Publié le 15 Mars 2018

Sam Francis - Deep Orange and Black

Sam Francis - Deep Orange and Black

Dans certaines des toiles de Sam Francis, la dissolution de la figure va jusqu’à la rendre liquide, ce qui se traduit par des coulures verticales de peinture, sorte de réseau, de toile d’araignée qui relie les formes-taches entre elles mais qui est contraire à l’effet recherché : ne se dissipant pas dans la profondeur elles vont à l’encontre de la dissolution, à l’encontre de la fusion fond-figure. C’est notamment le cas dans Deep Orange and Black. On peut voir très clairement dans cette huile sur toile de 3,71 m × 3,12 m la présence de ce réseau de coulures noires et colorées, semblables à des fils reliant les taches.

Cette couleur violente, vibrante que l’on retrouve dans cette toile découle, elle aussi, d’une recherche approfondie, mais cette fois sur la lumière. Il est en effet préoccupé par les deux états contradictoires de la lumière : le noir, fond d’origine d’où jaillit la lumière, et le blanc, base de la lumière et somme des couleurs. Il s’agit pour lui d’arriver à obtenir un juste équilibre car « un accroissement de la lumière provoque un accroissement de l’obscurité ». La distinction fond/figure passera donc par l’emploi de la couleur, plus ou moins saturée selon les besoins.

Il expérimente alors une nouvelle solution : dévoiler en voilant. L’éclat de la lumière étant trop intense, il faut l’atténuer en appliquant un voile de couleur. Cependant, celle-ci vient peu à peu attaquer ce voile (d’où des sortes de craquelures dans le voile de couleur), il faut alors replacer un autre voile de couleur différente par-dessus le précédent, comme un nouveau pansement, qui à son tour va finir par céder, d’où la nécessité d’en placer encore un autre, et un autre, et ainsi de suite… Finalement, le spectateur ne sait plus très bien qui des couleurs (les figures) ou de la lumière (le fond) a le dessus dans ce « combat ».

C'est le cas dans cette œuvre : le noir semble manger la toile, s’étendre de manière exponentielle, mais n’a pas encore réussi son œuvre d’assombrissement comme le montrent les nombreuses zones de couleur encore visibles. On se pose alors une question : ne serait-ce pas plutôt la couleur qui est en train de décomposer le noir ? Les coulures sont-elles alors la marque de l’étalement progressif du noir ou bien celles de sa décomposition ?

Par cette superposition des voiles, nous découvrons aussi un nouveau facteur dans la création : le facteur temps. L’étagement des voiles ne se fait pas uniquement sur la toile, le support plastique, mais aussi dans le temps. La lumière, chez Sam Francis, génère donc à la fois et le temps, et l’espace, « l’espace c’est la couleur ».

Pour revenir sur la notion d’absence de cadre et la lier avec la couleur, cette toile amène un nouveau questionnement : si l’on pouvait prolonger la toile, qu’obtiendrions nous ? une immensité noire relevée çà et là par des zones colorées, ou bien un rectangle noir perdu au milieu d’une immensité orange, telle une mer de feu ? La peinture ne semble pas en effet figée. On peut noter une impression de mouvement, d’animation donnée par la forme irrégulière des taches et par le fait que nulle part sur la toile la couleur ne soit égale en tons et en teintes : le jaune, l’orange vibrent sur la toile donnant l’impression d’un feu intérieur, de cellules de chaos organisé, molécules de couleur semblables à des molécules de chair vues au microscope.

Wikipedia

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Rédigé par rafael

Publié dans #ART CONTEMPORAIN

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Publié le 14 Mars 2018

Manet - Le buveur d'absinthe

Manet - Le buveur d'absinthe

" ...Je l’ai dit, la toile la plus ancienne est le Buveur d’absinthe, un homme hâve et abruti, drapé dans un pan de manteau et affaissé sur lui-même. Le peintre se cherchait encore ; il y a presque une intention mélodramatique dans le sujet ; puis, je ne trouve pas là ce tempérament simple et exact, puissant et large, que l’artiste affirmera plus tard. ..."

Zola

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Rédigé par rafael

Publié dans #NATURALISME et IMPRESSIONISME

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Publié le 13 Mars 2018

Manet - Olympia

Manet - Olympia

" En 1865, Édouard Manet est encore reçu au Salon ; il expose un Jésus insulté par les soldats, et son chef-d’œuvre, son Olympia. J’ai dit chef-d’œuvre, et je ne retire pas le mot. Je prétends que cette toile est véritablement la chair et le sang du peintre. Elle le contient tout entier et ne contient que lui. Elle restera comme l’œuvre caractéristique de son talent, comme la marque la plus haute de sa puissance. J’ai lu en elle la personnalité d’Édouard Manet, et lorsque j’ai analysé le tempérament de l’artiste, j’avais uniquement devant les yeux cette toile qui renferme toutes les autres.

Nous avons ici, comme disent les amuseurs publics, une gravure d’Épinal. Olympia, couchée sur des linges blancs, fait une grande tache pâle sur le fond noir ; dans ce fond noir se trouvent la tête de la négresse qui apporte un bouquet et ce fameux chat qui a tant égayé le public. Au premier regard, on ne distingue ainsi que deux teintes dans le tableau, deux teintes violentes, s’enlevant l’une sur l’autre. D’ailleurs, les détails ont disparu. Regardez la tête de la jeune fille : les lèvres sont deux minces lignes roses, les yeux se réduisent à quelques traits noirs. Voyez maintenant le bouquet, et de près, je vous prie : des plaques roses, des plaques bleues, des plaques vertes. Tout se simplifie, et si vous voulez reconstruire la réalité, il faut que vous vous reculiez de quelques pas. Alors il arrive une étrange histoire : chaque objet se met à son plan, la tête d’Olympia se détache du fond avec un relief saisissant, le bouquet devient une merveille d’éclat et de fraîcheur. La justesse de l’œil et la simplicité de la main ont fait ce miracle ; le peintre a procédé comme la nature procède elle-même, par masses claires, par larges pans de lumière, et son œuvre a l’aspect un peu rude et austère de la nature. Il y a d’ailleurs des partis-pris ; l’art ne vit que de fanatisme.

Et ces partis-pris sont justement cette sécheresse élégante, cette violence des transitions que j’ai signalées. C’est l’accent personnel, la saveur particulière de l’œuvre. Rien n’est d’une finesse plus exquise que les tons pâles des linges de blancs différents sur lesquels Olympia est couchée. Il y a, dans la juxtaposition de ces blancs une immense difficulté vaincue. Le corps lui-même de l’enfant a des pâleurs charmantes ; c’est une jeune fille de seize ans, sans doute un modèle qu’Édouard Manet a tranquillement copié tel qu’il était. Et tout le monde a crié : on a trouvé ce corps nu indécent ; cela devait être, puisque c’est là de la chair, une fille que l’artiste a jetée sur la toile dans sa nudité jeune et déjà fanée. Lorsque nos artistes nous donnent des Vénus, ils corrigent la nature, ils mentent. Édouard Manet s’est demandé pourquoi mentir, pourquoi ne pas dire la vérité ; il nous a fait connaître Olympia, cette fille de nos jours, que vous rencontrez sur les trottoirs et qui serre ses maigres épaules dans un mince châle de laine déteinte. Le public, comme toujours, s’est bien gardé de comprendre ce que voulait le peintre ; il y a eu des gens qui ont cherché un sens philosophique dans le tableau ; d’autres, plus égrillards, n’auraient pas été fâchés d’y découvrir une intention obscène. Eh ! dites-leur donc tout haut, cher maître, que vous n’êtes point ce qu’ils pensent, qu’un tableau pour vous est un simple prétexte à analyse. Il vous fallait une femme nue, et vous avez choisi Olympia, la première venue ; il vous fallait des taches claires et lumineuses, et vous avez mis un bouquet ; il vous fallait des taches noires, et vous avez placé dans un coin une négresse et un chat. Qu’est-ce que tout cela veut dire ? vous ne le savez guère, ni moi non plus. Mais je sais, moi, que vous avez admirablement réussi à faire une œuvre de peintre, de grand peintre, je veux dire à traduire énergiquement et dans un langage particulier les vérités de la lumière et de l’ombre, les réalités des objets et des créatures. "

G. Charpentier et E. Fasquelle, éditeurs (pp. 349-362).

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Rédigé par rafael

Publié dans #NATURALISME et IMPRESSIONISME

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Publié le 11 Mars 2018

Gustave Doré - La Divine comédie de Dante
Gustave Doré - La Divine comédie de Dante
Gustave Doré - La Divine comédie de Dante
Gustave Doré - La Divine comédie de Dante

Gustave Doré - La Divine comédie de Dante

" Gustave Doré, pour le juger d’un mot, est un improvisateur, le plus merveilleux improvisateur du crayon qui ait jamais existé. Il ne dessine ni ne peint : il improvise ; sa main trouve des lignes, des ombres et des lumières, comme certains poètes de salon trouvent des rimes, des strophes entières. Il n’y a pas incubation de l’œuvre ; il ne caresse point son idée, ne la cisèle point, ne fait aucune étude préparatoire. L’idée vient, instantanée ; elle le frappe avec la rapidité et l’éblouissement de l’éclair, et il la subit sans la discuter, il obéit au rayon d’en haut. D’ailleurs, il n’a jamais attendu ; dès qu’il a le crayon aux doigts, la bonne muse ne se fait pas prier ; elle est toujours là, au côté du poète, les mains pleines de rayons et de ténèbres, lui prodiguant les douces et les terribles visions qu’il retrace d’une main prompte et fièvreuse. Il a l’intuition de toutes choses, et il crayonne des rêves, comme d’autres sculptent des réalités.

Je viens de prononcer le mot qui est la grande critique de l’œuvre de Gustave Doré. Jamais artiste n’eut moins que lui le souci de la réalité. Il ne voit que ses songes, il vit dans un pays idéal dont il nous rapporte des nains et des géants, des cieux radieux et de larges paysages. Il loge à l’hôtellerie des fées, en pleine contrée des rêves. Notre terre l’inquiète peu : il lui faut les terres infernales et célestes de Dante, le monde fou de don Quichotte, et, aujourd’hui, il voyage en ce pays de Chanaan, rouge du sang humain et blanc des aurores divines.

Gustave Dorée - Don Quichotte
Gustave Dorée - Don Quichotte

Gustave Dorée - Don Quichotte

" Le mal en tout ceci est que le crayon n’entre pas, qu’il effleure seulement le papier. L’œuvre n’est pas solide ; il n’y a point, sous elle, la forte charpente de la réalité pour la tenir ferme et debout. Je ne sais si je me trompe, Gustave Doré a dû abandonner de bonne heure l’étude du modèle vivant, du corps humain dans sa vérité puissante. Le succès est venu trop tôt ; le jeune artiste n’a pas eu à soutenir la grande lutte, pendant laquelle on fouille avec acharnement la nature humaine. Il n’a pas vécu ignoré, dans le coin d’un atelier, en face d’un modèle dont on analyse désespérément chaque muscle ; il ignore sans doute cette vie de souffrances, de doute, qui vous fait aimer d’un amour profond la réalité nue et vivante. Le triomphe l’a surpris en pleine étude, lorsque d’autres cherchent encore patiemment le juste et le vrai. Son imagination riche, sa nature pittoresque et ingénieuse lui ont semblé des trésors inépuisables dans lesquels il trouverait toujours des spectacles et des effets nouveaux, et il s’est lancé bravement dans le succès, n’ayant pour soutiens que ses rêves, tirant tout de lui, créant à nouveau, dans le cauchemar et la vision, le ciel et la terre de Dieu. 

Le réel, il faut le dire, s’est vengé parfois. On ne se renferme pas impunément dans le songe ; un jour vient où la force manque pour jouer ainsi au créateur. Puis, lorsque les œuvres sont trop personnelles, elles se reproduisent fatalement ; l’œil du visionnaire s’emplit toujours de la même vision, et le dessinateur adopte certaines formes dont il ne peut plus se débarrasser. La réalité, au contraire, est une bonne mère qui nourrit ses enfants d’aliments toujours nouveaux ; elle leur offre, à chaque heure, des faces différentes ; elle se présente à eux, profonde, infinie, pleine d’une vitalité sans cesse renaissante.  "

 

Gsutave Doré - Pantagruel

Gsutave Doré - Pantagruel

 "Aujourd’hui, Gustave Doré en est à ce point : il a fouillé, épuisé son trésor en enfant prodigue ; il a donné avec puissance et relief tous les rêves qui étaient en lui, et il les a même donnés plusieurs fois. Les éditeurs ont assiégé son atelier ; ils se sont disputé ses dessins que la critique tout entière a accueillis avec admiration. Rien ne manque à la gloire de l’artiste, ni l’argent, ni les applaudissements. Il a établi un vaste chantier, où il produit sans relâche ; trois, quatre publications sont là, menées de front, avec une égale verve ; le dessinateur passe de l’une à l’autre sans faiblir, sans mûrir ses pensées, ayant foi en sa bonne muse qui lui souffle le mot divin au moment propice. Tel est le labeur colossal, la tâche de géant que sa réussite lui a imposée, et que sa nature particulière lui a fait accepter avec un courage insouciant.

Il vit à l’aise dans cette production effrayante qui donnerait la fièvre à tout autre. Certains critiques s’émerveillent sur cette façon de travailler ; ils font un éloge au jeune artiste de l’effroyable quantité de dessins qu’il a déjà produits. Le temps ne fait rien à l’affaire, et, quant à moi, j’ai toujours tremblé pour ce prodigue qui se livrait ainsi, qui épuisait ses belles facultés, dans une sorte d’improvisation continuelle. La pente est glissante : l’atelier des artistes en vogue devient parfois une manufacture ; les gens de commerce sont là, à la porte, qui pressent le crayon ou le pinceau, et l’on arrive peu à peu à faire, en leur collaboration, des œuvres purement commerciales. Qu’on ne pousse donc pas l’artiste à nous étonner, en publiant chaque année une œuvre qui demanderait dix ans d’études ; qu’on le modère plutôt et qu’on lui conseille de s’enfermer au fond de son atelier pour y composer, dans la réflexion et le travail, les grandes épopées que son esprit conçoit avec une si remarquable intuition."

 

" Gustave Doré a trente-trois ans. C’est à cet âge qu’il a cru devoir s’attaquer au grand poème humain, à ce recueil de récits terribles ou souriants que l’on nomme la Sainte Bible. J’aurais aimé qu’il gardât cette œuvre pour dernier labeur, pour le travail grandiose qui eût consacré sa gloire. Où trouvera-t-il maintenant un sujet plus vaste, plus digne d’être étudié avec amour, un sujet qui offre plus de spectacles doux ou terrifiants à son crayon créateur ? S’il est vrai que l’artiste soit fatalement forcé de produire des œuvres de plus en plus puissantes et fortes, je tremble pour lui, qui cherchera en vain un second poème plus fécond en visions sublimes. Lorsqu’il voudra donner l’œuvre dans laquelle il mettra tout son cœur et toute sa chair, il n’aura plus les légendes rayonnantes d’Israël, et je ne sais vraiment à quelle autre épopée il pourra demander un égal horizon."

 

Mes haines, causeries littéraires et artistiques
G. Charpentier et E. Fasquelle, éditeurs (pp. 85-96).

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Rédigé par rafael

Publié dans #ROMANTISME ET NEOGOTHIQUE

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Publié le 10 Mars 2018

Kyoto - Fushimi Inari Taisha - Photos: Lankaart (c)
Kyoto - Fushimi Inari Taisha - Photos: Lankaart (c)
Kyoto - Fushimi Inari Taisha - Photos: Lankaart (c)
Kyoto - Fushimi Inari Taisha - Photos: Lankaart (c)
Kyoto - Fushimi Inari Taisha - Photos: Lankaart (c)
Kyoto - Fushimi Inari Taisha - Photos: Lankaart (c)

Kyoto - Fushimi Inari Taisha - Photos: Lankaart (c)

Fushimi Inari Taisha est le plus grand sanctuaire shinto du Japon situé au sud de Kyoto.

Erigé en 711, il est dédié à la déesse du riz Inari et plus largement à la richesse. La beauté de ce complexe se dévoile au gré d'une randonnée pédestre le long d'une vallée, balisée par des milliers de portiques vermillon appelés torii.

En bas il y a quelques petits sanctuaires mais la véritable attraction du domaine est le chemin de randonnée qui s'ouvre dans la vallée. D'une durée d'environ deux heures à allure normale, il se trace sur quelques kilomètres entre les arbres, sous plus de dix mille torii. La partie la plus connue est ce double court chemin de portiques de quelques dizaines de mètres, bien entretenu mais tout en bas. Du coup, on y voit beaucoup de monde mais plus on monte, moins on entend les talons claquer.

Contrairement à ce qu'on pourrait penser, ces torii ont été financés par des hommes d'affaires, des sociétés ou de grands groupes. Au dos de chacun d'eux, leur nom est inscrit sur chacun des poteaux ainsi que la date de pose.

Si on ne lit pas le japonais, cela rend assez esthétique, mais ça n'en reste pas moins une forme de publicité. D'autant que tous les torii ne sont pas aussi bien entretenus que ceux d'en bas. Beaucoup ont perdu de leur carmin éclatant et certains ont même été déracinés.

La visite est très agréable, avec des étages pour se reposer et des restaurants qui accompagnent les quelques boutiques. Tout le long du chemin, on peut contempler des torii de toutes tailles, c'est assez amusant. ...

Pour la petite anecdote, on voit le lieu dans le film Mémoires d'une Geisha.

Kanpai

Kyoto - Fushimi Inari Taisha - Photos: Lankaart (c)
Kyoto - Fushimi Inari Taisha - Photos: Lankaart (c)
Kyoto - Fushimi Inari Taisha - Photos: Lankaart (c)
Kyoto - Fushimi Inari Taisha - Photos: Lankaart (c)
Kyoto - Fushimi Inari Taisha - Photos: Lankaart (c)
Kyoto - Fushimi Inari Taisha - Photos: Lankaart (c)
Kyoto - Fushimi Inari Taisha - Photos: Lankaart (c)
Kyoto - Fushimi Inari Taisha - Photos: Lankaart (c)
Kyoto - Fushimi Inari Taisha - Photos: Lankaart (c)
Kyoto - Fushimi Inari Taisha - Photos: Lankaart (c)
Kyoto - Fushimi Inari Taisha - Photos: Lankaart (c)
Kyoto - Fushimi Inari Taisha - Photos: Lankaart (c)
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Kyoto - Fushimi Inari Taisha - Photos: Lankaart (c)

Kyoto - Fushimi Inari Taisha - Photos: Lankaart (c)

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Rédigé par rafael

Publié dans #JAPON, #PARCS et JARDINS

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Publié le 9 Mars 2018

Courbet - Sommeil

Courbet - Sommeil

" Mon Courbet, à moi, est simplement une personnalité. Le peintre a commencé par imiter les Flamands et certains maîtres de la Renaissance. Mais sa nature se révoltait et il se sentait entraîné par toute sa chair – par toute sa chair, entendez-vous – vers le monde matériel qui l’entourait, les femmes grasses et les hommes puissants, les campagnes plantureuses et largement fécondes. Trapu et vigoureux, il avait l’âpre désir de serrer entre ses bras la nature vraie ; il voulait peindre en pleine viande et en plein terreau.

Alors s’est produit l’artiste que l’on nous donne aujourd’hui comme un moraliste. Proudhon le dit lui-même, les peintres ne savent pas toujours bien au juste quelle est leur valeur et d’où leur vient cette valeur. Si Courbet, que l’on prétend très orgueilleux, tire son orgueil des leçons qu’il pense nous donner, je suis tenté de le renvoyer à l’école. Qu’il le sache, il n’est rien qu’un pauvre grand homme bien ignorant, qui en a moins dit en vingt toiles que la Civilité puérile en deux pages. Il n’a que le génie de la vérité et de la puissance. Qu’il se contente de son lot.

La jeune génération, je parle des garçons de vingt à vingt-cinq ans, ne connaît presque pas Courbet, ses dernières toiles ayant été très inférieures. Il m’a été donné de voir, rue Hautefeuille, dans l’atelier du maître, certains de ses premiers tableaux. Je me suis étonné, et je n’ai pas trouvé le plus petit mot pour rire dans ces toiles graves et fortes dont on m’avait fait des monstres. Je m’attendais à des caricatures, à une fantaisie folle et grotesque, et j’étais devant une peinture serrée, large, d’un fini et d’une franchise extrêmes. Les types étaient vrais sans être vulgaires ; les chairs, fermes et souples, vivaient puissamment ; les fonds s’emplissaient d’air, donnaient aux figures une vigueur étonnante. La coloration, un peu sourde, a une harmonie presque douce, tandis que la justesse des tons, l’ampleur du métier établissent les plans et font que chaque détail a un relief étrange. En fermant les yeux, je revois ces toiles énergiques, d’une seule masse, bâties à chaux et à sable, réelles jusqu’à la vie et belles jusqu’à la vérité. Courbet est le seul peintre de notre époque ; il appartient à la famille des faiseurs de chair, il a pour frères, qu’il le veuille ou non, Véronèse, Rembrandt, Titien." 

Courbet - Les baigneuses

Courbet - Les baigneuses

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Rédigé par rafael

Publié dans #NATURALISME et IMPRESSIONISME

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Publié le 8 Mars 2018

Picasso - le Normand de Boisgeloup

Picasso - le Normand de Boisgeloup

Picasso a résidé et travaillé pendant cinq années en Normandie. Cette période intensément créative s’étend de 1930 à 1935, et voit Picasso pratiquer particulièrement la sculpture, mais aussi la peinture, le dessin, la gravure, la photographie avant de s’adonner à l’écriture.


En juin 1930, Picasso acquiert le château de Boisgeloup près de Gisors. Tout en continuant à habiter à Paris, il fait de ce lieu une résidence de séjour, et surtout y aménage son premier atelier de sculptures. Secrètement amoureux de Marie-Thérèse Walter, il vit une période intensément créative.

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Rédigé par rafael

Publié dans #ART MODERNE

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Publié le 7 Mars 2018

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Rédigé par rafael

Publié dans #GRECE ANTIQUITE

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Publié le 6 Mars 2018

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Rédigé par rafael

Publié dans #MESOPOTAMIE et PERSE ANTIQUITE

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Publié le 5 Mars 2018

Salvador Dali -«Afghan invisible avec apparition sur la plage du visage de Garcia Lorca en forme de compotier aux trois figures»1938

Salvador Dali -«Afghan invisible avec apparition sur la plage du visage de Garcia Lorca en forme de compotier aux trois figures»1938

«Afghan invisible avec apparition sur la plage du visage de Garcia Lorca en forme de compotier aux trois figures» de Dali illustre parfaitement la démarche surréaliste du peintre, mélange de références littéraires et autobiographiques et d'évocations de l'Espagne alors en guerre. 

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Rédigé par rafael

Publié dans #ART MODERNE

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