Fragonard - Les Baigneuses

Publié le 19 Septembre 2012

Fragonard les baigneuses
Musée du Louvre, Paris
 

Le thème des baigneuses et ses variantes antiques, Nymphes au bain, Bain de Diane, ou religieuses, Suzanne ou Bethsabée au bain, composant des nudités féminines dans un paysage, est vieux comme la peinture. Fragonard le traite ici avec une verve, une fougue passionnée, un brio étourdissant qui, en cette fin du dix-huitième siècle, ne s’encombrent même plus de prétexte mythologique. Destiné à une clientèle de riches fermiers généraux amateurs de cette manière sensuelle et décorative dont la trop grande gloire nuisit longtemps à la réputation de l’école française et déforma son vrai message, ce tableau est presque un symbole. Il est l’expression de ce bonheur de vive, de cette gaîté nerveuse qui est un des aspects du caractère et de l’art français.


L’emportement et la maestria du pinceau, le rythme rapide de la touche traduisent une sorte d’ivresse, de fièvre de l’inspiration, d’exaltation éblouie devant la beauté de la lumière. Les chairs et les chevelures juvéniles se transforment en une sorte de halo nacré ; les plantes et les feuillages deviennent des masses impondérables, aussi légères que les nuages, que des draperies. L’eau même n’est plus liquide, elle est mousse, buée. Plus rien n’est matériel, tout est vaporeux ; la nature, les femmes n’obéissent plus aux lois de la pesanteur, elles ne sont plus qu’élan joyeux.


Fragonard les baigneuses détail

 

Rédigé par rafael

Publié dans #ROCOCO

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karinne Sevin 28/02/2010 11:53


Fabuleux !