Publié le 15 Avril 2011

Pierre Paul Prud'hon La Justice et la Vengeance divine pour

"Voici venir l’aimable Prud’hon, que quelques-uns osent déjà préférer à Corrége ; Prud’hon, cet étonnant mélange, Prud’hon, ce poëte et ce peintre, qui, devant les David, rêvait la couleur ! Ce dessin gras, invisible et sournois, qui serpente sous la couleur, est, surtout si l’on considère l’époque, un légitime sujet d’étonnement. — De longtemps, les artistes n’auront pas l’âme assez bien trempée pour attaquer les jouissances amères de David et de Girodet. Les délicieuses flatteries de Prud’hon seront donc une préparation. "

Charles Baudelaire, Le Musée classique du bazar Bonne-Nouvelle. 1846

 

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Rédigé par rafael

Publié dans #NEO-CLASSICISME

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Publié le 13 Avril 2011

Potsdam Nouveau Palais (2)

 

Le Nouveau Palais (en allemand : Neues Palais) est un palais situé sur le côté ouest du parc royal de Sanssouci à Potsdam. Sa construction a commencé en 1763, après la fin de la guerre de Sept Ans, sous Frédéric le Grand, et s'est achevée en 1769. Il est considéré comme le dernier grand palais baroque prussien.

 

Potsdam Nouveau Palais (3)

 

La construction du palais a commencé à la fin de la guerre de Sept Ans, pour célébrer les succès de la Prusse. La guerre est également connue sous le nom de Troisième Guerre de Silésie, en raison du différend à propos de la Silésie. À travers cette architecture, Frédéric le Grand a cherché à montrer la puissance et la gloire de la Prusse, mais on peut voir une sorte de fanfaronnade dans cet excès de splendeur des marbres, des pierres et des dorures.

 

Le Nouveau Palais n'était pas la résidence principale du roi, mais un lieu de réception de princes royaux et autres dignitaires importants. Sur les plus de 200 pièces, quatre grandes salles et un théâtre étaient disponibles pour les fonctions royales, les bals et les grands événements nationaux. Durant ses séjours au palais, Frédéric occupait une suite d'appartements à l'extrémité sud du bâtiment, composée de deux antichambres, un bureau, une salle de concert, une salle à manger et une chambre à coucher, entre autres.

 

Potsdam Nouveau Palais (6)

 

La réalisation du Nouveau Palais fut confiée à l'architecte Johann Gottfried Büring, assisté de Ludwig Heinrich Manger, qui avait déjà mené avec succès la construction du pavillon chinois et de la galerie de peinture, dans le parc royal de Sanssouci.

 

Suite à des désaccords sur la conception du palais, le chantier fut entièrement confié en 1764 à l'architecte Carl von Gontard. La façade à trois étages commençait déjà à s'élever autour des intérieurs et la construction suivit son cours, avec ses 220 mètres de façades est et ouest. Le centre du palais fut couronné d'un énorme dôme, au sommet duquel furent placées les Trois Grâces soutenant la couronne royale de Prusse. Le dôme n'est pas seulement un décor architectural, il offre aussi un espace libre sous les poutres qui le soutiennent. Les ailes auxiliaires nord et sud sont elles-mêmes couronnées de coupoles surmontées d'aigles dorées. Entre les pilastres, ce qui semble être de la brique est en réalité un effet de peinture, les briques apparentes étant réservées à l'aile royale sud. Le jointoiement des briques au mortier s'étant révélé une tâche ardue et coûteuse, Frédéric avait pris le parti d'enduire la brique de stuc peint, de telle manière que même les touristes d'aujourd'hui s'en trouvent trompés. Le palais et les bâtiments auxiliaires sont ornés de plus de 400 statues et figures en grès, dues à des sculpteurs célèbres, comme Johann Peter Benckert, Matthias Johann Gottlieb Heymüller, les frères Johann David, Johann Lorenz Räntz et d'autres.

 

Potsdam Nouveau Palais

 

Potsdam Nouveau Palais (4)

 

Source:

Nouveau Palais (Potsdam). (2011, janvier 5). Wikipédia, l'encyclopédie libre. Page consultée le 18:09, janvier 15, 2011 à partir de http://fr.wikipedia.org/w/index.php?title=Nouveau_Palais_(Potsdam)&oldid=60965435.

 

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Rédigé par rafael

Publié dans #BAROQUE

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Publié le 12 Avril 2011

Rodin fugit amor

Musée de Rodin, Paris

 

 L'angoisse des êtres se poursuivant sans jamais pouvoir s'étreindre. Le parallélisme des lignes accuse le mouvement de fuite.

 

Rodin fugit amor (2)

 

Rodin fugit amor (3)




Victoria and Albert Museum, Londres Cette sculpture est conçu à partir de l'un des groupes de La Porte de l'Enfer. Rodin a exploré ce sujet pendant plusieurs années, la plus ancienne composision datant d'avant 1886, il a produit plusieurs autres versions. Cette version en marbre a été probablement sculpté par ses assistants sous sa direction, comme c'était la pratique dans son atelier. Le contraste entre la pierre grossièrement taillée dans la roche et la surface lisse des corps indique […]



Le Monument aux Bourgeois de Calais est un groupe statuaire d'Auguste Rodin commandé par la Ville de Calais où a été inauguré le premier exemplaire en bronze en 1895. Le plâtre original achevé en 1889 a été édité en onze autres exemplaires en bronze dans le courant du XXe siècle. L’ultime fonte légale a eu lieu en 1995. De manière définitive, il existe ainsi douze éditions originales en bronze des Bourgeois de Calais. C’est une des œuvres les plus célèbres d'Auguste Rodin. Ce groupe en […]



Musée de l'Orangerie, Paris, 1920-1926 Monet créé à Giverny un étang artificiel, « modèle réduit » de l’univers et source d’inspiration du peintre pendant de nombreuses années. Une grande partie du travail de Monet durant sa vie artistique fut orienté vers la représentation de la lumière et de ses variations, que l’on retrouve dans la série sur la Cathédrale de Rouen ou ses vues de la Tamise à Londres. Ici à Giverny, le spectacle des jeux de la lumière sur l’eau ouvre tout un champ […]

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Rédigé par rafael

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Publié le 12 Avril 2011

Acte 2 , Scène 2

 

Don Rodrigue

À moi, comte, deux mots.

 

Le Comte

Parle.

 

Don Rodrigue

Ôte-moi d'un doute.

Connais-tu bien Don Diègue ?

 

Le Comte

Oui.

 

Don Rodrigue

Parlons bas ; écoute.

Sais-tu que ce vieillard fut la même vertu,

La vaillance et l'honneur de son temps ? le sais-tu ?

 

Le Comte

Peut-être.

 

Don Rodrigue

Cette ardeur que dans les yeux je porte,

Sais-tu que c'est son sang ? le sais-tu ?

 

Le Comte

Que m'importe ?

 

Don Rodrigue

À quatre pas d'ici je te le fais savoir.

 

Le Comte

Jeune présomptueux !

 

Don Rodrigue

Parle sans t'émouvoir.

Je suis jeune, il est vrai ; mais aux âmes bien nées

La valeur n'attend point le nombre des années.

 

Le Comte

Te mesurer à moi ! qui t'a rendu si vain,

Toi qu'on n'a jamais vu les armes à la main !

 

Don Rodrigue

Mes pareils à deux fois ne se font point connaître,

Et pour leurs coups d'essai veulent des coups de maître.

 

Le Comte

Sais-tu bien qui je suis ?

 

Don Rodrigue

Oui ; tout autre que moi

Au seul bruit de ton nom pourrait trembler d'effroi.

Les palmes dont je vois ta tête si couverte

Semblent porter écrit le destin de ma perte.

J'attaque en téméraire un bras toujours vainqueur,

Mais j'aurai trop de force, ayant trop de coeur.

À qui venge son père il n'est rien d'impossible.

Ton bras est invaincu, mais non pas invicible.

 

Le Comte

Ce grand coeur qui paraît aux discours que tu tiens

Par tes yeux, chaque jour, se découvrait aux miens ;

Et croyant voir en toi l'honneur de la Castille,

Mon âme avec plaisir te destinait ma fille.

Je sais ta passion, et suis ravi de voir

Que tous ses mouvements cèdent à ton devoir ;

Qu'ils n'ont point affaibli cette ardeur magnanime ;

Que ta haute vertu répond à mon estime ;

Et que, voulant pour gendre un cavalier parfait,

Je ne me trompais point au choix que j'avais fait.

Mais je sens que pour toi ma pitié s'intéresse ;

J'admire ton courage, et je plains ta jeunesse.

Ne cherche point à faire un coup d'essai fatal ;

Dispense ma valeur d'un combat inégal ;

Trop peu d'honneur pour moi suivrait cette victoire :

À vaincre sans péril, on triomphe sans gloire.

On te croirait toujours abattu sans effort ;

Et j'aurais seulement le regret de ta mort.

 

Don Rodrigue

D'une indigne pitié ton audace est suivie :

Qui m'ose ôter l'honneur craint de m'ôter la vie !

 

Le Comte

Retire-toi d'ici.

 

Don Rodrigue

Marchons sans discourir.

 

Le Comte

Es-tu si las de vivre ?

 

Don Rodrigue

As-tu peur de mourir ?

 

Le Comte

Viens, fais ton devoir, et le fils dégénère

Qui survit un moment à l'honneur de son père

 

Pour en savoir plus: http://fr.wikipedia.org/wiki/Le_Cid_(Corneille)




Les jardins de l'Orangerie à Versailles ont été créé de 1684 à 1686 par Le Nôtre, soit avant les grands travaux du château. Jules Hardouin-Manssart va composer un bâtiment original sous la grande terrasse du château, formé d'une galerie de 155 m. de long dont la façade est orienté au sud pour pouvoir bénéficier au maximum du soleil. La galerie centrale est encadré de deux galeries latérales consruite sous les "escaliers des cent marches", au centre les parterres de l'orangerie forment une […]

 

 

 

 




Staalitche Museum, Berlin Georges de La Tour est un peintre français du XVIIe siècle, connu pour ces peintures en clair-obscur et sa grande maîtrise de la lumière sous toutes ses formes. Mais c'est également un grand peintre réaliste, dont les tableaux sont une fidèle transposition du quotidien parfois dur, des gens du peuple. "Les mangeurs de poids" est un tableau qui illustre parfaitement ce souci d'une recherche de la réalité dans la représentation de la simplicité du quotidien. Et c'est […]

 

 


 

 

 

 

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Rédigé par rafael

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Publié le 11 Avril 2011

jeune homme Adolf von Hildebrand (2)

1884, Galerie nationale, Berlin

 

Sculpteur et théoricien de l'art allemand. Adolf von Hildebrand est sans doute le sculpteur allemand le plus important de la fin du XIXe siècle. Au moment où le goût de ses contemporains restait fidèle à l'esthétique réaliste qui prit corps vers les années 1850 alors que commençait à s'imposer l'art symboliste de Rodin, Hildebrand voulut opérer une réforme de la sculpture ; il la fonda sur les principes d'une théorie néo-classique. Ses œuvres portent néanmoins un indéniable cachet d'originalité. Dans sa première statue importante, Jeune Homme (il applique les principes de son style. Bien que s'inspirant de la statuaire antique, Hildebrand témoigne d'une préoccupation marquée pour une structure formelle qui permet de traduire des sentiments élégiaques et personnels ne rappelant en rien les souvenirs conventionnels.

 

jeune homme Adolf von Hildebrand (3)

 

jeune homme Adolf von Hildebrand

 

Source: http://www.universalis.fr/encyclopedie/adolf-von-hildebrand/

 

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Rédigé par rafael

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Publié le 10 Avril 2011

ARIETTES OUBLIÉES

 

C'est l'extase langoureuse.

C'est la fatigue amoureuse,

C'est tous les frissons des bois

Parmi l'étreinte des brises.

C'est, vers les ramures grises.

Le chœur des petites voix.

 

Ô le frêle et frais murmure

Cela gazouille et susurre,

Cela ressemble au cri doux

Que l'herbe agitée expire..

Tu dirais, sous l'eau qui vire,

Le roulis sourd des cailloux.

 

Cette âme qui se lamente

En cette plainte dormante

C'est la nôtre, n'est-ce pas ?

La mienne, dis, et la tienne,

Dont s'exhale l'humble antienne

Par ce tiède soir, tout bas ?




A Madame X... Paul VERLAINE (1844-1896) En lui envoyant une pensée Au temps où vous m'aimiez (bien sûr ?), Vous m'envoyâtes, fraîche éclose, Une chère petite rose, Frais emblème, message pur. Elle disait en son langage Les " serments du premier amour ", Votre coeur à moi pour toujours Et toutes les choses d'usage. Trois ans sont passés. Nous voilà ! Mais moi j'ai gardé la mémoire De votre rose, et c'est ma gloire De penser encore à cela. Hélas ! si j'ai la souvenance, Je n'ai plus la fleur, […]



Horus Le dieu Kneph en tremblant ébranlait l'univers Isis, la mère, alors se leva sur sa couche, Fit un geste de haine à son époux farouche, Et l'ardeur d'autrefois brilla dans ses yeux verts. " Le voyez-vous, dit-elle, il meurt, ce vieux pervers, Tous les frimas du monde ont passé par sa bouche, Attachez son pied tors, éteignez son oeil louche, C'est le dieu des volcans et le roi des hivers ! " L'aigle a déjà passé, l'esprit nouveau m'appelle, J'ai revêtu pour lui la robe de Cybèle... […]



The La Jolla Symphony performs Tchaikovsky's orchestral masterpiece Piotr Ilitch Tchaïkovski est un compositeur russe en 1840 à Votkinsk et mort en 1893 à Saint-Pétersbourg. Il fut, avec Moussorgski et Rimski-Korsakov, l’un des plus grands compositeurs russes de la seconde moitié du XIXe siècle. Tchaïkovski était un compositeur éclectique. Son œuvre, d’une inspiration plus occidentale que celle de ses contemporains, incorpore en effet des éléments internationaux, mais ceux-ci sont […]

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Rédigé par rafael

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Publié le 10 Avril 2011

 

delacroix dante et virgile aux enfers

 Musée du Louvre, 1822

 

"Aucun tableau ne révèle mieux à mon avis l’avenir d’un grand peintre, que celui de M. Delacroix, représentant le Dante et Virgile aux enfers. C’est là surtout qu’on peut remarquer ce jet de talent, cet élan de la supériorité naissante qui ranime les espérances un peu découragées par le mérite trop modéré de tout le reste.

 

Le Dante et Virgile, conduits par Caron, traversent le fleuve infernal et fendent avec peine la foule qui se presse autour de la barque pour y pénétrer. Le Dante, supposé vivant, a l’horrible teinte des lieux ; Virgile, couronné d’un sombre laurier, a les couleurs de la mort. Les malheureux condamnés éternellement à désirer la rive opposée, s’attachent à la barque. L’un la saisit en vain, et, renversé par son mouvement trop rapide, est replongé dans les eaux ; un autre l’embrasse et repousse avec les pieds ceux qui veulent aborder comme lui ; deux autres serrent avec les dents le bois qui leur échappe. Il y a là l’égoïsme de la détresse et le désespoir de l’enfer. Dans ce sujet, si voisin de l’exagération, on trouve cependant une sévérité de goût, une convenance locale en quelque sorte, qui relève le dessin, auquel des juges sévères, mais peu avisés ici, pourraient reprocher de manquer de noblesse. Le pinceau est large et ferme, la couleur simple et vigoureuse, quoique un peu crue.

 

L’auteur a, outre cette imagination poétique qui est commune au peintre comme à l’écrivain, cette imagination de l’art, qu’on pourrait appeler en quelque sorte l’imagination du dessin, et qui est tout autre que la précédente. Il jette ses figures, les groupe et les plie à volonté avec la hardiesse de Michel-Ange et la fécondité de Rubens. Je ne sais quel souvenir des grands artistes me saisit à l’aspect de ce tableau ; je retrouve cette puissance sauvage, ardente, mais naturelle, qui cède sans effort à son propre entraînement. . . . . .

 

"Je ne crois pas m’y tromper, M. Delacroix a reçu le génie ; qu’il avance avec assurance, qu’il se livre aux immenses travaux, condition indispensable du talent ; et ce qui doit lui donner plus de confiance encore, c’est que l’opinion que j’exprime ici sur son compte est celle de l’un des grands maîtres de l’école."

 

Adolphe Thiers, 1822.

 

 

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Rédigé par rafael

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Publié le 8 Avril 2011

 

 

 

"La tâche que je me suis donnée exige quelque courage et plus de désintéressement qu’on ne pense. Il me sera désormais prouvé qu’il ne faut point heurter de front l’armée compacte des dupes littéraires, et que c’est une aventure dangereuse que de troubler, dans les mares stagnantes, la quiétude des grenouilles, jeunes et vieilles. A vrai dire, peu m’importait, et j’eusse mieux fait de garder le silence ; mais ce qui est commencé sera achevé. Me voici débarrassé, non sans peine, des renommées populaires et des gloires admises dans les institutions de petites filles. Je suis entré, par l’hommage rendu au génie de Victor Hugo, dans le monde des vrais poètes, et je n’en sortirai plus. Quant aux insultes imbéciles qui se sont soulevées autour de moi comme une infecte poussière, elles n’ont fait que saturer de dégoût la profondeur tranquille de mon mépris. Cela dit une fois pour toutes, j’aborde l’œuvre poétique d’Alfred de Vigny.

 

S’il n’existe qu’un seul moyen de conquérir la sympathie générale, il en est plusieurs de rester ignoré de la foule. On atteint aisément, avec une certitude mathématique, ce but peu envié, en se gardant de flatter jamais les goûts grossiers et les caprices du jour, de complaire aux vanités stériles et de feindre pour le jugement du public un respect dérisoire. Or, il n’y a de respectable, en fait de poésie, que le Beau, et ce qu’on nomme le public n’a point qualité pour en juger. Il ne mérite ni respect ni dédain, n’ayant point de droits à exercer, mais un devoir strict à remplir, qui est d’écouter et de comprendre. Comme le labeur intellectuel lui est odieux et qu’il n’est avide que de distractions rapides et superficielles, toute conception supérieure lui reste inaccessible. Cela est ainsi et s’est toujours produit. Il en résulte qu’Alfred de Vigny, particulièrement, est inconnu au plus grand nombre.

 

La nature de ce rare talent le circonscrit dans une sphère chastement lumineuse et hantée par une élite spirituelle très restreinte, non de disciples, mais d’admirateurs persuadés. C’est ce qu’un critique célèbre qui, lui aussi, a été un poète autrefois, entendait par la tour d’ivoire où vivait l’auteur d’Eloa. De ce sanctuaire sont sortis, avec une discrétion un peu hautaine à laquelle j’applaudis, ces poèmes d’une beauté pâle et pure, toujours élevés, graves et polis comme l’homme lui-même, et qui ne se sont empreints d’une amertume et d’un trouble contenus que dans les Destinées. Il ne faut pas demander sans doute à ces belles inspirations les grands aspects de mouvement et de couleur qui sont la marque des génies profonds et virils par excellence, ni même la certitude constante de la langue, la solidité du vers et la précision vigoureuse de l’image. Ce sont là des vertus d’art souvent refusées au poète ; mais celles qui lui sont propres et qui ne lui font jamais défaut, l’élévation, la candeur généreuse, la dignité de soi-même et le dévouement religieux à l’art, suffisent à l’immortalité de son nom. Entre le grand prêtre qui sacrifie au maître-autel et l’orateur sacré dont l’éloquence véhémente alterne avec les plaintes majestueuses de l’orgue, il y a place, au fond du chœur réservé, pour la voix solitaire qui chante l’hymne mystique.

 

Le recueil des Poèmes antiques et modernes et celui des Destinées forment l’œuvre spécial d’Alfred de Vigny. En lui, le romancier, le moraliste et l’écrivain dramatique n’ont guère été que les échos affaiblis du poète, plus rapprochés de la foule, très remarquables sans doute, mais que je n’ai point à examiner. Moïse, Eloa, le Déluge, la Colère de Samson, la Mort du Loup, sont d’un ordre incontestablement supérieur à la prose du maître, quelque belle et sympathique qu’elle soit, non qu’il n’y ait ici peut-être une plus grande liberté d’allure, mais parce que la langue rhythmée, bien que moins assurée, appelle un sentiment plus exquis des choses et s’en empreint forcément. Le poème de Moïse, écrit en 1822, est un précurseur admirable déjà de la Renaissance moderne, par la largeur de la composition autant que par l’abandon complet des formes surannées.

 

C’est une étude de l’âme dans une situation donnée, il faut l’avouer, plutôt qu’une page vraie, intuitivement reconstruite, de l’époque légendaire à laquelle appartient la figure de Moïse ; mais nous sommes encore, sur ce point, en présence de deux théories esthétiques opposées, entre lesquelles, pour cause personnelle, il ne m’appartient pas de décider ici. L’une veut que le poète n’emprunte à l’histoire ou à la légende que des cadres plus intéressants en eux-mêmes, où il développera les passions et les espérances de son temps. C’est ce que fait Victor Hugo dans la Légende des Siècles. L’autre, au contraire, exige que le créateur se transporte tout entier à l’époque choisie et y revive exclusivement. À ce dernier point de vue, rien ne rappelle dans le Moise du poète le chef sacerdotal et autocratique de six cent mille nomades féroces errant dans le désert de Sinaï, convaincu de la sainteté de sa mission et de la légitimité des implacables châtiments qu’il inflige. La mélancolie du prophète et son attendrissement sur lui-même ne rappellent pas l’homme qui fait égorger en un seul jour vingt-quatre mille Israélites par la tribu de Lévi. La création du poète est donc toute moderne sous un nom historique ou légendaire, et, par suite, elle est factice ; mais elle est humaine aussi, puisque rien n’est humain qui n’appartienne au dix-neuvième siècle, disent les personnes autorisées en matière de critique. Peu importe, après tout, si les vers sont beaux, et ils sont parfois magnifiques.

 

La gloire d’Alfred de Vigny est communément attachée au poème d’Eloa. On sait l’histoire mystique conçue par le poète. Eloa est une Ange née d’une larme du Christ. Les confidences mystérieuses et inachevées qui lui sont faites sur la chute et l’exil éternel du plus puissant des Archanges l’émeuvent d’une immense pitié. Elle va chercher, au fond des sphères inférieures, Celui qui souffre et qu’elle veut consoler, et qui l’entraîne dans l’abîme. Cette conception est très indécise ; l’exécution en est d’une élégance un peu molle et onctueuse. Eloa rappelle de trop près certaines vignettes britanniques, et Satan joue, dans cette aventure céleste, un des rôles familiers à Don Juan. Une sorte de vapeur rose et lactée enveloppe, du premier vers au dernier, les péripéties gracieuses du poème, car la grâce perpétuelle est partout ; elle s’exhale de l’idée primitive, se répand sur le Tentateur lui-même, et ne l’abandonne point quand il se révèle tout entier à sa victime. Il était indispensable cependant de donner à cette conception flottante une armature de vigueur et de passion contenues. L’esprit se noie dans l’adorable monotonie de ces vers, charmants sans doute, mais d’un charme un peu fade. Ici l’extrême bienveillance et l’exquise politesse de l’homme ont nui au poète. Moïse est de beaucoup supérieur à Eloa.

 

On retrouve dans le Déluge la plupart des nobles qualités de ce premier poème et quelques-unes des faiblesses du second. Il ne faut pas relire Caïn et Ciel et Terre après les mystères bibliques d’Alfred de Vigny. La profondeur, l’éloquence, la passion, des élans lyriques d’une beauté suprême éclatent à chaque page du poète anglais, tandis qu’une incurable élégance énerve bien souvent les créations du poète français ; car il est visible que la timidité de l’expression ne rend pas, très fréquemment, la virilité de la pensée. On sent que l’artiste n’est point le maître despotique de son instrument. C’est la même main cependant qui avait écrit la Dryade et Symétha, deux idylles qui, par la facture savante du vers et par la composition générale, se rapprochent beaucoup des études antiques de Chénier, mais dont le sentiment est tout moderne, comme d’habitude. La Dryade, quoi qu’en dise l’auteur, ne rappelle en aucune façon Théocrite. En fait de tendresse et de mélancolie, le poète syracusain ne saurait lutter contre Alfred de Vigny ; il est rude et passionné ; ses paysages sont des études de nature vigoureuses et vraies, et quand il touche aux choses épiques, c’est avec une force et une hauteur peu communes. L’auteur de la Dryade et de Symétha, dont il faut reconnaître tout d’abord l’habileté rhythmique, serait plutôt un Florian sublime qui atteint presque Chénier et procède de Virgile, mais non de Théocrite.

 

Des trois livres qui composent ce premier recueil, le Livre mystique est le plus remarquable, sans contredit. Je me refuse absolument à comprendre le titre général donné aux cinq morceaux qui suivent. L’Antiquité homérique n’a rien de commun avec la Dryade, Symétha, la Somnambule et le Bain d’une Dame romaine. En admettant que le sentiment humain, c’est-à-dire moderne, doive prédominer sans cesse, à quoi bon se mettre sous l’invocation d’Homère, ici plutôt qu’ailleurs ? Je l’ignore et renonce à le deviner jamais. C’est un pur caprice sans raison d’être. Alfred de Vigny, semblable en ceci au plus grand nombre des poètes contemporains, n’avait aucun sens intuitif du caractère particulier des diverses antiquités. Il ne lui était pas donné de dégager nettement l’artiste de l’homme, et de se pénétrer à son gré des sentiments et des passions propres aux époques et aux races disparues. Si poète veut dire créateur, celui-là seul est un vrai poète qui donne à ses créations la diversité multiple de la vie, et devient, selon qu’il le veut, une Force impersonnelle. Shakspeare était ainsi. Qu’on veuille bien ne pas se hâter de conclure de ce qui précède que je nie l’arc individuel, la poésie intime et cordiale. Je ne nie rien, très dissemblable à la multitude de ceux qui s’enferment en eux-mêmes et se confèrent la dignité de microcosme.

 

L’auteur d’Eloa, après de longues années de silence, nous a laissé le recueil posthume des Destinées. Ces dernières compositions révèlent, dans leur ensemble, un affaiblissement notable, une décoloration marquée de ce beau talent, si pur et si élevé ; mais on y rencontre deux poèmes superbes, les plus saisissants qui soient tombés d’une âme noble et généreuse, secrètement blessée de l’inévitable impopularité qui s’attache, en France, à toute aristocratie intellectuelle. La Mort du Loup est un cri de douleur autrement fier et viril que les lamentations élégiaques acclamées parla foule contemporaine, et la Colère de Samson est une pièce sans égale dans l’œuvre du poète. C’est très beau et très complet. De tels vers rendent plus vifs, par l’admiration qu’ils inspirent, les regrets dont nous saluons la mémoire respectée d’Alfred de Vigny. Ceux de ses jeunes confrères qui ont eu l’honneur de le connaître n’oublieront jamais ni sa bienveillance charmante et inépuisable, ni son amour sans bornes de la Poésie, cette vertu d’heure en heure plus dédaignée.

 

Il faut, enfin, estimer pleine et heureuse la destinée d’un homme riche de facultés exquises, qui a vécu dans une retraite studieuse et volontaire, absorbé par la contemplation des choses impérissables, et qui s’est endormi fidèle à la religion du Beau. Son nom et son œuvre n’auront point de retentissement vulgaire, mais ils survivront parmi cette élite future d’esprits fraternels qui auraient aimé l’homme et qui consacreront la gloire sans tache de l’artiste."

 

Leconte de Lisle, Derniers Poèmes, Alphonse Lemerre, éditeur, 1895

 

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Rédigé par rafael

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Publié le 7 Avril 2011

Cathedrale de Bayeux (3)

 

La cathédrale Notre-Dame de Bayeux est l'un des chefs-d'œuvre de l'architecture romane et gothique normande. Située à l'emplacement présumé du forum de la cité gallo-romaine d'Augustodurum et remplaçant un édifice d'époque mérovingienne, l'actuelle cathédrale a été consacrée le 14 juillet 1077 et fait partie intégrante d'un ensemble épiscopal remarquablement préservé. C'est pour elle que fut réalisée la célèbre Tapisserie de Bayeux.

 

Cathedrale de Bayeux

 

Le chantier gothique débute par les bas-côtés de la nef vers 1180 dans un style directement emprunté à l'Ile de France. Les murs extérieurs sont éliminés un siècle plus tard pour l'édification progressive des chapelles latérales (vers 1280-1350). Le chœur gothique réédifié vers 1230 est remarquable pour ses éléments typiquement normands : arcs brisés très aigus, profusion des colonnes et colonnettes, richesse du décor constitué de médaillons, rosaces ou quadrilobes ajourés dans les écoinçons,un vaste triforium remplaçant les tribunes au détriment des fenêtres hautes. Vers 1245-1255 on assiste à la reprise des parties hautes de la nef, dans un parti-pris différent avec suppression du triforium au bénéfice de vastes baies. Enfin, vers 1260 et 1280 est entrepris la recomposition du transept.

 

Le chantier gothique ne se limite pas aux espaces intérieurs de la cathédrale comme le prouve son aspect extérieur notamment sa façade occidentale, le portail du transept sud dit "du doyen" et naturellement sa tour centrale.

 

Jouxtant l'édifice sur son flanc nord, se déploie un espace dévolu au clergé de la cathédrale, au centre duquel s'élève la bibliothèque du chapitre, édifice du milieu du XVe siècle qui rassemble encore de nos jours nombre d'ouvrages précieux dans un étonnant aménagement néogothique datant d'époque restauration.

 

Cathedrale de Bayeux (2)

Source: Cathédrale Notre-Dame de Bayeux. (2010, décembre 27). Wikipédia, l'encyclopédie libre. Page consultée le 22:54, janvier 12, 2011 à partir de http://fr.wikipedia.org/w/index.php?title=Cath%C3%A9drale_Notre-Dame_de_Bayeux&oldid=60606047.

 
 

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Rédigé par rafael

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Publié le 6 Avril 2011

 

"Venise n'est plus la porte de l'Orient et c'est ce que dans son souci de vérité nous apprend Claude Monet. Il a peint les aspects brumeux de la cité des canaux et cette nouvelle technique pleine de réserve et presque terne du maître impressionniste surprendra quelque peu ceux qui s'étaient accoutumés à sa palette si riche en couleurs et ceux qui dans le public ne voient dans Venise qu'une ville où tout est bariolé jusqu'au ciel lui-même. Jusqu'ici Venise fut pour les peintres une sorte de mirage dont la fée Morgane suscitait les vives teintes au-dessus de l'Adriatique. Claude Monet a dissipé ce prestige, mais la Venise nouvelle qu'exalte son art véridique, si elle paraît moins lointaine, n'est pas moins belle que cette cité aux couleurs d'arc-en-ciel que l'on croyait avoir vue."

 

Guillaume Apollinaire, L'intransigeant, 1912

 

 

 




Musée de l'Orangerie, Paris, 1920-1926 Monet créé à Giverny un étang artificiel, « modèle réduit » de l’univers et source d’inspiration du peintre pendant de nombreuses années. Une grande partie du travail de Monet durant sa vie artistique fut orienté vers la représentation de la lumière et de ses variations, que l’on retrouve dans la série sur la Cathédrale de Rouen ou ses vues de la Tamise à Londres. Ici à Giverny, le spectacle des jeux de la lumière sur l’eau ouvre tout un champ […]



La célèbre série de Monet consacrée à la Cathédrale de Rouen sous différentes lumières fut effectuée en 1893 depuis la fenêtre du 2ième étage d'une boutique en face de la cathédrale. Il fit 18 vues frontales. Changeant de canevas selon la lumière, Monet suivait les heures de la journée, depuis le petit matin avec la façade en bleu ombré de brouillard, à l'après-midi , quand le soleil disparaissant derrière les constructions de la ville, transformait l'oeuvre de pierre érodée par le temps en […]



National Gallery of art Washington. Magnifique expression de la maestria du maître: évocation sans égale d'une Venise éternelle. Francesco Guardi (1712-1793) eut une place particulière dans l'art pictural au XVIIIe siècle à Venise, sous la protection de la famille Giovannelli. Il reste l'un des grands peintre du mouvement rococo. Francesco Guardi - Venise vue sur le Grand Canal Francesco Guardi (1712-1793) est l'un des peintre les plus célèbres du XVIIIe siècle vénitien. Héritier d'une […]

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Rédigé par rafael

Publié dans #NATURALISME et IMPRESSIONISME

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