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Mardi 2 février 2010 2 02 /02 /Fév /2010 08:30
- Publié dans : ISLAM CLASSIQUE
Les Roubaïtes d'Omar Khayyam
  37

Qu'elles sont belle, ces verdures qui croissent aux bords des ruisseaux!
On dirait qu'elles ont pris naissance sur les lèvres d'une angélique beauté.
Ne pose donc pas sur elles ton pied avec dédain,
elles proviennent de la poussière d'un visage au teint de tulipe.


38

Le péché m'a rendu laid et malheureux, mais je ne suis pas sans espoir,
semblable aux idolâtres, qui se reposent sur les dieux de leurs temples.
Et le matin où je mourrai de mon ivresse de la veille, je demanderai du vin,
j'appellerai ma maîtresse, que m'importent et le paradis et l'enfer.


39

Si je bois du vin, ce n'est pas pour ma propre satisfaction;
je ne cherche ni le désordre ni à m'abstenir de religion et de moral:
non, c'est pour respirer un moment en dehors de moi-même.
Aucun autre motif ne me sollicite à boire, à m'enivrer.

109

O amis! convenez d'un rendez-vousmaprès ma mort.
Une fois réunis, réjouissez-vous d'être ensemble;
lorsque l'échanson prendra dans sa main une coupe de vin vieux,
souvenez-vous du pauvre Khayyam: buvez ensemble à sa mémoire.


110

Ami! à quoi bon te préoccuper de l'être?
Pourquoi troubler ainsi ton coeur, ton âme par des pensées oiseuses?
Vis, heureux, passe ton temps joyeusement;
on ne t'a pas demandé ton avis pour faire ce qui est.


111

O mon coeur! agis comme si tout au monde était tien;
imagine cette maison pourvue de toutes choses, soigneusement ornée,
et vis joyeux dans le domaine du désordre.
Pense t'y être assis deux ou trois jours, puis que tu te lèveras pour partir.


La vie de Khayyam (1048-1131) est entourée de mystère, et peu de sources sont disponibles pour nous permettre de la retracer avec précision. Les chercheurs pensent généralement qu'Omar Khayyam est né dans une famille d'artisans de Nichapur. Il a passé son enfance dans la ville de Balhi, où il étudie sous la direction du cheik Mohammad Mansuri, un des chercheurs les plus célèbres de son temps. Dans sa jeunesse, Omar Khayyām étudie aussi sous la direction de l'imam Mowaffak de Nishapur, considéré comme le meilleur professeur du Khorasan.


La légende dit qu'Abou-Ali Hassan (Nizam al-Mulk) et Hassan Sabbah étudiaient alors également sous la direction de ce maître et qu'un pacte légendaire aurait été conclu entre les trois étudiants : « Celui d'entre nous qui atteindra la gloire ou la fortune devra partager à égalité avec les deux autres ». Cette alliance reste improbable lorsqu'on sait que Nizam al-Mulk était de 30 ans l'ainé d'Omar et que Hassan Sabbah devait avoir au moins 10 ans de plus que Khayyam.


Nizam al-Mulk devient cependant grand vizir de Perse et les deux autres se rendent à sa cour. Hassan Sabbah, ambitieux, demande une place au gouvernement ; il l'obtient immédiatement et s'en servira plus tard pour essayer de prendre le pouvoir à son bienfaiteur. Il devient après son échec chef des Hashishins. Khayyam, moins porté vers le pouvoir politique, ne demande pas de poste officiel, mais un endroit pour vivre, étudier la science et prier. Il reçoit alors une pension de 1 200 mithkals d'or de la part du trésor royal ; cette pension lui sera versée jusqu'à la mort de Nizam al-Mulk (tué par un assassin).

Ses poèmes sont appelés « rubaiyat » ce qui signifie « quatrains ». Les quatrains de Khayyam, s'ils semblent pouvoir se passer de commentaires, recèlent, selon Idries Shah, des perles mystiques, faisant de Khayyam un soufi. Il aurait prôné l'ivresse de Dieu, et se disait infidèle mais croyant. Au-delà du premier degré hédoniste, les quatrains auraient donc selon ce commentateur une dimension mystique.

Dans la pratique, si l'on s'en tient au texte, Khayyam se montre bel et bien fort critique vis-à-vis des religieux - et de la religion - de son temps. Quant au vin dont la mention revient fréquemment dans ses quatrains, le contexte où il se place constamment (agréable compagnie de jeunes femmes ou d'échansons, refus de poursuivre la recherche de cette connaissance que Khayyam a jadis tant aimée) ne lui laisse guère de latitude pour être allégorique.


Source: Wikipedia

Par rafael - Communauté : Île des Poètes Immortelles
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