Vendredi 4 septembre 2009
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Publié dans : RATIONNALISME ET NATURALISME
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LXXVIII - Spleen
Quand le ciel bas et lourd pèse comme un couvercle
Sur l'esprit gémissant en proie aux longs ennuis,
Et que de l'horizon embrassant tout le cercle
II nous verse un jour noir plus triste que les nuits;
Quand la terre est changée en un cachot humide,
Où l'Espérance, comme une chauve-souris,
S'en va battant les murs de son aile timide
Et se cognant la tête à des plafonds pourris;
Quand la pluie étalant ses immenses traînées
D'une vaste prison imite les barreaux,
Et qu'un peuple muet d'infâmes araignées
Vient tendre ses filets au fond de nos cerveaux,
Des cloches tout à coup sautent avec furie
Et lancent vers le ciel un affreux hurlement,
Ainsi que des esprits errants et sans patrie
Qui se mettent à geindre opiniâtrement.
- Et de longs corbillards, sans tambours ni musique,
Défilent lentement dans mon âme; l'Espoir,
Vaincu, pleure, et l'Angoisse atroce, despotique,
Sur mon crâne incliné plante son drapeau noir.
Baudelaire les Fleurs du mal
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Baudelaire (1821-1867) est l'un des plus grands poètes français. En intégrant dans sa vision du monde une approche moderne et contemporaine à la société du
XIXe siècle il a rompu profondément avec la poésie classique. Comme les peintres de la fin du XIXe siècle, c'est en observant le monde qui l'entoure, la vie au quotidien, les affres de
l'urbanisme effréné d'une ville comme paris qu'il renouvelle l'écriture. Les Fleurs du mal son à ce titre l'un des recueils les plus important de Baudelaire, il y parle du bonheur et de
l'inaccessible beauté, de la violence et de la beauté, de l'amour et de la haine, de la vie et du spleen qui s'empare de lui.
Par rafael
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