Publié le 25 Avril 2011

java bouddha borobudur

Victoria and Albert Museum Londres (c) Lankaart

 

Le temple de Borobudur, en indonésien Candi Borobudur, est une importante construction bouddhiste mahāyāna, construite aux VIIIe et IXe siècles à l’époque de la dynastie Sailendra dans le centre de l’île de Java en Indonésie. Borobudur est le plus grand monument bouddhiste au monde. Le site, construit aux alentours de l’an 800, semble avoir été abandonné vers l’an 1100.

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Rédigé par rafael

Publié dans #BOUDDHISME CLASSIQUE

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Publié le 24 Avril 2011

Clamp (5)

 

CLAMP est une équipe féminine de mangaka. Leurs mangas sont en général des shōjo manga, mais elles se sont plus récemment essayées au seinen et au shōnen publiés entre autres dans Young Magazine au Japon.

 

À la fin des années 1980, une dizaine de copines, inscrites au même cours de dessin, décident de lancer leur propre studio. Enchaînant d'abord les dōjinshi et autres histoires courtes, elles finissent par créer leurs propres histoires en 1989 avec Derayd - Moon of boundary balance, un manga fantastique inspiré d'une œuvre de science-fiction télévisuelle dessinée par Akimaya Tamayo, assistée de Mokona, Nekoi Tsubaki, Nanao Sei, Igarashi Satsuki et Sei Leeza.

 

À la charnière des années 1990, Mokona élabore le concept de la future œuvre culte Tōkyō Babylon et s'affirme comme la dessinatrice principale du groupe. Si certains membres s'affirment, il en est autrement pour certains autres assistants. De 7 membres durant RG Veda, le groupe passe à 4, et c'est le studio CLAMP tel qu'on le connaît aujourd'hui.

 

Si Mokona occupe une place privilégiée dans le groupe, Nekoi Tsubaki a également un rôle important. Elle était auparavant directrice artistique et responsable des décors, avant d'avoir l'opportunité de dessiner entièrement les œuvres les plus récentes du studio.

 

Ce studio a réalisé certaines des œuvres les plus populaires des mangas des années 1990 et donne dans tous les genres, que ce soit manga pour enfants, jeunes filles, adolescents et même adultes. Bien que les genres se diversifient, de la simple romance à la fantasy coréenne et chinoise en passant par la critique sociale, leurs thématiques restent centrées sur le développement des personnages de façon constante.

 

ClampClamp (2)
Clamp (3)Clamp (4)

 

Source: http://fr.wikipedia.org/wiki/CLAMP

 

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Rédigé par rafael

Publié dans #ARTS GRAPHIQUES BD XXe et XXIe

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Publié le 23 Avril 2011

 

 

Espagne-Cathedrale-de-Seville---3-.jpg

 

"Les pagodes hindoues les plus effrénées et les plus monstrueusement prodigieuses n’approchent pas de la cathédrale de Séville. C’est une montagne creuse, une vallée renversée ; Notre-Dame de Paris se promènerait la tête haute dans la nef du milieu, qui est d’une élévation épouvantable ; des piliers gros comme des tours, et qui paraissent frêles à faire frémir, s’élancent du sol ou retombent des voûtes comme les stalactites d’une grotte de géans. Les quatre nefs latérales, quoique moins hautes, pourraient abriter des églises avec leur clocher. Le retablo, ou maître-autel, avec ses escaliers, ses superpositions d’architectures, ses files de statues entassées par étage, est à lui seul un édifice immense : il monte presque jusqu’à la voûte. Le cierge pascal, grand comme un mât de vaisseau, pèse deux mille cinquante livres. Le chandelier de bronze qui le supporte est une espèce de colonne de la place Vendôme ; il est copié sur le chandelier du temple de Jérusalem, ainsi qu’on le voit figuré sur les bas-reliefs de l’arc de Titus ; tout est dans cette proportion grandiose. Il se brûle par an dans la cathédrale vingt mille livres de cire et autant d’huile ; le vin qui sert à la consommation da saint sacrifice s’élève à la quantité effrayante de dix-huit mille sept cent cinquante litres. Il est vrai que l’on dit chaque jour cinq cents messes aux quatre-vingts autels !

 

Espagne-Cathedrale-de-Seville-.jpg

 

Le catafalque qui sert pendant la semaine sainte, et qu’on appelle le monument, a près de cent pieds de haut. Les orgues, d’une proportion gigantesque, ont l’air des colonnades basaltiques de la caverne de Fingal, et pourtant les ouragans et les tonnerres qui s’échappent de leurs tuyaux, gros comme des canons de siége, semblent des murmures mélodieux, des gazouillemens d’oiseaux et de séraphins sous ces ogives colossales. On compte quatre-vingt-trois fenêtres à vitraux de couleur peints d’après des cartons, de Michel-Ange, de Raphaël, de Dürer, de Pérégrino, de Tibaldi et de Lucas Cambiaso ; les plus anciens et les plus beaux ont été exécutés par Arnold de Flandre, célèbre peintre verrier. Les derniers, qui datent de 1819, montrent combien l’art a dégénéré depuis ce glorieux XVIe siècle, époque climatérique du monde, où la plante-homme a porté ses plus belles fleurs et ses fruits les plus savoureux. Le chceur, de style gothique, est enjolivé de tourelles, de flèches, de niches découpées à jour, de figurines, de feuillages, immense et minutieux travail qui confond l’imagination et ne peut plus se comprendre de nos jours. L’on reste vraiment attéré en présence de pareilles œuvres, et l’on se demande avec inquiétude si la vitalité se retire chaque siècle du monde vieillissant. Ce prodige de talent, de patience et de génie, porte du moins le nom de son auteur, et l’admiration trouve sur qui se fixer. Sur l’un des panneaux du côté de l’Évangile est tracée cette inscription : Este coro fizo Nufro Sanchez entallador que Dios haya año de 1475.-Nufro Sanchez, sculpteur, que Dieu ait en sa garde, fit ce chœur en 1475."

 

Andalousie.- Cordoue, Séville

Théophile Gautier

 

Revue des Deux Mondes

4ème série, tome 32, 1842

 

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Rédigé par rafael

Publié dans #GOTHIQUE

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Publié le 22 Avril 2011

tosa mitsuyoshi 'Genji Monogatari'

 

L'école Tosa était spécialisée dans les petits formats, comme les rouleaux et les illustrations de livres. Elle a été fondée par Tosa Yukihiro (1406-34) au début du XVe siècle. Elle succéda à l'école Kose à la tête du e-dokoro à partir du XVe siècle et sera donc en quelque sorte l'école de peinture officielle de la cour impériale et de la noblesse.

 

Le père de Yukihiro, Yukimitsu, était lui-même un peintre, mais ne portait pas le nom de Tosa, plutôt celui de Fujiwara. Et si ces peintres fondateurs étaient en fait assez conservateurs, quelques-uns de leurs successeurs, comme Mitsunobu et Mitsuoki, seront fort estimés de la cour impériale.

 

Mitsunobu aura son fils Mitsumochi comme successeur (1496-ca.1559). Puis vinrent Mitsumoto (1530-69) et Mitsuyoshi (1539-1613), le fils de Mitsumochi. Malheureusement, les troubles sociaux du XVIe siècle rendront la vie difficile aux peintres de l'école Tosa. Déjà Mitsumochi s'éloignera du style Tosa traditionel pour se specialiser dans les peintures d'oiseaux et de fleurs. Mitsumoto sera tué dans une bataille. Et quand à lui, Mitsuyoshi quittera la capitale pour s'installer à Sakai, une ville commerçante près de Osaka, où il travaillera pour la classe marchande.

 

tosa mitsuyoshi The Royal Outing (3)

 

Finalement, le fils de Mitsuyoshi, Mitsunori (1583-1638) vivant et travaillant toujours à Sakai, déménagea à Edo en 1634, avec son fils ainé, Mitsuoki (1617-91) et peignit pour la cour du shogun. Vingt ans plus tard, en 1654, Mitsuoki deviendra le directeur du bureau imperial de peinture, restorant ainsi le prestige de sa famille. Mitsuoki aussi renouvellera le style Tosa en y introduisant des éléments de peinture chinoise. Il est fameux pour ses peintures de cailles. Il peignit parfois en équipe avec son fils Mitsunari (1646-1710). Ses successeurs seront à la tête du bureau de peinture jusqu'à la fin de l'ère Edo, mais n'imiteront plus que le style de Mitsuoki.

 

Le style Tosa est caractérisé par une composition plate et décorative, de fines lignes, une grande attention portée aux details et de brillantes couleurs. On y utilise les fonds or et les brumes ou nuages qui lient les différentes parties d'une image. Il y a un lien important entre cette école et l'art bouddhiste, les temples ayant parfois leur propre e-dokoro oeuvrant dans le style Tosa. Se retrouvent donc à la cour et au temple, les couleurs vives et les feuilles d'or, nécessaires dans un environnement peu illuminé. Les sujets varient, mais la technique demeure.

 

tosa mitsuyoshi The Royal Outing (4)

 

tosa mitsuyoshi The Royal Outing (5)

 

tosa mitsuyoshi The Royal Outing (6)

 

tosa mitsuyoshi The Royal Outing

 

tosa mitsuyoshi The Royal Outing (2)

 

Source: http://www.nihonwa.freeservers.com/art_tosa.html

 




Towaraya Sotatsu est un peintre japonais du XVIIe siècle, mort en 1643. Son remarquable talent de dessinateur et de coloriste l’amena à reprendre des thèmes des rouleaux enluminés de l’époque Heian pour les reporter sur de grandes compositions décoratives à fonds d’or, dont de très beaux paravents. Sa production dénote une préciosité particulièrement poussée, créant un univers entre la peinture et la décoration.


Britisch Museum, Londres Le Bugaku est un art de plein air en provenance de Chine, cette dans date du VIIIe siècle et est réglée par des principes strictes. Empreintes d’une grande solennité le Bugaku existe sous deux formes, l’une d’origine chinoise caractérisée par la lenteur des mouvements et des costumes somptueux, l’autre d’origine coréenne plus légère. Ces danses étaient pratiquées par l’aristocratie et était exécuté sur une estrade. Ils existent plus d’une soixantaine d’œuvre connu […]


Utamaro Narihira's Journey to th East, British Museum Londres Utamaro (1754/1806) est l'un des grands peintres japonais des XVIII et XIXe siècles qui voient l'estampes japonaise prendre une liberté avec la tradition qui lui ouvre de nouvelles perspectives. Ses thèmes de prédilections seront les courtisanes, leurs lieux de plaisirs et les scènes de la vie quotidienne. Observateur de la société qui l'entoure il sait rendre avec beaucoup de talent la sensibilité et le charme féminin. Le […]

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Rédigé par rafael

Publié dans #JAPON

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Publié le 21 Avril 2011

Milet porte du marché (6)

  (c) Lankaart

 

Les premières fouilles dans Milet ont été menées par l'archéologue Français Olivier Rayet, en 1873, suivie par l'archéologue Allemand Theodor Wiegand de 1899 jusqu'à 1914. Ce dernier a révélé une grande partie de la cité portuaire et des monuments hellénistiques. Un remarquable témoignage de l'architecture héllénistique  récupéré dans la ville pendant les premières fouilles du 19e siècle, la porte du marché de Milet, a été transporté pièce par pièce en Allemagne et remonté. Elle est actuellement exposée au musée Pergame de Berlin.

 

Milet porte du marché (5)Millet porte du marché (7)

  (c) Lankaart

 

 Histoire:

 

Milet est une ancienne cité grecque ionienne, pourvue d'un bon port, sur la côte d'Asie Mineure. Le site archéologique est situé à quelques kilomètres au nord de l'agglomération de Balat, qui a été une des capitales du beylicat de Menteşe au XIVe siècle. Le site de Milet est actuellement à plus de 5 km à l'intérieur des terres à cause du comblement de la baie par les alluvions apportés par le Méandre.

  

Au cours des VIIe et VIe siècles av. J.-C., Milet, qui passe pour avoir été à son origine une colonie crétoise, fonda elle-même de nombreuses colonies sur la mer Noire, comme Phaisis, et fut une importante puissance maritime. Elle connut un grand éclat à la fin du VIIe siècle av. J.-C. sous la tyrannie de Thrasybule, mais, après l'expulsion du tyran, elle souffrit de violents conflits internes, finalement arrêtés par des arbitres de Paros qui remirent le pouvoir aux mains des propriétaires terriens.

 

Milet fut prise après un siège et incendiée par les Perses en 494 av. J.-C.. Ses habitants furent déportés à Suse, la capitale perse. La reconstruction eut lieu après la victoire hellène contre les Perses au cap Mycale en 479 av. J.-C. Les travaux sont traditionnellement attribués à Hippodamos dit de Milet. La ville fut élaborée avec un plan d'urbanisme très strict, quadrillant la ville en îlots carrés, insulae. Il était également prévu des lieux d'implantation pour les bâtiments publics. Ce modèle d'urbanisme, dit tracé hippodamien, fut ensuite repris par de nombreuses cités et colonies et inspira le modèle d'urbanisme utilisé par les Romains.

  

En même temps, Milet entra dans la ligue de Délos mais elle se révolta contre Athènes en 412. Parmi les Milésiens célèbres de l'époque, on compte Aspasie, la maîtresse de Périclès, Hippodamos, le concepteur du Pirée et le poète Timothée. Au IVe siècle av. J.-C., Milet passa sous le contrôle de Mausole. En 334 av. J.-C., elle fut prise par Alexandre le Grand.

  

C'était une cité renommée pour ses confections et le centre d'une industrie de la laine ; la laine de Milet était considérée dans l'Antiquité comme la meilleure du monde. L'une des gloires de la cité ionienne est d'avoir fondé de nombreuses colonies dont la Byzance grecque.

 

 Source: http://fr.wikipedia.org/wiki/Milet

 

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Rédigé par rafael

Publié dans #GRECE ANTIQUITE

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Publié le 20 Avril 2011

Espagne-Cordoue-mosquee--2-.jpg

 

 

" Ce fut le calife Abderrahman 1er qui jeta les fondemens de la mosquée de Cordoue vers la fin du VIIIe siècle ; les travaux furent menés avec une telle activité, que la construction était terminée au commencement du IXe : vingt-un ans suffirent pour achever ce gigantesque édifice ! Quand on songe qu’il y a mille ans, une œuvre si admirable et de proportions si colossales était exécutée, en si peu de temps, par un peuple tombé depuis dans la plus sauvage barbarie, l’esprit s’étonne et se refuse à croire aux prétendues doctrines de progrès qui ont cours aujourd’hui ; l’on se sent même tenté de se ranger à l’opinion contraire lorsqu’on visite des contrées occupées jadis par des civilisations disparues. J’ai toujours beaucoup regretté, pour ma part, que les Mores ne soient pas restés maîtres de l’Espagne, qui certainement n’a fait que perdre à leur expulsion. Sous leur domination, s’il faut en croire les exagérations populaires, si gravement recueillies par les historiens, Cordoue comptait deux cent mille maisons, quatre-vingt mille palais et neuf cents bains ; douze mille villages lui servaient comme de faubourgs. Maintenant elle n’a pas quarante mille habitans, et paraît presque déserte.

 

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Abderrahman voulait faire de la mosquée de Cordoue un but de pèlerinage, une Mecque occidentale, le premier temple de l’islamisme après celui où repose le corps du prophète. Je n’ai pas encore vu la casbah de la Mecque, mais je doute qu’elle égale en magnificence et en étendue la mosquée espagnole. On y conservait l’un des originaux du Koran, et, relique plus précieuse encore, un os du bras de Mahomet. Les gens du peuple prétendent même que le sultan de Constantinople paie encore un tribut au roi d’Espagne pour que l’on ne dise pas la messe dans l’endroit consacré spécialement au prophète. Cette chapelle est appelée ironiquement par les dévots le Zancarron, terme de mépris qui signifie mâchoire d’âne, mauvaise carcasse.

 

La mosquée de Cordoue est percée de sept portes qui n’ont rien de monumental, car sa construction même s’y oppose et ne permet pas le portail majestueux commandé impérieusement par le plan sacramentel des cathédrales catholiques, et dans son extérieur rien ne vous prépare à l’admirable coup d’oeil qui vous attend. - Nous passerons, s’il vous plaît, par le patio de los naranjos, immense et magnifique cour plantée d’orangers monstrueux, contemporains des rois mores, entourée de longues galeries en arcades, dallée de marbre, et sur l’un des côtés de laquelle se dresse un clocher d’un goût médiocre, maladroite imitation de la Giralda, comme nous le pûmes voir plus tard à Séville. Sous le pavé de cette cour, il existe, dit-on, une immense citerne. - Du temps des Ommyades, l’on pénétrait de plain-pied du patio de los naranjos dans la mosquée même, car l’affreux mur qui arrête la perspective de ce côté n’a été bâti que postérieurement.

 

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La plus juste idée que l’on puisse donner de cet étrange édifice, c’est de dire qu’il ressemble à une grande esplanade fermée de murs et plantée de colonnes en quinconce. L’esplanade a quatre cent vingt pieds de large et quatre cent quarante de long. Les colonnes sont au nombre de huit cent soixante ; ce n’est, dit-on, que la moitié de la mosquée primitive.

 

L’impression que l’on éprouve en entrant dans cet antique sanctuaire de l’islam est indéfinissable et n’a aucun rapport avec les émotions que cause ordinairement l’architecture : il vous semble plutôt marcher dans une forêt plafonnée que dans un édifice ; de quelque côté que vous vous tourniez, votre oeil s’égare à travers des allées de colonnes qui se croisent et s’allongent à perte de vue comme une végétation de marbre spontanément jaillie du sol ; le mystérieux demi-jour qui règne dans cette futaie ajoute encore à l’illusion. L’on compte dix-neuf nefs dans le sens de la largeur, et trente-six dans l’autre sens, mais l’ouverture des arcades transversales est beaucoup moindre. Chaque nef est formée de deux rangs d’arceaux superposés dont quelques-uns se croisent et s’entrelacent comme des rubans, produisent l’effet le plus bizarre. Les colonnes, toutes d’un seul morceau, n’ont guère plus de dix à douze pieds jusqu’au chapiteau d’un corinthien arabe plein de force et d’élégance, qui rappelle plutôt le palmier d’Afrique que l’acanthe de Grèce. Elles sont de marbres rares, de porphyre, de jaspe, de brèche verte et violette, et autres matières précieuses ; il y en a même quelques-unes d’antiques et qui proviennent, à ce qu’on prétend, des ruines d’un ancien temple de Janus. Ainsi trois religions ont célébré leurs rites sur cet emplacement. De ces trois religions, l’une a disparu sans retour dans le gouffre du passé, avec la civilisation qu’elle représentait ; l’autre a été refoulée hors de l’Europe, où elle n’a plus qu’un pied, jusqu’au tond de la barbarie orientale ; la troisième, après avoir atteint son apogée, minée par l’esprit d’examen, s’affaiblit de jour en jour, même aux contrées où elle régnait en souveraine absolue, et peut-être la vieille mosquée d’Abdérame durera-t-elle encore assez pour voir une quatrième croyance s’installer à l’ombre de ses arceaux, et célébrer avec d’autres formes et d’autres chants le nouveau dieu, ou plutôt le nouveau prophète, car Dieu ne change jamais.

 

Au temps des califes, huit cents lampes d’argent remplies d’huiles aromatiques éclairaient ces longues nefs, faisaient miroiter le porphyre et le jaspe poli des colonnes, accrochaient une paillette de lumière aux étoiles dorées des plafonds, et trahissaient dans l’ombre les mosaïques de cristal et les légendes du Koran entrelacées d’arabesques et de fleurs. Parmi ces lampes se trouvaient les cloches de Saint-Jacques de Compostelle, conquises par les Mores ; renversées et suspendues à la voûte avec des chaînes d’argent, elles illuminaient le temple d’Allah et de son prophète, tout étonnées d’être devenues lampes musulmanes de cloches catholiques qu’elles étaient. Le regard pouvait alors se jouer en toute liberté sous les longues colonnades et découvrir, du fond du temple, les orangers en fleur et les fontaines jaillissantes du patio dans un torrent de lumière rendue plus éblouissante encore par le contraste du demi-jour de l’intérieur. Malheureusement cette magnifique perspective est obstruée aujourd’hui par l’église catholique, masse énorme enfoncée lourdement au cœur de la mosquée arabe. Des retables, des chapelles, des sacristies, empâtent et détruisent la symétrie générale. Cette église parasite, monstrueux champignon de pierre, verrue architecturale poussée au dos de l’édifice arabe, a été construite sur les dessins de Hernan Ruiz, et n’est pas sans mérite en elle-même ; on l’admirerait partout ailleurs, mais la place qu’elle occupe est à jamais regrettable. Elle fut élevée, malgré la résistance de l’ayuntamiento, par le chapitre, sur un ordre surpris à l’empereur Charles-Quint, qui n’avait pas vu la mosquée. Il dit, l’ayant visitée quelques années plus tard : « Si j’avais su cela, je n’aurais jamais permis qu’on touchât à l’œuvre ancienne ; vous avez mis ce qui se voit partout à la place de ce qui ne se voyait nulle part. » Ces justes reproches firent baisser la tête au chapitre, mais le mal était fait. On admire dans le chœur une immense menuiserie sculptée en bois d’acajou massif et représentant des sujets de l’ancien Testament, œuvre de don Pedro Duque Cornejo, qui employa dix ans de sa vie à ce prodigieux travail, comme on peut le voir sur la tombe du pauvre artiste, couché sous une dalle à quelques pas de son œuvre. A propos de tombe, nous en avons remarqué une assez singulière, enclavée dans le mur ; elle était en forme de malle et fermée de trois cadenas. Comment le cadavre enfermé si soigneusement fera-t-il au jour du jugement dernier pour ouvrir les serrures de pierre de son cercueil, et comment en retrouvera-t-il les clés au milieu du désordre général ?

 

Jusqu’au milieu du XVIIIe siècle, l’ancien plafond d’Abdérame, en bois de cèdre et de mélèse, sétait conservé avec ses caissons, ses soffites, ses losanges, et toutes ses magnificences orientales ; on l’a remplacé par des voûtes et des demi-coupoles d’un goût médiocre. L’ancien dallage a disparu sous un pavé de brique qui a exhaussé le sol, noyé les fûts des piliers, et rendu plus sensible encore le défaut général de l’édifice, trop bas pour son étendue.

 

Toutes ces profanations n’empêchent pas la mosquée de Cordoue d’être encore un des plus merveilleux monumens du monde ; et, comme pour nous faire sentir plus amèrement les mutilations du reste, une portion, que l’on appelle le Mirah, a été conservée comme par miracle dans une intégrité scrupuleuse."

 

Andalousie.- Cordoue, Séville

Théophile Gautier

 

Revue des Deux Mondes

4ème série, tome 32, 1842

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Rédigé par rafael

Publié dans #ISLAM CLASSIQUE

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Publié le 19 Avril 2011

 

" Pour la première fois, une entrée de vainqueurs dans une ville qu'on met à sac, n'est pas ordonnée dans une tempête de hourras, dans les triomphes des fanfares, dans des salves d'apothéose. Ici les Croisés arrivent, exténués, presques mourants; les chevaliers s'affaissent sur leurs selles et leurs yeux rentrés, comme vernis par la fièvre, voient à peine les vaincus que leurs chevaux piétinent. Un écrasement de fatigues immenses ravine leurs faces et creuse leurs bouches qui divaguent, maintenant que le succès amène la détente du système nerveux exaspéré par tant d'efforts. Et, cependant, sur ces physionomies dont la lassitude est telle qu'aucune autre expression ne semblerait plus devoir en altérer les traits, des fumées de sentiments passent, une férocité non éteinte encore chez quelques-uns, une vague pitié chez d'autres qui regardent un banal vieillard agenouillé, tenant dans ses bras sa femme et criant grâce. Ce triomphe si mélancolique et si vrai est en même temps qu'un délice spirituel, un régal des yeux. C'est une des pages les plus nettes du peintre, une concorde admirable de tons, un autodafé aux sels crépitants, sonore et clair, un hallali de flammes de couleurs, sur un fond d'océan et de ciel d'un splendide bleu !"

 

Huysmans, Ecrits sur l'art.

 

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Rédigé par rafael

Publié dans #ROMANTISME ET NEOGOTHIQUE

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Publié le 18 Avril 2011

Utagawa Kunisada Fukigusa sono no yuran (2)

 

Utagawa Kuniyoshi (1797 - 1861) fut l'un des derniers grands maîtres japonais de l'estampe au Japon. Il illustre parfaitement le faste de la période d'Edo sous la gouvernance des Tokugawa, bien que fermé à l'influence étrangère le Japon bénéficie durant cette période d'un dévellopement très important de sa production artistique. L'art de l'estampes est un témoignage précieux de cette période fastes où aussi bien la noblesse que la nouvelle bourgeoisie commerçante recherche les plaisirs de la vie et des arts.

 

Utagawa Kunisada Fukigusa sono no yuran (3)

 

Utagawa Kunisada Fukigusa sono no yuran

 

 

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Rédigé par rafael

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Publié le 16 Avril 2011

Bouddhisme - Le Sûtra du Cœur de la prajñâ pâramitâ
  

Le Sûtra du Cœur de la prajñâ pâramitâ

 

Traduit par Xuanzang, le maître de la loi de la triple corbeille sous la dynastie Tang

 

Lorsque le bodhisattva Maître-en-contemplation pratique la profonde prajñâ pâramitâ, il voit que les cinq agrégats sont tous vides et se libère de toutes les souffrances.

 

Shâriputra, les formes ne sont pas différentes du vide, le vide n’est pas différent des formes, les formes sont le vide, le vide est les formes. Il en va de même des sensations, des perceptions, des constructions mentales et des consciences.

 

Shâriputra, tous ces éléments ayant l’aspect du vide, ils n'apparaissent ni ne disparaissent, ils ne sont ni souillés ni purs, ils ne croissent ni ne décroissent. C’est ainsi que dans le vide, il n’y a pas de forme ni de sensation, de perception, de construction mentale et de conscience.

 

Il n’y a pas d'œil, d'oreille, de nez, de langue, de corps ni de mental. Il n’y a pas de forme, de son, d'odeur, de saveur, de tangible ni d'élément. Il n’y a pas de domaine du visuel et ainsi de suite il n'y a pas de domaine de la conscience mentale.

 

Il n’y a pas d'ignorance et non plus cessation de l’ignorance et ainsi de suite il n'y a pas de vieillesse ni de mort et non plus cessation de la vieillesse et de la mort. Il n’y a pas de souffrance, d'origine, d'extinction ni de chemin. Il n’y a pas de connaissance et pas plus d'obtention puisqu'il n'y a rien à obtenir.

 

Comme le bodhisattva s’appuie sur la prajñâ pâramitâ, son esprit ne connaît plus d'empêchement et comme il ne connaît plus d'empêchement, il est dénué de crainte. Libéré des méprises et des pensées illusoires, il accède au nirvâna. Comme les bouddhas des trois temps s’appuient sur la prajñâ pâramitâ, ils réalisent l'anuttarâ samyak sambodhi.

 

Sache donc que la prajñâ pâramitâ est la grande formule magique, la grande formule du savoir, la formule suprême, la formule inégalée qui permet de supprimer toutes les souffrances, elle est vraie et non pas vaine. C'est pourquoi j'enseigne la formule de la prajñâ pâramitâ. J'enseigne ainsi la formule : Gate, gate, pâragate, pârasamgate, bodhi, svâhâ!

 

Référence canon sino-japonais de Taishô : volume VIII, livre 251, p. 848c.

 

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Rédigé par rafael

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Publié le 15 Avril 2011

Paris pont alexandre III (21)

 

Le pont Alexandre III était destiné à symboliser l'amitié franco-russe, instaurée par la signature de l'alliance conclue entre le Tsar Alexandre III de Russie (1845-1894) et le président de la République française Sadi Carnot et fut inauguré pour l'Exposition universelle de Paris en 1900. Construit dans l'axe de l'esplanade des Invalides, il conduit de celle-ci aux Petit et Grand Palais également construits pour l'exposition universelle.

 

Sa construction fut confiée aux ingénieurs Jean Résal et Amédée Alby ainsi qu'aux architectes Cassien-Bernard et Gaston Cousin. La première pierre fut posée par le Tsar Nicolas II de Russie en 1896 (fils d'Alexandre III) et il fut inauguré en 1900 à l'occasion de l'Exposition universelle. Sur la colonne, rive droite en aval, fut gravée cette inscription : « Le 14 avril 1900, Émile Loubet président de la République Française a ouvert l'exposition universelle et inauguré le pont Alexandre III ».

 

Paris pont alexandre III (14)

 

Paris pont alexandre III (2)

 

Paris pont alexandre III (26)

 

Paris pont alexandre III (28)

 

Paris pont alexandre III (16)Paris pont alexandre III (25)
Paris pont alexandre III (29)Paris pont alexandre III (37)

 

Paris pont alexandre III (11)

 

Paris pont alexandre III (4)

 

Paris pont alexandre III (10)

 

Paris pont alexandre III (23)Paris pont alexandre III (3)
Paris pont alexandre III (42)Paris pont alexandre III (34)

  

Paris pont alexandre III (20)

Source: http://fr.wikipedia.org/wiki/Pont_Alexandre-III


Paris - Le pont Alexandre III
Paris - Le pont Alexandre III
Paris - Le pont Alexandre III

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Publié dans #ECLECTISME XIXe

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