Publié le 2 Novembre 2014

 

 

Le Prélude à l'après-midi d'un faune, sous-titré églogue pour orchestre d'après Stéphane Mallarmé, est une œuvre symphonique de Claude Debussy, composée entre 1892 et 18941. L'œuvre est créée le 22 décembre 1894 par l'Orchestre de la Société nationale de musique à Paris. La direction en fut confiée au compositeur et chef d'orchestre suisse Gustave Doret et le solo de flûte interprété par Georges Barrère (1876-1944).

 

Debussy écrit dans le programme imprimé : « La musique de ce Prélude est une illustration très libre du beau poème de Stéphane Mallarmé. Elle ne prétend nullement à une synthèse de celui-ci. Ce sont plutôt des décors successifs à travers lesquels se meuvent les désirs et les rêves d'un faune dans la chaleur de cet après-midi. Puis, las de poursuivre la fuite peureuse des nymphes et des naïades, il se laisse aller au soleil enivrant, rempli de songes enfin réalisés, de possession totale dans l'universelle nature. »

 

La formation comporte trois flûtes, deux hautbois, un cor anglais, deux clarinettes, deux bassons, quatre cors, deux harpes, deux crotales (ou cymbales antiques) et la section de cordes, soit les deux sections de violons, les altos, les violoncelles et les contrebasses. C'est une des œuvres les plus connues de Debussy, dont le succès fut immédiat, et qui constitue le plus bel exemple de la musique impressionniste. Elle a été transcrite pour de nombreuses formations instrumentales, la plus jouée étant sans-doute la réduction pour flute (ou violon) et piano due à Gustave Samazeuilh.

  
 

LE FAUNE

Ces nymphes, je les veux perpétuer.

 

 

Si clair,

Leur incarnat léger, qu’il voltige dans l’air

Assoupi de sommeils touffus.

 

 

Aimai-je un rêve ?

 

 

Mon doute, amas de nuit ancienne, s’achève

En maint rameau subtil, qui, demeuré les vrais

Bois mêmes, prouve, hélas ! que bien seul je m’offrais

Pour triomphe la faute idéale de roses —

 

Réfléchissons…

 

ou si les femmes dont tu gloses

Figurent un souhait de tes sens fabuleux !

Faune, l’illusion s’échappe des yeux bleus

Et froids, comme une source en pleurs, de la plus chaste :

Mais, l’autre tout soupirs, dis-tu qu’elle contraste

Comme brise du jour chaude dans ta toison ?

Que non ! par l’immobile et lasse pamoison

Suffoquant de chaleurs le matin frais s’il lutte,

Ne murmure point d’eau que ne verse ma flûte

Au bosquet arrosé d’accords ; et le seul vent

Hors des deux tuyaux prompt à s’exhaler avant

Qu’il disperse le son dans une pluie aride,

C’est, à l’horizon pas remué d’une ride,

Le visible et serein souffle artificiel

De l’inspiration, qui regagne le ciel.

 

 

Ô bords siciliens d’un calme marécage

Qu’à l’envi des soleils ma vanité saccage,

Tacites sous les fleurs d’étincelles, CONTEZ

» Que je coupais ici les creux roseaux domptés

» Par le talent ; quand, sur l’or glauque de lointaines

» Verdures dédiant leur vigne à des fontaines,

» Ondoie une blancheur animale au repos :

» Et qu’au prélude lent où naissent les pipeaux,

» Ce vol de cygnes, non ! de naïades se sauve

» Ou plonge…

Inerte, tout brûle dans l’heure fauve

Sans marquer par quel art ensemble détala

Trop d’hymen souhaité de qui cherche le la :

Alors m’éveillerais-je à la ferveur première,

Droit et seul, sous un flot antique de lumière,

Lys ! et l’un de vous tous pour l’ingénuité.

 

 

Autre que ce doux rien par leur lèvre ébruité,

Le baiser, qui tout bas des perfides assure,

Mon sein, vierge de preuve, atteste une morsure

Mystérieuse, due à quelque auguste dent ;

Mais, bast ! arcane tel élut pour confident

Le jonc vaste et jumeau dont sous l’azur on joue :

Qui, détournant à soi le trouble de la joue,

Rêve, dans un solo long, que nous amusions

La beauté d’alentour par des confusions

Fausses entre elle-même et notre chant crédule ;

Et de faire aussi haut que l’amour se module

Évanouir du songe ordinaire de dos

Ou de flanc pur suivis avec mes regards clos,

Une sonore, vaine et monotone ligne.

 

 

 

Tâche donc, instrument des fuites, ô maligne

Syrinx, de refleurir aux lacs où tu m’attends !

Moi, de ma rumeur fier, je vais parler longtemps

Des déesses ; et, par d’idolâtres peintures,

À leur ombre enlever encore des ceintures :

Ainsi, quand des raisins j’ai sucé la clarté,

Pour bannir un regret par ma feinte écarté,

Rieur, j’élève au ciel d’été la grappe vide

Et, soufflant dans ses peaux lumineuses, avide

D’ivresse, jusqu’au soir je regarde au travers.

 

 

Ô nymphes, regonflons des SOUVENIRS divers.

» Mon œil, trouant les joncs, dardait chaque encolure

» Immortelle, qui noie en l’onde sa brûlure

» Avec un cri de rage au ciel de la forêt ;

» Et le splendide bain de cheveux disparaît

» Dans les clartés et les frissons, ô pierreries !

» J’accours ; quand, à mes pieds, s’entrejoignent (meurtries

» De la langueur goûtée à ce mal d’être deux)

» Des dormeuses parmi leurs seuls bras hasardeux ;

» Je les ravis, sans les désenlacer, et vole

» À ce massif, haï par l’ombrage frivole,

» De roses tarissant tout parfum au soleil,

» Où notre ébat au jour consumé soit pareil.

Je t’adore, courroux des vierges, ô délice

Farouche du sacré fardeau nu qui se glisse

Pour fuir ma lèvre en feu buvant, comme un éclair

Tressaille ! la frayeur secrète de la chair :

Des pieds de l’inhumaine au cœur de la timide

Que délaisse à la fois une innocence, humide

De larmes folles ou de moins tristes vapeurs.

» Mon crime, c’est d’avoir, gai de vaincre ces peurs

» Traîtresses, divisé la touffe échevelée

» De baisers que les dieux gardaient si bien mêlée ;

» Car, à peine j’allais cacher un rire ardent

» Sous les replis heureux d’une seule (gardant

» Par un doigt simple, afin que sa candeur de plume

» Se teignît à l’émoi de sa sœur qui s’allume,

» La petite, naïve et ne rougissant pas :)

» Que de mes bras, défaits par de vagues trépas,

» Cette proie, à jamais ingrate, se délivre

» Sans pitié du sanglot dont j’étais encore ivre.

 

 

 

Tant pis ! vers le bonheur d’autres m’entraîneront

Par leur tresse nouée aux cornes de mon front :

Tu sais, ma passion, que, pourpre et déjà mûre,

Chaque grenade éclate et d’abeilles murmure ;

Et notre sang, épris de qui le va saisir,

Coule pour tout l’essaim éternel du désir.

À l’heure où ce bois d’or et de cendres se teinte

Une fête s’exalte en la feuillée éteinte :

Etna ! c’est parmi toi visité de Vénus

Sur ta lave posant ses talons ingénus,

Quand tonne un somme triste ou s’épuise la flamme.

 

Je tiens la reine !

 

Ô sûr châtiment…

 

Non, mais l’âme

De paroles vacante et ce corps allourdi

Tard succombent au fier silence de midi :

Sans plus il faut dormir en l’oubli du blasphème,

Sur le sable altéré gisant et comme j’aime

Ouvrir ma bouche à l’astre efficace des vins !

 

 

Couple, adieu ; je vais voir l’ombre que tu devins.

Mallarmé

 

Source: Wikipedia

 

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Publié dans #SYMBOLISME - NABIS

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Publié le 1 Novembre 2014

      

 

 

Un chant d'amour est un film français réalisé par Jean Genet en 1950 et sorti en 1975.

 

Depuis leurs cellules, deux prisonniers arrivent à communiquer grâce à un trou percé dans le mur qui les sépare. Avec la complicité silencieuse du gardien qui les observe par le judas, ils vont établir un contact amoureux et érotique en utilisant divers objets tels qu’une cigarette, une paille…

 

 



Jacques Deray débute comme acteur dans de petits rôles au cinéma. Devenu assistant en 1953, il travaille notamment avec Gilles Grangier, Luis Bunuel et Jules Dassin. Il aborde la réalisation en 1960 avec Le Gigolo, drame psychologique interprété par Alida Valli et Jean-Claude Brialy. Son […]

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Publié dans #ART MODERNE

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Publié le 30 Octobre 2014

Angoisse

 

 

Je ne viens pas ce soir vaincre ton corps, ô bête

En qui vont les péchés d'un peuple, ni creuser

Dans tes cheveux impurs une triste tempête

Sous l'incurable ennui que verse mon baiser :

 

Je demande à ton lit le lourd sommeil sans songes

Planant sous les rideaux inconnus du remords,

Et que tu peux goûter après tes noirs mensonges,

Toi qui sur le néant en sais plus que les morts.

 

Car le Vice, rongeant ma native noblesse

M'a comme toi marqué de sa stérilité,

Mais tandis que ton sein de pierre est habité

 

Par un coeur que la dent d'aucun crime ne blesse,

Je fuis, pâle, défait, hanté par mon linceul,

Ayant peur de mourir lorsque je couche seul.

 

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Rédigé par rafael

Publié dans #SYMBOLISME - NABIS

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Publié le 29 Octobre 2014

Jean de Mailly et Jacques Depussé La defense tour nobel

 

La tour Initiale (anciennement tour Nobel) est une tour de bureaux situé dans le quartier d'affaires de la Défense, en France (précisément à Puteaux).

 

Construite en 1966, elle mesure 109 m de haut.  Il s'agit de l'une des deux premières tours de bureaux à avoir été construites, avec la tour Esso, dans le quartier de la Défense. Elle fut rénovée en 2003 et prit son nom actuel.

 

La tour Initiale, originellement baptisée "tour Nobel", fut conçue par les architectes Jean de Mailly et Jacques Depussé, sous la maîtrise d'ouvrage de SEMIIC qui répondait ainsi à une commande du Consortium de Dynamite. Elle fut inspirée par la tour S.C. Johnson Research construite par Frank Lloyd Wright en 1950. L'ingénieur Jean Prouvé conçut la façade de verre du bâtiment. La tour utilise des vitres courbes sur chacune de ses arêtes verticales, procédé qui, au moment de la construction du bâtiment, était globalement inconnu en France ; les vitres furent importées des États-Unis. Ses façades comportaient également le principe d'une double paroi avec circulation d'air, qui constituait une disposition de traitement thermique expérimentale à l'époque.

 

La construction de la tour Nobel a été l'occasion de la mise au point de la règlementation des I.G.H. (immeubles de grande hauteur).

 

 

Jean de Mailly et Jacques Depussé La defense tour nobel (3 Jean de Mailly et Jacques Depussé La defense tour nobel (5

 

 

 

Jean de Mailly et Jacques Depussé La defense tour nobel (4

 

Photos: lankaart (c)

Source: Wikipedia

 



"En s’appuyant sur une collection d’art essentiellement contemporain, la Fondation Louis Vuitton a pour missions la présentation de collections permanentes, l’organisation d’expositions temporaires d’art moderne et contemporain et de manifestations pluridisciplinaires, la mise en place de […]

 

 



La tour Areva (anciennement tour Fiat jusqu'en 1995, puis tour Framatome) est un gratte-ciel de bureaux situé dans le quartier d'affaires de La Défense construit par les architectes Roger Saubot et Francois Jullien. Construite en 1974, elle mesure 184 m de haut. À son achèvement, elle était la […]

 

 

 

 

 

 


 

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Rédigé par rafael

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Publié le 27 Octobre 2014

Mehoffer Dziwny ogrod

 

Né en Pologne en 1869, Józef Mehoffer fréquente l'Académie des beaux-arts de Cracovie à partir de 1887, non sans avoir avant cela étudié le droit. Par la suite, il séjourne à Vienne, puis à Paris, mais s'en retourne à Cracovie en 1894. Lorsqu'est lancé le concours international pour la réalisation des vitraux de la collégiale Saint-Nicolas de Fribourg, il remporte le premier prix. Le chantier durera jusqu'en 1936. En parallèle, il enseigne, dès 1902, à l'Académie des beaux-arts de Cracovie. Lorsque survient la guerre, il est déporté dans un camp de concentration, dont il réchappera fortement affaibli.

 

Mehoffer est considéré comme l'un des représentants les plus importants de l'Art nouveau et du symbolisme polonais.

 

mehoffer-pegaz

 

Mehoffer portrait

 

Mehoffer The Rose of Sharon, 1923

 

Source: wikipedia

 

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Publié le 26 Octobre 2014

Barcelone parc de Pedralbes (9)

 

Ancien parc du palais de Pedralbes, la résidence de la famille royale en visite à Barcelone au XIXème siècle, le parc conserve de cette époque ses parterres. La végétation est dense et exubérante, traversée de chemins qui entourent le parc et qui conduisent à un grand nombre d'espaces pourvus d'étangs et de sculptures. Ce parc abrite le Musée de la Céramique et le Musée des Arts Décoratifs.

 

Barcelone parc de Pedralbes (12)

 

Barcelone parc de Pedralbes (10) Barcelone parc de Pedralbes (17)
Barcelone parc de Pedralbes (3)

Barcelone parc de Pedralbes (15)

 

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Barcelone parc de Pedralbes (14) Barcelone parc de Pedralbes (21)

 

Barcelone parc de Pedralbes (11)

 

Barcelone parc de Pedralbes (6)

 

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Barcelone parc de Pedralbes (4)

Barcelone parc de Pedralbes (7) Barcelone parc de Pedralbes (23)
Barcelone parc de Pedralbes (24) Barcelone parc de Pedralbes (2)

 

Photos: Lankaart (c)

Source: Wikipedia



Le château de Chantilly se situe dans un site remarquable de la vallée de la Nonette, affluent de l'Oise. À l'exception du « Petit Château », construit au XVIe siècle par Jean Bullant, le château actuel est une reconstruction du XIXe siècle sur des plans de l'architecte Honoré Daumet pour […]


C'est dans la baie de Portlligat, au nord de Cadaqués que Salvador Dali et sa femme Gala, s'installent dès 1932. Ils achètent plusieurs petites maisons de pêcheurs qu'ils rénovent pour en faire leur résidence principale en 1948. Le Jardin rassemble des éléments de l'univers de Dali: oeufs, […]

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Rédigé par rafael

Publié dans #PARCS et JARDINS

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Publié le 25 Octobre 2014

Devant la mer, un soir ...

 

 

Devant la mer, un soir, un beau soir d’Italie,

Nous rêvions... toi, câline et d’amour amollie,

Tu regardais, bercée au coeur de ton amant,

Le ciel qui s’allumait d’astres splendidement.

 

Les souffles qui flottaient parlaient de défaillance ;

Là-bas, d’un bal lointain, à travers le silence,

Douces comme un sanglot qu’on exhale à genoux,

Des valses d’Allemagne arrivaient jusqu’à nous.

 

Incliné sur ton cou, j’aspirais à pleine âme

Ta vie intense et tes secrets parfums de femme,

Et je posais, comme une extase, par instants,

Ma lèvre au ciel voilé de tes yeux palpitants !

 

Des arbres parfumés encensaient la terrasse,

Et la mer, comme un monstre apaisé par ta grâce,

La mer jusqu’à tes pieds allongeait son velours,

La mer...

 

... Tu te taisais ; sous tes beaux cheveux lourds

Ta tête à l’abandon, lasse, s’était penchée,

Et l’indéfinissable douceur épanchée

À travers le ciel tiède et le parfum amer

De la grève noyait ton coeur d’une autre mer,

 

Si bien que, lentement, sur ta main pâle et chaude

Une larme tomba de tes yeux d’émeraude.

Pauvre, comme une enfant tu te mis à pleurer,

Souffrante de n’avoir nul mot à proférer.

 

Or, dans le même instant, à travers les espaces

Les étoiles tombaient, on eût dit, comme lasses,

Et je sentis mon coeur, tout mon coeur fondre en moi

Devant le ciel mourant qui pleurait comme toi...

 

C’était devant la mer, un beau soir d’Italie,

Un soir de volupté suprême, où tout s’oublie,

Ô Ange de faiblesse et de mélancolie.

 

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Rédigé par rafael

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Publié le 24 Octobre 2014

Praxitèle -   Le Satyre au repos des musées du Capitole, copie romaine de 130 ap. J.-C. environ

Praxitèle -   Le Satyre au repos des musées du Capitole, copie romaine de 130 ap. J.-C. environ

Praxitèle -  Hermès portant Dionysos enfant, l'une des statues les plus problématiques attribuées à Praxitèle, musée archéologique d'Olympie

Praxitèle - Hermès portant Dionysos enfant, l'une des statues les plus problématiques attribuées à Praxitèle, musée archéologique d'Olympie

" Praxitèle attire l’esprit vers l’épiderme des statues. Comme il le voit flotter sur leur visage en sourire imprécis, en inquiétude vague, en ombre lumineuse, il l’y fixe, et, du même coup, brise cette unité qui donnait aux formes du grand siècle leur rayonnement contenu. Pour exprimer la vie intérieure, il cherche à l’extérioriser. Et ce n’est plus comme une aurore, c’est comme un soir que l’âme monte des profondeurs pour se répandre à la surface. Praxitèle est l’Euripide de la sculpture. Sa mesure, son élégance, son esprit, la subtilité, la verve, le charme de son analyse n’arrivent pas à nous cacher qu’il doute de sa force et qu’il regrette, au fond, d’avoir perdu l’ivresse sainte dont il rit. Sous ses doigts, le plan s’amollit, hésite, laisse fuir l’énergie spirituelle que Phidias enfermait en lui. L’expression de la forme, distraite et comme un peu lassée, n’est plus le jeu des forces intérieures, mais celui des lueurs et des ombres ondulant sur son écorce. L’âme veut échapper à l’étreinte du marbre. On le voit bien, à ces grands fronts rêveurs sous l’ondulation des cheveux, à ces yeux reculant dans le mystère des orbites, à cette bouche sensuelle et vibrante, à ce charme imprécis de la face inclinée. Cela ne veut plus dire intelligence, cela veut dire sentiment. L’art en meurt, mais une vie nouvelle en germe qui, bien plus tard, et sous d’autres cieux, refleurira. Au moment où le langage humain faiblit avec l’enthousiasme, l’œuvre de Praxitèle affirme non l’apparition mais la survivance de l’esprit, et comme le déplacement de sa fonction qui cherchera de très longs siècles son organe, et finira par le trouver.

Son art trahit l’apparition d’une sorte de sensualisme cérébral qu’on voit apparaître à la même heure chez tous ses contemporains, à qui les frises du temple de la Victoire aptère et le chapiteau des Danseuses, à Delphes, avaient déjà montré la route. On oublie peu à peu la charpente profonde pour caresser par le désir la surface des formes, comme la surface des visages par l’intention psychologique. Quand la statue reste vêtue, les robes se font plus légères qu’une brise sur l’eau. Mais, pour la première fois, le statuaire grec dévoile tout à fait la femme, dont la forme est surtout significative par les frémissements de sa surface, comme la forme masculine qui lui avait dicté sa science l’est avant tout par la logique et la rigueur de sa structure. Pour la première fois, il rejette les étoffes que les élèves de Phidias commençaient à draper en tous sens, au risque d’oublier la vie qui bougeait sous elles, il exprime sans voiles l’ascension mouvante des torses, l’animation des plans que la lumière et l’air modèlent en frissons puissants, la jeunesse des poitrines, la vigueur des ventres musculeux, le jet pur des bras et des jambes.

ll parle du corps de la femme comme on n’en avait jamais parlé, il le dresse et l’adore dans sa rayonnante tiédeur, ses ondulations fermes, dans sa splendeur de colonne vivante où la sève du monde circule avec le sang. Ces statues mutilées confèrent à la sensualité de l’homme la noblesse la plus haute. Pleines et pures, semblables à une source de lumière, confiées par tous leurs profils à l’espace qui s’immobilise autour d’elles comme saisi de respect, ces grandes formes sanctifient le paganisme tout entier, comme, plus tard, une mère penchée sur le cadavre de son fils humanisera le christianisme. Et si nous avons pour Praxitèle une reconnaissance intime, un sentiment attendri qui ne ressemble pas à l’exaltation héroïque où nous transporte Phidias, c’est qu’il nous a appris que le corps féminin, par sa montée dans la lumière et la fragilité émotionnante du ventre, des flancs, des seins où sommeille notre avenir, résume l’effort humain dans son invincible idéalisme exposé à tant d’orages. l est impossible de voir certaines de ces statues brisées, où le torse jeune et les longues cuisses survivent seules, sans être déchiré d’une tendresse sainte. "

 

Texte: Élie Faure, Histoire de l'art - L'art antique, 1921

 

Praxitèles - Vénus d'Arles

Praxitèles - Vénus d'Arles

Praxitèles  - Aphrodite Braschi, du type de l'Aphrodite de Cnide — l'un des plus sûrs attribués à Praxitèle, Glyptothèque de Munich

Praxitèles - Aphrodite Braschi, du type de l'Aphrodite de Cnide — l'un des plus sûrs attribués à Praxitèle, Glyptothèque de Munich

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Rédigé par rafael

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Publié le 23 Octobre 2014

Émile Bernard Apres le bain les nymphes 1908

Après le bain ou Les Nymphes (1908), Paris, Palais des beaux-arts de Lille.

 

La tradition et le vocabulaire stylistique : Émile Bernard considère le 1er salon de Rose-croix en 1892 comme l’apparition du symbolisme officiel en peinture. Lors de cette exposition est révélée la volonté de se distinguer de l’académisme par une recherche d’authenticité. Ainsi, les règles de la vraisemblance des peintures d’histoires sont transgressées.

 

 

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Rédigé par rafael

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Publié le 21 Octobre 2014

palerme Villa Giulia (5)

 

Le jardin de la Villa Giulia fut réalisé à l'initiative du Préteur et Gouverneur de la ville Antonio La Grua en 1777-1778. Le projet de la villa fut conçu par l'architecte Nicolò Palmier qui dessina un jardin parfaitement symétrique  avec un périmètre carré, à son tour subdivisé en quatre carrés eux-mêmes subdivisés par leurs diagonales; la place centrale, de forme circulaire est embellie par quatre kiosques de Giuseppe Damiani Almeyda de style pompeiano.

 

Le jardin et son décor bien que d'inspiration néoclassique, annoncent le goût romantique de la fin du XVIII siècle.

 

palerme Villa Giulia (15)

 

 

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palerme Villa Giulia

 

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palerme Villa Giulia (6) palerme Villa Giulia (8)
palerme Villa Giulia (10) palerme Villa Giulia (7)

 

Photos: Lankaart (c)

Source: RR

 



Les jardins du château sont la reconstitution à partir de textes anciens d'un jardin à la française du XIVe siècle. Ces jardins sont divisés en quatre terrasses : une terrasse supérieure comportant le jardin du soleil (création 2008), puis une terrasse avec le jardin d'eau entouré d'un cloître […]


Le jardin botanique de Tours fut construit entre 1831 et 1843 grâce aux tourangeaux et tout particulièrement à la ténacité, sans la générosité, de Jean-Anthyme Margueron, pharmacien. En effet, ce pharmacien fut à l'initiative de ce projet comportant une école de botanique destinée aux étudiants […]

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Rédigé par rafael

Publié dans #PARCS et JARDINS

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