Bellini - Pieta de la Brera - le Christ, la Vierge Marie et Saint-Jean

Publié le 1 Octobre 2013

Bellini dead christ supported by mary pinacoteca brera mila


La représentation du Christ mort, sortant du sépulcre, pleuré par la Vierge, saint Jean ou un ange, a beaucoup occupé l'imagination de Bellini. Il serait impossible de citer toutes les œuvres où il aborde ce sujet. Mais puisqu'il est crucial dans sa réflexion de peintre, on n'oubliera pas de mentionner l'exemple le plus saisissant peut-être de l'interprétation de ce thème dans l'art de ce maître vénitien.

On ignore quand fut réalisée la célèbre Pietà de la Brera. On la place de préférence dans la première maturité de Bellini, aux alentours de 1470. L'artiste y représente, sur l'axe de symétrie, le torse livide du Christ mort, presque de face, le visage retombant sur son épaule ; la Vierge, à gauche, le soutient, son profil quasiment plaqué sur celui du Sauveur, le regardant droit dans les yeux, murmurant sourdement sa douleur. De l'autre côté, saint Jean cherche également à soulever le torse du défunt, mais, se tournant de l'autre côté, pour ne pas assister au deuil de la Vierge, il lance un cri muet, mais que l'on peut imaginer lancinant. Les trois personnages, regroupés au premier plan dans une seule frise, apparaissent à demi figure, derrière un rebord de marbre, sur lequel Bellini a posé adroitement le poing renfermé, et percé d'une plaie, du Christ.

Sur le devant du parapet, l'artiste a figuré une inscription, une élégie latine évoquant le talent de l'auteur et l'intensité de la souffrance évoquée : « hæc fere quum gemitus turgentia lumina promant/Bellini poterat flere Ioannis opus » [« si ces yeux larmoyants pouvaient émettre des gémissements, l'œuvre de Giovanni Bellini pourrait alors pleurer »]. On a interprété ce distique de plusieurs façons. Quelle que soit sa signification, il est évident que le poème exalte l'habileté évocatrice du pinceau de Bellini, ainsi que ses limites de peintre : son tableau, tout accompli qu'il soit, ne pourra jamais exprimer vocalement, littérairement, la douleur qu'il dépeint. Tout au plus, il pourra induire le spectateur à l'imaginer. Malgré cela, Bellini aura atteint le sommet dans la représentation de la douleur en peinture. C'était là, à n'en pas douter, le plus éloquent hommage qu'un humaniste pouvait faire à un peintre.

 

 

Rédigé par rafael

Publié dans #RENAISSANCE ITALIE

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dominique bouin 06/06/2011 14:59


je viens de retrouver une vierge pieta dans notre maison familliale cette dernierre est en bois peinte a l'or
d'apres un antiquaire son origine se situe entre de 10 et 12 siecle
j'aimerais connaitre son estimation


Tietie007 27/03/2011 18:14


J'aime beaucoup les Mater Dolorosa de Bellini, mon peintre vénitien préféré !


Marc Lefrançois 08/04/2010 11:54


Oui... en attendant, demain je pars faire un pélerinage proustien à Cabourg, c'est aussi pas mal...


angeline30 06/04/2010 10:34


Bonjour, vous faites un très joli travail.
J'ai regardé votre blog avec plaisir.
Bonne journée.
Cordialement
Angeline30


rafael 06/04/2010 23:30



merci pour les encouragements et à bientôt sur le site



Marc Lefrançois 06/04/2010 10:09


J'aime beaucoup Bellini... Cet article me rappelle douloureusement que je m'étais promis d'aller en Italie visiter Rome, Naples, Florence, Venise, et que je n'ai toujours rien fait...


rafael 06/04/2010 23:30



parfaois il faut aller jusqu'au bout de ses envies... l'Italie vaut vraiment la peined'un grande découverte !!