Publié le 30 Mai 2017

Blois - Cathédrale Saint Louis - Photos: Lankaart (c)

Blois - Cathédrale Saint Louis - Photos: Lankaart (c)

La cathédrale est de style gothique tardif. Avant de devenir cathédrale, elle avait titre de collégiale et était placée sous le patronage de saint Solenne. La construction débuta au XIIe siècle. Mais à part quelques vestiges dans sa crypte et la base du clocher, rien ne subsiste de cette église. La façade et la tour du clocher furent construits à partir de 1544. La nef fut détruite par un ouragan en 1678, et la reconstruction en style gothique eut lieu entre 1680 et 1700 sous la direction de l'architecte Arnoult-Séraphin Poictevin (mort en 1720). Ceci sous l'impulsion de Colbert dont l'épouse était blésoise.

Datée du milieu du XVIe siècle, la façade témoigne d'un compromis entre le style gothique tardif traditionnel et les débuts du classicisme. On y trouve des éléments médiévaux tels les gargouilles, les contreforts coiffés de pinacles ainsi que le pignon aigu qui surmonte le tout, mais aussi des éléments classiques tels le fronton triangulaire, les médaillons en ronde-bosse dans les écoinçons.

 

La partie la plus remarquable est la tour-clocher située au nord de la façade et qui domine toute la ville. Si son soubassement date du XIIe siècle, la construction débuta en 1544. De style Renaissance, elle est pourvue de colonnes ioniques et corinthiennes. Le dernier étage est coiffé d'un dôme surmonté d'un lanternon édifié en 1603. Ce dôme paraît être une réplique de ceux qui coiffent les tours de la cathédrale Saint-Gatien de Tours.

Source: Wikipedia

Photos: Lankaart

Blois - Cathédrale Saint Louis - Photos: Lankaart (c)
Blois - Cathédrale Saint Louis - Photos: Lankaart (c)
Blois - Cathédrale Saint Louis - Photos: Lankaart (c)

Blois - Cathédrale Saint Louis - Photos: Lankaart (c)

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Rédigé par rafael

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Publié le 27 Mai 2017

Châteaux de la Loire - Château de Valançay - Photos: Lankaart (c)

Châteaux de la Loire - Château de Valançay - Photos: Lankaart (c)

"J'ai beaucoup aimé ce beau lieu et m'y suis toujours retrouvée avec un nouveau plaisir. Depuis vingt ans que j'y reviens j'ai vu le pays s'enrichir et (ai) vécu dans ce château avec des gens d'esprit de tous les pays et de toutes les conditions. J'y ai entendu causer avec une urbanité, un bon goût devenus bien rares aujourd'hui (...) Comment ne pas me sentir émue au nom de Valençay ?".

Dorothée, duchesse de Dino et de Talleyrand

Le Château de Valançay fait partie de l’ensemble monumental des châteaux de la Loire bien qu’il soit situé très au sud du fleuve. Demeure de Talleyrand au début du XIXe siècle le monument  regroupe plusieurs édifices d’époques différentes témoins de l’histoire de cette région.

La fondation du château date du Moyen-Age, il subsiste encore aujourd’hui quelques vestiges du XIIIe siècle, mais c’est après l’acquisition du château par Robert II d’Estampes que des travaux importants vont être entrepris transformant profondément le site. Louis d’Estampes lance au début du XVIe siècle une première campagne de construction dans le style Renaissance, la tour nord-ouest du château ainsi que les ailes ouest et les deux travées de la galerie nord sont édifiées. L’ensemble constitue un parfait exemple de l’architecture renaissance alors en vogue, en échos aux autres châteaux de la même époque : Chambord et Chenonceau. L’influence de l’architecture italienne et la modification profonde des modes de vies de la noblesse française transforment les demeures défensives du Moyen-Age en palais confortables et ouvert sur la nature et les jardins. En 1578 Jean d’Estampes relance les travaux avec la construction du « donjon », une tour carré monumentale percée d’un porche qui donne une nouvelle silhouette au château.

Châteaux de la Loire - Château de Valançay - Photos: Lankaart (c)
Châteaux de la Loire - Château de Valançay - Photos: Lankaart (c)

Châteaux de la Loire - Château de Valançay - Photos: Lankaart (c)

Sous le règne de Louis XIV Jacques II d’Estampes devient marquis, la famille à ses entrées à la cour du roi. De nouveaux agrandissements autour de la cour d’honneur sont réalisés dans un style classique alors en vogue.  

A la fin du XVIIIe le château est vendu au fermier général Philippe-Charles de Villemorin qui entreprend dans un style classique la réalisation des derniers aménagements importants du site : l’aile est sera détruite, une tour semblable à celle du nord-ouest est édifiée au sud du corps du logis et une nouvelle façade est construite côté cour pour le bâtiment des logis.

En 1803 Talleyrand rachète le domaine et procède à des travaux de décoration intérieur.

Ainsi le château présente autour du « donjon » un ensemble monumental de style renaissance et côté cour et parc un ensemble d’architecture classique dont une partie donne sur le parc.

 

Texte et photos: (c) lankaart

Châteaux de la Loire - Château de Valançay - Photos: Lankaart (c)
Châteaux de la Loire - Château de Valançay - Photos: Lankaart (c)
Châteaux de la Loire - Château de Valançay - Photos: Lankaart (c)

Châteaux de la Loire - Château de Valançay - Photos: Lankaart (c)

Châteaux de la Loire - Château de Valançay - Photos: Lankaart (c)
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Châteaux de la Loire - Château de Valançay - Photos: Lankaart (c)
Châteaux de la Loire - Château de Valançay - Photos: Lankaart (c)
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Châteaux de la Loire - Château de Valançay - Photos: Lankaart (c)
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Rédigé par rafael

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Publié le 24 Mai 2017

Saint-Jacques de Compostelle - Photos: Lankaart (c)

Saint-Jacques de Compostelle - Photos: Lankaart (c)

Le site même de la ville aurait été un lieu de culte druidique. Les Romains y établirent un mausolée. On suppose qu’une ville existait et qu’elle s’appelait Asseconia. La ville paraît avoir été le centre intérieur des nombreux petits ports galiciens, comme Padrón, anciennement Iria Flavia, où relâchaient les bateaux de pêche ou de commerce. Une tradition de sacralité était déjà implantée dans cette région, car on croyait que Padrón possédait des pierres sacrées.

Elle fut certainement christianisée du Ier au IIIe siècle puis oubliée, à la suite des Persécutions des chrétiens.

Dès les années 785, saint Jacques est déjà présenté comme le sauveur de l'orthodoxie chrétienne et le Patron de l'Espagne par le moine Beatus de Liebana, réfugié dans les montagnes des Asturies : “ Chef resplendissant de l'Espagne, notre protecteur et patron de notre pays ”.

C’est sans doute à partir du XIe siècle que se dessine l’image du saint cavalier descendant du ciel. Comme il est d’usage, les chroniques espagnoles lui bâtissent une légitimité remontant à quelques siècles en arrière : le saint tueur de Maures serait né au cours de la bataille de Clavijo, sous le règne du roi Ramire I (842-850). Peut-être le Matamore n’est-il né que pour retenir en Espagne les Galiciens qui partaient en foule à Jérusalem en leur donnant cette image du Matamore, aussi prestigieuse que la croix des Croisés ? En 1099, le pape Pascal II somme le clergé et le roi Alphonse VI de remédier à cet exode. Il écrit : « nous avons interdit aux chevaliers de votre royaume et à ceux qui veillent sur les frontières des royaumes les plus proches des vôtres, de se rendre à Jérusalem… Que personne ne leur reproche ce retour comme une infamie ou ose les accuser par quelque calomnie. À vous tous, nous prescrivons derechef de combattre les Maures demeurant sur vos terres, de toutes vos forces ». En 866, Alphonse III le Grand fait de Saint-Jacques-de-Compostelle un évêché. Une cathédrale y est inaugurée avec éclat en 899.

Si Saint-Jacques ne fut pas conquise par les Maures, elle fut cependant prise et pillée en 997 par Muhammad ibn Abî Amir dit el-Mansour, al-Manzor en espagnol, ce qui signifie « le victorieux » en arabe. Ce chef de guerre du calife de Cordoue Hicham II, avant d'incendier la basilique, fit arracher les portes et les cloches, que des captifs chrétiens durent transporter jusqu'à Cordoue, où elles furent entreposées dans la grande mosquée. Seul le tombeau de l’apôtre Jacques le Majeur, compagnon de Jésus-Christ ne fut pas touché.

La consternation fut grande dans la Chrétienté. Le puissant ordre de Cluny organisa les secours dans tout l’occident chrétien. L'événement devait frapper durablement les imaginations : ce sont ces mêmes cloches que d'autres prisonniers, musulmans cette fois, transporteront jusqu'à Tolède, à la prise de Cordoue par Ferdinand III, roi de Castille et de Léon, en 1236.

Une église romane y fut édifiée en 1075. La ville fut élevée au rang de siège épiscopal par le pape Urbain II en 1095. Son premier évêque fut un clunisien.

Calixte II fait de Saint-Jacques-de-Compostelle (dont son frère Raymond de Bourgogne est Roi), une ville sainte du même ordre que Jérusalem et Rome. Il fait construire avec son frère la cathédrale. Il suscite l’écriture du Codex Calixtinus pour assurer la dévotion à l'Apôtre du Christ, St Jacques le Majeur, venu évangéliser l'empire romain jusqu'à Saint-Jacques-de-Compostelle, au Ier siècle et dont les saintes reliques reposeront dans la nouvelle cathédrale. Il assure la promotion du pèlerinage de Saint-Jacques-de-Compostelle dans toute l'Europe.

En 1120, Diego Gelmírez est nommé archevêque et légat, à cette époque Saint-Jacques-de-Compostelle rivalise avec l’archevêché de Tolède.

Saint-Jacques de Compostelle - Photos: Lankaart (c)
Saint-Jacques de Compostelle - Photos: Lankaart (c)
Saint-Jacques de Compostelle - Photos: Lankaart (c)
Saint-Jacques de Compostelle - Photos: Lankaart (c)
Saint-Jacques de Compostelle - Photos: Lankaart (c)
Saint-Jacques de Compostelle - Photos: Lankaart (c)
Saint-Jacques de Compostelle - Photos: Lankaart (c)
Saint-Jacques de Compostelle - Photos: Lankaart (c)
Saint-Jacques de Compostelle - Photos: Lankaart (c)

Saint-Jacques de Compostelle - Photos: Lankaart (c)

Saint-Jacques de Compostelle - Photos: Lankaart (c)Saint-Jacques de Compostelle - Photos: Lankaart (c)

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Rédigé par rafael

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Publié le 16 Mai 2017

Rajasthan - Fort de Chittorgarh - Photos: Lankaart (c)

Rajasthan - Fort de Chittorgarh - Photos: Lankaart (c)

Chittorgarh représente l'essence de l'esprit Chattari, la caste supérieure des Rajputs : fierté, romantisme et panache, puisque les habitants de Chittor ont toujours choisi de mourir plutôt que de se rendre à quiconque. Son histoire d'héroïsme et de sacrifice résonne encore aujourd'hui dans les chansons des bardes du Rajasthan. Son énorme citadelle en ruine est un symbole du courage et de la noblesse des traditions rajpoutes, en même temps que de l'aspiration de l'Inde tout entière à la liberté.

On considère que Chittor a été bâtie au VIIe siècle. Elle fut d'abord nommée Chitrakut, d'après Chitrangada Mori, un chef Rajpoute figurant sur d'anciennes monnaies du Mewar. Le fort est entouré d'une muraille circulaire et accessible seulement par 7 portes successives. Selon certains récits, il était aux mains du clan Rajpoute des Mori lorsque Bappa Rawal, fondateur du royaume de Mewar, s'en empara et en fit sa capitale en 734. Selon d'autres sources, Bappa Rawal le reçut comme partie de la dot de la dernière princesse Solanki. Ses descendants régnèrent sur le Mewar, qui s'étendait du Gujarat jusqu'à Ajmer, jusqu'au XVIe siècle et, hormis quelques brèves interruptions, Chittor resta leur capitale durant 834 ans.

Chittor fut une des villes d'Inde les plus disputées.

Elle fut d'abord attaquée par le sultan de Delhi Alauddin Khilji en 1303, prétendument par amour pour la beauté de la princesse Padmini, qu'il ne connaissait que par ouï-dire. Rani Padmini préféra la mort au déshonneur et accomplit le jauhar (elle s'immola par le feu) en même temps que les autres femmes du fort. Tous les hommes revêtirent des robes safran et quittèrent le fort pour mourir au combat. Les vieillards restèrent seuls pour élever les enfants.

Chittor fut reprise en 1326 par le jeune Maharana Hammir, un descendant des Guhilot. La dynastie et le clan dont il est à l'origine prirent le nom de Sisodia, d'après son village de naissance.

Rajasthan - Fort de Chittorgarh - Photos: Lankaart (c)
Rajasthan - Fort de Chittorgarh - Photos: Lankaart (c)
Rajasthan - Fort de Chittorgarh - Photos: Lankaart (c)
Rajasthan - Fort de Chittorgarh - Photos: Lankaart (c)

Rajasthan - Fort de Chittorgarh - Photos: Lankaart (c)

Rana Kumbha (1433–68), un souverain brillant, poète et musicien, renforça le Mewar par un réseau de trente forts et fut un important mécène, qui fit de Chittor un centre de culture réputé dans tout le monde indien. C'est lui qui construisit la Tour de la Victoire entre 1442 et 1449, pour commémorer sa victoire sur les musulmans du Mâlvâ et du Gujarat.

Au XVIe siècle, Mewar était devenu l'état Rajpoute le plus important. Son prince Rana Sanga conduisit les forces Rajpoutes contre l'empereur moghol Babur en 1527, mais il fut vaincu à la Bataille de Kanwaha (10 mars 1527). En 1535, le sultan du Gujarat Bahadur Shah assiégea le fort, ce qui se solda par un carnage : comme en 1303, les 32 000 hommes du fort auraient revêtu la robe safran du martyre pour trouver la mort au combat, tandis que leurs épouses commettaient le jauhar sous l'impulsion de la princesse Rani Karnawati.

L'empereur moghol Akbar s'empara à son tour de Chittor en 1568, le 25 février, donnant lieu au jauhar pour la troisième fois. Dans la même journée, il massacre 30 000 Rajputs. La capitale du Mewar fut alors transférée plus à l'ouest, à Udaipur, où Rana Udai Singh II, l'héritier du Mewar, s'était installé en 1559. Udaipur resta la capitale du Mewar jusqu'à son entrée dans l'Union indienne en 1947, et Chittorarh perdit graduellement son importance politique.

Rajasthan - Fort de Chittorgarh - Photos: Lankaart (c)
Rajasthan - Fort de Chittorgarh - Photos: Lankaart (c)Rajasthan - Fort de Chittorgarh - Photos: Lankaart (c)
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Rajasthan - Fort de Chittorgarh - Photos: Lankaart (c)

Rajasthan - Fort de Chittorgarh - Photos: Lankaart (c)
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Rédigé par rafael

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Publié le 13 Mai 2017

Picasso - Gertrude Stein

Gertrude Stein arrive à Paris en 1904, rejoignant son frère Leo, arrivé lui en 1903. Ils sont attirés par l'effervescence artistique du quartier du Montparnasse du début du XXe siècle. Michael, l'aîné de la fratrie, et sa femme emménagent à leur tour.

Les deux sont collectionneurs : Gertrude défend l'art moderne, notamment les cubistes et Picasso (qui fera d'elle un célèbre portrait en 1906), alors que son frère reste plus traditionaliste. Elle devient l'un des grands collectionneurs de la jeune génération de l'École de Paris. L'achat de La Femme au chapeau de Matisse par Leo en 1905 est considéré comme l'acte fondateur de la collection Stein. Il récidive en achetant Le Bonheur de vivre du même Matisse en 1906. Entre 1905 et 1920, près de 600 tableaux vont passer entre leurs mains. Gertrude côtoie notamment Henri-Pierre Roché, marchand d'art, et Francis Picabia. Elle ne fréquente pas particulièrement les dadaïstes, mais considère Tristan Tzara comme un cousin.

 

Source: Wikipedia

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Rédigé par rafael

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Publié le 6 Mai 2017

Paul Veronese - Les Noces de cana - Théophile Gautier

La gravure est aux arts plastiques ce que l’imprimerie est à la pensée, un puissant moyen de vulgarisation ; sans elle un chef d’œuvre renfermé au fond d’une avare galerie resterait pour ainsi dire inconnu. Ils sont rares ceux qui peuvent, accomplissant un pieux pèlerinage, visiter les tableaux des grands maîtres dans les églises, les palais et les musées d’Italie, d’Espagne, d’Angleterre et de France. Malgré la facilité de communication tous les jours augmentée, il n’est pas donné encore à tout le monde d’aller à Corinthe. Rome, Venise, Parme, Florence, Naples, Gènes, Madrid, Séville, Londres, Anvers, Bruxelles, Dresde, renferment d’inestimables trésors, éternelle admiration des voyageurs ; mais il existe beaucoup d’esprits intelligents, sensibles aux pures jouissances de l’art qui, pour des raisons de fortune et de position, par les occupations d’une vie forcément sédentaire, n’auraient jamais connu certains chefs-d’œuvre de Raphaël, de Titien, de Léonard de Vinci, de Paul Véronèse sans le secours de la gravure, dont l’invention a concordé par un parallélisme providentiel avec la renaissance des arts, comme l’imprimerie avait concordé avec la renaissance de la pensée. La toile unique, la fresque immobile, incorporée à sa muraille, se multiplient indéfiniment par la gravure, vont trouver l’amateur qui ne vient pas à elles, et chacun peut posséder sur le mur de son salon ou de son cabinet, des richesses qui semblaient le domaine exclusif des riches et des puissants de la terre.

Une belle gravure est plus qu’une copie ; c’est une interprétation ; c’est à la fois une œuvre de patience et d’amour. Il faut que le graveur aime, admire et comprenne son modèle ; il faut qu’il s’imprègne de son inspiration, qu’il pénètre dans les sens mystérieux de son talent ; car il ne s’agit pas seulement de reproduire exactement les lignes de la composition, les contours des formes, de mettre à leur place les ombres et les clairs, de dégrader habilement les demi-teintes ; il faut, avec une seule teinte noire, rendre la couleur générale du maître, faire sentir s’il est clair ou ténébreux, chaud ou froid, blond ou bleuâtre, clair comme Paul Véronèse ou ténébreux comme Caravage, chaud comme Rubens ou froid comme Holbein, blond comme Titien ou bleuâtre comme le Guide ; marquer la différence des tons, indiquer par des travaux variés la valeur relative des objets, exprimer avec le burin la touche âpre ou fondue, le faire uni ou heurté, le tempérament même du peintre ; ce n’est pas là, certes, un médiocre travail, et l’on n’en vient à bout qu’à force d’étude, de soin, de persévérance, de talent, de génie même. Telle planche qu’on admire a absorbé des années de labeur assidu et coûté par conséquent des sommes considérables, qui dépassent presque toujours et de beaucoup la valeur du tableau reproduit.

Paul Veronese - Les Noces de cana - Théophile Gautier
Paul Veronese - Les Noces de cana - Théophile Gautier

Les maîtres dessinateurs sont les plus aisés à graver ; leurs contours arrêtés se saisissent facilement ; leurs tableaux, modelés dans une harmonie sobre, ne perdent presque rien à être traduits sur cuivre, et l’on peut même dire que plusieurs d’entre eux, à cause de leurs tons enfumés et rembrunis, sont plus agréables à voir dans de belles estampes qui leur conservent tout leur charme moins leur dureté de couleur et les altérations du temps.

Les coloristes, par la nature même de leur talent, offrent de plus grandes difficultés ; comment traduire avec les dégradations d’une teinte unique ces variétés et ces contrastes de nuances ? Quel peintre, par exemple, plus rebelle à la gravure que Paul Véronèse, et où trouver un artiste assez hardi pour aborder avec le burin ce gigantesque tableau des Noces de Cana, la page la plus merveilleuse de cette grande épopée de festins traitées par le peintre vénitien : le Repas chez Simon le Pharisien, le Repas chez Lévi, le Repas chez Simon le Lépreux ? Comment affronter non-seulement cette sérénité lumineuse de sa couleur, mais encore cet immense déploiement d’architecture et de personnages ? Comment renfermer dans un format réduit des compositions qui contiennent tout un monde de figures et de détails ?

Ces difficultés n’ont pas arrêté M. Prévost. Mais avant de dire comment il a réussi à les vaincre nous allons tâcher de donner une traduction écrite de ce tableau sans rival.

Les noces miraculeuses ont lieu dans un vaste portique ouvert, d’ordre ionique avec des colonnes de brocatelle rose de Vérone, dont l’entablement soutient des balustrades sur lesquelles se penchent quelques curieux. La table, disposée en fer à cheval, porte sur un magnifique pavé de mosaïque. Une terrasse à balustres, dont les rampes ornées de boules descendent vers la salle du festin, coupe à peu près la composition en deux zones et l’étage heureusement. De splendides architectures aux frontons de marbre blanc, aux colonnes corinthiennes cannelées, continuent la perspective et détachent leurs formes lumineuses sur un de ces ciels d’un bleu de turquoise où flottent des nuages d’un gris argenté, comme Paul Véronèse sait si bien les peindre, et qui sont particuliers au climat de Venise ; un élégant campanile à jour, et surmonté d’une statue qui rappelle l’ange d’or du campanile de la place Saint-Marc, laisse jouer l’air et les colombes à travers ses arcades.

Au milieu de la composition, à la place d’honneur, rayonne dans sa sérénité lumineuse, ayant à côté de lui sa mère divine, Jésus-Christ, l’hôte céleste, prononçant les paroles miraculeuses qui changent l’eau en vin ; autour de lui sont groupés les convives avec différentes attitudes d’étonnement, d’insouciance et d’incrédulité ; dans l’espace laissé vide, au centre du fer à cheval, des musiciens exécutent un concerto, des serviteurs versent l’eau des amphores dans les vases où elle se change en un vin généreux. Sur la terrasse du fond, s’agite et s’empresse tout un monde d’esclaves et d’officiers de bouche, pannetiers, sommeliers, écuyers tranchants, qui apportent les mets, découpent les viandes et vont prendre les plats et les aiguières à un grand dressoir disposé sous une des colonnades ; sur les rampes et les garde-fous des toits, s’accoude une foule curieuse qui contemple de loin la vaste cène symbolique.

Malgré l’époque où le miracle eut lieu, les personnages sont habillés à la mode du temps de Paul Véronèse, ou dans un goût fantasque qui n’a rien d’antique. Des pédants ont critiqué ces anachronismes de costume, volontaires assurément chez un artiste aussi savant que Paul Véronèse. Un poëte s’est chargé de leur répondre, et nous transcrivons ici ces vers qui résument si heureusement le caractère de l’artiste.

Lorsque Paul Véronèse autrefois dessina
Les hommes basanés des Noces de Cana,
Il ne s’informa pas au pays de Judée
Si par l’or ou l’argent leur robe était brodée,
De quelle forme étaient les divins instruments
Qui vibraient sous leurs doigts en ces joyeux moments ;
Mais le Vénitien, en sa mâle peinture,
Fit des hommes vivants comme en fait la nature.
Sur son musicien on a beau déclamer,
Je ne puis pour ma part m’empêcher de l’aimer.
Qu’il tienne une viole ou qu’il porte une lyre,
Sa main étant de chair, je me tais et j’admire.

 

La fantaisie du peintre a introduit dans cette immense composition les portraits d’un grand nombre de personnages célèbres. D’après une tradition écrite conservée dans le couvent de Saint-Georges et reproduite par M. Villot dans le nouveau livret du Musée, il paraît que l’époux assis à gauche, à l’angle de la table et à qui un nègre debout, de l’autre côté, présente une coupe, serait Don Alphonse d’Avalos, marquis de Guast, et la jeune épouse placée près de lui, Éléonore d’Autriche, reine de France ; derrière

Les Noces de Cana de Paul Véronèse
Goupil (pp. 5-17).

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Rédigé par rafael

Publié dans #RENAISSANCE ITALIE

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Publié le 3 Mai 2017

Jodhpur - Photos: Lankaart (c)

Jodhpur - Photos: Lankaart (c)

From the fort which overhangs the old town of Jodhpur one discovers a sea of blue houses which form one of the most beautiful urban landscapes of the Rajasthan.

Jodhpur is one of the ancient cities of the Rajasthan. The blue city in the imaginary one of the travellers. The city was founded in 1459 by Rao Jodha. It organizes in a concentric way around the fort. The many blue houses which belonged at the origin with the Brahmans give him its single character. The tortuous and narrow streets of the city are bordered of many residences richly decorated with interior sumptuous. They are the testimony of splendours of the Mogul empires and the Marathes dynasties.

 

Depuis le fort qui surplombe l’ancienne ville de Jodhpur on découvre une mer de maisons bleues qui forment l’un des plus beaux paysages urbains du Rajasthan.

Jodhpur est l’une des antiques villes du Rajasthan. La ville bleue dans l’imaginaire des voyageurs. La ville fut fondée en 1459 par Rao Jodha. Elle s’organise de façon concentrique autour du fort. Les nombreuses maisons bleues qui appartenaient à l’origine aux brahmanes lui donnent son caractère unique.

Les rues tortueuses et étroites de la ville sont bordées de nombreuses demeures richement décorées aux intérieures fastueux. Elles sont le témoignage des splendeurs des empires Moghols et des dynasties Marathes.

Jodhpur - Photos: Lankaart (c)

Jodhpur - Photos: Lankaart (c)

Jodhpur - Photos: Lankaart (c)

Jodhpur - Photos: Lankaart (c)

The indigo blue is largely used by the inhabitants to paint their houses. It gives a character very particular to the old city. Sometimes the urban environment becomes surrealist. The night the artificial lights play with the various nuances the blue ones.

The old town of Jodhpur was preserved transformations and demolitions. She preserves her single character since decades offering to the travellers a single and spellbinding show.

This passion for blue with several explanations: Jodhpur is a very sunny city and blue is less reflective than the white, this color moves away the mosquitos effectively, and the Brahmans had made at the beginning their color of it. It is in addition the color of the god Krishna, god of the love. The indigo Marie with the green of joineries, doors and window and the red of the details of architecture, staircases and of the rails.

 

La couleur bleue indigo est largement utilisée par les habitants pour peindre leurs maisons. Elle donne un caractère très particulier à la vieille ville. Parfois l’environnement urbain devient surréaliste. La nuit les lumières artificielles jouent avec les différentes nuances de bleues.

L’ancienne ville de Jodhpur a été préservée des transformations et des démolitions. Elle conserve son caractère unique depuis des décennies offrant aux voyageurs un spectacle unique et envoutant.

Cet engouement pour le bleu à plusieurs explications : Jodhpur est une ville très ensoleillée et le bleu est moins réfléchissante que le blanc, cette couleur éloigne efficacement les moustiques, et les brahmanes en avait fait au départ leur couleur. C’est par ailleurs la couleur du dieu Krishna, dieu de l’amour.

L’indigo se marie avec le vert des menuiseries, portes et fenêtre et le rouge des détails d’architecture, escaliers et des rambardes.

Jodhpur - Photos: Lankaart (c)
Jodhpur - Photos: Lankaart (c)

Jodhpur - Photos: Lankaart (c)

Jodhpur - Photos: Lankaart (c)

Jodhpur - Photos: Lankaart (c)

Jodhpur - Photos: Lankaart (c)Jodhpur - Photos: Lankaart (c)
Jodhpur - Photos: Lankaart (c)

Jodhpur - Photos: Lankaart (c)

Jodhpur old city - Photos: Lankaart (c)
Jodhpur old city - Photos: Lankaart (c)
Jodhpur old city - Photos: Lankaart (c)

Jodhpur old city - Photos: Lankaart (c)

Jodhpur the blue - Jodhpur la bleue

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Rédigé par rafael

Publié dans #Colors of the world

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Publié le 2 Mai 2017

Canaletto - Place Saint-Marc Venise

Cette toile de Canaletto illustre parfaitement la forme et la maîtrise de l’un des plus grand peintre du XVIIIe.

Canaletto - Place Saint-Marc Venise
Canaletto - Place Saint-Marc Venise

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Rédigé par rafael

Publié dans #ROCOCO

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Publié le 26 Avril 2017

Georges Braque - Argenteuil

Georges Braque est l’un des précurseurs du mouvement moderne. Né à Argenteuil en 1882, il fait partie dès 1905 du groupe des fauves à Paris. Mais rapidement se manifeste chez Braque une volonté de structurer ses compositions qui se manifeste dans ses paysages d’inspiration cézannienes. C’est naturellement qu’il arrive à la découverte du cubisme avec son ami Picasso. Sa palette à cette époque devient extrêmement sobre : ocre, gris, noirs, verts sourds, roses fanés, etc… dont il use avec délicatesse et justesse donnant à ses toiles une qualité presque tactile. 

 

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Rédigé par rafael

Publié dans #ART MODERNE

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Publié le 24 Avril 2017

Ivory pendant mask, Iyoba, 16th century Nigeria. The MET

Ivory pendant mask, Iyoba, 16th century Nigeria. The MET

Ce masque est un pendentif du bénin en ivoire,  porté autour de la taille ou du cou par l’Oba du Bénin, la reine Idia, monarque puissant au cours du XVIe siècle. Il existe deux masques similaires l’un au British Museum, l’autre au Metropolitan Museum à New-York.

Iyoba - Masque de la reine Idia
Iyoba - Masque de la reine Idia
Iyoba - Masque de la reine Idia

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Rédigé par rafael

Publié dans #ARTS PREMIERS AFRIQUE

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