Publié le 3 Juillet 2011

"Voltaire nomme Chaulieu le premier des poëtes négligés ; on pourroit nommer le Cortone le premier des peintres négligés ; avec cette différence, que Chaulieu ne l’est pas également ; que s’il a fait des choses foibles et communes, il en a fait d’autres pleines de beautés du premier ordre : sa négligence vient du défaut de soin et de travail ; celle du Cortone a une unité parfaite, et toutes les parties de ses ouvrages ont le même caractère. Il travaille d’après des principes trop relâchés, mais il les suit exactement. Sa manière, facile et séductrice, eut de grands succès en Italie ; elle influa prodigieusement sur le goût de la peinture dans toute l’Europe.

 

Pierre de cortone L'ALLIANCE DE JACOB ET DE LABAN

 L'alliance de Jacob et de Laban, Musée du Louvre, Paris

 

Les lignes brisées, employées d’abord par l’Albane et par le Corrège, l’ont été bien davantage par le Cortone : les premiers s’en servirent par l’instinct des grâces ; leur successeur les a exagérées, les a prodiguées partout, et peut-être par combinaison autant que par sentiment : il a beaucoup abusé des formes imitant la flamme qui se trouvent bien dans la nature, mais dont l’affectation est une manière vicieuse ; ce doux balancement de lignes cesse de plaire dès qu’il est trop répété ; l’affectation de la variété est une fatigante uniformité. Soumises à des lois, les Grâces perdent une partie de leur charme, elles languissent dans les fers, quelque brillans qu’ils soient. On est bien loin de dire pourtant que les ouvrages du Cortone n’aient pas de grâces, mais ce ne sont pas celles de la simple nature, celles qui touchent, qu’on rencontre au village ; ce sont les grâces brillantes qui triomphent à l’Opéra, qui paroissant être un don des fées, s’unissent si bien à l’éclat, à la pompe de la richesse, et qui naissent surtout d’un choix de formes agréables, et contrastées avec cette espèce de goût, qui est le principe de la décoration. Dans tous les sujets qu’il a traités, le Cortone a toujours employé la même manière. Il n’a jamais donné aux différens peuples, aux différens personnages, le caractère qui leur est propre ; les ajustemens de ses figures sont disposés avec ces formes théâtrales, compagnes inséparables du luxe. Les sévères Spartiates sont parés dans ses tableaux comme les habitans de la molle Ionie, et le manteau d’un apôtre y est agencé comme celui d’Alcibiade.

 

pierre de cortone La Vierge, l'Enfant et sainte Martine

 La Vierge, L'Enfant et Sainte Martine, Montauban , musée Ingres.

 

L’École Française a cherché long-temps à imiter la manière de Pietre de Cortone : mais sur les pas d’un modèle relâché, elle s’est bien égaxée encore. Le peintre Italien se forma au milieu des restes imposans de l’antique maîtresse du monde, au milieu des ouvrages des plus fameux artistes modernes : il étoit presque contemporain des Carraches, du Dominiquin : il ne les suivit pas, sans doute ; mais il prit, sans y penser, quelque chose de leur physionomie et de leur accent ; et le grandiose qui l’environnoit a dû se montrer dans tout ce qu’il a produit ; les Français, au contraire, ajoutèrent à leur modèle toute la jolie afféterie de leurs cercles charmans. Le Cortone adopta dans les formes des femmes ce qui lui paroissoit le plus agréable ; il l’exagéra, le réduisit en principes, et peut-être le peignit de pratique ; les Français en firent autant ; mais comme les modèles de leur pays avoient un moins grand caractère, leur manière fut plus petite, elle arriva jusqu’au ridicule, et expira lorsqu’elle fit rire.

 

Pierre de Cortone l'enlevement des sabines

 L'enlèvement des Sabines,

 

Les défauts reprochés, avec raison, aux tableaux du Cortone, sont beaucoup plus excusables, et semblent même souvent la source de beaucoup de beautés dans ses plafonds et ses grands travaux de décoration ; les objets qu’on ne voit que de loin n’ont pas besoin d’être bien terminés ; les détails y deviennent inutiles ; l’ordonnance générale, le choix heureux des principales lignes, les effets bien décidés de couleur et de lumière y sont seuls essentiels : il faut que les yeux soient séduits au premier aspect ; d’ailleurs, des figures en l’air, mêlées avec des ornemens de stuc, avec des paysages dans les nues ; cette foule d’objets créés pour amuser les yeux, sont des rêves de l’imagination ; et ce que l’on voit en rêvant, peut bien ne pas ressembler exactement à ce qui s’offre tous les jours à nos regards : la fausseté même devient là presqu’une vérité, puisque nous savons bien que nous devons n’y voir que des choses extraordinaires. Voilà pourquoi la célébrité de Pietre de Cortone vient particulièrement de ses grands travaux, du plafond du palais Pitti à Florence, et plus encore de cet immense ouvrage, si justememt renommé, exécuté avec tant de facilité au palais Barberin à Rome ; c’est cette brûlante et rapide facilité avec laquelle y est présentée l’abondance de ses idées qui contribue beaucoup à entraîner l’étonnement et l’admiration.

 

Pierre de cortone ROMULUS ET REMUS RECUEILLIS PAR FAUSTULUS

Romulus et Remus recueillis par Faustulus, Musée du Louvre, Paris

 

Le balancement affecté de toutes les lignes, soit dans l’ensemble, soit dans les détails, et principalement dans les draperies, les lumières groupées partout de la même manière, prodiguées partout sans presque de sacrifices, produisent dans ses ouvrages cet éclat brillante qui en fait lé caractère distinctif, et tout à la fois le vice et le charme puissant. Sa couleur tient de la décoration comme ses compositions ; éclatante et riche, lumineuse et forte, elle a séduit et devoit séduire particulièrement dans les plafonds, où, réunie à la hardiesse de l’exécution, à la poétique abondance des pensées, à la prodigieuse variété des formes, elle contribue beaucoup à donner à ces vastes conceptions la magie et l’air d’enchantement qui semblent répandre la vie sur la magnificence des palais.

 

Quoique ses tableaux de chevalet et ceux de moyenne grandeur soient, avec raison, bien moins estimés que ses plafonds, il en a fait cependant de très-beaux, et qui, sans avoir aucune partie de la peinture à un degré supérieur, ont un mérite très-séduisant. Le tableau de la Nativité de la Vierge, conservé au Musée Napoléon, est dans ce genre une de ses plus piquantes productions ; il séduit par un charme de couleur et de formes aimables ceux même qui lui font le plus de reproches : les expressions des têtes y plaisent, quoiqu’elles ne soient pas tout-à-fait justes ; et quelquefois elles font oublier ce qui leur manque.

 

Le Cortone a peint les femmes bien mieux que les hommes, et cela devoit être : pour les peindre, l’artifice est permis ; elles paroissent sans cesse environnées de tous les prestiges de l’art ; sans compter ceux qu’elles nous font connoître, on suppose qu’elles doivent en savoir d’autres, et qu’elles peuvent en imaginer de nouveaux ; quelque outré que soit le fard qu’on leur donne, il peut paroître vraisemblable, et il choque d’autant moins, qu’on n’ignore pas que, dans tout, elles savent toujours trouver de nouveaux moyens de plaire.

 

Pietre de Cortone fut bon architecte, et il a été regardé dans son siècle comme un des peintres les plus agréables de l’Italie. Malgré les différens goûts des Écoles, tyranniques quelques instans et oubliées bientôt après, cette réputation bien méritée n’a fait que s’accroître ; elle a été augmentée encore par ceux qui, après lui, ont suivi la même carrière ; et peut-être pourroit-on le nommer, sans injustice, le premier des peintres décorateurs. "

 

Jean-Joseph Taillasson, Observations sur quelques grands peintres. 1807.

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Rédigé par rafael

Publié dans #BAROQUE

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Publié le 2 Juillet 2011

kandinsky Transverse Line, 1923

 

« La couleur est le clavier, les yeux sont les marteaux et l’âme est le piano avec les cordes. » W.Kandinsky

 

C'est au cours d'un opéra de Richard Wagner, Loghengrin, que Kandinsky, féru de musique , prit conscience de sa perception musicale si particulière. Une perception visuelle de la structure musicale qui s'affichait à lui comme un dessin aux formes et couleurs variées en accord avec le rythme des différentes note. Il peindra alors, en 1911 ses premières toiles abstraites entre-autre inspirés par la musique du compositeur autrichien de génie Arnold Schönberg, avec qui il se lance dans une étroite collaboration artistique. "Ce que Kandinsky accordait à la couleur dans le tableau, Schoenberg l'a donné à la couleur dans la musique". Une collaboration qui aura par ailleurs valeur d’exemple dans les relations entre la peinture moderne et la musique.

 

Pour en savoir plus: http://jchichegblancbrude.blog.lemonde.fr/2009/04/20/la-philosophie-de-kandinsky-philosophie-de-lart-abstrait/

Source: http://neto-nexialisme.blogspot.com/2009/04/kandinsky-genie-synesthete.html




Alfred Eric Leslie Satie (1866-1925) "I call myself Erik Satie, like everyone else" Monet - Nympheas Musée de l'Orangerie, Paris, 1920-1926 Monet créé à Giverny un étang artificiel, « modèle réduit » de l’univers et source d’inspiration du peintre pendant de nombreuses années. Une grande partie du travail de Monet durant sa vie artistique fut orienté vers la représentation de la lumière et de ses variations, que l’on retrouve dans la série sur la Cathédrale de Rouen ou ses vues de la Tamise […]



Les Disques de Newton Kupka expose au Salon des Indépendants avec les peintres cubistes, bien qu’il ne veuille être assimilé à aucun mouvement. Le terme d’« orphisme » est créé par Guillaume Apollinaire en référence à ses compositions circulaires (Les Disques de Newton), similaires à celles de Robert Delaunay, mais Kupka n’adhère pas non plus à ce concept. Après la guerre, à laquelle Kupka participe au sein des rangs français, le peintre reprend plusieurs toiles laissées inachevées, et […]



MOMA New-York 1923-1924 “Il n’y a de pays que de l’enfance”, écrivait Roland Barthes, pointant par là l’importance fondatrice du lieu, berceau et réceptacle des premières expériences sensibles de tout sujet, qui marquerait à jamais la relation d’un individu au monde entendu en termes d’espace et de sensations. Miró a fait de sa Catalogne et surtout de Montroig, la chère ferme parentale où il se réfugiait la moitié de l’année, l’été et une partie de l’automne, le lieu par excellence de son […]

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Publié dans #ART MODERNE

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Publié le 1 Juillet 2011

sinai anonciation

 

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Rédigé par rafael

Publié dans #ARTS BYZANTIN PALEOCHRETIEN ORTHODOXE et RUSSE

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Publié le 30 Juin 2011

grece bas-relief

(c)Visipix.com

 

Dans les bas-reliefs antiques, les figures sont séparées les unes des autres et posées sur le même plan : la raison en est simple; les ombres que portent les figures sont des ombres véritables; un bas-relief doit être vu d'un seul point, et, par conséquent, aucune partie n'en doit être cachée par une autre. Ce n'est que dans les sarcophages du style romain des derniers temps que se presse une foule confuse de figures placées sur des plans différents.

 

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Rédigé par rafael

Publié dans #GRECE ANTIQUITE

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Publié le 29 Juin 2011

Santinatha Jain XIIe (2)

  Victoria and Albert Museum, Londres

 

L'innombrable quantité de sculptures jaïna, que l'on trouve pratiquement dans toute l'Inde, prouve qu'elles ont été réalisées à une époque très ancienne. Les plus courantes, jusqu'à nos jours, sont constituées de statues de Tîrthankaras. Toutefois, aucune place n'a été laissée au libre cours de l'imagination des sculpteurs, d'une façon générale, pour ce qui est de la forme et de la pose, qui sont prescrites depuis l'origine par la religion jaïne. Toutes sont pratiquement semblables. On ne peut, de ce fait, les distinguer par leur style, quelle que soit l'époque à laquelle elles remontent, et l'endroit où on les trouve.

 

Santinatha Jain XIIe

Photos: (c) Lankaart

 

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Rédigé par rafael

Publié dans #INDE BOUDDHISTE et JAIN

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Publié le 28 Juin 2011

Michel ange dessin

(c) visipix.com

 

Juste pour le plaisir...

 
 

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Rédigé par rafael

Publié dans #RENAISSANCE ITALIE

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Publié le 27 Juin 2011

Turner bateau dans la nuit

Peace- Burial at Sea (1842), Tate Gallery at London. (c) Visipix.com

 

Entre les années 1829 et 1837, l'oeuvre de Turner va évoluer de manière radicale pour s'intéresser de moins en moins à la réalité figurative, et ne garder qu'une vision lumineuse et transfigurée de celle-ci, le sujet de l'oeuvre est davantage la représentation des effets de lumière, les reflets, l'atmosphère, parfois irréelle.

 

Ainsi, quarante ans avant Monet, Turner invente une nouvelle peinture - qui ne sera pas comprise de la majorité de ses contemporains, qui parleront des "folies de Turner" - , où l'artiste, s'affranchissant des conventions admises du genre pictural, dissout les formes dans le frémissement de l'atmosphère et de la lumière.

 

Source: http://www.impressionniste.net/turner.htm




National Gallery, Londres Turner est le peintre de la lumière incandescente et en même temps de la révolution industrielle, cette phase paléo technologique où des machines rugissantes surgissent au milieu des fumées et du bruit. De ses expériences vénitiennes et de son admiration pour le Lorrain, Turner conserve et développe une lumière quasiment fantastique qui dans le tableau, Pluie, vapeur et vitesse peint en 1844, se conjugue avec une évocation du monde naissant. Le surgissement de la […]



La célèbre série de Monet consacrée à la Cathédrale de Rouen sous différentes lumières fut effectuée en 1893 depuis la fenêtre du 2ième étage d'une boutique en face de la cathédrale. Il fit 18 vues frontales. Changeant de canevas selon la lumière, Monet suivait les heures de la journée, depuis le petit matin avec la façade en bleu ombré de brouillard, à l'après-midi , quand le soleil disparaissant derrière les constructions de la ville, transformait l'oeuvre de pierre érodée par le temps en […]



Musée de l'Orangerie, Paris, 1920-1926 Monet créé à Giverny un étang artificiel, « modèle réduit » de l’univers et source d’inspiration du peintre pendant de nombreuses années. Une grande partie du travail de Monet durant sa vie artistique fut orienté vers la représentation de la lumière et de ses variations, que l’on retrouve dans la série sur la Cathédrale de Rouen ou ses vues de la Tamise à Londres. Ici à Giverny, le spectacle des jeux de la lumière sur l’eau ouvre tout un champ […]

 

 

 

 

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Rédigé par rafael

Publié dans #NATURALISME et IMPRESSIONISME

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Publié le 25 Juin 2011

enlumnure enfer

 

L'enluminure, forme essentielle de l'art pictural au Moyen Age : L'enluminure est une technique d'ornementation, destinée à illustrer et « illuminer » (à l'aide des couleurs dorée et argentée) les textes de livres entiers, comme la Bible, les livres liturgiques, les Apocalypses, les vies de saints, les livres d'histoire...

 

enlumnure enfer - Copie (2)

 

enlumnure enfer - Copie

 

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Rédigé par rafael

Publié dans #GOTHIQUE

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Publié le 24 Juin 2011

 

 

 




Metropolis est un film expressionniste produit pendant la courte période de la République de Weimar. Réalisé en 1927 par le réalisateur autrichien Fritz Lang, le film est muet et en noir et blanc. Metropolis est une mégapole divisée en deux : la ville haute, où vivent les familles dirigeantes, dans l'oisiveté, le luxe et le divertissement, et la ville basse, où les travailleurs font fonctionner la ville. Maria (Brigitte Helm), une femme de la ville basse, essaie de promouvoir l'entente […]

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Rédigé par rafael

Publié dans #ART MODERNE

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Publié le 23 Juin 2011

Poussin bacchus

  Bacchus (c) visipix.com

 

A Rome, Poussin exécute de nombreuses oeuvres dans le pur style de la fin du baroque, il peint un Triomphe de Bacchus avec un Triomphe de Neptune, où il imite les bas-reliefs antiques.

 

Poussin neptune

Neptune (c) Visipix.com

 




Les jardins de l'Orangerie à Versailles ont été créé de 1684 à 1686 par Le Nôtre, soit avant les grands travaux du château. Jules Hardouin-Manssart va composer un bâtiment original sous la grande terrasse du château, formé d'une galerie de 155 m. de long dont la façade est orienté au sud pour pouvoir bénéficier au maximum du soleil. La galerie centrale est encadré de deux galeries latérales consruite sous les "escaliers des cent marches", au centre les parterres de l'orangerie forment une […]


Nicolas Poussin, Musée du Louvre, Paris Nicolas Poussin (1594-1665) est l’un des grands peintres du classicisme français. Si il commence sa carrière à Paris, c’est à Rome, où il s’installe en 1624 qu’il va atteindre sa plénitude. Il développe un style basé sur une conception rigoureuse de la composition, des couleurs de la mise en scène de ses personnages. Chaque tableau a été pensé, réfléchit, la peinture pour Nicolas Poussin est « cosa mentale ». Après un retour mouvementé à Paris, il […]



Vienne, Kunsthistorisches Museum 1620 Pour la décoration intérieure de l'Eglise Saint-Ignace à Anvers, les jésuites en 1620 font appel à Pierre-Paul Rubens, dont l’atelier et école de peinture n’est pas loin. L’artiste est au sommet de sa gloire et avec son assistant Antoine Van Dyck fait de l’église Saint-Ignace son œuvre ecclésiale principale. Une série de ses tableaux de scènes bibliques y décorent les murs, et 39 caissons du plafond sont les créations de son école. Les caissons du […]

 

 

 

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Rédigé par rafael

Publié dans #CLASSICISME

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