art moderne

Publié le 19 Septembre 2010

Miro Catalan LandscapeThe Hunter

MOMA New-York 1923-1924

 

“Il n’y a de pays que de l’enfance”, écrivait Roland Barthes, pointant par là l’importance fondatrice du lieu, berceau et réceptacle des premières expériences sensibles de tout sujet, qui marquerait à jamais la relation d’un individu au monde entendu en termes d’espace et de sensations. Miró a fait de sa Catalogne et surtout de Montroig, la chère ferme parentale où il se réfugiait la moitié de l’année, l’été et une partie de l’automne, le lieu par excellence de son art. Lieu de sensations et de souvenirs, la Catalogne est aussi cet espace où se décline pour l’artiste sa relation à la vie et à la mort.

 

L’aridité du sol catalan, sa végétation avec ses eucalyptus et ses caroubiers, ses ciels immenses et ses nuits étoilées, jusqu’à ses plus petits cailloux, sans compter la présence des figures qui habitent les campagnes, les paysans catalans, ont été la source à jamais épuisée de sa création.

 

Au-delà même du sol catalan avec ses inévitables présences, Miró en a revendiqué l’esprit, le caractère terrien et passionné, les élans qui le poussent vers le haut. Le motif du pied et de l’échelle conciliant les mouvements extrêmes de son art, ancré dans la terre et tendu vers le plus haut, se trouve relié à ses origines catalanes.

 

Comme Picasso, l’artiste a été profondément marqué par la montée du fascisme en Espagne (1936), l’exil obligé en France et l’impossibilité de retrouver pendant quelques années ses lieux. Miró écrit que, sans sa femme et sa fille, il serait rentré en Espagne. Les toiles de l’époque aux couleurs acérées et aux formes monstrueuses témoignent d’un tel déchirement. Contrairement à Picasso qui illustre dans ses tauromachies l’Espagne, dans l’irruption d’une virilité héroïque à laquelle il s’identifie, Miró n’est pas hanté par ce sujet. S’il a peint, lui aussi, des taureaux et des courses de taureaux, c’est autre chose qui l’intéresse de la Catalogne: son atmosphère, sa nature, qu’il peint d’abord fidèlement, pour ensuite aller à l’essence. Essence qui permettra à ses paysages de prétendre à la dimension de l’universel, et à l’artiste de se revendiquer “catalan universel”.

 


 



Bleu II Centre Pompidou Paris, 1961 Né en 1893 Miró devient comptable puis s'inscrit à l'Académie de Francesc Galí à Barcelone en 1912 pour y étudier la peinture. Vite attiré par la communauté artistique réunie à Montparnasse, il s'établit à Paris, en 1922. Il y rencontre Pablo Picasso, le mouvement Dada, et sous l’influence des poètes et écrivains surréalistes développe dès 1924 son style unique, une géographie de signes colorés et de formes poétiques en apesanteur, placée sous le double […]



En 1911 Kandinsky à travers les Impressions ouvre la porte à l’abstraction, il avance peu à peu dans son travail sur les formes et les couleurs et fini par créer un univers original sans relation direct à la réalité, où les couleurs et leur équilibre sur la toile forment sens et donne au tableau toute sa qualité. Précurseur, artiste complet Kandinsky vient d’achever en 1910 Du spirituel dans l’art et peu, fort de ses théories, ouvrir un nouveau champ d’exploration pour la peinture.

 


 


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Publié le 15 Septembre 2010

Salvador Dali Tentation de saint antoine

La tentation de saint-Antoine, 1946

 

Après la seconde guerre mondiale Dali cherche de nouvelles voies, l'avènement de l'ère atomique, les débuts de la guerre froide et le bilan de la 2nd guerrre mondiale l'amènent au mysticisme. Il se tourne vers des thèmes classiques et s'inspire des grands peintres. La tentation de Saint-Antoine fut peinte pour un concours d'affiche pour un film. La mise en scène du tableau associe des éléments mystiques et fantastiques dans un univers proche des tableaux de Bosh et de Brueghel. Le thème du tableau reste très explicite tout en intégrant un univers étrange propre au génie du peintre.

 

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Rédigé par rafael

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Publié le 10 Septembre 2010

Matisse la tristesse du roi

Matisse Centre Pompidou Paris 1952

 

Matisse (1869- 1954)  a développé et enrichie la pratique du papier découpé. Ces œuvres originales lui ouvrent de nouvelles perspectives qui lui permettront dans les dernières années de sa vie de produire des œuvres de grandes qualités, parfois monumentales. Le tableau, la Tristesse du roi, fait référence à un tableau de Rembrandt, David jouant de la harpe devant Saül, le jeune héros jouant pour distraire le roi de sa mélancolie. Matisse dans cette oeuvre conjugue une réflexion sur la vieillesse et la musique avec son regard sur le temps passé.

 

Dans cet ultime autoportrait, le peintre se représente sous la forme d'une image noire, semblable à sa silhouette assise dans son fauteuil, entouré des plaisirs qui ont enrichis sa vie : les pétales jaunes qui s'envolent ont la gaieté des notes de musique, l'odalisque verte symbolise l'Orient, tandis qu'une danseuse rend hommage au corps de la femme. Tous les thèmes de Matisse sont réunis dans cette peinture magistrale. 


 



Musée Berggruen, Berlin Matisse, peintre phare du XXe siècle, poussa la technique du découpage très loin dans le dépouillement et le recherche de l'essentiel, évocation du mouvement et de la grace avec un minimum de moyen. Réalisé en 1952, à la fin de sa vie, la Danseuse acrobate illustre parfaitement cette recherche. Depuis la Danse réalisé en 1930, Matisse poursuit cette quête du mouvement, ici le corps de la danseuse est en levitation dans le vide, suspendu éternellement au-dessus du […]

 

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Rédigé par rafael

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Publié le 5 Septembre 2010

Miro bleue (2)

  Bleu II Centre Pompidou Paris, 1961

 

Né en 1893 Miró devient comptable puis s'inscrit à l'Académie de Francesc Galí à Barcelone en 1912 pour y étudier la peinture. Vite attiré par la communauté artistique réunie à Montparnasse, il s'établit à Paris, en 1922. Il y rencontre Pablo Picasso, le mouvement Dada, et sous l’influence des poètes et écrivains surréalistes développe dès 1924 son style unique, une géographie de signes colorés et de formes poétiques en apesanteur, placée sous le double signe d'une fraicheur d'invention faussement naïve et de l'esprit catalan exubérant et baroque. Son travail, d'abord rejeté à Barcelone puis à Paris 1921, va évoluer depuis les paysages catalans à une peinture issue de l'irrationnel et de l'automatisme.

 

La Guerre Civile espagnole éclate en 1936. Miró soutient les Républicains depuis Paris, et réalise la célèbre affiche "Aidez l'Espagne". La victoire de Franco en 1939 lui ferme la possibilité de retourner en Espagne jusqu'en 1942, et il reste à Paris puis Varengeville au début de la Seconde Guerre mondiale. Revenu à Barcelone, il collabore avec Josep. Il voyage pour la première fois aux États-Unis en 1947, pays qui lui voue déjà une grande reconnaissance, et réalise un panneau mural à Cincinnati, pour le Terrace Plaza Hotel. Il participe également cette année-là à l'Exposition internationale du surréalisme organisée par André Breton et Marcel Duchamp à la Galerie Maeght à Paris.

 

Il s'établit définitivement à Palma de Majorque en 1956. En 1957, il devient Satrape du Collège de ’Pataphysique. Les plus grands musées du monde lui consacrent alors des rétrospectives. Il réalise des illustrations, des lithographies et des sculptures monumentales pour la Fondation Maeght.  Il meurt en 1983 .

  

Miro bleue

Bleu I Centre Pompidou Paris, 1961

 

Les trois grands Bleu(s), du début des années soixante, sont exposés, réunis dans un même espace au Centre Pompidou. Le triptyque se donne à voir dans son déploiement, sa modulation et sa vaste horizontalité. Quoique en apparence abstraites, ces œuvres qui succèdent au deuxième voyage de Miró aux Etats-Unis, fortement marqué par la découverte de l’expressionnisme abstrait de Robert Motherwell et de Marc Rothko, partent toujours de la nature et s’inspirent d’elle. Elles réalisent ce que l’artiste cherchait depuis longtemps: “atteindre le maximum d’intensité avec le minimum de moyens”.

  

Ces tableaux, épurés et presque monochromes, pourraient faire penser à ceux de 1925. Mais les fonds sont ici moins mouvementés, la ligne ne jouant plus voluptueusement avec la couleur et se donnant à voir dans son exiguïté qui s’oppose à l’immensité spatiale. Tout évoque, au contraire, une grande distance, une sensation de sérénité et de contemplation des vastes étendues célestes.

 

 “L’immobilité me fait penser à des grands espaces où se produisent des mouvements […] qui n’ont pas de fin. C’est, comme le disait Kant, l’irruption immédiate de l’infini dans le fini. Un galet qui est un objet fini et immobile me suggère non seulement des mouvements, mais des mouvements sans fin”, déclarait Miró en 1959. (Entretien avec Y. Taillandier, XXe siècle.)

 

Mais, affectionnant la figure rhétorique du paradoxe, l’artiste ajoute qu’il s’agit, comme dans ses toiles, d’un “mouvement immobile”, qu’il rapproche de ce que l’on nomme en musique “l’éloquence du silence”. Evoquant le ciel, le silence, les fonds sonores, les immensités sidérales, ces tableaux demandent aux spectateurs plus qu’un regard, une immersion totale, une contemplation proche de la méditation, du recueillement. Une tension, aussi, de l’œil et de l’esprit, qui se prennent aux variations d’éléments minimes: ronds noirs, trait rouge, ligne filiforme saisis dans le rythme d’abord confus du premier tableau, ensuite linéaire et de plus en plus épuré du dernier de ces tableaux.

 

Bleu III Centre Pompidou Paris, 1961

 

Source: Wikipedia, Centre Pompidou.fr

 

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Rédigé par rafael

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Publié le 1 Septembre 2010

Max Ernst L'ange du foyer ou le triomphe du surréalisme

 

 The Fireside Angel - Der Hausengel

 

«Il s’agit là d’un tableau que j’ai peint après la défaite des Républicains en Espagne. C’est évidemment un titre ironique pour désigner une sorte d’animal qui détruit et anéantit tout sur son passage. C’était l’impression que j’avais à l’époque, de ce qui allait bien pouvoir arriver dans le monde, et en cela j’ai eu raison. » Max Ernst

 

Peint en 1937 comme un manifeste contre Franco et le totalitarisme, ce tableau est prémonitoire, il annonce les massacres et les destructions qui bouleverserons l'Europe. Au même titre que la guerre, ce monstre fanstastique détruit tout sur son passage, sans réflexion, en proi à un délire intérieur incompréhesible.

 

 Il ne reste qu’un étrange petit personnage qui, à gauche de la composition, essaye de le retenir. Dans l’œuvre de Max Ernst, ce petit oiseau filiforme se nomme Loplop, et il incarne l’artiste, son ombre, son double.

 

 

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Publié le 11 Août 2010

Chagall cruxifiction blanche

Art institute of Chicago,

 

Au printemps 1931, Marc Chagall visite la Terre Sainte dans le but de trouver l'inspiration pour son nouveau projet : des illustrations de la Bible. Ce voyage renforce sa foi en Dieu et son optimisme jusqu'au moment où il va en Pologne en 1935. Là, Chagall se heurte à quelque chose d'horrible : la haine contre les Juifs, les démolitions, les incendies des synagogues. Cette violence a un effet énorme sur la peinture de Chagall. Ses thèmes et son style changent : il n'y a plus de tableaux aux scènes joyeuses comme " La vie paysanne " ou " Amoureux Au Bouquet". Ses peintures deviennent sombres et déprimantes, par exemple " Solitude ", " La chute de l'ange ", et " La révolution ". La peinture la plus connue de cette période est " La crucifixion blanche " qui est une illustration des événements de l'époque. Le tableau est organisé en quelques scènes de souffrance et de terreur autour de la croix .

 

Ce tableau porte en germe les ignominieuses atrocités des mois à venir, mais contient aussi les souffrances d’un peuple que les famines et les déchirements intérieurs ont bouleversé au plus haut point. Autour de la croix du supplicié, mort en emportant avec lui les péchés humains, Chagall a organisé différents axes de lecture qui marquent par leur singularité. Scènes de pillage, pleurs mêlés de désillusions, fuite et exil, cette toile témoigne des désappointements de Chagall devant les événements politiques qui grandissent sourdement puis de plus en plus fort autour de lui. Il regarde avec l’impuissance du désespoir les derniers symboles du judaïsme s’éparpiller.

 

Chagall avait une foi inébranlable dans la religion:

 

« Dans ma première jeunesse J’ai été captivé par la Bible. Il m’a toujours semblé Et il me semble encore Que c’est la plus grande source de poésie de tous les temps. Depuis lors, j’ai cherché ce reflet Dans la vie et dans l’art. »

 

Cendras, rencontré à Paris, joue dans l’un de ses poèmes avec cet univers pictural qui imprègne les toiles de Chagall :

 

« (...) La vachère La sage-femme Il y a des baquets de sang On y lave les nouveau-nés

Des ciels de folie Bouches de modernité La tour en tire-bouchon Des mains Le Christ Le

Christ c’est lui Il a passé son enfance sur la croix ... »

 

Source et pour en savoir plus:

http://www.proscenium.ch/art/chagall/chagallbibbia/chagall4.html

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Rédigé par rafael

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Publié le 18 Juillet 2010

 
                          

 

Rappelle-toi Barbara

Il pleuvait sans cesse sur Brest ce jour-là

Et tu marchais souriante

Épanouie ravie ruisselante

Sous la pluie

Rappelle-toi Barbara

Il pleuvait sans cesse sur Brest

Et je t'ai croisée rue de Siam

Tu souriais

Et moi je souriais de même

Rappelle-toi Barbara

Toi que je ne connaissais pas

Toi qui ne me connaissais pas

Rappelle-toi

Rappelle-toi quand même jour-là

N'oublie pas

Un homme sous un porche s'abritait

Et il a crié ton nom

Barbara

Et tu as couru vers lui sous la pluie

Ruisselante ravie épanouie

Et tu t'es jetée dans ses bras

Rappelle-toi cela Barbara

Et ne m'en veux pas si je te tutoie

Je dis tu à tous ceux que j'aime

Même si je ne les ai vus qu'une seule fois

Je dis tu à tous ceux qui s'aiment

Même si je ne les connais pas

Rappelle-toi Barbara

N'oublie pas

Cette pluie sage et heureuse

Sur ton visage heureux

Sur cette ville heureuse

Cette pluie sur la mer

Sur l'arsenal

Sur le bateau d'Ouessant

Oh Barbara

Quelle connerie la guerre

Qu'es-tu devenue maintenant

Sous cette pluie de fer

De feu d'acier de sang

Et celui qui te serrait dans ses bras

Amoureusement

Est-il mort disparu ou bien encore vivant

Oh Barbara

Il pleut sans cesse sur Brest

Comme il pleuvait avant

Mais ce n'est plus pareil et tout est abimé

C'est une pluie de deuil terrible et désolée

Ce n'est même plus l'orage

De fer d'acier de sang

Tout simplement des nuages

Qui crèvent comme des chiens

Des chiens qui disparaissent

Au fil de l'eau sur Brest

Et vont pourrir au loin

Au loin très loin de Brest

Dont il ne reste rien.

 

Extrait de "Paroles", 1945 Jacques Prévert

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Rédigé par rafael

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Publié le 6 Juillet 2010

 

Werner bischof India Inde (4)

 

"Les belles photographies sont souvent statiques et en composant des clichés parfaits on risque de tomber dans un piège" Werner Bischoff (1916-1954), Calcutta, 1951.

 

Témoin du monde, Bischoff fait partie de ses photographes qui au milieu du siècle vont parcourir le monde et témoigner, sur la grandeur et la misère de l'homme.

 


Werner bischof India Inde (5)

Werner bischof India Inde

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Publié le 3 Juillet 2010

Dorothea lange Migrant Mother (2)

 

Dorothea Lange (1895-1965) est la photographe américaine la plus connu de l’entre-deux guerres. Elle travaille durant cette période pour la FSA ( Farm Security Administration) et participe au témoignage accablant sur les désastres sociaux créé par la crise de 29 dans les campagnes américaines. Ce portrait de 1936 est devenu une icône de la photographie, prise en Californie elle montre une mère, migrante, victime de la grande dépression.

 

Dorothea lange Migrant Mother (3) 

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Rédigé par rafael

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Publié le 2 Juillet 2010

  
  

 

Otto Steinert (1915-1978) est l’un des promoteurs de la photographie en Allemagne juste après la seconde guerre mondiale. Professeur à l’Ecole d’Art de Sarrebruck, il rassemble autour de lui les photographes les plus innovants des années quarante et fonde le groupe Fotoform en 1949. Il défend le concept de la photographie subjective dans la droite ligne de la production d’avant-guerre : Man Ray, Moholy-Nagy et Herbert Bayer. Sa photographie tourne autour de l’expérimentation des formes, des effets de la lumière, des reflets. Son œuvres très graphiques est proche du surréalisme et du mouvement abstrait. La mouvance des « photographes subjectifs » est en phase avec les recherches plastiques de l’époque ou l’expérimentation est au cœur de la démarche artistique.

 

 

 

 

Source: Histoire de Voir Tome III

 

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Rédigé par rafael

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