Publié le 6 Mai 2017

Paul Veronese - Les Noces de cana - Théophile Gautier

La gravure est aux arts plastiques ce que l’imprimerie est à la pensée, un puissant moyen de vulgarisation ; sans elle un chef d’œuvre renfermé au fond d’une avare galerie resterait pour ainsi dire inconnu. Ils sont rares ceux qui peuvent, accomplissant un pieux pèlerinage, visiter les tableaux des grands maîtres dans les églises, les palais et les musées d’Italie, d’Espagne, d’Angleterre et de France. Malgré la facilité de communication tous les jours augmentée, il n’est pas donné encore à tout le monde d’aller à Corinthe. Rome, Venise, Parme, Florence, Naples, Gènes, Madrid, Séville, Londres, Anvers, Bruxelles, Dresde, renferment d’inestimables trésors, éternelle admiration des voyageurs ; mais il existe beaucoup d’esprits intelligents, sensibles aux pures jouissances de l’art qui, pour des raisons de fortune et de position, par les occupations d’une vie forcément sédentaire, n’auraient jamais connu certains chefs-d’œuvre de Raphaël, de Titien, de Léonard de Vinci, de Paul Véronèse sans le secours de la gravure, dont l’invention a concordé par un parallélisme providentiel avec la renaissance des arts, comme l’imprimerie avait concordé avec la renaissance de la pensée. La toile unique, la fresque immobile, incorporée à sa muraille, se multiplient indéfiniment par la gravure, vont trouver l’amateur qui ne vient pas à elles, et chacun peut posséder sur le mur de son salon ou de son cabinet, des richesses qui semblaient le domaine exclusif des riches et des puissants de la terre.

Une belle gravure est plus qu’une copie ; c’est une interprétation ; c’est à la fois une œuvre de patience et d’amour. Il faut que le graveur aime, admire et comprenne son modèle ; il faut qu’il s’imprègne de son inspiration, qu’il pénètre dans les sens mystérieux de son talent ; car il ne s’agit pas seulement de reproduire exactement les lignes de la composition, les contours des formes, de mettre à leur place les ombres et les clairs, de dégrader habilement les demi-teintes ; il faut, avec une seule teinte noire, rendre la couleur générale du maître, faire sentir s’il est clair ou ténébreux, chaud ou froid, blond ou bleuâtre, clair comme Paul Véronèse ou ténébreux comme Caravage, chaud comme Rubens ou froid comme Holbein, blond comme Titien ou bleuâtre comme le Guide ; marquer la différence des tons, indiquer par des travaux variés la valeur relative des objets, exprimer avec le burin la touche âpre ou fondue, le faire uni ou heurté, le tempérament même du peintre ; ce n’est pas là, certes, un médiocre travail, et l’on n’en vient à bout qu’à force d’étude, de soin, de persévérance, de talent, de génie même. Telle planche qu’on admire a absorbé des années de labeur assidu et coûté par conséquent des sommes considérables, qui dépassent presque toujours et de beaucoup la valeur du tableau reproduit.

Paul Veronese - Les Noces de cana - Théophile Gautier
Paul Veronese - Les Noces de cana - Théophile Gautier

Les maîtres dessinateurs sont les plus aisés à graver ; leurs contours arrêtés se saisissent facilement ; leurs tableaux, modelés dans une harmonie sobre, ne perdent presque rien à être traduits sur cuivre, et l’on peut même dire que plusieurs d’entre eux, à cause de leurs tons enfumés et rembrunis, sont plus agréables à voir dans de belles estampes qui leur conservent tout leur charme moins leur dureté de couleur et les altérations du temps.

Les coloristes, par la nature même de leur talent, offrent de plus grandes difficultés ; comment traduire avec les dégradations d’une teinte unique ces variétés et ces contrastes de nuances ? Quel peintre, par exemple, plus rebelle à la gravure que Paul Véronèse, et où trouver un artiste assez hardi pour aborder avec le burin ce gigantesque tableau des Noces de Cana, la page la plus merveilleuse de cette grande épopée de festins traitées par le peintre vénitien : le Repas chez Simon le Pharisien, le Repas chez Lévi, le Repas chez Simon le Lépreux ? Comment affronter non-seulement cette sérénité lumineuse de sa couleur, mais encore cet immense déploiement d’architecture et de personnages ? Comment renfermer dans un format réduit des compositions qui contiennent tout un monde de figures et de détails ?

Ces difficultés n’ont pas arrêté M. Prévost. Mais avant de dire comment il a réussi à les vaincre nous allons tâcher de donner une traduction écrite de ce tableau sans rival.

Les noces miraculeuses ont lieu dans un vaste portique ouvert, d’ordre ionique avec des colonnes de brocatelle rose de Vérone, dont l’entablement soutient des balustrades sur lesquelles se penchent quelques curieux. La table, disposée en fer à cheval, porte sur un magnifique pavé de mosaïque. Une terrasse à balustres, dont les rampes ornées de boules descendent vers la salle du festin, coupe à peu près la composition en deux zones et l’étage heureusement. De splendides architectures aux frontons de marbre blanc, aux colonnes corinthiennes cannelées, continuent la perspective et détachent leurs formes lumineuses sur un de ces ciels d’un bleu de turquoise où flottent des nuages d’un gris argenté, comme Paul Véronèse sait si bien les peindre, et qui sont particuliers au climat de Venise ; un élégant campanile à jour, et surmonté d’une statue qui rappelle l’ange d’or du campanile de la place Saint-Marc, laisse jouer l’air et les colombes à travers ses arcades.

Au milieu de la composition, à la place d’honneur, rayonne dans sa sérénité lumineuse, ayant à côté de lui sa mère divine, Jésus-Christ, l’hôte céleste, prononçant les paroles miraculeuses qui changent l’eau en vin ; autour de lui sont groupés les convives avec différentes attitudes d’étonnement, d’insouciance et d’incrédulité ; dans l’espace laissé vide, au centre du fer à cheval, des musiciens exécutent un concerto, des serviteurs versent l’eau des amphores dans les vases où elle se change en un vin généreux. Sur la terrasse du fond, s’agite et s’empresse tout un monde d’esclaves et d’officiers de bouche, pannetiers, sommeliers, écuyers tranchants, qui apportent les mets, découpent les viandes et vont prendre les plats et les aiguières à un grand dressoir disposé sous une des colonnades ; sur les rampes et les garde-fous des toits, s’accoude une foule curieuse qui contemple de loin la vaste cène symbolique.

Malgré l’époque où le miracle eut lieu, les personnages sont habillés à la mode du temps de Paul Véronèse, ou dans un goût fantasque qui n’a rien d’antique. Des pédants ont critiqué ces anachronismes de costume, volontaires assurément chez un artiste aussi savant que Paul Véronèse. Un poëte s’est chargé de leur répondre, et nous transcrivons ici ces vers qui résument si heureusement le caractère de l’artiste.

Lorsque Paul Véronèse autrefois dessina
Les hommes basanés des Noces de Cana,
Il ne s’informa pas au pays de Judée
Si par l’or ou l’argent leur robe était brodée,
De quelle forme étaient les divins instruments
Qui vibraient sous leurs doigts en ces joyeux moments ;
Mais le Vénitien, en sa mâle peinture,
Fit des hommes vivants comme en fait la nature.
Sur son musicien on a beau déclamer,
Je ne puis pour ma part m’empêcher de l’aimer.
Qu’il tienne une viole ou qu’il porte une lyre,
Sa main étant de chair, je me tais et j’admire.

 

La fantaisie du peintre a introduit dans cette immense composition les portraits d’un grand nombre de personnages célèbres. D’après une tradition écrite conservée dans le couvent de Saint-Georges et reproduite par M. Villot dans le nouveau livret du Musée, il paraît que l’époux assis à gauche, à l’angle de la table et à qui un nègre debout, de l’autre côté, présente une coupe, serait Don Alphonse d’Avalos, marquis de Guast, et la jeune épouse placée près de lui, Éléonore d’Autriche, reine de France ; derrière

Les Noces de Cana de Paul Véronèse
Goupil (pp. 5-17).

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Rédigé par rafael

Publié dans #RENAISSANCE ITALIE

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Publié le 3 Mai 2017

Jodhpur - Photos: Lankaart (c)

Jodhpur - Photos: Lankaart (c)

From the fort which overhangs the old town of Jodhpur one discovers a sea of blue houses which form one of the most beautiful urban landscapes of the Rajasthan.

Jodhpur is one of the ancient cities of the Rajasthan. The blue city in the imaginary one of the travellers. The city was founded in 1459 by Rao Jodha. It organizes in a concentric way around the fort. The many blue houses which belonged at the origin with the Brahmans give him its single character. The tortuous and narrow streets of the city are bordered of many residences richly decorated with interior sumptuous. They are the testimony of splendours of the Mogul empires and the Marathes dynasties.

 

Depuis le fort qui surplombe l’ancienne ville de Jodhpur on découvre une mer de maisons bleues qui forment l’un des plus beaux paysages urbains du Rajasthan.

Jodhpur est l’une des antiques villes du Rajasthan. La ville bleue dans l’imaginaire des voyageurs. La ville fut fondée en 1459 par Rao Jodha. Elle s’organise de façon concentrique autour du fort. Les nombreuses maisons bleues qui appartenaient à l’origine aux brahmanes lui donnent son caractère unique.

Les rues tortueuses et étroites de la ville sont bordées de nombreuses demeures richement décorées aux intérieures fastueux. Elles sont le témoignage des splendeurs des empires Moghols et des dynasties Marathes.

Jodhpur - Photos: Lankaart (c)

Jodhpur - Photos: Lankaart (c)

Jodhpur - Photos: Lankaart (c)

Jodhpur - Photos: Lankaart (c)

The indigo blue is largely used by the inhabitants to paint their houses. It gives a character very particular to the old city. Sometimes the urban environment becomes surrealist. The night the artificial lights play with the various nuances the blue ones.

The old town of Jodhpur was preserved transformations and demolitions. She preserves her single character since decades offering to the travellers a single and spellbinding show.

This passion for blue with several explanations: Jodhpur is a very sunny city and blue is less reflective than the white, this color moves away the mosquitos effectively, and the Brahmans had made at the beginning their color of it. It is in addition the color of the god Krishna, god of the love. The indigo Marie with the green of joineries, doors and window and the red of the details of architecture, staircases and of the rails.

 

La couleur bleue indigo est largement utilisée par les habitants pour peindre leurs maisons. Elle donne un caractère très particulier à la vieille ville. Parfois l’environnement urbain devient surréaliste. La nuit les lumières artificielles jouent avec les différentes nuances de bleues.

L’ancienne ville de Jodhpur a été préservée des transformations et des démolitions. Elle conserve son caractère unique depuis des décennies offrant aux voyageurs un spectacle unique et envoutant.

Cet engouement pour le bleu à plusieurs explications : Jodhpur est une ville très ensoleillée et le bleu est moins réfléchissante que le blanc, cette couleur éloigne efficacement les moustiques, et les brahmanes en avait fait au départ leur couleur. C’est par ailleurs la couleur du dieu Krishna, dieu de l’amour.

L’indigo se marie avec le vert des menuiseries, portes et fenêtre et le rouge des détails d’architecture, escaliers et des rambardes.

Jodhpur - Photos: Lankaart (c)
Jodhpur - Photos: Lankaart (c)

Jodhpur - Photos: Lankaart (c)

Jodhpur - Photos: Lankaart (c)

Jodhpur - Photos: Lankaart (c)

Jodhpur - Photos: Lankaart (c)Jodhpur - Photos: Lankaart (c)
Jodhpur - Photos: Lankaart (c)

Jodhpur - Photos: Lankaart (c)

Jodhpur old city - Photos: Lankaart (c)
Jodhpur old city - Photos: Lankaart (c)
Jodhpur old city - Photos: Lankaart (c)

Jodhpur old city - Photos: Lankaart (c)

Jodhpur the blue - Jodhpur la bleue

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Rédigé par rafael

Publié dans #Colors of the world

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Publié le 2 Mai 2017

Canaletto - Place Saint-Marc Venise

Cette toile de Canaletto illustre parfaitement la forme et la maîtrise de l’un des plus grand peintre du XVIIIe.

Canaletto - Place Saint-Marc Venise
Canaletto - Place Saint-Marc Venise

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Rédigé par rafael

Publié dans #ROCOCO

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Publié le 26 Avril 2017

Georges Braque - Argenteuil

Georges Braque est l’un des précurseurs du mouvement moderne. Né à Argenteuil en 1882, il fait partie dès 1905 du groupe des fauves à Paris. Mais rapidement se manifeste chez Braque une volonté de structurer ses compositions qui se manifeste dans ses paysages d’inspiration cézannienes. C’est naturellement qu’il arrive à la découverte du cubisme avec son ami Picasso. Sa palette à cette époque devient extrêmement sobre : ocre, gris, noirs, verts sourds, roses fanés, etc… dont il use avec délicatesse et justesse donnant à ses toiles une qualité presque tactile. 

 

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Rédigé par rafael

Publié dans #ART MODERNE

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Publié le 24 Avril 2017

Ivory pendant mask, Iyoba, 16th century Nigeria. The MET

Ivory pendant mask, Iyoba, 16th century Nigeria. The MET

Ce masque est un pendentif du bénin en ivoire,  porté autour de la taille ou du cou par l’Oba du Bénin, la reine Idia, monarque puissant au cours du XVIe siècle. Il existe deux masques similaires l’un au British Museum, l’autre au Metropolitan Museum à New-York.

Iyoba - Masque de la reine Idia
Iyoba - Masque de la reine Idia
Iyoba - Masque de la reine Idia

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Rédigé par rafael

Publié dans #ARTS PREMIERS AFRIQUE

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Publié le 22 Avril 2017

Tombe de Philippe II - Bijoux

La nécropole royale de Vergina, site grec correspondant à celui de l’antique Aigai, première capitale du royaume de Macédoine, a révélé lors de fouilles effectuées en 1977 sous la direction de Manólis Andrónikos les témoignages les plus précieux de la peinture pré-hellénistique. Parmi les onze tombes dégagées, celle dite du roi Philippe II, le père d’Alexandre le Grand, était restée inviolée : son architecture, le décor peint et le riche mobilier funéraire attestent la formation précoce d’un art de cour proprement hellénistique. En 2014, les travaux les plus récents des équipes de scientifiques grecs et du docteur Théodoros Antikas, professeur d'anatomie et de physiologie dans les universités des États-Unis, chargés d'étudier les découvertes de la tombe royale II d'Aigéai, ont révélé avec une quasi certitude que les ossements trouvés dans cette tombe sont ceux du roi Philippe II de Macédoine.

 

Source: Wikipedia

Tombe de Philippe II - Bijoux
Tombe de Philippe II - Bijoux
Tombe de Philippe II - Bijoux
Tombe de Philippe II - Bijoux

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Rédigé par rafael

Publié dans #GRECE ANTIQUITE

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Publié le 18 Avril 2017

Le Triomphe de la Mort, Brueghel

Le Triomphe de la Mort, Brueghel

La peste noire ou mort noire est le nom donné par les historiens modernes à une grande épidémie de peste médiévale, au milieu du XIVe siècle, principalement bubonique, causée par la bactérie Yersinia pestis. Cette épidémie a touché l'Asie, le Moyen-Orient, l'Afrique du Nord, et l'Europe. Elle n'est ni la première ni la dernière épidémie de peste, mais elle est la seule à porter ce nom. En revanche, elle est la première grande épidémie de l'histoire à avoir été bien décrite par les chroniqueurs contemporains.

On estime que la peste noire a tué entre 30 et 50 % de la population européenne en cinq ans (1347-1352) faisant environ vingt-cinq millions de victimes. Cette épidémie eut des conséquences durables sur la civilisation européenne, d'autant qu'après cette première vague, la maladie refit ensuite son apparition dans les différents pays touchés.

Cette peste noire est considérée comme le début explosif et dévastateur de la deuxième pandémie de peste qui dura, de façon plus sporadique, jusqu'au début du XIXe siècle.

Le triomphe de la Mort, détails
Le triomphe de la Mort, détails

Le triomphe de la Mort, détails

La peste noire se répandit comme une vague et ne s’établit pas durablement aux endroits touchés. Le taux de mortalité moyen d’environ trente pour cent de la population totale, et de soixante à cent pour cent de la population infectée, est tel que les plus faibles périssent rapidement, et le fléau ne dure généralement que six à neuf mois.

Depuis Marseille, en novembre 1347, elle gagna rapidement Avignon, en janvier 1348, alors cité papale et carrefour du monde chrétien : la venue de fidèles en grand nombre contribuant à sa diffusion. Début février, la peste atteint Montpellier puis Béziers. Le 16 février 1348, elle est à Narbonne, début mars à Carcassonne, fin mars à Perpignan. Fin juin, l'épidémie atteint Bordeaux. À partir de ce port, elle se diffuse rapidement à cause du transport maritime. L'Angleterre est touchée le 24 juin 1348. Le 25 juin 1348, elle apparaît à Rouen, puis à Pontoise et Saint-Denis. Le 20 août 1348, elle se déclare à Paris. En septembre, la peste atteint le Limousin et l'Angoumois, en octobre le Poitou, fin novembre Angers et l'Anjou. En décembre, elle est apportée à Calais depuis Londres. En décembre 1348, elle a envahi toute l’Europe méridionale, de la Grèce au sud de l'Angleterre. L'hiver 1348-1349 arrête sa progression, avant qu'elle resurgisse à partir d'avril 1349.

En décembre 1349, la peste a traversé presque toute l’Allemagne, le Danemark, l’Angleterre, le Pays de Galles, une bonne partie de l’Irlande et de l’Écosse. Elle continue ensuite sa progression vers l'est et vers le nord dévastant la Scandinavie en 1350, puis l'Écosse, l'Islande ou le Groenland, s'arrêtant aux vastes plaines inhabitées de Russie en 1351.

Jérôme Bosch - L'enfer - Détails des tableaux: Le Chariot de Foin  et Le Jardin des Délices

Jérôme Bosch - L'enfer - Détails des tableaux: Le Chariot de Foin et Le Jardin des Délices

Ibn Khaldoun, philosophe et historien musulman du XIVe siècle évoque dans son autobiographie la perte de plusieurs membres de sa famille dont sa mère en 1348 et son père en 1349, de ses amis et de ses professeurs à cause de la peste. Il évoquera à plusieurs reprises ces événements tragiques, notamment dans la Muqaddima (traduite en Prolégomènes) :

« Une peste terrible vint fondre sur les peuples de l'Orient et de l'Occident ; elle maltraita cruellement les nations, emporta une grande partie de cette génération, entraîna et détruisit les plus beaux résultats de la civilisation. Elle se montra lorsque les empires étaient dans une époque de décadence et approchaient du terme de leur existence ; elle brisa leurs forces, amortit leur vigueur, affaiblit leur puissance, au point qu'ils étaient menacés d'une destruction complète. La culture des terres s'arrêta, faute d'hommes ; les villes furent dépeuplées, les édifices tombèrent en ruine, les chemins s'effacèrent, les monuments disparurent ; les maisons, les villages, restèrent sans habitants ; les nations et les tribus perdirent leurs forces, et tout le pays cultivé changea d'aspect. »

Mattias Günewald - La tentation de Saint-Antoine

Mattias Günewald - La tentation de Saint-Antoine

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Rédigé par rafael

Publié dans #RENAISSANCE EUROPE DU NORD, #HISTOIRE

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Publié le 16 Avril 2017

Jêrome Bosch - Saint Jêrome en prière

La quasi-totalité de la production de Saint Jérôme (347-420) dans le domaine doctrinal a un caractère polémique plus ou moins affirmé. Elle est dirigée contre les adversaires de la doctrine orthodoxe. Même sa traduction du traité de Didyme l’Aveugle sur l'Esprit Saint en latin (commencée à Rome en 384 et continuée à Bethléem) fait preuve d'une tendance à l'apologétique contre les ariens et les tenants de la doctrine pneumatisteb . Il en est de même de sa version du De principiis d'Origène (vers 399), dont la vocation est de suppléer à la traduction inappropriée de Rufin. Les écrits polémiques au sens strict couvrent la totalité de la carrière littéraire de Jérôme. Pendant ses séjours à Antioche et Constantinople, il doit s'occuper de la controverse arienne, et particulièrement des schismes provoqués par Mélitios et Lucifer de Cagliari. Dans deux lettres au pape Damase, il se plaint de la conduite des deux partis à Antioche, les mélétiens et les pauliniens, qui ont tenté de le faire participer à leur controverse sur l'application des termes « ousia » et « hypostasis » à la Trinité.

À la même époque, ou un peu plus tard (379), il rédige son Liber contra Luciferianos, où il fait un usage adroit du dialogue pour combattre les meneurs de cette faction. À Rome, vers 383, il écrit une vibrante tirade contre l'enseignement d'Helvidius, pour défendre la doctrine de la virginité perpétuelle de Marie et la supériorité du célibat sur l'état conjugal. Il trouve un autre opposant en la personne de Jovinianus (Jovinien, cité plus haut) avec qui il entre en conflit en 392 . Une fois de plus, il prend la défense des pratiques catholiques de la piété et de sa propre éthique ascétique en 406, contre le prêtre espagnol Vigilantius qui s'oppose au culte des martyrs et des reliques, au vœu de pauvreté, et au célibat du clergé.

À la même époque débute la controverse avec Jean de Jérusalem et Rufin sur l'orthodoxie d'Origène. C'est de cette période que datent ses polémiques les plus passionnées et les plus globales : le Contra Joannem Hierosolymitanum (398 ou 399), les deux Apologiae contra Rufinum qui y sont intimement liées (402), et le « dernier mot » écrit quelques mois plus tard, Liber tertius seu ultima responsio adversus scripta Rufini. Le dernier de ses écrits polémiques est le dialogue « Contre Pélage ».

Jérôme de Stridon, de par son travail de traduction de la Bible, rend possible une évolution très importante pour l'histoire du christianisme occidental. En effet, la majorité des écrits bibliques sont à l'époque en grec, avec la traduction de la Septante. Or cette traduction grecque de la Bible est connue dans le monde latin (ou occidental) sous différentes versions. De plus, de nombreux débats théologiques animent avec passion les cités grecques, alors que le débat théologique en Occident est beaucoup moins intense. Les traductions de commentaires d'Origène ainsi que d'écrits de Didyme l'Aveugle contribuent à enrichir la connaissance par les chrétiens latins des écrits des auteurs orientaux.

Jérôme développe tout au long de sa vie de nombreux commentaires sur l'Écriture. L'exégèse biblique de Jérôme est en grande partie fondée sur la typologie d'Origène dans l'ouvrage Sur les principes.

Lors de l'étude d'un texte biblique, Jérôme observe les différentes traductions existantes, latines, grecques et hébraïques. Ces différentes versions lui permettent de trouver le sens le plus proche de l'écrivain inspiré. Une fois la traduction faite, Jérôme recherche le sens historique du passage biblique, puis le sens allégorique de chacune des versions traduites avant de les comparer. Jérôme n'hésite pas à comparer un texte biblique à d'autres textes de la Bible afin de pouvoir expliquer les passages difficiles, c'est grâce à la Bible que l'on peut trouver des réponses aux interrogations. C'est dans la lettre 120 à Hédybia que Jérôme conceptualise la manière de faire de l'exégèse : « Il y a dans notre cœur une triple description qui est la règle des Écritures. La première est de les comprendre selon le sens historique, la seconde selon la tropologie, la troisième selon l'intelligence spirituelle ».

 

Source: Wikipedia

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Rédigé par rafael

Publié dans #RENAISSANCE EUROPE DU NORD

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Publié le 13 Avril 2017

Zurbaran - Vanité

Zurbaran (1598-1664) est un peintre espagnol du Siècle d'Or. Installé à Llerena, il commence à réaliser pour les établissements religieux les grandes commandes qui feront sa réputation. En 1628-1629, il exécute le cycle des peintures pour le collège franciscain de Saint-Bonaventure à Séville. Peintre de la Contre-Réforme nourri de spiritualité monastique. 

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Rédigé par rafael

Publié dans #CLASSICISME

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Publié le 10 Avril 2017

Claude Gellée, dit « le Lorrain »

Toute la carrière de Claude Lorrain se déroule à Rome. Influencé par les grands paysages d'Annibal Carrache, il forge son propre style. Peu à peu, l’effet de la lumière devient sa préoccupation majeure.

Dans une première période, il reçoit des commandes du pape Urbain VIII. Il peint de nombreux ports imaginaires, invitations au voyage, à l'architecture néo-classique de la Renaissance italienne, baignés par la lumière rasante d'un soleil couchant situé dans la ligne de fuite du tableau. On y retrouve souvent des scènes d'embarquement grouillant de débardeurs affairés.

À partir de 1645, le Lorrain s'oriente vers des œuvres plus apaisées, à la lumière uniforme, d'inspiration mythologique ou biblique. Mais comme toujours chez le peintre, ces scènes ne sont que des prétextes pour l'exploration de l'espace infini du paysage.

Claude Gellée, dit « le Lorrain »
Claude Gellée, dit « le Lorrain »
Claude Gellée, dit « le Lorrain »

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Rédigé par rafael

Publié dans #CLASSICISME

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