrain, peut-être vous deviendrez illustres, immortels comme lui."

 

le lorrain le jugement de paris le lorrain paysage romain

 

 

Jean-Joseph Taillasson, 1807.

 



"Une fierté sauvage, une bizarre, dure et brûlante énergie, une sorte de barbarie dans les pensées, et dans la manière de les rendre, sont les caractères distinctifs de Salvator Rosa. Jamais il ne sentit ce que la nature a d’aimable, de doux, d’attendrissant ; il y vit ce qu’elle a de […]


"Un homme de la maison de Lévi s’en alla prendre pour femme une fille de Lévi. Celle-ci conçut et enfanta un fils. Voyant combien il était beau, elle le dissimula pendant trois mois. Ne pouvant le dissimuler plus longtemps, elle prit pour lui une corbeille de papyrus qu’elle enduisit de bitume […]

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Rédigé par rafael

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Publié le 27 Février 2014

Ruisdael Il castello di Bentheim

 

" Chères Campagnes, asiles du repos, riches témoins des temps heureux de mon enfance, c’est toujours avec un plaisir nouveau que je parle de vous : je vais m’occuper de Ruisdael, l’un de vos plus fidèles imitateurs ; vous avez fait sa gloire, il agrandit la vôtre en reproduisant votre charme enchanteur, en portant l’image de votre paisible magnificence au milieu du trouble et du tumulte des cités.

 

Ruisdael foret Ruisdael moulin à eau

 

Ruisdael est un des peintres de paysage les plus vrais et les plus originaux : sa manière de choisir la nature, de l’éclairer, de la colorer, de la peindre, n’est absolument qu’à lui. Il semble souvent l’avoir peinte après le coucher du soleil, lorsque la terre est faiblement éclairée, que les arbres paraissent d’un vert foncé et se détachent d’une façon très-prononcée sur l’espace clair et vaporeux du ciel. Souvent aussi il a fait des terrains clairs, entourés d’arbres très-bruns. Ses paysages ont des effets de lumière piquans, et quelles que soient leurs dispositions, ils ont toujours des clairs brillans, et des ombres fermes : c’est là surtout un des caractères qui les distinguent ; ces oppositions n’ont jamais rien de dur ; elles sont fortes, mais pleines d’harmonie ; et elles sont les preuves incontestables de la vigueur et de la beauté de son coloris. On voit beaucoup d’arbres dans ses tableaux ; personne ne les a rendus avec plus de vérité et d’énergie, et d’une façon plus originale que lui : ce ne sont point ces rois des forêts si noblement sentis par le Poussin, et dont les cimes superbes, majestueusement balancées dans les airs, semblent toucher aux nues, et défier la fureur des tempêtes ; ce sont des arbres peu élevés, vigoureux, dont le feuillage est épais, et dont les formes agrestes sont plus pittoresques que grandes. Il a imité l’éclat et la transparence des eaux avec beaucoup d’exactitude ; et sans doute il avoit du plaisir et de la facilité à les peindre, puisqu’il en a mis dans tous ses tableaux.

 

Ruysdael bord de mer


Tantôt clairs ruisseaux, elles portent en paix l’abondance aux prairies ; tantôt flots écumans, elles font mouvoir de pesantes meules ; souvent portées par des canaux, elles vont en cent façons différentes contribuer a l’utilité publique dans les villes et dans les campagnes.

 

Ruisdael marine Ruysdael-paysage-d-hiver.jpg

 

Tous les objets, quelque différens qu’ils soient, nous intéressent beaucoup s’ils font naître en nous des idées et des sentimens. Les hommes aiment à voir les environs d’un palais magnifique, où l’art et la nature réunissent leur pompe ; ils aiment à voir circuler autour de ses murs fastueux, l’imposant attirail de la grandeur et de la puissance ; ils se plaisent aux promenades publiques, où sous de longues allées d’arbres, les deux sexes élégamment parés, enchantés de voir et d’être vus, s’électrisent mutuellement ; ils contemplent avec un saint ravissement ces rochers suspendus dans les airs, et ces monts élancés jusqu’aux cieux, et ces riches campagnes toutes remplies des demeures de leurs habitans, et dont la fertile immensité se perd dans l’horizon : mais ils aiment beaucoup aussi ces asiles champêtres, ces prairies sauvages qu’environne un bois sombre, où séparés du reste des hommes, loin des fatigues de l’orgueil, dans le silence et le repos, ils écoutent avec respect la voix sublime de la nature.

 

Ruisdael paysage sous la neige

 

Les paysages de Ruisdael offrent souvent de semblables retraites, où l’on voit peu de figures ; c’est pour cela que l’imagination s’y promène peut-être avec plus de plaisir, et se plaît à les peupler à son gré. Il aimoit à peindre ces coins de bois mystérieusement éclairés, favorables aux rêveurs amans et philosophes, où l’on se repose avec un livre, bientôt laissé pour les pensées auxquelles on se plaît à s’abandonner : ces lieux sont presque toujours divisés, enrichis par de limpides ruisseaux qui, dans leur marche lente, s’embellissent de l’image du ciel qui les éclaire, et de celle des terrains et des arbres dont ils entretiennent la fraîcheur, et qui les garantissent des feux dévorans du soleil. Quelquefois des canards, des oies, des cygnes argentés viennent sur ces mers pacifiques, entreprendre des voyages qui ne sont pas de long cours.

 

Ruisdael paysage 3 Ruysdael paysage

 

Quoiqu’en général Ruisdael n’ait guère imité que des campagnes de peu de profondeur, il en a fait aussi dont la grande étendue est parfaitement sentie ; on conserve, au Musée Napoléon, un de ses beaux paysages, dans lequel un pont traverse une petite rivière, au milieu d’une vaste campagne.

On connoît de lui de très-belles Marines, d’autant plus précieuses, qu’elles sont rares. Il n’a peint que les environs d’ Amsterdam ; mais il les a copiés avec sentiment et fidélité, et l’on ne trouve point dans les tableaux des peintres de son pays, une poésie aussi touchante que celle qu’il a mise dans les siens ; ils inspirent une douce mélancolie : cela vient, sans doute, de la sensibilité de son âme, de son choix dans les objets qu’il imitoit, et peut-être de la couleur sombre de presque tous ses verts. Plusieurs fois, il a peint les tombeaux des juifs d’Amsterdam : ces demeures silencieuses, environnées d’arbres, en portant l’esprit à la tristesse, plaisent aux yeux par l’unité, la simplicité de leurs formes, et par l’harmonie de leur couleur.

 

Ruysdael riviere

 

On ne voit point dans ses tableaux les sites fiers et terribles des pays de montagnes, on n’y voit point de pompeux édifices, ni les nobles débris d’une belle architecture ; jamais de colonnes brisées, de chapiteaux renversés, de tristes souvenirs d’une grandeur évanouie ; on y voit des terrains gras, couverts d’herbes abondantes ; on y voit la couleur forte et harmonieuse de la nature, la vapeur de l’air, l’éclat de la lumière ; on y retrouve les modestes habitations d’un peuple sage et riche par son industrie.


Jamais le goût et l’imagination de Ruisdael ne se permirent de rien changer aux formes qu’il avait sous les yeux. On dirait qu’il ait voulu conserver vierges, les distributions que la nature avoit pris plaisir à faire elle-même. Ce peintre si vrai, mourut jeune, et mérita d’autant plus de regrets, qu’il laissa moins d’ouvrages : c’est ce qui les rend plus intéressans, plus précieux, et augmente les sommes qu’on donne pour les posséder. Avec une manière neuve, charmer les yeux, plaire à l’esprit, émouvoir doucement le cœur, voilà ses droits à la célébrité.

 

Jacques Ruisdael naquit à Haarlem ; son père étoit ébéniste ; il étudia d’abord la médecine et la chirurgie. « On ne dit pas que Berghem fut son maître ; mais on assure qu’ils devinrent étroitement liés.... Ruisdael dessina d’après nature des vues qu’il a placées dans ses tableaux. Il peignoit d’après nature des arbres, des plantes et des ciels. » Il a fait des paysages et des marines. Wou-vermans, Van den Velde et d’autres ont peint la plupart des figures de ses tableaux. Il ne sortit jamais de son pays, et mourut jeune à Haarlem, en 1681."

 



Musée du Louvre, Paris Claude Gellée dit Le Lorrain (1600-1682) est un peintre français, dont la plus grande partie de la carrière se déroula à Rome. Introduit auprès de l’Eglise, il travaillera pour le cardinal Bentivoglio et le pape Urbain VIII. Mais bien que travaillant pour l’Eglise, Claude […]


Payasage d'Hiver, Alte Nationalgalerie, Berlin Ruysdael (1628-1682) est un paysagiste hollandais qui sut à son époque développé un art autonome du paysage jusqu’ici considéré comme un art mineur. La profondeur de ses ciels, la lumière si particulière de ses tableaux donnent à ses vues une […]

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Rédigé par rafael

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Publié le 25 Janvier 2014

simon vouet vierge à l'enfant

Vierge à l'enfant

 

"Simon Vouet pourrait être regardé, avec quelque raison, comme le fondateur de l’École française ; sans doute Jean Cousin était célèbre bien auparavant ; mais ce savant homme n’a le plus souvent déployé son génie que sur des vitraux, champ fragile, où les beaux-arts brillaient, surtout dans ce temps-là ; cette espèce de peinture n’a guère tardé à n’être plus employée ; d’ailleurs on ne dit point que Jean Cousin ait eu d’École, et il fut sculpteur aussi souvent que peintre. On peut au moins assurer que le Vouet a été le premier habile peintre Français qui, chargé d’une suite de travaux dans sa patrie, ait eu l’occasion d’acquérir une grande réputation. Il était né très-heureusement pour la peinture ; les dispositions qu’il avait annoncées à Paris, et qu’il montra plus encore étudiant en Italie, lui firent, dans sa jeunesse, obtenir de Louis XIII une pension qui, très-modique d’abord, fut ensuite très-augmentée. Il eut, sans doute, des succès mérités, puisqu’il fut élu Prince de l’Académie de Saint Luc à Rome, dans le temps où vivaient les Guide, les Dominiquin, les Lanfranc et d’autres excellens artistes : ce fut sur sa réputation qu’après avoir demeuré quinze ans en Italie, il fut mandé par Louis XIII, pour prendre la conduite de beaucoup de travaux. La puissance et la gloire de la France s’accroissaient alors rapidement sous le ministère du cardinal de Richelieu.

 

Simon Vouet Apollon

Apollon et les Muses


Dans ce temps, aurore brillante du siècle éblouissant de Louis XIV, toutes les sciences, tous les arts avaient le besoin, la passion du beau. Des bibliothéques, des cabinets de tableaux se formaient, des palais magnifiques s’élevaient ; l’architecture appelait la peinture et la sculpture, pour accroître leurs beautés diverses en les réunissant. Les richesses portant l’empreinte de l’âme de ceux qui les possédaient, loin de craindre de se montrer, s’efforçaient d’éclater à l’envi, sous les formes les plus nobles : en ce moment arrive le Vouet, précédé d’une grande réputation ; il paraît avec sa manière facile et séduisante ; il paraît dans un pays où l’on avait, dans les arts, plus la chaleur d’un amour nouveau que de véritables connaissances ; sans posséder profondément aucune partie de la peinture, il les avait toutes à un certain degré ; il étonna, il excita l’enthousiasme ; chanté par l’admiration et par la mode, il fut chargé d’une quantité prodigieuse d’ouvrages ; on ne voyait pas d’églises, de palais, de maisons considérables, qui ne fussent ornées de ses productions. Ce furent ces immenses travaux qui, en accroissant sa fortune et sa renommée, l’empêchèrent de soigner assez ses ouvrages, pour leur donner le degré de perfection auquel il il aurait pu les porter, en y employant plus de temps. Il fut forcé de se faire une manière expéditive, où les pensées souvent ordinaires ne sont pas exécutées avec assez de soin ; où les masses sont larges, agréables aux yeux, mais où rien n’est profond. La facilité qu’il avoit à faire promptement des portraits ressemblans, accrut aussi sa vogue : il fit ceux du roi et des seigneurs de sa cour : il enseignait à ce monarque à en faire lui-même ; et les courtisans les trouvoient sans doute parfaits. Ses tableaux, sa brillante faveur lui procurèrent un nombre prodigieux d’élèves, qui, preneurs naturels de leur maître, trompettes retentissantes dans tous les quartiers de Paris, augmentèrent encore beaucoup sa bruyante célébrité.

 

simon vouet christ en croix simon vouet cruxifiction


Vouet forma son talent, en Italie, dans le temps où la peinture était divisée en plusieurs partis ; dans le temps où l’amour du dessin sévère et grand d’Annibal Carrache et de ses élèves, était balancé par celui de beaucoup d’artistes, pour la manière neuve et vigoureuse de Michel-Ange de Caravage, et pour celle de Josepm. Le Vouet fit d’abord des tableaux, tenant du goût du Caravage et de Valentin : son inclination semblait le porter à une manière forte et facile, vers cette sorte de peinture qui étonne les yeux, bien plus qu’elle ne parle au cœur et à l’esprit. Dans la suite, il préféra surtout la promptitude et la hardiesse de l’exécution, à toutes les autres parties de la peinture. Il semble ne pas imaginer que ce bel art puisse jamais aller au cœur, et lorsqu’il peignait, vraisemblablement il ne sentait guère le sien s’émouvoir.

 

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Loth et ses filles


Le Sueur, son illustre élève, qui lui ressemble dans beaucoup de choses, est cependant un des peintres les plus touchans ; et rien ne prouve mieux que la partie des beaux-arts qui émeut, qui attendrit les âmes, ne tient point aux principes, à la science : elle est la fille enchanteresse de l’instinct ; son pouvoir peut s’accroître par les circonstances, il pourroit s’altérer, il ne sauroit s’acquérir.

 

Simon vouet Venus et mars

Venus et Mars


Un des principaux caractères qui distinguent son talent, est donc la facilité et la hardiesse du pinceau ; un autre de ses caractères, est d’avoir fait de larges masses d’ombre, souvent trop plates, de n’avoir pas donné aux objets leur saillie et leur relief, de n’avoir pas bien senti la dégradation de la lumière et la magie du clair-obscur : une chose le caractérise encore, c’est d’avoir fait des mains trop souvent posées de la même manière, et dont les doigts sont longs et pointus ; manière que vraisemblablement il avoit prise du Tintoret et de Paul Véronèse qu’il avoit étudiés à Venise. Le Vouet n’est de la première force en aucune partie ; on ne pourroit pas le citer comme un savant dessinateur, on ne pourroit pas cependant prononcer qu’il dessinoit mal ; on en pourroit dire autant de ses compositions et de son coloris, mais ses ouvrages portent l’empreinte d’un maître très-heureusement né pour son art et formé dans de savantes Écoles ; mais il a réuni beaucoup de parties à un certain degré qui lui ont fait faire de beaux tableaux, et qui ont dû lui donner une réputation extraordinaire, dans un temps où personne, en France, ne peignoit aussi bien, et aussi promptement bien que lui.

 

Simon Vouet présentation au temple Musée du louvre

Présentation au Temple, Musée du Louvre. Paris


Le plus beau, le plus estimé de ses ouvrages, est une Présentation au Temple, qui se voit au Musée Napoléon ; il est disposé et peint grandement ; les plans y sont nets, la perspective en est bien entendue ; et quoique les objets y soient un peu découpés, la façon dont ils s’y détachent les uns des autres, plaît aux yeux : la couleur, sans être bien vraie, en est agréable ; la composition, le dessin, les agencemens des draperies sont de grande manière ; cet ouvrage tient bien sa place parmi les tableaux des peintres les plus fameux ; et si cet artiste avoit laissé beaucoup de productions de cette force, peut-être changeroit-on le jugement que l’on porte, en général, sur ses ouvrages.

Sous ses pensées faciles, Vouet a couvert de vastes murailles par une foule de plafonds ; la plupart de ces riches et brillans travaux ne subsistent plus ; ce qu’il en reste ne peut durer bien long-temps : mais fussent-ils conservés encore, la postérité, qui n’estime point les talens en raison de la quantité de leurs productions, ne pouvoit lui accorder la place qu’il a eue de son vivant ; elle n’a pu cependant lui refuser un rang distingué parmi les artistes qui honorent leur patrie. Il eut pour élèves, le Brun et le Sueur ; cette espèce de gloire accroît encore beaucoup la célébrité de son nom.

 

Né à Paris en 1582 ; il était fils et élève de Laurent Vouet, peintre médiocre. À vingt ans il suivit M. de Sancy, ambassadeur à Constantinople, et y peignit le portrait du Grand Seigneur, qui était très-ressemblant, quoiqu’il n’eût été fait que de mémoire. Ensuite il alla en Italie, y demeura quatorze ans, et y fut élu prince de l’Académie de Saint Luc à Rome. Le roi Louis XIII le fit venir à Paris en 1627, pour travailler dans les maisons royales, et particulièrement au Luxembourg. Il fut employé dans les plus grands et les plus importans ouvrages. « La France lui a obligation d’avoir détruit une manière fade et barbare qui y régnoit, et d’avoir commencé d’y introduire le bon goût, conjointement avec Blanchart. »

Vouet eut une prodigieuse quantité d’élèves : non-seulement tous ceux qui se sont distingués dans la peinture, mais ceux même qui ont eu de la réputation dans les arts dépendans du dessin, ont été instruits à son École : parmi ces derniers, Dorigny et le Notre ont été les plus renommés. Sa manière eut, dans son temps, une si forte influence, elle a été propagée par tant d’artistes habiles, que le goût français s’en est toujours senti depuis, et que peut-être il en reste encore quelque chose sans que l’on s’en doute. Vouet mourut en 1641, âgé de cinquante-neuf ans."

 

Jean-Joseph Taillasson, 1807


 


"Une fierté sauvage, une bizarre, dure et brûlante énergie, une sorte de barbarie dans les pensées, et dans la manière de les rendre, sont les caractères distinctifs de Salvator Rosa. Jamais il ne sentit ce que la nature a d’aimable, de doux, d’attendrissant ; il y vit ce qu’elle a de […]


Poussin - Moïse sauvé des eaux "Un homme de la maison de Lévi s’en alla prendre pour femme une fille de Lévi. Celle-ci conçut et enfanta un fils. Voyant combien il était beau, elle le dissimula pendant trois mois. Ne pouvant le dissimuler plus longtemps, elle prit pour lui une corbeille de […]

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Publié le 19 Janvier 2014

 

Salvator Rosa saint jerome

 

 

 

 

"Une fierté sauvage, une bizarre, dure et brûlante énergie, une sorte de barbarie dans les pensées, et dans la manière de les rendre, sont les caractères distinctifs de Salvator Rosa. Jamais il ne sentit ce que la nature a d’aimable, de doux, d’attendrissant ; il y vit ce qu’elle a de singulier, d’extraordinaire, d’effrayant. On connait de lui des tableaux de presque tous les genres. Son dessin incorrect est plein de chaleur et de vie ; sa couleur, qui est souvent belle, et qui plus souvent n’est pas d’une grande recherche de tons, est toujours forte et vigoureuse, et convient parfaitement au style général de ses tableaux. Ses lignes principales sont contrastées hardiment, fortement, durement : le même caractère est dans les détails, ainsi que dans l’ensemble.

 

Salvator Rosa L'ombre de samuel apparaissant à Saul chez l

 

Il n’a choisi, dans les campagnes, que des sites sauvages, piquans par une effrayante nouveauté ; il ne peint jamais des plaines riantes, de riches vallons ; il peint d’arides déserts, de tristes rochers ; il choisit les plus affreux, et s’ils ne le sont pas, ils le deviennent par la manière dont il les rend. Ses arbres ne sont point revêtus de cet épais et vert feuillage, dont l’ombre est l’asile des bergers et des troupeaux. Il a peint ces troncs immenses, qui portent dans leurs formes terribles, l’empreinte des ans et des tempêtes : sur leurs cimes nues, élevées, se reposent les aigles et les vautours ; ils ressemblent à ces grands vaisseaux long-temps tourmentés par les vents et par les combats, qui sur les mers bruyantes élèvent orgueilleusement leurs mâts dépouillés. En admirant ses paysages pittoresques, on ne désire jamais d’habiter de pareilles demeures : soit par le choix qu’il a fait des sites, soit par la manière de les imiter, ils ressemblent toujours à ces lieux favorables aux assassinats, à ces chemins écartés de toute habitation, où l’on ne passe jamais la nuit, et que le jour on traverse avec rapidité, sur lesquels on trouve exposé des restes de fameux brigands, sur lesquels on vous dit : « là, un voyageur fut égorgé ; là, son corps sanglant fut traîné et jeté dans les précipices. »

 

Salvator Rosa satyre Salvator Rosa la vieillesse

 

 

Combien sont differentes ces belles solitudes, peintes par Claude le Lorrain, où le voyageur charmé ne connoît d’autre crainte que celle de les quitter, dans lesquelles les troupeaux peuvent, en assurance, paître des herbes salutaires, et s’abreuver d’eaux limpides et pures ; où tous les objets empreints d’une teinte de bonheur, retracent la douce image des jardins paisibles d’Eden ! Dans le choix de tous ses sujets, Salvator Rosa est encore le même. Peint-il des sujets historiques ! c’est Régulus enfermé dans un tonneau hérissé de clous ; c’est le tyran Policrate, si fameux par ses richesses, attaché à un infâme gibet. Peint-il la religion chrétienne ou juive ! il fait voir le supplice horrible d’un martyr, et l’ombre de Samuël apparoissant à Saul épouvanté. Veut-il retracer la riche et brillante mythologie ! il choisit Glaucus et Sylla, ou Jason assoupissant par une liqueur un monstre moins effroyable que lui ; il choisit les Tytans, épouvantables enfans de la Terre, foudroyés, précipités, écrasés sous des rochers.

 

Si quelquefois il veut peindre des objets plus aimables, ils cessent de l’être par la manière dont il les rend. S’il offre Saint Jean annonçant la venue d’un Dieu sauveur du monde, ou Platon par ses hautes leçons guidant de jeunes cœurs vers la sagesse et la vertu ; les philosophes, le saint inspiré et les hommes simples qui l’écoutent, ressemblent à des voleurs de grands chemins. La vue de ses ouvrages fait réfléchir et rêver sombrement ; et chez lui, la philosophie ne présente jamais que de dures vérités. Au milieu de tombeaux solitaires et ruinés, il a peint Démocrite environné d’ossemens d’hommes et d’animaux de toute espèce, ensemble confondus. Le philosophe les regarde avec un rire amer, et, la tête appuyée sur sa main, il semble dire : « hommes insensés, peut-on ne pas rire de vos innombrables projets, en voyant comment ils finissent ? » On conçoit aisément qu’un tel homme devoit bien peindre des batailles ; c’est aussi dans ce genre qu’il a principalement excellé, c’est là que se déploie avec aisance l’énergique et originale âpreté de son caractère.

 

Sa grande Bataille, conservée au Musée Napoléon, est surtout un ouvrage admirable : une poésie de carnage anime la scène ; les ruines solitaires d’un palais, une vaste et aride plaine, des montagnes sauvages, le ciel, tous les objets de ce tableau ont un aspect funeste, et semblent avoir été faits pour ne retentir que de cris funèbres. La dureté de la couleur, la fierté de la manière de peindre font un accord parfait avec la vive et féroce expression des figures. La Discorde et la Rage y triomphent au milieu des maux qu’elles font : la soif dévorante du sang embrase tous les combattans ; et jamais, sur un théâtre de carnage, les blessures et la mort ne furent présentées plus terribles et plus affreuses.

 

Salvator Rosa a de la réputation comme poëte ; on sent bien que sa muse a dû s’abreuver d’amertume et de fiel ; aussi ne connoît-on de lui que des satires ; elles sont très-mordantes, et estimées encore en Italie. La plupart des figures qu’il a placées dans ses tableaux, et principalement dans ses paysages, sont des guerriers ajustés d’une manière singulière et nouvelle, d’un costume qui tient de plusieurs, et qui ne ressemble à aucun ; ils nous offrent l’image des sbires, des contrebandiers et des voleurs. Il a gravé lui-même à l’eau-forte, avec beaucoup d’esprit, une suite de ces bizarres héros. Ses ouvrages plaisent surtout par une teinte de merveilleux noir ; les hommes aiment le merveilleux, de quelque couleur qu’il soit ; ils courent ça et là, ils s’agitent, se tourmentent pour fuir l’ennui : ils se précipitent et vont étouffer pour voir une tragédie qui les déchire, quoique bien souvent ils n’y gagnent que de funestes idées. On risque moins avec la peinture ; le remède est presque toujours plus près du mal. Une galerie de tableaux rassemble les images de toute sorte d’objets ; les uns effacent les impressions que les autres ont faites ; les sanglans et féroces guerriers de Salvator Rosa peuvent s’enfuir devant un groupe des Amours de l’Albane. Présenter aux hommes la nature, n’importe de quelle espèce, et la leur présenter d’une manière bien nouvelle, voilà ce qu’ils exigent absolument, à ce prix seul ils accordent une durable célébrité ; et parce que Salvator Rosa a rempli ces conditions, il a une réputation que vainement on voudroit lui disputer."

 

Salvatore Rosa est né à Naples. Il a très-bien peint les paysages et les ports de mer, et mieux encore les batailles. « C’étoit un homme imaginatif, qui faisait facilement des vers, et d’une conversation aisée. » Il mourut en 1673.

 

Jean-Joseph Taillasson

 


 


La leçon d'anatomie, 1632, Mauritshuis, La Haye Rembrandt a peint ce tableau en 1632, il a alors 26 ans et sa carrière commence. La scène représente le Docteur Nicolaes Tulp entouré d’un groupe de chirurgien. Le tableau fait partie d’une série de portraits de groupe commandés par la confrérie […]


Rembrandt (1606-1669) est un peintre à part au sein de la peinture hollandaise. Initiateur d’un univers pictural baigné d’une lumière irréelle et d’une approche profondément humaine de la vie, il marque une rupture avec la peinture plus emphatique d’un Rubens. Son œuvre reste empreinte d’une […]

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Publié le 23 Décembre 2013


Gemaldegalerie, Berlin

L'Homme au casque d'or est une oeuvre d'atelier, dont l'attribution à Rembrandt est à présent pratiquement exclue. Il s'agirait d'un portrait exécuté par l'un de ses disciples.

 

Cette figure peut être une représentation de Mars, dieu de la guerre. A noter, les empâtements qui constituent les reliefs du casque et la réserve du visage, fermé sur lui-même dans la pénombre. Etrange image de la vie et de la mort qui rôdent.

 



Rembrandt, peintre hollandais né en 1606, est un être énigmatique et une figure majeure de la peinture du XVIIe siècle. Bien que sa production soit très variée, toute sa vie il cultivera une passion personnelle pour l’autoportrait. Sans relâche il se peindra, jeune, puis mature et enfin vieillissant, sans complaisance, relatant à la fois l’action du temps sur sa personne mais aussi l’évolution de son art de sa vision du monde et de l’être humain. Passionné, orgueilleux, sa vie est faite de […]

 

 

 

 



Rembrandt (1606-1669) est un peintre à part au sein de la peinture hollandaise. Initiateur d’un univers pictural baigné d’une lumière irréelle et d’une approche profondément humaine de la vie, il marque une rupture avec la peinture plus emphatique d’un Rubens. Son œuvre reste empreinte d’une profonde inspiration spirituel, il questionne sans fin la Bible et sa propre image à travers le temps. À Babylone vivait un homme de nom de Ioakim. 2 Il avait épousé une femme du nom de Suzanne, fille […]

 

 



Gemaldegalerie Berlin Peintre Hollandais, né à Anvers en 1582 ou 1583, mort à Haarlem en 1666, Frans Hals est l'un des plus grands peintres du XVIIe siècle Hollandais. Connu pours ses portraits, Frans Hals trouva une expression originale et aboutie dans le portrait collectif dont il sut donner une profondeur psychologique et une actualité saisissante. Installé à Haarlem vers 1600, il y dirige un atelier très prolifique. Les commandes sont nombreuses, aussi bien pour de grands portraits […]

 

 

 

 


 



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Publié le 16 Novembre 2013

rembrandt la leçon d'anatomie du docteur Tulp

La leçon d'anatomie, 1632, Mauritshuis, La Haye

Rembrandt a peint ce tableau en 1632, il a alors 26 ans et sa carrière commence. La scène représente le Docteur Nicolaes Tulp entouré d’un groupe de chirurgien. Le tableau fait partie d’une série de portraits de groupe commandés par la confrérie des chirurgiens. La leçon d’anatomie était un événement annuel exceptionnel, la dissection publique d’un criminel était un moment en soit.

Rembrandt fait preuve d’un talent certain dans cette représentation d’un très grand réalisme. Le thème renvoie aux débats philosophiques et intellectuels de l’époque et notamment au progrès de la connaissance humaine.

 



Altes Galeries, Berlin Vermeer de Delft (1632-1675) est un peintre hollandais étrange et mystérieux. Ayant une vie difficile loin du succès bien que reconnu par ses contemporains, il peindra sans relâche toute sa vie des scènes de genres, des portraits, des vues de Delft. Son style est d’un grand réalisme et sa qualité tient à une très grande maîtrise de la lumière et des couleurs, les ambiances ainsi rendu sont souvent magiques, le temps est suspendu, l’instant est saisie, comme ici cette […]


L'Art de la peinture (De Schilderkonst), aussi intitulé La Peinture, L'Atelier ou L'Allégorie de la peinture, est un tableau de Johannes Vermeer peint vers 1666, exposé au Kunsthistorisches Museum de Vienne (huile sur toile, 120 × 100 cm).De nombreux experts estiment que cette œuvre est une allégorie de la Peinture, d'où le titre de suppléant : L'Allégorie de la Peinture. Il est le plus grand et le plus complexe de toutes les tableaux de Vermeer. Le tableau est connue pour être l'un des […]



Rembrandt, peintre hollandais né en 1606, est un être énigmatique et une figure majeure de la peinture du XVIIe siècle. Bien que sa production soit très variée, toute sa vie il cultivera une passion personnelle pour l’autoportrait. Sans relâche il se peindra, jeune, puis mature et enfin vieillissant, sans complaisance, relatant à la fois l’action du temps sur sa personne mais aussi l’évolution de son art de sa vision du monde et de l’être humain. Passionné, orgueilleux, sa vie est faite de […]


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Publié le 1 Novembre 2013

 

"Le jugement de goût, s’il est authentiquement esthétique, implique une adhésion universelle. Pas question dès lors d’admettre à propos de beau la formule convenue : “À chacun selon son goût”…

 

Lorsqu’il s’agit de ce qui est agréable, chacun consent à ce que son jugement, qu’il fonde sur un sentiment personnel et en fonction duquel il affirme qu’un objet lui plaît, soit restreint à sa seule personne. Aussi bien disant : “Le vin des Canaries est agréable”, il admettra volontiers qu’un autre corrige l’expression et lui rappelle qu’il doit dire : cela m’est agréable. Il en est ainsi non seulement pour le goût de la langue, du palais et du gosier, mais aussi pour tout ce qui peut être agréable aux yeux et aux oreilles de chacun. La couleur violette sera douce et aimable pour celui-ci, morte et éteinte pour celui-là. Celui-ci aime le son des instruments à vent, celui-là aime les instruments à corde. Ce serait folie que de discuter à ce propos, afin de réputer erroné le jugement d’autrui, qui diffère du nôtre, comme s’il lui était logiquement opposé; le principe : “À chacun son goût” ( s’agissant des sens ) est un principe valable pour ce qui est agréable.

Il en va tout autrement du beau. Il serait ( tout juste à l’inverse ) ridicule que quelqu’un, s’imaginant avoir du goût, songe en faire la preuve en déclarant : cet objet ( l’édifice que nous voyons, le vêtement que porte celui-ci, le concert que nous entendons, le poème que l’on soumet à notre appréciation ) est beau pour moi. Car il ne doit pas appeler beau, ce qui ne plaît qu’à lui. Beaucoup de choses peuvent avoir pour lui du charme ou de l’agrément; personne ne s’en soucie; toutefois lorsqu’il dit qu’une chose est belle, il attribue aux autres la même satisfaction; il ne juge pas seulement pour lui, mais aussi pour autrui et parle alors de la beauté comme si elle était une propriété des choses. C’est pourquoi il dit : la chose est belle et dans son jugement exprimant sa satisfaction, il exige l’adhésion des autres, loin de compter sur leur adhésion, parce qu’il a constaté maintes fois que leur jugement s’accordait avec le sien. Il les blâme s’ils jugent autrement et leur dénie un goût, qu’ils devraient cependant posséder d’après ses exigences; et ainsi on ne peut dire : “À chacun son goût”. Cela reviendrait à dire : le goût n’existe pas, il n’existe pas de jugement esthétique qui pourrait légitimement prétendre à l’assentiment de tous."

Kant Critique de la faculté de juger ( 1790 ), § 7, trad. A. Philonenko, Vrin, 1993, pp.74-75.

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