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Publié le 26 Février 2018

Otto dix - La guerre

Otto dix - La guerre

World War I - Erster Weltkrieg - Primera Guerra Mundial - Prima guerra mondiale

 

 La Première Guerre mondiale est un conflit militaire qui s'est déroulé dans les faits en Europe de 1914 à 1918. Considérée comme un des évènements marquants du XXe siècle, cette guerre parfois qualifiée de totale a atteint une échelle et une intensité inconnues jusqu'alors. Elle a mis en jeu plus de soldats, provoqué plus de morts et causé plus de destructions matérielles que toute autre guerre antérieure. Plus de 60 millions de soldats y ont pris part. Pendant cette guerre, environ 9 millions de personnes sont mortes, et environ 20 millions ont été blessées. D'autres évènements survenus pendant cette période : le génocide arménien (1915-1916), la première bataille de l'Atlantique (1917), la Révolution russe (1917) et la grippe de 1918 ont augmenté la détresse des populations. Pour toutes ces raisons, cette époque a marqué profondément ceux qui l'ont vécue.

Richard Jack - La deuxième bataille d'Ypres, du 22 avril au 25 mai 1915 -  Richard Jack Collection d'art militaire Beaverbrook

Richard Jack - La deuxième bataille d'Ypres, du 22 avril au 25 mai 1915 -  Richard Jack Collection d'art militaire Beaverbrook

L'artiste de guerre Richard Jack représente la position canadienne au cours de la deuxième bataille d'Ypres, dont il n'a pas été le témoin. Il a peint cette énorme oeuvre d'art,  la toile mesure 371,5 x 589 cm,  dans son atelier de Londres. C'est la première de près d'un millier d'oeuvres, de plus de cent artistes, commandées par le Fonds de souvenirs de guerre canadiens (FSGC), organisation créée par lord Beaverbrook pour documenter l'effort de guerre du Canada. Sir Edmund Walker, qui siégeait au conseil consultatif du FSGC, avait le sentiment que Jack avait bien rendu les réalisations des Canadiens pendant la bataille, mais que l'oeuvre ne plairait pas aux Canadiens, lesquels, croyait-il, étaient « peu susceptibles d'apprécier un traitement aussi réaliste de la guerre ». Il avait tort et la peinture de Jack demeure une oeuvre représentative de la Première Guerre mondiale.

Ce conflit mondial est caractérisé par une ligne de front continue de 700 kilomètres, fortifiée, qui ne sera jamais rompue par aucune des armées en présence avant 1918. Le front est constitué de plusieurs lignes de défense creusées dans la terre, les tranchées, reliées entre elles par des boyaux d’accès. Les conditions de vie dans ces tranchées sont épouvantables, bien que les tranchées allemandes soient les mieux aménagées. Les troupes allemandes ont en effet très rapidement bétonné leurs tranchées alors que du côté français, on trouve des tranchées de terre qui résistent tant bien que mal aux obus. Les soldats y vivent entourés par la boue, la vermine, les rats et l’odeur des cadavres en décomposition. De plus, pour les tranchées les plus exposées au front, le ravitaillement laisse parfois à désirer.

Un no man's land rendu infranchissable par des réseaux denses de barbelés, battu par le feu des mitrailleuses, sépare les deux premières lignes. Le danger est permanent, même en période de calme quand l’activité du front est faible, la mort survient n’importe quand, par exemple au cours d’une patrouille, d’une corvée, d’une relève ou d’un bombardement d’artillerie. L’observation aérienne par les avions et les ballons permet aux armées de connaître avec précision la configuration du terrain ennemi, si bien que les tirs d’artillerie ne tombent jamais au hasard. Les obus qui pleuvent de jour comme de nuit font un maximum de dégâts. En 1918, on compte 250 millions d'obus tirés pour la France. Les soldats ne se trouvent en sécurité qu’à une dizaine de kilomètres derrière les lignes quand ils sont hors de portée de l’artillerie lourde.

Capitaine Kenneth Keith Forbes - Artillerie canadienne à l'oeuvre - Collection d'art militaire Beaverbrook

Capitaine Kenneth Keith Forbes - Artillerie canadienne à l'oeuvre - Collection d'art militaire Beaverbrook

Un obusier canadien de 6 pouces appuie des troupes britanniques lors de l'attaque de Thiepval le 16 juillet 1916, au cours de l'offensive de la Somme. L'artiste rend l'épuisement des artilleurs, qui semblent au poste depuis des heures. Une exposition prolongée au bruit et aux chocs des tirs faisait éclater les tympans et abîmait l'ouïe. La plupart des artilleurs devenaient au moins partiellement sourds.

Sir Alfred James Munnings - 1914 - La charge de l'escadron de Flowerdew - Collection d'art militaire Beaverbrook

Sir Alfred James Munnings - 1914 - La charge de l'escadron de Flowerdew - Collection d'art militaire Beaverbrook

La plupart des membres de la cavalerie canadienne qui participa à cette attaque contre les positions de mitrailleuses occupant le bois de Moreuil le 30 mars 1918 furent tués ou blessés. Parmi eux, le lieutenant G.M. Flowerdew du Lord Stathcona's Horse, qui reçut la Croix de Victoria pour avoir dirigé la charge. Incapable de dénouer l'impasse que constituaient les tranchées et peu utile au front, la cavalerie demeura derrière les lignes pendant la majeure partie de la guerre. Toutefois, au cours des offensives allemandes de mars et d'avril 1918, la cavalerie joua un rôle essentiel dans la guerre en rase campagne que durent livrer temporairement les forces britanniques qui reculaient.

Lieutenant Cyril Henry Barraud - 1916 - Premier coup d'oeil sur Ypres - Collection d'art militaire Beaverbrook

Lieutenant Cyril Henry Barraud - 1916 - Premier coup d'oeil sur Ypres - Collection d'art militaire Beaverbrook

L'abri sommaire de soldats, à gauche, fait contraste avec les ruines de la Halle aux draps d'Ypres, que les Canadiens défendirent au cours de la deuxième bataille d'Ypres, en avril 1915. Le nuage de fumée donne à penser qu'un obus vient d'exploser dans la ville.

Major honoraire James Kerr-Lawson - La Halle aux draps, Ypres - Collection d'art militaire Beaverbrook

Major honoraire James Kerr-Lawson - La Halle aux draps, Ypres - Collection d'art militaire Beaverbrook

La Halle aux draps détruite d'Ypres est un symbole de la guerre. La ville fut bombardée par les Allemands mais jamais prise. Après la guerre, les Belges reconstruisirent la Halle aux draps à l'identique. Elle abrite maintenant un musée de la Première Guerre mondiale, avec notamment des artefacts des champs de bataille des environs d'Ypres.

Homer Ramsford Watson - Camp au lever du soleil - 1914

Homer Ramsford Watson - Camp au lever du soleil - 1914

Cette toile d'Homer Watson montre des recrues du premier contingent s'exerçant sur le champ de tir de Valcartier (Québec), 1914. 

La prise de la raffinerie de sucre

La prise de la raffinerie de sucre

Des soldats canadiens s'abritent derrière une chaudière. Ils prennent d'assaut le bastion allemand à la raffinerie de sucre de Courcelette le 15 septembre 1916. Remarquez les combats rapprochés, avec utilisation de fusils, de baïonnettes et de grenades à main.

Richard Jack - La prise de la crête de Vimy, le lundi de Pâques 1917 - Collection d'art militaire Beaverbrook

Richard Jack - La prise de la crête de Vimy, le lundi de Pâques 1917 - Collection d'art militaire Beaverbrook

Nommé en 1916, Richard Jack fut le premier artiste de guerre officiel canadien. Dans cette peinture, il représente l'équipage d'un canon de campagne de 18 livres tirant sur des positions allemandes sur la crête de Vimy. À gauche, des soldats blessés se dirigeant vers l'arrière passent à côté du canon.

La prise de la crête de Vimy, le lundi de Pâques 1917 - Section d’assaut

La prise de la crête de Vimy, le lundi de Pâques 1917 - Section d’assaut

Daniel Sherrin - Char britannique

Daniel Sherrin - Char britannique

Aviation et blindés : Cette guerre est l’occasion pour l’industrie de l’armement de lancer de nouveaux matériaux qui aident à la maturation des techniques et des méthodes. De nombreux secteurs industriels et militaires se sont développés dont l'aviation. Désormais, la reconnaissance aérienne permet l’ajustement du tir de l’artillerie et la cartographie précise des lignes ennemies. L'aviation permet en outre de mitrailler et bombarder les positions. Cette période voit en effet les premiers bombardements aériens de l'histoire. Ce sont surtout les zeppelin qui se chargent de cette mission, de manière d'abord rudimentaire (des obus lâchés à la main au début, avant la mise au point de premiers bombardiers ; le premier « bombardier lourd », le Zeppelin-Staaken VGO1 allemand, rebaptisé Zeppelin-Staaken R1, volera pour la première fois le 11 avril 1915). Les combats aériens révèlent de nombreux pilotes surnommés les « as » comme l’Allemand Richthofen, le « baron rouge », les Français Roland Garros, Fonck et Guynemer, l’Anglais Mannock, le Canadien Bishop, ou encore le Sud Africain Andrew Beauchamp-Proctor.

Combat aérien

Combat aérien

Lieutenant Commander Norman Wilkinson - La réponse du Canada - Collection d'art militaire Beaverbrook

Lieutenant Commander Norman Wilkinson - La réponse du Canada - Collection d'art militaire Beaverbrook

Norman Wilkinson, artiste maritime anglais, a peint le Premier contingent du Canada quittant le pays en octobre 1914. Plus de 32 000 soldats canadiens et terre-neuviens gagnèrent la Grande-Bretagne à bord de 30 paquebots de ligne. À l'époque, c'était le plus important groupe de Canadiens à avoir jamais quitté le Canada par voie maritime.

Jean-Louis Forrain - La guerreJean-Louis Forrain - La guerre
Jean-Louis Forrain - La guerreJean-Louis Forrain - La guerre
Jean-Louis Forrain - La guerreJean-Louis Forrain - La guerre

Jean-Louis Forrain - La guerre

Engagé volontaire en 1917, Jean Louis Forain participera avec d'autres artistes à la section de camouflage. Il accompagne les soldats dans les tranchées pour continuer à dessiner et à les soutenir moralement. Il est extrêmement populaire pendant ces années de guerre et dessine toute une série de caricatures.

Jean-Louis Forrain - la Borne

Jean-Louis Forrain - la Borne

Otto Dix - la guerre
Otto Dix - la guerre

Otto Dix - la guerre

Quand la guerre éclate, Otto Dix s'engage comme volontaire dans l'artillerie de campagne allemande. L'année suivante, il reçoit une formation de mitrailleur et participe à de nombreuses campagnes en Champagne, dans la Somme ou en Russie d'où il sortira vivant. Il a alors en tête des images d'horreur qu'il essaie d'oublier en peignant, comme en témoigne Les Joueurs de skat en 1920.

Otto Dix Attaque aux gaz

Otto Dix Attaque aux gaz

L'utilisation des armes chimiques pendant la Première Guerre mondiale remonte au mois d'août 1914 où les troupes françaises utilisent contre les troupes allemandes un gaz lacrymogène, le xylylbromide, un gaz développé par les forces de police parisiennes. Par la suite, les différents camps ont cherché à fabriquer des armes chimiques plus efficaces bien que les conférences de La Haye de 1899 et 1907 aient interdit l'utilisation d'armes toxiques.

L'Empire allemand, manquant cruellement de matières premières, utilise alors des produits qu'il possède en abondance, dont le chlore, produit rejeté par les industries chimiques, est disponible en grandes quantités. Les troupes allemandes emploient donc le chlore en le présentant comme un gaz irritant et non mortel, ne portant ainsi pas atteinte aux accords des conférences de la Haye. Le premier emploi massif de gaz a lieu le 22 avril 1915 lors de la Deuxième bataille d'Ypres. 150 tonnes de chlore sont lâchées faisant 5 000 morts et 10 000 blessés. La guerre du gaz avait commencé.

Les armes chimiques sont contenues dans des bonbonnes, des obus, des bombes ou des grenades. Les gaz utilisés sont très volatils : chlore, phosgène, « gaz moutarde », arsines ou encore chloropicrine. La détection de certaines de ces armes chimiques est à l'époque quasi impossible. En effet, les conséquences de leur inhalation sur le corps humain n'étant visibles que trois jours après, on ne peut savoir à temps s'il y a eu contamination ou pas. D'où la production de défenses préventives telles que les masques à gaz.

Otto Dix - Repas dans les tranchées.

Otto Dix - Repas dans les tranchées.

Otto Dix - Tranchées

Otto Dix - Tranchées

Otto Dix - Cadavre

Otto Dix - Cadavre

Otto Dix - Cadavre

Otto Dix - Cadavre

"Avec un souci inouï du détail qu’accentue l’intensité du clair-obscur, le peintre s’attache ici à représenter la déshumanisation des corps et la bestialité de la mort : « La guerre, c’est le retour à l’animalité : la faim, les poux, la boue, ce bruit infernal… En regardant les tableaux d’autrefois, j’ai eu l’impression qu’on avait oublié un aspect de la réalité : la laideur », indiquait Dix. Il insiste tout particulièrement sur les visages et sur les mains des morts qui révèlent au mieux, l’expression de la souffrance des corps devant la mort. "

Source:  https://www.histoire-image.org/fr/etudes/corps-morts

Otto Dix - cadavres dans les barbelés - Danse des Morts - 1924

Otto Dix - cadavres dans les barbelés - Danse des Morts - 1924

« Je me faufilais dans mes rêves à travers des ruines dans les tranchées et boyaux. Il fallait que je me débarrasse de tout cela. En fait on ne s’aperçoit pas, quand on est jeune, que dans son for intérieur on souffrait malgré tout. Car pendant de longues années, pendant au moins dix ans, j’ai rêvé sans cesse que j’étais obligé de ramper pour traverser des maisons détruites et des couloirs où je pouvais à peine avancer. Les ruines étaient toujours présentes dans mes rêves. »

Otto Dix

« Le silence se prolonge. Je parle, il faut que je parle. C’est pourquoi, je m’adresse à lui en
lui disant : « Camarade, je ne voulais pas te tuer. Si, encore une fois, tu sautais dans ce trou, je ne le ferais plus, à condition que tu sois aussi raisonnable. Mais d’abord, tu n’as été pour moi qu’une idée, une combinaison née dans mon cerveau et qui a suscité une résolution ; c’est cette combinaison que j’ai poignardée. À présent, je m’aperçois pour la première fois que tu es un homme comme moi. J’ai pensé à tes grenades, à ta baïonnette et à tes armes ; maintenant c’est ta femme que je vois, ainsi que ton visage et ce qu’il y a en nous de commun. Pardonne-moi camarade. Nous voyons les choses toujours trop tard. Pourquoi ne nous dit-on pas sans cesse que vous êtes de pauvres chiens comme nous, que vos mères se tourmentent comme les nôtres et que nous avons tous la même peur de la mort, la même façon de mourir et les mêmes souffrances ? Pardonne-moi camarade, comment as-tu pu être mon ennemi ? Si nous jetions ces armes et cet uniforme, tu pourrais être mon frère, tout comme Kat et Albert. Prends vingt ans de ma vie, camarade et lève-toi… Prends-en davantage, car je ne sais pas ce que, désormais, j’en ferai encore ». (…)
Tant que j’ignore son nom, je pourrai peut-être encore l’oublier ; le temps effacera cette image. Mais son nom est un clou qui s’enfoncera en moi et que je ne pourrai plus arracher. Il a cette force de tout rappeler, en tout temps ; cette scène pourra toujours se reproduire et se présenter devant moi. Sans savoir que faire, je tiens dans ma main le portefeuille. Il m’échappe et s’ouvre. Il en tombe des portraits et des lettres. Je les ramasse pour les remettre en place ; mais la dépression que je subis, toute cette situation incertaine, la faim, le danger, ces heures passées avec le mort ont fait de moi un désespéré. (…) Ce mort est lié à ma vie ; c’est pourquoi je dois tout faire et tout promettre, pour me sauver ; je jure aveuglément que je ne veux exister que pour lui et pour sa famille. Les lèvres humides, c’est à lui que je m’adresse et, ce faisant, au plus profond de moi-même réside l’espoir de me racheter par là et peut-être ici encore d’en réchapper, avec aussi cette petite ruse qu’il sera toujours temps de revenir sur ces serments. J’ouvre le livret et je lis lentement : « Gérard Duval, typographe. »
J’inscris avec le crayon du mort l’adresse sur une enveloppe et puis, soudain, je m’empresse de remettre le tout dans sa veste.
J’ai tué le typographe Gérard Duval. Il faut que je devienne typographe, pensé-je tout bouleversé, que je devienne typographe, typographe… »
 
Erich Maria Remarque (1898-1970), « A l'Ouest rien de nouveau », 1928.

Le bilan humain de la Première Guerre mondiale s'élève à environ dix millions de morts et environ huit millions d’invalides, soit environ 6 000 morts par jour. Proportionnellement, en nombre de combattants tués, la France est le pays le plus touché avec 1,45 million de morts et de disparus, et 1,9 million de blessés, la plupart lourds (obus, tympans, gaz toxiques), soit 30 % de la population active masculine (18-65 ans), la plupart des hommes jeunes de 17 à 45 ans, qui n'auront jamais d'enfants.

En comptant les pertes civiles, la Serbie et la Roumanie, qui ont subi des occupations militaires et des famines, ont été encore plus durement touchées, perdant 6 à 10 % de leur population totale. Les pertes anglaises (colonies comprises) s'élèvent à 1,2 million de tués. Cette saignée s’accompagne d’un déficit des naissances considérable. Le déficit allemand s'élève à 5 436 000, le déficit français à 3 074 000, le déficit russe est le plus élevé et atteint 26 millions. Ainsi, de 25 % de la population mondiale en 1914, l'Europe tombe à 24 % en 1919-1920 et surtout à environ 20 % en 1939.

La stagnation démographique française se prolonge, avec un vieillissement de la population qui ne cesse de croître qu’avec le recours à l’immigration, principalement d'origine italienne, polonaise et espagnole. Ces immigrants participent à la reconstruction d’un pays dont le Nord est en ruines. Apparaît également le phénomène nouveau des gueules cassées, nom donné aux mutilés de guerre qui survivent grâce aux progrès de la médecine tout en gardant des séquelles physiques graves. L’intégration de ces victimes de guerre en nombre à la société doit alors se faire au moyen de nouvelles lois et d'organismes comme l'Union des blessés de la face. On compte alors en France de 10 000 à 15 000 grands blessés de la face.

Au Royaume-Uni, des sculpteurs, comme Francis Derwent Wood, fabriquent des masques pour rendre un aspect humain aux soldats blessés. Les sociétés d'après-guerre vont garder les marques vivantes de la guerre de nombreuses années encore.

Otto Dix - Invalides
Otto Dix - Invalides

Otto Dix - Invalides

Lovis Corinth - Le Christ rouge

Lovis Corinth - Le Christ rouge

Après la guerre de nombreux artistes allemands vont trouver dans la représentation du Christ martyr une évocation de l'humanité en souffrance au-delà de toute considération religieuse. Lovis Corinth, même s'il n'a pas participé à la guerre illustre bien ce mouvement notamment à travers son Christ Rouge.

En parallèle à la guerre nait en Suisse le mouvement Dada:

Succédant à des révoltes individuelles et solitaires contre la civilisation occidentale — Arthur Rimbaud a « assis la beauté sur ses genoux et l'a trouvée amère » —, cristallisée par l'épreuve du conflit de 1914-1918, la contestation culturelle de Dada se manifeste par la truculence provocatrice et la dérision, souvent au cours de manifestations publiques. Hannah Höch qui dessinait des patrons de couturier pour une revue, les utilisait en découpage sauvage pour en faire des collages politiques.

Pour la première fois, les femmes sont acceptées comme artistes à part entière, camarades de jeu et complices des manifestations, « traitées comme des collègues » et non plus seulement comme des amantes, des « amatrices douées » ou des « objets de sublimation dans l'art ».

 

Source: http://www.museedelaguerre.ca/cwm/exhibitions/guerre/official-art-f.aspx, Wikipédia


Dada
Dada

Dada

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Rédigé par rafael

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Publié le 3 Janvier 2014

 

 

» (…) 

Lui, notre colonel, savait peut-être pourquoi ces deux gens-là tiraient, les Allemands aussi peut-être qu’ils savaient, mais moi, vraiment, je savais pas. Aussi loin que je cherchais dans ma mémoire, je ne leur avais rien fait aux Allemands. J’avais toujours été bien aimable et bien poli avec eux. Je les connaissais un peu les Alle-mands, j’avais même été à l’école chez eux, étant petit, aux environs de Hanovre. J’avais parlé leur langue. C’était alors une masse de petits crétins gueulards avec des yeux pâles et furtifs comme ceux des loups ; on allait toucher ensemble les filles après l’école dans les bois d’alentour, où on tirait aussi à l’arbalète et au pistolet qu’on achetait même quatre marks. On buvait de la bière sucrée. Mais de là à nous tirer maintenant dans le coffret, sans même venir nous parler d’abord et en plein milieu de la route, il y avait de la marge et même un abîme. Trop de différence.

La guerre en somme c’était tout ce qu’on ne comprenait pas. Ça ne pouvait pas continuer.

Il s’était donc passé dans ces gens-là quelque chose d’extraordinaire ? Que je ne ressentais, moi, pas du tout. J’avais pas dû m’en apercevoir…

Mes sentiments toujours n’avaient pas changé à leur égard. J’avais comme envie malgré tout d’essayer de comprendre leur brutalité, mais plus encore j’avais envie de m’en aller, énormément, absolument, tellement tout cela m’apparaissait soudain comme l’effet d’une formidable erreur.

« Dans une histoire pareille, il n’y a rien à faire, il n’y a qu’à foutre le camp », que je me disais, après tout…

Au-dessus de nos têtes, à deux millimètres, à un millimètre peut-être des tempes, venaient vibrer l’un derrière l’autre ces longs fils d’acier tentants que tracent les balles qui veulent vous tuer, dans l’air chaud d’été.

Jamais je ne m’étais senti aussi inutile parmi toutes ces balles et les lumières de ce soleil. Une immense, universelle moquerie.

Je n’avais que vingt ans d’âge à ce moment-là. Fermes désertes au loin, des églises vides et ouvertes, comme si les paysans étaient partis de ces hameaux pour la journée, tous, pour une fête à l’autre bout du canton, et qu’ils nous eussent laissé en confiance tout ce qu’ils possédaient, leur campagne, les charrettes, brancards en l’air, leurs champs, leurs enclos, la route, les arbres et même les vaches, un chien avec sa chaîne, tout quoi. Pour qu’on se trouve bien tranquilles à faire ce qu’on voudrait pendant leur absence. Ça avait l’air gentil de leur part. « Tout de même, s’ils n’étaient pas ailleurs ! — que je me disais — s’il y avait encore eu du monde par ici, on ne se serait sûrement pas conduits de cette ignoble façon ! Aussi mal ! On aurait pas osé devant eux ! Mais, il n’y avait plus personne pour nous surveiller ! Plus que nous, comme des mariés qui font des cochonneries quand tout le monde est paru. »

Je me pensais aussi (derrière un arbre) que j’aurais bien voulu le voir ici moi, le Déroulède dont on m’avait tant parlé, m’expliquer comment qu’il faisait, lui, quand il prenait une balle en plein bidon.

Ces Allemands accroupis sur la route, têtus et tirail leurs, tiraient mal, mais ils semblaient avoir des balles à en revendre, des pleins magasins sans doute. La guerre décidément, n’était pas terminée ! Notre colonel, il faut dire ce qui est, manifestait une bravoure stupéfiante ! Il se promenait au beau milieu de la chaussée et puis de long en large parmi les trajectoires aussi simplement que s’il avait attendu un ami sur le quai de la gare, un peu im atient seulement.

Moi d’abord la campagne, faut que je le dise tout de suite, j’ai jamais pu la sentir, je l’ai toujours trouvée triste, avec ses bourbiers qui n’en finissent pas, ses maisons où les gens n’y sont jamais et ses chemins qui ne vont nulle part. Mais quand on y ajoute la guerre en plus, c’est à pas y tenir. Le vent s’était levé, brutal, de chaque côté des talus, les peupliers mêlaient leurs rafales de feuilles aux petits bruits secs qui venaient de là-bas sur nous. Ces soldats inconnus nous rataient sans cesse, mais tout en nous entourant de mille morts, on s’en trouvait comme habillés. Je n’osais plus remuer.

(...)

Serais-je donc le seul lâche sur la terre ? pensais-je. Et avec quel effroi !… Perdu parmi deux millions de fous héroïques et déchaînés et armés jusqu’aux cheveux ? Avec casques, sans casques, sans chevaux, sur motos, hurlants, en autos, sifflants, tirailleurs, comploteurs, volants, à genoux, creusant, se défilant, caracolant dans les sentiers, pétaradant, enfermés sur la terre, comme dans un cabanon, pour y tout détruire, Allemagne, France et Continents, tout ce qui respire, détruire, plus enragés que les chiens, adorant leur rage (ce que les chiens ne font pas), cent, mille fois plus enragés que mille chiens et tellement plus vicieux ! Nous étions jolis ! Décidé ment, je le concevais, je m’étais embarqué dans une croi sade apocalyptique.

On est puceau de l’Horreur comme on l’est de la volupté. Comment aurais-je pu me douter moi de cette horreur en quittant la place Clichy ? Qui aurait pu prévoir avant d’entrer vraiment dans la guerre, tout ce que contenait la sale âme héroïque et fainéante des hommes ?

À présent, j’étais pris dans cette fuite en masse, vers le meurtre en commun, vers le feu… Ça venait des profondeurs et c’était arrivé.

Le colonel ne bronchait toujours pas, je le regardais recevoir, sur le talus, des petites lettres du général qu’il déchirait ensuite menu, les ayant lues sans hâte, entre les balles. Dans aucune d’elles, il n’y avait donc l’ordre d’arrêter net cette abomination ? On ne lui disait donc pas d’en haut qu’il y avait méprise ? Abominable erreur ? Maldonne ? Qu’on s’était trompé ? Que c’était des manoeuvres pour rire qu’on avait voulu faire, et pas des assassinats ! Mais non ! « Continuez, colonel, vous êtes dans la bonne voie ! » Voilà sans doute ce que lui écrivait le général des Entrayes, de la division, notre chef à tous, dont il recevait une enveloppe chaque cinq minutes, par un agent de la liaison, que la peur rendait chaque fois un peu plus vert et foireux. J’en aurais fait mon frère peu reux de ce garçon-là ! Mais on n’avait pas le temps de fraterniser non plus.

Donc pas d’erreur? Ce qu’on faisait à se tirer dessus, comme ça, sans même se voir, n’était pas défendu ! Cela faisait partie des choses qu’on peut faire sans mériter une bonne engueulade. C’était même reconnu, encouragé sans doute par les gens sérieux, comme le tirage au sort, les fiançailles, la chasse à courre !… Rien à dire. Je venais de découvrir d’un coup la guerre tout entière. J’étais dépucelé. Faut être à peu près seul devant elle comme je l’étais à ce moment-là pour bien la voir la vache, en face et de profil. On venait d’allumer la guerre entre nous et ceux d’en face, et à présent ça brûlait ! Comme le courant entre les deux charbons, dans la lampe à arc. Et il n’était pas près de s’éteindre le charbon ! On y passerait tous, le colonel comme les autres, tout mariole qu’il semblait être et sa carne ne ferait pas plus de rôti que la mienne quand le courant d’en face lui passerait entre les deux épaules.

Il y a bien des façons d’être condamné à mort. Ah ! combien n’aurais-je pas donné à ce moment-là pour être en prison au lieu d’être ici, moi crétin ! Pour avoir, par exemple, quand c’était si facile, prévoyant, volé quelque chose, quelque part, quand il en était temps encore. On ne pense à rien ! De la prison, on en sort vivant, pas de la guerre. Tout le reste, c’est des mots.

Si seulement j’avais encore eu le temps, mais je ne l’avais plus ! Il n’y avait plus rien à voler ! Comme il ferait bon dans une petite prison pépère, que je me disais, où les balles ne passent pas ! Ne passent jamais ! J’en connaissais une toute prête, au soleil, au chaud! Dans un rêve, celle de Saint-Germain précisément, si proche de la forêt, je la connaissais bien, je passais sou vent par là, autrefois. Comme on change ! J’étais un enfant alors, elle me faisait peur la prison. C’est que je ne connaissais pas encore les hommes. Je ne croirai plus jamais à ce qu’ils disent, à ce qu’ils pensent. C’est des hommes et d’eux seulement qu’il faut avoir peur, toujours.

Combien de temps faudrait-il qu’il dure leur délire, pour qu’ils s’arrêtent épuisés, enfin, ces monstres ? Combien de temps un accès comme celui-ci peut-il bien durer ? Des mois ? Des années ? Combien . Peut-être jusqu’à la mort de tout le monde, de tous les fous ? Jusqu’au dernier ? Et puisque les événements prenaient ce tour désespéré je me décidais à risquer le tout pour le tout, à tenter la dernière démarche, la suprême, essayer, moi, tout seul, d’arrêter la guerre ! Au moins dans ce coin-là où j’étais. (...) "

 

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Rédigé par rafael

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Publié le 21 Décembre 2013

Buddha-Sarnath--2-.jpg

Bouddha, inde 

 

Le bouddhisme est né en Inde à peu près à la même époque que Mahâvîra rendit plus populaire le jaïnisme, avec lequel il partage une certaine tendance à la remise en cause de l'hindouisme (en particulier de la caste sacerdotale des brahmanes) tel que ce dernier était pratiqué à l'époque (VIe siècle av. J.-C.). Le bouddhisme a repris et aménagé beaucoup de concepts philosophiques de l'environnement religieux de l'époque (tels que dharma et karma, par exemple).

 

C'est en méditant sous un arbre à Bodh Gaya, qu'il eu une illumination et qu'il atteint l'éveil (bodhi), parvenu à cet état, il eut la connaissance du dharma (la vérité) et sut alors comment se libérer des cycles des renaissances et accéder au nirvana, la libération suprême. Il devint un Bouddha (ce qui signifie l'éveillé).

Il se rendit à Sarnath près de Varanasi où il prononça son premier sermon (sutra) connu sous le nom "Discours sur la mise en mouvement de la roue du dharma". Il énonça les "Quatre Nobles Vérités" :

- Constatation que le monde n'est que souffrance (perte d'un être cher, d'un objet,...) ;

- L'origine de la souffrance qui réside dans les désirs et attachements terrestres ;

- La cessation de la souffrance qui s'obtient par la disparition des désirs et attachements ;

- La vérité de la voie (Noble Octuple Voie) menant à la cessation de la souffrance en particulier par la méditation, pour atteindre le nirvana (l'état de non-renaissance) et donc devenir un bouddha.

Il passa les 40 dernières années suivantes de sa vie à prêcher le dharma (enseignement bouddhiste) de village en village, se retirant dans un monastère pendant la saison des pluies. A sa mort, il fut incinéré par ses disciples qui diffusèrent son enseignement.

 

 Fondukistan bodhisattva (3) Ajanta fresques mural (5)
 hadda monastere de tapa-i-Kafariha sculpture Gandhara-Boddhisattva--2-.jpg

 

Si le bouddhisme prend sa source en Inde et il prend son essor dans l’ensemble de la péninsule et en Asie-Centrale. C’est dans ses régions septentrionale dans les vallées afghanes qu’un art accomplie de la sculpture prends ses sources des influences persanes et grecs. Alexandre a conquis ses régions en 300 av. JC, la civilisation hellénistique y est préniante. Cette civilisation gréco-bouddhique du ghandara aura un écho important dans la péninsule notamment à travers sa statuaire on l’on retrouve les influences des plus grands sculpteurs grecs, l’art gréco-bouddhique de cette période va se diffuser dans tout le nord de l’Inde humanisant les représentation de bouddha et ce jusqu’à Ajanta lieu de foisonnement intellectuel et artistique.

 

L’art du Gandhara (Ier au Ive siècle) trouvera son premier développement à Taxila au Pendjab et son apogée dans les ateliers de Mathura au nord d’Agra où la représentation du bouddha atteint sa plénitude, l’expression de la compassion et de la méditation est manifeste dans les sculpture de cet atelier. La ferveur mystique de cette époque aboutie au canon bouddhique que l’on retrouve dans beaucoup d’oeuvres de la civilisation indiennes , mais aussi chinoise ou d’asie du sud-est, le bouddha est représenté avec des traits lisses et pleins, dépouillés et purs, les prunelles mi-close, le regard serein et paisible, un léger sourire aux lèvres. A Ajanta une inscription indique que la sculpture de Bouddha de la grotte 4 a été offerte par un certain Abhayanandi, qui la fit venir de Mathura.

 

 

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Publié le 12 Novembre 2013

Agra porte sud mausolee Akbar Sikandra (2)

Porte sud du mausolée d'Akbar à Sikandra

 

Jalâluddin Muhammad Akbar, (1542-1605) dirige l'Empire moghol de 1556 jusqu'en 1605. Il est généralement considéré comme le plus grand - akbar en arabe - Moghol.

 

Akbar fait preuve d'un grand talent d'administrateur et continue le travail de réorganisation commencé par Sher Shâh Sûrî, qui avait chassé son père hors de l'Inde. Il divise son territoire en 15 provinces, avec à la tête de chacune un gouverneur militaire, le Nawâb Nazîm, et un administrateur civil, le Dîwân qui en contrôle les finances. Il établit un impôt sur les terres agricoles correspondant au tiers de la valeur de la récolte. Tolérant en matière de religion, il abolit, en 1563, la jiziya, l'impôt levé en terre d'Islam sur les non-musulmans, les taxes sur les pèlerinages; il épouse une princesse hindoue, Mariam az-Zamânî, la fille du râja d'Amber Bihârî Mal, mère de son fils et successeur Jahângîr, et accueille des hindous dans son administration et ses armées, ce qui lui entraînera des alliances avec les royaumes Rajputs.

 

Fatehpur Sikri Diwan i-Khass (4)

 

À partir de 1561, il réforme l’administration de l’empire. Il charge l’eunuque Itimad Khan (Khwaja Malik I'timad Khan) d’accroître les rentrées du pouvoir central aux dépens des gouverneurs de province. Pour réaliser la centralisation, Akbar doit mettre au pas les factions ethniques, les oulémas et enfin les clans centre-asiatiques. Le système de l’iqtâ est supprimé. L’administration peut prélever directement les impôts et payer en espèces les dignitaires de l’Empire. Devant une grande révolte provoquée par ces réformes, Akbar devra revenir en arrière dans les années 15802.

D'une grande ouverture intellectuelle et religieuse il invite des représentants des grandes religions à débattre devant lui de questions religieuses. Des jésuites de Goa y sont également invités. De ces débats et recherches, il tire, en 1581, une religion de la lumière appelée Dîn-i-Ilâhî, idéologie religieuse syncrétiste empruntant à l'Islam, au Christianisme et surtout au Jainisme. Il espérait promouvoir cette religion comme facteur unifiant de son empire. Il autorise à nouveau la construction de temples hindous mais interdit la satî, le suicide des veuves.

 

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Fatehpur-Sikri

 

 Pour célébrer sa victoire sur le Gujerat, il ordonne la construction (1569-1576) d'une nouvelle capitale à Fatehpur-Sikrî, près de Āgrā, où il fait créer un nouveau style architectural mélangeant les influences musulmanes et hindoues. Akbar élabore un véritable rituel de cour. À Fatehpur-Sikrî, ses apparitions en public sont programmées et il traître les affaires courantes dans un hall ouvert à tous (cérémonie du darbar). Il fait de nombreuses réformes administratives et prend des mesures en faveur des paysans. Fatehpur-Sikrî est rapidement abandonnée car manquant gravement d'eau (1586). Il s'installe à Lahore, plus près de régions instables. Il attire des peintres en miniatures persans.

Les dernières années du règne d'Akbar sont marquées par les rébellions fréquentes de son fils Salim, le futur empereur Jahângîr. Il meurt à Āgrā le 27 octobre 1605 de dysenterie. Un superbe mausolée en marbre blanc et grès rouge élevé par son fils à Sikandra au nord-ouest de la ville, recueille sa dépouille. Sa tombe sera profanée par les Jâts, des agriculteurs révoltés, et ses restes dispersés.

Source: Wikipédia

Photos: Lankaart

 

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Publié le 5 Novembre 2013

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Basilique Sainte-Sophie

 

Aborder Istanbul c’est partir à la découverte de deux grandes périodes de l’histoire de l’art: la période byzantine correspondant aux règnes des empereurs byzantins du IVe siècle au XVe siècle et la période ottomane qui s’épanouit au XVIe et XVIIe siècle et se prolonge jusqu'au début du XXe siècle.

 

La ville byzantine et romaine:

 

Ville stratégique à l’entrée de la Mer Noire, Byzance, l’Istanbul des grecs de la haute antiquité, contrôlait le commerce entre les rives de la mer Noire , le débouché de la Volga et les royaumes du bassin méditerranéen. Tous les bateaux qui empruntaient la route du Bosphore trouvaient dans la Corne d’Or un port naturel, un refuge sur le long périple qu’ils entreprenaient. Cette position stratégique à la fois militaire et commerciale sera choisie par Constantin pour devenir la deuxième Rome en 330 après J.-C.. La ville, devenue capitale, s’est alors considérablement agrandie. De nombreux monuments seront construits à cette époque dont La Basilique Sainte-Sophie, le stade, le forum.

 

L’art dit Byzantin trouve son apogée durant cette période qui voit l’Empire d’Orient résister avec succès aux invasions barbares du Nord et à la poussée islamique au Sud. Contrairement à l’Empire romain d’Occident qui déclinera rapidement sous la poussée des invasions la civilisation byzantine s’épanouira pendant plusieurs siècles et influencera tout l‘est du bassin méditerranéen.

 

Le centre d’Istanbul c’est édifié et densifié au cours de cette période qui va du IVe au XVe siècle. Pendant 1000 ans les empereurs et l’aristocratie de Constantinople vont embellir la cité.

 

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La basilique Sainte-Sophie:

 

Sainte-Sophie est l'un des monuments les plus représentatifs de la grandeur de la civilisation byzantine. Elle fut construite à la demande de l'empereur Justinien, à l'emplacement même d'une ancienne basilique. Anthémius de Tralles et Isidore de Milet furent choisis par l'empereur pour édifier ce qui sera, pendant plusieurs siècles, l'un des plus grands bâtiments du monde et l'une des plus grandes coupoles jamais édifiées.

 

Le bâtiment de plan centré en croix grecque offre un volume intérieur immense. Construite en seulement 5 ans (532-537), la structure de la basilique est une véritable prouesse technique, témoignage d'une très grande maîtrise de la part des architectes.

 

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Sa conception reprend des principes constructifs déjà utilisés par les architectes romains : la coupole, dont le cercle de la base est parfaitement lisible depuis l'intérieur de la basilique, repose sur quatre pendentifs concaves qui libèrent l'anneau bas de la coupole et accentuent la perspective, donnant l'impression que le toit de l'édifice flotte dans le ciel.

 

Les pendentifs sont repris par quatre piliers massifs contrebutés par des demi-coupoles, seulement sur deux côtés, source de désordre ultérieur.

 

Église du saint Sauveur in Chora :

 

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Saint-Sauveur-in-Chora est l'une des plus belles églises d’Istanbul. Elle fut construite à l'Ouest du centre, non loin des anciennes murailles de l'antique Byzance. Sa valeur artistique est liée à la profusion des mosaïques et des fresques qui couvrent les murs, les voûtes et les coupoles de l'église. A l'origine, lors de sa construction au Ve siècle, l'église était hors des murs de la cité, Chora signifiant dans les champs.

 

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Elle fut reconstruite au XIe siècle à la demande de Maria Ducaina, belle-mère de l'empereur Alexis Ier Commène, sous la forme d'un plan en croix caractéristique du renouveau architectural byzantin. La décoration intérieure fut exécutée plus tard, entre 1315 et 1321, sous l'impulsion de l'homme d'état Théodore Métochitès.

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Muse-Kariye--Saint-Sauveur-en-Chora---12-.jpgMuse-Kariye--Saint-Sauveur-en-Chora---14-.jpg

 

Dans le centre de la ville au détour d’une rue, les vestiges de la ville de Constantin sont nombreux: l'Hippodrome, l'Aqueduc de Valens, les Églises justiniennes de Sainte Sophie, Sainte Irène, L'Église de la Petite Sainte Sophie (ancienne Église des Saints Serge et Bacchus), et le Monastère du Pantocrator fondé par l'Impératrice Irène sous le règne de Jean II Comnène.

 

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Citerne sous le centre ville.

 

A cette période faste succédera pour l’empire une période de recul constant marqué par la prise de la ville et son pillage lors de la croisade de 1204. L’empire disloqué, la civilisation byzantine vivra ses dernières heures en résistant aux invasions turcs jusqu’à sa chute en 1453.

 

La ville ottomane:

 

Constantinople devient en 1453 Istanbul, capitale de l’empire Ottoman, retrouvant ainsi les fastes d’antan. La ville est au centre de l’empire, les constructions se multiplient. Cette période voit l’art ottoman atteindre son apogée. La ville se couvre de monuments et rayonne sur l’ensemble du monde musulman et une grande partie de l’Europe de l’Est passée sous la coupe des Ottomans. Cette période faste couvre les XVIe et XVIIe siècles.

 

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Mosquée Bleue

Le palais de Topkapi:

 

Après la conquête de la ville, Mehmed II fit édifier le palais sur la « pointe du Sérail » qui donne à la fois sur la Corne d’Or et la mer de Marmara à l’emplacement de l’ancienne acropole de la ville grecque. C’est Soliman le Magnifique au XVIe siècle qui lui donnera son aspect actuel. L’ensemble reste une accumulation de constructions sans véritable ordonnancement, ce qui fait son charme. A l’instar des forts d’Agra et de Delhi, le palais est une succession de bâtiments organisés autour de cours traversées par de nombreux passages et donnant sur de splendides jardins. Les vues sur la mer et le Bosphore sont superbes.

 

La Mosquée de Süleymaniye

 

Soliman le Magnifique fit construire entre 1550 et 1557 par l’architecte Sinan le complexe urbain et religieux de la Mosquée Süleymaniye. Cet ensemble constitué de la mosquée, d’une école coranique, d’un hôpital, de bains publics, d’un hospice et de nombreux collèges et magasins est un lieu unique dans la ville.

 

La mosquée est l’une des plus belles œuvre de Sinan. Le volume intérieur, particulièrement harmonieux, les proportions de l’édifice, sa silhouette dans la ville font de ce monument un lieu incontournable.

 

Sinan pose dans cet édifice les principes de l'architecture des mosquées ottomanes, ils sont simples et inspirés en partie par l'architecture byzantine: plan centré, édification d'immenses coupoles qui libèrent l'espace de prière, position des minarets aux quatre angles des édifices, décoration somptueuse des espaces intérieurs.

 

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Turquie Istanbul Yeni Camii Caddesi

Turquie Istanbul Yeni Camii Caddesi (3)Turquie Istanbul Yeni Camii Caddesi (7)

 

La Mosquée Bleue

 

La Mosquée Bleue d'Istanbul, ou Sultanahmet Camii, est le pendant de la Basilique Sainte-Sophie qui lui fait face. Elle est l'œuvre de Sedefhar Mehmet Aga et fut bâtie entre 1609 et 1616 à la demande du Sultan Ahmet Ier. L'œuvre est un manifeste de la puissance et de la créativité des ottomans face aux vestiges de la civilisation byzantine. La mosquée est construite sur un plan similaire à la basilique Sainte-Sophie et selon les principes établis par Sinan.

 

L'habitat vernaculaire autour des principaux monuments religieux dans les quartiers de Süleymanye et de Zeyrek reste un témoignage exceptionnel de la vieille ville ottomane. Se perdre dans le dédale des rues en admirant les maisons en bois est l’un des délices de la ville. On se perd facilement dans les rues, mais on finit toujours par retrouver l’immense bazar, véritable ville dans la ville.

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 Mosquée Rusten Pacha

 

Turquie Istanbul Bazar (5)

Istanbul le bazar

Pendant la période ottomane Istanbul s’agrandit. Les multiples peuples de l’empire s’installent dans la ville, son économie prospère jusqu’au XIXe siècle. Le lent déclin de l’empire jusqu’à la première guerre mondiale laisse la place en 1920 à une Turquie moderne dynamique menée par Mustapha Kemal. La capitale se déplace sur les hauts plateaux anatoliens à Ankara, mais Istanbul reste une ville cosmopolite dont le rayonnement économique et le pouvoir de séduction reste toujours constant. Même si la population grecque a été contrainte à l’exil, la ville continue à brasser les peuples. Aujourd’hui la ville est devenue une agglomération tentaculaire dépassant les 10 millions d’habitants qui se développe très rapidement de part et d’autre du Bosphore. Les constructions contemporaines foisonnent mais le centre historique reste à l’abri de ce développement souvent anarchique.

 

Texte et Photos: Lankaart (c)

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Publié le 30 Octobre 2013

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Alcazar de Séville

L’œuvre de l’Empire almohade a profondément marqué l’histoire et l’art de l’Occident musulman. De son noyau initial dans les zones montagneuses de l’Anti-Atlas et du Haut-Atlas, le mouvement almohade réussit à fonder le plus vaste empire qu’ait jamais connu la partie occidentale du Dâr al-islâm, de la Tripolitaine à l’Atlantique, et englobant al-Andalus.

 

L’histoire des Almohades commence avec la prédication d’Ibn Tûmart, juriste berbère originaire de la tribu des Hargha. En s’insurgeant contre les Almoravides, et en s’indignant particulièrement contre la mainmise des juristes malikites sur le pouvoir du souverain ‘Alî b. Yûsuf, Ibn Tûmart prône la réforme et professe une nouvelle doctrine l’unitarisme. Celle-ci propose une synthèse des apports de plusieurs courants musulmans, notamment l’ash`arisme et le chiisme, et prêche le retour aux sources fondamentales du droit musulman (Coran et sunna) afin de remplacer le recours aux compilations de jurisprudence, pratique prépondérante chez les juristes malikites. Ibn Tûmart se proclame ensuite Mahdî, notion empruntée au chiisme, impliquant le caractère messianique de son mouvement, et lui octroyant l’impeccabilité (‘isma) nécessaire à la légitimation de son action.

 

Grâce à l’appui de certaines grandes tribus des Berbères Masmûda, Ibn Tûmart mobilise autour de lui une première communauté de fidèles, qui se fixe en 1124 à Tinmel. Doté d’une organisation hiérarchique inspirée des traditions communautaires berbères, le mouvement almohade entame une longue conquête du pouvoir. À sa mort en 1130, Ibn Tûmart lègue la direction du mouvement à ‘Abd al-Mû’min, véritable stratège et chef de guerre, et artisan de la victoire almohade sur les Almoravides. La chute de ces derniers avec la prise de Marrakech en 1147, ne met pas un terme à la conquête almohade, qui se poursuit par une lutte sans merci contre de nombreuses insurrections, et surtout par une extension de l’empire vers l’Ifrîqiya et al-Andalus. En imposant leur autorité sur les territoires conquis, les Almohades, à l’instar de leurs prédécesseurs, font de la lutte contre l’avancée chrétienne, normande en Ifrîqiya, portugaise et castillane en al-Andalus, un objectif fondamental. Les succès almohades ont permis ainsi de mettre fin à la première, et de retarder pour un temps la deuxième, notamment avec le succès d’Alarcos en 1195.

 

La grandeur de l’Empire almohade n’émane pas seulement de sa large expansion géographique. Forts de la légitimité que leur assure l’ « almohadisme », les souverains almohades, à commencer par ‘Abd al-Mû’min, se proclament califes et rompent ainsi avec la reconnaissance nominale de l’autorité abbasside respectée par les Almoravides. Le pouvoir califal repose sur une organisation étatique hiérarchisée et efficace, dans laquelle les sayyid, membres du clan mu’minide, et les ashyâkh, dignitaires des différentes tribus almohades, occupent une place de choix. Le message almohade est diffusé grâce à un corps de docteurs, talaba ou huffâz, chargés d’initier la population, en langue berbère, aux fondements du dogme almohade. 

 

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Dotés d’une importante flotte de guerre, les Almohades règnent sur un territoire où se développe une grande activité portuaire, notamment à Tunis, à Bougie et à Ceuta, ou encore sur l’Atlantique. Les échanges avec l’Occident chrétien, malgré la confrontation militaire en al-Andalus, sont continus, et les contacts diplomatiques, avec Pise ou Gênes par exemple, assurent les conditions nécessaires à une activité commerciale de plus en plus importante.

 

La force du projet politique et des capacités d’organisation administrative du régime almohade sont propices à de grands programmes d’urbanisation. Dans la capitale Marrakech une nouvelle cité palatiale, la Qasba, est aménagée. Séville, siège andalou de l’autorité califale almohade, connaît également d’importants chantiers dans les espaces palatiaux (le qasr ou Alcázar), et la construction d’une nouvelle grande mosquée. Ribât al-Fath (future Rabat), est la principale nouvelle fondation almohade, initiée par ‘Abd al-Mû’min et poursuivie par ses successeurs. Point de regroupement des armées almohades en partance vers al-Andalus, Rabat connaît sous les Almohades la construction d’une grande mosquée inachevée, la mosquée Hasan, aux dimensions inégalées dans l’histoire de l’Occident musulman médiéval. De très nombreuses autres villes du Maghreb et d’al-Andalus, comme Taza, Fès, Silves, Mertola, Siyâsa ou Saltès portent encore les traces d’une vie urbaine prospère. L’urbanisme almohade est marqué notamment par l’importance des systèmes de fortification urbaine, et l’intérêt particulier accordé à l’extension des zones de jardins péri-urbains grâce à l’aménagement des bahîra (jardins dotés de grands bassins d’eau), comme à Marrakech, Fès ou Séville.

 

L’expression artistique est sans doute un vecteur privilégié de l’idéologie almohade. Leur héritage dans le domaine de l’architecture religieuse est grandiose : parmi de très nombreux lieux de culte recensés au Maghreb et en al-Andalus, plusieurs grandes mosquées almohades sont de véritables chefs-d’œuvre. On en compte dans toutes les villes capitales de l’empire : à Marrakech d’abord, avec les deux Kutubiyya (1147 et 1158) et la mosquée de la Qasaba (vers 1197), à Séville ensuite, dotée d’une nouvelle grande mosquée après 1172. Les deux nouvelles fondations almohades, Taza et Rabat, sont pourvues chacune d’une grande mosquée, respectivement en 1135 et 1196-1197, sans oublier Tinmel, principal noyau du mouvement almohade, où une grande mosquée est construite vers 1153 pour cultiver le souvenir du Mahdî Ibn Tûmart. Ces principales réalisations relèvent d’un programme architectural cohérent et raisonné : les salles de prière sont disposées selon un plan en T, hérité des exemples classiques de Médine, Cordoue ou Kairouan. Les nefs sont perpendiculaires au mur de la qibla qui est précédé par une large nef transversale, alors que la nef axiale est toujours plus grande que les autres. Une série de coupoles, ornées de compositions de muqarnas, viennent mettre en valeur les nefs axiale et transversale, et marquent les points d’intersection entre cette dernière et les nefs longitudinales. La cour centrale (sahn), généralement délimitée par le prolongement des nefs latérales et par conséquent parfaitement intégrée dans la masse du bâtiment, assure l’équilibre de la composition architecturale. Le minaret constitue incontestablement l’organe le plus emblématique du programme esthétique des mosquées almohades. Les corps des hauts minarets sont décorés par une succession de registres variés qui associent des arcatures de formes diverses et des réseaux recticurvilignes qui tendent à occuper une place plus importante dans la forme aboutie du minaret almohade, comme on l’observe dans le minaret de la mosquée de la Qasba à Marrakech. Le haut de la tour est également ceinturé par une bande de carreaux de céramique posés sur des parements de bois.

 

Les portes monumentales urbaines font partie des éléments architecturaux particulièrement soignés par les Almohades. Il s’agit d’un véritable monument quadrangulaire, en saillie par rapport aux courtines des murailles et généralement flanqué de deux tours. Son franchissement se fait par une série de salles ou d’espaces découverts, généralement disposés en chicane. Certaines de ces portes (Bâb al-Rwâh et la porte des Udâya à Rabat ; Bâb Agnâw à Marrakech), offrent une ornementation élaborée qui tranche avec la sobriété habituelle. En effet, l’esthétique almohade a fait un usage particulier de l’ornement : il est généralement aéré, sobre, mais équilibré. L’austérité affichée par les Almohades constitue une réaction à l’exubérance de la décoration almoravide.

 

Par ailleurs, les arts mobiliers se développent d’une manière considérable sous les Almohades. Les tirâz, dont plusieurs exemples sont conservés en Espagne chrétienne, s’inscrivent dans la continuité de la production textile andalouse et ne semblent pas refléter l’austérité de la décoration architecturale almohade. Parmi les nombreux types de production céramique, l’esgrafiado (esgrafié) est sans doute le plus caractéristique, notamment dans la partie orientale d’al-Andalus où les plus beaux spécimens ont été trouvés.

 

Victime de ses propres contradictions et de l’importance grandissante de ses concurrents internes, le régime almohade s’écroule progressivement à la suite de la débâcle de Las Navas de Tolosa (al-‘Uqâb, 1212). La conquête chrétienne en al-Andalus s’accélère et les principales villes musulmanes tombent l’une après l’autre : Cordoue (1236), Valence (1238), Murcie (1243), ou encore Séville (1248). Seule une enclave musulmane autour du royaume de Grenade réussit à se maintenir sous l’égide de la nouvelle dynastie nasride. Au Maghreb, le pouvoir almohade, fragilisé sur le plan idéologique par l’abrogation du dogme de l’infaillibilité du Mahdî par le calife al-Mâ’mûn en 1232, est confronté au démembrement inévitable de son empire, que se partageront désormais, ses trois successeurs hafside, ‘abd al-wadide et marinide.

 

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Publié le 19 Août 2013

Postdam chateau palais de Sanssouci (4)

 

Frédéric Guillaume Ier fit de Potsdam un centre administratif et surtout une ville de garnison au point que les trois quarts de sa population se composaient de militaires. Puis la ville fut adoptée comme résidence par la maison royale de Prusse. La plupart de ses bâtiments prestigieux furent érigés sous le règne de Frédéric le Grand.

 

Le palais de Sans-souci est son monument le plus connu. Réalisé par Georg Wenzeslaus von Knobelsdorff entre 1745 et 1747, Sanssouci répondait au besoin qu'avait Frédéric II d'une résidence privée où se détendre, loin des solennités de la cour berlinoise. Le « palais », pour cette raison, s'apparente en réalité davantage à une grosse villa, et son véritable équivalent en France est le château de Marly. Le roi y réunissait ses proches — il y reçut Voltaire — et la conversation se faisait uniquement en français, pour des repas en petit nombre, des tabagies, ou des concerts quotidiens privés où le roi se mettait souvent à la flûte. Le bâtiment de dix pièces s'étend sur un seul niveau, au sommet d'une colline en terrasses et au centre du parc. Les goûts personnels du roi ont eu une telle influence sur la conception et la décoration du palais que l'on parle parfois de « rococo frédéricien ». Frédéric lui-même considérait l'endroit si lié à sa propre personne qu'il le voyait comme « un lieu qui mourrait avec lui ».

L'emplacement et la disposition de Sanssouci au-dessus d'un coteau de vignes reflètent l'idéal pré-romantique d'harmonie entre l'homme et la nature dans un paysage ordonné par la main du jardinier. Frédéric II n'aimait pas les jardins à l'anglaise, préférant les jardins à la française. La viticulture, très vite, passe au second plan et cède la place aux jardins d'agrément. La colline sur laquelle Frédéric décide d'implanter son vignoble en terrasse devient l'axe central de son domaine, couronné par un château relativement modeste - mein Weinberghäuschen (« mon petit cellier »), comme Frédéric se plaît à l'appeler. Bénéficiant d'une vue panoramique sur les alentours, le roi désire résider ici « sans souci » et s'y livrer à ses passions artistiques ou personnelles. Le palais est réservé au roi et à ses proches pendant les mois d'été, de fin avril à début octobre.

 

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Potsdam-Pavillon-Chinois--2-.jpgPotsdam-Pavillon-Chinois--5-.jpg

 

Le Pavillon chinois dessiné par Johann Gottfried Büring entre 1755 et 1764 - typique des chinoiseries de l'époque mélangeant le rococo aux éléments architecturaux venus d'Orient.

Frédéric, outre le plan général, dessine lui-même ses desiderata pour la décoration intérieure et ses souhaits sont interprétés et réalisés par des artistes comme Johann August Nahl, les frères Hoppenhaupt, les frères Spindler et Johann Melchior Kambly dans le style rococo. Si Frédéric se soucie peu de l'étiquette et de la mode, il aime en revanche à s'entourer d'objets d'art et de peintures. Il arrange ses appartements privés en fonction de ses goûts et de ses besoins en ignorant le plus souvent les courants en vogue et les modes, c'est ainsi qu'on parle de rococo frédéricien pour décrire le style qui se développe alors en Prusse sous l'impulsion du roi.

« Le palais et le parc de Sanssouci, souvent décrits comme le « Versailles prussien », représentent une synthèse des mouvements artistiques et de l'art de cour européen au xviiie siècle. Cet ensemble est un exemple unique de l'intégration de l'architecture et du paysage dans le cadre intellectuel des idées de l'État monarchique. »

 

Potsdam Nouveau Palais (2)

 

Potsdam Nouveau Palais (6)

Postdam, le Nouveau Palais.

 

Le Nouveau Palais (en allemand : Neues Palais) est un palais situé sur le côté ouest du parc royal de Sanssouci à Potsdam. Sa construction a commencé en 1763, après la fin de la guerre de Sept Ans, sous Frédéric le Grand, et s'est achevée en 1769. Il est considéré comme le dernier grand palais baroque prussien.

 

La construction du palais, voulue par Frédéric le Grand, a commencé à la fin de la guerre de Sept Ans, pour célébrer les succès de la Prusse. La guerre est également connue sous le nom de Troisième Guerre de Silésie, en raison du différend à propos de la Silésie. À travers cette architecture, Frédéric le Grand a cherché à montrer la puissance et la gloire de la Prusse, mais on peut voir une sorte de fanfaronnade dans cet excès de splendeur des marbres, des pierres et des dorures.

 

Alors que Frédéric le Grand avait réalisé Sanssouci en rococo, il construisit le Nouveau Palais en diverses formes d'architecture et de décoration baroques, avec quelques écarts. Le roi avait préféré le baroque au rococo et au classicisme, pourtant bien affirmé à l'époque comme la préférence de nombreux monarques européens. La réalisation du Nouveau Palais fut confiée à l'architecte Johann Gottfried Büring, assisté de Ludwig Heinrich Manger, qui avait déjà mené avec succès la construction du pavillon chinois et de la galerie de peinture, dans le parc royal de Sanssouci.

 

Schinkel chateau de Charlottenhof Postdam

 

Le palais de Charlottenhof se trouve au sud-ouest du palais de Sanssouci. Ce petit château néo-classique a été construit, dans le style classique italien, de 1826 à 1829 par Karl Friedrich Schinkel. On y voit le bureau et la chambre à coucher d'Alexander von Humboldt. Comme pour les thermes romains de Potsdam, aussi dessinés par Schinkel, le roi Frédéric-Guillaume IV — qui à l'époque n’était que prince — participa aux dessins et aux plans du château et des jardins environnants. En effet c'etait un dessinateur qui manifestait un profond penchant pour les arts.

 

Considéré comme un architecte ceint de la couronne, il prépare directement des projets et assume le suivi de certains autres comme les modifications urbanistiques de Berlin, la création de jardins, comme celui de sa villa italienne à Charlottenhof (avec Lenné), ou l'édification d'églises, de monuments ou de châteaux, comme le château de l'Orangerie. Il est le commanditaire de plusieurs grands artistes allemands, dont l'architecte Karl Friedrich Schinkel qu'il finance pour achever la cathédrale de Cologne, immense entreprise, et la reconstruction du château de Stolzenfels.

 

Schinkel chateau de Charlottenhof Postdam (2)Schinkel chateau de Charlottenhof Postdam (4)

 

Source: Wikipedia

 Photos: lankaart (c)

 

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Publié le 17 Août 2013

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Samarcande- le Registan

 

L'empire timouride naquit de la conquête de Timur-i Leng ("Timour le boiteux"), plus connu sous le nom de Tamerlan. Celui-ci était originaire de Kesh, l'actuelle Shahr-e Sabz, une ville située à environ 100 km au sud de Samarkand. Il appartenait au clan turco-mongol des Barlas, parents lointains de Gengis Khan. Par un système d'alliance, Timour parvint à prendre possession de la ville de Samarkand en 1370, avant de s'engager dans une conquête fulgurante du monde islamique : il s'empara du Khwarezm et du Khorasan en 1371, de l'Iran et de la Mésopotamie cinq ans plus tard, puis de la plaine Kipchak où régnait la Horde d'Or. En 1395, il occupa pendant un an la ville de Moscou, avant de faire campagne en Inde (1398-1399) et de mettre à sac la ville de Delhi. En Anatolie en 1402, il s'empara de la personne du sultan Bayazid II, puis se battit en Syrie, prit Damas, se dirigea vers l'Égypte, mais la dynastie Mamelouke se déclara vassale, évitant ainsi l'annexion de son territoire. Il meurt à soixante et onze ans alors qu'il s'apprêtait à se diriger vers la Chine.

La succession du conquérant avait été organisée de son vivant, et c'est son fils Shah Rukh qui monta sur le trône. Mais le territoire se morcela rapidement, et il fallut au successeur de Timour prendre les armes pour reconquérir l'empire que lui avait légué son père. En 1420, il dirigeait l'Iran et l'Irak, et dominait, au moins de nom, l'Inde et la Chine. Son propre fils, Ulugh Beg, astronome réputé, et gouverneur de Samarkand, prit sa succession en 1447. Mais, attaqué de toutes parts, il connut une période de décadence territoriale qui se poursuivit jusqu'à la fin du règne de sultan Husayn Bayqara (r. 1469-1506), qui clôt la dynastie.

 

Behzad bataille

Bezhad bataille.

 

Timour, bien qu'illettré, avait un grand goût pour la culture et l'art. À chacune de ses conquêtes, il déportait nombre d'artistes et d'artisans vers Samarkand, ce qui créa un nouvel art métissé et brillant : le "style timouride international". Ce style se diffusa dans tout le monde islamique après la mort de Timour, lorsque les artisans revinrent chez eux et composèrent un peu partout des œuvres aux influences variées, d'après ce qu'ils avaient pu voir à Samarkand.

 

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Ouzbekistan-samarcande-mausolee-du-Gour-Emir--6-.jpgOuzbekistn-Samarcande--Chah-I-Zinda--2-.jpg

Détails d'architecture.

 

Le mécénat sultanien était important grâce aux richesses accumulées pendant les conquêtes : la moitié des édifices alors construits furent des commandes impériales. Il faut noter le rôle important des femmes dans toutes les commandes artistiques.

 

Ouzbekistan-samarcande-mausolee-du-Gour-Emir--30--copie-1.jpgOuzbekistan Boukhara medersa Miri Arab (5)

Samarcande Gur-i mir - Boukhara Medersa. 

 

À partir de 1370, Timour décida de prendre Samarkand comme capitale. Cette ville, qui existait depuis la période achéménide avait été rasée par les invasions mongoles, et dut être entièrement reconstruite. Entourée d'une muraille ouverte de six portes, elle se compose d'un centre (le registan) où convergent six avenues qui structurent la cité. Des structures importantes, comme le grand bazar et la citadelle sont bâties à cette période, mais la nécropole de Shah-i Zinda comporte des tombeaux beaucoup plus anciens.

 

La mosquée Bibi Khanum porte ce nom en souvenir de la femme (ou la belle-mère, selon les sources) de Timour (Tamerlan), à qui elle est dédiée. Implantée en plein cœur de la ville, elle fut commandée en 1398-99, au retour de la campagne indienne, mais subit de nombreuses restaurations tout au long de son histoire (le dôme principal s'était effondré dès le XVe siècle). Son plan s'inscrit dans un rectangle de 109 x 107 mètres. Il s'agit d'un plan iranien à quatre iwans, entouré sur trois côtés de salles sous coupole et d'un portique. Le portail, extrêmement haut et profond, est l'archétype d'un pishtak ; entièrement recouvert de céramique, il comporte dans sa partie supérieure une généalogie de Timur-i Leng (Tamerlan). Les coupoles sont côtelées et bulbeuses, décorées par de la céramique.

 

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Ouzbekistan-samarcande-mausolee-du-Gour-Emir--4-.jpgOuzbekistan-samarcande-mausolee-du-Gour-Emir--8-.jpg

Samarkand Gur-i mir.

 

Le Gur-i mir est un peu plus tardif : sa construction s'échelonne entre 1400 et 1404. Il s'agit en fait un complexe composé d'une madrasa (avant 1401) à l'est, d'une khanqah à l’ouest et du tombeau dynastique, construit en 1403 après la mort d'un des petits fils de Timour. Ce mausolée, carré à l'intérieur mais octogonal à l'extérieur, est surmonté d'une coupole très haute car elle comporte deux coques. Son décor est marqué par une profusion de matériaux précieux : carreaux en onyx, inscriptions en jaspe vert, céramique dorée. Dans la coupole et certains renfoncements, on note une importante utilisation des muqarnas.

 

Dans le domaine de l'architecture funéraire, le monument le plus important est sans conteste le mausolée de Shaykh Ahmad Yasavi, construit à Turkestan entre 1394 et 1399. Lieu de pèlerinage important, la sépulture du fondateur de l'ordre soufi des Yasavi forme un grand rectangle (65,5 x 46,5 m), centré sous une salle sous coupole. Celle-ci sert de hall d'entrée derrière un portail en forme de grand iwan, et ouvre vers la tombe (à l'arrière) et diverses pièces annexes sur les côtés (bains, bibliothèque, cuisine, salles de prière, mosquée). On remarque une hiérarchie dans la distribution spatiale, la hauteur du monument diminuant au fur et à mesure que le visiteur avance vers la tombe. Le décor est réalisé par des muqarnas (dans les voûtes et les coupoles) et grâce à la technique du hazerbaf au dehors. Les signatures des artistes font référence à la ville de Shiraz, ce qui indique sans doute que des techniques (de voûtement notamment) ont été amenées depuis cette cité par le biais des déportations.

 

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Samarkand Shah-i Zinda

On peut également mentionner la nécropole de Shah-i Zinda ("le roi vivant") à Samarkand, qui comporte des tombeaux de différentes périodes entre le XIe et le XVe siècle. Malgré les différence de date, on remarque une recherche d'uniformité entre tous les tombeaux, qui sont tous des cubes sous coupoles. Ceux de la période timouride se distinguent par leur hauteur, leurs coupoles côtelées et leur revêtement complexe de céramique.

 

Après Timour, sous Shah Rukh, ce fut la ville de Herat qui devint capitale et fut rénovée. On y trouve en particulier une madrasa-mausolée faite par Qavam al-Din Shirazi entre 1417 et 1437 sur commande de la femme du sultan, Gawharshad. La tombe, qui constitue le seul élément survivant avec deux minarets, est couverte d'un dôme à double coque, dans lequel on observe des nouveautés : une zone de transition très basse, avec des trompes, et une chambre plus cruciforme que carrée.

 

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Samarkand Registan

 

Leur fils Ulugh Beg, quant à lui fit construire un immense observatoire à Samarkand, aujourd'hui disparu. Une madrasa, située devant le Registan, la place centrale de Samarkand, fut également édifiée sur son ordre entre 1417 et 1421. Il s'agit de l'un des bâtiments les plus complexes du règne timouride, qui fonctionnait originellement couplé avec une khanqah. Son grand iwan d'entrée, mène à une cour carrée à quatre iwans, de 30 m de côté, entourée de logements pour cent étudiants. Pour le décor, toutes les surfaces sont couvertes de lambris de marbre, de mosaïque de briques, de carreaux de céramique en cuerda seca, etc. Ulugh Beg fit bâtir à Boukhara une autre madrasa, ouverte en 1418.

 

À Samarkand, un grand rassemblement de peintres a lieu grâce à Timour, mais aucun manuscrit à peintures commandité par lui n'est connu. On ne conserve que deux Corans faits sur son ordre. Par contre, Ulugh Beg fut un grand mécène, et plusieurs manuscrits lui sont rattachés, comme un Suwar al-kawarib d'al-Sufi fait vers 1430-1440 et comportant 74 peintures dont un portrait du souverain. Plusieurs ouvrages astronomiques rappellent également son goût pour cette science.

 

Behzad processionBehzad ville

Behzad miniatures

 

À Shiraz et dans le Fars, c'est Pir Muhammad qui le premier poursuit la tradition de mécénat muzaffaride. Iskandar Sultan développe ce mécénat, suivi par Ibrahim Sultan, qui est lui-même calligraphe (on connaît des Corans de sa main) et le fils de ce dernier, Abdullah. Le style développé dans cette école se distingue par les silhouettes élancées des chevaux et des personnages, et le mélange de traditions muzaffarides et jalayirides.

À Herat, deux grands mécènes doivent être nommés : Shah Rukh, qui possédait une très riche bibliothèque de textes scientifiques et historiques (on connaît des manuscrits avec le cachet de sa bibliothèque) et Baysunghur, son fils, à la fois calligraphe et poète. On peut signaler plusieurs manuscrits importants, comme le Jami al-tawarikh supplément persan 1113 de la BNF, qui, en plus de ses miniatures de style jalayiride, en compte également quelques-unes de cette période. Un Miraj nâmâ réalisé en 1436 pour un commanditaire inconnu (BNF, supplément turc 190), est également très intéressant : il combine des inscriptions dans une calligraphie spéciale, l'ouïgour, qui permet de noter le turc ancien, et des citations de hadith en arabe dans une autre calligraphie. On note une forte influence de l'Asie centrale et du bouddhisme.

 

Il n'existe quasiment pas de production de manuscrits à peinture entre la mort de Shah Rukh (1447) et 1470. On pourrait simplement signaler un Mantiq al-Tayr ("colloque des oiseaux") produit à Herat en 1456 et conservé à Berlin, dont les quelques peintures présentent un style simple, assez peu élaboré, et qui ne mentionne aucun dédicataire. En même temps se développe le style turkmène à Shiraz et Baghdad.

 

Sous Sultan Husayn Mirza Bayqara (1438-1506) et son ministre Mir Ali Shir Nava'i, la peinture reprend vie, s'inspirant des modèles de Herat avant 1440. Cependant, on note une évolution dans le style, qui semble plus "naturaliste" (dans les formes et les gestes des personnages notamment), et recherche également une composition plus harmonieuse dans le rapport entre paysage et architecture.

 

L'école de Hérat est alors particulièrement brillante grâce à deux peintres, Mirak et surtout Kamal al-Din Bihzad, son élève, considéré comme le plus grand peintre persan par la plupart des spécialistes. On peut signaler un Bustan de Sa'adi daté de 1488 qui comporte des peintures signées de sa main (Bibliothèque nationale du Caire), et qui présente un travail très fin de l'architecture. Bihzad en effet porte un grand intérêt à l'architecture ; il travaille également sur l'expressivité de ses personnages et sur l'inclusion de plusieurs scènes dans une même construction. Son travail se poursuivra dans l’atelier du souverain safavide Shah Ismail

 

Source: Wikipedia

Photos: Lankaart (c)

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Rédigé par rafael

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Publié le 11 Août 2013

 

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Portrait de Jayavarman VII, Musée Guimet Paris

 

Jayavarman VII est le dernier grand roi de l'empire khmer. Il régna de 1181 à 1201 ou 1218 (?). Son nom posthume est Mahā Paramasangata Pada. Fils de Dharanindra Varman II, il était également un parent proche, frère cadet ou cousin du roi Yaçovarman II qui avait succédé à son père et dont il était un fidèle, ainsi que son propre fils aîné.

Après le meurtre de Yaçovarman II en 1165 il s'exile avec sa famille au Champa dans l'actuel Vietnam. Il quitte ce pays lorsque les Chams après avoir vaincu et tué l'usurpateur Tribhuvanâditya-Varman occupent le Cambodge.

Puis il chassa les Chams qui avaient envahi le Cambodge et Angkor et rétablit la puissance de la dynastie khmère. Un texte chinois dit de lui qu'il "avait juré de tirer de ses ennemis une vengeance éclatante, ce qu'il parvint à exécuter après dix-huit années de patiente dissimulation".

Les troupes khmères s'emparent de la capitale cham vers 1190. Le roi vaincu est fait prisonnier et son royaume devient en 1203 une province khmère.

Durant cette renaissance khmère, et probablement en raison de la perte de confiance dans la protection du shivaïsme, Jayavarman VII adopte le bouddhisme mahâyâna comme religion d’Etat. Ce changement implique de nouvelles recherches iconographiques et esthétiques, et trouve son expression majeure dans des programmes architecturaux démesurés. A la triade indienne (Brahma, Vishnu, Shiva) succède donc une triade bouddhiste (le Buddha encadré par Avalokitesvara et la Prajnâpàramitâ). L’apparition des mystérieuses « tours-visages » (représentant en une même image le bodhisattva Lokesvara et le portrait du roi divinisé Javayarman VII) seront la matérialisation architecturale la plus spectaculaire de ce nouvel esprit ; elles témoignent superbement du génie créatif du souverain, autant que de sa volonté d’assoir une omnipotence sur le pays entierL’art devient ainsi le vecteur d’un bouddhisme proprement cambodgien dans lequel le roi incarne la plus exemplaire dévotion. De courte durée, cette période brillante trouve son terme dans la résurgence du shivaïsme dès le milieu du XIIIe siècle. 

Des recherches récentes par satellite ont révélé qu’Angkor Thom – dont la population était estimée à un million d’habitants - était étendu sur plus de 1 000 kilomètres carré ce qui en fait le centre urbain connu le plus vaste du monde préindustriel.

 

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La politique de grands travaux menée par Jayavarman VII semble obéir à une tradition qui implique de s’atteler à trois catégories de chantiers : les fondations d’intérêt public (hôpitaux, gîtes, aménagements hydrauliques, etc.) ; les temples consacrés aux ancêtres (les labyrinthiques temples-monastères de Ta Prohm et de Preah Khan sont ainsi respectivement consacrés à la mère et au père du roi) ; un « temple-montagne », réplique microcosmique du mont Meru, axe central du monde et du Royaume (le Bayon). 

Ainsi il réhabilite le Palais royal et remanie le Phimeanakas, élève le Bayon, son temple d'État, au centre de la cité, puis, à proximité des remparts, les temples Banteay Kdei et Ta Prohm à l'Est et Preah Khan au Nord.

 

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Angkor, Angor Thom.

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Bayon danseuses XIIe angkor (2)

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Angkor, Bayon Bas-relief.

 

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Angkor. Ta Prohm.

 

Angkor temple Preah Khan

Angkor temple Preah Khan (10)

Angkor temple Preah Khan (12)

Angkor temple Preah Khan (11)

Angkor temple Preah Khan bibliotheque

Angkor temple Preah Khan (9)

Angkor, Temple de Preah Khan.

 

Source: Wikipedia, Musée Guimet.

Photos: Lankaart (c)

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Rédigé par rafael

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Publié le 26 Juillet 2013

Picasso Guernica

Guernica Pablo Picasso 1937. Musée du Prado Madrid.

 

« La guerre d'Espagne est la bataille de la réaction contre le peuple, contre la liberté. Toute ma vie d'artiste n'a été qu'une lutte continuelle contre la réaction et la mort de l'art. Dans le panneau auquel je travaille et que j'appellerai Guernica et dans toutes mes oeuvres récentes, j'exprime clairement mon horreur de la caste militaire qui a fait sombrer l'Espagne dans un océan de douleur et de mort. »

Picasso.

 

La guerre d'Espagne (souvent également désignée sous le nom de guerre civile espagnole6) est un conflit qui, du 17 juillet 1936 au 1er avril 1939, opposa, en Espagne, le camp des républicains, composé de loyalistes à l'égard du Gouvernement légalement établi de la IIe République, et les nationalistes, un groupe de rebelles putschistes orienté à droite mené par le Général Francisco Franco. Cette guerre se termina par la victoire des nationalistes qui établirent une dictature qui dura 36 ans, jusqu'à la transition démocratique qui n'intervint qu'à la suite de la mort de Francisco Franco. Cette guerre fut la conséquence, sur le long terme, des malaises sociaux, économiques, culturels et politiques qui accablaient l'Espagne depuis plusieurs générations. Après la proclamation de la IIe République en 1931, l'exacerbation croissante des tensions entre Espagnols culmina avec l'insurrection durement réprimée des Asturies (1934) et la résurgence de troubles civils et de violences réciproques au printemps 1936, après la victoire électorale du Frente Popular. Préparé de longue date, le soulèvement militaire et civil du camp nationaliste éclata le 18 juillet 1936, mais sa mise en échec partielle déboucha sur une guerre civile imprévue, longue et meurtrière.

 

De nombreux artistes s'engagèrent auprès des républicains. 

Le bombardement de civils à Guernica au Pays basque, le 26 avril 1937, par des pilotes envoyés par l'Allemagne, préfigure les stratégies de la guerre totale appliquées plus tard, lors de la Seconde Guerre mondiale. Cet événement fut condamné par une bonne partie de la communauté internationale.

 

Robert capa guerre espagne

Robert Capa.

C'est la guerre d'Espagne qui permit à Capa, et dans une moindre mesure, à Gerda Taro, d'émerger comme photoreporters. La guerre avait éclaté le 17 juillet 1936. Dès le 5 août, Capa et Taro, envoyés par Lucien Vogel, rédacteur en chef de Vu, arrivèrent à Barcelone et commencèrent à photographier les combats, Capa avec un Leica et Taro avec un Rolleiflex. Dans l'esprit des jeunes gens, ces appareils photographiques n'étaient pas seulement un gagne-pain, mais une arme, afin d'obtenir l'appui international à la cause républicaine. À la gare de Barcelone, ils photographièrent les soldats partant pour le front d'Aragon, se séparant de leurs femmes ou de leurs fiancées. Ils se dirigèrent ensuite vers Huesca et Saragosse, région où servaient dans les milices beaucoup de réfugiés allemands, ce qui facilitait les échanges.

 

La guerre d'Espagne a été particulièrement violente, surtout lors des grandes batailles (Teruel, mais surtout bataille de l'Èbre). Mais la guerre a également été marquée par des tueries en dehors des combats à proprement parler. Il y a eu des exécutions, parfois sommaires, parfois organisées et même précédées de jugements hâtifs.

Lors de cette « révolution » des atrocités sont commises de part et d'autres. Bartolomé Bennassar explique ainsi :

« Il y eut bien, face à face, deux volontés d'extermination, l'une plus organisée, c'est vrai, l'autre plus instinctive, l'une et l'autre exacerbées. »

 

Max Ernst L'ange du foyer ou le triomphe du surréalisme

Max Ernst - L'ange du foyer

 

«Il s’agit là d’un tableau que j’ai peint après la défaite des Républicains en Espagne. C’est évidemment un titre ironique pour désigner une sorte d’animal qui détruit et anéantit tout sur son passage. C’était l’impression que j’avais à l’époque, de ce qui allait bien pouvoir arriver dans le monde, et en cela j’ai eu raison. »

Max Ernst

 

Salvador dali premonition de la guerre civil

Salvador Dali en 1936 peint « construction molle aux haricots bouillis », dit aussi « prémonition de la guerre civile » six mois avant le début de la guerre civile en Espagne.

 

Aux côtés des républicains, des volontaires venus du monde entier, souvent des communistes, des marxistes, des socialistes ou des anarchistes, mais aussi des anti-fascistes plus modérés, se sont engagés dans des groupes qui ont pris le nom de Brigades internationales. Environ quarante mille étrangers, venus de 53 pays différents participèrent au conflit, bien que leur nombre à un instant donné n'ait jamais dépassé 18 000. Jusqu'à 5000 Américains, réunis dans la Brigade Abraham Lincoln, participent aux brigades internationales.

 

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Rédigé par rafael

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