Publié le 3 Septembre 2018

Ribera - Prométhée
Ribera - Prométhée

Ribera - Prométhée

D’après la Théogonie d’Hésiode, c’est Prométhée qui créa les hommes à partir d’une motte d’argile et, malgré l’opposition de Zeus, leur enseigna la métallurgie et d’autres arts. Après la victoire des nouveaux dieux dirigés par Zeus sur les Titans, Prométhée leur donna aussi le feu, qu’il leur avait dérobé, et entra de ce fait en conflit avec Zeus. Celui-ci le fit enchaîner sur le mont Caucase pour y avoir chaque jour le foie dévoré par un aigle.

C'est cette épisode que Ribera choisit d'illustrer à travers ces deux tableaux dans la veine du Caravage, jouant sur les clairs obscurs et dramatisant à loisir l'instant où l'aigle s'attaque au foie de Prométhée.

Héraclès délivra Prométhée au cours de ses douze travaux mais pour ne pas déroger au serment de Zeus qui avait juré que le Titan resterait à jamais enchaîné au Caucase, Prométhée dut porter durant toute sa vie une bague de fer provenant de ses chaînes accolée à un morceau de pierre du Caucase.

 

source: .histoiredumonde.net

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Rédigé par rafael

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Publié le 2 Septembre 2018

Veronese - Festin chez Simon le Pharisien -1555-1556
Veronese - Festin chez Simon le Pharisien -1555-1556

Veronese - Festin chez Simon le Pharisien -1555-1556

Ce tableau représente l'épisode de l'Évangile selon saint Luc VII, le Repas chez Simon le Pharisien, au cours duquel Jésus a les pieds oints par une « pécheresse » que la tradition a identifiée à Marie Madeleine. Jésus explique ensuite la parabole des Deux débiteurs.

 

"Son dessin, ferme et noble, qui procède par de grands plans à la manière antique, le doux éclat de sa couleur argentine, la beauté et la grâce de ses têtes, la pompeuse magnificence de ses vastes compositions, enfin l’art admirable, et que lui seul a possédé à ce degré, de représenter sans sacrifice apparent et sans confusion de nombreuses figures enveloppées d’une atmosphère également lumineuse, toutes ces éminentes qualités font de Paul Véronèse un des plus rares génies dont la peinture puisse se glorifier."

 

Les Noces de Cana de Paul Véronèse
Veronese - Festin chez Simon le Pharisien - Photos: Lankaart (c)
Veronese - Festin chez Simon le Pharisien - Photos: Lankaart (c)

Veronese - Festin chez Simon le Pharisien - Photos: Lankaart (c)

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Rédigé par rafael

Publié dans #RENAISSANCE ITALIE

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Publié le 1 Septembre 2018

Rodin - La porte de l'Enfer - 1917 - Musée Rodin - Paris - Photos: Lankaart (c)
Rodin - La porte de l'Enfer - 1917 - Musée Rodin - Paris - Photos: Lankaart (c)
Rodin - La porte de l'Enfer - 1917 - Musée Rodin - Paris - Photos: Lankaart (c)
Rodin - La porte de l'Enfer - 1917 - Musée Rodin - Paris - Photos: Lankaart (c)

Rodin - La porte de l'Enfer - 1917 - Musée Rodin - Paris - Photos: Lankaart (c)

La Porte de l’Enfer occupe une place tout à fait particulière dans la création de Rodin. Travaillant avec fièvre durant plusieurs années, il créa plus de deux cents figures et groupes qui forment un véritable vivier dans lequel il puisa durant le reste de sa carrière. Après avoir espéré pouvoir la présenter à l’Exposition universelle de 1889, le sculpteur laissa La Porte de côté à la fin des années 1880.

À plusieurs reprises, il eut pourtant l’ambition d’achever son œuvre. Dans le cadre de sa grande exposition personnelle de 1900, il résolut de la montrer enfin au public, mais dans un état fragmentaire puisqu’il renonça finalement à mettre en place les figures les plus en relief, indépendantes de la structure principale, jugeant qu’elles produisaient un contraste trop fort avec le fond.

Vers 1907, La Porte fut proche de voir le jour dans une version luxueuse, alliant le bronze et le marbre, qui devait être installée au musée du Luxembourg, où étaient exposées les œuvres acquises par l’État auprès des artistes contemporains.

C’est en 1917 seulement que Léonce Bénédite, premier conservateur du musée Rodin, parvint à convaincre le sculpteur de le laisser reconstituer son chef-d’œuvre pour en faire réaliser une fonte, Rodin mourut avant de voir le résultat de tous ses efforts.

Musée Rodin

Rodin - La porte de l'Enfer - 1917 - Musée Rodin - Paris - Photos: Lankaart (c)
Rodin - La porte de l'Enfer - 1917 - Musée Rodin - Paris - Photos: Lankaart (c)
Rodin - La porte de l'Enfer - 1917 - Musée Rodin - Paris - Photos: Lankaart (c)
Rodin - La porte de l'Enfer - 1917 - Musée Rodin - Paris - Photos: Lankaart (c)
Rodin - La porte de l'Enfer - 1917 - Musée Rodin - Paris - Photos: Lankaart (c)

Rodin - La porte de l'Enfer - 1917 - Musée Rodin - Paris - Photos: Lankaart (c)

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Rédigé par rafael

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Publié le 31 Août 2018

Chagall - Le soldat bois


En 1910, Marc Chagall quitta la Russie pour s’installer à Paris, où il découvrit le Fauvisme et le Cubisme. Immédiatement, ses œuvres commencèrent à refléter les dernières tendances ; le peintre fusionna la fragmentation spatiale avec des images colorées inspirées de son village natal et des éléments du folklore et des légendes russes et juifs. Des années après avoir peint Le Soldat boit, Chagall déclara que l’œuvre s’inspirait de ses souvenirs de soldats du tsar hébergés dans des familles durant la guerre russo-japonaise de 1904–05. L’homme du tableau, qui montre la fenêtre avec son pouce droit et la tasse avec son index gauche, fait le lien, de manière figurative, entre deux mondes bien distincts : l’intérieur par opposition à l’extérieur, le passé et le présent, l’imaginaire et le réel. Des peintures comme celle-ci mettent en évidence la préférence de l’artiste pour la vie de l’esprit, la mémoire et le symbolisme magique, à la représentation réaliste.

Guggenheim-bilbao

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Rédigé par rafael

Publié dans #ART MODERNE

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Publié le 30 Août 2018

Dordogne - Château de Commarque - Vestiges le long des falaises - Photos: Lankaart (c)
Dordogne - Château de Commarque - Vestiges le long des falaises - Photos: Lankaart (c)
Dordogne - Château de Commarque - Vestiges le long des falaises - Photos: Lankaart (c)

Dordogne - Château de Commarque - Vestiges le long des falaises - Photos: Lankaart (c)

Construit aux XIIe et XIVe siècles, c’est probablement l’ensemble médiéval le plus complexe du Périgord. C’était en fait une « co-seigneurie » : les familles seigneuriales habitaient les différentes tours de ce village fortifié. C’est aussi le plus curieux ensemble castral du Périgord méridional avec ses défenses complexes, ses douves successives, ses remparts concentriques et le vertigineux verticalisme de son donjon, haut de 80 mètres, en bel appareil.

Il est vraisemblable que l’on puisse attribuer la fondation d’un premier donjon, en bois, à l’un des deux abbés du même nom qui se succèdent sur le siège abbatial de Sarlat dans le dernier tiers du XIIe siècle : Garin (1169-1181) ou Randulphe de Commarque (1195-1201). Le premier châtelain est un Commarque « milites castri », un chevalier ou donzel, dépendant de l’abbaye de Sarlat.

Au début du XIIe siècle, Gérard de Commarque fait don de ses biens aux templiers (on parle alors de l’ « Hospitalis de Comarco » ). Il existe alors une agglomération, un donjon – cette fois en pierre – avec un logis, une chapelle et des maisons-tours : c’est le castrum de Commarque. Le château devint une commanderie qui après la tragique disparition de l’ordre, passe aux hospitaliers de Saint-Jean de Jérusalem. Ces derniers érigent l’énorme donjon puis vendent la place au baron de Beynac, qui héritent ainsi du pouvoir de décision sur l’érection des tours.

Au fil du temps, les chevaliers de Commarque éprouvèrent le besoin de renforcer leur position. Cette évolution est d’autant plus impérieuse que des voisins plus ou moins puissants ne tardèrent pas à les rejoindre : des familles nobles s’installèrent légèrement en contrebas comme les Gondrix et les Escars, une autre peu en dehors du castrum, la famille de la Chapelle .. Commarque devient donc une coseigneurie. Chaque maison-tour est constituée d’un enclos, d’accès propres et de fossés. Si Commarque est bien une coseigneurie, ses seigneurs ne font pas pour autant preuve de beaucoup de solidarité, témoins les incessants procès qui opposèrent les Beynac et les Commarque.

Au cours du XIVe siècle, les deux lignages majeurs réalisent les premiers remembrements par acquisitions successives. Les Beynac réussissent à constituer une véritable châtellenie autour de Commarque lorsqu’ils reprennent les justices de Marquay et de Sireuil aux Cendrieux et qu’ils imposent leur suzeraineté sur le repaire de Laussel. Les Commarque reprennent les terres et les droits des descendants des autres milites castri, par achat ou par alliance. Dès le milieu du XIVe siècle, l’ensemble de la basse-cour est devenu la maison-noble des Commarque : ils disposent maintenant d’un périmètre défensif excédant largement celui du château des Beynac. Des travaux entrepris entre 1370 et 1380 permettent de rehausser le donjon et la courtine et de faire construire la couronne de mâchicoulis inspirée du Palais des Papes à Avignon.

Pendant la guerre de Cent Ans, les Beynac restent les défenseurs fidèles de la couronne de France. Pons de Beynac bénéficie de nombreux appuis politiques : il est dans la clientèle des Beaufort-Turenne, de la papauté Avignonnaise et du parti d’Anjou. Bataillant pour la France, devenu maître de la quasi totalité du Périgord noir, il épousa Philippa en 1379 qui n’a alors que 12 ans. Elle ne dut pas vivre bien longtemps puisqu’en 1405, Pons se remarie avec Magne de Castelnaud. Par ces deux mariages, il s’est allié aux plus puissants seigneurs de la vallée de la Dordogne : Beynac et Castelnaud.

Le 23 avril 1406, Commarque est investi par les troupes d’Archambaud d’Abzac. Pons et sa famille sont fait prisonniers par les Anglais. Un impôt, ordonné par le roi est levé sur les habitants du Périgord et du Quercy pour payer la rançon demandée. Leur captivité durera six mois. En récompense des services rendus, Pons de Beynac recevra du roi Charles VII, le château de Campagne. Il meurt en 1440. Ses successeurs n’auront pas sa sagesse. Tout au long des XVe et XVIe, ils ravagent et rançonnent les voyageurs. En 1441, les Beynac passent dans la mouvance du comte de Périgord, signe évident de leur déclin.

Pendant les guerres de Religion, les Beynac sont dévoués à la cause de la Réforme aux côtés du célèbre Geoffroy de Vivans, gardien de Castelnaud et de son voisin seigneur de Beynac. À partir de Commarque, qui est sa base d’opération, Geoffroy, baron de Beynac et seigneur de Commarque, lance plusieurs attaques des repaires catholiques des environs et s’empare même furtivement de Sarlat. En 1569, après une rude bataille, le château de Commarque est repris par les catholiques conduits par le Sénéchal et par le Gouverneur du Périgord (c’est sans doute au lendemain de ce siège que s’effondre la salle voûtée).

Craignant de ne pouvoir tenir la place, le roi Charles IX ordonne sa démolition. Mais un Commarque , plaidant sa cause, obtient la révocation de la sentence, et sauve ainsi le château de Commarque.

Dans les années 1500, il semble que le castrum de Commarque commence déjà à être déserté par les familles résidentes. C’est le cas de la branche cadette des Commarque qui quitte le site originel pour élire domicile sur l’autre rive, dans le château de Laussel.

Le site s’endort alors pendant quatre siècles …

Commarque

Dordogne - Château de Commarque et Laussel - Photos: Lankaart (c)
Dordogne - Château de Commarque et Laussel - Photos: Lankaart (c)
Dordogne - Château de Commarque et Laussel - Photos: Lankaart (c)

Dordogne - Château de Commarque et Laussel - Photos: Lankaart (c)

Dordogne - Château de Commarque - Photos: Lankaart (c)
Dordogne - Château de Commarque - Photos: Lankaart (c)
Dordogne - Château de Commarque - Photos: Lankaart (c)
Dordogne - Château de Commarque - Photos: Lankaart (c)
Dordogne - Château de Commarque - Photos: Lankaart (c)
Dordogne - Château de Commarque - Photos: Lankaart (c)
Dordogne - Château de Commarque - Photos: Lankaart (c)

Dordogne - Château de Commarque - Photos: Lankaart (c)

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Rédigé par rafael

Publié dans #GOTHIQUE

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Publié le 29 Août 2018

Ribera - Christ flagellant

Ribera - Christ flagellant

Ribera fut considéré de son vivant comme le premier peintre de Naples, où il s’établit rapidement, et un des plus grands dans cet âge d’or de la peinture européenne que fut le XVIIe siècle, avec ses contemporains, Rembrandt, Rubens, Velázquez, Poussin et Vouet.
La redécouverte de l’oeuvre romaine (1606 ?-1616) du jeune Jusepe de Ribera est l’aspect sans doute le plus fascinant des études menées sur le caravagisme européen. ce tableau du Christ flagellant illustre cette période.

Source: Le Monde

Photos: Lankaart (c)

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Rédigé par rafael

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Publié le 28 Août 2018

Le Brun - Bataille du Granique - Musée du Louvre - Paris - Photos : Lankaart (c)
Le Brun - Bataille du Granique - Musée du Louvre - Paris - Photos : Lankaart (c)

Le Brun - Bataille du Granique - Musée du Louvre - Paris - Photos : Lankaart (c)

Le Brun peintre du roi Louis XIV illustre dans ce tableau la première grande bataille entre Alexandre et les armées perses en 334 av. JC. sur les bords du fleuve Granique.

Le peintre représente la cavalerie macédonienne au moment où elle traverse le fleuve avec à sa tête Alexandre. Bien que son avant-garde soit repoussée sous l'effet meurtrier des flèches adverses, Alexandre choisit de traverser le fleuve et charge l'aile gauche de la cavalerie perse à la tête de ses hétairoï (les Compagnons). Emporté par le courant, il charge à l'endroit où l'aile gauche ennemie rejoint ses lignes centrales. Chargeant avec impétuosité, il affronte un bataillon des Parents du Roi qui se montre tout aussi hardi dans la bataille. Alexandre abat un gendre de Darius d'un coup de lance au visage ; blessé par la suite, il ne doit la vie sauve qu'à l'intervention d'un de ses Compagnons Cleithos qui abat le satrape Spithridatès que l'on voit sur le tableau face à Alexandre.

Source: RR Wikipedia

Illustrations: photos lankaart (c)

Le Brun - Bataille du Granique - Musée du Louvre - Paris - Photo : Lankaart (c)

Le Brun - Bataille du Granique - Musée du Louvre - Paris - Photo : Lankaart (c)

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Rédigé par rafael

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Publié le 27 Août 2018

Dordogne - Les Jardins exotiques de La Roque-Gageac - Photos: Lankaart (c)
Dordogne - Les Jardins exotiques de La Roque-Gageac - Photos: Lankaart (c)
Dordogne - Les Jardins exotiques de La Roque-Gageac - Photos: Lankaart (c)

Dordogne - Les Jardins exotiques de La Roque-Gageac - Photos: Lankaart (c)

En Périgord Noir, au pied d’une falaise exposée plein sud, les maisons dorées aux toits de lauze ou de tuiles brunes se mirent dans les eaux de la Dordogne où passaient, au XIXe siècle, les fameuses gabares chargées de marchandises. Ici les jardins exotiques se marient avec la pierre calcaire des maisons et des falaises offrant un spectacle unique.

Dordogne - Les Jardins exotiques de La Roque-Gageac - Photos: Lankaart (c)
Dordogne - Les Jardins exotiques de La Roque-Gageac - Photos: Lankaart (c)
Dordogne - Les Jardins exotiques de La Roque-Gageac - Photos: Lankaart (c)
Dordogne - Les Jardins exotiques de La Roque-Gageac - Photos: Lankaart (c)
Dordogne - Les Jardins exotiques de La Roque-Gageac - Photos: Lankaart (c)

Dordogne - Les Jardins exotiques de La Roque-Gageac - Photos: Lankaart (c)

Dordogne - Les Jardins exotiques de La Roque-Gageac - Photos: Lankaart (c)
Dordogne - Les Jardins exotiques de La Roque-Gageac - Photos: Lankaart (c)
Dordogne - Les Jardins exotiques de La Roque-Gageac - Photos: Lankaart (c)
Dordogne - Les Jardins exotiques de La Roque-Gageac - Photos: Lankaart (c)
Dordogne - Les Jardins exotiques de La Roque-Gageac - Photos: Lankaart (c)
Dordogne - Les Jardins exotiques de La Roque-Gageac - Photos: Lankaart (c)
Dordogne - Les Jardins exotiques de La Roque-Gageac - Photos: Lankaart (c)
Dordogne - Les Jardins exotiques de La Roque-Gageac - Photos: Lankaart (c)

Dordogne - Les Jardins exotiques de La Roque-Gageac - Photos: Lankaart (c)

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Publié le 26 Août 2018

Franz Stuck - Le gardien du Paradis - The Guardian of Paradise

Franz Stuck - Le gardien du Paradis - The Guardian of Paradise

Franz von Stuck (23 février 1863 - 30 août 1928) est un peintre allemand symboliste et expressionniste. Son style en peinture est basé sur une grande maîtrise de la composition et serait plutôt sculptural que pictural. Ses sujets favoris sont de nature mythologique et allégorique. Toutefois son traitement de sujets classiques est généralement peu conventionnel. Ce très beau portrait du "gardien du Paradis"  illustre bien son talent.

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Rédigé par rafael

Publié dans #SYMBOLISME - NABIS

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Publié le 25 Août 2018

Dali - Marché aux esclaves avec ... (Voltaire)

Dali - Marché aux esclaves avec ... (Voltaire)

Ce tableau de Dali, peint en 1940, interroge sur l’ambiguïté de la pensée insufflée par les lumières au XVIIIe siècles et de l'esclavage pratiqué à une très grande échelle à cette époque.

Plusieurs regards sont possibles, celui de Montesquieu:

" Dans l'Europe des Lumières se lèvent alors des hommes pour dénoncer et combattre l'esclavage. Montesquieu sera l'un d'eux : sa dénonciation de l'esclavage dans les Lettres persanes dès 1721 sera relayée dans l'Esprit des lois en 1748, en particulier dans le livre XV. La révolte des esclaves dans la Jamaïque anglaise ainsi que dans les Guyanes françaises et surtout hollandaises donne un souffle à ce courant de pensée. Elle inspire à Voltaire, dans Candide, l'épisode du nègre de Surinam. À la veille de la Révolution, des sociétés anti-esclavagistes voient le jour, d'abord à Londres, puis à Paris, sous la forme de la société des Amis des Noirs, fréquentée par les esprits éclairés et les révolutionnaires, parmi lesquels on compte, entre autres, Condorcet et Mirabeau. Abrogé par la Convention, en 1794, rétabli sous Napoléon, en 1802, l'esclavage dans les colonies françaises est définitivement aboli, sous la IIe République, grâce à Victor Schoelcher, en 1848. "

BNF, Gallica

On peut aussi lire chez Voltaire des considérations propres à son époque:

"Des différentes races d'hommes. Ce qui est plus intéressant pour nous, c'est la différence sensible des espèces d'hommes qui peuplent les quatre parties connues de notre monde.

Il n'est permis qu'à un aveugle de douter que les blancs, les nègres, les Albinos, les Hottentots, les Lappons, les Chinois, les Américains soient des races entièrement différentes.

Il n'y a point de voyageur instruit qui, en passant par Leyde, n'ait vu une partie du reticulum mucosum d'un Nègre disséqué par le célèbre Ruysch. Tout le reste de cette membrane fut transporté par Pierre-le-Grand dans le cabinet des raretés, à Petersbourg. Cette membrane est noire, et c'est elle qui communique aux Nègres cette noirceur inhérente qu'ils ne perdent que dans les maladies qui peuvent déchirer ce tissu, et permettre à la graisse, échappée de ses cellules, de faire des tâches blanches sous la peau.

Leurs yeux ronds, leur nez épaté, leurs lèvres toujours grosses, leurs oreilles différemment figurées, la laine de leur tête, la mesure même de leur intelligence, mettent entre eux et les autres espèces d'hommes des différences prodigieuses. Et ce qui démontre qu'ils ne doivent point cette différence à leur climat, c'est que des nègres et des négresses transportés dans les pays les plus froids y produisent toujours des animaux de leur espèce, et que les mulâtres ne sont qu'une race bâtarde d'un noir et d'une blanche, ou d'un blanc et d'une noire.

Les Albinos sont, à la vérité, une nation très petite et très rare ; ils habitent au milieu de l'Afrique : leur faiblesse ne leur permet guère de s'écarter des cavernes où ils demeurent ; Cependant les Nègres en attrapent quelquefois, et nous les achetons d'eux par curiosité. Prétendre que ce sont des Nègres nains, dont une espèce de lèpre a blanchi la peau, c'est comme si l'on disait que les noirs eux-mêmes sont des blancs que la lèpre a noircis. Un Albinos ne ressemble pas plus à un Nègre de Guinée qu'à un Anglais ou à un Espagnol. Leur blancheur n'est pas la nôtre : rien d'incarnat, nul mélange de blanc et de brun ; c'est une couleur de linge ou plutôt de cire blanchie ; leurs cheveux, leurs sourcils, sont de la plus belle et de la plus douce soie ; leurs yeux ne ressemblent en rien à ceux des autres hommes, mais ils approchent beaucoup des yeux de perdrix. Ils ressemblent aux Lappons par la taille, à aucune nation par la tête, puisqu'ils ont une autre chevelure, d'autres yeux, d'autres oreilles; et ils n'ont d'homme que la stature du corps, avec la faculté de la parole et de la pensée dans un degré très éloigné du nôtre. Tels sont ceux que j'ai vus et examinés. "  ​​​​​​​

Voltaire,  Essai sur les Mœurs et l'esprit des Nations, 1756.  édition de 1805 (Imprimerie Didot)

Mais aussi dans Candide des propos contre l'esclavage:

" En approchant de la ville, ils rencontrèrent un nègre étendu par terre, n'ayant plus que la moitié de son habit, c'est-à-dire d'un caleçon de toile bleue ; il manquait à ce pauvre homme la jambe gauche et la main droite.

« Eh, mon Dieu ! lui dit Candide en hollandais, que fais-tu là, mon ami, dans l'état horrible où je te vois ?

- J'attends mon maître, monsieur Vanderdendur, le fameux négociant, répondit le nègre.

- Est-ce M. Vanderdendur, dit Candide, qui t'a traité ainsi ?

- Oui, monsieur, dit le nègre, c'est l'usage. On nous donne un caleçon de toile pour tout vêtement deux fois l'année. Quand nous travaillons aux sucreries, et que la meule nous attrape le doigt, on nous coupe la main ; quand nous voulons nous enfuir, on nous coupe la jambe : je me suis trouvé dans les deux cas. C'est à ce prix que vous mangez du sucre en Europe. Cependant, lorsque ma mère me vendit dix écus patagons sur la côte de Guinée, elle me disait : « Mon cher enfant, bénis nos fétiches, adore-les toujours, ils te feront vivre heureux ; tu as l'honneur d'être esclave de nos seigneurs les blancs, et tu fais par là la fortune de ton père et de ta mère ».

Hélas ! je ne sais pas si j'ai fait leur fortune, mais ils n'ont pas fait la mienne. Les chiens, les singes, les perroquets sont mille fois moins malheureux que nous. Les fétiches hollandais qui m'ont converti me disent tous les dimanches que nous sommes tous enfants d'Adam, blancs et noirs. Je ne suis pas généalogiste ; mais si ces prêcheurs disent vrai, nous sommes tous cousins issus de germains. Or vous m'avouerez qu'on ne peut pas en user avec ses parents d'une manière plus horrible.

- Ô Pangloss ! s'écria Candide, tu n'avais pas deviné cette abomination ; c'en est fait, il faudra qu'à la fin je renonce à ton optimisme. - Qu'est-ce qu'optimisme ? disait Cacambo. - Hélas ! dit Candide, c'est la rage de soutenir que tout est bien quand on est mal." Et il versait des larmes en regardant son nègre, et, en pleurant, il entra dans le Surinam."

Candide, Voltaire, 1759.

​​​​​​​Le tableau de Dali illustre parfaitement cette ambiguïté entre la pensée, l'époque, la réalité. 

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Rédigé par rafael

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