Vendredi 15 janvier 2010 5 15 /01 /Jan /2010 08:22
- Publié dans : RENAISSANCE FRANCE / EUROPE DU SUD
Mise à jour indice b: 14/01/2010

Musée du Louvre, Paris

Le Chateau d'Anet fut réalisé à la demande d'Henri II pour sa favorite Diane de Poitiers en 1552. Aujourd'hui il ne reste plus grand chose du château d'origine en partie détruit sous le Directoire, par contre demeure ce portrait de Diane, en Diane chasseresse exécuté par Jean Goujon et qui surplombait le portail d'entrée du château. 

Jean Goujon ( 1510/1566) a marqué pronfondément la sculpture de la renaissance en France par sa quête sans fin de la beauté absolue. Ses oeuvres d'une grâce iréelle sont le témoignage de cette quête. La Diane, qui déja en réalité était une beauté fatale pour son entourage, ici représenté est une oeuvre d'une grâce esquise qui marque un tournant par rapport à toute la production gothique des siècles précédant. Jean Goujon est le fondateur d'un art en France qui ouvre la voie au classicisme.





Histoire du château d'Anet :


Avant que le château actuel ne soit édifié, Anet avait déjà connu deux autres châteaux : le premier, une forteresse féodale avait été bâtie au XIIe siècle. Philippe II Auguste fut un hôte régulier de ce château qui était un point de départ pour l'invasion de la Normandie occupée à cette époque par les Anglais.

En 1378, cette forteresse , propriété de Charles le Mauvais, de Navarre et Seigneur d'Anet, fut démantelée par Charles V, son beau-frère le Roi de France pour s'être révolté.

De ce pre mier château, il ne reste que quelques vestiges dans les fondations, les emmarchements et les caves.

Un secon d château, sous forme de manoir de briques et de pierres, situé en arrière de la chapelle actuelle et dont il reste encore un bâtiment, fut édifié par vers 1470 par Jacques de Brézé, grand Sénéchal de Normandie. En effet, en décembre 1444, Charles VII donna à son conseiller et chambellan, Pierre de Brézé (le père de Jacques), les seigneuries de Nogent-Le-Roi, Anet, Bréval et Montchauvet en récompense de ses services rendus contre les Anglais lors de la reconquête de la Normandie.

Jacques de Brézé épousa Charlotte de Savoie , fille de Charles VII et d'Agnès Sorel, demi-soeur de Louis XI. Cette union se termina dans le sang le 15 juin 1476, date à laquelle assassina son épouse au manoir de Rouvres pour l'avoir surprise en flagrant délit d'adultère avec un de ses veneurs. Cet acte déclencha la colère de Louis XI qui le fit arrêter, puis condamner à la peine capitale (sentence non exécutée) après lui avoir confisqué ses biens. Louis XI rendit le château à son filleul Louis de Brézé, mais Charles VIII cassa le jugement et rendit le château à Jacques de Brézé.

Diane de Poitiers :

Lors Jacques de Brézé mourût 1490, son fils Louis de Brézé, comte de Maulevrier, seigneur d'Anet, Sénéchal de Normandie, pris sa succession. Veuf de Catherine de Dreux, il épouse Diane de Poitiers. Diane est née le 31 décembre 1499 au château de Saint-Vallier dans la Drôme, elle fut éduquée par la fille préférée de Louis XI, Anne de Beaujeu. Elle devient la dame d'honneur de Claude de France, l'épouse du roi de France, François Ier. François Ier partageait son goût pour la vénerie avec Louis de Brézé et Diane et à ce titre se rendait régulièrement à Anet avec son épouse et la Cour. En 1518, de l'union de Diane et de Louis, né une fille, Françoise de Brézé, dont le prénom fut choisi en l'hommage du roi. Puis, naquit Louise trois ans plus tard. Louis de Brézé décède le 23 juillet 1531 au château d'Anet. Il fut inhumé la cathédrale de Rouen, dans un magnifique tombeau que son épouse lui fit construire. Le fils de François Ier, Henri II, porta, dès son plus jeune âge, une affection sans borne à Diane. Cet amour platonique qui devint liaison lorsque Henri II atteint les 20 ans n'évita pas le mariage de ce dernier avec l'italienne Catherine de Médicis en 1533. Lorsque le frère aîné du dauphin Henri décède en1536, lui laissant l'accès au trône, la position de Diane de Poitiers se renforce au grand damne de la dauphine Catherine que se résigne.


Embellissement du château d'Anet :

En 1546, Diane décide de faire construire un château plus imposant que le manoir des Brézé qui lui a servi de demeure jusqu'ici. Elle fait appel à l'architecte Philibert de l'Orme. Les travaux débutent en 1547. La chapelle est construite en trois ans (1549-1552). Par la suite, c'est le corps de logis qui est construit et les jardins. À partir de cette date, fêtes et réceptions se succéderont à Anet, pour le plus grand bonheur d'Henri II et de Diane de Poitiers.

Henri II meurt en 1559, à la suite d'un tournoi où il a été mortellement blessé par le capitaine de sa garde écossaise, Montgomery. François II étant encore trop jeune pour gouverner, c'est Catherine de Médicis qui assure la régence avec l'aide des Guises. Diane, humiliée, quitte la Cour pour Anet, Catherine de Médicis se contentant de lui échanger le château de Chenonceaux contre celui de Chaumont. Diane de Poitiers se consacre à l'administration de ses nombreux domaines. Sentant sa mort proche, en 1565, elle rédige son testament dans lequel elle demande qu'une seconde chapelle soit construite à Anet pour abriter son tombeau. Après un dernier voyage dans le Dauphiné, elle rentre à Anet et meurt d'une brusque maladie le 25 avril 1566.

 

Succession de Diane de Poitiers :

La seconde fille de Diane, Louise de Brézé, duchesse d'Aumale, hérite de la seigneurie d'Anet. Avec son époux Claude de Lorraine, duc d'Aumale, elle reçoit Charles IX en son château en 1567 et elle fait construire pour sa mère par Claude de Foucques, la chapelle sépulcrale, une grande bâtisse en briques et en pierres visibles à gauche de l'entrée du château. Au décès de son mari, Louise cède le château à son fils, Charles d'Aumale qui fait inhumer le corps de sa grand-mère dans la chapelle sépulcrale. En 1581, Henri III et Catherine de Médicis viennent à Anet assister au baptême du fils de Charles dans la chapelle du château. Pendant les guerres de religion, Charles d'Aumale compte parmi les ennemis les plus virulents d'Henri IV. Lorsque la Ligue ultra catholique est défaite, il s'enfuit en Espagne où il est condamné à mort pour crime de lèse-majesté. Cette sentence ne sera pas non plus exécutée, car Charles a pris la fuite à Bruxelles. Le château qui aurait dû être rasé par voie de conséquence est préservé par le roi Henri IV qui reste en bon terme avec l'épouse de Charles, la duchesse d'Aumale, Marie de Lorraine, à qui il rend visite en 1610 avec la reine Margot. Néanmoins ruinée, la duchesse vend le château à Marie de Luxembourg, duchesse de Mercoeur et belle-soeur de Henri III en 1615. La fille de la duchesse, Françoise de Mercoeur, épouse César de Vendôme, le fils naturel d'Henri IV et de Gabrielle d'Estrées. César de Vendôme et ses fils passeront la plus grande partie de son temps à comploter contre Richelieu puis Mazarin. Il animera la cabale des Importants qui cherchera à imposer à la régente Anne d'Autriche, la tutelle des grands seigneurs, après le décès du roi Louis XIII. Sa vie durant, soit il trouvera refuge à Anet, soit il s'exilera pour échapper aux représailles royales. Il finira par se calmer, tandis que son fils, le duc de Beaufort épousera une des nièces de Mazarin auquel il a fini par se rallier. César de Vendôme décède en 1664. La duchesse Françoise de Mercoeur reste à Anet jusqu'à son décès en 1669. Le château revient à son petit-fils Louis-Joseph de Vendôme, fils aîné du duc de Mercoeur.

 

Anet sous Louis XIV :

Louis-Joseph était un soldat, qui a participé à toutes les grandes campagnes de Louis XIV avec son frère cadet Philippe, futur Grand Prieur de France. Louis-Joseph entreprendra la restauration du château et sa modernisation. Ces travaux seront conduits par Claude Desgots, neveu de Le Nôtre, inspecteur des Bâtiments du Roi, mais Le Nôtre lui-même participe aussi à la rénovation des jardins d'Anet. Louis-Joseph reçoit La Fontaine, Molière et autres écrivains de renom, ainsi que le Grand Dauphin qui se rendra à sept reprises au château. Le faste est de retour à Anet. Louis-Joseph épouse Marie-Anne de Bourbon Condé, mais Louis XIV le rappelle en 1710 pour aller porter secours à son petit-fils, Philippe V, devenu roi d'Espagne, en guerre contre l'Angleterre et l'Autriche. Louis-Joseph remporte la victoire à Villaviciosa et sauve la monarchie espagnole. Il décède en 1712 à Vinaroz et est inhumé à l'Escurial, dans le tombeau des rois. Marie-Anne de Bourbon Condé continue à occuper Anet jusqu'en 1718 où elle décède, très jeune, sans postérité. C'est donc sa mère qui hérite d'Anet, jusqu'à son décès en 1723. Le château revient ensuite à Anne-Louise-Bénédicte de Bourbon, duchesse du Maine, épouse de Louis-Auguste de Bourbon, fils légitimé de Louis XIV et de Madame de Montespan. Cette dernière apporte de nouvelles modifications au château : deux nouveaux appartements sont aménagés. Louis XV rend visite au château en 1749. A son décès, le château revient à un de ces fils, le prince de Dombes qu'il enrichit de nouvelles acquisitions jusqu'à son décès en 1755 où le château revient à son frère, le comte d'Eu qui y mène une vie paisible de chasseur. À son décès, en 1775, le château revient par décision testamentaire à son cousin le Duc de Penthièvre, gouverneur de Bretagne et grand Amiral de France. Le duc, un des plus riches propriétaires fonciers du royaume entretiendra particulièrement Anet, mais aussi toutes ses autres propriétés fort nombreuses.


La Révolution :

Par égard pour ses bienfaits, le château du Duc de Penthièvre n'aura pas à souffrir de la Révolution. Toutefois, le château sera confisqué par les révolutionnaires, la sépulture de Diane de Poitiers sera profanée et ses restes enterrés dans une fosse du cimetière de la paroisse d'Anet. Les meubles, l'orfèvrerie, la vaisselle, les objets d'art seront vendus. Mais, Alexandre Lenoir, créateur du Musée des monuments français va faire racheter par l'état une partie du mobilier du château. En 1804, Demonti acquiert le château, en détruit les arbres et attaque les bâtiments à la dynamite. Les habitants d'Anet se soulèvent et le vandale prend la fuite. Le domaine, en piteux état, est racheté par Louise-Marie-Adélaide, duchesse douairière d'Orléans, fille du duc de Penthièvre. Elle meurt en 1821, son fils, le roi Louis-Philippe, vend le château à Louis Passy, receveur général du département de l'Eure. C'est en 1840 que le comte Adolphe de Caraman rachètera le château à Louis Passy pour entreprendre des travaux colossaux de restauration. En 1851, les travaux sont terminés, et le ministre de l'Intérieur accorde au propriétaire une importante subvention après avoir déclaré le château monument historique. Néanmoins en difficulté financière, le comte de Caraman revendra le château d'Anet en 1860 à Ferdinand Moreau, député de la Seine et conseiller général d'Eure-et-Loir qui continuera la restauration.


Ce dernier regarnira les pièces du château, avec des meubles provenant de ce dernier, qui seront retrouvés dans la région : le lit de Diane, des buffets, des vitraux, de l'orfèvrerie, des tapisseries et des tableaux. Le parc sera reconstitué. En 1884, Ferdinand Moreau meurt, et c'est sa fille et son gendre, le comte Guy de Leussen, qui héritent d'Anet pour l'améliorer et l'enrichir encore de façon très importante. Pendant la guerre de 1914, la comtesse dirigera un hôpital qu'elle fera installer dans son château. Le château est ouvert au public après la Première Guerre mondiale. Le château subira encore les affres de la Seconde Guerre. La comtesse décède en 1944. Elle lègue son château à sa petite-fille, Madame de Yturbe qui reprendra activement des travaux de restauration jusqu'à ce jour

Par rafael - Communauté : Vieilles Pierres
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Commentaires

vous écrivez qu'il ne reste rien du château d'Anet! Je l'ai visité l'an dernier ! Et vous assure qu'il existe toujours,splendeur de la renaissance au cœur de l'Eure. L'original de la sculpture de Diane est au Louvre, pour des raisons évidentes de conservation,elle a été remplacée sur place par un moulage.Vous n'aurez aucun mal à vérifier mes dires en 2 minutes sur internet!
Commentaire n°1 posté par marie de brebisson le 14/01/2010 à 10h52
Bonjour,
le château a été en grande partie détruit sous le Directoire et reconstruit au XIXe siècle. J'ai mis à jour l'article suite à votre remarque,
merci et à bientôt
Réponse de rafael le 14/01/2010 à 19h22
Savez-vous qu'il existe, au Louvre, salle 59, au deuxième étage de l'aile Sully, au-dessus du Département des Antiquités égyptiennes que je visite dans mon blog, un tableau qui, précisément, représente cette statue attribuée, sans certitude d'ailleurs, selon certains historiens de l'art, à Goujon ?

Hasard des publications, vous trouverez sur ce site (http://louvre-passion.over-blog.com/) un excellent article qui y fait référence, et explique notamment l'origine de la coiffure, peu antique il est vrai, de Diane ...
Commentaire n°2 posté par Richard LEJEUNE le 26/09/2009 à 07h53
bonjour, je vais voir de ce pas le site, merci pour l'info
Réponse de rafael le 26/09/2009 à 12h44

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